CLARKE — CLARKSON
ou bomine n'est pas déterminé irrésistiblement, comme une balance l'est par les poids, les motifs eCies raisons d'agir, quels qu'ils soient, n'ont mr luiaocune influence, qu'il n*y a aucun égard.
Le quatrième ouvrage philosophique de Clarke «81 întitDlé IHscours sur les obligations néces- Maires de la religion naturelle. Ce n'est pas le phu profond des ouvrages de Clarke, mais c'est le plus original. Il propose une théorie particu- Nfane sur la philosophie morale, qu'il veut fonder nr la notion de la convenance des choses ( the Éiness of things). Toutes les choses suivant loi ont, en vertu des lois que la Divinité leur a iiii|K»6ées, leur nature et leur rapport déterminé, par lequel elles concourent à l'harmonie générale de l'univers. L'homme concourt à ce but général de la création ; il a sa nature et son rapport aux dioses déterminé par Dieu lui-même ; la moralité pour lui consiste à agir conformément à cette nature et à ce rapport. Le grand principe de U morale est le suivant : Agis avec les êtres iMDimés, sensibles et rationnels d'une manière qgi s'accorde avec la convenance qu'ont les êtres entre eux par report à l'univers entier. Clarke donne aussi pour base à la morale la volonté divine, qui est le principe premier des lois naturelles et de la convenance des choses ; mais ce n'est là pour lui qu'une base secondahre de la morale. La convenance des choses est déterminée par leurs lois étemelles et immuables; elle serait toiqours le principe de la morale, même quand fl n'y aurait pas de Dieu ni d'immortalité.
11 ne nous reste plus qu'à mentionner les discassioiis de Clarke avec Leibnitz. Elles furent provoquées par une lettre dé Leibnitz adressée à In princesse de Galles, et dans laquelle il combettajt la philosophie de Newton. La discussion porta sor deux pomts principalement, la nature de Pespace et du temps et le libre arbitre. Newtoo soutenait que l'espace et le temps étaient qndqne chose de réel et d'mfini, qu'Us étaient ■on des substances , mais des qualités ou propriétés de la substance divine, des suites néce»sdres de son existence. C'est en ce sens qu'il avait dit que l'espace était une sorte de sensorHcm delà Divinité (1). Leibnitz réfuta cette opinion, et chercha à établir que l'espace n'est autre diose que l'ordre ou l'arrangement des corps. Tordre des coexistences ou des situations ; que de même le temps est l'ordre des successions, e*est-à*dlre des choses qui existent successivement L'espace etle temps sont quelque chose de tout à fût relatif; si l'on suppose l'univers anâoitl. Dieu seul existant, l'espace et le temps diqttraissent, ils n'existent plus que dans les Id^, comme de shnples possibilités. Clarke, en répondant à Leibnitz, aH^e que l'univers ma-, térid est fini et se meut dans un espace vide in-
(ij jit a iêtuorium. La plopirt des btitorieiu de la pMloaoptile, en rapportant ee passage, ont supprimé le ■Mit at ( en qnefqae sorte ), et ont ainsi déflgnré la peolée de Newton.
HOOT. BIOGR. UNIVERS. — T. X.
fini: ce qui prouve que l'espace existe indépendamment de l'univers et de ses différentes parties. U argumente aussi sur ce que l'espace et le temps sont des quantités, ce qu'on ne peut pas dire de l'ordre des coexistences et des successions. Quant à la question de la liberté divine et humaine, il emploie contre Leibnitz à peu près les mêmes arguments qu'il avait fait valoir contre Collins.
Clarke est un métaphysicien que l'on a beaucoup trop vanté : c'était un esprit sec, qui avait peu d'invention et de profondeur, mais qui possédait à un assez haut degré un certain talent d'analyse et de controverse subtile, qui se trouve quelquefois dans les intelligences médiocres. Il n'a introduit dans la science philosophique presque aucune idée nouvelle; celles dont on lui a fait quelquefois des titres de gloire ne sont que les dévdoppements des pensées de Newton.
L'ouvrage sur Fexistence de Dieu a été traduit en français par Ricottier; les lettres contre Leibnitz ont été traduites à Londres du vivant de Clarke et sous ses yeux. On les trouve dans la collection de Des Maiseaux, amsi que la traduction de la réponse de Clarke à Collins sur le libre arbitre. U n'y a donc que deux ouvrages philosophiques de Clarke qui n'aient pas été traduits en français; c'est son livre sur les obligations de la religion naturelle et sa polémique contre Dodwell et Collins au sujet de l'immatérialité et de l'immortalité de l'&me. On trouve une analyse assez complète de ce dernier ouvrage de Clarke dans la bibliothèque choisie de Lederc , tome XXVI. Il est analysé aussi dans l'article de Naigeon sur Collins dans VEnùyclo^ pédie méthodique, article qui est écrit d'ailleurs avec une extrême partialité, et dans lequel Clarke est jugé avec une grande iiyustîce.
[M. Ahédés Prévost, dansl'^nc. des g. du m. J.
Nleéron, Méwtoires, U M» P. MC. - WilUan Wbbtoo, Historical mêtnoirt of tke lif of Dr. S. Clark; etc..— Hoadiey. f^UdeS. Ctorlre. — Sykes, Kie de 5. Clarke.
* GLABKSOif (Thomas ), célèbre philanthrope anglais, prindpal promoteur de l'abolition de la traite et de l'esclavage des noirs , né à Wisbeck , en Angleterre, en 1761, mort le 26 septembre 1846. Il étudia à Cambridge, et dès 1785 11 concourut par un écrit latin pour le prix proposé par l'université de Cambridge sur cette question : Est-il Juste de soumettre les hommes à l*es* clavàge? Et il le remporta : en juin 1786 il en publia une traduction en anglais, sous le titre d*Essai sur ^esclavage et sur le commerce de Vespèee humaine (trois parties, 167 pag. ln-8*). n s'appuya prindpalement des recherches du ministre Davkl Ramsay (1784) et des publications de GranviUe Sharpe ( 1781 ). Il renonça, pour se vouer à la solution de cette question importante et difficile, à la carrière ecdésiastique , à laqueUe il était destiné par ses parents, pauvres, et dans laqudle il avait déjà obtenu le diaconat