CLARKSON
Dès 17S3 une société de quakers s'était formée à Londres pour travailler, à Texemple des quakers américains, à Tabolition de la traite.
Avant eux, de 1776 à 1781, Oondorcet tvait traité ce sujet sous toutes ses faces. En 1770 un avocat du |)arlement de "Paris, Ilenrion de Pansoy (depuis premier président de la cour de cassation) avait honoré son pa3fR en faisant consacrer le principe de la liberté naturelle, et en obtenant la liberté pour un esclave débartiué en France. Enûn, Montesquieu , en 1750, avait flétri, dans les |)ages immortelles de V Esprit des lois , cet infâme trafic , et avait demandé eommont les nations, qui font entre elles tant de conventions inutiles, ne se réunissaient pas en un traité pour Tabolir. Ce vœu n'a été exaucé qu'an congrès de Vienne, en 1816. Du temps de Clark son, et malgré les progrès de ropinion publique, la traite s'exerçait avec plus d'étendue que jamais sur les eûtes d'Afrique, pour fournir des travailleurs aux colonies et au coutlnent de l'Amérique. Le 22 mai 1 787 il se forma à Londres, soiu la présidcjice de Sharpe, une société plus générale qui, avec le zèle et l'activité de Clarkson et les talents oratoires de Wilberforce, membre du parlement, devait porter des coups directs à la coalition re« doutabic des trafiquants et des planteurs. Aussitôt la société se mit à l'œuvre, et par la pluma de Clarkson elle publia, le 15 janvier 1788, un écrit dans lequel elle démontrait les inconvénients politiques autant qne moraux de oe trafic, de nature à compromettre l'avenir des établissoments coloniaux. Pour recueillir les preuves à l'appui de cette thèse, Clackson se transportait chaf|ue annr^e dans les iK)rts d'Angleterre, interrogeait les matelots et tous ceux qui étaient ti'moiiis oculaires de4i faits. Il fut bien des fois insulté pour ces courageuses investigations, et e\|K)sé k des périls personnels. En 1789 il publia son troisième ouvrage sur ce sujet.
Au mois du mai 1788, le célèbre Pitt, fils de lord Chatani , pendajit une maladie de Wilberforci^ avait présenté à la chambre des communes, de concert avec la société présidée par Sliarpe, uuc motion tendant à prendre on considération la situation des nègres d'Afrique et à remédier aux abus de la traite. Kn mars 1789 Fox promit son «'ippui à la MH-iété, et ^illierforce le 12 mai dt^v eloppa sa motion ajrant nn liut plus liardi, celui dn riutciiliction même du commerce des escUves. Le conseil privé ainsi que la chambre des communes avaient pris la proposition en considération, et avaient ouvert une enquête pour constater les fails. Ce f\it à cette occasion que Clarkson, dont la santé était affaiblie par ses voyages, redoubla d'efl'orts |K>ur œnvaincre le gouvernement et le parlement de la vérité des sévices et des pertes énormes que ce trafic entraînait dans la population des noirs. 11 vint en France, après la session. Dès l'ouverture des états généraux, le 5 mai 1789, Necker, avec l'assentiment de Louis XVI, déplorait ' devant les représentants de la nation française
les Tésultatt dn li traite, et fommlidt dM von pour ton interdiction fùtnr», durkaon tma organisée la Société dai tmiA des nain» do^Maaient partie Laflsyotte, Mirabeim, U KeMnoaidt, Condorcet, Grégoire, Briieol, «liotieipvionnai^Bt influents. 11 futprésenté àl#omXVl.b avril 1791 Wilberforce fit une deiuûtaenettoi pour arrêter l'importetioa dee eieUvee dent l|i eolonies occidentales . Klle fut r^etdi I ma» CM* aon et les ainii obtinrent U eigR^ere de |Ip de trais eenU pétitkma en m f^feiif . Troie wH miUe periimnes s'engigèrent à e'ebelenir de It •âge du ancre cultivé par dee nudae egeUfei. h même tampa l'Assemblée oonetîtuADte de FMi déclarait l'égalité des droito entre lae I couleur afi'ranohis et lea erénlee, et i les drotta politiques au« premteri seconda. En avril 1792 les débet» i rent au parlement d'Angleterre» et lea adfVaaires de l'abolition furent obligée de m Infuir à demander l'extinctic» graduelle de la traili» et aa suppression en 1800. ^ 1793 le due è Clarence, depuis Guillaumo IV, siipietf^dqHI de l'aboUtkm de resdavage, aecuMÎt les afesitionistes de fanatisme et d'bypoQrlsïp. VffXkftforce, qu'il désignait nominativement, n*enaie tinua pas moins, d'accord avee CkfklOB, M fidèle oollaborateur, le cour» de aee mottoni « 1794, 1796 et 1796. Mail la guerre iiiarHii»«t les désastres de Saint-Domingue af aient fMi les esprits | et malgré l'union peraéférantadeMt et de Fox avec Wilberforce, de 1797 à 1789, ¥ abolitionistes suspendirent leur actkm juiqite 1804. Clarkson ne a'adreasalt pige qu^la |MP pour édairar l'opinkm publique. Alpr» I» Saâil^ se renforça de l'adionction de BrouglhaiQ, VU* eulay et autres. Pendant eept en» CUrkMi l'àme de cette société, avaitf entratepn «ne mrespondance avec plus da quatre cents pennnai^ et fait plus de quarante mille kilomàtrea pour « procurer des preuves dos crimea dei traitNll' Qn'on juge de la haine qu'on lui portaitl U 1789 David Ramsay, qui avait fait les prenilw révélations, avait succombé devant les etteqaii dont il était l'obiiet, et son antaiioniste a'étnit ? asK puMiqoemcut de l'avoir- tué pgr aa polémlipi. On vit les mêmes attaques se |iroduire oûgtie Wilberforce, qu'on accusait de vîmalité i oenne on accusa depuis les abolitionislei frangeied^èlK fcoudoyés par les pauvres noirs, tandie que les ootons corrompaient les gouvemegn |KHir (alte la traite de 1814 à 1830, et salarieleiit le vmat de 1830 à 1848. Clarkson eut la fenncCé d'ane de ne s'en point laisser imposer, et de poorsuivre son œuvre, fin 1805 une nouvelle molMn de Wilberforce ftit écartée par accident, qaoii|De celle de 1804 eût été acceptée au paHeoient par d'imposantes majorités, pendant qu'an ia02 l'esclavage avait été rétabli par une loi dans les colonies françaises. Clarkson reprit eon cnnvre avec son activité ordinain*. Le ministère PoX|qni en 1806 succéfla à celui de Pitt, interdit nm-