‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus recules jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 93 sur 118 · CLÉMENCE — CLÉMENCE · texte numérisé non relu

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ceuls au château de Gaillard, où elle était renfermée. Clémence ne vint en France qu'au mois de j uiliet ( 1 ) ; elle avait fait naufrage pendant la traversée et perdu ses joyaux, ses robes de prix, et, ce qui devait particulièrement aflligcr le roi , elle avait iierdu aussi sa dot. Le mariage fut célébré le 3 août 13l5,àSaint-Dié,prèsdeTroyes, en Champagne, et le 15 du môme mois le roi et la reine furent sacrés par Robert de Courtenay , archevêque de Reims. A la mort de Louis le Hutin (5 juin 1316), Clémence de Hongrie était enceinte; le 15 novembre 1316 elle donna le jour à un fils, qui ne vécut que cinq jours, et Philippe le Long succéda à Louis /e hutin. Rien ne retenait plus dès lors Clémence à la cour de France : elle se retira d'abord à Avignon; puis, en 1318, elle prit le voile à Aix , en Provence , dans le couvent de Saint-Dominique, où elle passa ses dernières années dans la pratique d'une piété qui ne fut pas, comme on l'a prétendu à tort, une sorte d'expiation, puisque le rapprochement même des dates prouve qu'elle n'avait été pour rien dans la mort de Marguerite de Bourgogne. Il ne paraît pas non plus qu'on ait eu d'antres faits coupables à lui reprocher.

Clémence de Hongrie était petite -fille de Charles d'Ai\jou, frère de saint Louis. Elle fut inhumée aux Jacobins de Paris, à c^té de son aieul, sous un monument qa'ellc avait fait construire en leur commune mémoire. La statue qui représente Peffigic de cette reine est aujourd'hui placée dans la crypte de la basilique de Saint-Denis (2).

Cùntin, de Nantis. - TbomM WaltlDgharo, hiU. Anglia. - Jean VUUnI, IX, es. - SUmondI, HUtoire det des Franc., t. IX. — Mlchelet, I£Ut. de France. — Henri MarUa, Hist. de France.

CLÉMKNCE { Joseph-Guillaume) f chanoine et Ihéologien français, né au Havre, le 9 octobre 1717, mort le 6 août 1792. il fut successivement curé de Saint-Claude, à Rouen, grand vicaire de Poitiers et pricor commendataire de Saint-Martin de Machecoult. On a de lui :

Défeme des livres de PAncien Testament, Lontrc la Philosophie de V histoire , de Voltaire; Paris, 1768 et 1776, 2 vol. in-S"; — les Caractères du Messie vitrifies en Jésus-Christ de Nazareth; Paris 1776, 2 vol. in-S"; — l'Authenticité des livres tant du Nouveau que de V Ancien Testament démontrée, et leur véridicité défendue, spécialement contre Vauteur de la Bible enfin expliquée par les aumôniers du roi de Prusse; Paris, 1782, in-d<» : Les aumôniers du roi de Prusse ne sont autres que Voltaire et ses partisans. Cet ouvrage a été réimprimé sous ce titre : Réfutation de la Bible enfm expliquée, de Voltaire, mise dans un nouvel ordre et augmentée d'une

( 1) Elle ne pnt donc pai, comme on l'a prétendu, empoisonner Marguerite, morte en aTrtU

(t) Voy. Gollhermy, Monograpkie de SaimtDeMt; 1M« in-li, pages «Met MS. (V.)

foute, de preuves, contré iêi (ittaqnu étoÊtrès auteurs impies, par l'abbé Marquet ; ViufEj, 1826, in-12.

Richard et Qtraiid , Bibliotkétue ioerée. - tjÊitvi, la France iUtéralre.

clémkhcbt (Dom Charles), hfslorîei, de l'ordre des Bénédictins, né à Paiiilltan£,a 1703, mort le 5 août 1778. H étudia chez les Ontoriens de Beaune et chez les Doroinicaii» ds Dijon, et le 7 juillet 1723 il entra dans la ooogrégation de Saint-Manr. A l'abbaye de âaint-ClMif où il fut envoyé immédiatement après a plvfession , il s'appliqua , sans maître , à l'étude di grec; puis il alla professer la rliétoriqoeà Pm^le-Voy. Venu ensuite à Paris, au monastère ém Blancs-Manteaux, il fut chargé, avec IHiraiiil,4e la continuation des Décritales des papes d d'autres travaux historiques. C'était un boiane ardent au travail ; il écrivit jusqu'au moiMit de sa mort. On a de lui : VArt de vér\Jler la dates, etc. ; Paris, 1 750, ln-4'*; onvrai^ hnporiail, conçu et imparfaitement exécuté par D. Mion Dantine, refait par Cléniencet, revu et terminé pv dom Clément; — Histoire générale de pirti?oya/; Amsterdam (Paris), 1755-M, 10 foi.

in-12; — les vol. 10 et 11 de Y Histoire Mtéraire de la France; — Lettres d^Xusèk Philalèthe à M. F. Morenas, sur son prétendu Abrégé de rHIstoire eeelésIastiqM ii Fleury; Li^ (Paris), 1750, 1755, 1759, ia-l];

— Histoire générale des écrivains de Pert- Royal, contenant la vie, le catalogue dis mh vrages, etc. ; 4 vol. liHft**, restés mMiHcrIls; - Conférences de la mère Angélique de SMr Jean lKTMM),abbesse de Port- Royal, sur la constitutions du monastère de Port A»|o/; Utrecht(Pari8), 1760, 3vol. in-12;- laVériléd Vinnocence victorieuses de V erreur H âelatÊ' lomnie; lettres à un ami sur la réalUé et projet de Bourg- Fontaine, par l« P. Sai?i|B; Cologne (PsaiB), 1758, iu.12; — Lettres et Philippe Gramme, imprimeur à Liège, à tmh leur de la Lettre sar le nouvel Abrégé de 1*01toire eoclésiastfqne , parTabbé Radoe; Ué|B, 1759, in-12; — Authenticité âêê piètes en procès criminel de religion et d^ÉtaJt fA s'instruit contre les jésuites depuis dma cents ans, démontrée f i7M, in-lS;— iTiitoire des vies et des écrits de saint Bernard et de Pierre le Vénérable iPtxn, 1773, IM*;— S. GregorH vulgo Nazianteni Opéra omaiu; — 1778, in-foL , onrrage ooilationaé sur ffomoÊk manuscrits; — rÉpître dédkatoire et la pMee générale de la traduction de la BMe de Talfcé Sabbatier (1743); — Apologie de saint Bernard, au sujet des croisades, dans le» Lettres sur Vouvrage intitulé : Querelles Utt^alm;

— Une édition des Œuvres posthumes de rahbé Racine; 1759; — deux Lettres du doge delà république des Apistes au général des SoUpses, pour lui demander des secours danswnepiem ijui intéresse les deux nationâ ; fai-^is } — Cm

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lie conscience sur la commission établie pour réjormer les corps réguliers; 1767, iQ-12 : attribaé à Clémence par Bachaninont.

TaatU», HisU de la Cùngrtg. de Saint-Maur. — Deses- IWU, les Siiclet mt. «

* GLBMBNS PAGTUMBivs, jurisconsulte romain» Tirait probablement dans la première moitié da second siècle. Il fîit, selon tonte apparence, contemporain de Pomponius, qui cite d*apTè» lui, en ces termes, une constitution de Temperear Antonin : « Pactumeius Clomens •iebat imperatorem Antoninum constituisse ».

(Pactumeius Clemcns prétend qu'une constitution de Teiupereur Antonin porte , etc. ). Il s*agit sans doate d'Antonin le Pieux; seulement, il importe de remarquer que dans les compilations justinleimes le nom d'Antonin sans addition se rapporte, suivant Tépoquc oùTivait le jurisconsulte mentionné, soit à Caracalla, soit à Marc-Aurèle ou à Antonin le Pieux. C'est de ce dernier BDiiiereur qu'il est question dans Pomponius, puisqu'il est probable qne Clemcns Pactumeius ht onssi contemporain de ce prince. V. R.

Disette, XL, tit. 7. - Smith. DietUmarif,

* GLéMKifT évèque d'Ancyre et martyr.

Les Grecs en célèbrent la fête le 23 janvier, eoiniiie de l'un des plus grands martyrs. Ils kri adjoignent pour compagnon» AgaUiange, diacre, et Chariton ; mais les actes de leur martyre, donnés par Bollandus, sont rejetés par Bironius, cofnme nn pur roman. « Les faits en sont, dit-il, contraires à Tbistoire du temps auquel onsupposequlls ont vécu. C'est un encbalnement de prodiges extraordinaires, de supplices affreux ttiufTerts pendant vingt-boit années, de province en province, avec une patience et une force miraculeuses. 11 n'en est iMurtant fait aucune mention dans les historiens ni dans les saints Pères de Vtglise, qui ont parlé de tieaucoup d'autres martyrs moins importants. »

Btronlos, Jfartyro/. roman. — BolUndiu. Jeta saneim-um. — TUIemont, Mimoirrs ecelés. - BalUct, Fies des mMs, — Moréri , (irand dictionnaire hitt, — Richard et GIraiid, Bibliotnique sacrée,

CLÉXERT ( Titus Flavius saint), d'Alexandrie (Klr4ir,ç'AXeÇàv8pio<), naquit vers 2^ de J.-C, à J Attiènes, selon les uns; selon les autres, et plus probablement, à Alexandrie, d'où lui est venu son ramom d*AIexandrin, et mourut vers 317. On || ignore l'époque précise de sa naissance; mais on M peut douter qu'il n'ait vécu sous Commode , puisque dans un de ses ouvrages, au livre V^ de ses Stromates,i\ arrête à la mortdece prince la chronologie des empereurs romains. Elevé dans les superstitions du paganisme, ainsi qne nous l'apprcod un passage de .son Exhortation aux gen- His, Clément se convertit au christianisme, et ■près la mort de Paiitène, son maître, il gouverna réeole chrétienne fondée par saint Marc à Alexanhie. Ce futsans doute par le souvenir des erreurs oit il avait été plongé, et pour amener les Grecs h la lanière qui avait éclairé son esprit, qu'il composa inD ipremienmfrmUyV Exhortation aux gentils.

l'un des traités les plus complets que les Pères aient écrits contre l'idolAtrie. Dans cette Exhortation^ saint Clément se propose un double but : d'abord de détourner les Grecs de l'idolAtrie, ensuite de les amener au Verbe, fils de Dieu, c'est-à-dire de les tirer des idées terrestres et «les passions honteuses qu'ils adoraient dans leurs dieux, pour les conduire au culte spirituel , aux vertus .sévères du christianisme. Dans un préambule brillant, il les invite donc à glorifier le vrai Dieu au nom du Verbe et à le remercier de la révélation faite aux hommes. Lui aussi, il était Incrédule, jouet de l'erreur, lorsque la bonté de Dieu lui est apparue, non à cause de ses œuvres de justice, mais dans sa miséricorde infinie. Au reste, la loi qu'il leur apporte n'est pas nouvelle : elle existait même avant la création du monde , car « au commencement était le Verbe, le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il y a peu de temps, il est vrai, que sous le nom de Christ le Verbe a paru sur la terre; mais de toute éternité il existait comme Dieu, et il était, comme il est encore anjounl'hin*, le principe divin de toutes choses. Ainsi , ce n'est pas aujourd'hui seulement que le Verlie à eu pitié de nos misères , c'est au commencement du monde. Seulement, il a attendu, pour venir nous sanver, que nous fussions sur le point de périr. Jean a été son précurseur: il était la voix de celui qui crie dans le désert; qnant au Christ, il est la porte du ciel; il est imfiossible de voir Dieu autrement que par le Christ. »

Après cet exposé de la doctrine évangélique, saint Clément s'attache à démontrer l'absurdité du paganisme, et entre autres choses l'imposture <les oracles et le mensonge des mystères. Ces oracles aujourd'hui sont muets ; et quant aux mystères, ils n'ont d'autre fondement que les impudicités de Jupiter , de Cérès et de Bacchus. II prouve que les symboles en usage dans ces myî^èrcs n'ont d'autre objet que de rappeler les obscénités qui les ont fait instituer. Il indique ensuite l'origine de l'idolâtrie des hommes : les uns, induits en erreur par le spectacle de la nature et les mouvements de ces grands corps qui roulent au-dessus de nos tètes, ont pris les ouvrages de la création pour le Créatetir luimême ; d'antres, charmés des productions de la nature, ont regartlé comme des dieux les hommes qui leur ont appris à ensemencer la terre et h cultiver la vigne ; enfin, quelques-uns ont mis au rang des dieux ceux qui ont détourné d*enx de grands fléaux, comme Diosoore, Hercule, et le médecin Esculape. Pour se convaincre que ces prétendus dieux ne sont que des hommes, il n*y a qu'à examiner ce que les poètes nous racontent sur leur naissance , leur vie et leur mort : on compte jusqu'à trois Jupiters, trois Minerves; d'ApoUons, on ne sait combien. Si encore ces dieux n'étaient pas les plus impudiques et les plus corrompus de tous les êtres t Mais les femmes qui adorent ces dieux voudraient-éUea que leurs maris et leurs fils leur reasemUas-

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sent? Ajoatez que cesdieux ne sont pas seulement impudiques, ils sont cruels et atroces; le sang Immain ruisselle sur leurs autels* L'homme leur immole son semblable» dans des sacrifices abominables. Tels sont les arguments à Taide desquels saint Clément bat en brèche le paganisme; c'est la première partie de V Exhortation. Après avoir renversé les arguments des païens, saint Clément s'attache à prouver que la philosophie est incapable de conduire l'homme à la vérité. Il énumère donc les opinions des différentes sectes de philosophie sur le principe du monde, et il en conclut que les philosophes, même les plus éclah'és, n'ont vu la vérité qu'en songe, quoiqu'il leur soit arrivé quelquefois, avec l'inspiration de Dieu, de dire des choses conformes à la vérité; quant aux véritables philosophes, il n'y en a pas d'autres que Moïse, David, Isaïe , Jérémie. Saint Clément termine son discours en invitant les Grecs à abandonner leurs erreurs pour se livrer entièrement au Christ, unique précepteur de la vérité. « Une auguste vocation se fait en ce moment entendre à tous les peuples de la terre; bien coupables seraient ceux qui résisteraient à cet appel. Si donc les Grecs ont vieilli dans le culte des démons, qu'ils se rajeunissent dans le culte du vrai Dieu : Dieu les mettra au nombre de ses enfants. »

Le second ouvrage de saint Clément, le Pédagogue, est divisé en trois livres. Il fut sans doute composé alors que, discipleettnentôtsuccessetirde Pantène, saint Clément était chargé de l'instruction des catéchumènes. Lemot Pédagogue a dans saint Clément un sens nouveau : son pédagogue, c'est ce précepteur de la vérité dont il parlait à la fin de V Exhortation, c'est le Sauveur des hommes, le Verbe incamé. Sous le voile de ce nom divin, saint Clément trace des règles de conduite aux néophytes chrétiens ; il entre dans les détails les plus circonstanciés sur la nourriture et les vêtements ; il indique même les heures du coucher et du lever,, la manière de passer la nuit; il marque les occupations qui regardent les hommes et celles qui conviennent aux fenunes ; à tous il recommande la pureté , la modestie , la frugalité. Mais on voit combien le christianisme avait de peine à vaincre les vices de la société ancienne , combien les mœurs étaient corrompues; quelles habitudes de coquetterie, de mollesse, do honteuses débauches se conservaient dans l'un comme dans l'autre sexe. Si l'on s'étonnait de la lib(^rté des peintures que saint Clément fait de ces désordres, il ne faudrait pas oublier que ces instructions n'étaient pas publiques; qu'elles s'adressaient non pas à des enfants , mais à des hommes faits, conquis la plupart sur le paganisme ou la philosophie; et surtout que les Pères de l'Église, véritables médecins des âmes, n'en étalent avec hardiesse les plaies que pour les plus sûrement guérir. Toutefois, cet ouvrage de saint Clément veut êtrelu avec quelque précaution.

Le troisième et le pins important des ou-

vrages de saint Clément , ce sont ses sept \hm des S/roma/es, c'est-à-dire TVipiMertes, read de divers morceaux, ou mélanges, comme uni dirions aujourd'hui. Le premier livre des S/r«matesesX consacré à l'histoire de laphUosopUe et à démontrer cette thèse, qui revient aoovcat dans les apologistes chrétiens, que les livres àt Moïse sont de beaucoup plus vieux que toM les ouvrages de l'antiquité. Saint Clément M répudie pas la philosophie; mais il s'en acrt pour amener les hommes à la vérité chrétîenM, tendance particulière aux Pères grecs, qui, à la différence des Pères latins, ne oandannal | pas la philosophie, et, loin d'y voir une sorte dHé» | résic, y voient une préparation à la foi. Au seooii livre, reprenant, après quelques-unes de m digressions qu'on lui peut reprocher , sonaaid où il l'avait laissé à la fin du premier livre, GÎéïù&ai énumère les larcins que la philosiiphie lirait faits à l'Écriture Sainte. 11 met un gmid nombre de passages tirés des livres saints ei paraître avec des passages tirés des livres dei philosophes, pour faire voir ce que les seconfe doivent aux premiers. Le troisième livre, pirticullèrement dirigé contre les hérétiques, roule f>rincipalement sur la question du mariage, qae tous les hérétiques, bien qu'à des points de vœ entièrement opposés , s'accordaient à oombiltre. Les Basilidiens, les Marcionites, les Eocntitcs ou Continents, proscrivaient Funioa àt» sexes, parce que suivant eux, le monde ayaf été formé d'une mauvaise matière, il ne le fallait pas peupler. Les Carpocratiens,le8 Épiphaniens , eux , voulaient que les femnes fussent communes ainsi que tous les biens esfténéral : communauté et égalité, telle était kor maxime religieuse et sociale. Saint ClénMDt défend le mariage contre les premiers, contre les «oonds la chasteté. Aux uns il fait voir qa'ils<iit exagéré le principe de la contineace; (pe proscrire le mariage en haine de la citMve est un horrible blasphème contre raotnir des choses; aux autres, qu'ils ne sont pas nooi condamnables que les premiers, pour avoir faitdo plaisir la seule et unique règle de oondaite.U quatrième livre traitedu martyre. A lafin da troi* sième livre, saint Clément opposait auxdéso^ dres des hérétiques le tableau de la pureté chrétienne. Mais la vertu du chrétien n'est pas parfaite , si avec la pureté il n'a le conrage de moirir pour la foi. Pour être parfait, il fant »i martyre de la confession joindre le martyre di sang. Le chrétien s'y disposera donc de toegpe ; main , afin de n'être pas ^[XHivanté un jour par < les menaces des tyrans, ni affaibli par l'aspect da supplice. Il fautd'Aord qu'il s'étodieyantanl que possible , à séparer son Ame de son corps, pool se préparer à la dernière séparation, qui tft la mort. En effet, la dignité de l'horome oonsiBla dans son Ame; son corps est attaché àU terre, mais son Ame tend vers le cid. Cette vie qii unit le corps est mie mort; la véritaliie^c^ait

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la séparatioo <iu cori»8 d*avec Tàme. Ainsi, quand le martyr abandonne son corps, son âme reste libre. Pour lui la mort même est une jouissance : elle loi ouTTC la porte du ciel. Ces préceptes de résignation n'étaient pas de vaines paroles ; ils avaient leur à-propos et leur application : Clément les donnait sous Sévère, et au milieu des persécutions. Le cinquième livre desStromates est consacré à montrer que tous les signes et symboles qui se rencontrent dans Tancien Testament ne sont autre chose que la figure de Jésus-Christ. Cette proposition conduit saint Clément h une longue et intéressante digression sur les symboles ; et à l'occasion des symboles, il entre dans beaucoup de détails sur les hiéroglyphes. Sdon lui les Égyptiens avaient trois langues. La première était le langage proprement dit, celui qui s'exprimait par la réunion des consonnes et des voyelles. La seconde était symbolique, mais simplement symbolique. Par exemple, voulait-on exprimer le soleil , on formait un signe qui ressemblait au soleil; et ainsi de suite. La troisième était symbolique et métaphorique tout ensemble. Ainsi, pour exprimer le soleil, on représentait un scarabée, parce que cet insecte reste six mois sur la terre dans son état parfait et six mois caché sous la terre dans son état de larve. Si Ton voulait exprimer les astres, on figurait des serpents,' à cause de leur course oblique. Cette langue était particulièrement consacrée à l'histoire des dieux , des anciens rois, et aux inscriptions des temples. Saint Clément donne interprétation d'une de ces inscriptions. A Diospolis, ville d'Égypto, on voyait sur la porte d'an temple un enfant , un vieillard , un épervier, on poisson, un crocodile. L'enfant était le signe de la naissance, le vieillard celui de la mort, répervier celui de Dieu , le poisson celui de la hijne, le crocodile celui de l'impudence. Le tout réuni signifiait : Vous qui naissez et mourez, Dieo hait l'impudence. Saint Clément donne encore la clef de beaucoup d'autres signes hiéroglypliiques. H interprète aussi les figures représentées sur les habits des prêtres hébreux et eelles des cérémonies usitées dans les sacrifices. Cet épisode sur les symboles est sans contredit on des morceaux les plus curieux qui nous restent ie l'antiquité. — Les sixième et septième livres sont presque exclusivement consacrés à la description du gnostique, dont saint Clément avait déjà, dttM le Pédagogue y esquissé les traits prindpaux. On sait quel rôle le gnostidsme a joué dans les premiers siècles du christianisme. Les 9iMtiques prétendaient à une révélation particulière, à une connaissance mystérieuse et plus relevée du christianisme ; et par leurs affinités mêmes avec loi, par leurs subtiles interprétatkmii; ils étaient son plus grand péril : car le nom même de gnostique, l'Église ne le rejetait pas; mais elle distinguait entre ces gnostiques appelés faux gnostiques, et lés vrais gnostiques, qui éikaX lemcàèle du parfait chrétien. Tel est celni

dont saint Clément s'attache à tracer le portrait. Le gnostique de Clément, c'est celui qui ne s'est perfectionné dans la philosophie et dans les sciences cpie pour se perfectionner dans l'étude de la religion, qui tout à la fois sait, pratique et enseigne; c'est le fidèle imitateur des apôtres, auxquels Jésus-Christ a révélé sa doctrine.

A la suite de ces ouvrages de saint Clément, VEûPhortation aux gentils, le Pédagogue y les StromateSy on trouve un assez court traité intitulé : Quel riche peut être sauvé? Le moyen de salut pour le riche, c'est la charité ! « Dieu ne proscrit pas les richesses: il les a formées et accommodées à notre usage; elles sont, ^treles mains de celui qui sait les employer, la matière et l'instrument du bien. » Saint Clément avait en outre composé sur la Pâque un livre qui ne nous est point parvenu , et des Ifypotyposes, ou institutions f dont nous avons un fragment. Ces Hypotyposes avaient été, à ce qu'il parait, singulièrement altérées par les hérétiques , et les erreurs dont ils les avaient remplies furent un moment fatales aux autres écrits de saint Clément Le pape Gélase les mit au rang des apocryphes; ce jugement était sévère. Pbotius aussi accuse saint Clément de grandes erreurs dans ses Institutions \ d'nn autre côté, Ensèbe et d'autres écrivains ecclésiastiques ne parlent de ce livre qu'avec âoges; mais eux-mêmes ne sont pas irréprochables. On ne peut nier en effet que certaines opinions de Clément ne soient périlleuses. Dans son désir de concilier la foi et la philosophie^ il côtoyé quelquefois l'hérésie. Comme les gnostiqoesL^ il n'est pas éloigné d'admettre à côté de la doctrine ordinaire, de la doctrine du peuple, une doctrine secrète et supérieure. Trop souvent aussi, à l'exemple de Phi- Ion, il explique l'Écriture dans le sens allégorique. H a préparé Origène, source lui-même (PArius. Enfin, la critique ecclésiastique hii re- ;k'()c1ic des fautes contre la pureté de la doctrine et la vérité de lliistoire; par exemple, d'avoir dit qu'épris de l'amour des femmes, les anges leur révélèrent des mystères qu'ils auraient dû tenir secrets ; que Jésus-Christ prêcha pendant un an, et qu'il est mort à l'âge de trente-etun ans; que les apôtres ont, ^à l'exemple du Sauveur , annoncé l'Évangile dans les ôifers. Mais si au point de vue du dogme saint Clément n'est pas absolument irréprochable, au point de vue de l'érudition ses écrits sont une mine aussi riche que brillante pour la connaissance de l'antiquité chrétienne et païenne. Nourri de la lecture des ]x>etes et des philosophes anciens, il les cite continuellement; et grftce à loi, nous avons d'un grand nombre de systèmes philosophiques et de poètes profanes, des comiques entré autres , des fragments que Ton chercherait vainement ailleurs.Il n'est pas moins précieux pour la connaissance approfondie de l'antiquité sacrée. Il rappelle sans cesse le souvenir et les écrits de

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ses prédécesseurs dans la foi ; il en conserve des fragments et en confirme Tauthentidté. H nous expose les doctrines que la tradition avait transmises d'hge en Age jusqu'à lui; il est important surtout pour l'histoire des hérésies, dont ses ouvrages, rapprochés de celui de saint Irénée, offrent pour les deux premiers siècles un tableau complet ; en un mot , les ouvrages de saint Clément sont pour le philosophe , l'historien, l'antiquaire, le philologue une source inépuisable autant qu*une agréable étude. On peut regretter seulement qu'il n'y ait pas mis en général plus d'ordre. Dans les Stromates particulièrement, il se laisse trop facilement entraîner à son imagination ; il quitte et reprend ses idées nn peu au hasard , comparant lui-même ses Stromates à une prairie, où milleobjetssemélent et se confondent, à la manière des fleurs , selon qu'ils se sont présentés à son esprit, jetés sans ordre et sans art, quelquefois môme dispersés à dessein.

Saint Clément d'Alexandrie eut Origène pour successeur dans son école. H quitta l'Egypte pendant la persécution des chréti^is par l'empereur Sévère, voyagea en Capadoce, et passa quelque temps à Jérusalem. Il mourut dans la retraite où il avait composé des StronuUes. Charpentibb .

Voici les titres grecs des ouvrages de saint Clément : A6n(oç npotpeimxéc xpo; 'EXXijvoc; — IIai8or)f b>YOC ; — lTpw|MiTfïç; — TCç 6 9(i>i;6(ievoc nXoOoioç ; — *rfC0TU9cua8iç ; — irept toO flà^xc; — nepl NiQOTeCac^; — wepi KaraXaiXiâc; — IIpo- Tpeirrixéc elç Ticoiiovriv; — Kavtùv *ExxXT)mocoTtxoç ; — EU xiiv npoç^v 'A^jkoc; — wepi IIpovoCoç; — "Opoi ôioçôpoi.

Les ouvrages de saint Clément ont été souvent réimprimés ; nous citerons seulement les principales éditions , savoir : l'édition princeps , par Victorius, Florence, 1550 , in-fol., texte grec;

! 'édition de Frédéric Sylburge, Heidelberg, 1592, in-fol., grec et latin; celle d'Hervet (Protrepticits et Pœdagogus) et de Strozzi

iSiromata), Florence, là51 , in-fol., latiu; 'Hervet ( Protrepticus , Psedagogus et Strofnata) , Bâle, 1556 , in-fol., 1566, in-fol.; Paris, 1572 et 1590, in-fol., et dans la Bibliotheca Partrum, Leyde, 1677, in-fol ; vol. 111; de Sylburge et d'Heinsius, Leyde, 1616, in-fol., grec et latin : cette édition fut reproduite avec les notes additionnelles de Duimpu:., Paris, 1629, in-fol.; 1641, m-fol.; Cologne, 1688, in-fol.; l'édition de Potter, Oxford, 1715, 2 vol. infol., grec et latin : c'est sans comparaison la meilleure des éditions de samt Clément; celte d'Oberlhur, Wirtzbourg, 1788-89, 3 vol.in-8% grec et latin; de Klotz, Leipzig, 1830-34, 4 vol. in-8", grec; de A.-B. Cailleau, dans la Collectio selecta SS. Ecclesix Patrum , Paris, 1827, in-8°, t. IV : le traité Quis dives salvetur a été publié en grée et en latin avec un commentaire par Segaar, Utrecht, 1816, in-8% et en latin seulement par H. Olshausen, Kœnigsl)erg, 1831, in-8**; V Hymne au Christ sou

veur et la fin du Pédagogue ont étépofaliéss grec et en latin par Piper; Gnettingoe, 1835, in-8*. Quelques écrits de saint Clément ont été tradnili en français par Nicolas Fontaine , sous ce titre : Œuvres de saint Clément d* Alexandrie ^tr^ duiles du grec, avec les opuscules de pluâkun autres Pères grecs (saint Nil, saint Atfaanase, saint Jean Chrysostome) , Paris, 1696, m-S" ; et par M. de Genoude, dans sa Collection des Pèm de l'Église traduits en français ; Pnis, 1838.

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* GLÉMBMTOUGLBMàS (ia^|&V|c),ditl0Cff«,

disciple de saint Paul, était un citoyen de Pbilippes, en Macédoine (sur la frontière de Thnoe), qui donna asile à ce grand apôtre pendant 11 persécution que celui-ci éprouva dans cette filk, et fit d'autres œuvres , pour lesquelles il mérita, « avec ses autres collaborateurs (1), d'être iascril dans le fivre de vie ». Ce passage semble proafer que Clément le Grec resta dans sa patrie, «t qu'ainsi il n'a rien de commun avec CléBKit romain, disciple de saint Pierre.

La similitude du nom seul, ou peat-ètie le désir de donner deux apôtres pour fondateors as souverain pontificat, semble avoir porté Origène (2), Eusèbe (3), saint Épiphane (4) etsuift Jérôme (5), à dire que saint Clément le pontife de Rome était le disciple rencontré par saint M à Philippes. Mais saint Irénée, qui leur est antérieur, et qui le premier a donné la généaloipe des évêques de Rome, n'en dit pas nn mot; et rien ne parait mieux établi que rorigine romaine de Clément, pontife de cette vilte. Sanit Chrysostome Tatteste lui-même, et distingue ces deux personnages (6). Dans les récits si détaillés des Clémentines , le texte grec oa le texte latin, quoique différents, auraient parlé desliaison ultérieures du disciple de saint Pierre avec saint Paul, puisque sa sainteté en aurait été augmentée. C'est donc avec raison que le (

(1) METà KXiq(uvTo; xat tcôv >oc7cc5v <nivs(yyiii (Aou , b>v Ta ôvoiAata iv ^iÇkto Cunk ( Lettre de saint Paul et de Tlmothée aux Phlnpp^ IV« S. )

(1) Comment, sur saint Jean, I, M.

{S) H Ut. ecc, 111,18.

f *) Hœres., XXVII, 6.

(8) Calai, 18.

(6) Sur les Actes des ApAt., ffom. 1/, et flirTlaodk,a L

GLÉMENT

i^liteor (les Pères apottoUques, le laTant He* fde (I), a établi qiie le diadple de saint Paul était un citoyen de la ville de Philippes, et n'arait de oommiin que le nom avec Clément romain. Déjà Gieseler, Guerike et Jacobson avaient fait cette distinction. On no sait rien de plus sur Clémès de Philippes que le témoignage de saint Paul et de Timothée. 11 vivait par conséquent vers le milieu du premier siècle. Il n> a pas de date dans les livres sacrés » et les éciivains postérieurs ainsi que les savants de la renaissance tendent à faire remonter le plus haut possilile tous les événements relatifs au berceau du christianisme. IsAiiBfiRT.

Epist. ad PhiUpp.,lV, s. -Saint Chryiottome , Mo- Mel. sur let actes des apôtres. — Heféte, DÏMMmt, $%r fEpUrv de Clément ,- Rome, 1B41.

clAhemt, en latin Clemens, nom commun à quatorze papes, que voici dans leur ordre chronologique.

CLàiiBifT, Romain (Saint)» premier ou Iroisième pontife de Rome après les Apùtres, né dans cette capitale, vers l'an 30 de notre ère, de Faustusy noble romain, allié à la famille des Césars, et de Blattidie, fille d'un patricien. Diaciple de saint Pierre en Palestine , institué par cet apôtre chef (évèque) de l'Église de Rome, il gouverna cette Église pendant environ neuf ans (de 91 à l'an 100 ), et mourut la troisième année de Tngan. L'importance de ce pontife et le rang qu'il occape dans la succession des papes, ainsi que le mérite des écrits qui lui appartiennent, ou qui ont été publiés sous son nom, appellent une notice détaillée, qui d'ailleurs fera connaître la primitive Église depuis son berceau jusqu'au commencement du deuxième siècle.

La conversion de saint Clément se trouve dans un écrit, probablement rédigé par luimême , puis considérablement amplifié ponr l'édification des fidèles. Ce fut un Alexandrin qui Je traduisit en grec, sous le titre d'Anagnosis, ( Beeognitio ), ou mémoire divisé en vingt chapitres ou livres appelés homélies. Cet écrit, dont an «luatrième siècle il existait deux textes assez différents, a été abrégé en dix livres, et retraduit en latin, par Rufin, prêtre d'Aquilée, par I^ordre de son évêque , Gaudence. L'antiquité «shrétienne n'adresse aucun reproche d'hétérodoxie à ce récit, et elle l'a au contrah'e beaucoup recommandé, comme émané d'un vrai chrétien; il contient sur les travaux de saint Pierre en Orient, sur sa famille, et sur ses «Usdples particuliers , des renseignements précieux, qui ne se trouvent pas dans les Actes des JkfiMres. La lettre de Clément à l'apôtre Jacques, 4|iii hii est postérieure , selon Rufin, ainsi que la lettre de l'Eglise de Rome écrite aux Corinthiens, confirment d'ailleurs la tradition qui conduit Tapôtre saint Pierre à Rome, pour y finir, ainsi que saint Paul, sa vie dans le martyre.

(1) DUsertatlon sur i'épltre de Clément romain ; •• édlt, lut.

Saint Clément donc, car c'est lui qui |iarie, oo qu'on Adt parler dans l'écrit dont 11 s'agit, surnommé loi Clémeniines, raconte (1) que dans sa jeunesse il avait éprouvé de renseignement des divers philosophes connus à Rome un grand vide, surtout au sujet de Timmortaiité de l'àme, tandis qu'il avait appris que sous Tibère ( mort en l'an 37 ) un homme annonçait depuis le printemps (2) une doctrine plus consolante, et qu'il avait prouvé sa mission divine. L'automne de la même année (3) ( c'est sans doute un anachronisme), un des disciples de ee prophète ( J . -C .), disciple qu'on ne nomme pas, et qui ne peut être que saint Paul, avait invité les Romains à se convertir. Émue par sa prédioation , l'&me inquiète du jeune Clément abandonna son pays (on verra plus tard que son père et sa mère n^étaient plus à Rome), et alla s'embarquer à Porlus pour l'Orient. Il débarqua d'aborrl à Alexandrie d'Egypte, où il avait, à ce qu'il parait, d'importants intérêts à régler, y fit la connaissance d'un Juif, autre disdptedo-imiphète (J.-C), nommé Itaruabas, qui y avait organisé une société religieuse. Mais celui-ci se trouva en butte à la coalition des sophistes, qui cherchaient à tourner ses cnseif^iiements en ridicule, et qui, n'y pouvant n>U8sir, eurent recours à la violence. Clément, profitant du crédit que lui donnait dans la cité sa »)udition de citoyen romain opulent, donna un asile à Ramabas dans sa maison , et parait lui avoir sauvé la vie. Ramabas, ne iwuvant tenir à Alexandrie devant le danger de sa position , retouina en Palestine , où Clément promit de le suivre quand il aurait terminé ses affaires. Quelque temps après en effet Clément s'embarqua pour Césaréc-de-la-Mer, où il apprit, à son arrivée, que Pierre, le plus accrédité des digcii>les du prophète (c'est le nom que l'écrivain donne toujours à J.-C. ), allait entamer une controverse publique avec Simon de Gitthes en Samarie (4),

(f) Noua nous tenronfl de IVdItlon complète que vient d'en publier le D. DreMel; GcelUng, 1853, In-S» de MO et vui pag.

(S) Cet anacbroolamc rétiilte 1° de U auite da récit, où l\ n'eat pins queation de J -C, dont la prédication a doré au moins trola ans, «11 n'a pas vécu cinquante ans, selon l'Évangile de saint Jean et rinterpretaUon d'Irénec : i» de ce que U prédication faite pour la première fols a Rome date de l'an 61, et de l'époque où saint Paul y fut envoyé d'abord comme prisonnier: 3* mais surtout de ce qaHl n*est rien dit, même par allusion^ du Jugement infâme et de rexécuUon barbare de J.-C.

W Dans VHom. Il, f tl, Gitthes, ou Gllta, patrie de Simon, est pUeée a aix sctioenes de Samarie. Le scbœne est une mesure exclusivement égyptienne, et révèle l'origine alexandrlne du rédacteur de la version grecque des mémoires par lesquels Clément romain a décrit les circonstances de sa conversion au christianisme.

D'après VOnomasticon d'Eusèbe et de saint Jér6me, Gitthes. la même évidemment qu«> Gitta. était alors un bourf, situé entre Jamnia et Samarie. Kobinson, dans ses savantes recherches bibliques (III. 144, A la note), propose de le placer au village moderne de Knryet-Jlt' a l'ouest de Naplouse ; mais ce village est au nord-est d'AntipatrIs, et à une distance de 6 kilomètres A peine de Sébaslieh, anc. Samarie. Il faut donc placer de préférence GItta au village moderne de RelUi-DeJan, ou Reit-

CLÉMENT

qui professait les arts magiques, et séduisait la population en arrêtant la propagation de TÉvangile des Aii6tres. Clément, avide de discussions religieuses, se rendit à rassemblée, où il rencontra BamalM», qui le présenta à saint Pierre. L'apôtre lui fit une cordiale réception, en le remerciant de Tappoi qu*il avait donné dans Alexandrie à ses frères ; et il l'invita à le suivre dans les divers lieux où il se proposait d'enseigner la nouvelle religion , jusqu^à ce qu'il pût se rendre à Rome avec lui (1). On voit que cet écrit et ses annexes ont pour but de suppléer aux lacunes des Actes de Apôtres, et d'établir la liaison de saint Pierre avec la fondation de l'Église romaine. Clément commença à écrire souis la dictée de saint Pierre, à l'apôére saint Jacques , évèque de l'Erse de Jérusalem , le récit de ses prédications et de ses succès contre la secte de Simon (2). n avait été convenu entre les deux apôtres que saint Pierre lui rendrait cecomptetoos 1^ ans , comme si l'Église de Jérusalem fût la mère et maltresse de l'Eglise naissante. Le lendemain de cette première entrevue ( c'est l'objet de la deuxième homélie ou dn deuxième livre des Clémentines), Clément se trouva chez saint Pierre, avec ses disciples (3) ; on y raconta l'histoire de Simon le Samaritain de Gitthes, qui fut, dit-on, élevé à Alexandrie dans les letfhes grecques et initié aux mystères de la magie. De retour en Palestme, après la mort de saint Jean le précurseur, qui s'était choisi trente disciples, nombre égal aux jours du mois lunaire ; el lorsque J.-C. avait réduit ses disciples à douze, en raison du nombre annuel des mois, Simon était devenu le chef des trente disciples Joannistes. Dosithée, l'un des trente, pendant un des voyages <1e Simon avait cherché à le supplanter» Mais à son retour, celui-ci avait été assez habile pour réduire Dosithée à la soumission, et s'était servi d'Hâena, ou de Luna, l'une des disciples de saint Jean, pour séduire les esprits ; il était parvenu à se faire un parti, en la représentant comme la sagesse iitc amée, et eu faisant prononcer par sa bouche ses propres oracles ; il prétendait aussi faire des miracles, et entre autres celui d'imprimer aux meubles un mouvement spontané (4) (tables tournantes). Les disciples, qui s'étaient retirés de lui à cause de son charlatanisme et de son immoralité, croyaient néanmoins à ses miracles. — La controverse s'engagea

Dagon, qui en est à environ M mUlet géogr. ou 4S Ulom. l/t ; le petit schœne , telon Hérodote, tel qu'il est évainé par M. Jomard ( Mém. iur le iifst, métr. de» ÉgfpL, 1809 ) est d'environ 6,000 m.; la distance donnée par les Clémentines est donc de 86 à 10 kll. Voyez carte de Klepcrt. 18M.

(1) T. grec, 1 . 16 ; t laUn; 1, 4S. lè

(l)T.gr., l.10;lat.1. 17.

(3) Le texte grec, II, 1, en nomme seize, dont le principal éUit Zacchée, ancien receveor des péages, qui avait été Pilote de J.-C, et les derniers NicéUs et Acylas on Aquita, ex-disciples de Simon ; le texte Uttn, l!,îi> n'en nomme que treize.

(4) Texte grec. Il, f n.

pobUqnement entre Simon et saint Pierre (I).

Simon soutint la pluralité des dieux, même d'après le texte des livres juifs (7) ; mais an boot de trois jours, se sentant vaincu, il se reCin à Tyr. L'apôtre, après avoir institué Zacchée, malgré sa résistance, comme ch^ou évéque de la nouvelle Église qu'il venait de fonder à Césh rée, envoya Clément et deux autres de ses diidples à Tyr, ses précurseurs, pour arrêter h propagation des calomnies de Simon. CléoMirt raconte qu'à leur arrivée dans cette dté , ils re> curent l'hospitalité de Bérénice, fille de Juli, la Chananéenne , où ils apprirent les jonglenei de Simon , et notamment celle qui consistait k fure marcher les statues (3). Du reste, Sinm ne les attendit pas, et se réfugia à Sidon. Cependant il avait laissé Appion Plistonice, oâèbre grammairien d'Alexandrie, et ami du père de Clément, un astrologue de Diospotis, et un Athénien de la secte d'Èpicure. Appion se rendit avec ses amis et un nombreux cortège pour désabuser, disait-il , cet hôte distingué, qu'il avait connu à Rome, des séductions exercées sor sa jeunesse par Pierre avec les doctrines des barbares (les Juifs), et lui reprocha d'abandooner la religion de ses pères. On prit rendez-vous pour s'expliquer, dans un jardin bien ombragé, offert par un Tyrien opulent. Là Clément s'attacha à réfuter les erreurs du polythéisme, qui, disait-il, quoique faux, avait été jusque là utile à h société, et à établir la supériorité de la nouvelle religion. Seule elle offrait im grand encoaragemcot à la vertu, par la prédication d'une antre vie, daas laquelle il y aurait des récompenses et despeiies. Pendant cette controverse, Appion se troon indisposé : c'était le même personnage (4) qoi a écnt plusieurs onvrages contre les Juifs. Pendart un séjour qu'il avait fait à Rome, dans la maifon du père de Clément, il avait cru remarquer que la tristesse de celui-ci était le résultat d*un amovr méconnu. Appion lui proposa d'employo' pour la guérir deux moyens, la magie, ou la séductioe: Clément repoussant l'efficacité du premier, fei^Dt de souscrite à l'emploi du second. Son bôtehdapporta alors nn projet de lettre, dans laquelle, pour amener la dame à condescendre aux ardeurs du jeune homme, il employait comme arguments les nombreux exemples tirés des amours adultères, et même contre nature, des dieux du paganisme. Sa rédaction en est h'bre jusqu'au cynisme; et l'on aurait bien fait de ne pas recommander la lecture de l'ouvrage qui la contient, ou d'en retrancher les détails. Clâneot laissa croire à Appion qu'il l'avait envoyée à son adresse, et lui commimiqua la réponse que la dame était réputée avoir faite à l'insolente missive. Dans cette réponse on trouve un grand et juste éloge de la cliasteté, et une vive <

(1) T. grec, Ilom,, 111, S ta et sqIt.; t. latlo. 11, f 19.

(fl^ Grec, UU M; latio. II, * 9, (S) nom., IV, 1. 14.

(4) HOMU, T, 1.

CLÉMENT

de rimporetë et de la oorraption des dieax de la Grèce. La lettre se terminait par Tinvocation de la doctrine du prophète juif , dont la renommée était venue jusqn^à Rome. « J'ai donc bien raison de détester ces Juifs, » s*écria Appion. Clément lui lit alors raveu de la feinte, afin de connaître son opinion sur la moralité de sa religion, et «goûta qpe loi se sentait entraîné vers la religion nou- ^le, qui lui semblait plus pure. Appion, de ntour à la conférence, ne nia pas ce qîii s'était passé à Rome, mais prétendit qu'il n'avait voulu qoe travailler à la guérison morale du fils de son liAte, et que les exemples qu'il avait tirés des amoqrs des dieux n'étaient que des fictions , et des attributions différentes de ces divinités, qu'on ne devait accepter qu'à titre d'ailé- 0ories, pour expliquer au vulgaire les phénomènes physiques. Clément lui répondit que ces allégories n'étaient pas moins Amestes que celles qni les représentaient comme des réalités , puisqu'elles avaient pour lésullatde diviniser le vice. A son arrivée à Tyr, saint Pierre fit un grand éloge de la réfutation qu'avait faite Clément de la doctrine d'Appion ; celui-ci d'ailleurs avec ses amis avait déserté le terrain de la discussion, et avait été rejoindre Simon. Saint Pierre fonda une nouvelle église à Tyr, et pom^uivit sa route ; arrivé à Sidon avec ses disciples, il trouva ses adversaires partis pour Béryte. Il prit à Sidon les mêmes mesures qu'à Tyr, et s'embarqua pour Béryte, où arriva un tremblement de terre (1). Simon et les ancres ne manquèrent pas d'attribuer cette calamité aux sortilèges de saint Pierre. Cet apôtre proteste devant le peuple qu'A n'était pas un magicien, et qu'il ne voulait pas foire périr ses adversaires, même Simon, qu'il préférerait convertir. La population poursuivit alors à coups de pierres eefooi prophèteetsesdi8ciples,qui se sauvèrent àByblos, et n'enoontinuèrcntpas moins leurs mannovres. Saint Pierre les y suivit, mais les trouva partis pour TripoHs, où il ne tarda pas à les joimlre (2). Là, pendant quatre jours, l'apôtre se Orra pudiquement, en présence de ses disciples, à de longs développements sur les principes de la mmvelle rdigion, pendant que Simon émigraiten Syrie (3). C'est là qu'enfin il baptisa Clément (4). n recommanda à tous les néopliytes de se maintenir en communion avec saint Jacques, frère de J.-C, chef de l'Église des Hébreux à Jérusalem, institua Marcon , son bote , évèque ou chef de l'église fondée dans cette ville (5), et se dirigea ▼ers Antioche , par Orttiosia, Antaradus, et I^aodioée (de la mer) (6). Dans la seconde de ces ▼Blés, il trouva une pauvre femme mendiant aiipr^ d'un temple païen , et dont les mains étaient paralysées. Secourue par l'apôtre , cette femme lui raconta ses infortunes : elle était issue

(1) ifom., VMS et s.

(fl) Pin 4lc VHom. VII (B) Ham. VIII. f s.

(l)//om.,XI.S. 89.

(5)lbld.,f M.

(f)/ftfM.XIl.

d'une illustre famille; mais exposée aux poursuites du frère de son mari , qui voulait attenter à sa vertu , elle lui avait caché sa trahison et feint un motif grave pour s'éloigner de lui, afin que son absence fit tomber cette passion adultère. Elle avait obtenu la permission de se rendre à Athènes avec deux fils jumeaux , en laissant le troisième avec son mari. Mais elle avait lait naufrage sur l'Ile d'Aradus , et s'était sauvée sans ses enfants : elle avait été recueillie par la veuve d'un pauvre matelot, que les infirmités mettaient dans l'impuissancé'de pourvoir sans l'assistance publique , à leur subsistance commune. £lle n'avait plus de nouvelles de son mari, qui était allé à sa recherche, ni de son autre fils. Saint Pierre lui fit reconnaître ce fils dans son disciple Clément. Mattidie , car c'était elle , se convertit à la foi nouvelle. L'apôtre la reçut dans la société de sa femme, qui voyageait dans ces contrées avec lui (1). A Laoôiéée 4me nouvelle reconnaissance se fit au profit de cette chaste mère. Nicétas et Aquilas, disciples de saint Pierre et compagnons de Clément, étaient ces frères jmneaux, qu'on croyait morts dans le naufrage d'Aradus; ils avaient été enlevés par un pirate, et vendus à Césarée, où ils avaient été élevés dans les lettres grecques par Justa, séduits par l'imposteur Simon, et ramenés dans la bonne voie par Zacchée, disciple de l'apôtre. Ils reprirent aussitôt les noms de Faustin et Faustinien , qui étaient ceux de leur naissance (2). Enfin, un vieillard, récemment arrivé de Séleude à Laodicée, se présenta devant saint Pierre ; et d'après les détails qu'il lui fit connaître sur les motifs qui l'avaient amené en Orient, l'apôtre n^connut que ce vieillard n'était autre que ce mari, parti à la recherche de Mattidie et de ses fils. Cette cruelle perte l'avait jeté dans la misanthropie. En se réunissant à sa famille retrouvée tout entière , malgré sa reconnaissance pour saint Pierre , il tenait aux doctrines du paganisme, et à la secte de Simon en particulier. Son fils Clément parvint cependant à le rapprocher d'eux, quoique Simon fût accouru d'Antiocbe pour empêcher sa conversion. Il s'appelait Faustus. Simon renouvela ses controverses avec saint Pierre (3); mais dans ses efforts prolongés il ne fut pas plus heureux , et apprenant que le centurion converti Comeliub était venu de Césarée à Antioche, par ordre de l'empereur, pour l'arrêter, il se sauva en Judée , après avoir laissé à Laodicée ses disciples Appion et Annubion, pour veiller sur Faustus. Avant de quitter Antioche, Simon avait tellement calomnié saint Pierre auprès des iialntants, que ceux-ci étaient résolus à le lapider sMI se présentait dans leur ville. Id le texte grec raconte (4) une transfiguration que, par son art inagiipie, l'imposteur était parvenu h

(1) i§om. XII. s is-ts, et XIII, 1.

(t)//om.Xlll,|.M.

(3) Hom, XV, XVI, XVII, XVII! el Xl\.

(4)/yoM. xx,fit.

CLÉMENT

exercer à Tégard de Faustiu , «oquel il avait imprimé sa resseml>lance. Saint Pi^rc eo aurait profité pour envoyer Faustus à Antioche, et colui-d, sous cette figure, aurait déclaré qu'il avait calomnié saint Pierre, et pour ramener les esprits en sa faveur. Ruûn, dans sa lettre à Gaudence , déclare qu'il n'avait pas trouvé cette fiction dans l'exemplaire qui a servi à sa traduction. Quoi qu'il en soit, saint Pierre, trouvant les voies préparées par Faustus, se rendit avec Clément et ses autres disciples dans cette cité, où il convertit Faustiis et Annubion à la vraie religion ; il j fonda, ainsi qu'il l'avait fait à Laodioée, une ^ise, et lui donna Théophile pour premier pasteur (i).

Là finissent les vingt homélies, et les dix livres de Rufin, que l'antiquité nous a transmis comme l'œuvre de saint Clément, et qui sont sans doute entachés, comme tous les écrits du premier et du second siècle, de beaucoup d'interpolations, mais qui respirent, au jugement de Neander, les sentiments qu'ont éprouvés les premiers d'entre les païens qui se soient convertis par un effort de leur raison.

On sait que c'est après la fondation de l'Église d'Antioche que le» nouveaux convertis prirent le nom de chrétiens. 11 n'est pas dit, mais il est probable, puisque le récit des Clémentines s'arrête là, que saint Clément retourna immédiatement à Rome avec sa famille, et employa sa fortune au profit de la société chrétienne.

Les Clémentines ne parlent pas, comme saint Justin, du voyage que le Samaritain Simon aurait fait à Rome, de l'impression considérable que par ses artifices il aurait faite sur le sénat et sur le peuple au temps de l'empereur Claude, c'est à-dire entre Tan 41 et l'an 54, et enfin de la statue qu'on lui aurait élevée dans une Ue du Tibre avec l'inscription Simoni Dei sancto (2). La découverte qu'on a faite, en 1574, de la base de la statue, avec l'inscription Semoni sancto^ a démontré qu'il s'agissait du dieu des Sabins, et nullement du magicien juif.

N'est-ce pas un fait remarquable que les Clémentines se soient préservées de.cette erreur, et n'estce pas une preuve qu'elles dérivent d'un ouvrage original, antérieur à l'époque où Justin écrivait ?

On a du moms la preuve, par la mention qu'en fait Origène (3), écrivain du commencement du troisième siècle , qu'elles existaient cf étaient lues par les chrétiens avant cette époque. On possède avec elles : l"" une lettre en grec et en latin, écrite par saint Pierre à Jacques, seigneur et évéque de la sainte Église instituée par J.-C, dans laquelle le grand afiâtre recommande au

(l) Tcite laUn seulement, X. 7t.

(t) Justin, ApoL I»«, { M. Voy. Otto, f* éd.,. 1847. et la note.

(8) Sur la Genèse, Pbélec, c. M, et sur l'F.TanR. de Matu, c. 6. - Elles sont aussi citées par Busèbe, Hist ceci., lii, 88; «uiint Jérôme (CaUl.). r». CuÉMKirr.; Comm. sur rép. aux Galat., 1 , 18 saint Kplphane, Her.j XXX , 18 , qui reproche aux héréUques d'en «baser; et par d'autres écrWalna. trop récents pour qu'il soit uUle d'en parler.

saint éréqiie de ne eomumoiquer qu'ami idèlei (et non aux gentils) le récit de ses prédicatiaii, écrit sous sa dictée par saint Clément; 2**aiiee^ pèce de procès-verbal de la délibératîon du der|i de Jérusalem, par laquelle, après avoir reçu di leur évoque communication de ces doctimêate, les membres de ce clergé s'obligent à n'en Un usage qu'avec la plus grande discréiioo , w qri s'accorde fort bien avec l'état d'une société eneon secrète ; 3*" enfin, une longue lettre de saint Qément lui-même au même évèque, comme chef di toutes les églises, dans laquelle il rinftmneqii Simon-Pierre, le chef des apôtres, est vcnoà Rome pour éclairer l'Occident , et qu'fl y a péri de mort violrate (PieUcoc). U ajoaid qu'avant a mort saint Pierre l'avait présenté à ses frères, é l'avait institué malgré sa vive réslstanee évitiai de l'église decettocité. Saint Clément avait imiilé sur les diflicttltés et les dangers de cette mism; mais l'apôtre en avait conclu qu'il ne pouni faire un meilleur choix. Du reste, il s'était )ai%' temps étendu sur les devoirs du pasteur et de ses coopérateurs ; il lui avait recommandé surtout de marier les jeunes gens, et même les viaUlards, afin de remédier à la corruption des maam et de diminuer le nombre des adultères et anlRi désordres contraires h la chasteté; d'établir h vie en commun parmi les chrétiens , «le viiilcr les prisonniers , d'éviter les recours à la jnstioe, et de remettre la décision de leurs différend» à l'arbitrage du clergé ; d'observer nne stricte probité, de catéchiser les ignorants; enfin, de pratiquer l'obéissance à leur chef.

Rien de plus pur que la morale de eette lettre. On attribuait du temps de saint Chrysoctome 11 rédaction des Actes des Apôtres, dont l'autour est resté anonyme, tantôt à Barnabaa, tantôt à saint Clément, et tantôt à l'évangéUste saint Loe. C'est à ce dernier que l'archevêque de ComtiDtinople donne la préférence (1) ; en effet» s'ilenett été autrement, la composition des démentineseM passé dans les Actes des Apôtres^ an mcMU pir abréviation, avec les nombreuses fondattona d'églises dont elles font le mérite exclusif à saint Pierre, tandis que la deuxième partie de eei Actes, rédigée évidemment par un oompagnon de saint Paul, ne parie que des églises de cet apôtre.

Parmi les premiers pontifes de Roroe, la tradition place avant saint Cléntent saint Lin et saint Clet ou Anadet , d'après le témoignage formel de saint Jérôme (2). La plupart des Latins le donnent comme successeur immédiat de saint Pierre ; selon TertulUen aussi (3), il fut institué directement par cet apôtre ; enfin , saint Clément Idraême, dans sa lettre à l'évèquede Jérusalem, à moins qu'on ne la suppose tout à (ait apocryphe, établit qu'il a été proposé et accepté sans obstacle. Saint Irénée est le premier (4) qui ait

CD i/om. II. sur les Jetés, cd. 1840, tom. lU, p. tO. (î) Cotait ▼•. CLÉMEirr.

(8) De Pr.vscrip.y Ht. 8î.

W Illi 3.

CLÉMENT

ddniid l'interposition de deux personnages dans le gouTcrnement de l'Église de Rome avant saint Clément. Mais il donne à saint Lin la qualité de disciple de saint Paul, ainsi qu'il est dit dans les Épltres à Timothée (1) ; et il parait bien que cette qualité a aussi appartenu à Anaclet : une Église que son fondateur, saint Paul, avait quittée, avait sana doute besoin d'un guide pendant ses absences ; mais ces guides ont-ils eu le nom d'évéques, dans le sens d'un gouvernement stable et permanent , comme Eusèbe l'a supfiosé en donnant la durée précise de cliacun d'eux? Cette remarque suffit peut-être pour expliquer comment saint Jérôme (2) penchait à croire que saint Clément était le premier évéque de Rome après les apMres; comment saint Augustin (3), ainsi qu'Optât (4), l'a mis le second ; et comment les constitutions apostoliques (5) ne regardent saint Lin que comme un disciple de saint Paul.

Mais ce qu'on ne conteste plus à saint Clément romain, c'est la rédaction de la première des deux lettres écrites au nom de l'Ë^ise de Rome à celle de Corinthe, quoiqu'elle paraisse ime imitation de celles de saint Paul : cette lettre, dont le texte n'a été trouvé qu'en grec , il y a deux siècles environ, est mentionnée avec éloge par Saint Polycarpe, saint Denys de Corintfae et saint Irénée , au deuxième siècle ; par saint Clément d'Alexandrie et Origène, au commencement du troisième; par saint Cyrille, Eusèbe, saint Épipbane, saint Jérôme, au quatrième.

La deuxième n'est pas regardée comme authentique, ainsi que plusieurs de ces Pères le déclarent; elle n'a d'ailleurs rien d'historique. La première, à cause de son excessive longueur, et des citations bibliques dont elle est surchargée, a paru interpolée en grande partie, notamment au savant Laurent Mosheim elle se compose de cinquante-neuf paragraphes ; mais il en admet la substance. Au reste, quel est l'écrit, même parmi les plus importants du premier et du deuxième siècle, qui n'ait été retouché on amplifié souvent dans des intentions pieuses ? Il suffit de rappeler ici les plaintes de samt Jérôme au pape Damase, sur l'état dans lequel il avait trouvé les copies des Évangiles. Cette lettre donc fut écrite k l'Église de Corinthe à l'occasion de dissidences graves, et même d'un schisme accompagné de vio« lances, survenus parmi les chrétiens de cette cité, évangéliséc par saint Paul. Il y est aussi question d'une persécution récente et non encore apaisée ; ce qui a porté des savants, qui se sont ooeupés des origines du christianisme , h conclure qu'il ^'agissait de la persécution de Néron, quoique, d'après Tacite, celle-ci n'ait fiappé sur les chrétiens qu'indirectement, en les confondant avec les Juifs. Il est plus vraisemblable

' (1) Dans la 1* Rplt. { tl. Il parle de son ^ojapc i Rnmc et de ceui qui l'accompagnalf nt.

(1) Ibid.. et Comm. sur Isale, c. st.

(9) Ép. 63. à Geoér.

(k) Llr. II.

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