VII
qu'il est fait allusion à cdle qui eut lieu sous Domitien, vers la fin du premier siècle. C'est en effet l'époque où saint Clément était pontife de Rome, puisque selon Eusèbe (1) il n'a gouverné cette Église que neuf ans, et qu'il est mort dès la troisième année du règne de Trajan , en l'an 100. Il est d'ailleurs parlé dans cette lettre de canons, de liturgie, et d'autres détails attes" tant l'existence d'un culte déjà organisé et l'ancienneté de l'Église de Corinthe (2). Cette lettre annexée aux Clémentines, avec le témoignage de Denys, évéque de Corinthe sous lesAntonins (3), et celui du prêtre Caius (4), attestent que saint Paul et saint Pierre ont subi ensemble leur martyre, et qu'on voit leurs monuments sur la voie Ostie, l'un ayant été décapité et l'autre crucifié, selon la tradition complétée par Eusèbe (à).
On a répété souvent que saint Clément était Juif, quoique Rufin l'appelle Clemens romantu, [tarce qu'il appelle Jacob notre Père (6) ; mais on a répondu victorieusement que les chrétiens, ayant adopté les livres sacrés des Juifs, donnaient aux patriarches le nom d'ancêtres (7). On a dit, enfm, que Clément avait subi le martyre à Rome, sur la foi d'un martyrologe : « Clément fut accusé i>ar Mamertius , préfet de la ville , devant Trajan, qui le condamna à la déportatii»n <lans la Chcrsonèse Taurique, pour y travailler aux mines. Il y fonda soixante-dix Églises , fit plusieurs miracles; par ordre de l'empereur, le saint fut jeté dans la mer, attadié à une ancre, et son corps fut retrouvé sur le rivage, enseveli dans un tombeau de marbre élevé sur un rocher. » Mais ces actes iiaraisscnt être apocryphes; car saint Irénée , qui le premier a donné lab'ste des pontifes de Rome, à la fin du deuxième siècle, ne signale parmi eux comme martyr que Télespliore ; Eusèbe et saint Jérôme ne mettent pas saint Clément au rang des victimes de l'intolérance romaine ; enfin, il faudrait des preuves éclatantes pour accuser un prince comme Trajan d'une telle barbarie.
Les écrits réels etsupposésdesaintCIémentont été imprimés par Cotelier(Pére5 apostol., tom. V, in-fol.; en dernier lieu, l'épitre authenti(iue et la deuxième, suspecte, ont été publiés par Fr.-X. Reithmayr, 1844, in-18; et par C.-J. ilefelc, 2*^ éd., 1839t et 1842, avec variantes et bonne dissert. Les Clémentines, ou Recogniliones, ont été imprimées par Drcssel, avec variantes, 1 853, et le texte latin de Rufin, par Gersdorf, 1837, in-8". L'épitre authentique est si surcliar^éc de citations, que l'ablié Genoude en la traduisant ( 1837, I, 107) l'a abn*gée. Il donne d'ailleurs saint ('le-
(1) Hi$t. ceeles., III. 13, M, et V.6.
(2) 'Apyaiav KopivOiaw i%xk7ysi«v ($47).
(8) Fraffm , S, Routh, I, 180.
(*) t« Prag., 11. p. m.
(5) Ilist. eccL, II. 15.
(ftl § 4. 'O Tta-H)© 9)(xûv.
(7) Dans ta piinclpaleéplU-e.aalotaénifnt annonce clal reincnt qu'il rrolt à la réftnrrcctton du ptiéntx (| il) ; U nt TT8i que Tacite partageait la mftoe croyance, «vee bien d'autres.
CLÉME.NT
iiieoC pour on Juif de la /amiiU de Jacob et pour (lûdple de saint Paul. Guilloo, éTéque de Maroc, dans sa Bibliotbèqoe des Pères de l'Église, en a donné Tanalyse, 1 14-123. Isuidext.
TUJraost, MtwuHrttAlt urV- - Heander, Kireken qmek. llf, p. 1100 ; C^metiseke Entwickehatç, p. MT. — Gendorf, BiblUttkeea Patrmm eeelesiasOeontm latinormm teUetm ; Ulpilff et Braielles , isn. — Erabbe , Vûber den L'nprunç mnd lukalt der Apottol. Ccmsritutiomeu, im. — Neaoder, HUtoir€ de féttM'uument de rEçlisê chrétienne, 4* teeL, II. »-S0, tnd de FonU- Bès. " Lardner. Sur les écrivains ecclésiastiques du premier et du deuxième siècle.
ciÂMKXT II, cent-cmqoante-uniènie pape, mort à Pesaro, le 7 octohre 1047. H était Saxon d^orifçine, et se nommait Rogeb ou Swuwfr. U fut McGessiv-einent chanoine d'Haiberstadt, chafielain de rarcheréquede Brème, chancelier de Henri ITl et érAque de Bamberg. Il succéda à Grégoire Vile 21 déoerobre 1046. L'année suÎTante il convoqua un oondle dans le but d^arréter les simoniaques, qui désolaient l'Église. Il couronna l'empereur Henri m le 25 décembre 1046, et canonisa sainte Viborade,Tiergeet martyre hongroise. On attribue à Clémente H une ÉpUre à Jean, archcTèque de Saleme. Ce pape a été enterré à Bamberg.
' Banmiii*, jinnal., lOM. — Morérl, Grand dictionnaire historique. - ArUudâeHoatOTt Histoire des souverains pontifes. II, m.
CLÉMBSiT III, cent soixante-seizième pape, mort le 29 mars 1191. H était Romain, et se nommait Paulin ScooLARi. Il fut successÎTement chanoine de Sainte-Marie-Matieure, cardinal-prètre de Palestrina en 1 180, puis éTéque de Preneste. Il fut élu pape à Pise, le 19 décembre 1187. Depuis' cinquante ans il existait des dissensions entre le peuple romain et les papes ; Clément conclut un traité avec les Romains, qui reconnurent Tautorité du pontife, à la charge parcelui-d de respecter les libertés du peuple , qui contmnerait d'élire pour son administration un préfet et des sénateurs. Clément III fit son entrée à Rome le 13 mars 1188. Il releva le cloître Saint-Laurent ejrtra muros, et répara le |)alais de Latran, qu'A fit orner de peintures. Il introduisit dans l'office l'usage d'avertir les assistants avec une sonnette au moment de l'élévation ainsi que sur le pas- (lage du viatique porté aux malades. Clément IH fit publier une croisade contre les Sarrasins, qui Tenaient de premlre Jérusalem. Philippe-Auguste, roi de France, et Henri H, roi d'Angteterrs, se virent entre Gisors et Trie, et résolurent de prendre U croix. Clément s'entremit ensuite pour ;ipaiser les troubles survenus après la mort de Guillaume, roi de Sicile. On attribue à ce pontif diverses Épitres. Il eut pour pré<lécesseur Grégoire VOI et pour successeur Célestin HI.
Baronhu, Ann., ifSS-llfl. - Looii Jacob. Btbiiotkeea pontif. — Richard et Glraud, Bibliothèque sacrée. — Artaud de Montor, Histoire des sourerains pont^/es, II,f».
CLÉMUiTiii, antipape. Toy. Guibert.
CL^EllT IT ( Guido FuLCODi ou GCY- FoDLQCJES ou Fouquet), cent-quatre-vingt-ciuqulèmepape, natif de Saint-Gilles, mort k Vi- Uri»» le 27 nofcmbre 1268. Éla en 1265 pour
succéder a L'rhain IV, après aT«r clé smoksiTement mifitaire, juriseonnKe, secrHve^ Louis IX, marié, père de fiunîlle, Tcaf, priire, évéque du Pur, archerèque de Narbow d cardinal, son élévation, qoH devaîC à la p»
tection du roi de France, ne changn riea à b simplicité de ses morars, et n'altéra point la i» connaissance qnH avait vouéejà Louis IX. Il ai, par la pragmatique sanction, un tenneanx^R^ rends qui régnaient entre 1» eoors de Koaect de France. En 1267 ce pontife rejeta lefnyi de réformation du calendrier que lui préscili k oordelier Roger Bacon, et qui est à peo prts cdn que Grégoire XIH adopta depuis. Bien qne Oément ait prêché et approuvé les croisaiitt, I est certain néanmoins qu'il diercha à di^wi ie r sarat Louis de commander en p ci soua e eelep lui fut si funeste. Quelques historiens aecBMt ce pape d'avoir conseillé à Charles d'A^in h mort de Conradin, en lui envoyant one médiOe sur laquelle on lisait d*un côté : « La nort 4e de Conradin est le salut de Charies >,etder»
tre o6té : k La vie de Conradin est la perte et Charles ». Mais la phipait des Msliiricns ft» çais rejettent cette anecdote, corame fiboleMe: Dom Martenne a recueilli quelques oom^nd quelques lettres de ce pape dans son Thesmma anecdot. Jior., t. U. [Ene. des g.Siu. m.]
MarteoM, Theu anecdot^ II. ~ Pblloa. HitL de HL pontif. - Satnte-Martlie, GaiLchrisL—S des rep. itaL
CL^EiiT ▼ ( Bertrand de Gora), 1 des papes d'Avignon, anteur du code des CUmafines, né à Uxeste, probablement vers 1 264, Mrt le 20 avril 1314. Il fonda dans sn Tille adak une collégiale, où il voulut être enseveli, sehi son épitaphe de 1315. Uxeste est on petit boaq; voisin de Villandrant, territoire de Bazas,s< selon la même épitaphe et les historiens dn pin, il fonda uneantre église et un château. P. LÔaid de Beauvais, dans son Histoire d'Aquitaine (l:, dit positivennent que dans son enfance Bertrand se rendait pieds nus d'L'zeste à Bazas{i deux lieues) pour aller étudier en cette viBe; m cordonnier lui donnait gratuitement un petit loal pour travailler, et il retournait tons les soir» chez lui. Mais cet historien, qui prétend q« cette relation était écrite dans le chapitre ée Villandrant, avoue que d'autres le crojiicil gentilhomme; son pèrè, Berard Gardas de Godi ondeG<uith,estdéâgnédansla chronique oooBe chevalier, seigneur d'Uzeste et*\lilandnut Ses aïeul, Arnaud Gardasde Gauth, était hnHntee fï^re de G. Benquet, évéque de Basas en-UM.
Quoi qu'il en soit, Bertrand fut ordonné priire à Bordeaux , et six ans après institué évéqne de Comminges par le pape Boniface VIII, en 139». Lors des démêlés de ce pontife avec Phili|i|« le Bel, il fut du petit nombre de ceux àt clergé français qui obéirent à la sommation pontificale, et se rendit à Rome nialg;ré la défeue
(1) Bordeaoi, llM, p. lis.
761 CLÉMENT
du roi. n fat nommé par le même pape arcbe- ▼éqae de Bordeaux à la fin de 1299. Lorsque le siège de Rome devint vacant, les cardinaux réotàs h Pérouse, au nombre de 15 (selon Labbe ; de 19 selon le procès-verbal d'élection), étaient divisés depuis onze mois ; ils se réunirent dans une transaction. Ceux du parti français convinrent de laisser au parti de Boniface le clioi^i de trois candidats, etcelui-ci de laisser au parti opposé le choix d*un pape parmi eux. L'arehevèque de Bordeaux fut porté sur la liste des candidats; comme on avait accordé quarante jours pour réiection définitive, le chef du parti français écrivit à Philippe le Bel que « ce candidat était d\m caractère cupide et accommodant , et que si le roi s'entendait préalablement avec lui, son élection était assurée ». Le courrier mit onze jours pour venir de Pérouse à Paris, Philippe le Bel six jours pour aller conférer avec Tardievèqœ , auquel il donna un rendez-vous secret dans une abbaye, à moitié chemin sur la route d'Italie (1). Les conditions du traité furent, à ce qu'il parait : r la réconciliation du roi de France avec l'Église romaine ; V* la remise|des décimes ecclésiastiques pendant cinq ans, pour les besoins militaires; 3* la condamnation de la mémoire de Boniface; 4" la réintégration des deux Colonna dans leurs fonctions de cardinaux, et ô"" la création de cardinaux français, n y avait une sixième clause réservée. On jura de part et d'autre avec les solennités alors usitées, et Tarchevèque donna des otages. Le courrier porteur du consentement du roi rapporta la réitonse au cardinal de Prat et à Napolion des Ursins, chefs du parti français, en moins de trente jours, et Bertrand de Goth se trouva élu sans difficulté : le procès-verbal de son élection, du 15 juin, lui fut porté en France ; il fut proclamé le 22 juillet, dans la cathédrale de Bordeaux. 11 manda aux cardinaux de se rendre à son sacre à Lyon ; ce qui mécontenta beaucoup les Italiens. Le sacre eut lieu vers la fin'de cette année , en présence de Philippe le Bel, qui 'l'accompagna à cheval , tandis que les princes tenaient les guides de sa haquenée. Il remplit de suite la plus grande partie de ses engagements, par la création de dix cardinaux français et le rétablissement des deux Colonna , en releyant le roi des excommunications prononcées par Boniface Vin, et en lui accordant les déduies dont il avait besoin.
Au commencement de 1306, il abolit le» deux bulles par lesquelles son prédécesseur avait empiété sur les droits de la souveraineté temporelle (voff art. BoifiPACE) ; au mois de juin, il manda le grand-maltre de l'ordre des Hospitaliers, alors en Orient, pour conférer sur l'état des affaires en ces contrées. Cette conférence ayant été seciète, il est probable qu'il y Ait questioo de l'or-
(1) Cet déUUf tout eaiprnatét au jHul êcdés. de Bajr« MÎIdl, coDttn. de BarooUu. — Umm on écrtt récent (Salotc«, ISM), rabbé Lacurle ctareiie.à proarer que eette catretM ert eontroavee.
76Î dre rival, des Templiers, alors beaucoup plus puissant et plus riclie, qui par son insolence s'était rendu redoutable aux princes et suspect d'hérésie ou d'infidélité à la cour de Rome.
En 1307 il se rendit à Poitiers pour conférer avec les rois de France, de Navarre et de Sicile, avec les comtes de Flandre et de Valois; il excommunia Androm'c, empereur grec, adjugea la Hongrie au comte de Valois, et convoqua un concile oecuménique. Philippe insista sur la condamnation de la mémoire de Boniface, dont le procès n'était pas encore commencé, et il obtint, non sans peine, qu'une procédure fût instituée par-devant les commissaires nommés par le pape'; mais Clément se réserva expressément le jugement. C'est dans cette conférence que fut concertée entre lui et Philippe le Bel la destruction de l'ordre des Templiers. Cette grande mesure était nécessitée aux yeux de la politique par l'indépendance que cet ordre religieux et militaire affectait vis-à-vis des potentats, et par le poids qu'il mettait dans la balance de leurs mtéréts, an milieu des guerres si fréquentes entre eux et avec leurs vassaux; d'un autre côté, le grandmaitre était jusqu'à un certain point le rival du pape. Les relations qu'ils avaient avec l'Orient et les peuples qui professaient le schisme grec et l'islamikme avaient pu les refroidir beaucoup sur la catholicité. On d découvert dans ces dernières années un coff^ret-templier qui révèle des signes de l'hérésie des gnosti^iies. La papauté et la royauté avaient donc des motifs supérieurs pour supprimer Tordre et pour disperser ses biens, qui s'accroissaient sans cesse; mais était-ce un motif suffisant pour brûleries templiers et leur chef, et flétrir leur mémoire à l'aide des préjugés du temps? Philippe était un prince alors bien puissant , puis qu'en vertu de ses ordres .secrets , des hommes si nombreux , si considérés jusque là , appartenant pour la plupart à la noblesse, furent arrêtés en même temps dans toutes les parties de la France sans qu'il y aiteu de résistance armée. Cette mesure causa une profonde sensation en France et dans toute l'Europe, où les templiers avaient des commanderies. On possède la bulle par laquelle Clément V , à Poitiers, le 31 juillet de Tan m de son pontificat, c'est-à-dire en 1308 (1), donne mission à quatre évéques et à trois autres commissaires , non compris un notaire apostolique, de se rendre à Sens, pour y niformer contre les templiers. Dans cette bulle il est exposé que, tant avant son couronnement à Lyon (en 1305) que depuis, des révélations hii avalent été faites sur les crimes commis par le grand-maltre, les précepteurs et membres de l'ordre, et par l'ordre lui-même, soit par apostasie, floitpar sodomie. Le pape ne put d'abord y croire ;
(1) hroeétdMTemptiêrt, publié par M. Miebelet. t. !•», p. t-7. mi, lii-4^, d*aprés leiplAeet ofOclelles. Cette telle en MM doate rortgtnal de l*anpUaUoo datée de TMlowe, I des ealendca de jaBfter, I* auM?. Ha ponttf., piU>llée far layMkH, p. 4f .
mais 1« roi Philippe, auquel des révélations semblables avaient été portées , et qni avait fait saisir leurs personnes, d^allleurs sans aucune vue sur leurs biens, dont il avait laissé ledépôtetradministration à l'Église, lui avait communiqué ses informations. L*infamie de ces templiers avait transpiré. Clément lui-même avait reçu , mais sous le sceau du secret, des aveux d*un templier de grande noblesse; dans ces aveux, il avait été déposé (|u*à leur réception les clievaliers niaient la divinité de J.-C. , crachaient sur la croix, et se livraient les uns envers les autres à des actes de libertinage. D'après cet aveu, le pontife se croyait obligé d'agir, et de céder à la clameur publique, d'autant plus qu'elle était appuyée par le roi , les ducs, comtes, barons et membres du clergé, et par le peuple, qui se fondaient sur d'autres confessions, attestations et dépositions du graud-mattre , de plusieurs précepteurs et che- Taliers, reçues par les prélats et inquisiteurs, et rédigées par écrit : il avait entendu lui-même jusqu'à soixante-douze membres de Tordre, sous la foi du serment, en présence de plusieurs cardinaux, ses assesseurs, et quelques jours après il avait fait lire leurs aveux dans un consistoire ptiblic, en présence des inculpés. Ceux-ci y avaient persisté , et des enquêtes avaient été ordonnées soit par le saint-si^, soit par le grand-mattre de France et d'outre-mer, en Normandie , en Aquitaine et en Poitou. Plusieurs ayant excipé de leur impuissance à se rendre à Poitiers, Clément avait , indépendamment des procédures suivies par l'inquisiteur de France, délégué trois de ses cardinaux pour entendre les absents et promettre le pardon à ceux qui feraient humblement leur soumission. Il atteste que les trois cardinaux et les quatre notaires assistants, avec d'autres citoyens honorables , ont reçu des aveux spontanés, sous la foi du serment, confirmatifsdes mêmes impuretés, sacrilèges et hérésies, et que les pénitents ont reçu leur absolution. Mais à cause de la diflusion de Tordre, cela ne suffisait pas ; et il fallait continuer l'enquête pour laquelle il autorise ses nouveaux commissaires à requérir l'assistance du bras séculier, et à procéder, soit au nombre de sept , six ou cinq , soit même au nombre de deux, pourvu que ce soient des prélats. La copie des enquêtes remise aux archives pontificales n'est pas connue, et on n'a encore publié que les deux premiers volumes de la copie française, que M. Michelet croit authentique, en promettant au public la publication de tous les documents renfermés aux Archives de France. C'est la plus ancienne et la plus considérable procédure que Ton connaisse. Elle renferme la copie d'autres bulles contirmatives de la première, datées d'Avignon, Tune du 6 mai 1309, deux du 22 mai 1309, an iv du pontificat. Quelques-uns des
CLEMENT 7(M
à Paris, oii eOe avait été transportée. Le procèsverbal porte la trace d'une suspension de H»
tmcUon, dans laquelle figure l'interrogatoire éi grand-maître et de deox cent trente-un cfaen- Uers ou servants, devant les commissaires pontificaux ; phisieurs, et des plus notables, s'étacat rétractés et s'excusaient sur Tatrocité des tortures qu'on leur avait fait subir. On sait que cette procédure se prolongea , et qoe le grand-maHre, J. de Molay, qui à son retour en France avait été reçu avec de grands honneurs à la cour, fat brûl^ le 18 mars 1314, avec d'antres dignitains à l'ordre, qui protestèrent de leur innocenee.
C'est dans le cours de ce prooèa, et dès IKN^ que Clément fixa sa résidence à Garpeoliai tf à Avignon. Il ne faut pas oublier qu'alors laFtaee s'arrêtait aux portes de Lyon, et que TarcfaeféqK de cette ville élevait des prétentioDS même ■ partage de la souveraineté, qui ne furenteondnoées par Clément Y qu'à la fin de son pontifieiL La Provence et le Dauphiné étaient y ausâ bia que le pays Venaissin, dans des mains étrangèrti) de sorte que la papauté y était aussi libre qa'ci Italie. Clément résista quand il le voulut i Philippe le Bel , et notamment après avoir, pir une bulle de Tan iv de son pontificat, ouvert le procès à la mémoire de Boniface YIII. n ioit I par Tacquittor, et le déclarer intact de tout le- I proche d'hérésie (1311). Clément était inpi- I toyable envers les hérétiques ; car non-seole- ! ment il fit brûler en Lombardie le moine Dobian et autres, accuses d'incontinenoe et de violation de leurs vœux, mais, en 1308, il fit écarteler comme complice, une femme Man;uiti, et brûler ses os, d'après une procédure dirigée ; par Tévôque de Veroeil.
j II publia, sivla demande de l'empereur UcBiif I roi des Romains, une bulle pour la cérémonie di ; sacre; il y inscrivit l'obligation de Tempereor ; de baiser les pieds du souverain pontife (19 ! juin 1311, an VI de son pontificat). Il aviit I aussi délié le roi d'Angleterre ponr Tobligstioi ! que ce prince avait contractée de respecter les I libertés de son pays. Enfin, le pape prit sur loi d'abolir Tordre des Tempiers par mie bulle de propre mouvement, délibérée dans un conseil secret de cardinaux; il notifia cette bolle an coocile dans sa seconde session, en 1312, en présence de Philippe le Bel , qui sans doute Tavat porté à cette résolution. Cette bulle reçut son exécution parce qu'elle était nécessaire. Les biaks des Templiers furent transférés à Tordre des Hospitaliers ; mais Philippe en retint une bonne partie, pour le couvrir des frais de procédure. La constihition de Clément V sur cette abolition ert datée du 6 mai de Tan vn de son pontificat, c'està-dire le 6 mai 1311. L'onlredcs Templiers, qui avait cent quatre-vingt-quatre ans d'existence, n'a-
commissaires se désistèrent. On sait qu'en mai | vait(>as été défendu devant le concile. C'est pour-
1310 le synode.de Sens condamna cinquante- . quoi, dit Walsingham, écrivain ooBtenipoFi^(l)y
quatre chevaliers, et qu'ils furent immédiatement •
brûlés, pendant que la procédure se poorsoivait i r (,) ^p^^ luiynaidi, p. mo, t. xxin.
jt pas statué à son égard par Toie de jogemaig par autorité ecclésiastique. Qu'était-ce Bt que des procédures accompaguées de tes tortures, le plus souvent avec des aveux jés, quand il n'y avait pas eu débat public frontation, et qu'on faisait prêter aux télé serment de garder le secret (1)? On ne jamais la vérité sur la culpabilité de la maies membres de l'ordre, quoiqu'il soit éviar soi-même que le célibat commandé à mines dans la force de l'âge, dévoués à une tive et guerrière, et vivant souvent en y a dû amener chez beaucoup les vices X et secrets qui sont restés dans les mœurs contrées. Dans tous les cas , d'après les roaines de l'empire chrétien , la sodomie pas punie du supplice du feu, comme s Juifs. D'un autre côté, pourquoi les temauraient-ils renié le Christ, craché sur la et commis tant de sacrilèges? On ne les ivit pas avec cet acharnement en pays if ; on se contenta de leur suppression, mai 1313 Clément canonisa Célestin Y.
ce nom.) Et en l'an ix (1314) il publia les iitions qu'il avait puisées dans les déons du concile de Vienne, et qui portent . de Clémentines. Elles figurent encore e code des lois canoniques, et forment rrei et cinquante-deux titres; elles n'ont : bien remarquable. 11 abolit celle qui ne tait pas d'admettre le témoignage des ns entre les juifs et les sarrasins ; il y liverses mesures pour conserver les bonnes des membres du clergé, des moines et des ses. Le titre xvii du livre 111 révoque la e Boniface Clericis laicos, comme ayant le grands scandales. 11 veut qu'il soit étamoins deux chaires d'hébreu, d'arabe et déen dans les universités de Rome, Paris, , Bologne et Saleme. 11 réprime les malras des inquisiteurs et des prélats, ainsi sure. 11 promulgua les Clémentines dans le de Vienne, et son successeur, Jean XXll, »nna l'enseignement dans l'université de î. Clément V mourut à l'âge de quarante cliàteau de Mauranez, appartenante Phi- Bel ; son corps fut porté à Carpentras, où linaux résidaient alors. Son trésor fut t les voleurs furent mis en jugement par .cesseur. Ses restes furent transférés en ne, et ensevelis dans Téglise de Sainte-Maeste, prèsdeBazas, sa patrie, en 1315.
bAMllElIT.
Clément V^ dau Balaie, yim dêâ papei dTÂ- K* voL, p. 111; In-^, 16M. - ytfnn. de Mofu., i XXIV. avec notes de Mansl. -Pièces du Proèmpliers, tom. I et ll.tpar i. Mlchelet ; 1S4M8I1, B acbeve. — Deux «émoirea de M. Mlffoard, in-4*, . aar le eof/rei 4e$ Templiers. — M. RapetU, ei Tempiiers ( MonUeur, Janvier 18B4 ).
IKXT ¥1 (Pierre Roger), deux-centième i dans leLirnoosin, mort à VifleneuTe d*A-
r Icf pl£cet do pnGé» du» HklMleL
CLÉMENT 706
vignon,cn 1352.Aprèsavon'étémoinedelaCliaise- Dieu , archevêque de Rouen, cardinal , il fut élu pape, le 7 mai 1342. Il eut des démêlés très- vifs avec Edouard HIj, roi d'Angleterre, au sujet des bénéfices , dont il prétendait disposer en maître absolu. Il renouvela les anathèmes de son prédécesseur contre Louis de Bavière, et confinna l'élection de Charles IV, roi des Romains. Il acheta, par contrat du 9 juin 1348, la ville d'Avignon et son territoire, de Jeanne, reine de Naples , pour la somme de 80,000 florins , qui n'ont jamais été payés. Les Romains, en proie à la faction de Rienzi, l'appelèrent inutilement à leur secours. Le 10 avril 1349 il réduisit à la cinquantième année le jubilé que Boniface VIII avait établi pour la centième. Le jubilé, dans la bulle, est comparé au jubilé des Juifs; les anges reçoivent l'ordre de tenir pour absous et d'introduire dans le paradis sans délai quiconque mourrait en allant à Rome pour le jubilé. Dans le fort de ses démêlés avec Louis de Bavière, on feignit une lettre écrite par Satan , du fond des enfers à Clément, son vicaire, et aux cardinaux , ses conseillers , dans laquelle 11 rapportait les péchés favoris de chacun d'eux, et les exhortait à mériter les premières places dans son royaume. Elle finissait ainsi : «t Votre mère, N la Superbe, vous salue, avec vos sœurs l'A- « varice et llmpureté, et les autres qui se van- « tent que par votre secours elles sont très-bien « dans leurs affaires. » Visconti, archevêque de Milan, à qui cette pièce était attribuée, se réconcilia avec le pape moyennant 12,000 florins d'or par an. Clément VI couronna André roi de Naples. Villani ne traite pas mieux ce pape qu'il n'avait traité Clément V ; mais Pétrarque fait l'éloge de sa mémoire , de ses manières et de sa générosité. Ce pontife , qui eut pour succi^sseur Innocent VI, a laissé des sermons et un discours pour la canonisation de saint Yves.
Maratorl. SertpL rer. ital. - Platlna , de ru. pont{f. — VlUanU Hiit. fior., III. - Artaud de Montor. Hist. dei sauv. pontifet rom. — Ranke, Geseh. des Papsthum. CLKHBNT VII {Jules DE MéDicis), detix-cent- Tingt-troisièmepape, natif de Florence, mort le 25 septembre 1534, Florentin, chevalier de Malte, grând-prieur de Capoue, nommé à l'archevêché de Florence par son cousin Léon X, créé cardinal et chancelier de l'Église romaine, devint pape en 1 523. Le 2 mai 1 524 il donna une bulle pour hi réformation des abus qui régnaient en Italie. Le 22 mai 1526 U se ligua par un traité avec les rois de France et d'Angleterre, les Vénitiens et d'autres puissances italiennes, contre l'empereur Charles- Quint Après le siège et la prise de Rome par Par^ mée.iropériale. Clément se vit assiégé dans le château Saint-Ange, et obligé de capituler le 5 juin 1527; mais ne pouvant remplir les conditions de la capitulation, il se sauva déguisé en marchand, le 9 décembre de la même année, et se réfugia à Oniette. Il traita néanmoins avec l'empereur en 1529, et leeouromiaèi Bologne le 24 février 1530. L'afbire do divorce de Henri VU! arec Callie-
CLÉMENT
lioe d'Aragon, tante de Charlcs-Qoint, roccupait alors extrèmeinent : il Tavait évoquée à Rome , et le 23 mars 1534 il rendit son jugement définitif, par lequel il déclarait bon et valide le mariage du roi d'Angleterre et de Catherine d'Aragon, et défendait à ce monarque, sous peine de censure, d'en poursuivre dormais la dissolution. £n 1533 il fit le voyage de Marseille, pour remettre à François l" Catherine de Médicis, sa nièce, qui devait épouser le duc d'Orléans, connu depuis sous le nom de Henri II. Clément avait approuvé l'institution des Théatins, des Capucins et des Bamabites, enrichi la biblioUièque du Vatican d'un grand nombre de livres, et pro- Xé^é les sciences. Nous avons de lui plusieurs lettres adressées au\ rois de France , d'Angleterre et à des savants. Celles qu'il écrivit à Charles-Quint, et qui ont été recueillies sous ce titre : Epistolœ démentis VU ad Carolum V, al fera Caroli V Clementi respondentis , 152; in-4'', sont rares et recherchées. Clément Vil eut pour successeur Paul III.
Gulchar<»o. Istor. ct7t.-Oouphrius.de f^i^ CUm. Fli V. II. — Bower, Ui$t. der Paepste. - L. Raokc, Ceseh, des PapMt.
GLSMBNT VIII ( Hippolyte Aluorrandimi) , deux-cent-trente-cinquième pape Italien, né en 1536, mort le 3 mars 1605, auditeur de rote, référendaire de Sixte V et c^urdinal, devint pape eu 1592. Clément VllI fixa au 15 avril 15951e triomphe et le couronnement du Tasse, dont il honorait le talent; mais ce poète tomba malade, et mourut la veille de cette brillante cérémonie. Le 17 septembre de la même année, il donna solennellement l'absolution à Henri IV, contre lequel il s'était d'abord laissé prévenir par les Espagnols et les ligueurs, après que d'Ossat et Duperron eurent fait abjuration au nom de ce pilnce. On a trouvé indigne que le roi de France ait pu consentir à recevoir une sorte de bastonnade sur le dos de deux hommes qui furent depuis cardinaux ; mais il faut savoir que le pape, en frappant les envoyés français d'une petite baguette, pendant qn'il prononçait la formule d'absolution, ne faisait que suivre le cérémonial du I*outifical romain , qui le prescrit ainsi, pour marquer que l'Église rend la liberte chrétienne à oeux qui étaient liés par des censures, à l'imitetion des anciens Romams, qui affranchissaient les esclaves de cette manière. Les deux envoyés eussent éte bien plus répréhensibles s'ils avaient permis au pape d'insérer dans sa bulle, comme il le voulait, cette clause particulière : Nous le réhabilitons dans la royauté. Le 2 janvier 1598 commencèrent les célèbres conférences de A%txUiiSf au sijget de l'ouvrage de Molina de Concordia gratix et liberi arbitrii , dans lesquelles les dominicains et les jésuites g'attequèrent et se défendirent tour à tour sur les matières ardues de la grâce et du libre arbitre. Il s'en tint un très-grand nombre sous la présidence du pape et en présence des cardinaux et des phw savants théologiens;
mais ce pontife eut la sagesse de ne point prononcer. Le 8 mai 1598 le|pape fit son entrée solennelle à Ferrare, dont il s'empara après la mort d'Alphonse d'Este , au préjudice de César d'Esté, fils illégitime. Clément Vm eut pour aaaxum Léon XI.
ClcareUa , de FUa CtemetUi FIIL — De Tlio«, Hiâ. nU temp. - AH de vériJUr le» daUs, lll. -Aruadde Montor, Hitt. des souv. pontifes rom.
CLÉMENT ix {Jules Rosncuosi), denxcent-quarante-denxième pape, né à Pistoie, a 1600, mort le 9 décembre 1669, aoditeor deh légation de France, nonce en Espagpe, canUml, fut élu pape en 1667. Il se rendit médiateor entre Louis XIV et l'Espagne an traité d'Aixla- Chapdle. En considération de Vegpài eoneiliateur du pape, le roi de France consentit à lasser abattre, la pyramide élevée à Rome cnrépan» tion de l'insulte faite à l'ambassadeur marquis de Lavardin, sous Icdemier pontificat. Parun brefdo 28 septembre 1668, Clément IX, de son cMé, félicita les évèques d'Alais , de Pamiers, de Beauvais et d'Angers de la parfaite obéissaiia avec laquelle ils avaient souscrite! fait sousaire sincèrement le formulaire, dans lesdiscosnooi au sujet de la doctrine de Jansenliis. Tout le monde était content, tout le monde chantiit victoire : c'est ce qu'on appela sur des médailles et dans des livres la paix de VÉglise oq k paix de dément IX. On sait qu'elle ne fut pas de longue durée. Le pape cherchait alors à secourir Candie, assiégée par les Turcs ; mais la place fut prise malgré ses efforts. On prétesd que le chagrm qu'il en conçut accéléra sa nort
Glannonc, Stor ai Nap.^ IV.- Artaud. Hitt, des w»pontifes de Rome. — Ari de vérif. les datés.
CLÉM BNT X ( Emile- Laurent Altibhi ), denicent-qnarante-troisième pape, Romain, né le 13 juillet 1590, mort le 22 juillet 1676. H futélopa|)e le 29 avril 1670, après un conclave de quatremois et quatre jours. Il avait alors quatre-vingts as^ Au rapport de Muratori, Clément IX avait eu le pressentiment qu'Altieri lui succéderait. En 1671 Clément X donna un édit en faveur de la noblesse commerçante. Il érigea en évèché l'église de Qoé* bec, en 1676. Le grand âge de ce pape l'obligea de laisser en grande partie l'administratâûndeses affaires au cardinal Altieri, son neveu d'adoplioo. Il eut pour successeur Innocent XI.
Art. de vérif. les dates, 111. 6 tr^. 1
CLÉMENT XI ( Jean-François Auuiii ), deuxcent-quarante-septième pape, né à Pesaro, le 22 juillet 1649, mort le 19 mars 1721. U fut âo pape le 23 novembre 1700, et se fit connaître ptf la bulle Vineam JDomini, du 16 joiUet 1705, lancée contre ceux qui prétendent satisfiaire pv le silence respectueux aux oonstitatlons apostoliques ; par la bulle Unigenitus, du 8 septembro 1713, portant condamnation de 101 propontàoni extraites du livre des Ré/lexions morales da Père Quesnel, parmi lesquelles on TODiarqiie oèDeci : La crainte d'une excammwUcaiUm i^fusU ne doit pas nous empêcher de faêre noire ie-
CLEMENT
«o<r; par la boDe Ex illa die, du 19 mars 1715, contre les pratiques superstitieuses et idolâtriquesque certains missionnaires permettaient aux nouveaux chrétiens de la Chine; par ses vives contestations avec le roi |de Sicile Yictor-Amédée, à l'occasion du tribunal appelé de la monarchiéide Sicile. On a de luiun jffu^/arr^^ 1718, in- fol.; et des Homélies, Rome, 1729, 2 vol. infol. Son successeur fut Innocent XIII.
jért de véri/. Ut datée. — ArUud de Montor, HM. éet iomv, pontifes de Rome. — Richard et Glraod, Bibi, Bocrte. — F^ie de Clément XI ^ en tète de tes OEwortt €&wtpléUi, par Annlbal Albanl; Francfort, 1719. In-fol.
GLéMRTiT xii {Laurent CoRSnn ), Florentin, né en 1662, mort le 6 février 1740. Il fut créé cardinal le 17 mai 170A, évèque de Frascati en 1725, et élu pape le 12 juillet 1730. Un de ses premiers actes fotia poursuite et le châtiment des malversations commises sous le pontiâcat précédent par le cardinal CkMcia. La publication d'un jubilé, des lois somptuaires, la protection accordée aux dominicains furent les autres actes importants de son pontificat, troublé d'ailleurs par les guerres «lont ntalie étaH alors le thé&tre. Clément xn eut des démêlés avec Turin. Il donna an roi des Deux-Siciles llnvestiturc du royaume de Naples. n canonisa Vincent de Paul, et Régis, de la compagnie de Jésus. Il n'est pas prouvé qu'il ait été aTCUgle pendant douze ans, ainsi que l'a prétendu Caraocloli, dans sa Vie de Clément XIV. Les Romains lui érigèrent une statue de bronze, que l'on plaça au Capilole. I) avait succédé à Benoit XIII, et eut pour soooesseur Benoit XIV.
jért de vérif. les dates. - ArUad de Montor, HisU des souv. pontifes de Rome.
GLÉMKimiu (CAar/esREZzomco), Vénitien, né le 17 mars 1693, mort le 3 février 1769. D'abord évèque de Padooe et cardinal, il devint pape en 1758. On lui doit la continuation des travaux entrepris par Benoit XIV pour la réparation et rembellissement du Panthéon, ceux relatifs an ilesséchementdesmarais-Pontins et à la reconstruction du port de Cività-Veochia, la répression de quelques abus, et des secours abondants durant la disette de 1764. Il conâanuaiV Histoire du peuple de Dieu, par le jésuite Berruyer, le Urre de l' Esprit, par le philosophe Helvétius, et VÉmiU de Jean-Jacques. Il s'éleva avec force contre la corruption du clergé et les mauvaises doctrines de plusieurs de ses membres. En 1768 il publia un bref en forme de monitoire contre des règlements de l'infant doc de Parme, et les déclara attentatoires à la liberté de F Église, à la cause de Dieu et aux droits du saint-siéçe. Le bref fut supprimé par le duc de Parme, par les rois d'Espagne, de France, de Portugal et de Naples, dans le courant de la même année ou de la suivante. La France s'empara d'Avignon, et Naples de Bénévent Les esprits s'aigrirent encore par la bulle Apostolicam, qui confirmait les Jésuites dans leurs privilèges, les justifiait contre toutes les accusations si souvent renou- ▼dées contre eux, et fUsait l'éloge de leur lèlc , Nouv. BioGR. omvias. — T. X.
I de leurs talents et de leurs services. Dans eette \ extrémité, il indiqua pour le 3 février 1769 un I consistoire, où il se proposait de remédier au ! mal ; mais il mourut dans la nuit même.
Artaod de Montor, HisL des souv, pontifes de Borne. I — jiri» de vtrif. les dates. — Léopold Ranke, Cesehichte des paptthum.
CLÀMBiiT XIV (Jean-Vincent-Antoine Gan- 1 GAiŒLU ), né à San-Arcangelo, le 31 octobre 1705, ! mort le 22 septembre 1774. 11 était fils de Lau- ! rent GanganeUi, médecin (1), et d'Angela Serai fina de Mazza, de Pesaro. Ses parents le destii naient à exercer la profession médicale ; mais i dès ses plus jeunes années il témoigna un invin- ! cible penchant pour l'étude et le recueillement. i Son éducation fut d'abord confiée aux jésuites de Rimini; trois ans plus tard il fut envoyé au collège des Piétistes (Scuolopj) d'Urbin.
Son goût pour les sciences et une vie retirée alla dès lors croissant; et bientôt après, malgré I les représentations de sa famille, il encra dans ; l'ordre des frères Mineurs de Saint-François d'Assise, qui portent en France le nom de Cordeliers. Le 17 mai 1723 GanganeUi prit l'habit, j sous lenom de Fra Lorenzo, elle 18 mai 1724 il fit sa profession solennelle. Il poursuivit ensuite ses études de philosophie et de théologie dans les couvents de Fano et de Pesaro, et se fit assez remarquer pour que, dans l'année 1728, on l'envoyât à Rome, où il fut admis au collège de San- Bonaventura, qui préparait à l'enseignement théologfque les sujets les plus remarquables de l'ordre. Sous la direction du P. Lucd, ses progrès furent tels qu'il put être reçu docteur en 1731. n fut envoyé alors à Ascoli, pour y professer la philosophie. GanganeUi se distingua dans cet enseignement, de même qu'il se fit re marquer ensuite comme orateur. Bologne, Milan, Ferrare, Venise , Florence l'admirèrent tour à tour. « Partout où fl se présentait, dit un de ses historiens ( le P. Theiner), il laissait ses auditeurs ravis de sa grande doctrine et de son éloquence. Il était moins remarquable par les formes oratoires que par la profondeur d'une admirable ascétique, qui réunissait dans un harmonieux ensemble les mystères du temps et ceux de l'éternité. » Rappelé à Rome, eu 1741, il fut chargé de diriger le collège de San-6ona< Ventura, et nommé définiteur gâiéral de l'ordre. Quelque temps après, sa congn^tion eut à élire un nouTcau général, et Benoit XIV voulut ouvrir en personne le chapitre qui se devait tenir à cet effet. Ce fut GanganeUi qui prononça devant l'éminent pontife le discours d'usage. Il rappela éloquemment les talents administratifs de Benoit, les progrès que les sciences avaient faits sous son pontificat et l'énergie qu'il avait déployée dans le rétablissement de U discipline ecclésiastique. Cette éloquence, puisée à sa meilleure source, la vérité, valut à GanganeUi la
(i) ClilnirRlende campagne, selon qnelqnes blovraplie^ il en eu in«ae qui pr^tedOnr qu'il «tait laboureur.
CLEMENT
protection d'un pape qui saTait apprécier les hommes, et en 1746 il fut nommé consnlteur du saint-office. Il devint Tami et le conseiller de Benoît, qui prenait son avis sur toutes les questions importantes. Deux fois, en^l7ô3 et en 1759, Ganganelli refusa la dignité de général de l'ordre des Ck)rdeliers. Loin de s'attiédir, son goût de la solitude était de^^enu plus vif que jamais. A Jesi, où il se trouvait un jour, il communiqua à un de ses amis, le père Antonio Sandriani, son projet de quitter Hume et d'aller iinir ses jours à Assise, au tombeau de saint François, loin du bruit et du monde. » Dieu te veut à Rome, mon fils, aurait répondu Sandriani, et te destine dans cette ville à de grandes choses. » Les habitudes de Gangauelli répondaient du reste aux sentiments qu'il manifestait. Il cherchait de préférence les endroits peu fréquentés. Ses promenades favorites étaient les jardins isolés des Pères Capucins, sur le mont Pincius, et des Pères de la Mission de Saint-Vincent de Paul , à San-Giovauni et Paolo, sur le mont CeUo, parmi les souvenirs de l'ancienne Rome, en face des ruines du Colisée et de l'Arc de triomphe de Constantin. Mais ce qui l'attirait par-dessus tout, c'était la nature elle-même : la botanique, l'entomologie comptaient parmi les calmes distractions qu'il se permettait. On le yoyait parfois passer des heures entières à l'analyse d'un insecte, d'une fleur; et souvent, un livre k lapnain, il se perdait dans le silence des forêts. S'il éprouvait le besoin de quelque divertissement plus mondain , il taisait une promenade à la villa Patrizi , où il jouait au trucco, sorte de jeu de boules, qu'il regardait comme un exercice salutaire à sa santé.
Quelquefois aussi il montait à clieval; il parait Hiôme qu'il fut bon cavalier. « Le pape, écrivait plus tanl en parlant de lui le cardinal de Remis au duc de Choiseul, le 4 octobre 1769 , le pape galope tous les jours à cheval, et ses officiers ne peuvent le suivre. Il s'est fait faire un habit court, blanc, des bottes blanches, un diapeau rouge; voilà ce qui compose son habillement de cheval. » Malgré son apparente répugnance pour les honneurs, Ganganelli fut nommé cardinal le 24 septemlu^ 1759; son autorité comme savant, comme théologien» grandit encoie; mais sa simplicité, qui allait jusqu'à l'extérienr do la pauvreté, no varia pomt.
Tels étaient les antécédents, le caractère et les habitudes de l'hoaune qui, sous le nom de Clément XIV (1), fut élu pape le 19 mal 1769. Jl n'était pas évoque quand il s'assit sur la chaire de saint Pierre ; on le sacra au Vatican, le 28 mai, et il fut couronné le 4 juin. Le 26 novembre il prit possession de Samt-Jean de Latran. Un accident, que les esprits superstitieux pouvaient considé' rer comme un présage, signala cette solennité, accomplie d'^tilleurs avec la plus grande pompe.
(1) Le coite presque .supenUUeux qu'il avait pour la niémoire de Slite-Qalnt le dtnposaità prendre le nom dû Siite VI; mais ses amis l'cD dissuadèrent
C'est encore le cardinal de Bemin qui, àladile du 39 novembre, rend compte da CÎit au doc de Choiseul : « Sa sainteté, dimanche 20» dit-il, eiil> lant à cheval iivec la pompe orduaire, prendre pat sessionà Saint-Jean, fut culbuté (sic) sar le pafé en descendant du capitule. Elle devait ae c^imt la tète ; mais, grâce à Dieu, elle en fut quitte poifr la peur: elle but un yenne d'eau, marcha à pU quelque temps, et puis continua sa route 4laiu vm chaise découverte. Le soir on lui appliqua les sangsues, et le sahit-père dormit six heures sw R'é?eiller. Je fus à son audience le lenden^in, d je ne Pay jamais vu plus gay ni plus cootcnl. Le prince Borghèse liû avait prêté un cheval de manège, que les cris du peuple eflaroocbèreat» et qu'aucun des officiers du pape n'eut le courage d'arrêter. C*est un miracle qu'une chnte si rude n'ait eu aucune suite, et un grand bonheur d'a?oir conservé le pape présent, car nou serions bien embarrassés d'en (aire un qui le valût à tous égards. » Le 12 décembre 17G9 le nouveau pontife adressa aux évêques , sulmit l'usage de ses prédécesseurs, une eiicycliqueqK l'on peut considérer comme le programme de a conduite, et qui respirait les sentiments les pli» élevés. L'histoire du pontificat de Clément XIV se Ue étroitement à ceUe de l'Europe entiire, d la situation de l'Europe à cette époque expl^oe en grande partie les actes qui lignalèrent le léfft de ce pape, et le plus éclatant de tous, U soppitision des jésuites. Un rapide mais oéceàure coup d'tj^ rétrospectif trouvera donc ici sa pl^
Eu voulant sauver l'existence des jésuites, contre laquelle l'Europe presque tout entière «^ tait liguée. Clément xm s'aliéna même \» puissances qui jusque alors avaient été fidèlei al saint-siège. La publication de la oonstitotipD Afiostolicum pascendiy du 7 janvier 1765, deir tinée à défendre les jésuites, indisposa surtonl les cours étrangères. Au rapport du P. Thebffi elle avait été rédigée » dans le secret le plus profond par le général des jésuites et quelques prélats influents qui lui étaient eotièmieBt dévoués. « Aussitôt il y eut comme une lefée de boucliers de la plupart des princes. Croyait ï voir une provocation , ils en prirent oocanoi de s'armer de toutes les mesures les plus oppret* sives contre les décisions venant de Rome, et de quelque nature qu'elles fussent L'afiabe de Parme, qui aboutit à l'annulation des décrets di duc par le pape ( 30 janvier 1768) et à h rerttdicaUon de la suzeraineté du duché par la eoerde Rome, suivit bientôt Les autre* princes BoorbeH entrèrent dans cette querelle, que Ton crojaH suscitée par les jésuites. Les amis de cette i^ dété fameuse s'agitèrent, et souvent avec ^ imprudence déplorable.
« C'est ahisi, contbue le même historien, ^ dans ces tristes jours les amis peu mteUigtfl* des jésuites provoquèrent en Portugal, oomnei* Espagne, eomme en Franoe, comme en ItaHe, ptf leur imprudenoe, les lois les plus oppraesbrci et
les plus liuinilianti^ft, et dcs'porsmitions non- M'iileinentc4)ntn^ ces religieiix,'iiiaiscucoro contre fÉglisc elle-même. JVut-on sV'toimer encore «Iiiu les puissances catholiques ne se donnassent aucun n']M)sjus<|u ace qu^elles vissent entièrement supprimée la Si)ci(*ti'de Jt^us.... Iaï mesure contre l'infant <le Panne fut un prétexte de représailles; la France fit saisir le comtat d'Avignon; tapies sVmpara <le Hénévent et d«* IVmle-Corvo. Puis on deiiuinda avin: instance; Textinction de la Société de J<>sus. « Cette démarche des cx)urs fit iin{;rand écJatà Rome, écrivait d'Aubelcrre au duc de Choiseul (letlre du 25 janvier 17G9), et qiuuvanta justement les jésuites et leurs amis. Les plus prud(MiUs parmi eux commencèrent à n'Ilérliir, a reconnaître rim|M)ssihilité de maintenir la Sotirté inal};ré cet ora;;e, et à adhérer à l'opinion di> cou\ qui («ensaient que le |»ape ferait sainement <le CA)ndescendre au désir des cours |)our prévenir des maux plus grands enr^tre. >• La .situation de TÉgllsc ne |N)uvait donc être sous aucun rap[)ort ni plus déplondile ni plus triste... Partout Ctiit la destruction, le désordre partout. Les liens les plus sacrés de sonmission, de res|iect et d'amour envers l'Église et son chef étaient brisés , et IVdilice sublime de la hiérarchie catholique, ébranlé iuscpie flans ses fondemeutA, sembbFl presque devenu le jonet de Tiira^e. L'Eglise avait U^soin d'un anj;e de paix pour sauver ceux qui ét;iient en dan>rer, pour guérir les plaits du montlc social, rétablir la conconle et réconcilier TÉ^lise avec les |)euples et les n)is. Dieu le lui envoya dans la per- Aonne de Loren/o dan^anelli. Clément XIV. »
( Le P. Theiner, /list. du pontificat de Clcmvne \l\\ ii7.)
Tflles étaient les diflieultés de toute nature que Clém»*nt XIV, ce pontife (lui devait iKr«'n|)er dans l'histoire une si grande plarr, trouv-i sur son chemin, au moment oii il ceignit la tiare dans Li cliairc de saint Pierre. Les dangers ménips (pie counit ri%}»li'4e traraient au saint-jMîre sa voie. Ri'solu de réconciliiT Ronu' avvc les prinros, il s'altaclM d'abord à éviter C4> ({ui causait le plus d'onibragf^ aux puissances. C'est ainsi qu'il d«k:ida qu'on ne lirait plus le jeudi saint la bulle In ctrnn Domini, qui paraissait attentatoire aux droits drs autres souverains. Il n>nonça à la suzeraineté du duché de Parme, ne craignit pas de fainî le premier pas vers le roi de Portugal, qui menaçait de se s^'pariT entièrement de l'Église, et il décida le roi Josei)h à nMu^voir un nonce (le Kl main, au même titre que h^ autres cours. C«*tte politi(|ue, aussi habile quV>lle était concib'ante, amena plus tanl la restitution du comtat (rA\ignon et du duché de Bénévent. Restait la grande afTainules jésuites, qui grondait toujours dans toute l'Kuroiie. Kn présence de la |)assion que mettaient les puissances à demander l'abolitkm de cette Société (1), il faut reconnaître que
(I) L'Bipagoe lartoiit allait luMin'à lamcoacr. Il paratt qa'ime proai«Me HaU rjeiDcnt f nvcra rrtte cour. En
CLÉ1*ENT 771
Je pape mit la pins grande pnidence, la plus sage lenteur à .siî prononcer. 11 voulait, disjiit il, {leser « au poids du sanctuaire » une si grave résolution. Il nomma une commission de jurisconsultes pour examiner l'alfaire, et prit lui-même conncilssance de ce qui avait éti* écrit |M)ur ou contre les jésuites; c'est ainsi qu'il fit demander au n)i d'Ksiiagne lac4>rres|Mmdancefle Phiiipim II et «le Sixte-Quintau sujet decet ordre, et tous l(>s jours, se défiant de lul-mémc, il adn^sait de IVrvrntes prières au Saint-Ksprit jwur en être MiâTi* dans cette conjoncture. Quand «Milin son purti fut pris, il n'éclata pas brus<iuement ; mais jugeant opportun de préparer et de sonder l'opinion publi(|iie |)ar quelques actes pn^alnbles (^)ntre la S<K-.iété, il donna aux principjiux évé(|ues de l'Ktat pontifical « le droit <le visiter le«« mais4UH des jésuiti's situfVs sur leur diocès*» , et les munit des pouvoirs ncc^'ssaires })our qu'ils pussent examiner l'administration de ces religieux, contre ia- (pielle dr nombreuses plaintes s'étaient éh;\ées, et s(*culariser les membres qui le demandt^raient. Henoit XIV avait déjà suivi cette marclic vis-âvis des jésuites en Portugal, lorsque s'était élevée contre eux la grande tempête que tout .h* monde sait » (Theiner,U,p. .320). — Outre qn'd dt'.sirait fomiliariser les esprits aY<>c la mesure de suppression, le pape voulait encore, en ordonnant la \isite apostolique, empêcher le^ membres de la Société de Jésus d*aliéncr les objets appartenant à leurs maisons; le 25 juin 1773 il fit mettre les .«u-ellés sur les archives du noviciat de la Sociétéà Rome, et le cardinal d*Aragon fut chargé de se mettre en possession de tous les lûens situés dans le ressort de sa légation. Un onlnt analogue fut donné le jour suivant & l'évêque de Montjilto. r.nfin, après une retraite presque absolue do plusieurs jours, le 27 juillet 1773 le bref de suppression ( Dominus ac Hedemplor), prépan'' dès le 22 novembre de l'année précédente, Alt signé par le pontife. Ja^. plus profond s(!cret «'ouvrait encon\ comine<cela était habituel à Clément XIV, l'adoption d'une mesure qui de\-ait avoir un si long retentissement et exciter tant de passions diverses.
La publication du bref de suppression eut lieu peu à peu, et l'exécution en fut poursuivie avec assez de ménagement. Le pajie laissa , par exemple, ilans le collège romain, a titre séc4ilier, quatre jésuites [N)ur y professer la théologie. Il ordonna à son tn^sorier fie faire confectionner, aux finis de b chambre apostolique, des habits de prêtres séculiers aux jésuites de Rome ; et les vieillards et les infirmes, autorisés à rentrer dans leun mai.sons, y furent traités avec cliarité. Cependant le général de Tordre, le P. Ricci, Ait arrêté.
Il était dans la nature des choses qu'un si grand acte que celui de l'abolition d'une société puissante attirât à son auteur un nombn^ iiMudcu-
valn CMiya-MI de vagneridu temp^. « (.'est en arrachant la racine d'une drnt qu'on fait cesAerla donl^ur », loi répondit rambaianneiir Flnrlda-Blanca.
CLÉMENT
lable d'ennemis; ilétaK natnrd encore qa*il fût Tobjet de jagements divers» souvent passionnés ou de mauvaise foi. C'est ainsi qu'un jésnite, Vincent Bolgeni, dont M. Crétinean-Joly a reproduit le récit, a prétendu que'ClémentXIV, n'ayant cédé qu'à la violence derambassadenr d'Espagne, était tombé depuis la signature du bref dans un état de démence qui dura jusqu'à sa mort.
M. Theiner, dont le livre porte tous les caractères de la plus judicieuse impartialité, démontre la fausseté de cette assertion. D'autre part, le pontife était attaqué sur plusieurs points, en Italie, en France, en Portugal, tantôt par des discours, tantôt dans des libelles, tantôt, enfin, par les moyens les moins sérieux, comme les prétendues prophéties d'Anne-Thérèse Poli, dominicaine au couvent de Valentano, près Viterbe, connue sous le nom de Marie-Thérèse du Coeur de Jésus, et d'une autre fille, Bernardine Renzi, paysanne du même endroit. Celle-ci avait osé prédire la prochaine vacance'du saint-siége. Les deux femmes dont on cherchait à exploiter les visions furent arrêtées. En vertu d'un billet écrit de la main même de ClémentXIV, le 19 juillet 1774, on instruisit leur procès et celui de leurs complices.
La santé du pape, parfaite à l'époque du bref de suppression, s'altéra dans le cours de l'année suivante. Après de longues souffrances, cette lumière de l'Église s'éteignit. Des accidents naturels, un refroidissement, les suites d'une humeur dartreuse et d'ailleurs l'âge avancé, furent, s'il faut en croire le P. Theiner, les seules causes de la mort du pontife. Cet historien, qui a su placer dans leur vrai jour la conduite respective de Clément XIV et de ses ennemis, a produit avec la même impartialité toutes les preuves qui établissent que la mort du pape fut naturelle. Au rapport du cardinal de Bemis (lettre à M. deVergenncs, 28 septembre 1774), il mourut ayant conservé saprésence d'esprit jusqu'au dernier moment. L'empoisonnement n'a pas été soutenu avec moins de persistance par d'autres écrivains, et les partisans de cette opinion mettent en avant, d^abord les menaces des ennemis du pape , traduites par exemple dans ce placard affiché sur les murs de Rome : ISSV {in settembre sarasede vacante), puis tous les symptômes précurseurs de la mortdu pape : brusque réclusion, faiblesse subite, enrouement, inflammation de l'intérieur de la gorge; vomissements, et enfin, en dernier lieu, complète prostration. En pressée de ces témoignages contradictoires l'histoire ne peut que douter, et renvoyer la cause au dépositaire étemel de toute vérité.
Clément XTV peut être compté à juste titre parmi les grands pontifes de l'Église. Le rang suprême n'avait rien changé à ses habitudes.
Souvent il parlait de l'humilité de ses premières années, de ses commencements, si'pénibles. Il procélait dans ses actes avec une discrétion remarquable, et rarement appelait-il un autre hownae à prendre part à ses travaux. H accordait
moins da confiance aux graûds qn*à quelques subalternes, dont un, le frère Francesoo , ftat toujours son ami; et ce qui honore son cœur antant que sa haute raison, c'est qu'il n'était henreoi qu'entonré de ceux qui avaient été ses égun.
n accueillait avec af&biltté les étrangers, parlait presqn'à tous leur langue, et| savait les traiter avec magnificence. Un d'eux , le doc de docester, fut si charmé de l'accueil da saint-p^, qutl à't que l'An^eterre ne se serait pas séparée de b communion romaine si Clément XIV eût vécoda temps de Henri Vm. Frédéric II, Catherine n, le sultan lui-même prodiguaient au pontife des témoignages devénération. H était infiîligable, et il passait; des nuits entières au travail. Le peuple profita de cette vigoureuse administration, qui se traduisait pour lui en abondance et en bien-être. Les pauvres surtout furent l'oljet des bienfaits de Clément. Les beaux-arts eurent également à s'applaudir de sa sollicitude. Il fit élever au Vatican le musée Clémentin, destiné à être le dépdt des monuments antiques que l'on découvrait dans Rome. Quelques lettres ei,écrits de démeiAW ont été traduits par Caraccioli ; Paris, 1 775, 3 voL in-12. On a publié aussi, sous le voile de l'anonyme et sous le titre de Entrevues du pape Ganganelliy servant de suite aux lettres du màM auteur, un recueO de dissertations sur divers êviei», dues à Clément XIV. Enfin, le P. Theiner a publié un recueil du même pontife, sous le titre : démentis XIV pont, max. BpistoUd Brevia selectiora ac nonnulla alia actapoih tificatus illustraniia,eic^ recuefl puisé^uxarchivesdu Vatican; Paris, Didot, 18ô2. V. R.
Alleu, Hitt, du papes, — îArUad, HisU de$ son pMtfi rom. — jért de vérif. let date*. — CaraectoH. rU * Clément XIV. - Crétlaeaa-Joly, Clément XI F é te JétuUes. — Le P Theloer, HisU du ponHMat de Oé^ ment Xir. - Saint-Prieat, HUU de laehmU des JéteiUk
* CLÉMENT, surnommé le Scot, ou VHibernien, vivait au neuvième siècle. C'est on de ces savants que Clarlemagne fit venir à sa cour, d qu'il chargead'instruire la jeunesse admiseàl'éoole du palais. Son surnom indique sa patrie, n était originaire de cette Irlande qui, protégée psr l'Océan contre les barbares , avait conservé liatelligence des lettres latines, des lettres grecques, tandis que les ténèbres de l'ignorance s'éàient étendues sur toutes les autres parties du monde romain. Une très-ancienne notice des Mes de Fulde nous appraid que l'abbé Ratgaîre envoya quelques-uns de ses moines étudier la grammaire sons la discipline d'un certain Clément, Scot de nation, qui passait alors pour le pins habile des maîtres (Usserius, prœfatio ad Veterum ejHstol. Hibemic, sylloge) , mais cette notice nous laisse ignorer où Clément donnait ses leçons. Le moine de Saint-Gall nous le représente à l'école do palais, y remplissant les fonctioas de principal modérateur. Alcuin s'étant retii^ dans le monastèrede Saint-Martin de Toars, Chariemi^ avait choisi Clément, comme le pins ài ^ g^ cesseor d'un maître si fiuneax. Ce|ienâ8Bty fli
7T7 CLEMENT
nesnSnintpaslaiDêmeinéttiode, Us n'ensdgpiaient pas la mteie doctrine. L' Anglo-Saxon Alciiin, sorti de l'école d'York, avait reçu des élèves de Beda la tradition dégénérée du péripatéttsme; l'Irlandais Clément montrait pins de penchant ponr le platonisme alexandrin. Aussi Usons-nous dans les Lettres d'Akoin qu'il s'aflligeait de voir ses andens auditeurs abandonnés à la conduite d'un guide aussi dangereux. « Je quitte, dit-il, le glorieux palais de David, et jV laisse des Romains : qui donc y a rurtivemôit introduit les Égyptiens? » Théodulfe, évèqne d'Orléans , était un ennemi déclaré de Clément Il l'accable, dans ses vers, d'amers sarcasmes; le comparant même à tous les fléaux, à toutes les pestes, à tous les monstres , il lui décerne la palme de la malfaisance. On peut supposer que, par l'étendue de ses connaissances^ Clément s'était montré supérieur à tous les Romains ^ et que ceux-ci ne lui pardonnaient pas de les avoir compromis dans l'estime de Charlemagne. V Histoire littéraire de la France confond notre docteur avec un autre Clemens Scotus^ qui troubla l'Église de Mayence, au huitième siècle, par d'étranges déclamations contre les Pèresde l'Église latine ; mais cette confosien doit 6tre Tcjetée. L'hérésie de Mayence Ait dénoncée par Boniface au pape Zacharie dès l'année 745, et l'on voit encore notre Clément gouverner l'école du palais après la mort d'Alcuin, qui mourut en 804. Comment d'ailleurs s'expliquerait-on le prudent, le pieux Charlemagne, confiant la suprême dvection de l'école palatine à un hérétique signalé par saint Boniface et puis condamné par un concile, dans la ville de Rome , dans la métropole de l'orthodoxie? B. HÀuniAu.
Usftcrtnt, yeter. epUi. Hiber. tnUogt ; l«ti, la-4*.
* CLÉMfiiiT, prêtre et écrivam anglais, vivait en 1170. n était chanoine régulier de l'ordre de Saint-Augustin. H a laissé : Commentaire sur V Écriture; — Concordance des Évangélistes; — de Orbibus astrologicis ; etc.
Vois, Maik.y c< », I tt. ~ Ptu, Scriptom Angl, — Morérl. Grand dietUmnain historique. >. l
«CLÉMBST (....), écrivain du dix-septième siècle, qu'on ne connaît que comme l'auteur d'un Voyage de Brème en vers burlesques , publié à Leyde, en 1676, et qui reparut en 1705, rafraîchi d'un titre nouveau. Ce volume est une assez triste imitation du genre que Scarron avait piis à U mode; fl est devenu rare, et l'on a vu, dans qndques ventes de Paris, des exemplaires s'élever jusqu'à 50 et même 70 francs. Charles Nodier pensait que le nom de Clémept était un pseudo nyme sons lequel s'était caché ce mystérieux Corneille Blessdwis, qui avait fait quelque bruit, n est plus vraisemblable de von* dans un Français reÂné en Hollande, et ne se faisant peut-être connaître que par son surnom de Clément, l'anteur de cette production de mauvais goût, et qui sans le caprice des bibliomanes n'aurait jamais attiré qndques regards, G. B.
Catatoam de la SiMMMgiM dt M. d« MooUrao.
i8M,n«aM. '
clAmbut (Augustin- Jean-Charles), évoque et canoniste fîrançais, frère de Clément de Boissy, né à Cretdl, en 1717, mort le 13 mars 1804. n embrassa l'état ecclésiastique; mais ayant refusé de signer le formulaire de doctrine (1), exigé à cette époque, il>ie put être ordonné à Paris. Il se préiienta à Auxerre, où Gabrid de Cayins, évêque de cette ville, lui conféra la prêtrise. Protégé par ce prélat, il devint trésorier de l'église d'Auxerre. Clément était très^ttachéaux opinions de Port-Royal; en 1752 il fit un premier voyage en Hollande pour cette cause. En 1755 il futélu député à l'assemblée provinciale de Sens. De 1759% 1768 il ne cessa de parcourir l'Espagne, la Hollande et lltalie dans l'intérêt de ses idées religieuses. En 1786 il se démit de sa trésorerie, et se retira à Livry, ce qui ne l'empêcha pas d'être incarcéré en 1794. En 1797 U fut du éVêque de VersaiUes par les ecdésiastiques constitutionnds, mais il renonça à ce poste lors du concordat. On a de lui : Mémoire sur le rang que tiennent les chapitres dans Vordre ecclésiastique; 1779,! ln-8* ; — Lettres à fauteur (Ijarriâre) dea Observations sur U nouveau Rituel de Paris; 1787, in-12; — des Élections des évéques et de la manière d'y procéder; Paris, 1790, in-8« ; — Formes canoniques du gouvernement ecclésiastique, etc.; Paris, 1790, in-8* ; — Lettres d'un jurisconsulte sur les intérêts actuels du clergé; Paris, 1790, in-8*; — Principes de Funité du culte public; Paris, il790, in-8'; — Journal^ correspondance et voyages en Italie et en Espagne, dans les années 1758 et 1768 ; Paris, 1802, 3 vol. in-8*; --Lettre apologétique de V Église de France, adressée au pape Pie VII; Londres, 1803» in-4*.
Mémoires sur la vie de M. Clément, evéque de Fst' saiUes, pour servir d'éelaireissement à thisUHre eecUsiastigne du dixkumime siècle; isis. lo-8».
«CLÉMBNT (C^ar2e5-/ya7i(:ot^),compositenr et daveciniste français , né en Provence, vers 1720. n était professeur de davedn à Paris. On a de lui : la Pipée, opéra en deux actes, Théâtre-Italien ; Paris, 1 756 ; — to Bohémienne, deux actes, Opéra-Comique; ; Paris, 1 756 ; — Essai sur V accompagnement du clavecin; Paris, 1758, in-4'' obi.; — Essai sur la basse fondamentale, pour servir de supplément à V Essai sur Vaceompagnement du clavecin et d^introduction à la Composition' pratique ; Paris, 1762» in-4* obi.; — le Départ et le retour des guerriers, cantatilles; — un livre de pièces de davecin avec accompagnement de violon ; — sept cahiers d'un journal de davecin, etc.
CaMnoTS. Mémoires, ^¥tOi, Biographie mniverselLe des musiciens.
clAmbnt {Claude), jésuite et théologien
(1) Il condamnait le Jansénlf me, et défendait d'enseigner la philosophie de Descartes ; ce formulaire avait été dressé en 1078, par U congrégattoo^ de l'Oratoire.
CLEBfËNT
français, iié à Onian9-«iu^*Louve (Franche- Ck>mté), mort à Madrid, en 1642. 11 entk^ dans la Société de Jésus en 1612, et professa la rhétorique à Lyon, puis à D6le. Il fut ensuite envoyé en Espagne, où il enseigna les belles^Iettres. Ses moments de loisir fbrent consacrés à l'étude de la théologie et de Tarchéologie : On a de lui : Clément IV, eruditione, vltœ sanctimonia, rerum gestarum gloria etpontificatu maximus, suivi de réloge de Rodolphe de Chevriers, cardinaléVêqued'Albano; Lyon, 1623 et 1624, in-12 ; — Musei, sive BibllothecXf tam privâtes quafn publicœ, eœstrtictiOy instructio, cura, tisus Libri IV;EccUsixLugdunensis christianasimulac humana Majestas ; Lyon, 1628, in-S** ; — Mtuiei accessit accurata descriptio regian BibliothecxSanctï Laurentii Escurialis ; insuper parœnesis altegorica ad amorem litterarum ; Lyon, 1635, in-4*' : cet ouvrage ne manque pas d'érudition; « mais il y a, dit Moréri , trop de babil et de ce que nous appelons fatras ; si le père Clément avait eu un peu plus de jugement , à aurait renfermé tout ce qu*U y a de bon dans cet ouvrage en im fort petit livre. » — Machia* velismus jugulatus a christianal sapientia, àispanica et austriaca dissertatio christianopolitica, ad Philippum /V, régent. cathoU; 1637, hi-4° : cette dissertation fut traduite en espagnol et réimprimée plusieurs fbis; — Tahles*^^ chronologiques de Vhistoire d^Espagne avant ' et après J.'C, (en espagnol); Madrid, 1643, in-fol.; May. et Valence , 16S9, in-4'', avec augmentation.
Colonla, Histoire littéraire de Lyon, II, 8M. - JourfMl des «avant* (1711). - Alegimbe, mftMotAeea SoeiêtatUJesu,— Lemlre, de SeripUnribug saeculi XVII. - Labbe, Bibtioth. gail. — BalUet, Jugements des savants^ II, î73. - Alcbard et Glraud, BUHiothique taerée.
CLÉMENT ( David), bibliographe hessois, né à Hofgeismar, en Hesse, le 16 juhi 1701, mort le 10 janvier 1760. Son père, e\ilé de France par suite de la révocation de Tédit de Nantes, était pasteur (Prediger) à Hofgeismar. Le jeune Clément fit ses études à Rintehi, Marbourg et Brème. En 1725 il remplaça son père dans ses fonctions d'instructeur, quMl remplit à son tour jusqu*en 1736. H alla alors à Brunswick en qualité de prédicateur français, puis à Hanovre, où il mourut. On a de lui : Bibliothèque curieuse ^ historique et critique, ou catalogue raisonné de livres difficiles à trouver; Gôttingue et Hanovre, 1750-1760, 9 vol. in-4» : cet ouvrage, qui contient des indiications exactes et de nombreux extraits, s*arrête au mot Efessus ; — Spectmen BiblMhecx Hispano-Majansianœ, \seu iAea novi catologi critici operum scriptorum hispanorum , qux habet in sua bibliotheca Majansius; Hanovre, 1753, in-4« : ouvrage qu*il eomposa sur les indications données par Mayans de Valence.
Steider.lleM. Gel. Geseh, - Sax, Onomast., V, II. \kk, »8f . - Meuael, Lex. der verst. SchHfîst.
cufcjMBifT {Denis-Xavier), prêtre et théolo-
gieii français, né à Dijon, leecctolire 1706, mort le 7 mars 1771. Il était docteur en tbéokigîecft abbé de Marcheroux. Stanislas, roi de Potogne, le prit pour prédicateur ordinaire, et Mesdamei, tantes de Louis XV, pour confesseur. H oUirt sur ses vieux jours le décanat de Ligny. On ade lui : Entretiens de Vdme avec Dieu tirés des paroles de saint Augustin dans ses Méditations, ses Soliloques et son Manuel; Paris, 1740,in-8°;LiUe,1617,in-24; Alais, 1826,in-18; -— Oraison funèbre de la reine de Sardaignei Paris, 1741, in-12; — Sermon sur la dédicace de réglise des Petits-Pères^ ibid.; — Panégyrique du bienheureux Alexandre Paulin théatin; Paris, 1743, in-D ; — Sermon sur la consécration de la paroisse Saint-SulpieBf 1746, in-12; — Discours sur la politique ^ ibid.; — Oraison funèbre de la reine de Pologne ( Paris, 1747, in-4'*; — Maximes pour se conduire chrétiennement dans le monde; Paris, 1749, et 1758» in-12; Lille, 1812, in-18; Toulouse, 1820, in-12; Avignon, 1826, in-18; — Exercices de Vdme , pour se disposer aux sacrements de pénitence et d'eueharistii; Paris, 1761, et 1822, in-12; Toulouse, 1811, in-12; Avignon, 1822, in-12; Lyon, 1822 et 1825, in-12; — Panégyrique de la bienheureuse mère Jeanne- Françoise Frémiot de Chantai^ fondatrice de Vordre de la Visitation ; Paris, 1752, in-18 ; — Pratique de dévotion en l'htm' neur de saint Jean^Népomiucène ; Paris, in-18; ^ Élévation de Vdme à Dieu, ou prières ^irées de la Sainte Écriture, pour toutes le$ différentes situations de la vie; Paris, 1754, in-18; Samt-Brieuc, 1818, in-18 ; Avignon, 1820, in-18; -^ Heures et prières pour reiÊ^ir saintement les principaux devoirs du christianisme; Paris, 1756, in-12; — Avis à une personne engagée dans le monde; ouvrage ascétique^ dans lequel on trouvera des régUi certaines pour assurer une conscience scrupuleuse, et une direction exacte pour conduire à la plus haute perfection au milieu du monde; Paris, 1759, in-24; — MéditcUiom sur la passion de J,-C, ; Paris, 1761-1763, 3 vol. in-12 ; — Instruction sur le êaint sacrifice de la messe; Paris, 1763, in-12; -^ Oraison funèbrede Louis, dauphin de France; Paris, 1766, in-4* ; — Oraison funèbre de Stanislas P', roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar; ibid.; — Bréviaire de Paris, avec supplément; Paris, 1767; — la Journée du chrétien sanctifiée par] la prière et la méditation ; Paris, 176^, in-8°, réimprimée très-souvent et dans tous les formats; — Sermons; Paris, 1770, 9 vol. in-12. Ce recueil est ainsi distribué : Avent, 1 vol.; Carême ^ 3 vol.
Panégyriques, 3 vol.; Mystères, 2 Y<À.}.Exercices spirituels, trad. du iatin de saint Ignace de Loyola ; Paris, 1772 et 1820; Toukrose, 1814, in-12;; Avignon, 1824, in-12.
DietiowMUre des prédUaUmn, — HuroM cArifiM
^ Riebârd et Oiniid, mbHotké^ taerée, - Qaênrd, imFrmnee Mtermirt,
glAmbut (Doin Hnnçois), histotieii français^ né à BèKe, itrès de Dijon, en 1714, mort en mars 1793. Après atroir fait ses études an collège des Jésuites de Dijon, ii «ntra dans la compile des Bénédictins de Saint-Maur, et pro« nonça ses voenx en 1731. Au milieu des saTants reli^eui de son ordre , il continua à se litrer à l'étude; il y mit une telle ardeur qu'à ràgo de Tingt-dnq-ans, épuisé par les teilles, ii lUt obligé d'interrompre ses travaux, et il ne put les reprendre ayec suite qu'au bout de dix ans. Sa santé s'était alors tellement raffermie que souvent il ne dormait que deux heures dans la nuit. 11 entra dans la maison des Blancs-Manteaux à Paris, et Alt chargé de continuer V Histoire littéraire de la France, dont il acheva les onzième et donliëme volumes, qui finissent à l'année 1167. Il atait réuni la plus grande partie des matériaux du volume sulTànt, lorsque la congrégation le chargea, avec D. firlal, de remplacer D. Poirier dans la rédaction du recueil des Historiens de la France. Ils en firent paraître les onzième et douzième Tolumes. D. Clément rendit un senrioe non moins important aux sciences historiques. D. Maurice d'Antlne avait conçu le projet d'un grand ouvrage destiné à constater, d'une manière précise, les dates des fhits historiques. D'après ses tables, D. Glémenoet avait composé VArt do Vérifier lèê dates dci fiHfs Mstofiques depuis la naissance de J.-C, Mais cette chronologie offhdt beaucoup d'erreurs et d'omissions. D. Clément en fit une révision complète , et en donna une nouvelle édition, bieb supérieure à la première. Le l"' Tolume parut en 1783, le 5* en 1784 et le S'' en 1787; les tables furent ajoutées en 1792. Ce grand ouvrage, fhiit de treize années d'un travail assidu, est un des plus beaux monuments d'érudition de l'époque. Le roi récompensa D. Clément en le nommant l'un des membres du comité chargé de publier la collection des chartes, des dipKVmes et des actes relatifs à l'histoire de France, et l'Académie des inscriptions l'adroit, en 1785, au nombre de ses membres associés. La révolution , en détruisant les communautés religieuses , vint interrompre les savants travaux des iH^nédictins. D. Clément se retira chez son petit neveu, Duboy-Laveme, directeur derimprimerie nationale, où, malgré son grand Age, il s'oùcupa avec ardeur d'un complément à VArt de vérifier les dates, comprenant les temps antérieurs à l'ère chrétienne. Il avait réuni. un grand nombre de matériaux et rédigé une partie de cet ouvrage, quand une attaque d'a|K)plexie l'enleva subitement, à l'âge de soixantedix -neuf ans. M. Viton de Saint-Alais,, ayant acheté les manuscrits du savant bénédictin, puliMa une nouvelle édition de VArt de vérifier les dates depuis la naissance d«/.-C.,avec la continuation, 1818, 1819, 18 Tol. in-8''; OU 5 ln-4'* ; mais cette édition est moiUS estimée qne la préoé-
CLÊMENT 782
dente. H donna aussi VArt de vérifier le^ dates avant Vère chrétienne, ouvrage posthume de D. Clément, 1820, 5 vol. in-8% réunis en un fort vol. «1-4**, ou en un vol. in-folio. Cet ouvrage, moins parfUt que le précédent,se ressent de la vieil lessede l'auteur. Enfin, M. Julien de Courcellcs, et après lui M. Fortia d'Urban donnèrent un(> continuation sous le titre : VArt de vérifier les dates depuis Vannée 1770 jusqtfà nosjoum (1827), 1821-1842, t. 1 à 17, in-8% avec une table des noms en un volume. La mort de Fortia d'Urban a interrompu ce grand ouvrage. Cependant M. Wardonafait paraître, comme suite, un Tableau chronologique de rtiistoh^ d'Amérique. GUTOT DE FÈRE.
Desc^MrtB, Sléetes UtterùirtM. « Odyot de Fèrc, Statiitiquê det Ç0ns de lettrei, etc.
gléMeUt ( ffti47iies-/o5epA},épistolographe français, né à l'Isle-sur-le-Doubs, en 1766, mort à Besançon, le 24 avril 1828. Il était curé de Flan gebouche (Doubs ). Il prêta d'abord serment à la constitution^ et le retrotta ensuite. Au lieu de cesser ses fonctions, ainsi que les décrets l'ordonnaient, il continua son ministère, an risque de tout ce qui devait en résulter. Des gendarmes envoyés pour Tarréter furent repoussés par les habitants armés. Cependant après le 10 août Clément cnit devoir émigrer eh Suisse, mais dans un endroit rapproché de la frontière, d'od il |)ouvait entretenir une corre8|)ondance active avec ses paroissiens. Aussi, lors de rinsorrection des paysans du Doiil)s, en septembre 1793, les habitants de Flangebf)uclio se montrèrent au premier rang des révoltés. L<'s chefs t|u'on leur avait promis n'arrivèrent fwint, et un seul bataillon de la Drôme, venu de Besançon, suffit pour les disperser. Ceux qui purent gagner la Suisse s'enrôlèrent sous les drapeaux du prince de Condé ; les autres furent fusillés ou l>érirent sur l'échafaud. Le drapeau de la gardo nationale de Flangebouche, semé de fleurs de lis d'or, fut brûlé de la main du bourreau. Clémont revint en France en 1801>; mais il ne fut poifit rétabli dans sa paroisse ; il fut nommé fi Piern;- Fontaine, et ne tarda pas à donner sa démission. On a de lui : Correspondance avec M. Seguin, évêque constitutionnel du département du Doubs; Paris, 179t, 2 parties in-8".
Fcller. BloçraphU unlveneltê, édit. de M. Wrl^fi.
GLÉ.%iEifT ( Jacques ), assassin du roi Henri ni , né à Sorbonne (diocèse de Sens) , en 1567 , tué à Saint-Clond, le T" aoftt 1589. Le roi de France et le roi de Navarre s'étaient rapprochés, et assiégeaient ensemble Paris; cettc^ récondliation avait frappé la ligue de terreur. L(; duc de Mayenne, La Châtre, Villeroi, et Ips autres principaux ligueurs, étilent réunis et déli béraient sur les moyens de se défaire de Henri 1 1 f , lorsque Bourgoing, prieur des Jacobins de Paris, se présenta à eux, et leur ofTrit le bras d'un de ses moines, qu'on étaitpanenu à diicider à tuer le roi ; c'était Jacques Clément. Pour exalter ce misérable, qui était à la fois jeune, ard^t, funatiqiie;
CLÉMEWT
dévot et visionnaire, on a?ait eu recours à toutes sortes de manœuvres. Pendant le jour on ne cessait de présenter à son imitation l'exemple de Judith délivrant sa patrie par le meurtre d'Holopheme ; pendant la nuit ses supérieurs se présentaient à lui sous la forme de fantômes, et, lui i>àrlant dans l'obscurité, troublaient sa tète, déjà échauffée par le jeûne et la superstition; si bien que le malheureux était convaincu qu'un ange lui était apparu, lui présentant une épée nue, et lui ordonnant de tuer le tyran (1). Des contemporains ajoutent, sans preuves cependant, que la duchesse de Montpensier était l'âme de cette machination infernale, et qu'elle s'était prostituée à Jacques Clément pour le déterminer au parricide (2).
L'offre de Bourgoing fut acceptée avec joie; mais la difficulté était de foire pénétrer Clé^ ment' jusqu'au roi : une lettre d'Achille de Harlay , tombée entre les mains de Mayenne, en fournit le moyen. Le 31 juillet 1689, Clément jeûne, se confesse et communie; puis il part pour Saint Cloud, où se trouvait Henri m. Le lendemain il se présente au palais pour remettre la lettre dont il était porteur. Pendant que le roi la lit, ce fanatique tire un couteau caché sous ses vêtements, et le lui plonge dans le flanc. Henri s'écrie : « Ah I le méchant moine , il m'a tué.! qu'on le tue I » Aussitôt centépées immolent l'assassin sous les yeux du roi. Henri ni mourut le lendemain. Jacques Clément fat loué à Rome en pleine chaire; à Paris, on mit son portrait sur ■es autels avec l*encharistie; on l'honora comme un ^martyr, et il fUt rangé au nombie des saints.
De Thoa, HUtoire^ Ut. XCVI, p. 487 - Mémoires de la Ligue, IV, t.^ L'Estolle, Journal de Henri lU, WJ. — Cayet, Chronologie novenaire, I.VI, SS ; Journal oa Chronique du tempe de Henri IJI. — Chlvcrny, Mémoires, LI , p. l-S. — Sismoodi. -* Histoire des Français, XX, m.i XXI.
CLÉMENT {Jean) y savant médecin anglais, mort à Malines, le T' juillet 1572 (3). En
(1) Ud des plas todleieux chroniqueurs de cette époque agitée, Palma Cayet. laisse entendre que le meurtre du roi était en effet depuis longtemps prémédité : « Dés lurs, dit il, on remarqua à la vérité comme l'assassinat de ce prince avolt esté comploté, et aux sermons que fit depuis le prince des Jacobins, nommé Uourgouin, sur eest assassinat, louant l'acte et le meurtrier, l'appelant enfant bienheureux et martyr, avec une Infinité d'exclamations en sa louange; on présuma aussi... que c'estolt luy qui avolt persuadé ce Jacques Clément à commettre ce parricide, et Tavolt deceu, le voyant fort dévot et niais . luy faisant boire quelque bruvage pour le faire resver, et puLi estant eudormy luy avolt fait ouïr par quel qae snbtll moyen une voix qui luy aurolt commandé de tuer le roy. » Chrcn, noven. de Palma Cayet (1589).
(S) « A celui qui lui en porta les premières nouveHes (de la mort du xol), dit 1 *EstoUe en parlant de la duchesse, lui sauUnt au col et l'embrassant, lui dit : « Ha ! non ami, soles le bien venn ! Mais est- il vrai, au moins? ce mes^ant, ce perfide, ce Uran est-il mort? Dieu! que TOUS me faites aise ! Je ne suis marrie que d'une chose : c'est qu'il n'a sceu, devant que de mourir, que c'estolt mol qol l'avob fait faire, w Puis, se retournant vers ses damoiselles : «c Et puis, dit elle, que vous en semble? ma teste ne me tient-elle pas bien à cette heure ? Il m'est avis qu'elle ne me bransle plus comme elle faisolt. »
(3) Kt non 188S,
1519 il fut cliargé de professer la rhéoriqoeà Oxford, et plus tard , protégé par Wolsey , il oMiit une chaire de grec. Il abandoima ensuite Fcbseignement pour étudier la médecine, et éesHti membre du Collège des médecins de'LondicL D^à remarqué comme professeur, il le fut encore dans sa nouvelle carrière. £n 1029^ lors de h maladie du cardinal Wolsey, il fut envoyé aa prélat par Henri VUJ. Ami de Morus, il vaà puisé dans les entretiens de ce philosophe un pe^ chant prononcé pour la religion catholique, fl quitta la Grande-Bretagne sous Edouard Yl, œ qui le fit excepter de l'amnistie de 1552. Reven dans sa patrie sous le règne de Marie, et obl^ de s'exiler de nouveau à la mort de cette princesse , il se retira à Malines, où il mourut 11 fut souvent secondé dans ses travaux par n femme, qui avait une instruction peu commane. Elle mourut en 1580. On a de Clément la Induction des Épitres de saint Grégoire de Nazianze ; des ifomé/ies de NicéphoreCalli8te,et un recueil d'Épigrammes latines.
Éloy. Dict, de la méd, — Wood. uithen, Onm, * CLÉMENT OU cLÉHEifTi ( Jean-Gtorçes), compositeur allemand, né à Breslau, vers 1710, mort vers 1780. Il était directeur du chœur de l'église de Sainte-Croix, notaire apostolique et chevalier de l'Éperon d'or. Le 5 novembre 1785 il célébra le jubilé de sa place de maître de chapelle de Saint-Jean, qu'il occupait àepms doquante ans. Il a beaucoup écrit pour l'é^Use; mais ses idées sont mesquines , son style vide et très-incorrect. On a de lui : Messe de ll^ quiem pour les obsèques de l'empereur Charles VI; — Diverses pièces de musique ^ avec orchestre, dédiées an roi de Prusse Fréiléric 0, pour l'inauguration de l'église de Sainte-Edvrige, à Berlin, et l'inauguration de la statue de saint Jean; — Jjxmentations pour les mercredit jeudi et vendredi saints; — douze Messes; — deux Messes de morts; — dnq Introits; — vingt-sept Offertoires; — dix-huit GradveU;
— trois Vêpres complètes; — huit Airs dHglise; — trois Te JDeum; — quatre Stations;
— neuf Hymnes; —trois Nocturnes figurais;
— deux Salve, Regina ; -^ 6ix AvCj Regina;^ sept Litanies; — Responsorium in lotione pedum; — Credo; — Alléluia et Versus in Sabato sancto. Tous ces ouvrages sont restés ee manuscrits.
Hoffmann. Biographie des musiciens de la SUésie, - Fétis, Biographie universelle des musiciens.
CLÉMENT ( Jean-Marie-Bemard) , littérateur français, néàDijon, le 26 décembre 1742, mort à Paris, le 3 février. 1812. Celui qui devait être un jour l'antagoniste de Voltaire montra bien jeune encore un caractère assez intraitable. Ainsi, il résista à la volonté dé son père, qui voulait lui faire suivre sa profession de procureur ; et ses bonnes études lui ayant fait obtenir la chaire de philosophie au collège de D^on, il reAisa de se soumetbre à quelques règlements nouveaux y et ac-
CLÉMENT
comiiagDa sa démissioD d'attaques assez yîres eootre les administrateur?. Le scandale fut tel, que le parlement crut devoir intervenir. Clément* Tint se réfngier à Paris..Il y trouva l'appui de l'abbé Bfably. Quelques vers qu'il avait adressés k Voltaire, comme un de ses admirateurs, loi valurent sa recommandation près de La Harpe, qui encouragea sa vocation pour les lettres. Clément réussit à (aire jouer une tragédie de Médée , qu'il avait apportée ; mais, froide et ans action, cette pièce n'obtint qu'une chute complète. Renonçant an théâtre, il fit, avec l'abbé Delaporte, une compilation, en 3 vol. in-S"*, intitulée : Anecdotes dramaUques, qui parut en 1763. 11 rédigea ensuite des épttres, des satires; et, se posant bientôt en défenseur des principes du goût et des maîtres dans l'art de penser et d'écrire , il annonça, en 1770 , un volume ayantpour titre: Observations critiques sur ia traduction des Géorgiques de Delille^ sur les poèmes des Saisons de Saint-Lambert, la Peinture de Lemière, etc. Saint-Lambert, irrité, eut le tort d'employer son crédit pour faire enfenner l'aristarque an For-l'Évèque , et Caire aaistr l'édition entière. Ce procès fit du biiiit; J.-J. Rousseau, au nom des hommes de lettres, élevala voix contre une mesured'autantplus inique, que le critique attaquait les ouvrages, et non ù personne des auteurs. Dès le troisième jour Clé- BMDt recouvra sa liberté, en recevant même l'autorisation de publier son livre. Cette mésa- TCDture, du reste, qui fit quelque bruit alors, donna de la vogue à son ouvrage et une certaine réputation au jeune auteur. Knconragé par ce succès, il publia l'année suivante de Nouvelles observations critiques sur différents sujets de littérature, un volume in-12 de dnq cents pages, où, en traitant de la manière de traduire les poètes en vers, il attaque de nou- Teau le traducteur des Géorgiques. Voltaire eut fon tour. OuMiant la bienveillance que le grand écrivain lui avait témoignée, Clément dirigea contre lui des attaques [lassionnées. Son premier acte d'hostilité fut une réponse à YÉpitre de Voliaire à Boileau, sous le titre de Boileau à Voltaire (1773, in-S**). Ce dernier riposta en disant :
Toajoim ami de* vert et du diable pooué, Ao rlfoiireui Bolleao J'écrlTaU l'an païaé; jngnore tl mon style aara pu lui déplaire ; Malt U n'a réponda par lU plat secrétaire, etc.'
L'attaque continua dans neuf lettres successives. La première, qui parut en 1773, s'élève contre l'influence que l'auteur de la Henriade a exercée sur le goût , res|)rit et les morars de son temps. Dans les deux suivantes, Clément examine avec sévérité les jugements que Voltaûv a portés sur les grands écrivams. Il consacre la quatrième et la cinquième à l'éloge de Corneille et à relever les critiques de son commentateur. La Henriade est l'ol jet des trois dernières lettres. Clément trouve ce poëine dépourvu de tout sublime ; il prétend que son iftiteur est « très-médio-
crement partagé du talent poétique; que Sarrazin et le P. Le Moine avaient plus de goût que lui pour la grande poésie; que ses vers sont habillés de tous les lambeaux des autres poètes; qu'il n'y a pas dans tout son poème une seule épithèle qui lui appartienne , » etc.; enfin, le censeur, outrant les défauts, n'oublie rien, que les beautés nombreuses de ce poëme, qui est resté l'un des meilleurs titres de gloire de Voltaire. La Harpe, dans son Lycée, a fîEdt justice de cette critique sans bonne foi. Clément ne se montra pas moins ii^juste dans son livre intitulé: de la Tragédie, pour faire suite aux Lettres à M, de Voltaire ; 1784,.in-8''. Celui qui, de l'aveu de presque tous les gens de lettres, a su atteindre le. dernier degré d'énergie dans l'expression des passions n'a obtenu qu'une censure passionnée de la part de son antagoniste. Celui-ci cependant avait montré son impuissance comme auteur tragique ; et ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'au moment même où Clémeut déchirait les tragédies de Voltaire, il publiait sa pièce de Médée, qui avait si complètement échoué. Dans la même année (17S4) Il donnait un Essai sur la manière de traduire les poètes en vers, 1 vol. in-8" ; et en 1786 un Essai de critique sur la littérature ancienne et moderne, 2 vol. in- 12. Ces deux ouvrages se composent de morceaux qui avaient déjà paru dans quelques recueils périodiques , entre autres dans le Journal de Monsieur, auquel fl avait été attaché pendant quelques ennées. Durant les troubles de la révolution. Clément vécut dans la retraite, étranger à toutes les luttes de l'époque. Son réveil se signala par l'épigraiume suivaute contre le poète Lebrun :
Nos rlmean plébétens, las d'an Jong Importon, Ont détrôné le dieu qol régnait an Parnasse.
Détrôné, dites-vous ? Qu'on t-Us iiits à la place Da Mond Pbébos?.... Pbébos le bran.
Lebrun riposta par d'autres épigrammes, qui ne valent pas mieux que celle-ci. En 1796 Clé^ ment publia , avec Fontanes et Deschamps, un journal littéraire, qui, après 4 vol. in-S", fut supprimé pour quelques hardiesses politiques. Une autre feuille , le Journal français, en collaboration avec Geoffroy, n'eut pas plus de durée. Depuis longtemps Clément travaillait à une traduction de la Jérusalem délivrée ; elle parut en 1801, un vol. in-8*. Mais, malgré quelques morceaux remarquables, cette traduction, où l'original est trop souvent mutilé, n'eut point de succès. Clément passa dans le repos les dernières années de sa vie, et mourut âgé de soixante-dix ans. Outre les ouvrages que nous avons déjà cités, on a de lui : Nouvelles observations critiques sur différents sujets de littérature; 1772, in-8*. — Projet de règleme.U sur la manière de tenir à l'avenir les soi-disant philosophes; 1786, in-8*. — Satires; 1786 , in-8* : elles ont été réimprimées dans le Recueil des satires du dix-huitième siècU, publié par Col»
CLÉMENT
net ; — Petit dMUmnaire delà cwir et dé la ville; 1788, in.8». — Lettre de M*** sur UH écrit intitulé: Éloge de La Fontaine y par M. D. L. H, (de La Harpe), où Von discute les opinions modernes sur quelques auteurs du dernier siècle , principalement sur Boileau, Quinnult, etc.; 1795, In-S» de deux feuilles; — Onze journées, contes arabes; traduction posthume de Galland, revue et corrigée par Clément; 17%, in- 12. — Amours de Leucippe et de Clitophon^ nouvellement trad. du grec d'Achille Tatius, évéque d'Alexandrie,; 1800, in-12; — Tableau annuel de la littérature française; 1801 , cinq parties In-S*». Il a pris part, avec Gueroult et Desmeuniers, à la traduction de Cicéron publiée de 1783 à 1789 , en 8 vol. in-12; les tomes 5, 6 et 7 (harangues et plaidoyers) sont de lui. Il avait commencé une nouvelle édition de J.-J. Rousseau , avec commentaires ; mais il n'en a été imprimé qu'un volume et quelques pages, quin*ont pas même été publiés. Clément, qui a mérité le nom A*iticlément, que lui donna Voltaire, s'attira de nombreux ennemis par sa critique sans convenance et ftans équité. Avec une instruction solide, le talent de Tanalyse, Tart d'écrire correctement et souvent avec énergie , il avait malheureusement une rudesse de caractère qui Téloignait du monde, cl quiémoussa diez lui le sentiment de la délicatesse et des grâces. Admirateur exclusif des modèles de l'antiquité et du dix -septième siècle, il était, comme certains réprouvés que le Dante représente toujours retournés vers te passé, et, dans son aveugle passion, il frappait de ton fouet littéraire les malheureux vivants en llionneur des illustres morts. Gutot de Fère.
DciieMitarU, Siêclet lUtér. — La Hirpc, Lfcéê., etc. — Corresp. de Grtmm. — Mim. pour iêrvir d TAlff. de notre ML
CLÉMB^T (Julien), chirurgien- accoucheur français , né à Arles, mort à Paria, le 7 octobre 1729. Il apprit dans son pays les pretalers éléments de la cliirurgie, puis vint à Paris, où il Kc mit au service de Jacques Le Fèvre, célèbre accoucheur de cette époque. Clément fit de rapides progrès, reçut la maîtrise, et épousa la fille de son maître. Sa réputation parvint jusqu'à la cour, où il fut mandé par Fagon pour accoucher la daupliine ; il y réussit si bien, que les princesses du sang et les dames de qualité ne voulurent plus d'autre accoucheur. Julieji Clément avait été employé dans toutes les couches de M"' de La Vallière. Comme elle souhaitait le plus grand secret à la première, qu'elle fit le 27 décembre 1663, on vint chercher Clément avec mystère, eton le conduisit les yeux bandés dans une maison écartée où cette dame était alitée, le visage couvert d'un voile. Le roi s'y trouvait c^ché derrière les rideaux du lit de sa maîtresse. L'accoucliement fut heureux, et Clément montra autant de discrétion que de talent En 1711 Louis XiV lui accorda des lettres*de noblesse, à
la claose expresse qiill ne poumit i la pratique de son art ni reftuer ses codmIi aux tournes dans renAmtement. Eo 1713, 1718 et 1720, il fit le voyage de Madrid pour locouckv la reine d'Espagne. La fortune de Clétnmt était considérable ; cependant il ne quitta la pFatiqM que quand l'âge et les infirmités l'y foroèreot H laissa pour élève l'habile Nicolas Pinos.
Èioy, tHetUmnalré hUtortqtu dé la méét ei nt. - DictiomuUre d« im Pravênm, Hl
GLÉMBiiT { Nicolas) f bibUothécaire et hit' torien français, né à Toul, en 1651, mort à Paris, le 16 juin 1716. 11 vint fort jeune à Paris, rut employé comme copiste par Carcavi , bibliothécaire de Colbert, et entra en qualité de commis d'ordre à la Bibliothèque royale. En 1692 O y fut nommé bibliottiécsire en second. H trsTaiBa avec ardeur à dresser le catalogue de tons les livres de ce vaste dépôt, et enrichit ee catalogoe de notes curieuses. Clément avait réuni les Mémoires et négociations secrètes de la France touchant la paix de Munster^ contenant lt$ Lettres f Réponses ^ Mémoires et Avis enioyét de la part du roi, du cardinal Mauurin e< du comte dé Brienne^ secrétaire d'État, wu plénipotentiaires q/Sn de leur servir tTin»' tructimu. Ce reoueil fut volé par Jean Aymos, qui le publia en 4 vol. in-è'*, et eo un vol. iii4bl.f Amsterdam, 1716. Nicolas Clément eut taatde douleur de cette soustraction^ qu'il en mourut. Il avait ramassé une collection de dix-huit miOe estampes, qu'il légua à la nibliothèque royale. On a de lui : D^ense de l'antiquité de la riife et du siège épiscopal de Toul; Paris, 1701, in-S**. Cet ouvrage, publié sous le pseudosymc d'Artimon, est une réponse an Sifstènte muto- Tique des évéque» de Tout, do TaUié i(i(^
Élotê de ?lU)oku. Clément, pir dom Benaré é» N«* faucon, en tète des HezapUi d'Oriçène. — bom Calwl. Bibliothèque lorraine, - Morérl. Grand étcOmtln hMoriqtu. - Rldiafd et OUvttd. Bi^UAMqus tÊtrH.
CLÉ!aE!iT [Pierre), lltt<hrateur genevois, né i Genève, en 1707, mort à Charenton, en 17^. 11 fut reçu ministre dans son pays en 1733, puis vint à Paris, où lord Waldi^ve loi confia l'éducation de ses enftots. 'dément aeeompaipi ses élèves en Angf^erre et'cn Italie. 0e relouri Paris, il s'y livra à son goût pour la oomposilios théâtrale, co qui le fit mviter en 1740 par k consistoire de Genève à renoncer au titre de ministre. De 1749 à 1754, dément fit paraître on Bulletin littéraire, dans lequel H te fit remarqaer par son impartialité et son style vif el eqloné. Une trop grande activité d*esprit le coodttlsK à la folie, et« prétendant étre.graveme&t malade, B demeura douze années ^té. Ayant on Jour entendu parler d'une pièce en vogue, il exiges qu'on le conduisit le soir même an théltre, écouta v^\j^ pièce avec calipe, et en fit une critique très-sensée. Ce rétatriissemcnt dtara pea ; Clément sentit de nouveau son InteDigenoe s*ob8 curcir, et demanda lui-même à être reconduit à Charenton, où il mourut pea après. On a de kri :
CLEMENT
Im Frimaçons (ou ies Francs • Maçont trahis ), hyperdrame en uo acte, sous le pseudonyme de Vincent; Londres, 1740, in-S**; — le Marchand de Londres ; tragédie bourgeoise en cinq actes, trad. de l'anglais deLilIo; Paris,-! 748 et 1751, in-ia; — ^érope, tragédie en cinq actes; Paris, 1749, in-12; — la Double Métamorphose, comédie) trad. de l'anglais (the Devil io pay); ibid.; — les Cinq Années littéraires de 1749 à 1754$ La Haye, 1754, 2 vol. in-U; Berlin, 1753, 4 toI. in-8<*( — les Sottises du temps , ou mémoires pour servir à V histoire générale et particulière du genre humain; La Haye, 1754, 2 vol. in-8° ) — Pièces posthumes de l'auteur des Cinq Années littéraires; Amstordaro; 1766, m-6«.
LelNénroiogê dêi (franâi h&timit (nés ). - On^tirtf, Ut Fruneê Uttératre, - DcMSMrU» Us SiicUt titlé' raires. — SeoeMer, Histoire UUerairede Genève, 111,147.
* CLÉNBNT ( Knut Jungbohn ) , linguiste danois, né dans l'Ile d'Amram ( Frise septentrionale), le 4 décembre 1803. Ses premières années et même son adolescence se passèrent soiis les ywx et la direction prestpie unique de 84 mère; le 13 mai 1825 on nauChige le pri^a de son père, qui a?ait été capitaine de raisseau. Ce n'est qu*en 1826 qu'il se décida à faire de sérieuses Andes ; il entra au gytnnate d'Altona, et alla se perfectionner à l'université de Kiel. 11 étudia d'abord la théologie, puis il s'adonna aux langues; en 1833 il se rendit à l'université de Heidelberg, où il vécut en donnant des leçons particolières, mais où en même tempe il eut l'avantage d'entendre Schlosser, Thibaut et Oreutxer. En mai 1835 il retourna à Kiel, et y devint docteur en philosophie. Une subvention du gnuvemeroent danois le mit ensuite à même de ?iafter rÉeosse, l'Irlande, l'Angleterre, le nord de laTrance, les Pays-Bas et une gnmde partie de l'Allemagne. A son retour en Danemark, il fit à Kiel, de 1841 à 1848, des cours qui furent suivis avec empressement. Ses ouvrages sont : Veber den Vrsprung der Theudisken (de l'Origine des Teutons) ; Altona, 1836; — Erklaerende Einleitung zur Geschichte Danemarks (Introduction pour set^ir à éclaircir l'iiistoire de Danemark ) ; Hambourg, 1839 ; — Die nordgermanische Welt (le Monde germanique du nord) ; Altona, 1836; — Lex salica; Manheim, 1843 ; — die Lebens und IMdensgeschichte der Friêsen (Histoire delà vie et des souffrances des Frisons) ; Kiel, 1845 ; — Reisen in Irland (Yoyageen Iriande ) ; Kiel, 1845 ;— ReUen durch Frieslandj HoUand und Deutschland im Sommer 1845, (Kiel, iM7 )',-'ShakspearesSturtn, historisch beleuchlet ( La tempête de Shakspeare expliquée historiquement); Leipzig, 1846; — Der Franzos und seine Sprache ( le Français et sa langue); Francfort, 1848; — Dos wahre Verhaeltni/s der Siid — liitischen Nationalitaet und Sprache (Ce que sont en réalité la ) et lanationalité du sud-JuUand). L'auteur
témoigne dans cet ouvmge son zèle pour la question du Schlcsvrig-Hofetein.
Conversationt-Lexicon.
i; CLÉMENT (Ambroise), économiste français, né à Paris, le 21 mars 1805. Il occupe actuellement les fonctions de secrétaire de la mairie de Saint-Étienne. En outre de nombreux articles dans le Journal des ÉcononUstes, il a publié deux ouvrages, dont l'un, et le premier par ordre de dates, a fondé sa réputation comme économiste ; ce sont ses Recherches sur les causes de Vindigence; Paris, Guillaumin, 1846, 1 vol. in-8*.« L'auteurn*ariennégligé,disaitM. H. Passy, dans un rapport à Tlnstitut sur cet excellent livre, pour saisir la vérité et Texposer dans tout son jour. Conditions essentielles de la prospérité des nations, nature et caractère de l'indigence aux diverses époques d'avancement social, causes qui reiitretlennent , il a tout examiné, tout décrit avec une rare habileté, et nous ne saurions trop recommander aux lecteurs les deux chapitres consacrés aux causes dindigence existant dans les mœurs ou les habitudes privées des individus ou des familles, ainsi que dans les mœurs ou les habitudes collectives des populations. Là se trouvent des considérations de la plus haute valeur, et qui attestent des études A la fois profondes et sAres. La même force de raison , la même puissance de savoir se rencontrent danji les parties du livre où il est question des moyens de prévenir l'indigence et d'atténuer les causes de misère liées aux mauvaises directions que l'autorité publique peut donner aux forces dont elle dispose. »
La seconde publication de M. A. Clément est loin d'avoir la même importance ; c'est une courte réponse , mais pleine d'ailleurs d'une haute et courageuse raison, aux dangereuses utopies prêcEées au Luxembourg en 1848. Elle a pour titre : des Nouvelles idées de réforme industrielle^ et en particulier du prqjei d^ organisation du travail de M. Louis Blanc; Paris, Guillaumin, 1848, in-32. — M. A. Clément a été l'un des principaux collaborateurs du Dictionnaire de V Économie politique; Paris, Guillaumin, 2 vol. in-r, 1852-1853. La rédaction en chef de cette vaste publication lui avait même été confiée, et>il en avait dressé le plan général, lorsque des circonstances particulières l'obUgèrent à aller. reprendre à Saint Etienne ses fonctions de secrétaire de la mairie. Il y a inséré un grand nombre d'articles, dont les plus importants ont pour titre : Balance du commerce, Association; Armées permanentes, approvisionnements; Administration publique ^ accumulation, accaparement, mendicité, monopole; Produit net; Progrès industriels , richesse , services productifs. A. Legoyt.
Document» pariieuliers,
* CLAMENT (Pierre), économiste français, né à Draguignan ( Var), en 1809. Il est sous-chef de bureau au ministère des finances, et a publié :
CLÉBŒNT
Histoire de la vie et de radminittration de Colbertf contrôleur général des finances, minislre secrétaire (FÉtat de la marine, des manufactures et du commerce, surintendant des bâtiments ; précédée d'une notice historique sur Nicolas Fouquet, suivie de pièces justificatives, lettres et documents inédits; Paris, Gaiilaamm, 1846, 1 vol. in-8''. Cet oavrage a été coaronné par l'Académie française, en 1846 ; il est sans contredit le titre le plus important de M. Clément à Testime des savants, «c Ce n'est pas, disait M. H. Passy à TAcadémie des sciences morales et politiques, dans la séance du 13 juin 1846, ce n'est pas un livre écrit à la hAte et sons l'empire des préoccupations du moment ; c'est un livre savamment conçu et rédigé. Les recherches de Fauteur ont été couronnées de succès. Des correspondances inédites, de nombreux manuscrits, des documents enfouis dans les portefeuilles de nos bibliothèques, lui ont fourni des informations neuves et de précieuses lumières. H fallait pour en tirer tout le parti désirable un tact fin et sûr, un esprit nourri de fortes études, un jugement impartial et calme, et surtout la hauteur d'intelligence qui, en filisant nettement discerner l'ensemble des faits, assigne à chacun sa véritable importance. Toutes ces qualités M. Clément les a eues, et il a enrichi la science économique et l'histoire d'un travail dont le mérite est grand et a droit à de sincères éloges. »
Deux ans après , M. Clément continuait avec succès cette remarquable étude économique par une publication analogue sur la même époque, intitulée : le Gouvernement de Louis XIV, ou la cour, Fadministration, les finances et le commerce, de 1683 à 1689; études historiques, accompagnées de pièces justificatives, lettres et documents inédits; Paris, Guillaumin, 1848, 1 vol. in-8''. A la suite de ce second ouvrage, non mohis rempli de recherches curieuses, non moins riche de documents médits, mais n'embrassant 4)as un espace aussi considérable que lèprécédent, l'Académie des sciences morales et politiques a décerné à son auteur, dans la séance annuelle de 1848, le second prix Gobert. Continuant sansrel&chc ses savantes investigations sur l'histoire économique de son pays, et jaloux de porter la lumière sur les époques les moinsi connues de cette histoire, M. P. dément a pubÛé en 1853 un nouveau travaU, plein d'intérêt, sons le titre de : Jacques Ccmr et Charles Vil, ou la France au quinzième siècle; étude historique, précédée d*une notice sur la valeur relative des anciennes monnaies françaises et suivie de pièces justificatives et de documents la plupart inédits; Paris, Guillaumin et Comp., 1852, 2 vol. in.8*.
En. étudiant avec un soin mhiutieux cette grande et impérieuse figure de Jacques Coeur, l'aiitetir jette de vives lumières sur l'industrie, le commerce, les monnaies, les finances, l'admî-
nistratioaintâieareet extérieure, la ]ii8tiee,r«mée, la politique, la population, le territoire. In sciences, les lettres, les arts en Franee au qnzième siècle.
En 1854 M. Clément a publié une Histoire du système protecteur en France depuis le ministère de Colbert jusqu^à la révolution 4e 1848, in-8'*. Ce livre, qui contient d'otilesredi»ches, mais sans atteindre à la hauteur de vnesd de pensées des deux preroiersouvragesda stfait historien, est un hali^ manifeste à l'appui de II doctrine du libre échange. Knfin, M. Ciéniei^ malgré les travaux considérables dont nous vinons; de parier, a encore trouvé le tenys «te composer pour le Moniteur universel te biographies fort goûtées sur des financierB éni* nents. Nous citerons notamment ses Notiees «r M. le comte M ollien , ministre du trésor ioiii to premier empire, sur les frères Paris , etc.
A. Lbgott.
Documents parttetMêrt.
^GLÉMBNT-AVeVSTB DB BATIÈBB {M^-
rie-Hyacinthe), électeur et 83* archefêqasite Cologne, né à Bruxelles, le 16 août 1700, mort au chAteau d'Ehrenbreitstein , le 5 février 1761. 11 fit ses études à Rome, sous la diredioo di pape Clément XI. Nommé le 19 décembre 17IS coadjuteur de l'évêque de Ratisbonne, ftit Ai en mars 1719 évêque de Munster et de Pato^ bonn. Le siège de Cdogne étant devenu vacut, par la mort de son oncle Joseph Clément, duÉ il était coadjuteur , il en prit posseasiOD en 1733; le 8 février 1724 il fîit élu évêque d'Hildeshom, ordonné prêtre le 4 mars 1725; il ftit sacré pir le pape Benoit Xm, le 10 novembre 1727. L'évêché d'Osnabruck lui échut le 4 novembre 172S, et le 17 juillet il fut élu grand-maltre de l'oitlve Teutonique. L'empereur Charies YI étant noit en 1740, Clément- Auguste fit alliance aveek France pour appuyer les prétentions de son fi^ Maximilien, électeur de Bavière, à l'Emiiin ainsi qu'à une partie des États de la maiwi d'Autriche. Le 12 février 1742 il le couronna enpereur à F^rancfort. Les armes autrichienne ayant été victorieuses, CIéro«it-Augu8te fit U paix en 1744 avec Marie-Thérèse. En 1745 Clément- Auguste porta à l'Empire François de Lo^ raine, et assista à son couronnement En 1761 il projeta un voyage en Bavière : s'étant arrêlé chez l'électeur de Trêves, U se sentit attaqué à table de violentes coliques, et noonrut le Ion demain. Ce prince avait pour devise : Am mihi , sed populo ; il justifia cette devise pir le bien qu'il fit à ses sti^ets.
Mor^rt, Grand éidionnain unie. — jiH d€ véri^r Ut dates (ÀreMevêqneê de (Mogm), !'• partie, X^i p. MO.
CLÉMENT DB BOissT (Athanase-AUxaH' dre), jurisconsulte et littérateur français, né à* Crete^, le 16 septembre 1716, mort à Sainte-Pilaye, le 22 aoAt 1793. 11 fut conseifler à U chambre des comptes, et passa une partie desa vie à former un Recueil de la juridiciion tt
CLËMENT
de la jurisprudence de la chambre des comptes, qui forme quatre-vingts cartons in-fol., et est actuellement à la Bibliothèque iropér. La table des pièces dont est composé ce précieux recueil a été imprimée en 1787, in-4*'. On doit en outre à Clément de Boissy : Abrégé et concorde des livres de Sagesse; Auxerre, 1767, in-12;'— le Maire du Palais; Paris, 1771, in-12 ; — Vues pacifiques sur Vétat actuel du parlement; Paris, 1771-1772 ; — V Enfant grammairien:
Blois, 1775, in-12 : cet ouvrage contient des principes de grammaire générale, une grammaire latine et une méthode franco-latine; il a été réimprimé sous le titre de Grammaire latine ^ contenant le rudiment et la syntaxe et une méthode française-latine^ précédée d'une Introduction aux langues, mise à la portée des enfants; Paris, 1777, in-12; — le livre des seigneurs, ou le papier terrier perpétuel ; Paris, 1776, in-4'*; — VArt des langues, ou essai sur la véritable manière d'apprendre les langues, et spécialement la langue latine ; Paris, 1777, in-12; — V Auteur delà Nature; Puis, 1782, 1785 et 1794, 3 Tol. in-12 : cet ou- Tra|^ contient les principales connaissances de lliiàoire naturelle; des yues snr la nature de Pâme ; un détail d'anatomie suffisant pour faire oomiattre l'admirable mécanisme du corps humain; quelques notions sur la destruction des éléments, sur la formation d'une nonvelle terre et de Doureaux deux après la catastrophe générale de l'univers ; — de to Grâce de Dieu et de la Prédestination, sous le pseudonyme de Fontenay; Paris, 1787, in-12; ~ Mémoire sur la Information des Finances :VmB, 1787, in-8'';
— Abrégé de F Ancien et du Nouveau Testament, sous le pseudonyme de Fontenay; Paris, 1788, 2 vol. in-12; — Jésus-Christ, notre Amour, même pseudonyme; Paris, 1788, in-12;
— Traité de la Prière; ibid.; — Manuel des Saintes-Écritures; ibid., 1789,3 vol., in-12; — de r Élection des évéques et nomination des curés d'après les monuments de l'histoire ecclésiastique; Paris, 1791, in-S»; — le Mépris des choses humaines; ibid., in-12; -— Imitation de Jésus-Christ, mise par ordre de matières; Paris, 1792, in-12.
Barbier. Bxamen crUique dei dieUonnairei hist. — Qaérard, la France littéraire.
* GLÂMBHT-DESORMES (1), profcsscur de chimie industrielle an Conservatoire des arts et métiers, né à Dyon, mort en 1842. U fit ses premières études dans sa ville natale, et vint ensuite à Paris, où il entra en qualité de derc chez un de ses oades, qui était notaire. Mais son goût pour les sdences s'était déjà révélé. Dans ses courses, il trouvait le temps de visiter les bibliothèques publiques. H y puisa de premières connaissances,
(I) Cest à tort que Qaérard, dans ta France iméraire t,ll, p. SM et ne, a divisé Clénent-Desorines en deux per- •onnct dirrérentes, qa'il fait tra? ailler en ooUaboratloa. C'est «a aenl personnage.
qui augmentèrent son ardeor ponr les études scientifiques. Bientôt il put, à l'aide de ses économies, acheter des livres ; il abandonna la carrière du notariat, et se livra à l'étude de la chimie, n reçut de Montgolfier et de Guyton de Morveau des conseils utiles, et compléta son histruction chimique. Clément Desormes a publié dans les Annales de Chimie et de Physique, de 1801 à 1830, un aftez grand nombre de mémoires sur des questions de sdence pure et surtout de science appliquée; mais il n'a laissé aucun grand corps d'ouvrage, et il n'est point resté de traces de son cours. On a de lui : Essai sur Vanalyse et la recomposition des deux alcalis fixes et de quelques-unes des' terres réputées simples^ en collaboration avec M. Guyton, dans les andens Mémoires de l'Académie, m, 1801 ; — Pièces d'expériences sur l'oxide de carbone gazeux, dans le Journal de l'École polytechnique, IV, 1802; •— Notice sur la cristallisation du lapis lazuli, dans le Journal des mines, XYII; 1804 ; — Théorie de la fabrication de l'acide sul/urique ; ibid., XYIH, 1805; Appréciation du procédé d'éclairage par le gaz hydrogène du charbon de terre; Paris, 1819, in-8«.
Cta. Donoyer, Journal dei economitteSt t84i — /ottr-
naldesJMbatt, 8 Janvier l84t. - ilf<m<(. univ., U Janvier
184t. — Louandre et Bourquelot, la Littérature fran-
çaiie ( sappléio. à Qaérard ).
GLtaBNT-MBRSBAU, ingénieur français.
Voy. MÉTÉZEAU.
GLiftHBiiT DE RIS (Dominique, comte), homme d'État français, né en 1750, à Paris, mort en 1827. H était avocat en 1789, (it partie, en 1794, en 1795, avec Garât etGinguené,dela commission executive d'instruction publique, à laquelle la France dut l'École normale, n donna sa démission en 1795; mais le gouvernement consulaire alla le chercher dans sa retraite pour l'élever à la dignité de sénateur. Ce fut au mois de septembre 1800 que lui arriva l'aventore singu* lière qui donna lien à tant de ooigectures et de fables. Étant dans une de ses terres, en Touraine, il fut enlevé en plein jour par un parti de chouans, enfermé dans un souterrain, et ne fbt rendu à la liberté qu'après une captivité de dix-neuf jours. Après lui avoir volé son argent monnayé, son argenterie et sa propre voiture, les ravisseurs le forcèrent d'écrire à sa femme pour lui demander 50,000 firancs qu'elle n'envoya pas. Le tribunal d^Indre-et-Loire prononça la pdne àe mort contre trois des auteurs de ce coup audadeux, et Mm* Lacroix, propriétaire du ch&teau du Portail, où il avait été détenu, fut condamnée à plusieurs années de détention et à l'exposition au moment de l'exécution de ses compiles. Peu de temps après. Clément de Ris fut appdé à la préture du sénat. Nommé pair de France en 1814, maintenu dans cette dignité pendant les cent-jours. Il se vit, par l'ordonnance royale du 24 juillet 1815^ exdu de la chambre, où il rentra en 1819.
Dictionnaire <to la ûonvenation.
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«GLÉMBiiT DB RIS (Emile), officier supérieur et pair de France, fils aîné du précédent. Dé à Chàteaudun, en 1786, mort le 19 décembre 1 839. Il ejitra au service dans le 1 6' de dragons en 1801 , et passa par tous les grades pour devenir officier. II fit la campagne d'Italie comme aide de camp de Masséna, et se distingua au passage de TAdige. En 1806 il servit en Prusse et en Pologne, comme adjudant-majon En t807 il fut blessé à Deppen, le 4 février, et combattit à Kylau et à E^edland. En 1808 il passa en Espagne comme aide de camp du roaréclial Lefebvre, et eut son cheval tué à Sotès. En 1809 il fit les campagnes de Bavière, de Tyrol et d'Autriche. Nommé capitaine aux dragons de la garde impériale, en mars 1811, il fit en 1612 la retraite de Moscou , et obtint le grade de chef d'escadron. En 1813, après les batailles de Wurschen et de Reichembach, il fut promu officier de la Légion d'honneur. II quitta alors l'armée pour c>ausc de sauté, et entra dans l'administration militaire. En avril 1815 il courut aux frontières, et fut blessé à la poitrine le 9 juillet devant Strasbourg. Mis en non-activité au licenciement de l'armée (octobre 1915), il succéda comme pair de France à son père, en 1827.
Biographie nourtlle dut contemporains. — Dictionnaire de la conversation.
CLÉMENT DE RIS (PauUn), officicr français, frère du précédent, né en 1788, tué àFriedland, en 1807. II entra à l'École militaire de Fontainebleau en 1803, en sortit comme officier au l'** de carabiniers, se distingua à léna, à WUlimberg, et fut tué à Friedland.
Biog. nouvelle des contemporains» — Mon. univ. — f^ict. et conq. des Franc.
GLÉMBRT DE LA RORClàRB. Voy, Lk RoN- CI^.RE.
* CLEMENTE (CyntMo) , médecin italien, vivait dans la première moitié du dix-septième siècle. 11 étudis la médecine, prati/iua à Rome, et devint médecin du pape Paul V. Il fut aussi prêtre et chanoine de Saint-Jean de Latran. On a<lelui : EpistolaapolofjeticaadJoannem Amodeiinty quœ innominati uuctoris opinionem refellit, et ciarissitne demonstrat veram ligni sanctl essentiam;âàn& un recueil intitulé : Disputationes medicx de natura atquefacuUatibus ligni sancti; Rome, 1602.
Carrëre, Biliothique de la médecine,
CLBMENTI (\Prospero ), sculpteur italien, né h Reggio, dans la première moitié du seizième siècle, mort en 1584. On a dit qu'il avait été élève de Michel-Ange, mais le genre de son talent indique bien plut^^t qu'il eut poui maître Giovanni- AndreaClementi, son oncle, sculpteur d'un grand talent, que cependant il surpassa de beaucoup. Prospero a sculpté pour la cathédrale de Reggio le Tombeau de Pévêque Rangoni, orné de la statue du prélat, de grandeur naturelle, et de deux jolis enfimts; le beau tabernacle du maltre-autel, représentant le Triomphe du Sau- 9em\jiùsiax excellentes figures d*Adam et Eve.
CLEMENTl
Dans la cathédrale de Parme, le MÊmuolk èi jurisconsulte Bartolommeo Praii, avec en femmes assises plongées dans la doolenr, eà m ouvrage touchant et plein de Térité. On retrouve les ro^es qualités et à peu près la idem disposition dans le Tombeau de févêque Qkrgio Andreasi, savant et diplomate , à Saiil- André de Mantoue. Enfin, on dte encore parai les bons ouvrages de Clementi deax slatoes a marbre placées dans la cathédrale de Carpi.
Cet artiste distingué mériterait d'être phi connu ; il a été sumwnmé par Algarotti le Corrége de la sculpture ; c'est «a éloge snfllsMl pour donner la mesure de son mérite, et e'eit aller trop loin que de dire, comme l'aoteorde sa notice dans la Biographie universelle, qdfi fut le plus grand sculpteur qu^ait priiuM Vltalie avant Canova. £. B— >if.
OrlandI, Jébeeedario. — U»lfÊiM, Pittwt, mltwn e archiUtture di Bolotna. - Vaurt, f^iU, - T1nk«chi, Biblietluea modcnese. — Welu, Biographie nivenelle ; soppl.
CLBMBNW (Muzio), compositeoF UaKen, né à Rome, en 1752, mort à Evesham, le 16 avril 1832. Son père le mit très-jeune sous la direction de Buroni, son parent et maître de diapeUt A six ans Clementi commençait h solfier; i sept, l'organiste Cordicelli lui enseigna le cbvecin et les principes de Taccompagnement ; à neuf ans il obtint dans un concours une place d'organiste. Alors il passa sous la direction de Santarelli, et deux ans après il entra dans réeob de Carpini , le meilleur contrapnntiste roroaii. Peu après, un Anglais, qui voyageait en Italie, fut si émerveillé de son talent sur le clavedo, qu'il pressa son père de le lui confier pour l'enmcner en Angleterre. La proposition hit acceptée : Clementi, arrivé avec son protecteur da» le Dorsetshire, fit une étude approfondie des ouvrages de Haendel, de Séb. Bach et de Scarlatti. A dix-huit-ans il publia son œuvre U, qui devint le type des sonates de piano. Il composa à Paris ses œuvres Y et YI, et donna une nouvelie édition de son œuvre I, auquel il ajouta ime fugue. En 1781 il partit pour Yienne, où il se lia avec Haydn, Mozart, etc. L'empereur Joseph II prit souvent plaisir à écouter Mozart et Clementi, qui se succédaient au piano. En 1783 J.-n. Cramer, alors âgé de qufaize ans, deriol l'élève de Clementi , après avoir reçu des leçoDS de Sclirœter et de F. Abel. En 1784 Clonenti revint en France, et retourna à Londres en 1785. Depuis lois jusqu'en 1802 il resta en Angleterre, et se livra à l'enseignement. Vers 1800 il forma une association pour la fabrication des pianos et le commerce de la musique. Sa maison devint une des premières de Londres en ee genre. Parmi les élèves de Clementi, on distingue surtout J. Fidd : c'est avec lui qu'en 1802 démenti vint à Paris pour la troisièroe fois. Ffeld y joua les fugues de Bach d'une manière supérieure; tous deux partirent pour Vienne en 1803. Clementi voulait confier Field aux soins d'Al-
CLEMENT! — CLÉOBULINE
lirechtsbergdr, pendant qu'Q irait en Riusie ; mais Field le supplia de lui permettre de l'accompagner, et ils partirent ensemble pour Pétersbourg. Ce fut là que Kalkbrenner se lia avec démenti et en reçut des [oonseils. Après une absence de boit ans et divers autres voyages, Clementi re- ^t en Angleterre (1810). La Société philharmonique de Londres ayant été instituée, Olenenti y fit entendre deux symphcnies qa'il dirigea lui-même. 11 en a donné de nouvdles en 1814, à rage de soixante-douze-ans.
Les CBUvres de Clementi consistent en 606 sonates divisées en 34 obovres» et en phislenrs symphonies et ouvertures à grand orchestre.
On Inl doit la belle collection publiée sous le tKre de Gradus ad Pamasmm; Londres, 3 vol. in-folio. Les sonates de Clementi sont éminemment classiques; son chant est pur, mais il manque souvent d'animation. C'est lui qui a fixé le premier les principes du doigter et du mécanisme d'exécution sur le piano. [Fatqlle, dans VBnc. des g. du m.]
FéUa, Biographie universelle des winsieiens, — Tlpaldo, mographiû dsgU Italiani iUustrL
GLÉMBNTIHI (Vesarê), historien italien, né à Rimini, mort dans la même ville, le 9 mai 1624. n était chevalier de Saini-Étienne, et remplit plusieurs charges publiques. On a de lui : Raconto istorieo délia /onda%ione di RiminQ^ dell* origine e vile de Afoto^esM; Rimini, 1617- 1037, 2 vol. in-4°.
Uiiglet-Oullretnoy, Méthode pour étudier rkistokre,