‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus recules jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 95 sur 118 · II · texte numérisé non relu

II

* GLBMBiiTiiiiTS ( Clément), médecin italien, ■é à Amella ( duché de Spolette), vivait en 1535. 11 enseigna la philosophie et les mathématiques àPadoue, puis vint à Rome, où« en 1513, il fut nommé médecin de Léon X. Les ouvrages de Clementinus ont joui d'une grande réputation , quoiqu'il y montre trop d'attachement iK>ur l'astrologie. On cite de lui : Clementia medicinx, Mivô deprxceptis medicinx et de or te mcdica; Rome, 1512, in-fol.; «- LucubrationeSt in qui- Ints nihil est quod non sit ex ariis usUf quodque non sit tam probata fide traditum quùm âopiênti judicio seriptum, sive theoricem, sivepraxim, quant vocant, spectemus; BAIe, 1635, in-fol.

Éloy. Dictionnaire higtorique de la médecine. - UiâiidM et Oclandlne, DktioKhairp univenêi.

CLEMEllTOiis. Voy. Boccuano.

«CLBMM (D. Henri Guillaume), savant allemand, né à Hohen-Asperg, le 31 décembre 1725, mort le 28 juillet 1775. Il étudia à Tubingue, et parcourut ensuite l'Allemagne ; en 1745 il devint professeur et prédicateur au couvent de Behenhausen; en 1761 il fut chargé d'enseigner les mathématiques à Stuttgard et nommé bibliothécaire oonsistorial. En 1767 il fut rappelé à Tubingen, où il devhit docteur. Il laissa la réputation d'un philosophe, d'un mathématicien et d*un théolo^en distingué. 86S principaux ouvrage sont : Dissertatio de limitibus creatu-

rarum; Tubingue, 1745; — Examen temporum mediorum, secundum principia asfronomica et chronologica , sive chronologia mathematica ; Berlin, 1752, ln-8" ; — Lettres sur quelques paradoxes du calcul analytique; Tubingue, 1753, in-8**;-— Versuch einer kritischen Geschichte der hebràischen Sprache; (Essai d'une histoire critique de la langue hébraïque); Heilbrunn et Tubingue, 1753, in-S"; — Amœnitates academicx'^ sive sytloge thematumtheologico'philosophico-historicorum, lUfascicuHi Stuttgard, 1753, ln-8"; —Principia eogitandi ; Francfort, 1758, in-8*; — Erste Grande aller mathematischen Wissenschaften ( Principes Ifondaroentaux des sciences mathématiques); Stuttgard, 1759 et 1769, in-8»; ^ Moraliscke Betrachtungen (Observations morales) ; Stuttgard, 1761, in-8'*; — Schrxftmœssige Betrachtung uber den Tod des Uensclien und seimm Zustand nach dem Tode (Observations dogmatiques sur la mort de l'homme et son eut après la mort) ; ihid., 1761, iu-d** ; — Maikematisches Lehrbuch, etc. (Manuel de mathématiques, aie.); ihid., 1764, 1768, itt-8«; — < Yon den Kra/ten der menschlicfèen seele (Des forces da l'Amâ humaine); Stuttgartl, 1767, in-8^

StrwniiMno/AMMf Qei, Enropn» - Noter, WwrUmlh Oelekrten- Uxieon.

GLÉNARD (Nicolas). Voy. Cleynakrts.

GLÉOBCLB ( KXtoéwXoc), uu des sept sages de la Grèce, fUs d'Évagoras, né à Lindes, dans l'Ile de Rhodes, vivait vers 560 avant J.-G. D'après Clément d'Alexandrie , il fut le roi et d'après Plutarque le tyran de sa ville natale; on voit cependant, par une lettre de lui à Solon, conservée i)ar Diogène Laeroe, et peut-être apocryphe, que Lindes avait un gouvernement démocratique. On peut concilier ces diverses assertions en supposant que l'autorité souveraine avait été déléguée à Cléobule par le peuple. Ce philosophe emprunta une grande partie de sa doctrine aux Égyptiens. Il composa des poëmes lyriques et des énigmes (YpCçoi) en vers. C'est à lui, selon Diogène Laerce, qu'appartiennent l'épitaplie de Midas, attribuée à Homère, et l'énigme sur l'année, attribuée à Cléobuline, lille de Cléobule.

Diogène Laerce. — Snldaii, au tnoi KXiopouXoc. — Clément d'AIeiandrie, Stromata, 1, 14. — Fabrlcius, tibliotheca grmca, II.

CLÊOBCLiiiB ( KXto^uXCvv)), fille de Cléobule de Lindes, vivait dans le sixième siècle avant J.-C. Selon Plutarque elle était née à Corinthe, et s'appelait Eumetis. Aussi remarquable par ses qualités morales que par son talent poétique, elle composa des énigmes (yp^Ço^)» ^^ jouirent chez les anciens d'une grande célébrité. Athénée cite une comédie de Cratinus intitulée KXto^u- Xîvoct , dans laquelle il était probablement question de la nUe de Cléobule.

Plutarque, de l*yth, orac^ 14; Conviv.,' Ml; Sap., s. — DioKènr Ijicrce, 1. — Clénent tf* Aleiandrie, Stromata, IV. ~ Suidas >n not kkto^ouXivY). — AfMote, Bhe-

CLÉOBULINE — CLËOMBROTE

UfT^ III. - Atbénée; IV. - Meineke. HUt. eriU corn.

^ GLtocB ARES ( KXeox Vk )» Orateur grec, né à Myrieia, dans la Bithynie, yiTait vers 300 avant J.-C. n était contemporain de Démocharès et d'ArcésUas, et Rutilius Lapas noas a conservé une liste de ses discours. Il écrivit aussi sur la rhétorique un traité, dans lequel il comparait Isocrate et Demosthène, appelant le premier un athlète , le second un soldat. Il ne reste plus rien des ouvrages de Gléocharès.

Strabon, XII. — Diogène Laerce, IV. — RaUlias Lupus, de Fiçwit sentent. — Ruhnken, Hist. crU. orat. graec. — WestermaoD, Cesch. der Beredtsamkeit in Grieeh.

«CLÉOCRITB (KXeoxpiToç), Athénien, hérault des mystères ({luerrâv xfjpuÇ), vivait en 404 avant J.-C. Banni d'Athènes par les trente tyrans , il se mêla aux exilés qui , sous la conduite de Thrasybule, renversèrent le gouvernement oligarchique de Critias et de ses collègues. Après la bataille de Munychie, les deux partis firent une trêve pour ensevelir les morts, et les conversations s'engagèrent entre les soldats des deux camps. Cléocrite, qui avait une voix éclatante ({làX' eOftrtvoç âv), adressa aux Athéniens, soldats des tyrans, un discours dont Xénophon nous a transmis les pensées, sinon les expressions. Cléocrite était fort ridicule de sa personne, si Ton en croit les plaisanteries d'Aristophane; mais on sait que le grand poète s'inquiétait peu de la vérite et des convenances, lorsqu'il s'agissait de tourner en ridicule un membre du parti démocratique.

Xénophon, Hellen,, II, 4. — ArUtophane, Ranœ, 14M ; jivett 876.

^CLéODàMB MALCHUS (KXe6dY){ioc Ma)x<K)> historien d'une date incertaine, h écrivit une Histoire des Juifs, dtée par Alexandre Poly histor. On prétend que Malchus avait en syriaque la même signification que Cléodèine en grec..

Josepb, jintiquiLjud^tU IS-

*CLtoiiàME (KXe69Y)t&o;), médecin grec, vivait dans le premier siècle après J.-C. Pluterque, qui Ta placé dans son Banquet des sept sages, prétend que Cléodème employait plus souvent les ventouses qu'aucun médecin de son temps, et qu'il mit ce remède à la mode.

Plutarqne, Septem iapientum eonvivium.

GLÉODèME, ingénieur grec, vivait vers 260 de l'ère chrétienne. Il fut chargé avec l'architecte Athénée de fortifier les villes de l'empire menacées par les Goths. Sdon Gibbon , ce personnage est le même que Cléodème d'Athènes qui', en 267, chassa les Goths de cette viUe.

Zonaras, jinnaiei, H Gibbon, the Décline and fait of ike Roman Bmpirt.

CLEODAVS (iac6^ioç), fils de lHéradide Hyllus, essaya aussi vahiement que son père de s'emparer du Péloponnèse. On peut placer vers le treizième siècle avant J.-C. l'existence de ce personnage , peut-être fabuleux.

Apollodore, II. - Panianlaf, ill.

GLÈŒTAS (KXeoCToc), sculpteur et architecte grec, vivait vers 450 avant J.-C. H eut un fils

nommé Aristoclès. Yisconti ( dans la Bto^rftpMe universelle), confondant cet Aristodèa avec ai artiste sicyonien du même nom, Aristodèi frère de Canachus, a présumé que Cléœtas était né à Sicyone, et, par suite de la même coofeslon, Thiersch a cru que cet artiste, vivait ve*s b 61* olympiade (552 avant J.-C. ) ; ce sont là des erreurs manifestes, comme on peot le Toirai comparant deux passages de Pausanias (YI, 1, $4; Vf, 9,$1 ), et il est très-probable que Clé(Etas était Athénien. Une inscription grecque de h 86* olympiade (452 avant J.-C.) nous appread qu'il était disciple de Phidias, qu'il suivit soa maître à Olympie, et qu'il y dirigea la coostrao* tion de la fiuneuse barrière (dEfcvtc) située « bout du stade. On dte encore parmi les ouviagei de Cléoetas «ne statue de guerrier placée dam l'AcropoUs d'Athènes.

viaconU, OEuvre» diverges, toI. III. - Mmâeo Pio-Ctementino. - Tblench, Bpoehen D. Bild. kwnst, - Miller. d€ Phidia, i;iM- Bdckta, Corp. inscript, grsec.. voL l«, p. t» . 197, 884. — ScbnlU , dans JoAnff JaArHckr fur Philologie; 18M. p. 78. - Brnnn, jtrtifle. Uben Graecim tempora.

CLéoMBROTE I ( KX>6(&^(>oToc ), fils de Pausanias, et vingt-troisième roi Spartiate de la famille des Agides, régna de 380 avant J.-C. à 371. 11 succéda à son (rère Agésipolis. Envojé dans le printemps de 378 contre les Thébaios, qui venaient de chasser la garnison laoédémonienne, il ne fit rien d'important, et rentra à Sparte après avoir laissé Sphodrias à Thespîei, en qualite d'harmoste. Cette conduite fut virement désapprouvée par les Spartiates, qui cot fièrent à Agésilas U le commandement des forces envoyées contre les Thébains. En 376 il fallut, à cause de la mauvaise santé d'Agésilis, rendre le commandement à Cléombrote, qui fil plus malheureux encore que la première fbit.

Après cinq ans d'une lutte peu décisive, il reocontra l'armée thébaine dans la plaine de Lettres. La bataille s'engpgea t>ientôt, et Cléonbrote fut tué ; sa mort Ifut le signal de la àéùik des Spartiates. Il eut pour suooesseor son ib Agésipolis.

Xénophon. Hellmiea.W 1, YL - Phitirqâe, Mv** dos, 18. 18-S8; AgesUaSt IS. - DIodore, xv. - fw» nlaff.i, Ill.rx.

CLÉOMBROTE II, trentième roi Spartiate ie la famille des Agides , régna de 243 avanl J.-€. à 240* Il fut élu roi après !a déchéance <te son beau-père Léonidas. Déposé à son tour i U rentrée de celui-ci , il fut exilé à Tégée. ne dut la vie qu'à Tintercession de sa femme Cliilonis, qui donna un exemple d'affection coi^usile souvent dte par les anciens. Cléombrote laiso deux fils, Agésipolis et Cléomène.

Pitttarqne, Agis, il, 18-18. - Pansantes, III. «. - Polybe,IV,u.

CLÉOMBROTE, un dcs fils d'Anaxandride, roi de Sparte, vivait vers 480 avant J.-C. Après la mortde son frère LéonidaSy il devint tuteur de Plistarque, fils de ce prince, et fut luis à laiCla des troupes qui au moment de la bataille de S«*

CLËOMBROTE — CLÉOMËDE

lient occupées à fortifier l'isthme de Malgré ta victoire des Grecs, ce traiirication fut repris le printemps suii fut abandonné que vers le commene la campagne de Platée. Au rapport e , Cléombrote mourut peu de temps ir, à la suite d'une éclipse de soleil, s troupes de Tlsthme à Sparte. On la date de sa mort à 479 avant J.-G.

;ux fils, Nicomède etPausauias, qui lui I qualité de régent.

V, 41!; VIll, 71; IX, 10. -Oioton, FaUi helilrlwall, Hist. of Greece.

BBOTB, philosopheacadémiqued*Amme époque incertaine. 11 se précipita er, après une lecture du Phédon de »n pour- échapper à un malheur prépour arriver plus tôt à la vie meilmonçait le dialogue du grand philo- !uien. Dans ce dialogue même du Phé- : parlé d'un certain Cléombrote, dis- )crate, et qui se trouvait à Égine au t la mort de son maître. Cestpeot-^tre Tsonnageque Cléombrote d'Ambracie.

'. Epigram. — Lucien, Philop, — Qcéroo, ; TuêcuL, I, 34. — AngasUn, de Civ. Dét, ricius, Bibliot. graec., III.

ÈDE (KXeo|LinéTK), athlète grec, né dans ^palée, vivait vers 490 avant J.-C.

*ès Pausanias et Plutarque l'histoire la légende de Cléomède. Aux jeux }, dans la lutte du pugilat, il tua Icais, aire , fut jugé coupàd^le de ne s'être lelon les r^es, et fiit privé du prix, mce égara la raison du malheureux retour dans sa patrie, il renversa une li soutenait le faite d'une école pucausa la mort de soixante enfants .

Poursuivi par les Astypaléens, qui î lapider, il se réfugia dans le temple s, et s'enferma dans un coffire que le poursuivaient s'efforcèrent vainevrir; ils prirent alors le parti de le lis on ne retrouva pas l'athlète. Les s envoyèrent consulter l'oracle de ni leur ré|)ondit : « Cléomède d'Astydemier des héros ; honorez-le par des omme un immortel. »

VI, 9. — PXatarqw, Romulus, t8.

EUE (KX£0(i^5Tic), astronome grec, iblement au second siècle de J.-C. (1).

ne cependant est loin d'être certaine; i (2) le font vivre vers l'an 427 de lutres bien antérieurement (3).

)ploion de Sax. Onomast.^ 1. 1, p.. 294. et de Mém. U VAcad. dêi inseriptUms, t. XLIV,

tn Elementit attron.; Vosslas, de Scient, II. 34.

[ Comment, in Cleom. ), pour défendre cette }nle principalement sor ce que Ciéoméde ne leule fols Ptoiémée , tandia qn'il cite soulène, Htpparqoe, et aartoat Potldonlua, ron* '■ Qcéron ; enfin, parce qa'il ne menUonne loctrlnei sur les BooTcnenta des pUaétct,

Letronne conclut d'un passage de Cléomède

que cet astronome est moins ancien que Ptolé-

mée. £n étabUssant que la terre n'est qu'un point

mathématique par rapport h la sphère des étoiles,

I Cléomède ajoute : « il y a deux étoiles sembla-

' blés par la grandeur et la couleur, et diamétra-

I lement opposées l'une à l'autre : elles occupent

I le lô^ degré, l'une (Antarès)du Scorpion, l'autre

(Aldébaran) du Taureau. »

Voici au siijet de ce passage le raisonnement de Letronne : « De ces deux étoiles, l'une est Antarès^ que le catalogue de Ptolémée place à 12<*,20' du Scorpion ; l'autre est Aldébaran, ou la Brillante des Hyades (Xaiiicpèç xâv TdLStov), placée dans le même catalogue à 12'',50' du Taureau. Cléomède fixe la position de toutes les deux an 15* du signe auquel elles apiiartiennent; comme il ne donne point la fraction de degré, prenons le milieu entre 14 et 15 degrés, c'est-à-dire 14^,30' ; il en résulte une différence en longitude de 2'',10 pour Antarès, de 1*,40' pour Aldébaran. Un tait de ce genre peut avoir été connu de deux manières, ou par une observation directe^ ou par un calcul déduit du catalogue de Ptolémée. Dans le premier cas, il suffirait de remonter jusqu'à l'époque où Aldébaran était à 14*',30' du Taureau. £n 1786, cet astre était à 6'',47' des Gémeaux, c'est-à-dire à 22°, 17' du point où le place Cléomède. En partant de la précession annuelle de 50", 1, un voit que l'étoile a dû employer environ seize cents ans à rétrograder de cette quantité. Ce résultat n'est qu'approximatif, parce que je ne tiens pas compte du mouvement propre d' Aldébaran; mais un calcul plus précis serait inutile. Il s'ensuit qu' Aldébaran avait la longitude que lui donne Cléomède en l'an 186 de J -O.

Dans le second cas, l'époque de Cléomède serait plus récente d'un siècle environ. On sait que les astronomes anciens, marchant avec une entière confiance sur les pas d'Hipparque, ne paraissent avoir fait pendant bien longtônps, pour déterminer la position des fixes en longitude, que (diviser par 100 le nombre quelconque d'années qu'ils savaient s'être écoulées entre le temps d'Hipparque et le leur, et ajouter la quantité de degrés résultant de cette opération. M. Delambrc est même convaincu que Ptolémée n'a point fait autre chose, et qu'il s'est contenté d'igouter uniformément 2^,40' aux longitudes d'Hipparque. Dans cette hypothèse, il faudrait multiplier par 100 la différence de 1^,40' entre les deux positions d' Aldébaran ; il en résulterait cent soixantesix ans pour celle des époques, c'est-à-dire que rot>servation se rapporterait à l'an 300 ou 306 de notre ère. Si l'on songe que Cléomède est un ignorant compilateur, incapable d'avoir fait par lui-même la moindre observation, et qui

des épicycles, etc., qnl ont répandu partout le noio dtt Ptolémée.

BaUlj (Hitt. dé Fattronom, moderne, éclaire. U, S ti ). DeUmbre ( Hist. de Fastron, anc., 1 1, p. 118 }, La Plaoe ( Précis de l'astnm., p. M }, placent Qéoakéde sont le régne d'Angnate.

808 GLËOMÈDÉ

d'ailleurs, d'après son propre aveu, a pris chez les autres tout ce qu'il dît dans son livre, on sera convaincu que cq fait astronomique ne saurait lui appartenir, qu'il l'a tiré de quelque astronome, et conséquemmcnt qu'il a vécu postérieurement à l'an 186, et peut-être à l'an 300 de notre ère. On ne saurait donc le faire jemonter plus haut que le commencement ou le milieu du troisième siècle, et il serait diflicile de le descendre plus bas que le milieu du quatrième. (1) »

Voilà bien des hypothèses pour justifier une date. Pour faire voir que Ck^omède n'est pas un aussi ignorant compilateur que le suppose Letronne, je vais donner ici les points les plus saillants qui m'ont frappé à la lecture de l'ouvrage de Cléomè<le intitulé : KuxXixi^ 8sa>pta liCTecopcov {Doctrina circularis de sublimi" bus) (2).

Le monde se compose du ciel, de la terre et des créations (çuati;) qui s'y trouvent; il contient tous les corps , et il n'y a rien en dehors du monde. 11 n'est pas infini, mais fini (3). Si toute la matière était réduite en vapeur par le feu, elle occuperait un espace dix mille fois plus grand ; si ensuite cette vapeur venait à ôtre condensée, elle formerait un volume beaucoup moindre, en produisant un vide , qu'un autre corps viendrait aussitôt occuper (4). II ne peut donc pas y avoir de vide dans le monde ; dans le vide nos sens mémos ne fonctionneraient plus ( èvenoSîCovTo àv ÙK* &uTâ)v al aloOrîffsi;).

L'auteur divise, avec la plupart des physiciens de l'antiquité, la sphère céleste en cinq zones, correspondant à celles de la sphère terrestre : l<*la zone arctique, ?.*> la zone intermédiaire entre le tropique d'été et l'arctique, 3* la zone intermédiaire entre les deux tropiques (d'été et d'hiver), et divisée en deux parties égales par la ligne équinoxiale; V* la zone intermédiaire entre le tropique dliiver et la zone antarctique ; 6° la zone antarctique. Les deux zones extrêmes sont inhabitables à cause du froid, et la zone moyenne est Inhabitée à cause de la chaleur. Quant aux deux zones tempérées, les seules habitées, elles se divisent chacune en deux parties, dont l'one comprend les i>érièques (icepioixoi ), et l'autre les antipodes (5). La sphéricité de la terre est appuyée sur d'excellentes preuves, qu'on allègue encore, en partie, aujourd'hui (6).

(1) Journal des uivants, déc l8tl, p. 70S.

(2) J'ai suivi, dans cette analyse, l'édllloa de Bake.

(3) Dans le langage de la science moderne, on appelle Monde le Soleil avec tout son cortège de planètes. C'est dans ce sens scnlcment que le Monde ponrrall être dit /ln<.

{■k) nXT)pci>Oi^asTai unô loû i7:iXa(x6avovT(K xai "^viTfltxoLi Toitoç àuTOÙ, ÔnEp 60x1 x£vàv uTuà awpaxo; xaTsxôtxEvov , xat 9ie7cXy)p(i>{iévov ; lib. I, cap. 1. Ces IndicaUons prouvent que du temps de CléonicUe on avait dè].^ quelques données sur la force élastique de la vapeur.

:•', Ces divisions ont (ait longtemps autorité, et on y a>ait puisé Ici principales oblectioos que l'on opposa à Christophe Colomb (voy. ce nom).

">) Mb. I, cap. ».

Les planètes, diMl, se distinguait des astra proprement dits en ce que, outre le moaveoieiift général da del , elles ont on monvement propre, à peu près comme le passager qui va de la poupe à la proue pendant que le navire marche. Us astres non errants ou fixes (àicXovq), peuvent être comparés aux passagers qui se tiendraient imnMh biles snr ce même navire (1). Les astres non errants, ajoute Tautenr, sont innombrables; quat aux planètes, U n'en est parvenu que sept à notre connaissance, et il est incertain s'il y en a no phu grand nombre (2). Le plus élevé ( c*est-à-dire le plus éloigné du Soleil) s'appelle VAppami ( (l>a(vtt)v ) ; c'est l'astre de Saturne, qui met tnnte ans à faire sa révolution (3). An-desaoas de M vient le Brillant (^kuOuv), Tastre de Jupiter, qui met douze ans. Au-dessous de loi Vlfà (llupoeCç), l'astre de Mars, momsrégolierdaosiioi mouvement, et qui parait faire sa révolutioD eo deux ans cinq mois. Puis vient le Soleil, qui, occnpant le milieu ({xéffoc On^oov tôv dXXwv), met un an à faire sa révolution (à travers le zediaiiDe, à produire les saisons et le jour en tournant âfN le monde (i^uv rc{> xô<7ii(p). Âu-dessoosdoSoieâ vient l'astre de Vénus, qui se nomme Hespem quand il suit le coucher du soleil, et iMC^fff quand il précède le lever. Au-dessous de Véons est l'astre de MercAU-e, appelé le Scintillât (£T{Xê<tfv ). £nfin« vient la Lune, qui est detooi les astres le plus rapproché de la Terre (4). Elle occupe, dit-on , les confins de l'air et'de l'éliier; c*cst pourquoi elle parait comme un corps opaque, et son hémisphère éclairé emprunte sa lumière an Soleil. Elle fait sa révolution en viigtsept jours et demi. Tous ces astres errante oe parcourent pas indifféremment toutes les parties du del; ils se tiennent tous dans le zodiaque, el c'est Fà qu'ils décrivent leurs orbites. »

Cet exposé textuel, qui résume très-netteraest les notions des anciens sur le mouvement des autres prouve, contrairement à ce qu'on a dit, que Cléomède ne méritait pas précisément le reprôcbe de compilateur inintelligent

Les autres chapitres (4, 5, 6 du livre 1^), <]■ traitent du zodiaque, de l'édiptique, de TiD^alilé des jours et des nuits, sont écrits avec la miD^ cladé, à l'exception de quelques passages, mO" tiiës probablement par des copistes ignorants» L'auteur s'attache ensuite à démontrer que b Terre, quelque grande qu'elle nous parabsede près, n'est qu'un point comptrativcnient à la

(I) Cléomède ne paraît |»aa avoir « particulier qui détermine la précession des équiaoje»'

(2) Ta ôè TcXavciaeva àfirpLov piàv el xai ««<«• ecriv, litxà 6à \mo TTiv fi (isxépav fviSaiv éXij^wÔP'; lib. I, s. Ces paroles sont remarquables, parce que. «J* tralrcmenc à l'habitude des saTa.a*. elles laltfenllMjf latitude aux recherches uliérleures, qui, comme on ■■• ont consldéraJDlemonl auxnienté le nomlire des j/US^*^

(3) C'est-à-dire le temps qu'il lai faut pour P****"* tous les signes duzodiaqae, et revenir à son point (lede-

(4) On volt que le SoIeU et la Lane étalent eomprisa" le nombre des sept planètes.

805 CLÊOMÊDE

gramlenr do monde. « Si^ajoute-t-O, nous étions placés dans le Soleil, la Terre ne nous serait peutêtre pas Tisible, à cause de sa petitesse , ou elle nous paraîtrait comme une très-petite étoile ( 6; &9Tépo; ToO ppax^^*^^^ "^^ liiyeftoc ÏXOXKra). » Puis ( lib. n , cap. i ) il soutient , contre l'opinion des Épicuriens , qne le Soleil est beaucoup plus grand qu'il ne nous parait à la simple vue. h est étonnant qu'avec de pareilles idées, déjà émises par Hipparque (qui considérait te Soleil oomme quinze cents fois plus grand que la Terre), on ait laissé le système de Ptolémée s'établir, et qu'on n'ait pas songé plus tât à Taire tourner la Terre autour du Soleil.

Mais le passage le plus remarquable est relatif à la réfraction de la lumière. Cléomède parle le pronier de ce phénomène , si important en astronomie'; et comme Ptolémée ne le connaissait pas, Cléomède ne pouvait pas être antérieur à Ptolémée (1). Voici comment il s'exprime au sujet de la réfraction : « Le disque du Soleil parait plus grand à son lever et à son coucher qu'à midi , parce que dans les premiers cas nous le Toyons à travers un air plus dense et plus humide. Le rayon qui à midi nous arrive à l'œil ne se brise pas , tandis que le rayon du soleil h l'horizon se brise* en traversant l'air. C'est ainsi que des objets vus sons l'eau nous paraissent tout différents de ce qu'ils sont réellement. Il y a des grandeurs ou des distances apparentes fournies par des cônes de rayons réfractés , et qu'il faut distinguer des grandeurs ou distances Vraies. La vue humaine a donc des bornes qu'il faut prendre en considération. »

En parlant des étoiles fixes, l'auteur dit que probablement elles sont aussi grandes et quelques-unes même plus grandes que le Soleil, et que si le Soleil était plus éloigné de nous , il aurait l'aspect d'une étoile fixe. « Quant h la Lune, elle est aussi , ajoute-t-il , plus grande qu'elle ne parait : elle opère dans l'air de grands

nière aussi sin>ple que vraie. H est à regretter que Cléomède n'ait rien dit des astres chevelus ou comèteâ , sur lesquels les anciens paraissent avoir eu des idées fort inexactes (1).

D'après cette analyse, qui touche aux grandes découvertes de l'astronomie, on n'admettra guère le jugement de Delambre, auquel a souscrit Letronne, savoir que « l'ouvrage de Cléomède est un traité élémentaire composé par un ignorant pour le commun des lecteurs (2). »

Parmi les autorités que cite Cléomède, se trouve en première ligne Posidonius, contemporain de Cicéron, et. dont il a extrait, comme il l'avoue lui-même, beaucoup de passages (3). Partisan de l'école de Zenon , il cite aussi Hipparque et Ératosthène, pour les opposer à la secte d'Épicure, qu'il combat vigoureusement.

La KvxXix^ Oecopia {undaptat parut d'abonl en latin, Venise, 1498, in-fol. (rare), dans un recueil d'ouvrages astronomiques, traduits par G. Valle. On mentionne des éditions grecques de Bâle, 1533, in-S**, de Paris, 1539, in-4" (par Conrad Neoba), de Bàle, I5'i7, et'd'Anvers, 1653 et 1554. L'édition de Robert Balfour, Bordeaux, 1605, in-4°, fut la meilleure jusqu'à l'apparition de celle de J. Bake, dont le texte grec est accompagné d'une nouvelle traduction latine, avec des notes et des commentaires de Balfour ; Leyde, 1820, in-8**. Le texte grec a été soigneusement rev-u par l'éditeur, h qui M. Boissonade avait fait passer quelques bonnes variantes, tirées du manuscrit n" 2403 (treizième siècle) delà Bibliothèque impériale de Paris.

On a attribué à Cléomède, entre autres, un traité S'Mr la sphère. Los mss. grecs n»* 2180 et '24 19 de la Bibliothèque impériale donnent en effet sous le nom de Cléomède un traité de Sphxra (K).£iw|X£t8ou; MTÔnjaiç èv toTç açaipiy.oîç Tôv oOpotvwv) ; mais je me suis assuré que c'est tout simplement le second livre <lc sa Théorie circulaire (commençant par ces mots : 'Ktti-

changeinents , et tient sous sa dépendance beau- j xowpo; xal ol koXXoItcSv àrô rîj; dtipéaea);, etc. ), coup de choses qui se trouvent à la surface ' auquel on a donné ce titre spécial , qui a causé de la terre; c'est elle notamment qui est la cause du flux et reflux de la mer (2). » La Lune tourne autour de son axe en même temfis qu elle accomplit sa révolution autour de la terre. Elle ne nous montre qu'une de ses faces éclairée, et toujours la même. Sa lumière ne vient pas tout entière du Soleil : c'est un mélange de rayons solaires et de lumière propre. Enfln, les éclipses de Lune et de Soleil sont expU(]uée8 d'une ma-

(1) l.etronne fait, il nt Tral, renarqaer qaUI est qnfs« Uon de la rérracUua dans l'Opti^iM , ouTra;<e attribué A Ptolémée. Mais cet ouvrage, dont la pabUcatlon Kcrall on ■erviee à rratf re i l'histoire des tdences, paraît être d'un aotear pina récent.

(S) Voici le texte même de ce passage rcnarquable,

Îuc J'ai cru devoir rendre aussi fldétement qiio pu^lble : 'i^; <TeXi^; juyàXa; £v tô àépi TpoTcà; épyaîîoiji- VTTK, /«l KoXXà Tôv iid Y>i; ffvtiitawvvTa éxo^^^K» &XXà xal TbW nepl Tàv «oxeotvôv à{tnilkf «yv xat XiQfLiiupîowv iuTfSç àiTioc Yivofiévr,; ; iib. II, cap. s.

toute la méprise. F. f f .

Delambre, Histoire ds l'astronomie ancienne, t. I, c. 11. — Riccioil, Mmagest. not?., vol. 1, p. xxxii et S07. — Weidler, Hist. Mtronom., p. I3t. — Fabrlcius,

(1) Los astronomes modernes n'ont eux-mêmes que den Idées fort Incomptt^tes sur tes comètes, qui (c'est une hjpothése que J'établis ) ne «ont petit- être que des p/iinétes à l'etmt naissant : le noyau incandescent serait la masse compacte, ignée du globe , et la portion chevelue l'atmosphère de vapeurs transparentes non encore condensées. 1^ force élastique de ces vapeurs, venant à s'a- Joater aux loi<( ordinaires de la c^MvIlation, ferait aînsl décrire a l'astre une ellipse plus nu moins allongée, et à mesure que ces vapeurs se conden.^craicnt par la dimina- Uon pradnelle de l'Ineandescenee du nojan, l'astre entrait par écrire une orbite de plu5 rn plus semblable à celle des planètes. Toutes nos pinnéles auraient donc ote grifinairement des eomètcs. Voilâ mon hypothèse, qne Je Uvre à la discussion des astronomes. ( F. II.)

(1) Hist, de Fastronomiê ancitnne, t. 1.

(S) Ta icoXXà 8àTÛv étpriiJiévcDv, éx twv Tovi TTooetStûviou ëtXf}TCTQCt, in>. Il; cap. 7. Cette phrase termine tout l'oo? rage.

Bibl. çrma, L IV, p. 41. — Yotalm, de Nat. art., p. 117. — LetroDoe, Journal des savanis, anoée I8li.

GLtoM&ifB 1 (KXeo(A^(), fils ' d'Anaiandride et seizième rui Spartiate de la Camille des Agides, succéda à son père, vers 519 avant J.-C, et mourut yen 490. Au commencement de son règne il ne manqua ni d'habileté ni de prudence. Maeandrius, qui, après la mortdePolycrate, avait eu quelque temps la souveraineté de Samos, et qui en avait été chassé par les Perses, se rendit à Sparte, et essaya de gagner Cléomène à sa cause par de riches présents; mais il n'obtint que des refus, et reçut Tordre de quitter le territoire lacédémunien. En 510 Cléomène alla soutenir Athènes contre les Pisistratides; mais il ne resta pas impartial entre les factions qui déchiraient la démocratie naissante : il se prononça pour le parti aristocratique, commandé par Isagoras , exigea rexpulsion de Clisthène et de sept cents familles impliquées dans le meurfa^ de Cylon , et substitua au conseil des cmq cents un nouveau conseil de trois cents membres, tous amis disagoras. Cléomène n'avait pas des forces assez considérables pour faire prévaloir ces résolutions violentes; il fut bientôt assiégé dans la citadelle, et forcé de s'enfuir à Sparte. H se hâta de lever des troupes, et envahit l'Attique ; mais à Eleusis, sur le point d'en venir aux mains avec les Athéniens, il fut abanilonné par les Corinthiens et par son collègue Démarate, et dut renoncer à ses projets de vengeance. Pendant son séjour dans la citadelle, il avait pénétré dans le sanctuaire de la déesse , malgré la loi qui en interdi- ' sait rentrée aux Doriens. Hérodote attribue à cette profanation religieuse le mauvais succès de rex|)édition iacédémonienne. En 500 Sparte fut visitée par Aristagoras, prince de Milet, qui vc^ nait deiûaoderdcs secours pour les Ioniens révoltés. Cléomène suivit-d'abord avec complaisance, sur la carte géographique apportée par le prince de Milet, les conquêtes magnifiques que les Spartiates pouvaient faire en Asie; mais, apprenant que ces conquêtes étaient placées à plusieurs mois de distance de Sparte, il voulut rompre aussitôt la négociation. Aristagoras eut alors recours à l'argent, offrit d'abord dix talents, puis vingt, puis cinquante. A ces derniers mots, la jeune fille de Cléomène, Gorgo, qui jusque là avait écouté silencieuse l'entretien de l'étranger et de son père, s'écria, en s'adressant à celui-d : « Va-t'en, il te corromprait. » Cléomène suivit le con.seil de sa fille, qui plus tard épousa Léonidas..£n 491 les héraults de Darius vinrent demander aux Grecs la terre et l'eau. Cléomène, sur la dénonciation des Athéniens , se chargea de punir les Éginètes, qui s'étaient soumis aux Perses. Démarate, poussant secrètement les Éginètes à la résistance, prépara la ruine de son collègue; mais celui-ci accourut, et fit déposer Démarate. H ne jouit pas longtemps de son triomphe. Accusé d'avoir gagné la Pythie , et obtenu d'eQe des oracles contre Démarate, Il se retira

CLÉOMÈNE 808

d'aborden lîiessalle, pais en Arcadie, M rappeU à cause de la terreur qu1l* inspirait, et toiiiba, peu après son retour, dans une folie fàriedse. Ses oarents le firent enfermer et enchatoer ; maisil la fit donner un couteau par lliilote qui le t^àat^ et se tua.

Sa folie et sa mort forent attribuées parla uns à ses habitudes dlrrognerie, ptr les antm aux sacrilèges qn*il avait commis à Delphes, à Eleusis et à Aigos. Ce dernier acte s'était accompli avec les circonstances les plus odlesses. Cléomène venait de remporter mie grasde victoire sur les Argiens; cinq mille viinais se réAn gièrent dans un bois voishi oonsacré à Aipi^ fils de Niobé. Le roi de Sparte y fit mettre k feu par les hilotes ; et le bois sacré fol fardié avec les cinq mille Aigiens qui imploraient ci vain la démence du vainqueur.

Hérodote, 111, 149; V. il,u. ik, 7S ; vi, u,* V|l. n,Tk - MOUer, Dor. - CttntoD, Fasti kêlleniei.

GLÉOM&ifE II, fils de Cléumbrole I et vâgtdnquième roi de la famille des Agides, répz depuis 370 avant J.-C. jusqu'en 309. Il soccéds à son frère Agésipolis II, et occupa le trône pendant soixante ans et dix mois, sans acoompir aucune action mémorable. Il eut deax fils, Acrotatns et Cléonyme.

Dlodore XX, tt. — PluUrqoe, jtçit. — is:lll.6.

CLÉOMftNB III, fils de Léonidas H il trente-unième roi de la flunille des Agides, r^ gna de 236 à 223 avant J.-C. Après la mort d'Agis IV, en 240, Léonidas fit épouser Agiafis^ veuve de ce prince, à Cléomène, pour rémrir sor la tète de celui-d les droits des deux familles royales. Agiatis avait cédé à la oontrainte m épousant le fils de Léonidas; mate elle ne larda pas à s'attacher à son mari , et lui inspira b noble ambition de reprendre les réformes finement tentées par Agis. Cléomène était, as rapport de Plntarque, un prince d*un grand caractère, aussi simple qu'Agis dans la vie privée, mais bien plus énergique, bien moins scmpuleai sur r^nploi des moyens. Les leçons de sa mèn Cratesideia et celles du philosophe stoicis Sphaerus de Borysthènes fortifièrent encore sà fermeté naturdle, et la mort de son père Léo» das, en 236, lui permit de tenter la réfornic de Sparte, mais par des moyens plus praticables que ceux d'Agis. N'essayant pas, comme odni-o, de s'appuyer contre les épbores sur on parti populaire, dont les éléments n'existaieat pas à L>cédémone; il lyouma à une autre époqat ses projets de réforme intérieure , et résolut de readre d'abord à Sparte son andenne ivoire et deb replacer à la tète de la Grèce. La poGtiqne di nouveau roi fot donc toute guerrière, et ses enemis nafurds forent les Achéens. Lydiadas, tyna do Mégalopolis, devinant les dangers qoe eeai-d avaient à craindre de la part de CléomèM, kl pressa vainement de Tatt^er les premiers. la confiance aveogle d*Aratns l'emporta sur kf

soupçons de Lydiadas, et laligœ achéenne donna an roi de Sparte tout le temps de se préparer à la guerre. Cléomène commença par se saisir, sans aucun motif légitime, des villes arcadiennes de Tégée, Mantioée et Orcbomène, qui venaient de s*unir aux Étoiiens. Ceux-ci, ménageant dans Cléomène un adversaire de la ligue achéenne, lui abandonnèrent les villes dont il venait de s*emparer, et il s*assnra ainsi une excdlente base pour ses opérations militaires. Aratus, nommé stratège des Achéens, se tint prêta repousser une agression désormais inévitable. Au commencement de Tannée 227 , Cléomène s'empara de la petite ville de Belbina , placée sur la route de Sparte à Mégalopolis. Sans se plaindre de cette occupation arbitraire, Aratus essaya de surprendre à son tour Tégée et Orchomène ; mais il échoua, et dut se contenter de Caphyes , près d'Orchomène. Ces surprises de villes constituaient une véritable guerre ; mais elle ne fut déclarée €|ue lorsque Aristomaque eut remplacé Aratus en qualité de stratège, au mois de mai 227. Aristomaque, à la tète de 20,000 fantassins et 1,000 cavaliers, rencontra près de Palantrara Cléomène, qui n'avait que 5,000 hommes ; mais les Acbéens n'avaient jamais été de bons soldats, et Aratus conseilla sagement au stratège de ne pas tenter le sort des armes. Mai lui-même, redevenu stratège au mois de mai 226, hasarda la bataille au pied du mont Lycée, sur le territoire de Mégalopolis, et essuya une défaite complète. Aratas, qui dans* la bataille n'avait montré ni de grands talents militaires ni beaucoup de courage, rallia une partie de l'armée vaincue, enleva la ville de Mantinée, et l'attacha à la cause des Achéeos en donnant aux métèques (étrangers domiciliés ) le droit de cité.

Cléomène avait réalisé la première partie de son plan, et, fort de sa victoire, il put songer aux réformes intérieures. Ses actes sont différemment représentés par Plutarque, qui suit l'opinion de Phylarque, panégyriste de Cléomène, et par Polybe et Pausanias, qui écrivent d'après Aratus et d'antres auteurs acbéens. Nous suivrons de préférence le récit de Plutarque. Après la mort d'Agis, son fils Eurydamidas resta entre les mains d'Agiatis, et son frère Archidamus s'enfuit en Messénie. Eurydamidas périt par le poison, et Archidamus, rappelé à Sparte, fut assassiné presque aussitôt après son retour. Bien que Cléomène ait été accusé de ces deux crimes par le parti achéen, il est bien plus vraisemblable de les attribuer aux éphores. Si Cléomène ne fit rien pour venger immédiatement la mort de ses parents, c'est qne l'heure d'attaquer l'oligarchie Spartiate n'était pas encore venue ; et il aimait mieux s'exposer à des soupçons ii^urieux que compromettre par une tentative prématurée ses futurs projets. Il fit même tout ce qu'il put pour gagner les éphores , et alla jusqu'à donner sa mère en mariage à on des chefs du parti oligarchique. Au prix de cette apparente spuroissioo,

CLÉOMËNE 810

il lui fut permis de oontfnner la gnerre. Il s'empara de Leuctres , et gagna sous les muni de cette ville une bataille décisive contre Aratus. Lydiadas y périt , et les Acbéens, découragés , ne tentèrent plus rien pour le moment contre les Lacédémoniens. Cléomène put réaliser la révolution qu'il projetait depuis longtemps. Après s'être assuré de l'appui de son beau-p^, M^tonus, il enrôla dans l'armée les principaux chefs du parti oligarchique, et les emmena avec lui dans une nouvelle expédition ; puis, laissant son armée dans l'Arcadie , il mardia soudainement sur Sparte à la tête d'une troupe de mercenaires , surprit les éphores à table, et les tua tous, à l'exception d'AgésUas, qui se sauva dans le temple de la Peur. Après avoir frappé ce coup décisif, Géomène, soutenu par ses mercenaires et par les restes du parti d'Agis, ne trouva pas de résistance. 11 étendit le pouvoir des rois, abolit celui des éphores, rétablit la coDununautédes biens, fit une nouvelle division des propriétés, et augmenta le nombre des citoyens en rappelant les bannis et en donnant le droit de dté à beaucoup de Laconiens qui ne le possédaient pas encore. 11 restaura enfin sur loua les pomts le système social et la discipline militaire des anciens Spartiates. Dans toutes ces réformes, il fut assisté par le philosophe Sphœrus. La famille des Prochdes se trouvant éteinte, Cléomène, qui aurait pu garder le pouvoir pour lui seul, associa à la royauté son frère Euclide , donnant ainsi un exemple de l'ancienne vertu lacédémonienne.

C'est à cei moment (en 225) que commença entre le roi réformateur et les Acbéens, au sujet delà suprématie de la Grèce, une guerre qui se termina au printemps de 222, par la bataille de SeUasie. Dans cette lutte de trois ans, Cléomène conmût quelques fautes; mais n'en eût-il commis aucune , il n'aurait pas pu résister aux forces réunies de la Macédoine et de la ligue achéenne. Aratus ( iH>y. ce nom) eut le- grand tort de sacrifier à une vaine jalousie la liberté de la Grèce, et s'il parvint à perdre son rival, il prépara la ruine de Corinthe et des Acbéens.

Après la défaite de Seliasie, Cléomène ne fit que traverser Sparte, conseilla aux citoyens de se soumettre à Antigone, roi de Macédoine, et se retira auprès de Ptolémée Évergète, auquel il avait déjà confié comme otages sa mère et ses enfants. Tout son espoir de recouvrer son royaume fût détruit par la mort de Ptolémée Évergète. Traité avec mépris par Ptolémée PhUopator, emprisonné par le ministre Sosibhis, Cléomène s'échappa avec quelques amis, et essaya de soulever le peuple d'Alexandrie contre Ptolémée; voyant qu'il n'y réussissait pas, il se tua, 220 avant J.-C. Avec Cléomène finit la famille des Agides; ce prince fut le dernier grand homme de Sparte, et si on excepte Philopœmen , de toute la Grèce.

riiitarque, CUeméne, Aratu*. - Polybe, II, V. - PaotanUt, III, e. — Drojieo. CticMchU der HeUenmiy fol. II. - Mamo, Sparia, Ul.

fltl CLÉOMENE — CLÉON

CLéoMÈNE, Grec de Naacratis en Egypte, mis à mort yerg 323 a?aiit J.-C. Il fat nommé par Alexandre le Grand nomarque des districts arabes de TÉgypte et rccefeur des impMs de tous les districts de cette contrée; mais il ne fut pas, comme on Ta cru quelquefois, satrape d'Égypie, car les autres nomarques de ce pays re^ tarent indépendants de son autorité. 11 remplit arec la plus odieuse rapacité sa charge de receveur général. Pendant une disette qui désolait les contrées voisines de TÉgypte, il imposa sur les blés de ce pays un droit d'exportation considérable. Dans une autre cii constance , il éleva de sa propre autorité le prix du blé de dix drachmes à trente-deux. Il ordonna aux habitants de Ganope de venir s'établir à i Alexandrie, reçut ' d'eux une sommeénorme pour révoquer cet ordre, | et cependant le fit exécuter quelque temps après. ; Il mit aussi un hnpôt sur la superstition des Egyp- ; tiens, en ordonnantvde tuer tous les crocodiles, '. et en forçant les prêtres de racheter la vie de | Imrs animaux sacrés au prix d'une rançon con- j sidérable. Alexandre, qui pendant longtemps , avait semblé ne pas s'apercevoir des exactions de son nomarque , finit par lui promettre son ' panlon s'il faisait élever un magnifique monument à Héphaestion. i

Dans le partage de l'empire d'Alexandre, Cléomène fut laissé en Egypte avec le titre d'hy- j parque, et sous le commandement de Ptolémée.

Celui-ci le fît mettre à mort, comme partisan de i Perdiccas. Ce n'était là qu'un prétexte; en réalité Ptolémée voulait s'emparer des 8,000 talents ' que possédait Cléomène. •

Arrien, Ânabasis, III, s : VII, M. - QaUKe-Coree, IV, | ^ I 5. — Droyien, Gcschichte Alex.

CLÉOMÈNB, sculpteur athénien, vivait vers ; 2î?0 avant J.-C! Pline le cite comme l'auteur du ' groupe dos Th«»8piade8 ou Muses de Thespies , plaré par Asinius Poilion dans un de ses |)alais fie Rome, peut-être dans sa lûbliothcque du mont i*alatin. Cléomène, qui ne semble pas avoir joui <rune grande célébrité chez les anciens, nous \ intJTosse surtout aujourd'hui 'parce que son nom 80 trouve gravé sur un des plus précieux rentes . de l'antiquité , la Vénus de Mé<licis. Sur la base I de c(>tte admirable statue on lit l'inscription sui- i vante :

KAEOMENHS AnOAAOAÛPOT

AeHNAlOS EnOIUSEN. |

{Ouvrage de Cléomène, fils d'Apollodore,

Athénien. ) '

C'est à tort que plusieurs critiques modernes

ont regardé cette inscription comme une impos- \

ture, et réclamé pour Phidias, Praxitèle ou Sco- j

pas, la glon% d'avoir sculpté la Vénus de Médiris. I Visconti a fort bien démontré que l'inscription

citée plus haut était authentique. D'ailleurs, quel !

que soit le mérite de cette statue, beaucoup trop >

vantée par Wmckebnann, il est bien évident '

qu'elle n'appartient pas au siècle de Périclès. Le •

groupe des Muses Alt apporté de Hiecpiet è Rune après la destruction de Corinthe, eo 146 avaot J.-C. La Vénus de Médids est une Imitatiao éffr dente de la Vénus de Gnide, cbef-d'œnvif de Praxitèle, décrit par Lucien; et seloD U coiyeoture probable de Miiller, Cléomène essaya de faire revivre à Athènes le style de ee grand artiste. C'est donc entre 363, époque où florisoit Praxitèle, et 146 , date de la prise de Corinttie, qu'il faut placer la vie de Cléomène. Biais flot possible d'arriver à une date plus p^redse.

n existe au Musée du Louvre une fort bdie statue, i^ipelée Germanicus, sans aucune raisoa valable. Elle représente un orateur romain, h main droite levée et avec les attributs de Mercnre. Sur Técaille de la tortue placée anx pieds delà statue, on lit:

KAB0MENH2:

KAEOMENOn

AeHNAiOS E

HOlHîEIf.

( Ouvrage de Cléomène, fiis de Cléomène, Athénien.)

Ce Cléomène n'est pas le même qœ le précédent , mais il doit être son fils. La professioB d'artiste en effet se transmettait héréditairement. Un sculpteur athénien n'aurait pas fait la statoe d'un Romain , surtout avec les attributs d*aiie divinité, avant l'établissement de la puissance romaine en Grèce, à la suite de la guerre de Macédoine, et le second Cléomène est certainement postérieur à la bataille de Cynoscéphales, 200 avant J.-C. Nous pouvons donc placer vers 220 le premier Cléomène , l'auteur de la Vénos de Médicis.

On trouve à Florence un bas relief représoh tant l'histoire d'Alceste, avec cette inscription : KAEOMENHI EnOIEI. Mais U est impos.^ble de décider si cet ouvrage appartient an père, an fils, ou à un autre artiste du méme^nom dté par Raoul -Rochettc (Monuments inédits. Orestéi(fe, pi. XXV, p. 130). Quatre statues duMosée de Wilton-House portent ausfi le nom de Cléomène;; mais l'authenticité de ces inscriptions est fort douteuse. L. J.

ViscoDU, OEuvret divenes, toL III, p. l].~Tliienck» Epoehen, — Smith, DictUmary of greek and nirii biography.

CLÉoii (KXIcov), célèbre orateur et homme d'État athénien, mort en 422 avant J.-C. Loi:Bque Cléon prit la direction des affaires publiques, Athè> nés était depuis longtemps une démocratie. Les institutions de Clisthène,dé veloppées par Péridès, avaient facilité à tous les Athéniens l'accès da pouvoir; mais le peuple n'avait point usé do droit que les lois lui conféraient. Loin de choisir ses chefs dans son propre sein, il avait toujours l>orié ses suffrages sur des orataurs ou des généraux appartenant aux vieilles familles de l'At* tique. Cléon fut le premier homme du peuple qui arriva au pouvoir. De là sonlmportanotÛ^

6t8 CLËON

toriqne, âe là aussi la haine et le mépris dont Taccablèrent les défenseurs des vieilles roœors et des institutions antiques. Il ne faudrait pas cependant prendre à la lettre les plaisanteries d*Aristopliane , et voir un ouvrier dans lliomme d*£tat que le poète désigne sous le nom ironique de Paphla^îonien. Cléon, fils de Cléénète, hérita de son père d'un atelier de tannerie , et, tout en s'occupant des affaires publiques, il continua à le filtre exploiter par des esclaves. Il débuta dans U carrière politique en attaquant Périclès, dont les institutions lui plaisaient , mais dont la puissance lui faisait ombrage. N'osant pas s'en prendre directement au grand homme qui depuis trente ans gouvernait Atliènes avec tant de gloire , il l'attaqua dans ses amitiés. 11 accusa Anaxagoras d'avoir dit que le soleil était une masse de matière incandescente ( {Au6pov Stànupov ). Enhardi par le succès de cette première attaque , il fit à Périclès une opposition continuelle, qui troubla les derniers jours de ce grand orateur. Dans une comédie, représentée pendant l'hiver (|ui suivit la première invasion de i'Attique, Hennippc nous montre Périclès mordu par Tanlent Cléon ( 6v)x6eU atOcdvi KXitûMi ). Celuici en vint même , la seconde année de la guerre du Péloponnèse, h une accusation directe, dont l'objet est resté douteux. Accusa-t*il Périclès d'avoir provoqué la guerre eu de ne pas la faire avec asses de vigueur? On l'ignore; on saitseulement que les accusateurs de Périclès ne remjïortèrent qu'une demi-victoire, et furent forcés d'attendre sa mort pour s'emparer du pouvoir. Klle arriva en 428, et à partir de ce moment jusqu'en 42Î on peut regarder Cléon comme le chef de ia démooTntic athénienne. Il se montra l'adversaire déclaré du parti de la paix et le partisan des moyens violents et extrêmes.

Eu 427, la prise de la ville de Mitylène, qui, après s'être révoltée contre Athènes, fut forcée de se rendre à discrétion , lui fournit une occasion de se^ montrer impitoyable. Il proposa et fit passer un décret qui condamnait à mort tous les citoyens mAles et adultes de Mitylène, et réduisait leurs femmes et leurs enfants à une servitude perpétuelle. Une galère fat' aussitôt rxpédiéti pour aller signifier cette cruelle résolution à Pachès , commandant de l'armée qui venait de s'emparer de Mitylène. La nuit amena la réflexion : le peuple, honteux de sa férocité , remit cil délibération le décret proposé par Cléon ; c»lui-ci le défendit avec un implacable acharnement. Bien que le discours que Thucydide prête au démagogue athénien n'ait rien d'authentique, et que l'historien de la guerre du Péloponnèse, ennemi politique de Cléon, le traite avec une rigueur trop partiale , cependant celai-d , s'il ne prononça pas les paroles sanguinaires qu'on lui attribue, eut le tort de proposer un décret atroce, qui heureusement ne fut pas exécuté. Un excellent citoyen , nommé Dioidole, prit le parti de l'hnmMtté, et le fit triomplier. U décret fut

rapporté. Une galère chargée de porter à Pachès la nouvelle décision de l'assemblée partit aussitôt, et arriva au moment où les Mitylâiiens venaient d'entendre leur arrêt de mort.

Dans ce grand débat Cléon avait joué un rôle odieux, et il avait été vaincu. C'était assez pour donner prise aux mordantes railleries des poètes comiques ; il eut encore le malheur de se brouiller avec le plus redoutable de tous. En 426, aux Jhfonisiaques de la ville, en présence des nomlireux alliés que la curiosité attirait à Athènes, Aristophane fit représenter ses Babyloniens. Il attaquait le système d'élection par le tirage au sort, et offrait probablement aux spectateurs une esquisse peu flatteuse de la démocratie athénienne. Cléon n'était pas nommé dans cette comédie, mais son parti y était attaqué, et lui-même pouvait se sentir blessé par quelques allusions. H accusa juridiquement le |X)ëte d'écrire des comédies sans être Athénien , et de discréditer par des plaisanteries injurieuses le gouvernement d'Atiiènes en présence de ses alliés. Mais en même temps qu'il poursoivait l'auteur des Babyloniens , il était lui-même accusé de concussion et forcé de restituer cinq talents (environ 25,000 A*.), quil avait illégalement perçus sur quelques insulaires. Malgré cette condamnation, il ne semble pas avoir d(k:hu dans la considération du peuple, et il reparaît en 425 plus puissant que jamais Les Lacédémoniens, qui assiégeaient Pylos , avaient dû , à la suite d'un grave échec , aliandonner dans l'Ile de Sphactérie quatre cent vingt S|hiriiates })esamnient armés, avec un nombre supérieur d'hilotes ; l'Ue fut bientôt bloquée imrle général athénien Démosthène. A cette nouvelle, le gouvernement Spartiate, s'efTmyant de la position de ses soldats, qui dTassiégeants étaient devenus assiégés , chargea des ambassadeurs d'aller à Athènes conclurela paix àdes conditions honorables pour les deux parties belligérantes. Cléon , craignant que la paix ne diminuât, ne détruisit fieut-être son pouvoir, 'travailla de toutes ses forces à augmenter la présomption des Athéniens. Il demanda qu'avant tout les troui>e6 assiégées dans Sphactérie se rendissent et fussent échangées contre les places de Nisée, Pégé, Trézène et Achéa, perdues en 445. De (mreilles conditions étaient inacceptables. Les négociations furent rompues, et des deux côtés on se prépara au combat. Démosthène resserra le blocus de Sphactérie, mais il n'osa pas tenter une attaque ouverte contre une lie escarpée , couverte do bois, et défendue par ces terribles Spartiates qui passaient pour invincibles. Cependant l'hiver approchait; le t)locus, chaque jour plus difficile, allait devenir impossible. Les Athéniens, se voyant sur le point de perdre les avantages qu'ils avaient espéré retirer de la prise de Sphactérie, commençaient à s'irriter contre celui qui avait fait manquer la paix. Cléon, inquiet pour son crédit, proposa d'envoyer an camo de Démoftfaièiie des commissaires chargés

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