‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus recules jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 99 sur 118 · CLÉOPATRE · texte numérisé non relu

CLÉOPATRE

( priaes les deux frères, et de s'être mariée itre la volonté de sa mère. Grypus, au conire , supplia Tryphène de ne pas le forcer à omettre un crime abominable. Il lui repré« ta qu'aucun de ses ancêtres, durant la longue ie de leurs guerres étrangères ou domestiques, ?ait sévi, après la victoire, contre les femmes, ferrées par leur sexe des périls de la guerre je la cruauté des vainqueurs ; qu'outre le It'des gens, les droits de parenté plaidaient fiiveur de Cléopàtre, qu'elle était la soeur gertne de celle qui la traitait si crieliement, et propre cousine, et la tante maternelle de rs enfanter. A tous ces liens du sang il ajouta sainteté du temple où Cléopàtre s'était igiée, disant qu'il devait d'autant plus respectes dieux, qu'il avait vaincu sous leurs aus- 9S et avec leur appui ; que d'ailleurs la puisce de.Cyzicène ne serait ni affaiblie |)ar la rt'de Cléopàtre ni sauvée par le pardou on lui accorderait. Mais plus il la priait, plus » persistait, avec une opiniâtreté toute féminine, isant que toutes ces paroles n'étaient pas de »itié, mais de l'amour. Elle appela ses soldats, lenr ordonna d'aMer égorger sa sœur. Us enrent dans le temple, et, ne pouvant l'en arra- T, lui coupèrent les mains lorsqu'elle embrast la statue de la déesse. CléopAtre expira en udissant les parricides , et en léguant aux INC outragés la vengeance de sa mort. Bientôt es, Cyzicène, vainqueur dans une seconde aille, prit Trypbène, qui avait versé le sang de (CMir, et l'immola aux m&nes de sa femme. »

utin.XXXIX.

xioPATRB séLÉNÉ, reine d'Egypte, puis Syrie, sa>ur de la précédente, morte vers avant J.-C. Mariée d'abord à son frère Ptoléc f^atliyre, elle resta en Egypte pendant Jl de ve prince. Elle épousa ensuite Antiois XI, Épiphane et, après la mort de celui- Antiociius X, Eusèbe. Assiégée par Tigranc is une ville de Syrie ou de Mésopotamie , elle iba, selon .Strabon , entre les mains <le ce ace, et fut mise à mort. Josepli prétend, au (traire, qu'elle fut sauvée par l'invasion de Lulus en Arménie. Cléopàtre Séléné fut la mère dernier des Séleucides, Antiocbus XIII, sur»

nmé l'Asiatique.

inbon, XVI. " Josèphe. JnUquit.fud.

^LÉOPATRR, dernière reine d'Egypte, née 69 avant J.-C, morte en 30 avant J.-C. Elle lit pour père Ptolémée Aulète, chassé du trône ' Bérénice, sa fille, et rétabli par Gabinius. lète , en mourant , laissa deux autres (filles deux fils, et voulut que Cléopàtre, l'aînée, ;nàt avec l'ainé de ses enfants mâles (61 av. C. ). Un mariage unit ces deux jeunes héritiers \ Lagides; mais Ptolémée Denys (c'était le n du roi ) n'avait que treize ans et sa sœur comptait dix-huit. Ptolémée Deoys était gou- ■né (>ar l'eunuque Photlnet par AchiUas, comindant de tontes les troapet de la monarcliie;

sa sœur haïssait ces deux favoris. Ceux-ci, plus habiles qu'elle, la réduisirent à quitter le royaume en 49. Cléopàtre, fugitive, gagna la Syrie, leva des troupes, et vint les armes à la main redemander sa part du royaume. Les deux armées étaient en présence à Peluse , quand Cédar, vainqueur à Pliarsale, apparut dans Alexandrie, et reçut en don la tète de Pompée. On sait combien il marqua de froideur aux auteurs de cette triste offrande, et comment la guerre civile, commencée en Italie et en Macédoine, fit sa troisième apparition en Egypte. Heureusement César avait Ptolémée en sa puissance, et deux légions à sa disposition. Un soir ApoUodore, intendant de Cléopàtre, entre chez lui et dépose un matelas, qui, dit-il, contient un présent, et tout à coup une femme s'élance de cette prison bizarre et tombe aux pieds du dictateur. C'était Cléopàtre. Le lendemain César déclare au roi, son otage ou son captif, qu'il doit rendre à sa sœur sa part de pouvoir; et à ce prix il le laisse retourner à Alexandrie. Bientôt l'émeute égyptienne reprend une vivacité nouvelle : des combats s'engagent, le roi se noie pendant une affaire qu'il livre sur le Nil ; et, renonçant à une lutte désormais sans objet, l'Egypte reconnaît pour reine Cléopàtre, à qui le plus jeune de ses frères, Ptolémée l'Enfant, est alors donné pour associé et pour mari nominal. Amant déclaré de Cléopàtre, César resta quelque temps en Egypte pour elle; et lorsquUl la quitta, elle était près de lui donner un fils, qui eut le nom de Césarion, et qui périt dans la suite, (l'an 30) par les ordres d'Auguste. La vie du jeune Ptolémée fut moins longue encore : il périt empoisonné à quaton^e ans, âge fixé pour sa m^orité. Arsinoé, sa sœur, qui avait été reine de Syrie, fut massacrée dans le temple d'Éphèse. Unique héritière des Lagides, Cléopàtre rejoignit César à Borne, et resta dans cette ville jusqu'à l'assassinat du dictateur en 44. Ce s^our à Bome, bien qu'il ait été révoqué en doute, parait incontestable, d'après les témoignages de Cicéron, de Dion Cassius et do Suétone. Fidèle aux cendres de César, elle se déclara contre ses meurtriers, refusa le concours de sa flotte k Cassius, et sans doute elle allait avoir la guerre à soutenir contre ce défenseur de la république, quand l'apparition des triumvirs en Macédoine rappela le dernier des Bomains dans le Nord. Mandée ensuite à Tarse par Antoine, vainqueur, pour rendre compte de sa conduite, elle arriva sur un navire dont la décoration était un chef-d'œuvre de luxe et d'élégance, entourée de suivantes dont les poses et le costume rappelaient les syrènes, et avec tous les attributs devenus sortant du sein des eaux (41 av. J.-C). Antoine, qui^dans un premier voyage en Egypte, à la suite de Gabinius, avait reçu une impression inefTaçable à la vue de Cléopàtre, alors âgée de quinze ans, fut ébloui en revoyant cette princesse dans tout l'éclat de sa beauté, et, à l'exem-

CLÉOPATEe

SU

pie de César, Q regutfa Cléopàtre comme le plus bean prix de ses TÎctoires. Son amour fîit presque un délire : il la suirit dans Alexandrie ; il remmena dans sa première expédition contre les Partbes ; il rerint de la seconde sans ravoir sérieusement engagée, pour ne pas rester loin de son amante. La Ph^de, la Syrie inférieure, la Crète, Cypre, la Cyrénaique, la Libye étaient annexées à son empire, et formaient les provinces d'une monarchie orientale, qui eût pu de nouveau balancer la fortune romaine. Césanon était déclaré roi d*Égypte avec sa mère, et promettait au pays des sàostris une 33* dynastie. Ces grandes idées naissaient, croissaient au milieu des parties de plaisir, des fêtes civiles et religieuses, des folles gageures et des banquets dans lesquels la reine se faisait nommer nouvelle Isis. Pline nous a transmis le sou- Tenir d'une de ces folles gageures. CléopAtre paria avec Antoine qu'elle dépenserait dans un seul repas dix millions de sesterces. Antoine Ten défia. Elle détacha alors de ses oreilles deux grosses pertes, se fit apporter une coupe remplie de vinaigre, ou plutôt d'un adde dont la composition nous est inconnue, y fit dissoodn) une de ses perles, et l'avala; die allait en faire autant de la seconde lorsque Plancus, juge du pari, la retint en déclarant Antoine vaincu.

Cette anecdote n'est pas très-vraisemblable; on ne comprend pas comment CléopAtre a pu avaler sans danger un acide assez violent pour dissoudre des perles. Cependant Cléopàtre n'était guère plus fidèle au triumvir que celui-ci ne Tétait à CléopAtre : Marianne lui inspirait de la jalousie et Hérode de l'amour.

Octave, en attendant , laissait Antoine prodiguer les provinces à la reine d'Egypte, résolu de montrer im jour aux Romains dans le triumvir oriental l'ennemi public (l'an 32). Quand il jugea le moment favorable, la guerre éclata. Rome fut pour Octave. CléopAtre , dont l'empire n'était pas moins en question que la puissance d'Antoine, suivit partout son amant, à Éphèse, à Smyme, à Athènes et même au cap d'Actium (l'an 31 ) : 60 vaisseaux formaient sa flotte. Par l'ordre de la reine, cette flotte prit la fuite à un instant où la bataille n'était point encore gagnée pour Auguste. Antoine ne se battit plus qu'à regret, et bientôt, donnant le signal de la retraite, il abandonna l'empire du monde et rejoignit CléopAtre. Il s'attendait à trouver des ressources en Afrique, à traîner la guerre en longueur : la reine ne songeait plus qu'à fuir sur les côtes de la mer Rouge, et à y établir un nouveau royaume. Puis elle fit courir le bruit de sa mort, et s'enferma dans une tour. La fausse nouvelle contribua à déterminer Antoine au suicide. Dès lors rien ne s'opposait plus au triomphe d'Octare. Cléoi>Atre eut une entrevue avec lui : elle essaya le |>ouvoir de ses charmes, mais en vain. Une place parmi les dépouilles et les captifs derrière le char de triomphe du vainqueur semblait être

la perspective de cette rdoie de trcnte-neof sk. Elle résolut de tromper l'attente des Rommi»

avides de ce spectacle. Par ses ordres un pojsi vint lui apporter un aspic caché sous des pècks magnifiques : elle l'approcha de son bras gMick, et mourut bientôt, malgré les psylles et les » mèdes. Personne, il est vrai, ne retrooa le reptile, et le fait peut être contesté. Qw^hi historiens pensent qu'elle s'empoisonna an nwifci d'un puissant narcotique.

CléopAtre passe pour une des feranies 1es|A»

belles qui aient 'existé, bien que les médailles fi nous restent d'elle ne répondent pas à edk idée de beauté. Elle avait beaucoup d*e8pal à de savoir, et parlait, dit^m, dix langpes. Ai milieu des projets ambitieux et des vohiplés, elle ne cessa de cultiver les lettres. La mirifique bibliothèque d'Alexandrie fut angriMiÉfe par ses soins des deux cent roiOe volnma entenus dans la bibliothèque de Perf^nne. Ek eut trois enfants d'Antoine, Alexandre, Oé»pktre et Ptolémée Philadelphe. [Val. Paumt, dans l'i^nc. des, g, du m., avec des addita&j

PIttUrqae, ^ntoiiM. - Dloo CMdna« XLII, »; XUI. r; XLVIII. M; XUX, tt. », M ; L, 4, S.sai,t3;4 «, 8, u. - Saétone. Cmtar^ SI : jtmçuit€, t7. ~ Ctm» BëUum eivUe, III. — HIrthu, BeUum ^ter.. Si. - A^ plen. BelL eiviL, V , S, t. — Tlte-Uve, EpUmme, m- Clcéron, EpM. ad ^tiieuwi, XIV. s. ~ Imt^kt, AtiquU. jud^ XV, 4. — VeUetos Paterculi», ti, H. - Pline, HM, natur., IX. M. - Honcc, CcrwiM. I.R — Properce, Eleg., III, 11.

CLÈopknB, reine de Mauritanie, fille de h précédente et d'Antoine, née en 40 avant L4i. Elle reçut de son père le surnom de SélM (Lune), tandis que son frère jumeau AleunA* recevait le titre de Hëlios ( Soleil ). Après la pâm d'Alexandrie par Octave, CléopAtre, condaieà Rome pour orner le triomphe du vaiDqufnr,M recueillie ainsi que ses deux frères par la t d'Antoine, Octavie, qui les fit élever panoi propres enfants. Elle épousa Juba, roi de ) ritanie; et elle eut de ce prince dieux Ptolémée, qui succéda à son père, et Drarih, mariée à Antonius FeKx, gouverneur de Jodét

Dion CmsslQt, Ll. il. — Platarqne, jtmloime, ST.

CLÉOPATRE, reine d'Arménie, fiBe de li* thridate, vivait vers 75 avant J.-C. Elle éçam Tigrane,roi d'Arménie. Par quelques détais ^ les historiens nous ont conservés sur cette pritcesse nous voyons qu'elle montra beancoop <k courage et d'habileté.

PlaUrqoe, LmcuUum» ». - Appleo, ariOrM., NI. - JusUn. XXXVIII, 3.

* clAopÀtub, femme savante, Tivait vers le premier siècle de l'ère chrétienne. EQe compon un traité sur las Cosmétiques ( Koo|Mf|Tix6v, m Ko<r|&Trnxa). Cet ouvrage, qui fut abrogé psr Criton, est souvent cité par Galien, par AêSas et par Paul d'Égine. Quelques critiqiies ont prétendu, mais sans preuves, que Clé<^tre ( lO»

icdrpa) n'était pas le nom de l'auteur, mais le titre du livre. On attribue à cette Cléc^iAtre, m k la reine dïigypte, un tnûté sur les mabdki

des femmes, dont l*abrégé se trouve dans Cas- ÏMurd Wolf, Volumen Gfnxcwnm; Bàle^

On cite aassi parmi les écrÎTains alchimiques tme Cléopdtre, dont M. Hoefer a cité quelques fragments dans son Histotre de la chimie,

Gallen, de Compas, medieam, sêc loeo» ; dé Pond, •t Ment. - AéUiu, Lib. ntêdie., 141. - Paal d'Églne, de Jte mêd,. III, f. - Hoefer, Hist, dé la chimie, 1 1.

CLÉoraANTB (lOciSçavToO, artiste corinthien, inventeur de la peinture. Il est inutile de chercher à quelle époque vivait ce personnage mythique ; il suffit de rappeler que, d'après une tradition rapportée par Pline, Cléophante eut le premier l'idée d'appliquer sur des dessins une couleur faite avec de la brique pilée, et qu'il suivit Démarate dans sa fuite de Corinthe en Étrurie. Pline, HUt. nat , XXXV. s.

* gléophautb, médecin grec, vivaitau commencement du troisième siècle avant J.-C. H fut le maître d'Antigène. H fonda une doctrine niédicale, dont parlent Galicn et Cœlius Aure- Kanas, mais dont les principes ne sont pas bien connus. tAsdépiade lui emprunta sa manière particulière d'administrer le vin dans les fièvres Intermittentes.

Ccllns âurellannt, de Morb. oeut., IL — Galien, Comment, in Hippœr. Epid., III. -. CeUe. de Medie., III, 14. - Pline. HUtor. nai., XX, il; XXIV, M ; XXVI, g.

«GLéoPBAs OU ALraés (Saint) ; il était frère de saint Joseph et oncle de Jésus-Christ. Il épousa la sœur de la sainte Vierge, appelée aussi Marie; il devint ainsi doublement oncle de Jésus-Christ et doublement beau-frère de la Vierge. On lui donne pour fils saint Siméon, deuxième évéque de Jérusalem, saint Jacques le Mineur, apôtre, saint Jude, et José ou Joseph. Cléophas Alt un des disciples assidus de Jésus-Christ, et Ait honoré de sa présence après la résurrection. (Jléophas était alors en compagnie d'un autre personnage du bourg d'Emmaûs. Les Grecs célèbrent la fête de saint Cléophas le 30 octobre, et les Latins le 25 septembre.

saint Luc, Épang.,ch,u. - Butèbe, //éjl.. Ub. III. - Tll- Icmont, Mémoires eccL, I, art t.-BaUIet, Fie$ des sainU.

CLÉOPHILB. Voy. OCTAVIO.

CLÉOPHON (KXeoçâv), démagogue athénien, niort en 405 avant J.-C. Selon Aristophane, il était de condition obscure et Thrace d'origine. La bassesse de sa naissance est mentionnée par Élien , et c'est un des points sur lesquels il ftat attaqué par Platon le Comique, dans une comédie intitulée Cléophon. n se montra violent ennemi de l'oligarchie, et soutint contre Critias , un des chefs de ce parti, une lutte dont fl est parié dans Aristote. Comme les autres chefs de la démocratie, il s'attacha en toute circonstance à repousser les propositions de paix des Spartiates. On site trois occasions décisives dans lesquelles il fit voter, contre l'faitérèt d'Athènes, la continuation de la guerre : d'abord en 410, après la bataille de Cyzique, quand des conditions très-favorables forent offertes aux Athéniens; puis en 406, après la bataille des Aigi-

CLËOFATRE — CLËOPHON

nuses; enfin , dans l'année suivante , après la bataille d'i£gos-Potamos. Non content de combattre les propositionsde Tennemi, qui demandait la démolition partielle des longs remparts, il provoqua la condanmation à mort de quelques partisans de la paix. La vivacité avec laquelle il défendit' les opinions populaires l'exposa aux railleries d'Aristophane et aux allusions d'Euripide. Ce dernier songeait, dit-on, au démagogue athénien en écrivant les vers qui commençât ainsi : a Après cela se lève un homme dont la langue est sans frein. » Pendant le siège d'Athènes par Lysandre, en 405, le conseil des cinq cents, dont la majorité était dévouée au parti oligarchique, fut dénoncé par Cléophon comme une assemblée de conspirateurs et de traîtres. Irrités de cette agression, les dnq cents, sur la proposi tion de Satyrus, firent emprisonner le dénonciateur, et le livrèrent à la justice comme prévenu d'avoir négligé son service militaire. Cette accusation n'était qu'un prétexte. Devant un tribunal régulier, nul doute que Cléophon n'eût été acquitté ; aussi un certain Nicomaquc, chargé de rassembler les lois de Solon, fut suborné par les ennemis du démagogue, et fabriqua une loi de circonstance qui autorisait le conseil à juger le prévenu. Cette loi fot produite le jour même du jugement, et Cléophon, condamné à mort, fot exécuté sur-le-champ. Cette sentence inique souleva une vive opposition parmi le peuple ; une émeute s'en suivit, et à la faveur du tumulte, quatre complices de Cléophon prirent la fuite et échappèrent à la peine capitale. Telle fut la fin, peut-être méritée, mais certainement illéj^le, du démagogue qui avait succédé à Cléon dans l'art d'émouvoir et de dominer la foule athénienne. Si nous en CToyoDS Aiistopliaue, il fut aussi dâMuché dans la vie privée que Lrouillon dans la vie publique. Isocrate le place avec Ilyperbolus en contraste avec les honnêtes gens dn lion vieux temps; et l'orateur Andodde met an nombre de ses malheura que sa maison ait été quelque temps habitée par Cléophon le faisteur de lyres. On voit par ce dernier trait que Cléophon fabriquait ou faisait fabriquer des instruments de musique, comme Cléon avait une manufacture de cuira. Malgré les injures des poètes comiques, on ne peut ranger Cléophon parmi res démagogues qui voyaient dans la politique une occasion de s'enrichir et faisaient trafic de leur éloquence, puisque, après avoir dirigé pendant plusieura années les afbires publiques, Ji mourut pauvre. L. J.

ÉlIen, Fari» kistorim, XII, 4S. - Arlatopbane et m» uoltotte. Ranes, 677 : Tkesmopk,, SM. - DIodore. XIIL - BicbUie, de Faisa légat, - Ljsia», contra Meom.,conira jiifor.; de Arist. bon. — Iiocrate. de Pace. - Andocide. de Mj/st. - Enrtplde, OresUs, ver» 8M. - Uelneke, HisU crtt. corn, grme,

* CLÉOPHON, poète tragique atliénien, d'une époque incertaine. Il est dté par Aristote, et Suidas donne les titres de dix de ses pièces.

Snldaa, an not Cléoplkm, — ArMote, Poit,, t, si.

CLÉOSTRATE — CLERC

CLEOBTRATB(KXcé^ottoc), astronome de Teiiedos, vivait dans le ciiiqiiièine siècle (avant J.-C. ). Censorinua le regarde comme l'inventeur réel <Ie VoctaeterU , ou cycle de huit ans , usité avant le cycle de Méton , et qu'on attribuait généralement à Eudoxe. Théophraste le cite comme observateur météorologique à côté de Matricetasde Methymne et Phaopnus d'Athènes.

D'après le même écrivain, Méton fut l'élève de Pliaomus. Si Oléostrate était, comme on le croit, contemporain de ce dernier, il devait vivre avant la quatre-vingt-septième olympiade ( 47.8 avant J.-C. ). Au rapport de Pline, Anaximandre découvrit l'obliquité de l'écliptique dans la cinquantehuitième olympiade (544 avant J.-C.)? et Cléostratc divisa plus tard le 7xKiiaque en signes , à commencer par le Bélier et le Sagittaire. Hygin dit que Cléostrate dési^^a le premier dans la constellati(m du Chariot ( Attriga ) Les deux étoiles appelées les Chevreaux ( Hœdi ).

Censorinus, de Die naU, 18. — Théophraste , de Sign. pluv. - Pline, HUt. nai., II, 8. - Hygln, Pœt. astr., Il, 13.— Idelcr, Technitche Chronologie t toI.I.— Schanbach, Getch. d. Gr. Mtron. — le P. Petau , Vranolop.; Ductrina temp., II, s.— Fabrlctu*, Bibl. çrac, vol. 11.

* CLéitxÈN R ( KXeôltvo;), ingénieur grec, d'une époque incertaine. Il inventa avec Démoclite un système de télégraphie. Polybc, qui perfectionna ce procédé, en a fait une minutieuse et intéressante <lescription.

l'ulybe , X, 45-47. • Soldas, aux moU KXeoÇevo; xai Ar,{iôxX£iTO(.

cLÉPHis ou RLEPH, loi des Lombards, régna de 673 À 57 i. ApWsla mort d'Alboin, qui ne laissait |)as d'enfant mule , les seigneurs loinhards élurent Clépliis pour lui succéder. Il était l'un des plus nobles (le la nation, chrétien, mais mal aflénui dans ses convictions, aussi brave qu'Alboïn , mais avare et sanguinaire. Il traita cruclleineot les Itilifas vaincus , cliassa les nobles .le la race romaine, se lit haïr, et fut assassiné par un (le SOS domestiques , api*ès dix-huit mois de règne. Ce prince avait ajoute de nouvelles conquêtes à celles de son pwdoccsseur. Il resserra de plus (irès Ravenne, par la prise de Rimini , et il fit b;\Ur le chAteau d'Imola, qui ensuite donna son nom à la ville qu'on éleva dans les environs.

l'aul Diacrr, II. - Baronlus, Annales, ann. 571-78. — l.eo et Botta, Histoire de l'Italie, traduite par M. Dochcz.

CL^.RAMBAITLT OU CLAIREMBAUT ( JxniU'

jy'tcoias), musicien compositeur, naquit à Paris, le 19 décembre 1676 , et mourut dans la même ville, le 26 octobre 1749. 11 était élève de Raison, organiste de l'abliaye de Sainte-Geneviève et des Jacobins de la rue Saint-Jacques , et lui succéda dans cette dernière place ; il devint ensuite organiste de l'éi^lise Saint-Louis, de la paroisse Saint- Sulpice et <le la maison royale de Saint-Cyr . Clérambault s'était acquis une grande réputation par ses cantates, qui faisaient alors les délices de la cour de Louis Xrv ; celle tVOrphée fut surtout applaudie. On a de ce compositeur : deux livres de pièces de clavecin ( 1 707) ; un OflRci» complet à l'usage

de l'abbaye de Saint-Cyr; nn livre d'orgue (1710); cinq livres de cantates. 11 fit représenter en 1710, à l'Opéra, le Soleil vainqueur des nuageSf et écrivit aussi une idylle intitulée /e Déparidnrt», qui fut exécutée à la cour, en 1745. — Clénnbault eut deux fils, qui suivirent la profession à leur père: le premier, Cxsar- François- Picola Clérambault, remplit les fonctions d'organiste de SaintpSulpice jusqu'à l'époque de sa mort, en 1760; on connaît de lui un livre de pièces d'orgue, le second fils de Clérambault, Evrard- Dominigju Clérambault, a fait graver des trios de vioka et plusieurs livres de cantates.

D. DENNE-B4t0ir.

Fétis, Biographie unlvenelle âêi mutieient. — De la Borde. Estai iur la miM<4tM,t.lii, p. 40t. >£jwf ei^pelK méthodique, an mot CantMe,

* CLKRC (/eanoE), écrivain flamand, dh quatorzième siècle; il était vers 1326 seerétain! delà ville d'Anvers. 11 écrivit un ouvrage de morale divisé en trois livres, et intitulé : Dvtlsa Doctrinael ; en 13^0 cet ouvrage fut mis en fw hollandais, et il fut imprimé à Delft, en 148d. Vers la même époque il fut mis aussi eo fer»

<1ans le dialecte de la basse Allemagne; J.-A. Scheller a publié cette version en racoompagoant d'un glossaire *• Der Laien Doctrinael^ eûi AUsàchsisches gereintcs Sittenbuch ; Brunswid, 1825, in-S**.

Scheller. liucherkunde der niederlMUditche muK

p. 4S, 444, et 487.

* CLRRC ( Antoine-Marguerite f vicomte)^ néral français, né à Lyon, le 17 juillet 1774, mort en 1846. Simple soldat au 10* r^iifflot de chasseurs à cheval en 1790, il parvint sseces* sivement au grade de lieutenant (5 juin 1797), après s'être distingué à Landau ainsi qu'à raTfaire de la Ruell, près de Manhcim. Uentonet en premier aux grenadiers de la garde oonmilaire ( 26 octobre 1800), il fit la campagne dltiilie,et eut sa part de gloire à la bataille de Mareogo. Capitaine dans les chasseurs à cheval de la garde des consuls ( 13 octobre 1802 ), devenue gartleimpériale, puis chef d'escadron (3 septembre 1805), il se distingua à la bataille d'Ulm etàcelled'Austerlit2, où, à la tête de 100 chasseurs de son régiment, il mit en fuite une colonne nisse, qui abndonna huit pièces de canon. Après avoir M les campagnes de Prusse et de Pologne (1806, 1807), il passa l'année suivante en Espagne, À reriil (1809) faire, à la giande armée, la campagne d'Autriche, puis celle deRussie (1812), en quISé de colonel du i" régiment de cuirassiers. Blessé d'un éclat d'obus à la bataille de Hanaa (30 octobre 1813), il le fut encore sous les murs de Paris en 1814. Nommé maréclial de camp (le 23 août suivant), il ne prit aucune part aox érénements militaires de 1815. Il fut diar^é des commandements des 7* et 1 4* divisions roilitairw. Ce général, qui avait été créé baron en 1807, reçut le titre de vicomte par lettres patentes do 2 1 avril 1 820 , ^ fut nommé commandeur de b Légion d'honneur le 30 octobre 1829. Mi« «

disponibilité après la rétolulion de Juillet, il fût plac<i dans le cadre de réserve de rétat-major général. A. S.... t.

archives delà guêtre. —De Coareenet, DUt. da généraux français.

CXBRG (Nicolas-Gabriel) y ditLecLintc, médecin et historien français, né à Daume-les-Dames ( Franche-Coralé), le 6 octobre 1726, mort à Versailles, le 30 décembre 1798. Il commença par être médedn du duc d'Orléans, à VilIerS'Coterets, puis Tint à Paris, et obtint en 1757 la place de métlecin dans les armées du roi de France en Allemagne. En 1759 il passa en Russie, où llietman des cosa(}ues, Rasoumorskoi, le prit pour médecin, et l'emmena dans plusieurs court d'Kurope.

En 1769 Clerc fut nommé premier médecin du iptmd-duc, directeur scolaire du corps impérial <les cadets, puis inspecteur de rhdpital de Saint-Paul, à Moscou. Il profita do sa position pour réunir de nombreux et intéressants documents sur la Russie, empire très-imparfaitement connu à cette époque, et lerint en France en 1777. Louis XVI lui donna le cordon de Saint- Michel, des lettres de noblesse et une pension de j»ix mille lÎTre-s. Il se fit alors appeler Leclerc. En 1778 il fut nommé inspecteur général des hôpitaux du royaume, et présenta un plan pour radcninistratioa des établissements de charité. Ce plan fut accueilli, mais les événement politi<|ues en empêchèrent Tapplication. Leclerc rentra dans la vie privée, et reprif ses études littéraires. Il était membre de TAcadémie des sciences, belles-lettres et arts de Saint-Pétersbourg » de Besançon et de Rouen. On a de lui : Mémoire sur la goutte; 1750-51, in-12; — Prol/lème donné par V Académie de besançon :

Le seul amour du devoir peut-il produire d'aussi grands effets que le désir de la gloire? Dijon, 1756, in-12; — Dissertatio de hydropliobia; 1760, in-4°.— Medicus reri amator, ad Apollinis artis alumnos; Moscou, 17&'i, ia-Sf '. c'est un recueil de bonnes ob»^r\ allons sur les venins , les différentes espèces de contagions et les épidémies : Fauteur y traite en particulier des maladies épidémiques qui ont régné dans IXkraine en 1760 et des moyens d'en prévenir le retour; — £ssai sur les maladies contagieuses du bétail f avec les moyens de les prévenir et d*y remédier efficacement; Paris, 1760, in-12. M Le graml secret de l'auteur, dit Éloy, est de tuer toutes les bétes infectées ou soupçonnées de l'ôlre. » — Histoire naturelle de l'homme y considéré dans Vétat de maladie, ou lamédecine rappelée à sa première simplicité; Paris, 1707, 2 vol. in-8", et 1784, 2 vol. în-8 : ce livre, writ avec chaleur et élégance, se fait lire avec plaisir; -^ Yu le Grand et Confucius, histoire chinoise; Soissons, 1769, 2 part. In-'i" , roman historique , composé pour l'é^lucation du grand-duc de Russie, depuis Paul r*'; — de la Contagion, de sa nature, de ses effets, de ses vrogrès et des moyens les plus sûrs

CLERC — CLEKCK 880

pour la prévenir et pour y remédier ; Saint- Pétersbourg, 1771, in-8"! cet ouvrage contient de ftûts et des conseils utiles ; les règles qui y sont prescrites sont le fruit de ^'observation et de l'expérience ; — VA rt de débuter dans le monde avec succès, dédié à messieurs les cadets du cinquième dge; 1774, ln-8"; — les Plans et statuts de différents établissements ordonnés par nmpératrice Catherine II pour Véduca-^ tion de la jeunesse de son royaume, trad. du russe de Betzki ; Amsterdam , 1775, In-V ou 2 vol. ln-12 ; — Éducation morale et physique des deux sexes, pour les rendre aussi utiles aux autres qu'à eux-mêmes , trad. du russe de Betzki; Besançon, 1777, 2 parties in-4", avec flg.; ^ la Boussole inorale et 'politique des hommes et des empires, dédiée aux nations ; Boston (Neufchatel), 1779, in-8*', et Rostock, (Besançon), 1780 in-8°; — Histoire physique, morale, civique et politique de la Russie, ancienne et moderne; Versailles et Paris, 1783-85 , 6 vol. ln-4", flg. et atlas ; le fils de l'auteur a eu part à cette histoire; la description de l'empire de Russie est entièrement de lui; — Portrait de HenH iV; Paris, 1783, in-8°, port.; — Atlas du Commerce, tableau des richesses de la France, commerce de Russie;— Observations sur la carte de Russie, sur la mer Baltique, sur la mer Caspienne, sur la mer Noire, sur le plan et la carte du détroit de Constant inople et de file de Candie et sur la Méditerranée, ouvrage publié d'après les ordres de Vergennes et de Calonne, dédié au roi ; Paris, 1780, in-fol., 15 cartes, ou in-4°, 1 1 cartes; — Examen impartial delà critique des cartes de la mer Baltique et du golfe de Finlande présentées au maréchal de Cas tries; Paris, 1786, in-8"; — Abrégé des études de l'hommn fait en faveur de V homme à former, dé<lié aux représentants de la nation; Paris, 1789, 2 vol. in-S** ; — les Maladies du catur et de l'esprit ; Paris, 1793, 2 vol. in-S**; — le Patriotisme du ccnir et de V esprit, ou V accord des devoirs et cfftt droits de Vhomme pour le bonheitr commun ; Paris et Versailles, 1795, in-8». — Traité des Maladies morales qui ont qffectéla nation française depuis plusieurs siècles; Paris, 1798, in.8".

Éloy, Dictionnaire historique de la médecine. - Barbier. Dictionalrt des anongmei. — Quérard. la France littéraire. -

GLBRCK (Charles), entomologiste suèiols, vivait dans la secomle moitié du dix-huitièiiffî siècle. Élève <le Linné et membre <le l'Acaftémie d'Upsal, il se fit connaître par deux ouvrages d'entomologie : Aranei Suecici ; 1757, in-V, en latin et en suédois. Cet ouvrage décrit soixante espèces d'araignées, trouvées en Suède et classées suivant la méthode de Linné; il a été traduit en anglais, avec l'ouvrage deLlsteretdes extraits de celui d'Albin , sous le titre; : Aranei, ou histoire naturelte des araignées; Lonrlres, 1793,

CLERCK — C3LERFATT

m-4o ; ^ Icônes insectorumrariùmmf cum n<h minibits eorum trivialibus locisque e Linns^i Systemate natures adlegatis; Stockholm, 1759, in-4**; — Mémoire sur la manière de prendre et nourrir les araignées, dans les Actes de la Société des sciences de Stockholm.

Bracb et Grober, AUg. Enc.

CLÉREMBAULT, ancienne fanûlle française, qui remonte à Geoffroi Clérembault, seifçneur du Plessis, au commencement du treizième siècle. Les principaux membres de cette famille sont : Macé Clérembaulty petit-ills de Geoffroi, seigneur du Plessis-Clérembault et de la Plesse ; il fut, en 1347, capitaine général pour le roi en Bretagne, Ai^ou et Maine.

CLÉREMBAULT {Philippe DE ), oomtc de Palltuxu, maréchal de France, né en 1606, mort le 24 avril 1665. Il entra au service dès Tâge de seize ans, et combattit ( 23 juin I «36 ) à Buffarola, sous le duc de Savoie et le maréchal de Créquy. Capitaine d*une compagnie d'arquebusiers à clieval ( 12 novembre), il passa capitaine lieutenant des chevau- légers du cardinal de Richelieu, obtint le gouvernement de la vUle de Niort, et se trouva au siège de Landrecies (26 juillet 1637), ainsi qu*à la reddition d'Arras, le 2 août 1640. Maréchal de camp ( 14 avril 1642 ), il servit sous les maréchaux de Schomberg et de La Meilleraye, aux sièges de Perpignan et de Thionville (1643), à Fribourg,où, à la tête du régiment d*£nghien, il força une partie des retranchements bavarois, ainsi qu*à la bataille de Mordiingen. Mestre de camp général de cavalerie ( 30 mai 1646 ), il eut part à la conquête de Courtray (28 juin), de Bergues-Saint-Yino\( 31 juillet), de Mardik (24 août), de Fumes (7 septembre) et de Dunkerque le 7 octobre. S'étant démis de son gouvernement de Niort, il fut pourvu de celui de la ville et delà citadelle deCk>urtray. Clérembault, créé lieutenant général des armées du roi ( 22 mars 1648), servit à l'armée de Flandre sous le prince de Ck>ndé , en Normandie sous le comte d'Harcourt, et suivit le roi en Bourgogne, d'où il fut détaché pour se rendre au siège de Bellegarde, que le comte de Tavannes lui rendit par capitulation. . Commandant l'armée du Berry (12 octobre 1651 ), il força, après trois mois de siège , le marquis de Persan, qui commandait pour monsieur le Prince dans Montrond , de lui remettre cette place. Créé maréchal de France (24 août 1652) « en considération de la prise du n château et du fort de Montrond », et gouverneur général du Berry sur la démission du prince de Conty, il fut reçu chevalier des ordres du roi le 31 décembre 1661, et mourut à Paris, à l'âge de cinquante-neuf ans. A. S... .y.

Clérembault était aussi distingué par le mérite de l'esprit que par la bravoure; et bien qu'il eût beaucoup de peine à s'énoncer, il se faisait écouter avec plaisir. 11 avait été longtemps l'ami de M*"* Comuel, célèbre par ses bons mots. S^étant brouillé avec cette dame , elle dit.

en faisant allusion à son bégayement : « Je suis lâchée de l'avoir perdu ; je commençais à I'cbtendre. » Ménage rapporte que dans ses éenâm moments le maréchal de ClérembauM dit : « Je vais donner tête baissée dans l'avenir. »

Le UiàrqaisôeClérembault, son lilsatné, Kc»tenant général, périt à la suite du combat d*Hodistett, le 13 août 1704, en traversant le Dinube à cheval. — L'abbé Jules de Clérem' bault, son antre fils, mort le 17 août 1714, devint académicien, et ne Ait célèlMre que par » laideur. Comme il occupait le fauteuil du grtnd fabuliste français, les plaisants disaient qn'oi avait mis Ésope à la place de La Fontaine.

Qalncy, HUt. miUt, de Louis U Grand, - AosetaM, Hisi. générale des grands qfficiers de la amrmue, t, VII, p. 88t.- Pinard. Chronot. milU,, U II, p. MT.

OLBRFATT ( François-Sébostien-CharlO' Joseph DE Croix, comte db), général autrichien, d'origine belge, né à Bruille, près Bûiche, le 14 octobre 1733, mort à Vienne, le 18 jmllet 1798. n était fils de Sébastien de Croix-Druinez, comte de Clerfayt, gouvemeur-prévot de Binche, lieotenant-colonel autrichien, et de Marie-Anne Le* duc. Son éducation fut cultivée avec soin ; il se montra passionné pour les mathématiques. Si mère, restée veuve en 1738, combattit son ^ pour la carrière des armes ; néanmoins, à pose fâgé de vingt ans, il lui arracha l'autorisatioode porter l'habit militaire ; il n'obtint un drapeau qa'» '.près avoir servi six mois en qualité de cade^ U avec distinction les campagnes de la guerredesept ans contre les Prussiens, se signala aux batailles de Prague, de Lissa, de Hochkirchen, de li* gnitz, et iiit un des premiers braves décorés pir Marie-Thérèse de l'ordre qu'elle avait instituées 1757. La paix de 1763 vint mettre un terme à ses succès; il commandait alors un régimeit d'infanterie, dont il devint colonel-propriétaire. L'ancienneté lui valut le grade de général major en 1773 , et le souvenir de ses utiles sernoes le brevet de lieutenant général , à l'époque delà vaine démonstration l)eUiqueuse de Veniperair Joseph contre la Hollande, en 1784 (1). Quoique chambellan, Clerfayt ne se montrait guère à la cour.

Inaccessible à laToix de Tambîtion, enneini de toute intrigue, Clerfayt ^repoussa les propositions qu'on lui fit lorsque éclatèrent les premiers troubles des Pays-Bas , en 1787. 11 n'était guère partisan des innovations qui signalèrent le règ^e de Joseph n, mais il ne s'en croyait pas rooiiis tenu de garder la foi promise à son prince. Nommé feldzeugmeister (général d'artillerie) (2) et eommandant de la haute Hongrie, en 1788, flfot mis à la tête d'un corps d'armée , et parvint 4

(1) La Hollande paya dix millions de florins à Peape* reur Joseph II; c'est ainsi , comme le dit alors Frédérle le Grand, que cette guerre se termina moyennant ai pourboire.

(i) ce grade, inférieur à celai de maréchal . mais sapérleur A celui de llentenant général, n'a point d'éqah ^ aient en France.

LERFAYT

repousser les Turcs, qui, sous les ordres de Jussiif^Pacha , menaçaient le bannat de Temeswar. Uteor tua beaucoup de monde, le 28 août 1789, à Schupaneck, et les reconduisit sous le canon d*Orsowa. Le lendemain, 29, il battit une autre colonne près de Korammeck, et la força de repasser la rivière de Czerna, laissant sur le champ de bataille douze cents morts, deux mille blessés, de nombreux prisonniers , plusieurs pièces d'artillerie, etc. Ayant ensuite opéré sa jonction avec le maréchal Laudon, il contribua puissamment à la prise de Belgrade et au brillant succès de la campagne. L'impératrice de Russie, Catlierine n , lui écrivit de sa main pour Ten féliciter, el l'empereur Léopold U lui fit remettre ie grand cordon de Marie-Thérèse, en 1790. Déjà se pré- IMirait la lutte des vieilles dynasties du droit di- Tîn contre les principes de la souveraineté des peuples. Au delà des frontières françaises Témignition, chaque jour croissante, ralliée sous les iMumières des princes, ne cessait de fomenter des troubres dans l'intérieur et de provoquer une croisade des cabinets de l'Europe contre leur patrie. La France sentit qu'il fallait à tout prix s'affranchir d'un pareil état de choses, et prendre llnîtiative. La guerre fnt donc déclarée le 20 avril 1792.

Clerfayt prit le commandement des douze mille hommes que l'Autriche réunit à l'armée prussienne sur les ccmfms de la Champagne; il se rendît maître de Stcnai , força le passage de la Croix-aux-Bois, ce qui décida la retraite dé Domouriez sur Chàlons. Plus tard, lorsque le roi de Prusse et le duc de Brunswick eurent évacué le territoire français , il se replia sur les Pays- Bas avec son corps d'armée. Le 6 novembre 1792 Clerùiyt à la journée de Jemmapes, où l'impétoosité française triompha d'une position presque inexpugnable , fut le seul général autrichien qui ne fit point de fautes. Il opéra sa retraite en bon ordre sur Mons. H fit preuve d'une grande habileCé en dirigeant, après le départ du duc de Saxe-Teschoi, les dernières opérations de l'armée, qui se retrancha derrière la Roer.ll fondit, le 1" mars 1793, sur Altenhoven, et s'empara des retranchements; puis, avec une prodigieuse rapidité, se porta sur Maestricht, dont il fit lever le siège. Il commandait le 18 mars l'aile gauche de l'armée autrichienne à Neerwinden ; il soutint avec avantage le choc du général Valence, et dédda du gain de la bataille en s'emparant à la bûonnette des positions les plus importantes. S'étant porté bientôt après dans le Hainaut, il Alt victorieux aux combats de Quiévrain , de Hanson et de Famars. Le Quesnoy lui ouvrit ses portes, non sans s'être valeureusement défendu, mais il ne put s'emparer de Maubeuge.

Placé en 1794 ^à la tète d'un corps d'observation , Clerfayt se vit contraint de rester sur la défensive, dans la Flandre occidentale. Les attaques râtérées de Pichegru le trouvèrent inébranlable ; il ne céda la victoire, en se retirant

sur Tournai, qu'après sept jours de combats consécutifs ; et, combinant ses opérations avec celles du prince de Saxe-Cobourg, il ramena Vvmée sur les bords de la Meuse, puis derrière le Rhm. U fut alors nommé lieutenant gouverneur et capitaine général des Pays-Bas autrichiens. En 1795 Clerfayt reçut le b&ton de feld-maréchal , avec le commandement des troupes impériales du Rhin. Obligé d'abord de céder aux efforts réunis de trois armées françaises, dont l'une i)loquait Mayenee tandis que les deux autres passaient le Rhin sur deux po'mts jtrès-éloignés, Clerfayt les attaqua toutes trois successivement et les contraignit à la retraite. Le 28 octobre 1795 il pénétra dans Mayenee à la tête d'un corps d'élite , et le lendemain il chassa les Français de leur ligne de ciroonvallation. Malgré ces succès, Clerfayt fut rappelé à Vienne en janvier 1796. La cour décida que l'archiduc Charies le remplacerait à l'armée : Clerfayt devait faire partie du conseil de guerre. On lui avait donné le collier de la Toison-d'Or; on y ajouta le titre de conseiller d'État, comme fiche de consolation. Vivement blessé d'être ainsi condamné à l'inaction, Clerfayt ne cacha pas son mécontoitemeiK. Sa santé, déjà ébranlée par les latigues de la guerre, s'afTaiUit insensiblement; il quitta sa résidence d'Heraaels, et vint mourir à Vienne, dans sa soixante-cinquième année.

Le comte de Clerfayt est justement considéré comme un des capitaines les plus habUes qu'on ait opposés aux Français. 11 réunissait les vertus privées aux qualités guerrières. Personne n'a fait un plus noble usage des dons de la fortune ; il veillait lui-même à ce que les hôpitaux fhssent abondamment pourvus de tous les objets nécessaires; les sacrifices en pareil cas ne lui coûtaient rien. Aussi mérita-t-il le surnom de père du soldat. Sa bourse était toujours ouverte aux officiers qui servaient sous ses ordres, et la veille de sa mort il brûla toutes les reconnaissances qu'il en avait reçues : « On est moins sûr, dit-U, de ses héritiers que de soi. » Modeste même dans ses habits, on le voyait néanmoins, lorsqu'il allait au feu], toujours en grand uniforme et décoré de ses ordres, prétendant qu'un jour de bataille « est un jour de fête pour le guerrier ». Malgré son éclatante bravoure, il n'avait jamais reçu que deux légères blessures, pendant ses premières campagnes. H s'était refusé constamment à toutes les propositions de mariage. « Une femme avec moi , disait-il, ne se croirait pas heureuse : je suis incapable de ces petits soins, de ces attentions continuelles dont elle compose son bonheur; et n'ai-je pas d'ailleurs, ajoutait-il , une famille assez nombreuse? Mes soldats ne sont-ils pas mes enfants? » Il a laissé des neveux et des nièces ; ses trois sceurs avaient épousé , Valnée le baron de Norman, la seconde le baron de Labarre, et la cadette le comte de Spangen.

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- - .1F.RK 836

..iJXJ03r (Pierre), litt<^rateur et inwit'cin

r-iT -j. no à Vionne( Daupliinê}, en mars ISw,

■ . ■ 4 iji^n, h^ 20 fô\rior ISJ"?. Il ooininen^a so.

- 1 L>on ot Iosudio\a à Paris. Envo\ê à

•■. . .«.Ilior ponr n'tablir >a santé, il »'y (it nic-

- -KKrtour on lutHlooini. Il avait entropris

-f • 'ttrvde Ltjnitj lorstpruni^ phtlii<ic du larjDi

^i\a à la flour do l'aide. Il a laiss*! : [Chro-

^•M'sjrauçuLsrs, V" suie; Paris, 1829-1 83i),

î *ol. in-12 : cot (Mivra^o se cuiii|K)se. do deux

-•-•r.ians : ie dur dv campagne^ ou la petife vilti

i.i n volutiun ot VMtnqiie. du Pont, ou la fille

. r truuvre;— Ifi.sfoircilc Ijjonjusqu'ù llniriU

l.jon, lK!>lMS:il, i vol. in-8^ CotU* litsloirenélr

i'ontinuoc par Moriu.

Qurrard. Suppl. a la Fratice litti'raire.

CLKKK ( Jvan ) , tllL*olo^ion au<;lais , mort co là'jO. A pris a\oir cuinnioucc ses otudes a Caïubrid^o, il alla a lUjlo^ne (Hiur y apprendroledruii oanon. A son rolour, il devint dia|M'lainduLdrdinal Wolsoy. Co l'ut lui que le roi Henri Mil doputa vers Loon \ pour prc.=^*:uter à te puîilil'e lo traitô du roi thiH>lo^'ien oontre Luther, wtjbi A. dut à Henri do la part «lu pa[>e le titre dt* étenseur de la J'o», qu'il no devait jkin, ii)uiii)f >« sait, iiM'riter lon;;tonq)s. Clork s'at quitta ^itiifO do sa inissiiju, qu'a son retour, m l.,',î;i, il lui nonuiteevôfinedo lîatlietde Wolls. l ne m-'iua i*' Ut "jJH iation lui l'ut (tonti.ie : il lut eliargo depi>M.T aupios du duc do Clèvos lo* Uises du diwra d'Mfiiri wvoe la .vi'ur do ee [uince. Il lûuurut oitijinisonno. dii-on, àTissuo de ce vo}a^e.

Jnli.i lAunurà, Hist. of fiihjl. - Eisoli L'i GrolH-r.X.'j

ci.iaiK ^ Jf'(/;i ) > taeticion naval aUt;Iais,iii'}it en juillet 1812. On lui doit rin\ention iriiihMiiân( ouvre navale, appliquée depuis dans la luariftanglaise, ot connut^ s«iusle nom de brvaUwjtkt iïiw (c'erl-ii-dii-oî Tattaquo du centre delà li:> eiHioniic). I.n 1780 il eoinniuniqua .son iii>v:' Hieiiard AtkinMtn, ami do ionl Koduev ; ceiuiii de( laru au^sitôt «pi'il la nioltrait en applic^liuii oonlro i'ohnoini. i.n oli'ot le 12 «ivril 17ji2lair.a* notivro fui evporimontoo, et contriluia à V\ viit(»iio roiii]H'rteo |hir Uodnoy sur do Gra.^sc- *\x»s les hidos (H-eidi'uLrK'.N. Hirntôt les autres aiuirau\ am-lnis suivirent eet oxeuqde, et duus k^ dornièns pî.mtis IIi>\vo, Nel^ui et «Fautres a^ pîiquoront avtv unei^l suives eelt« luanaiiviv. 1 .'! oouo.iiunicalion faito {Kir Ciork a lonl Ktnlnc'.v a «^(i> <ontostoo |iarlo ;'i>néral Howard Doublas, «(ui avait servi sous It-s oiilresdoeel amiral. Wam la majorité de ms ennqwdriotes, |i;irnii loMlih'i* Walter Scott, «)ntoti'> plus ju>tes pttur Clork. Il ) a cola de curieux que l'auteur d'une llioorie qui a modi(i«'> si proriHiiUnient la t.intique n:ivaU> cfl An^ileterre n'avait jamais \t>\aué >ur mer. 'ta a do lui : .1/1 Kfisaij un j\avaf Tacite^ ^pinii:' tical and ht.sforiealy awc des planclies oxpliw 1i\«!s ; 17«2 et I7ÎH); traduit eu iVaneuÎ!} |)ar U>- ^ calier; 1797, 2 vol. 104**. V. R.

Fdtrrrnbunih utr, VU ni>i. I*cnu>f c§c:j?^'dia.

GLERKE

GLKRKB (Charles) f navigateur anglais, né en 1741, roort en Yue du Karotcliatka, le 32 aiiûi 1779. Il fut élevé à l'Académie de marine (le Portsmoutli. A quinze ans il était pilotin et 8*étaitdéjà trouvé à plusieurs actions. Au combat de- la Bellone et du Courageux, posté à la hune d*artimon, iltombaà la mer avec le maternais fut recueilli sans être blessé. En juin 17ô4 , Clerke était midshipman k bord du Dauphin ; d fit alors son premier voyage autour du monde , sous les ordres du commodore Byron ( voyez ce nom). De retour le 17 mai 1766, il fut envoyé presque aussitôt en station sur les côtes d'Amérique. Il partit pour son second voyage autour du globe, avec le titre d'aide du contre-mattre de VEndeavour, commandé par nilustre Cook. Par une promotion feite en mer, le 24 mai 1771 , Clerke fut nommé lieutenant. Depuis lors la vie du jeune marin et celle du grand navigateur se trouvent intimement liées. Cook étant reparti le 13 juillet 1772 sur /a Résolution, Clerke le suivit dans cette nouvelle expédition comme second lieutenant, et laissa son nom à un port du canal de Noël (1). En 1775, peu de temps après son retour en Angleterre, Clerke fut élevé au grade de capitaine et nommé commandant de la Découverte, navire de trois cents tonneaux. C'est en cette qualité qu'il accompagna encore Cook et qu'il entreprit un quatrième voyage de circumnavigation. Parti de Plymoutb le 10 aoôt 1776, il rejoignit Cook dans b baie de la Table (cap de Bonne-Espérance), le 10 septembre suivant. Les denx capitaines appareillèrent le 3 octobre, et voguèrent de conserve jusqu'au 13 février 1779, époque à laquelle le meurtre de Cook plaça le commandement de rexpédition entre les mains de Clerke (2). Aussi énergique que prudent, le nouveau commandant préserva le détachement anglais resté à terre oon* tre les attestes des sauvages, fit achever la réparatibn des agrès débarqués, et obtint la remise des restes de ses compatriotes massacrés à Korowa. S*n employa la force pour arriver ^ces importants T^ultats, ce ne fut que dans les cas d'absolue nécessité, et l'humanité n'eut pas à regretter des victimes inutiles. Il ne quitta même l'Ile d'Owhyliée qu'après avoir conclu la paix avec les naturels et reçu l'assurance de leurs regrets. Clerke était atteint d'une consomption, qui, s'étkntdéckirée dès son départ d'Angleterre, l'avait tenu languissant durant tout le voyage. Sa faiblesse augmentait chaque jour. Vainement lui fit-on observer qu'il se trouvait hors d'état d'affronter les rigueurs des hautes latitudes septentrionales, et que la seule chance de guérison qui lui reatât était un prompt retour vers un dimat tenpéré: Il répondit quil craindrait le reproche d'avoir fhit passer sa conservation avant son devoir.

(I) Ce port est sUné aa sad tft ta T«te de Peo, par W W tel. sttd. fltev* 10^ lanf. oa«ti

(I) Le récit des aveaUires et des déeoavertea de l'espédlUon Josqn'à cette époque se troare placé i rartlclé Cook.

Il persévéra donc dans la recherche du passage au Nord. En conséquence, après avoir exploré de nouveau le^ lies Sandi/vich et complété les ol)servations sur cet archipel intéressant, il se dirigea vers le nord. Le 28 mars on mouilla dans la baie de Petropavlosk (1) ; Clerke résolut d'hiverner dans ces parages, et employa ce temps à faire réparer ses navires, guérir ses malades et embarquer de nouvelles provisions. Le 16 juin il repritla mer, et s'avança sur la côted'Amérique, jusqu'à ce qu'un champ de glace, ^fixe, sans bornes, paraissant soudé au continent, le vint forcer d'abandonner le projet de revenir en Angleterre par le nord-^. Cet obstacle était le même qui avait arrêté Cook Tannée précédente; Clerke était alors parvenu à 70° 33' de lat. septentrionale. Son livre de lock fournit sur ce sujet les détails suivants; voici les dernières lignes que sa santé lui permit de tracer : « il est maintenant ( 21 juin 1779) impossible de pénétrer plus avant au Mord sur la côte d'Amérique, et il est hors de toute vraiterablance que le reste de l'été poiflae fondre l'amas prodigieux de glaces qui nous arrête; il paraît qu'elles offriront nne barrière insuimontable k chacune des tentatives que nous pourrons former. Je crois donc qu'il n'y a rien de mieux à faire que de passer à la côle d'Asie et de chercher par cette route quelque ouverture qui nous mèneplus loin. » Il fit donc gouverner àrest-nordest, pour se rapprocher de l'Asie, et côtoya un mur de glaces Immuable. Le 23 juillet les deux vaisseaux fbrent enfermée dans un cercle d'énormes glaçons : ils tentèrent de briser cette barrière en eoorant dessus toutes voiles dehors ; la Résolution y réussit, mais la Découverte fut renversée par une de ces masses flottantes, et courut les plus grands dangers ; elle se releva, grftce k un changement de vent, mais elle était tellement maltraitée que de promptes tépum»

tions devinrent urgentes. Voyant ki mer fennéa d'un continent k l'autre, Clerke assembla ses officiers. Ils déclarèrent que la persévérance la plus opiniâtre n'avait pas été suivie de la ploa légère apparence de succès, et que toutee ten* tatives ultérieures seraient non-seulement inutilea, mais dangereuses. Les dliservationa faites par les savants de l'expédition amenèrent ces conclusions : que le promontoire appelé Cap oriemtal est la pointe la plus orientale de cette partie du gk>be, c'est-à-dire qu'aucune partie du oo»> tinent asiatkpie ne s'étend en kmgUode au delà de 190<> 22" est, et que la latitude de l'extrémité la plus nord-est est au sud du 70' parallèle nord ; qu'il ne pouvait y avoir de passage nordouest de la mer Atlantique dans l'océanPacifiqueau sud du 65^ parallèle; que s'il en existait un, il de-

(1) Stàt^PiÊrré et SairU-Paul, port rasse daoa le EtBtclwtka. 11 est sttaé au fond de la baie d'Awaataka, par n* ll' de lat notd et ISS» 48* de loag. orientale. Il ac esp p ea e d'aile trentaine de malsooa de bola ou de hottes de forme ooniqoe.

CLERKE — CLERMONl

Yait se troover dans Théniisphère occidental (1). Après ce conseil, tenu autour de son lit, Clerke ordonna de diriger au sud sur la baie d'Awasska, afin d'atteindre le Japon avant l'hiver. Le 3 août on reconnut à l'entrée nord de la mer de Behring, à égale distance des deux continents, une terre habitée, déjà découverte l'année précédente et nommée par Cook ile Clerke, Elle est située par 63** t5'' de lat. et 190' de long. On la signala considérable et composée de quatre collines réunies par des terrains très-bas (2). Quelques jours plus tard, Clerke s'éteignit, en vue des côtes du Kamtchaska, à trente-huit ans. Suivant sa dernière volonté, son corps fut débarqué et enterré à Pétropavlosk. Les marins visitent encore sa tombe, située au sommet d'une colline qui domine la mer à une grande distance.

Alfred de Lacazb.

William Smith. Foyagêi autour du monde. — f^oyog€» de Cook, passim.

CLERMONT (CharUs r% duc de Bourbon, comte de). Voy, Bourbon.

CLERMONT {Louis de Baurbon-CondéfComid de), prince de la maison royale de France, né le 15 juin 1709, mort en 1771.11 fut d'abord destiné à l'état ecclésiastique, reçut les ordres à neuf ans, et fut pourvu des abbayes du Bec, de Marmoutiers, de Saint-Claude et de Saint-Germain-des-Prés. U n'avait ni le caractère brutal du duc de Bourbon, ni les goûts dépravés du comte de Charolais , ses frères , mais Ton ne parlait à Paris que du sérail qu'il s'était formé. En 1733 le pape Clément XII lui accorda une dispense qui lui permit de porter les armes. Le comte de Clermont fit alors les campagnes d'Allemagne et des Pays-Bas; il se signala le 28 juin 1743, à la malheureuse journée de DetUngue. En 1744, il attaqua et prit Ypres et Fumes; le 11 mai 1745, il combattit àFontenoy, puis s'empara d'Anvers ; il assista ensuite aux batailles de Raucoux(ll octobre 1746), et de Lawfeld (2 juillet 1747). A la paix, il revint à Paris vivre dans le libertinage, et fut bientôt accablé de dettes. En 1754 il voulut entrer à l'Académie française. «■ Le désir qu'il en avait, dit Duclos, ayant été communiqué à dix d'entre nous, tons gens de lettres , le premier mouvement de nos confrères fut d'en marquer an prince leur joie et leur reconnaissance; je partageai ce second sentiment, mais je les priai d'examiner si cet honneur serait pour la compagnie un bien ou un mal, s'il ne pouvait pas devenir dangereur; si l'égalité que le roi veut qu'il règne dans nos séances entre tous les académiciens, quelque différents qu'ils soient par leur état dans le monde, s'étendrait jusqu'à un prince du sang; enfin, si nous, gens de lettres, ne nous

(1) Les navigaUons des capitaines Joho Ross et Becchey, ainsi que les voyages par terre de Mackenzie, Fraocklln, etc., sont venus contredire la croyance de Clerke et de son état>ma]or. Le passage, Tqaolqne difflelle et sans utIUté, existe réellement.

(i)Blle a été reconnue depuis pour «tre le proloDgvment de lile Laurentia.

exposions pas à perdre nos prérogMites les ptas précieuses, qui toucheraient peu les gens de cour nos confrères , assez dédommagés de Téfilité académique par la supériorité qu'ils ont nr nous partout aiUeurs. » Malgré les obsenratioai de Duclos, le comte de Clermont fut au, et l'Académie ayant déclaré qu'elle ne dérogerait pas en cette occasion à ses règlements, le prince, sachant que la place du récipiendaire est la dernière le jour de sa réception, ne yuahit pas se faire recevoir en séance publique. H crut évitv la difficulté en se présentant à one séance ordinaire, et après avoir salué ees confrères, prit place, discuta et vota comme s'il était anciei académicien. Cette réception excita les plaisants, qui lancèrent un grand nombre d'épigrarames contre l'Académie et son nouveau membre. Rot, poète de ce temps, publia celle-ci :

Trente-neuf Joints i zéro, SI J'entends bien mon numéro.

N'ont Jamais pu faire quarante, D'où Je conclus, troupe sa? ante.

« Qu'ayant i vos côtés admto Clermont, cette masse pesante.

Ce digne cousin de Louis, La place est encore vacante.

Les gens du comte de Clermont maHraitèroA cruellement l'auteur; mais le comte n'osa plM assister aux séances de l'Académie. En fëTrier 1758 le comte de Clermont remplaça Ricbdiai dans le commandement de l'armée de Hanovre.

Cette armée se composait de quatre-vingt mille hommes, mais dispersés sur une trop grande étendue de terrain. En apprenant le choix de Vabbé de Clermont pour général, Frédéric & s'écria : « J'espère qu'il sera faientât relefé par l'archevêque de Paris. » De son cdté, le nouveau général écrivait à Louis XV : « J'ai troafi l'armée de Votre Mflôesté divisée en trois pe^ ties, l'une au-dessus de terre, composée de pillaixls et de maraudeurs, la seconde est aons terre, et la troisième dans les hôpitaux ; doieie me retirer avec la première troupe ou attendre qu'elle ait rejoint l'une des deux autres? n Aussi, attaqué par le prince Ferdinand de Branswick, qui n'avait que trente mille tiommes. Clermoel perdit Brème, Brunswick, Hanovre, Bfinden, et repassa le Rhin avec une perte de ooxe mille hommes. H répartit ses troupes dans les duchés de Clèves, de Juliers et dans l'électorat de Cologne; mais il ne sut pas défendre le passageda Rhin : ce fleuve, le prince Ferdinand le fininchit le 1^*^ juin, à Emmerich. Clermont se décida à attendre l'ennemi dans la forte position de Crefeldt, où il fut attaqué le 23. Apràs on combat de trois heures, Clermont donna l'ordre de la retraite et l'exemple de la fuite en laissant sept mille Français sur le champ de liataille. La eoor le rappela aussitôt, et le maréchal de Contades vint le remplacer. Déjà mourant, il s'honora par un acte courageux d'opposition : oe fat ches M et autour de son lit que se rédigea la protestation des princes et de la noblesee contre leooopdli-

CLERMONT — CLERMOOT-TONNERRE

tat qai exilait le duc de Choiseuly supprimait Tandea parlement et le reiuplaçait par le parltment dit Maupeou {voy, ce nom).

Conle de Salât-Germain, Corrttpondanee, II, L — LacreteUc. HUtoire du dix-huUiémê siècU, III, Ht. xi. p. S30. - Flassan, Diplomatie, VI. IM. — Stsmondl, Hii" toire d4i Françaii, XXVIII, S7, Ml, 811, 476; XXIX, IW, U9. - VoUalre, Précis du siècle de Louis xr, cd. x zi;, xvni. — Noallles, Mémoiru ^oHtUtues et militaires, VI. 80. ^ ArchenbolU, Guerre de sept aiu, 114. - Dacloa, MÉwutIres secrets, II, 181. - Rochambeaa. Mémoires, 1. 101, 107, 111. — Prince de Montbarrey, Mé^ moires, 1. 146. 164.

CLBEMONT (Comtes de), ancienne famille française, qui remonte, d'une manière certame, 'à Renaud /*% premier comte de Clermont , l'un des généraux de l'armée qu'Eudes, frère de Henri I*', dirigea contre Guillaume le BÂtard, duc de Nonuandie. Cette famille se divise en plusieurs branches; parmi ses membres les plus oâèbres, on remarque :

CLBEMONT -ES -BEAUYOISIB (HoOttl r',

comte de), connétable de France, mort à Acre, ea 1191. 11 fut l'un des plus puissants barons du royaume. Nommé connétable en 1158, il accompagna le roi Philippe- Auguste en Terre Sainte, et y mourut, n avait épousé Alix, dame de Breteuil.

cuutMOiiT-Eif-BBAiJ¥Oisi8 {Jean nE), seigneur de Chantilly, maréchal de France , de la famille du précédent, mort le 19 sq>tembre 1356. Il fut créé maréchal de France en 1353, pois en janvier 1354 nommé lieutenant du roi pour le Poitou, la Saintonge , l'Angoumois, le Périgord, le Limousin et quelques parties de FAuTergne. Il commandait en Berry en 1356, et Itat tué à la bataflle de Poitiers.

Louret, Histoire de Beauvais. — Lotoel, Mémoires de B e mwaU , - Anaelme. UUt. çénéalogivue ete.

CLKBHOUT-TOllHBBliB (Barons, plus tard oomtes de), famille originaire du Daaphiné, qui remonte à Sibauty seigneur de Clermont, mentionné dans un acte de 1094.

Siàaut II, son fils, vivait encore en IIAO.

Comme il avait commandé les troupes qui servirent, en 1120, k chasser de Rome l'antipape Grégoire VIH, le pape Calixte Ui pour lui témoigner sa reconnaissance, accorda à la maison de CtenDont le privilège de porter pour armes deux clefs d'argent passées en sautoir, sur un diamp de gueules, et pour cimier la tiare papale avec cette devise : Si omnes te negaveruntf ego te nunquam negabo, réduite plus tard par «Dipee à Etsi omnes, ego non. Jusque alors les armes de cette maison avaient consisté en une montagne argentée, éclairée par un soleil brillant, expression symbolique de son nom.

Les personnages les plus remarquables «de cette fionifle sont j

GLBBMONT - TOBif BRBB ( Aynard de) , deuxième du nom, créé en 1340, par Humbert II, dauphin de Viennois, chef des guerres delphi' noies.

CLBBHOHT-TOiiNBRBB ( Antoine DE), troisième dn nom, en faveur de qui fut érigé, en 15479 le eomté de Clermont, grand-maltre des

eaux et forêts de France, et lieutenant général des années do roi en Dauphiné, 'mort en 1569, des blessures qu'il avait reçues à la bataille de Montcontour.

GLBBMONT-TONNERBB (Catherine DE), duchesse de Retz, née à Paris, en 1543, morte dans la même ville, le 18 février 1603. Elle était fille unique de Claude de Clermont-Tonnerre, baron de Dampierre et de Jeanne de Yivonne. « Elle mérita, dit La Croix du Maine, d'être mise an rang des plus doctes et mieux versées tant en la poésie et art oratoire qu'en philosophie, mathématiques, histoire et autres sciences. » Elle parlait le latin, le grec et presque toutes les langues étrangères. A dix-huit ans elle épousa Jean d'Annebaut, qui fut tué à la bataille de Dreux. Veuve k vingt ans, Catherine, fort courtisée , fut nommée dame d'honneur de la reme Catherine de Médids, puis gouvernante des enfants de France. En 1573, lorsque les ambassadeurs de Pologne vinrent demander le duc d'Anjou (depuis Henri III) pour roi, elle leur répondit publiquement en latin pour la reine mère, et sondiscours l'emporta sur ceux du chancelier de Biragueet du comte de Chivemi, qui répondirent pour Charles IX et le duc d'Anjou. Catherine épousa en secondes noces le comte de Retz, de la maison des Gondi de Florence. On Toyaitau Musée des monuments français, rue des Petits-Augustins, la statue de Catherine sculptée par L<prieiir.

Pnidhorome père. Biographie des femmes célèbres.

CLBBMOBT - TONNBRRB {François de), évêque et comte de Noyon, pair de France, commandeur des ordres du roi, mort en 1701.

En 1694 U fut reçu membre de l'Académie française, où il fonda un prix de poésie. Saint-Simon parleainsi de l'excessive vanitédece prélat : «Toute sa maison était remplie de ses armes, jusqu'aux plafonds et aux planchers, des manteaux de comte et pair dans tous les lambris ; son chapeau d'évêque, des clefs partout (qui sont ses armes), jusque sur le tabernacle de sa chapelle ; ses armes sur sa cheminée en tableau, avec tout ce qu'on peut imaginer d'ornements, tiare, armures, chapeaux, etc., et toutes les marques des offices de la couronne ; dans sa galerie, une carte que j'aurais prise pour un concile, sans deux religieuses aux deux bouts : c'étaient les premiers et les successeurs de sa maison ; et deux autres grandes cartes généalogiques, avec le titre de : Descente de la très-auguste maison de Clermont-Tonnerre d^Orient, et à l'autre , des em* pereurs (TOccident. 11 memontra ces merveilles, que j'admirai àla bâte dans un autre sois quelui.i»

Salnt-SimoD, Mémoires, GLBBMOBT-TONNBBBE (Conçois DE),évé-

que et duc de Langres, mort en 1724, neveu du précédent, fut chargé de l'oraison funèbre de Philippe de France, duc d'Orléans, frère de Louis XIV.

Salnt-atmon. Mémoirei.

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...laii^ cl |>n)r(*ss(^urs des S(Mni-

.KViM à la (léclaratiun «lu dcrgé

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. »oqui"* (lu'ils (Icvaioiil rej^arder

.^tktKt roblif^atiuii que le ministre.

... v\n iui|)i)Kcr. En 182H, Tonloii-

^aii'tlaii les p4HiU s(^iiuiiaires au

j^tiuun^ et qui enjoignait aux pro-

HT ^ii'rfj n'appartenaient à

.'ihon non aulurisve par ies

part du cardinal de Cler-

ioiiTelle opposition. Pressé

il répondit :

-r%f-»^ --TnVSTRRE 844

^ ^ ,^. Mtm^i'inuvjr, la devis*' de ma famille, qui lui ■

^' Mî .luinfT par Calixte H, eu 1 1 'îO, est c«lle-ri :

^ ^ 1,- .mnes, eyo non. C'i'st «u**i celle d*

, . . ■ c.>:i»nce. » Cbarles X inlervint, et notifia

^: ;.' -.lî qu'il eiltà se retins dans son di(»rè<e. Le

j- .L^, i-eda enfin, par l(^ conseils du saint-sië^e,

•-.u* ie mau\nih(^ ^rAce. Kn 18^9, malgr»^ m«

■■' ». 1 J^f*! il ^^ rondit au conclave, et conr^uinit

i;.cti(in de. V'w VIII. Dans le voyante, il lil

^ ..I hute, (]ui liAta sa mort.

i 1. 1. K.^iON E -TO.\ 3i KRK K ( Sfon tslos , Omlv . : , (iclit-fiU du marecbal Gaspard, )Kir la hranrhi'

- . a ii lie, ut' en 1 7 47. massacre a Paris, le lO aw^l

i'\t?.. \\ était (oltuiel au moment où éclata la n*- . .% , vuUitidU. I)i'|iiile de la uoblesst* aux états géor- ! iMU\ , il fut élu piT.sidenl de la miuoritc Ae cette cband)re Iors(|uo celle minoriti' résolut «b se n-uiiiraux di'puttisdu tiers état. Dans la nuit du 1 août 1780, il vota l'aUilition de tou<l<^ privile};es; et quelque temps apn>sil fitarconlrr le droit de cite aux protestants, aux juifs, aux cinniMliens. Il présida deux fois avtr distinrtiftii r.isscinhlée nationale, et fut membre du preiuiVr comité de la (M)nstilution. liC 22 février 179\', il proiM)sa d'investir lo roi de toute la puis^anrf cMTulive, aliu qu'il juU n'-primer les trouMe« des proviiuvs. Partisan d'une monarcliie conslitutinnnelle, il fonda, avec Malouel, une socitlc po]ili(|;ie en opposition avec le.s Jac^ibins, ehjui prit pour organe V". Jmirnol des 'tmpmimui.

La publication de celle feuille, dont les \nimpes étaient en op|K).sition directe avo<: ceu\ ^ui dominaient, excita contre lui un mouveim'nt populaire qui mit sa vio en dan;(er. Il fut A\t<>\ arrête )^ir le peuple iMijuin 1791, aprîs la tuile du roi. En ces deux circonstances rassembicc constituante le fit nnnetli-e en lil)erté, et il f«Mitinuad'y siéger. Resté à Paris apK^s la lindi^U st^ssiiin, il fut encore arrête le lOaoAt et relArhr au bout de quelques instants. Mais comme ii r^ loiimait cbez lui , un de ses anciens dumestiijueà, qui le rencontra, ameuta le peuple contre lai et le lit raassjicrer. Ses opinions |)olitiques ont étéit^ cueillies et publiées en 1791, en trois vdinnfs in-8".

l LLERMO.XT-TOXXERKE {Aimc-Marif-Gasfiante marquis, puis duc df.), lieutenaDt générai, |i;iir de Krance, ministre de la guerre et de U ini* rine, (ils du prince Gaspard-Paulin et neveu du cardinal, né a Paris, en 1780. 11 entra en 1799 i ri>4)le polytedinique , fit les camjiagnes d'Italie, d'Allemagne et d'Lspagne, et était en 1808 capitaine et aiiie de camp de Josepli Ikiuaparte, nlor» roi de Naples. En 18l'i il fut admis comme lieutenant dans les mous(iuetaires gris, puis nnniin^ successivement colont^l des grenadiers à cheval de la garde royale et man'Tliàl de camp. Kn 181J il fut ap|>elé à la pairie, et éleva la voix contrf k système de violence qu'avaient adopt(^ les BouriKins. Kn 1810 il combattit comme contrairt^ k la diarte la loi d'éleilioii pro|M)sét? (^ar h' goaTernement. Depuis 1817 il modifia ses opt-

Jllô.

CLERMONT-TONNERRE — CLERSELIER

84ft

nkms ; il sontint les lofs contre la presse et l'élection directe. Dans le ministère Villèle il eut le portefimille de la marine, qu'il échanf^ea en 18^ contre cehiidela guerre. Dans ces deux postes il montra da zèle pour le développement de la marine et Il réoi|(anisation do Tarmée. Kn 1827, après la rerue de la garde nationale parisienne, passée au Champ do Mars par Charles X, M. de Clermont* Tonnerre s'opposa à la dissolution complète de cette milice ; il demandait seulement le licenciement des trois légions qui par leurs cris avaient le plus protesté contre le ministère Villèle. Lors des troubles de la rue Saint-Denis qui suivirent le r^H de la loi du droit d'aînesse par la chambre des pairs, M. de Clermont-Tonncrre lit disperser les rassemblements par les moyens les plus énergiques ; mais le ministère dont il faisait partie n'en tomba pas moins. Depuis lors M. de Clcrmont-Tonnerre vit retiré dans ses terres, où il coltiTo les lettres et les arts.

Bobert Leavir, Table gt^érate de ta maUoH 4e Cientont. — aiorler. Histoire tlu,Daupkine, — Le Bat, Dict. enegek de la France. — Saint-Simon, Biémoires. — Galerie des contemporains, — Biographie moderne,

GLKEMoriT - GALERANDB (1) ( Charles- Georges, marquis de), général français, issu d'une des plus anciennes familles du Maine, né à Paris, le 30 juillet 1744, mort dans la même ville, le 16 avrU 1823. Mestre de camp, commandant le régiment d'Orléans, il fut créé le \" mars 17S0 brigadier de cavalerie, puis le T' janvier 1784 maréchal de camp. £n 1791 il fit un voyage à Coblentz; après avoir conféré avec les princes émigrés, il revint en France, et assista à la journée du 10 août. Incarcéré pendant la Terreur, il fut mis en liberté après le 9 thermidor. Il lit alors partie du conseil royaliste chargé de* veiller en France aux intérêts des Bourbons sous le Directoire et le consulat. Après le 18 brumaire, il espéra que Bonaparte se désisterait de sa dictature militaire en faveur des héritiers directs de la couronne. Pour arriver à co résultat, le marquis de Clermont- Galcrandc obtint une lettre du comte de Provence (Louis XVlll) qui toisait de brillantes offres au premier consul s'il voulait imiter Monck. Bonaparte refusa par une lettre motivée. Clermont- Galerande fut nommé pair de France au retour des Bourbons, et obtint sa retraite en 18 17, comme lieutenant général honoraire. 11 laissa en mourant des Mémoires particuliers pour servir à V histoire de la révolution de France en 1789. Les Mémoires publiés en 1825 (Paris, 3 vol. m-8») ont été l'omet de \ives critiques. On leur a reproché de n'être que le recueil des accusations et des calomnies débitées sur la révolution et les hommes qui y ont figuré; cependant cet ouvrage présente des détails remarquables.

(1) ClermoQl, bourg da Malnr, aa)oard'hal du départeowat de la Sarthe, à h kilomètres de l^ Flèche, tat «rtgé en minalaat en 1S7B. eo ravear de George /", setgoev S« demioot et de Galcraode, trtMleui de Chartm'C€orge 4ê OUrmoiU'GiUerande,

lUbbe, Biographie des eontemporainM. -^ Le Bait; Dictionnaire encyc. de la t^ance* — FeUer, Biographie universelle, édlt. de M. Wclss..

CLBRMONT-MONT-SAlNT-JBAlf (JacqUCS,

marquis de), homme politique français, né le 25 octobre 1752, au château de Yisargent ( Bourgogne), mort à Vichy-les-Eaux, en 1827. 11 se destina d'abord à l'état ecclésiastique, mais, en 1771, il entra sous-lieutenant dans le régiment de Lyonnais, d'où il passa, en 1777, capitaine dans celui de Bourbon. £n 1784 il fut nommé colonel des chasseurs des Ardennes. Député par la noblesse du Bngey aux états généraux, il s'opposa au vote par tête, à la réunion des ordres, et vota constamment contre tout changement à l'anden ordre de choses. En 1792 il émigra en Savoie, où il fut arrêté lors de la conquête de Ce pays par les Français. Mis en liberté, il devint aide de camp du roi de Sardaigne, et Ht en cette qualité toutes les campagnes contre la France. En 1800 il rentra dans sa patrie, et fut nommé en 1814, par les Bourbons, inspecteur des gardes nationales de Seine-ct-Mamc. Ce département le choisit pour député en 1815. Il fût un des membres les plus zélés de la majorité d'alors. On a de lui : Déclarations et protestations de messieurs les députés des trois ordres aux états généraux de 1789 contre les décrets de V Assemblée dite constituante; Provins, 1814, in4**;— Vn mot sur la loi des élections; Paris, 1815.

Biographie dee^ontemporains.

CLEEMONT (C, Joachim-Jcan), homme politique français, d'une famille bourgeoise, né à Salins, en 1732, guillotiné à Paris, le 12 juillet 1794. En 1776 il était éclievin de sa ville natale. En 1788 il fut élu successivement député-commissaire aux états de Franche-Comté , colonel de la garde nationale et enfin maire. 11 accepta les principes de la révolution, et fut nommé, en septembre 1791, député du Jura à l'Assemblée législative. S'y étant montré opposé aux jacobins, il fut arrêté en 1 793, traduit devant le tribunal ré vo- Intionnairede Paris,le24 messidorau ii, coudamoé comme conspirateur et exécuté le jour même.

By)grapMê moéenne.

CLBUSBUS» (Claude), philosophe français, mort en 1684 ou 1686. Il poussa l'ardeur du cartésianisme au pomt de donner sa fille en mariage, hu, avocat au parlement de Paris et d'une famille distinguée, à un jeune homme sans naissance et sans fortune, mais fervent cartésien, et qui promettait à la cause de cette philosophie un appui sérieux. Il ne fut pas trompé dans les espérances qu'il avait conçues de Jacques Rohault : c'était le nom de son gendre. Mais il ne s'en tint pas à oette alliance, contractée pour l'amour du cartésianisme : il servit la nouvelle philosophie d'une manière plus directe, en publiant les Lettres de Descartes sur la morale, la physique, la médecine et les mathéma' Ij^ ; Paris, 1667, 3vol. m^*' ;— les TVoi^ (ie

847 CLERSELIER

Vhùmme du monde ^i de la Lumière , par le même; Paris, 1677, in-4** ; — les Principes de la philosophie de Descartes; Paris, 1681, m-4'*, dont U revit la traduction par Picot. Il fut aidé dans ces différents travaux par son fils, par son gendre et par Louis de La Forge. — Sa traduction des objections qui avaient été laites contre les Méditations de Descartes parut par ses soins, avec les réponses de Descartes en tête de la traduction de ces Méditations, publiées par le duc de Luynes Charles d'Albert: Paris, 1647, 1661 et 1673, in-4°. J. T.

BaUlet, Fie de Deseartes. - République des lettres» (toin 1684). — Bayle, Dissertation sur Vessence des corps,

CLBRTAMT ( Claude-Aniotne de Yibkne , baron de ), issu de la famille des ducs de Bourgogne, né à Metz, vers 1505. 11 fut le premier gentilboimue de cette ville qui embrassa le protestantisme, et rhomme qui, par l'ardeur de son prosélytisme, contribua le plus aux progrès de la réforme dans le nord-est de la France.

Clervant établit des prêches à Metz et dans les villages de la Lorraine; assista, en 1575, au traité conclu entre les princes d'Allemagne, le prince de Condé et le duc d'Alençon ; amena à ce dernier les 2,000 rettres que le duc de Guise battit près de Château-Thierry, et fut fait prisonnier dans cette affaire. Il mourut quelques années plus tard , sans que Ton sache précisé ment en quel lieu ni à quelle époque.

Le Bas, Dictionnaire encyelop. de la France.

CLERYiLLB ( fjOUts-Nicolos, chevalier de ), ingénieur militaire français, mort à Oléron, en décembre 1677. Il se distingua comme ingénieur aux sièges de Crémone en 1647 et 1648, et fut fait sergent de bataille en 1650. En 1651 il servait en (ruyenne. Nommé maréchal de camp , le 21 septembre 1652, il prit part aux sièges de Sainte-Ménehould , Stenay , Landrecies , Condé , Saint-Guilain , ValencJeanes (1656), Montmédy (1657), Dunkerque et Ypres (1658). Il fut nommé à cette époque commissaire général des fortifications, dirigea les sièges de Donay , Toumay, Lille et Besançon , et devint gouverneur de l'Ile d'Oleron. On a de lui : Lettres sur rhistoire généalogique des familles royales d'Espagne ; Paris, 1 644 , in-4*' ; — Mémoire sur ce qui reste à faire au port de Cette pour enlever les sables et le perfectionner; Montpellier, 1677, in^"; — Discours sur lesouvertures vulgairement appelées graus, par lesquelles les étangs du Languedoc se déchargent dans la mer ; 1 665, in-4« ; — Carte des montagnes de la haute Auvergne; Paris, 1642; — Rapport à M. de Colbertsur le canal du Languedoc (ms.).

DUtionrMire historiquCf de ISal.

CLÀRT (Jean-Baptiste, Caiit-Hanet), né à Jardy, près de Versailles, en 1759, mort à Itzing, Autriche , le 27 mai 1809. Il s'est rendu célèbre par son dévouement à Louis XVI et à sa famille, pendantleur captivité au Temple {voy. Louis XVI) .

— CLESINGER

On loi doit le Journal de ce qui s'est passé à la tour du Temple pendant la captivité ds Louis XVI; Londres, 1798, iA-8*', ouvrage qni a eu un nombre considérable d'éditions.

Vlf6e.LebruD. Souvenirs. II. S4t. — Bckard, Uist, de la captivité de Louis Xri. - Ifont^alllard, BUL ée France, 111. «». — Walier ScoU . Tableau de la atvolution française. — Mme Campao, Mémoires,

GLÉRT (Jean-Plerre-LouiSf Hanet), frèn du précédent, né à Jardy ( Seine-et-Oise ), le 29 juin 1762, mort à Paris, le 7 mars 1834. Il était au service de Mademoiselle, fille de Louis XVI (depuis duchesse d'Angoulème). Après le 10 août, il se réfugia en Belgique, et fut vingt ans munitionnaire ImBS armées françaises. En 1814 il iiit nommé in/ipecteur des forêts en Corse et membre de la Légion d'honneur. On a de lui ses Mémoires de 1776 à 1823; Paris, 1825, 2 voL in-8'', avec portraits.

Quérard, to France tiltéraire.

l CLESINGER ( Jeon - Baptiste - Auguste), sculpteur français , natif de Besançon. Fils d'on sculpteur fécond, il apprit chez son père les procédés de la statuaire, et alla se perfecttonner eo Italie. En 1843 il envoya de Florence, au sak» de Paris, un buste qui passa inaperçu. En 184411 exposa le buste de M, Scribe, et en 1845 ceux du duc de Nemours et de M. Weiss, tiibUotfaécaire de Besançon. En 1846 il aborda la figure: un-Ji'aune et la Mélancolie lui valurentnme médaille de troisième classe. Ce fût TexpositiOQ de 1847 qui attira le plus sur M. Clesinger l'attention du public: il y produisit plusieurs oavrages de valeurs différentes, tels que la Jeune JSéréiie; les Enfants du marquis de Las Marismas; us Buste de ilfme de Beau fort; la Femme pijuée

par un serpent et le Buste de J*"* de

Ces deux dernières productions furent surtout remarquées : le premier de ces deux tableaux se distinguait par le mouvement de l'expresâon «t les brillantes qualités de la facture. Le Buste de MT* de rappelait les œuvres les plus dégantes des sculpteurs du dernier siècle. La Bm>chante exposée par M. Clesinger en 1848 n'eut pas l'éclat de la Femme piquée par un serpent. En 1851 M. Clesinger s'essaya dans la sculpture religieuse. Son groupe de la Pieta fut jugé froid de coloris et faible de sentiment, n représenta aussi M"*' Rachel dans deux rôles : le Moineau de Lesbie et Phèdre, et exposa ea 1852 la statue de la Tragédie, pour le foyer de la Comédie-Française, et deux autres bustes en 1853. On voit au jardin du Luxembooig une Louise de Savoie due au ciseau de M. Cleànger ( 1847 ). 11 fit aussi le buste colossal de la Liberté offert en 1848 au gouvernement provisoire ainsi que la figure de la Fraternité placée au Champ de Mars lors de la fête de la Concorde, le 14 mai 1848. M. Clesinger vient d'exécuter une statue de la Tragédie lyrique d'après M"* Cruvelti. Le même artiste a été chargé par le gouvernement de faire la statue équestre de François I"^. Déjà, diton, lesdessinsdes bafv-reliefssont arrêtés :

CLESINGER — CLÉVES

d'un c6té la iMitaffle-de Marignan; de Taotre le roi eotoaré des grands hommes de son temps.

IHet de la eonveni, — G. Planche, dans la Bévue des Deux Mondes, 1847.

*CLESS (André), écrivain mystique allemand, ▼irait dans la seconde moitié du dix-septième siècle. On a de lui : Nugx somniorum , oder tràumende Schwàtzer Gesichte (Les futilités des songes, ou figures de songeurs parlants); Nuremberg, 1678, 2 parties, in-4^

Adelnng, tappl. à JOcber, Allgem. GetekTien-Lexiemi.

*CLBSS (ra/en^tn), théologien allemand, viyait dans la première moitié du dix-septième siècle. On a de lui : Nicod, Frischlini Operum poeiicorum paralipomena ; Géra, 1607, in-8°; — Weck-und Betgloechlein in Kriegsgtfahr (Clochette du réveil de la prière dans les périls de la guerre); Leipzig, 1622, in-8".

Adelang, sappl. à JAcber, Allg. Gelehrten-Lexieon,

GLBT. Voy, Anaclet.

*cu6ty (*♦*), théologien français, de Tordre des Bénédictins, vivait dans la première moitié du dix-huitièmesiècle. H futbibliothécaire del'abbaye deSaint-Bertin. On a de lui : Dissertation historique et critique sur Vorigineet V ancienneté de Vabbaye de Saint-Bertin et sur la supériorité qu*eUe avoit autrefois sur Véglise de Saint-Omer; Paris, 1737, in-12 ; sans nom d*antem;— 'Réponse aux Observations générales sur Vécrit intitulé : Dissertation, etc. (L'ouvrage précédent avait été l'objet de ces Observor tiens , également publiées par un anonyme ) ;

LelODg, BibliotMqM hUtorique de la France, édit FoDtette.

GLÈTB ( Corneille van ) , sculpteur français , né à Paris, en 1645, mort en 1732. Son nom indique assez qu'il était issu d'une famille originaire de Hollande. Entré jeune chez François Anguier, il fit sous sa direction des progrès assez rapides pour pouvoir l'aider dans la sculpture des bas-reliefs de la porte Saint-Martin. £n 1671 il remporta le grand prix, et devmt pensionnaire de l'Académie de France à Rome. A son retour, il fut admis à l'Académie , et donna un Polyphéme pour morceau de réception. Le plos connu de ses ouvrages est le Groupe de la Loire et du Loiret, placé aux Tuileries en avant de la grille de la place de la Concorde.

NaglCFt Neuei ÂUgewuines Kûmtler-Lexieon.

GLBIFBLAMD OU CLBlTBUklfD (Jean),

poète anglais, né à Loughborongh, en 16 13, mort à Londres, en 1659 Après avoir reçu sa première instruction à Hinckley et continué ses études à Cambridge , il fut chargé d'enseigner la rhétorique, et, à ce titre, de haranguer les personnages de distinction. Il se fit remarquer dès lors par la pureté et l'élégance de son style. Attaché à la cause de Charles I**", qu'il alla trouver à son quartier général d'Oxford , il y fut accueilli avec un honorable emfffessement Bien-

tôt il perdit son emploi, et, quoique nommé ensuite juge-avocat de la garnison de Nev?ark, il fut encore privé de cette position par la prise de Newark, en 1646, et dès lors fl vécut dans la pénurie, n'ayant pour se soutenir que les secours d'un frère , arrêté lui-même à Norwich, en 1655. Il fut emprisonné à Yarmouth, et remis en liberté parCromwdl, qui tint vis-à-vis du poète la conduite la plus généreuse. Les contemporains de Cleveland le regardaient comme supérieur à Milton, jugement que la postérité n'a point ratifié : ses oeuvres sont presque oubliées. La dernière édition qui en ait été publiée est de 1687.

Kose, New Mog. dieU — Biograph, brit.

clÎybs (Anne db), femme de Henri Vm.

Voy, Henri VUI.

^GLÈYBS (Marie ns), duchesse d'Oriéans, de Milan , etc., femme de lettres , née le 9 septembre 1426, morte à Chauny, en 1487. L'existence poétique et romanesque de cette princesse, à déÈaïut de grands événements biâtoriques, offre une étude des plus histmcUves sur les mœurs de l'époque qui la vit naître, et lui mérite une place dans cette biographie. Marie était née d'Adolphe IV^ duc de Clèves, et de Marie de Bourgogne, fille de Jean sans Peur. Philippe le Bon, duc de Bourgogne, et la duchesse Isabelle de Portugal, son épouse, onde et tante de Marie de Clèves, négocièrent son mariage avec Charles d'Oriéans, le duc-poète. Cette union fût célébrée en grande pompe, à Saint-Omer, le 6 novembre 1440. Marie était alors dans toute la Oeur de la jeunesse et toucliait à peine à sa quinzième année. Son mari, qu'elle n'avait jamais vu, et qui revenait d'Angleterre après vingt-cinq ans de captivité, était veuf de deux premières femmes, et avait vu le jour en 1391. Le duc de Bourgogne, principal auteur de ce mariage, se proposait par là de reconstituer à son profit une grande influence princière auprès de Charles VII. La politique , on le voit , détermina seule cette alliance, et laissait peu de place aux sympathies et aux convenances des personnes. Le duc d'Orléans ne donna pas même à sa jeune épouse la satisliauïtion ou l'orgueil de le voir rempUr la mission que lui destinait son cousin de Bourgogne. Peu propre à lutter contre un adversaire aussi redoutable que l'était le roi de France, Charies d'Oriéans fût repoussé froidement dès ses premières démonstrations ambitieuses.

En juin 1444 le duc et la duchesse d'Orléans se rendirent, à Nancy, oh le roi Charles YH tenait cour plénière. Parmi les personnages de distinction accourus à cette solennité chevaleresque, se trouvait un jeune gentilhomme qui avait servi le frère de Marie de Clèves en quafité d'écuyer pannetier, et que la duchesse avait connu à la cour de Bourgogne. L'auteur de la Chronique de Lalain raconte, en des termes fort curieux, les avances gracieuses que la ducJiesse fit alors au jeune écuyer et la conduite liabilement platonique dans laquelle ce dernier

CLï:VES

eut l'art «le se renfermer en cette périlleuse occurrence (1).

Leduc d'Orléans, contraint de renoncer à jouer un grand rôle près de Phabilc et déftant Charles VII, porta de l'autre côté des Alpes ses dernières velléités d'ambition. En 1447 il invoqua l'assistance de son puissant patron et allié le duc de Bourgogne, et, muni des secours qu'il en obtint , il se rendit dans le Milanais pour y revendiquer les droits qu'il tenait de sa mère, Valentine. Marie de Clèves accompagna et assista le duc dans ses tentatives. Mais en 1449, au retour de son voyage infructueux d'Italie , Charles d'Orléans, atteint par l'âge et les infirmités, dégoûté de la vie politique, pour laquelle il n'était point né, embrassa définitivement une existence calme, opulente, et embellie par le« charmes de la littérature. Marie de Clùves suivit naturellement son époux dans cette phase nouvelle, et prit aux côtés du prince et du |)oëte un rang distingué, auquel elle était appelée par la conformité de ses goûts et de ses facultés. Dos documents eucore inédits ou peu connus nous permettront d'esquisser en raccourci le portrait physique et moral de cette princesse. 11 existe à la Bibliothèque impériale un manuscrit (2), composé vers 1451 et marqué de la signature autographe de Marie de Clèves, qui présente au frontispice ses armes et son effigie, unies à celles de son mari. Le duc y paraît âgé d'environ soixante ans et la duchesse de trente-cinq. D'après cette niiniaturc, exécutée par un pinceau habile et probablement très-fidèle, Marie était grande , blonde , pâle et de cette constitution' lymphatique assez commune de tout temps chez les femmes nées dans les contrées riiénanes de la Belgique. Les libéralités de PhilipiKî le Bon, augmentées de celles de Charles VU, avaient établi de bonne heure sur un pied de magnificence la petite cour du duc d'Orléans. Cette cour, parfois nomade, avait son siège principal au château de Blois. La suite ou maison particulière de la duphe^-^se se composait d'une cinquantaine de personnes, parmi lesquelles liguraicnt douze dames, demoiselles et femmes; trois pages, un trésorier, un maître d'hôtel, un aumônier ; quatre charretiers ou cochers , quatre valets d'étable ; deux folles, un fou, une naine ; plusieurs médecins, chirurgiens, et astrologues ; des secrétaires , clercs et calligraphes ; des peintres, orfèvres, couturiers, tapissiers ; des tabourins , ménestrels , huissiers , etc, etc. Ce train ne fit que s'accroître lorsqu'en 1463 , le duc Charles étant mort, Marie de Clèves devint duchesse douairière d'Orléans. Des détails très-circonstanciés, auxquels nous devons renvoyer le lecteur (3), font

(1) Voy. Ift Chronique de Lalaio, dens la collecUon do Panthéon littéraire, grand in-8<>, iSks, pages 61S à 6«6.

(1) La Passion de Jésus-Christ, translatée en français ; ma. 7W6.

(9) VBïr les arcUfes de l'empire et lai m«. de la Blbl. impér.

connaitre le laxe dliahineineiitB, de liQonx, d« meubles, et les fantaisies de toutes espèces qu'alimentaient ses immenses rerenns. Les goAts de la duchesse étaient ceux d'une dame amonreuse, pour employer une expression propre de l'époque, c'est-à-direr adonnée aux incUnatioDg d'un cœur noble et tendre , ainsi qn'aui exe^ cices réservés à l'aristocratio et aux occnpatioiis d'un esprit cultivé. Marie aimait beauooap h chasse , et les comptes de sa dét>eose oénsA des mentions et descriptions ft^entes de son équipage, de ses elievaox , de ses lévriers et de ses faucons de vénerie. Elle se montnit curieuse de toutes les nouveautés singulières, el même bizarres, qui parvenaient à sa oonnaissanoe. 11 est juste d'ajouter que ses largesses s*exeroèr«at souvent d'une fîiçon mieux entendue, en sou-'' lageant l'infortune, ou en répandant antonr d'elle le bonheur et la prospérité. Marie de Clèves avait aussi un vif penchant pour la musique et les représentations dramatiques, telles qu'un art naissant pouvait les lui fournir. Pirini les peintres qu'elle entretenait au nombre de M officiers ou qu'elle employait à Toccasiony nom distinguerons un artiste appelé Piètre André ( Pietro Andréa), dont le nom indique assez l'origine italienne, et le célèbre Jean Fouquet, premier peintre calligraphe du rot Louis XI. La duchesse d'Orléans, selon l'usage de son terops accueillait et élevait autour d'elle les enfants naturels de son fbère Adolphe de Clèves et de s» proches, ou des officiers de sa cour. Elle leur accordait la même protection et la même soUidtiHie qu'à ses serviteurs les plus favorisés ou â ses parents légitimer. Elle trouva ces tr^iitions établies dans la maison de son mari par Valentine de Milan, ipii avait nourri avec une indulgente tendi*esse llllnstre bâtard de Danois. Marie de Clèves emprunta de Valentine sa devise personnelle, qui con^stait en un arrosoir oq chantepleure, versant des larmes aveeces roots : plus ne m^eM rien . L'épouse de Cliariesd'Orléaw se contenta d'y ajouter des pentée^^ et de joindre pour support h ses armes un cygne^ en commémoration du chevalier au cyyne^ qu'une traditîQO chevaleresque célébrait comme ayant étélefondsteur de la lignée des ducs de Clèree. A ess goéts^ fort mondains , la duchesse alliait des pratiqua de dévotion et des OHJvres pies trèS'-roultipUées. Mais sa passion la plus noble et la plus mémorable est celle qui l'animait en faveur de la littérature. Marie de Clèves posséda depuis son mariage une bibliothèque à elle propre, et qo'elie ne cessa d'accroître jusqu'à la fin de sa carrière. Non contente de faire transcrire pour son mêffi personnel les (envres de son mari, elle s'eierçait elle-même à composer des balladee el autres poésies. Deux de ces pièces qui nous soot restées portent , avec une teinte particnlière de mélancolie,- le reflet des qualités qui distàngnoit Chartes d'Oriéans, comme poète, et montreot que V^ve marchait avec raocèt sur les traocs

CLÉVES

' <i lecteur en pourra juger par le <)us allons reproduire :

ir la ducheue d'Orleuns-

'9ue attente •nte.

doulear, nte.

aer ou traduire par

.iuvragcs de littérature

.0 le roman du Chevalier

Irmle et Crusida, et plu-

.lie entretenait aux universitt^s

de Paris de jeunes clercs qui s'y

. nt dans diverses connaissances, et ce fut

t don à l'université de Cacn du premier

t possédèrent les grandes écoles de

e veuve, elle eut la tutelle et Tadmlnisrs biens de ses enfants, dont un porta ne royale sous le nom de Louis XII.

', Marie de Clèves, <iuchesse douairière , de Milan et de Valois, comtesse de Pavie et do Heaumont, dame d'Ast et , é|M)usa im simple gentilhomme artéucoup plus jeune qu'elle selon toute î, it nommé Jean de Rabodanges, sei- Boncourt, gouverneur ctl>ailli de Saintle fil faire des tapisseries sur lesquelles ait des rabots et des anges, ave<; ces Torcs n'est-il que rabots d* anges. Matait plus au mois de juillet 1487. Elle Cliauny, en Picardie, et fut Inhumée des Cordeliers de Blois, dont elle avait ifaitriœ, puis transférée dans la somplapelle d'Orléans, en l'église des Cé- ! Paris. Vallet de Viriville.

de l'empire, comptes orl^tnaiix ; rcght. K.

m. - MamucriU de la BMiothéqttê impé- % ortfftnaax : Ctévet, Ortéant'f^aioiât Habo- Manuscrit, (ooda de* Blaoca-Manteaax, n" 49 ; , rtc., du A Juillet IVVT.—Barante. Hist. dei ducs gne , etc. ; I8ts, In-S*. t Vil, p. 70.- Léon de ksDucÊ déBomrçofnM, tie.; 1M2. !»-••.«npollioa-Flgeac, L»Mii et Ckaries d'Or- .; 18U. in-«o. — Wernber Tesclienmaclier dt, jtfmalei atvim, JuUi, ete; Uestv.lTil.

» ( Marie de), prinoetie de Coodé , la e des enfiuktt de François 1*' de Clères, devers, et de Marguerite de Bourbon- , née en l&&3,roorte le 30 octobre 1574.

ilevée par u mère dans la religion calîlle portait le titre de marquite dlale, la cour BOUS le règne de Charles IX. Sa ta ausfiitôt tous les regards; et les poètes

OiaoïpolUoD, Us PoeOtt de CkarUi âTOrï, tù-ê; Jppmtdiee, p«ff. K»; iroj.iàédâm^ nu el iJ'habU te wtoim m foUpëi, ttc.

Ij, ta not Caen,

du temps la célébrèrent sous le nom de la belle Marie, Leduc d'Anjou, depuis Henri III, éprouva pour elle un violent amour. La dilTérence de religion , suivant ({uclques Mémoires , fbt la seule cause qui rem()écha de ré{)Ouser. Quoi qu'il en soit, Marie de Clèves ftit mariée en juillet 1572, à Henri, prince de Condé, son c usin germain.

Peu de temps après arriva la Saint-Barthélémy, qui força le prince de Condé et sa femme à abjurer le calvinisme : c'était deux mois après la célébration de leur mariage. Marie abjura publiquement, dans réglise de Saint-Denis , le 3 octobre 1572, et fut félicitée de sa conversion par un bref du pape. Le duc d'Anjou avait d'alxird été désolé du niariagede Marie de Clèves; ijiais son désespoir dura peu, car son poëte favori. Desportes, dans une élégie, a mis en vers épiques l'aventure de la princesse de Condé, jeune femme de seize à dix-sept ans alors, mariée depuis quelques mois à peine, séduite, dé- Iwuchée, presque enlevée par Marguerite de Valois, autre jeune femme de dix-neuf ans, au profit de son frère le duc d'Anjou. Il faut lire dans Desportes cette pièce, vraiment curieuse comme histoire des mœurs du temps. Les noms seuls sont changés, mais tout le «létaîl y e.st. Desportes, cependant , laisse entièrement à la charge de Marie «le Clèves ( Olympe ), la proposition d'aller au Louvre en compagnie de Marguerite de Valois ( Fleur de Lys) et de la belle M"** de Sauves, visiter le duc d'Anjou ( Eurylas ), le duc de Guise (Floridant)t et le gracieux Charry (Nicée), maître de camp des gardes, et compagnon d'Henri. Par un heureux hasard , Wa trois amies :

Sitôt qu'au vieux pabis sauii bruit furrnt entrées, î»e4 trola Jeunn amants rllex ^ont rencontréen.

Pendant le temps que Marguerite tient rigueur à

Cliarr>',

l.et aNMnt« déidreax et lf« de«x avtrea daaet Entrent au paradta tant de fola aoabaité, Airréablc séjour de leur félicité.

Ainsi, en ne tenant pas compte de l'exception obligée que Desportes fait en faveur de la soeur de son souverain, et l'on sait que Marguerite n'était pas femme à se contenter du rôle de j9ortière du paradis, il demeure établi , par un document rédigé, selon toute apparence, par les ordres et sous la dictée des acteurs eux-mêmes, que le duc d'Anjou, avec le duc de Guise et Cliarry, d'une part, la princesse de Condé, M™^ de Sauve et Marguerite de Valois, d*antre part, ont en commun,

Savouré les mi(n)>rde« caretscs.

Les sunpfrs, If« rcfrards, les doux ravlniieinents, Et ces peUts refus suMs d'tabrasscaenta.

Ces propos enflanioiéi, oes afréat>les plaintes. Ces désirables morts et ces colères feintes, etc., etc.,

dans une chambre du Louvre à nuaux argentés^

Où Ton volt à auln droite bm flcort saiole

Du paradis benreuz des amants fortanex

De leors longues douleurs à la fin Ruerdonnez.

L'âection de Henri au trône de Pologne vint séparer les deux amants. Marie mourut en couches deux ans après. Henri Hl, qui venait de

CLÊVES — CLEYNAERTS

succéder à Charies DC^ét était depuis un mois de retour de Pologne, en fut saisi d'une si vive douleur, qu'U resta enfermé plusieurs joars sans manger, dans un appartement tendu de noir, et ne reparut ensuite en public que couvert de ?étements de deuil parsemés de tètes de mort.

On trouve dans les Œuvres de Pasquier une complainte sur Marie de Clèves.

La PopllDiftre, HisMre de France, Ut. XXIV. fol. 11. — De Ttaoa, Historia, Ub. L. p. 490. — D*ADbtgné, Mémoires^ t 11, p. B. — Stomoodl, HMoire dês Français, XIX, p. 107 et IM. — A. Biusiere, dtns U Revue de Paris, 14 avril 18U.

*GLBTBSAAL (Georçc), musicien allemand, mort à Gœttingue, en 1725. Il était maître de quartier du coUége de ) Gœttingue, et se faisait remarquer par sa nelle voix. On a de lui : ùratio de musicx voluptate et commodo ejus insigni, insupremoelectorcUispœdagogii Gcettiri' gensis auditorio, iv non, nov, anni 1706 habitOf quo die auctoritate electorali cantor et collega rite renunciabatur ; Gœttingue, 1707, in-4».

Fétu, Dioçraphiê universelle des musiciens,

GLBTBR (André ) , médecin et botaniste allemand, né à Cassel, vivait au dix-septième siècle. Il se rendit à Batavia , dans llle de Java , et devint premier médecin de la compagnie hollandaise des Indes. Il profita de son s^our dans ce pays pour enrichir la botanique d'un ^rand nombre d'observations, insérées dans les Ephémérldes de VAcor demie impériale des Curieux de la nature, dont il était membre, sous le nom de Dioscoiide. Bien que Cleycr n'ait pas écrit de livre spécial mrïà flore de Java, il n'en a pas moins jeté une vive lumière sur l'histoire de beaucoup de plantes et de drogues médicinales, parmi lesquelles on peut citer le genseng, le cachou et le gingembre. On regrette que la brièveté de ses descriptions les rende souvent insuffisantes, lorsqu'elles ne sont pas accompagnées de figures. Thunberg a donné à un genre de plantes le nom de cleyera, qui a été changé depuis en celui de temstrœmia. Ce fut aussi à Batavia que Cleyer recueillit les matériaux des ouvrages qu'il publia sous les titres suivants : HerbarUim parvîtm sinias vocabulis insertis constans ; Francfort, 1680, in-4«; — Clavis medica, ad Chinarum doctrinam de pulsibus; Francfort, 1680, in-4* ; — Spécimen medicinx Sinicx , sive opuscula medica ad mentem Sinensium; Francfort, 1682, in-4°. Les opuscules rassemblés dans cet ouvrage sont au nombre de six, savoir : de Pulsibus, libri quatuor , e sinico translati ; — Tractatus de pulsibus ab erudito Europxo collecti ; — Fragmentum operis medici, ibidem ab erudito Europxo conscripti; — Excerpta ex litteris eruditi Éuropxi in China ; — Schemata ad meliorem prxcedentium intelligentiam ; — de Jndiciis morborum ex lingux coloribus et affectionibus, LeSpecimen medicinas Sinicx, orné de cent quarante-trois figures en taille-douce , » n'est antre chose dit la Biographie médicale^

qu'une traduction des quatre livres chiiMis de Wang-cho-Ho, faite par Michel Boym, et que.

Cleyer publia sans y mettre le nom du trMlue. tetir, en y joignant quelques morceaux, tnduili aussi du chinois, et probaMement par le mêm jésuite. Cet ouvrage a servi de base à tout ceux qui ont essayé de nous ftire connaître la grossière et empirique médecine des peuples floonii h la domination danoise. »

Éloj, Dictionnaire historique de la Wêédeebu, - Jfegraphie médicale,

GLBTN (François ), peintre dlilstoire etpt}sagiste danois, natif de Rostock, mort en lt58. n alla se perfectionner dans son artà Rome, et eaî bientôt une réputation méritée. D'abord attaché à la cour de Christian IV, roi de Danemark, H fut ensuite appelé k ceQe de Jacques I*', roi d'Angleterre, qui lui donna une pension de 100 liv. steriing. Il exécuta alors dereniarquablesdes* sins pour la fabrique de tapis de Moriack, et fil d'antres travaux, non moins distingués, povr quelques palais. Hollare et d'autres ont reproduit parla gravure plusieurs des productfons de ce peintre.

On lui a attribué quelques-unes des oniTres de son fils Francis, qui peut-être peignait dans le même genre. Le père signait F.-C., et l'une de ses compositions, les sept Arts libéraux, de scfit planches, est devenue très-rare.

Helnecke, Diet. -Nagier, Neues AUç. KurnsL-Utie,

GLBVNABBTSou glénabd (IVicolas), philologue hollandais, né à Diest, le 5 décembre U95, mort à Grenade, en 1542. Il professait à Louviin le grec et l'hébreu. Ayant résolu d'apprendre les langues orientales, il partit, en 1535, avec Jsan Vasaras de Bruges, visita Guillaume Budée à Paris, puis passa en Espagne, où il enseigna les langues il l'université de Salamanque. Jean III, roi de Portogai, l'appela près de lui, et lui confia l'éducation de son f^ère don Henri. Le désir de se perfectionner dans les divers dialectes arabes donna à Cleynaertsla pensée d'aller en Afrique: il arriva À Fez le 4 mai 1540, et y fit de rapides progrès ; il mourut À son retour en Espagne. Il avait commencé ime traduction du Coran, dont il se proposait de faire une réfutation en arabe. Il voulait ensuite faire répandre cet ouvrage dans tout l'Orie&t, espérant convertir ainsi beaucoup de mahométans au christianisme. Callenberg a publie à ce sujet un écrit intitulé : Nie, Clenardi circa Muhamedorum ad Christumconverskh nemconata; Halle, 1742, in-S**. On a de de^naerts: Tabula in grammaticam hebrxam; Louvain, 1529, in-S*" ; réimprimée avec des notes de Cinq-Arbres, Paris, 1564 ; — Institutiomes Itngux grxcx^ Louvain, 1530 ; réimprimées par Vossius en 1632; — Meditationes gracanicx; Louvain, 1531 ; — Epistolarum libri duo; Louvain, 1550 (rare), et 1551, in-8«; Hanovre»

1606, in-8'*.

Val«re André, ÉMiotheca àelçiea, p. M3. — U Mire, de Scrifiioninu sœeuli XFI, - N. Antonio. BibL Map., p. 4S. -BaUleC, HgemeiUs des savanU, itts. ~ MorM,

CLEYNAERTS

Grand dlcttoniuHr» kUtùriqmê. — Biographie générale 4êi Belges.

CLIGHTOTB 00 GLICTHOUB (JOSSe), en

latin Jodxus Clicthoveus, théologien flamand, né à Nieaport, mort à Chartres, le 22 septembre 1543. Il commença ses études à LooTain, et vint les terminer à Paris, au collège du cardinal Lemoine, sons Jacques Lefebvre d'Étaples. H professa ensuite la philosophie au coUége de Na* ▼arre, et se fit recevoir docteur le 3 décembre 1506. n fht ensuite nommé chanoine théologal à Chartres. H est un des premiers qui aient écrit contre Luther ; il le fit avec érudition et solidité, mais sans aigreur. Son latin est plus pur que celui des scolastiques de son temps. Érasme disait iles ouvrages de Clicthooe : Uberrimus rerum optimarum /ons. Ses principaux ouvrages sont: Anti'Lutherus ; Paris, 1523, et Cologne, 1525, in-fol. L'auteur y combat Tesprit de ré- ▼otte que Lutlier établit sons Tapparence d'une liberté évangéKqoe. II prend ensuite la défense de la célébration de la messe et des vœux monastiqoeSf et soutient, contrairement à Luther, que tous les chrétiens ne sont pas prêtres ; -— de Bello et Pace^ optuculumchristianos principes ad sedandoi bellorum tumuUus et pacem componendam exhortons; Paris, 1523, in-8® ; — Introductio in terminas, inartium divisionem; Paris, 1526, in-8®; — de Sacramento Eucharistix ; Paris, 1526, in-8*; — Propugnaeulun% Bcclesix adversus Lutheranos; Paris, 1526, in-fol. ; — Introductorium astronomicutn; Venise, 1528, in-fol.

Spoode, jinnatêt. — Valère André, BibUotheea bel' giea. - Le Mire. Blog. Belg. - Dopln, BiblMhéque det auteurs eeeUsiastiquês ( selzlèroe tiède ). — Morérl, Grand dktionnaire historigve. — Richard et Qlrand, BibUdMéque sacrée,

GLBTTON. Foy. ClATTON .

«GLiCQUBT (Paul), charpentier-ingénieur, né à Paris, vivait en 1690. Il inventa et construisit les machines qui ont servi à amener, monter et mettre en place les deux énormes pierres qui composent la cymaise du fronton de la principale porte de la colonnade du Louvre. Ces pierres, ayantchacune 54 pieds de long sur 8 delarge, et seulement 18 pouces d'épaisseur, exigèrent beaucoup de précautions. Clicquet déploya un grand talentponr en opérer le transport et la pose. Les machines dont il s'est servi sont décrites et gravées dans la dernière édition de Vitruve, traduction de Perrault; Paris, 1768, in-12.

Cbaadon et Deltndlne, DlctUmnaire universel.

* CLiGQVOT ( François-Henri) y l'un des plus habiles facteurs d'orgues qu'U y ait eu en France an dix-huitième siècle, naquit à Paris, en 1 728, et mourut dans la même ville, en 1791. On lui doit l'introduction dans l'orgue du jeu de hautbois et de notables améliorations dans les diverses parties du mécanisme de l'instrument. H abolit les claviers défectifs, et voulut que les gammes chromatiques fussent complètes au clavier des pédales amsi qu'aux claviers des mains. Son talent con-

— CLÎCQUOT â58

sistait principalement à donner aux jeux de l'orgue une bonne qualité de son et une harmonie convenable; mais ses instruments ont ledéfimt commun, aux anciennes orgues françaises, d'être trop chargés de jeux d'anches de grandes dimensions et de n'être pas assez variés dans les jeux de récit ; cependant, on trouve dans les orgues de CUcquot qui subsistent encore une certaine qualité de son difficile à obtenir aujourd'hui, malgré l'amélioration de beaucoup de procédés. Le premier orgue important construit par ce facteur fiit celui de Saint-Gervais, achevé en 17C0. Clicquot prit ensuite DaUery pour associé, et fit avec lui les orgues de Notre-Dame, de Saint-Nicolas des Champs , de Saint-Méry , de la Sainte-Chapelle et de la Chapelle du roi, à Versailles. Plus tard il rompit son association avec DaUery, et entreprit seul la construction du bel orgue de Saint-Sulpice ; ce majestueux instrument est le plus considérable de tous ceux qui sont sortis des ateliers de Clicquot.

DlEUDONNÉ DeNNB-BaROM.

P«ti8. Biographie universelle des musiciens. — A. de La Page, Bapport.sur l'orgue de Péglise rogale de Saint-Denis: Paris, 18M.

CLICQUOT de BLBRTACHB (Svmon ), écono* miste français, né àReims,le 7 mai 1723, mort le 31 juillet 1796. H fut élu procureur syndic de sa ville natale en 1760, et nommé en 1765 inspecteur général du commerce. En 1778 il fut admis à l'Académie d'Amiens, et en 1788 à la Société d'agriculture de Paris. L'ordre de Saint-Michel lui avait été accordé. On a de lui : Dissertation sur VeJJet que produit le taux de Vintérét de Vargent sur VagricuUure et le commerce ; Amiens, 1755, in-8" : cette Dissertation obtint un prix à l'Académie d'Amiens ; — Dissertation sur Vétat du commerce en France, depuis Hugues Capet jusqu'à François /" ; Amiens, 1756, in-8*' ( couronnée par la même académie) ; ~ Mémoire sur les corps de métiers; Amiens, 1757, in-8'' (couronné par la même académie), réimprimé sous le pseudonyme de Z)e/i5fo; La Haye (Amiens), 1758, in-8° : cet ouvrage est rempli de vérités utiles et de vues ju«li« cieuses ; l'abbé Coyer y puisa son roman Càinki;

— Considérations sur le onmmerce, et en particulier sur les compagnies, sociétés et mattriseSf en collaboration avec M . de Goumay ; Amsterdam, 1758, in-12; — Discours sur les avantages et les inconvénients du commerce extérieur ; Paris, 1778, in-8® ; — Mémoire sur les moyens d'améliorer en France la condition des laboureurs, des journaliers , etc.; Paris et Chambéry, 1783 , 2 vol. in-8« : cet ouvrage, couronné par l'Académie de Chàlons-sur-Mame, a été réimprimé, sous le titre de VAmi du cultivateur , par un Savoyard; Chambéry, 1789, 2 vol. in-8^; — Mémoire sur la possibilité et rutilité d'améliorer les laines dans la province de Champagne; Paris, 1787 , in-8*; — Considérations sur le traité de commerce du

b59 OJCQUOT — CLIFFORD

26 septembre 1786 entre la France et la Grande-Bretaçne; Paris, 1789, in-8°; — Mémoire sur Vétat du commerce intérieur et extérieur de la France^ depuis lapremière croisade jusqu'à Louis XII ; Paris, 1790, in-8" (coaronné en 1789, par rAcadémic des inscriptions). Clicquot de Blenrache a laissé en nionuscrits : Sur la navigation de la Vesle , inéD.oire présenté k Turgot, en 1775 ; — Essai sur le commerce du Levant; — Sur la droiture du cour, aussi nécessaire que la justesse de Vesprit dans la recherche de la vérité; — Éloge de Sully; — plusieurs Mémoires sur le commerce ; des Notes littéraires, un Recueil de poésies, etc., etc.

FréroD, jinMê lUUrairê , 1171, 1, uo. - Qoérard, la France UUérairt.

CUOKMB (KXeCSTKio;), et non GLITODÀMB,

historien attique, Tivait vers 470 avant J.-C. Voici, d'après Athénée, la liste de ses ouvrages : *£^)Y7rnx6c : c'était probablement un traité en vers sur les rites et les cérémonies religieuses; — *AtOCc : c'était une description et une histoire de l'Attique ; — IlpcoTo^ovia , ouvrage sur les antiquités du même pays ; — Ndoroi : Athénée emprunte au huitième livre de ce dernier ouvragie un passage relatif à la restauration de Pisistrate et au mariage d'Hipparche avec Phya.

Athénée. XII ; - PUUrquo , ^rUtkLe, ~ Vosilas , ds UistoricU çraecis.

GLiBU OU DBCUBV (Gabriel de), marin français , célèbre pour avoir introduit la culture du cafier dans les Antilles, né en Normandie, en 1C86, mort près de Dieppe, le 29 novembre 1774. Il entra dans la marine royale, parvint au grade de capitaine de vaisseau, et fut nommé, en 1723, lieutenant de roi à la Martinique. Le fait le plus remarquable de son administratbn fut l'introduction du café dans cette lie. Clieu a raconté lui-même, dans une lettre au rédacteur de l'Année littéraire^ comment il transporta d'Europe en Amérique la plante précieuse qui allait devenir une des branches les plus considérables du revenu des Antilles. Voici un extrait de cette lettre, fort intéressante : « J'étais en 1720 capitaine d'inlaateric à la Martinique. Des affaires personnelles me rappelèrent en France dans la même année ; mais, plus occupé du bien public que de mes propres intérêts, sans être découragé par le peu de succès des tentatives qu'on avait faites depuis quarante ans pour introduire et naturaliser le café dans nos lies , je fis de nouvelles démarches pour en obtenir un pie<] au Jardin du roi : elles furent longtemps infructueuses. Je revins plusieurs fois à la charge sans me rebuter; enfin, la réussite couronna ma

constance Il est mutile d'entrer dans le

détail des soins infinis qu'il me fallut donner à cette plante délicate pendant une longue traversée , et de la peine que j'eus à la sauver des mains d'un homme bassement jaloux du bonheur que j'allais goûter d'être utile h ma patrie, et qui, B'ayant pu parvenir à m'enlever ce pied de café,

MO en arracha une branche ; je ne pais cepodart m'empêcher de dire que l'eau devenant raredau le vaisMau qui me portait , ei n'étant dirttibaée à chacun qu'avec mesure , je partageai avec m .plante chérie le peu qu'on m'en donna. Je fts à peine débarqué à la Martinique , que je pbolii dans un terrain convenable et préparé cet arbulB précieux, qui m'était encore devenu plus cher pv lee dangers qu'il avait courus et par les soîm qu'il m'avait coûtés. Au bout de dix-hnit m Tingt mois, j'eosune récolte trte-abondaote; b fèves en furent distribuées aux maisons leli^ ses et à divers habitants qui connaissaient le prix de cette production et pressentaient combien die devait les enrichir; elle s'étendit de proche a proche; je continoai à distribuer les fruits des jeunes plants qui croissaient à l'ombre da père commun. La Guadeloupe et Saint -DonuagM en furent bientût abondamment poorvoes.^.

Cette nouvelle production se multipliait partout Mais ce qui en rendit les progrte pJus rapides à la Martinique , ce fut la mortalité qui frappa tous les cacaotiers, sans exception Ce qu'on appelle les petits liahitants, au nombre de cbq i six mille , absolument dépourvus par là d'une denrée territoriale presque la seule quils eo»sent à éciianger contre celles de France, Re trouvèrent de ressource que dans la culture du café, à laquelle ils se livrèrent exclusivemeul, avec un succès qui passa leurs espérances, et qui répara bientût leurs pertes. L'tle se troon couveile en trois ans d'autant de milliers de cafiers qu'elle avait eu de cacaotiers. Voilà h vraie marche de l'introduction du café dans les Iles sous le Vent; c'est une souree inépuisable de richesses pour les quatre cinquièmat de lean habitants. »

Les colons de Saint-Donûngtie proposèrent à plusieurs reprises d'élever un monument à ce généreux marin ; mais ce projet n'a pas eo de suite. Clieu est peut-être Hiomme auquel les colonies françaises doivent le plus de reconnaissant, n fut gouverneur de la Guadeloupe, et se distingua, en 1759, lors du bombardement dnHivre. GaiU)ert , Mémoires bioçraphtqmes, etc.

GLiFFOBD {George), trolslènie conte île Cumberiand, aventurier aurais, né à Brongham Castle ( Westmoreland ), le 8 août 1558, mort à Londres , le 30 octobre 1605. Il montra de bonne heure un goût décidé pour la marine, et se prépara à suiTre c«tte carrière par Tétude des mathématiques et de la navigation. Deau , bioi fait, excellent dans les exercices chevaleresques, il ne tarda pas à gagner les bonnes grâces de U reine Elisabeth, qui dans les tournois et carroosels le choisit souvent pour son chevalier. Un jour elle lui donna son gant ; diflbrd le Wi garmr de pierreries, et depuis le porta à son chapeau. En 1586 , comme pair d'Angleterre, il prit part à l'arrêt inique qui fH monter la reine Marie Stuart sur l'échafhud. Le 17 août de la même année, ClifTord partit de Plymooth avec

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