‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 2)Chapitre 100 sur 180 · AGNÈS · texte numérisé non relu

AGNÈS

du quatorzième siècle, obtint de Visconti, seigneur de Milan, les secours nécessaires pour asservir sa patrie. Encouragé par ce dernier, qui se réservait de s'emparer plus tard de Pise , Agnello exécuta, dans la nuit d'un jour du mois d'août 1364 , un hardi coup de main : il prit avec quelques spadassins le palais public , fit enlever de leur lit tous les magistrats , et , les ayant fait conduire devant lui , il leur déclara que la sainte Vierge lui venait d'accorder la seigneurie de Pise , et leur fit prêter serment de fidélité au milieu d'épées nues. Le 5 septembre 1368, il obtint de l'empereui* Charles IV le titre de doge. Le même jour, Agnello tomba d'un échafaudage où il venait d'être armé chevalier, et se cassa la cuisse. Le peuple, averti de cet accident, s'empara de la citadelle, chassa les satellites du nouveau doge, et recouvra la liberté.

PignottI , Storia délia Toscana. — Boita , Storia, d'Italia.

*AG?fELLO MAFFEï (Scipion), natif de Mantoue, nommé évêquede Casai en 1624, consacra luie partie de sa vie à l'histoire de sa ville natale, qui fut publiée par son neveu Lepido- Maria-Agnelio Maffei, sous ce titre : gli Annali di 3Ian loua ; Tortona , 1655, in-fol. E. D.

Cataliigiie inédit de la Iiibliolliè(|ue nationale.

AGNÈS (sainte), subit le martyre en 303 de J.-C. Elle appartenait à une famille romaine trèsdi.stinguée. Soupçonnée d'avoir embrassé secrètement le christianisme, elle fut enveloppée dans la persécution que les sectateurs de cette religion éprouvèrent sous Dioclétien. Un miracle, dit la légende, préserva sa chasteté d'un attentat qui aurait été pour la jeune fille le plus grand des supplices. Sa mort héroïque est fêtée par l'Église catholique le 29 janvier de chaque année. Un beau tableau du Tintoret nous retrace le miracle opéré sur l'homme qui était venu pour attenter à la pudeur de la jeune fille : il fut frappé de cécité; mais, à la prière de ses amis, la sainte lui rendit la vue. Dans un autre tableau, chef-d'œuvre du Dominiquin, on la voit à sa dernière heure, radieuse au milieu de ses bourreaux. [Enc. des g. du m. ]

Acta Sarictorum,mens. crp?n7. — Baillet, P^ie des Saints,

— .J. k. Martigny, Notice historiqve, lituniique et archéologique sur le culte de sainte Jçinès; Lyon, 1847.

AGNÈS DE France , impératrice de Constantinople, était fille de Louis le Jeune et sœur de Philippe-Auguste. Elle épousa, le 2 mars 1180, à l'âge de neuf ans, Alexis Comnène, dit le Jeune. Andronic Comnène ayant usurpé l'empire, fit mourir Alexis et en épousa la veuve, dont il n'eut point d'enfants. Ce prince mourut en 1185. Agnès aima à la cour de Constantinople Théodore Rranas, homme de qualité, lui accorda sa main (en 1205 ) , et en eut une fille, qui fut belle-mère de Guillaume de Villçhardouin.

Guillaume de Tyr, I. XXII. — Nicétas; Albcric, m Chron., A. C. IIO'* et llûo.

ACNKS DE MÉRANiR, reine de France, était fille de Berthold, duc de Méranie, dans la haute

Saxe. Philippe-Auguste ayant répudié Ingelburçe, l'épousa en 1196, et en eut un fils et une fille. Mais les censures de l'Église lancées contre ce monarque l'obligèrent d'abandonner Agnès , qui en mourut de douleur au château de Poissy, l'an 1201. Son mariage, contracté sur la foi d'un jugement qui prononçait la séparation du roi et d'Ingelburge, engagea le pape Innocent III à légitimer les deux enfants qu'elle avait eus de Philippe. (Voy. Philippe-Auguste.) M. Ponsard a fait d'Agnès de Méranie le sujet d'une tragédie.

Guillaume le Breton et Bigod, P^ie de Philippe-Juffuste. — M. Capefigue , Histoire de Philippe-Auguste.

AGNÈS , comtesse d'Orlamùnde , vécut dans la seconde moitié du treizième siècle. Issue de la famille ducale de Méran éteinte en 1248, elle épousa Otton , comte d'OrlamiJnde , dont elle eut deux enfants. Après la mort de son mari , elle s'éprit d'araourpour Albrecht le Bel, burgrave de Nuremberg ; et , se voyant rebutée , elle tua ses propres enfants, et mourut à Hof en prison. Une tradition populaire la fait apparaître sous le nom de la Dame blanche , qui a prédit tant d'événements funestes pour la maison royale de Prusse. [ Conversations- Lexicon. ]

AGMÈs d'Autricbe, fille de l'empereur Albert I^'' et petite-fille de Rodolphe de Habsbourg, naquit en 1280, et mourut en 1364. Cette princesse avait hérité du caractère inébranlable et même féroce de son père. Sans elle , la maison d'Autriche serait peut-être retombée dans une position secondaire, après le meurtre de l'empereur. La famiUe d'Albert était frappée d'effroi, parce qu'elle considérait cet événement comme le signe d i mécontentement universel, provoqué par le despotisme du monarque. Agnès découviit, par des recherches infatigables , que l'assassinat de son père n'avait eu pour cause que l'inimitié d'un de ses neveux , Jean le Parricide. Aussitôt elle excita ses frères, et surtout Frédéric et Léopold, à prendre les armes contre les conspirateurs. Ces derniers se réfugièrent d'abord dans quelques places fortes; mais, ne pouvant s'y maintenir, ils prirent la fuite; et les habitants de toutes les viDes qui leur avaient donné asile ou livré passage portèrent la peine d'un crime qui leur était étranger. Agnès poursuivait ses frères de clameurs et de reproches , lorsque leur ressentiment semblait s'affaiblir; et, à ses instigations, ils passèrent au fil de l'épée toutes les garnisons des forteresses on les meurtriers d'Albert avaient essayé de se défendre. Agnès prononça un arrêt de mort contre tous leurs domestiques et tous leurs vassaux sans distinction, exigea la confiscation de leurs biens et le tannissement de leurs familles. La veuve d'Albert joignit sa vengeance à celle de sa fille.

L'un de ses fils , Frédéric le Beau , voulant un jour arrêter les torrents de sang que la fureur de ces deux femmes faisait répandre : « On voit bien, « lui dit sa mère , que tu n'as pas contemplé le « cadavre sanglant et défiguré de celui qui fut ton

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