‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 2)Chapitre 101 sur 180 · AGNÈS 39G · texte numérisé non relu

AGNÈS 39G

« père et mon époux. Je consentirais volontiers «■ et avec joie à prolonger mes jours par le travail (> de mes mains , ou en demandant l'aumône sur <t les chemins pubUcs, si je pouvais rappeler mon « Albert à la vie. » Agnès présida, du haut d'une espèce de trône, au supplice de soixante-trois paysans sujets de Rodolphe de Bakn , l'un des assassins d'Albert. Ces malheureux moururent en prenant le ciel à témoin de leur innocence. Durant l'exécution, Agnès répétait, un chapelet à la main, ces mots d'une ancienne légende , dite de sainte Elisabeth : « Je me baigne à présent dans la ro- « sée de mai. » Rodolphe de Wart, un autre des coupables , périt à ses yeux sur la roue ; et le hasard ayant mis en sa puissance un fils encore enfant de Walter d'Eschenbach , celui qui avait porté à Albert le coup mortel, elle voulut l'étrangler de ses propres mains : des soldats le lui arrachèrent. L'histoire porte à plus de mille personnes le nombre des victimes immolées par Agnès sur le tombeau de son père. Après s'être ainsi couverte de sang, elle fonda un monastère sur le lieu même où le meurtre avait été commis, et se livra dans cette retraite à la dévotion la plus austère ; elle y passa plus de cinquante ans au pied des autels. Un vieux ermite , qui traversait la Suisse, arriva un soir près du cloître qu'habitait Agnès : elle s'empressa de lui témoigner sa vénération et de lui offrir un asile. <• Princesse, « lui dit-il, des édifices cimentés du sang inno- « cent, des aumônes fruit de la spoliation des « familles , ne plaisent ni à Dieu ni à ses servi- « teurs. Ce que le ciel exige , c'est l'oubli des in- « jures, la miséricorde et la pitié. » Et après avoir prononcé ces paroles, il s'éloigna. — Agnès avait épousé en 1296 André, roi de Hongrie, que la mort vint surprendre fort peu de temps après son mariage. Quant à Agnès , elie parvint à un âge avancé.

BcnjMinin Constant, dnns ia Biogr. vniv. — 3. IMiilIcr, f'.eschichte der Schireizerischcn Eidgeiiossenachaft , t. Il , p. IS etc. — Zschokke, Histoire de la Suisse.

AGMÈs SOREL OU SOREAU, maîtresse de Charles VII , roi de France , fille d'un gentilhomme attaché à la maison de Clermont , née à Fromenteau en Touraine en 1409, morte le 9 février 1450. Elie joignit aux dons extérieurs toutes les qualités de l'esprit que l'éducation de cette époque pouvait développer. A l'âge de quinze ans elle fut placée comme fille d'honneur auprès d'Isabelle de Lorraine, duchesse d'Anjou. Vers 1431, elle vint, avec la duchesse, à la cour de Charles VU , qui, bientôt séduit par sa beauté, la nomma dame d'honneur de la reine. Agnès répondit bientôt à îa passion qu'elle inspirait. Pendant quelque temps cette liaison demeura cachée; mais les faveurs dont furent accablés les parents de la demoiselle de Fromenteau, comme on l'appelait, et ses prodigalités, firent bientôt connaître l'ascendant qu'elle exerçait sur le roi. Au reste , si l'on en croit la tradition , elle ne s'en servit que pour réveiller Charles VII de son indolence, et le contraindre à seconder les efforts

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