AGNESI
quantité de gens présents, qui oncques ne la virent toucher par le roy au-dessoûsdu menton... j et que si aulcune chose... elle a commise avec le roy dont on n'auroit pu s'apercevoir, cela auroit esté fait très-cauteleusement et en cachette : elle estoit encore au service de la roine de Sicile (Marie d'Anjou). » Les trois filles qu'elle eut de Charles vn furent déclarées filles de France, et richement mariées.
iVlonstrelet, la Chronique de Saint-Denys. — Belleforest, Cosmographie. — Brantôme, Mémoires et P'ies des Dames galantes, t. II, p. 310. — Histoire de Charles f^ll, roy de France, par Jean Cliarlier, sous-chantre do Saint- Denys, etc., mise en lumière par Denys Godefroy ; Paris, 1661. — Histoire des Favorites; Amsterdam, 1700. tom. I, p. 103, 137. — Salnt-Edrae, Amours et galanteries des rois de France ; Paris, 1830. 1. 1.
AGNESi ( Marie-Gaétane d' ) , savante italienne , naquit à Milan le 16 mai, 1718, et mourut le 4 août 1799. A neuf ans elle parlait déjà très-bien le latin , et fit même dans cette langue un discours où elle chercha à démontrer que l'étude des langues anciennes ne devait pas être étrangère à son sexe. Ce discours fut imprimé à Milan en 1727. On rapporte aussi qu'à onze ans elle parlait le grec aussi couramment que sa langue maternelle. Elle étudia ensuite lés langues orientales, et fit de si grands progrès, qu'on lui donna le surnom de Polyglotte ambulûnte. Elle s'occupa en même temps de géométrie et de philosophie spéculative. Son père favorisait les goûts de sa fille en réunissant chez lui des sociétés savantes, devant lesquelles la jeune Marie .proposait et soutenait des thèses philosophiques. Un contemporain , le président da Brosses , assure, dans ses Lettres sur l'Italie , qu'on ne peut rien concevoir de plus agréable que les conversations avec cette jeune personne,^ l'une des plus jolies et des plus instruites de son temps. A vingt ans , ces -controverses philosophiques la rebutèrent; cependant son pèi'e crut devoir publier les différentes thèses qu'elle avait défendues. Elles sont au nombre de cent quatre-vingtonze, et ont été publiées en 1738, sous le titre de Propositiones philosophicee (Milan*). Dès lors elle se voua entièrement à l'étude des mathématiques , dans lesquelles elle alla si loin, qu'elle écrivit un excellent mémoire sur les sections coniques , et qu'à l'âge de trente ans elle publia des Éléments d'analyse ( Instituzioni anatitiche ; 1745, 2 voi. in-4° ), que l'on a considérés comme la meilleure introduction aux ouvrages d'Kuler. Ce travail , qui a été traduit en anglais par Colson, professeur de l'université de Cambridge , et en français par d'Antelmy , avec des notes de Bossut , lui acquit une telle réputation, qu'à trente-deux ans elle fut nommée professeur de mathématiques à l'univcrs'té de Bologne. L'étude des mathématiques lui fit sans doute perdre entièrement le goût du monde , qu'elle quitta pour entrer dans l'ordre rigoureux des Sœurs-Bleues. Elle mourut à l'âge de quatrevingt-un ans.
L'Éloge historique de mademoiselle Agnesi,