‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 2)Chapitre 109 sur 180 · AGREDA · texte numérisé non relu

AGREDA

tout ce qui y était contenu lui avait été révélé. La lecture en fut cependant défendue à Rome; et le père Crozet, récollet de Marseille, en ayant publié la première partie en français, la Sorbonne la censura très- vivement en 1696. L'ambassadeur d'Espagne près la cour de France fut chargé de demander officiellement, en 1699, la révocation du décret de la Sorbonne; mais il ne l'obtint pas. La ti-aduction entière , faite par le P. Crozet, a paru à Bruxelles en 1715, 3 vol. in-4° ou 8 vol. in- 12. — Bossuet a lui-même relevé les iniiocences de ce livre.

Dictionnaire de Bayle. — Journal des Savants, année IGDG. — Nicolas Antonio, Bibtiotheca Hispana Nova.

* AGREDA Y VARGAS ( Doïi Dïégo ), littérateur espagnol, vivait à Madrid vers le commencement du dix-septième siècle. On a de lui : Novelas inorales, utiles por sus documentos; Valencia, 1620; et une traduction espagnole des Amours de Clltophon et de Leucippe, d'AcMUe Tatius. E. D.

Catalosne inédit de la Bibliothèque nationale.

*AGRESTA {D. Apollinaire), général de l'ordre de Saint-Basile à la fin du dix-septième siècle, a fait imprimer un Psautier grec et une Liturgie grecque à l'instar du Missel latin, pour l'usage des moines italo-grecs de l'ordre de Saint- Basile. On lui doit aussi la Vie de saint Jean Theresle, abbé archimandrite del'ordre de Saint- Basile, dont il parut une seconde édition à Rome en 1677, in-4°. E. D.

Catalogue inédit de la Bibliothètiue nationale.

*AGRESTi [Livio), peintre d'histoire, travailla au Vatican par les ordres du pape Grégoire Xin ; il mourut en 1 580.

Baglione, l^'ite de' pittori, etc — Orlandi, Abecedario pittorico. — Heineken, Dictionnaire des Artistes.

*AGKîCi!JS ( Censorius Atticus), rhéteur et professeur de belles-lettres à Bordeaux vers l'an 370, s'acquit une grande réputation par son éloquence. On a de lui un traité ingénieux sur la propriété et sur les différences des synonymes latins.

Un autre Agricius a publié les ouvrages de grammaire d'Isidore de Séville et de quelques autres grammairiens anciens.

Baehr, Hist. de la lilteralure romaine.

*AGRiciiTS (Matthias), de "Wiltlich, ville delà Prusse, est auteur d'un Éloge de f Aurore, imprimé à Trêves en 1588. Il prétend que l'aurore est le meilleur moment pour s'occuper d'affaires ou pour se livrer à l'étude. E. D.

Calalopue inédit de la Bibliothèque nationale.

AGRICOLA {Cnxus Julius), né à Fréjus l'an 38 de J.-C, mort dans l'an 94 , consul et général romain , immortalisé par son gendre Tacite. Petit-fils de deux procurateurs des Césars, fils d'un sénateur, Agricola fit ses études à Marseille, ses premières armes dans la Bretagne, et passa de l'enthousiasme de la philosophie à celui de la gloire militaire. Questeur intègre auprès d'un proconsul concussionnaire , tribun muet sous Néron , préteur religieux sous Galba,

gouverneur chéri d'Aquitaine, et consul honoré sous Vespasien ; lorsque ce dernier empei'cur commençait à rendre moins pénible pour les Romains la perte de leur libei'lé , Agricola fut envoyé chez ces Bretons à qui Jules César avait voulu ravir la leur, et qui la défendaient depuis cinquante ans avec une opiniâtreté indomptable.

Il était dans la mission d'Agricola de subjuguer les Bretons, et dans son cœur de les civiliser : il réussit à l'un et à l'autre. Voulant signaler son arrivée par un début qui tout à la fois frappât l'espi'it de ces différentes peuplades et relevât le courage de sa propre ai-méc , il courut en plein hiver contre les Ordoriques , qui venaient d'exterminer une division de ca\aleric romaine , entraîna ses troupes qui hésitaient , en marchant partout à leur tète ; gra\ it les montagnes , atteignit les insurgés , les tailla en pièces, revint conquérir à la nage l'île de Mona, dont les habitants, le voyant sans vaisseaux, n'avaient pas même songé à se défendre contre une agression de sa part. Pendant six campagnes , Agricola marcha de succès en succès , poussant toujours les barbares devant lui, employant les étés à soumettre de nouvelles nations, les hivers à instruire dans les arts de la paix ceux que le sort de la guerre avait mis en son pouvoir, et à se concilier, par la justice de son gouvernement, ceux qu'avait domptés la force de son bras. Parvenu aux deux golfes et à la langue de terre qui sépare la Bretagne de l'Ecosse, appelée alors Calédonie , il osa le premier traverser c. s golfes sur un navire, borda les deux rivages de ses flottes, occupa le défilé par ses troupes; et les barbares, qui avaient toujours reculé, emmenant avec eux leurs £amillcs, leurs trésors , leur bétail , se virent enfermés , pour ainsi dire, dans une seconde île. Alors le désespoir vint ranimer le courage de ces fiers Bi'etons, qui n'avaient plus à choisir qu'enfie la vengeance et les fers , et qui aimaient mieux mourir que servir.

L'issue delà sixième campagne fut indécise; et , dès l'ouverture de la se]itièmc , d'un côté Galgacus à la tête d'une multitude innombrable rassemblée de tous les cantons de la Bretagne, de la Calédonie , de l'Hibernie ; de l'autre, Agricola conduisant une ai'mée où des Bretons sou-j mis s'étaient déjà mêlés aux Romains vainqueurs, se trouvèrent en présence, impatients de décider cette grande lutte. Cette fois encore les Romains l'emportèrent, non par l'ascendant d'une bravoure supérieure à celle de leurs adversaires,mais parl'avantage que ladiscipline donne toujours à une valeur exercée sur une intrépidité aveugle, et aux mouvements mécaniques des corps sur les plus nobles transports du cœur humain. Tacite nous peint en traits de feu, à côté de la joie et du butin des vainqueurs , lai désolation et la misère des vaincus, eri-ant tousi à l'aventure, hommes et femmes, confondant leurs lamentations, traînant leurs blessés , s'ap;?

40'J AGRIi

pelant lesunsîes autres, abandonnant leurs maisons en y mettant eux-mêmes le feu ; les pères et les époux allant et revenant de la rage à l'abattement, et de l'abattement à la rage, à l'aspect de leurs enfants et de leurs femmes; plusieurs même les massacrant par une espèce de pitié. Alors Agrico'.a fut le triomphateur de la Bretagne, de la Calédonie, de toutes les îles Orcades. Il se disposait à être celui de l'Hibernie. Un des rois de cette île, chassé de ses États par une espèce de sédition ( on croit que c'est le Thuathal Téachmar des chroniques irlandaises), était venu implorer le secours du gouverneur romain , et Agricola le retenait près de lui, dit Tacite, sous le voile de l'amitié, avec le projet d'en faire l'instrument d'une nouvelle conquête; mais Vespasien n'étant plus, Domitien, monté sur le trône du monde, fut jaloux des victoires d'Agricola. Forcé de le louer en public, a lui envoya l'ordre secret de revenii", et de rentrer dans Rome pendant la nuit. Un froid embrassement , un silence ténébreux décélèrent l'âme de tj'ran dès sa première entrevue avec le vainqueur de la Bretagne. Ni la profonde sagesse d'Agiicola, ni sa vie retirée, ni le sacrifice qu'il avait fait sans murmurer des honneurs du triomphe, ni le refus qu'il y joignit du gouvernement qui lui appartenait de droit, ni la candeur avec laquelle il se justifia de plusieurs accusations intentées contre lui , rien ne put le sauver de la mort. Il était âgé de cinquante-six ans. Son père avait été tué par l'ordre de Caligula, sa mère massacrée par les satellites d'Othon; et l'opinion générale fut qu'il avait été empoisonné par Domitien, qui n'en parut pas moins les yeux baignés de larmes au milieu du deuil public, « désormais en repos sur l'objet de sa haine, dit Tacite, et cachant mieux la joie par la crainte. » On ouvrit le testament du défunt : Domitien s'y trouva institué cohéritier avec le plus tendre des fils et la meilleure des femmes; on le vit s'en réjouir comme d'un honneur et d'un hommage. « Les adulations continuelles l'avaient fait arriver à ce degré d'aveuglement et de corruption, qu'il ignorait que les bons pères n'appellent à leur succession que les mauvais princes. » — « 0 Agricola ! s'écrie le sublime historien de ce grand homme, heureux par l'éclat de la vie , tu le fus encore par l'époque de la mort. Tu n'as pas vu les portes du sénat assiégées, les sénateurs investis de soldats, tous ces consulaires enveloppés dans le même massacre, tous ces illustres Romains exilés et fugitifs ! »

Taritc. Jvl. Agricolx Fita.— Lally-Tolendal , dans la Bio'jr. uiiiners.

* AGRicohx (Alexandre), nom sous lequel, d'après Fabricius, Pierre Burmann publia, en 1723, son ouvrage sur la littérature des Scythes : Sapientia hyperborealis.

*ACRicoLA { Barthéletmj) , jurisconsulte allemand, a publié en 1619 un ouvrage ayant

Page 1