‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 2)Chapitre 115 sur 180 · AHMAD SHAH — AHMED · texte numérisé non relu

AHMAD SHAH — AHMED

venus à réunir, vers la fin de l'année 1760 , l'armée la plus nombreuse et la plus forte en artilïerie que jamais chefs hindous eussent commandée. Le généralissime de la confédération musulmane, de son côté , avait concentré ses vieilles bandes et les contingents de ses auxiliaires dans les conditions les plus favorables à l'attaque comme à la défense. Les Mahrattes, commandés par le brahmân Sedasheo-Bhâo (communément appelé le Bhâo ) , prirent leur dernière position à Panipat, et s'y retranchèrent. C'était là que déjà, plus d'une fois , le hasard d'une grande bataille avait décidé du sort de l'Hindoustân. Ahmâd vint camper devant Panipat, et couvrit ses lignes de forts abatis. Il disposa ses forces de manière à intercepter tous les convois qtii pouvaient ravitailler ses ennemis. Bientôt le manque de vivi'es se fit sentir dans le camp retranché de Panipat , et le Bhâo dut se décider à risquer une action génél'ale. II sortit de ses lignes au jour et à l'heure , pour ainsi dire , prévus par son habile antagoniste, et vint au lever du soleil, le 6 janvier 1761 (11 Djamadi u sani, 1174 de l'hégire) , offrir la bataille au shah douranî. Le défi était accepté d'avance. Ahmad prit ses dispositions avec un sang-froid et une précision admirables. L'action ne tarda pas à s'engager sur toute la ligne ; mais, après une vive canonnade , le principal effort des Mahrattes se porta sur le centre , et ils purent se flatter un instant que leurs charges réitérées sur ce point allaient rompre la ligne douranî et leur assurer la victoire. Précisémen. à cet instant critique choisi par l'œil exercé d' Ahmâd pour décider de la fortune du jour, le shah fit avancer sa réserve et la lança au grand galop , en même temps qu'un corps de cavalerie qu'il avait envoyé sur sa gauche reçut l'ordre de charger l'ennemi en flanc. Cette manœuvre, exécutée avec mie impétuosité irrésistible , changea en un clin d'œil la face du combat. Le fils du Peishwa (Wiswas râô ) (ut tué , le Bhâo lui-même tomba percé de coups , et l'armée mahratte , comme frappée de vertige , tourna bride tout à coup et se dispersa dans toutes les directions , poursuivie par la cavalerie douranî , qui en fit un affreux massacre. Jamais désastre plus complet n'avait atteint une armée. Ahmàd fit, peu de jours après, son entrée à Dehly. Mais il comprit , comme l'avait fait Nader-Shah, que la cause du pouvoir moghol était à jamais perdue, et que c'eût été poursuivre une chimère que de s'imposer la tâche d'une réorganisation dont les éléments étaient fatalement dispersés par le vent des révolutions, il reprit oientôt la route de ses États, aux acclamations de ses soldats , impatients de revoir leur patrie. Le Pandjâb était rentré sous son obéissance; mais la secte des Sikhs , qui avait crû en nombre et en importance politique pendant les dernières années, y créa une opposition violente à son gouvernement. Il se vit forcé de repasser l'Indus (pour la sixième fois) on 1702 , et fit aux révoltés une guerre d'extermination. Les Sikhs se disper-

sèrent, et Ahmâd retourna à Kaboul. Mais les Sikhs ne tardèrent pas à se montrer plus nombreux et plus exaltés que jamais ; ils prirent d'assaut la ville de Sirhind après une action meurtrière où le shah perdit plusieurs de ses généraux, et réduisirent cette place en ruines (1763-1764). Ahmâd accourut pour la septième fois à Lahore , et les Sikhs , à son approche , se dispersèrent de nouveau. Cependant un corps de 12,000 hommes ayant subitement abandonné l'année douranîe, et replis , sans ordres , la route de Kaboul , Ahmild se mit à lem" poursuite ; et sa retraite du Pandjâb , retraite pendant laquelle il fut harassé continuellement par les insurgés , livra le pays aux chefs sikhs, qui se le partagèrent et s'y établirent d'une manière permanente. Ahmâd, occupé dans l'ouest de l'Indus , avait renoncé à reconquérir le Pandjâb. Il était atteint d'un ulcère à la face. Sa constitution s'affaiblit rapidement sous les progrès du mal , et il mourut, à peine âgé de quarante-neuf ans, en 1772. Il fut enterréà Kandahâr. Mohân Lall (1) , qui visita en 1833 le tombeau élevé au fondateur de la monarchie douranîe , y copia l'inscription suivante : « Ahmâd-Shâh-Dou- « ranî était le grand roi ! La crainte de sa justice « fut telle , que le lion et la biche vivaient paisi- « blement ensemble. Les oreilles de ses ennemis « étaient sans cesse étourdies du bruit de ses « conquêtes. Quand il mourut , l'année de l'iié- « gire était 1186. « Alunâd laissa à son fils Toymour lui empire dont les limites étaient l'Oxus au nord , la mer et les embouchures de l'Indus au midi, le Kashmir à l'est , la Perse, au delà de Meshed, à l'ouest. Ahmâd était poète. On a conservé \m recueil de ses odes en poushtou. A. DE Jancignv.

Seir Mat&kherln; —Nâaer nâmeh (vol. V des œuvres de sir W. Jones; vol. 111 des Asiatick Researches. — kn Account of Ahmad Shah,-. 4bddli, from a l'ersian M. S., Asiatic Miscellany, ln-4°; Calcutta, 1785.

— History of the Mahratas, de Grant Duff. — Prinsep (H.)) Or'Kjin ofthe Sikh poiver, etc.; Calcutta, 1834, In-S".

— Les ouvra;.'es d'Eli)hlnstone : llelation de son ambassade à Kaboul, 2 vol. in-8°, Londres, 1819 ; et fJistoire de l'Inde, 2 vol. in-8°; Londres, 1841.

AHMED. Voy. ACHAIET.

AHMED OU ACHMET i*-", empereur ottoman, né en 998 de l'hégire (1590 de J.-C), mort le 10 de dzoulcaada, l'an 1026 de l'hégire ( 22 novembre 1617 de J.-C. ). Fils aîné de Mahomet 111, il monta sur le ti-ône le lendemain de la mort do son père, à l'âge de quatorze ans. Tout jeune qu'il était, il s'occupa sérieusement à réparer les fautes de son prédécesseur. Il seconda a'abord les Hongrois et le prince de Transylvanie dans leur lutte contre l'empereur Rodolphe II ; mais, après avoir essuyé quelques échecs, il s'empressa, le U novembre 1006, de conclure à Situatoroe , près de Comorn , avec Rodolphe , une trêve pour vingt ans. On rapporte qu'à cette occasion le sultan reconnut pour la première fois le droit international , car les successeurs d'Othman n'avaient

(i) Journal o/ a tour through the Pandjâl), Afghanistan, etc., by Munslii Mohan La!l ; i vol, in-iz, Calcutta, i834.

jusqu'à présent donné leur signature à aucun document diplomatique : ce n'est que verbalement (ju'Us avaient accordé des ti'êves aux princes chrétiens, qu'ils regardaient comme leurs tributaires.

Ahmed continua ensuite la guerre conti-e les Persans, mais avec très-peu de succès. Murad, son grand vizir, assiège en vain Révan : Schah- Abbas recouvre tout ce que les Ottomans avaient enlevé à la Perse , et répand la terreur dans leurs provinces. Cette guerre finit en 1612, par un traité de paix qui assura aux Persans la ville 3e Tauris , avec les autres conquêtes qu'ils avaient faites. Dans la même année, Ahmed établit Dour la première fois des relations diplomatiques avec les Provinces - Unies de la HoOande, et fit des traités avec l'Angleterre, la France, la Pologne, Venise, et la Transylvanie. En 1616, la guerre recommence avec les Persans, qui battent près de Bassora les Turcs, quoique fort supérieurs en nombre. Ahmed était près d'entrer en campagne , lorsqu'une maladie violente termina sa vie.

Ce prince aimait la musique et la poésie , mais il était voluptueux et cruel : son harem était peuplé, dit-on, de trois mille femmes, et souvent il se faisait lui-même l'exécuteur de ses ordres sanglants. Il aimait aussi la chasse passionnément , et entretenait un grand nombre de fauconniers. On lui doit aussi quelques fondations et monuments religieux. Il fit cx)nstruire à Constantinople la grande mosquée qui porte son nom , et il dépensa des sommes considérables pour rembeiïissement des cités saintes de la Mecque et de Médine. Il accomplit, le premier de tous les empereurs ottomans, ce précepte du Coran, qui enjoint à tout homme de travailler de ses mains pour gagner sa vie : il apprit à faire des anneaux de corne propres à bander les arcs. On a remarqué, comme une coïncidence bizarre, que les principaux actes de ce règne impliquent le nombre sept , ou des multiples de ce nombre : ainsi Ahmed fut le quatorzième sultan , il vécut quatre fois sept ans , il avait eu sept grands vizirs , il avait traité avec sept puissances chrétiennes, etc. — Ahmed F"' eut pour successeur Mustapha r"", prince faible et capricieux.

Hamraer, Histoire de l'Empire ottoman. — D'Ohsson, Tableau général de l'empire ottoman.

AHMED ou ACHMET II, empereur ottoman, lié en 1053 de l'hégire (1643 de J.-C), mort le 21 dgioumadill, l'an 1106 de l'hcgire (27 janvier 1695 de J.-C). Fils d'Ibrahim, il succéda, en 1 691 , à Mahomet UI, après avoir passé quarante-huit ians dans le sérail, cultivant la poésie et la musique. Ce prince faible, bigot et mélancohque, abandonna les rênes du gouvernement au grand Vizir, qui périt le 4 de dzouledgé de la même année ( 19 août 1691 de J.-C. ), à la bataille de Salenkémen en Hongrie. Dans cette bataille, gagnée parles Autrichiens sous les ordres du prince Louis de Bade et du prince Eugène, les Turcs perdirent

vingt-cinq mille hommes , toute leur artillerie , et la marmite des janissaù-es. Les Autrichiens reprirent Lippa et Waradin , tandis que les Vénitiens s'emparèrent de l'île de Chio et menacèrent Smyrne. Ces tristes événements, y compris la peste et des incendies qui ravageaient Constantinople, ainsi qu'un tremblement de terre à Smyrne et le piUage de la caravane de la Mecque, accablèrent le sultan. Ce prince mourut d'une hydi'opisie. Il laissa plusieurs poésies, écrites en persan. Il eut pour successeur Mustapha n.

Haramer, Histoire de l'Empiré ottoman.

AUMED ou ACHMET III, empereur ottoman, né le 3 ramazan 1084 de l'hégire (12 décembre 1673 de J.-C. ) , mort dans le mois de moharrem 1152 de l'hégire (avril 1739). En 1703 de J.-C, il succéda à son frère Mustapha H , déposé par les janissaires. Contrairement aux anciens usages, il annonça son avènement à tous les princes de la chrétienté, qui lui envoyèrent des lettres de félicitation. Les premières années de son règne n'offrent de remarquable que les fréquents changements qui se firent dans le ministère : en quinze ans il y eut quatorze grands vizirs. En 1705, des ti'oubles religieux, suscités par les jésuites, éclatèrent à Constantinople parmi les Arméniens catholiques ; ils furent apaisés par la mort du patriarche arménien Sari, le 5 novembre de la même année. En 1709, Charles Xlf, roi de Suède, battu à Pultawa parles Russes, se réfugia sur les terres ottomanes, et obtint du Grand Seignem- une retraite à Beuder ( Yoy. Charles XII). En 1710, Ahmed élève à la dignité de prince de Moldavie Démétrius Cantimir, qui abandonne presque aussitôt les intérêts de la Porte pour s'attacher aux Russes. Ce prince, dans son Histoire ottomane , tâche de justifier sa conduite; nous y renvoyons le lecteur, pour connaître et apprécier ses raisons.

En 1711, le grand vizir Baltagi-Méhémed , envoyé contre les Russes à la tête de cent cinquante mille hommes, fait la paix avec lexzar, dont l'armée, enveloppée de toutes parts , ne pouvait lui échapper {Voij. Pierre le Grand ). En 1715, Ahmed déclare la guerre aux Vénitiens, et leur enlève la Morée ; mais son armée est battue, le 5 août 1716, par le prince Eugène à Peter- Waradin : le grand vizir et six mille Turcs restèrent sur le champ de bataille. Cette campagne , si heureuse pour les Impériaux, fut terminée, le IG août 1717, par la victoire décisive que le prince Eugène remporta à Belgrade sur les Turcs. Le 21 juillet 1718 de J.-C, la paix est signée entre l'Empereur, la Porte et les Vénitiens , à Passarowltz. Aux termes de ce traité , la Porte Ottomane rendit aux Vénitiens la Morée, et fut obligée de céder à l'Autriche Belgrade, Orsowa, Temeswar, la Servie, et une partie de la Valachie.

En 1723, Ahmed tourna ses armes conti-e lu Perse. Ses troupes assiégèrent en mômetemps Hamadan et Tauris. Les Turcs furent battus devant cette dernière place, quoique ruinée tout réoem-

ment parmi tremblement (îe telre. Ils prirent leur revanche, peu de jours après, sous les murs d'Hamadan. En 1725, ils forcèrent Tauris, où ils égorgèrent durant cinq jours tout ce qui tomba sous leurs mains. Les campagnes des deux années suivante^ en Perse ne leur furent point avantageuses. Au mois d'octobre 1727, une paix est conclue entre la Porte et la Perse. Les Turcs y gagnèrent tout le pays qui est depuis Érivan jusqu'à Tauris, et de là jusqu'à Hamadan : leur empereur fut de plus reconnu pour le légitime successeur des khalifes, et le kotbath, ou prière publique, fut fait en son nom dans toute la Perse. En 1728, la guerre se renouvela entre ces deux puissances. Almied et son vizir se mirent en devoir de partir pour la Perse. Tandis qu'ils étaient campés à Scutaj-i , en attendant que tout fût prêt pour continuer leur marche, trois hommes du peuple excitèrent une sédition à Constantinople. Le peuple et les milices, mécontents du gouvernement, se déclarèrent pour les rebelles. On demanda la déposition du sultan , après l'avoir obligé de sacrifier ses principaux ministi'es. Ahmed accorda de bonne grâce ce qu'il ne pouvait éviter. Au commencement d'octobre 1730 , il tira de prison Mahmoud, son neveu (c'était celui qu'on voulait lui substituer ) , le mit lui-même sur le trône , et passa le reste de ses jours dans la retraite.

Ahmed, secondé par son grand vizir Ibrahim- Pacha, avait fait tous ses efforts pour faire fleurir les arts de la paix. En 1727, il fonda la première imprimerie à Constantinople , sous la direction du renégat hongrois Ibrahim-Basmadji, qui , en moins de douze ans , publia seize glands ouvrages sur l'histoire et les sciences morales. Il établit aussi cinq bibliothèques, dont trois publiques, et fit des lois somptuaires contre les amateurs de tulipes.

Hammer, Histoire de l'Empire ottoman. — Ferrari Girolami, Notizie historicité, etc.; Venise, 1723.

* AHMED ABOU-MAZAR, médecin arabe, vivait vers l'an 813. Il était chrétien, et remplissait à Babylone les fonctions d'interprète des songes auprès du khalife Al-Mamoun. On a de lui : Apotelesmata, slve de significatione et eventis insomniorum , ex Indorum , Persarum , jEgyptiorumque disciplina. Sub nomine Apomasaris , ex arab. in lat. lingiiam conversa anno lieo a Leone Tusco; exms. lat. primiim édita a Joan. Leunclavis, sed Acephala etplerisque partibus imminuta; Francof., Wechel, 1577, in-S". Cet ouvrage, traduit en italien et en français , a été également publié en grec et en latin en 1603, par Nicolas Rigault, d'après deux manuscrits de la Bibliothèque nationale. E. D.

Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.

*AHMED AL-MEKRARi {B en- Mohammed) , célèbre historien arabe, né à Tlemsen en 1577 de J.-C, mort en 1632. Il étudia à Fez, et visita l'Egypte, l'Arabie, la Palestine et la Syrie. Il séjourna plusieurs années à Damas et au Caire. On à de lui une Histoire des Arabes en Espagne.

C'est un des ouvi'agcs les plus complets sur ce sujet. Pascual de Gayangos en a traduit en anglais un extrait, sous le titre : The history qf the mahommedan dynasties in Spain , etc., illustrated vfith critical notes on the history, geography and antiquities o/ Spain ;London, 1840, 2 vol. in-4°.

D'Herbelot, Bibliothèque orientale, voc. Tarikh. Zenker, Bibliotheca orientalis, p. 101.

AHMEK-EEN-FARES, sumommé El-Razy , savant arabe, né vers le milieu du dixième siècle, mort en l'an 1000 de J.-C. à Hamadan. On a de lui plusieurs ouvrages de jurisprudence et un dictionnaire arabe , intitulé Modjmil-Alloghât. On les trouve en manuscrit dans les bibliothèques de Paris et de Leyde. Golius en a fait usage.

M. Reinaud, Catalogue de ms. arabes (supplément, n° 1371 et 1372 ).

AHMED-BEN-MOHAMMED (AboU-AmrOu),

poète arabe, né à Djaën (Espagne) vers le commencement du dixième siècle , mort en 970 de J.-C. H fut le premier Arabe espagnol qui composât de petits poèmes épiques dans le goût des Orientaux. Outre ses poésies , dont Dobi a donné quelques fragments dans la Bibliothèque arabeespagnole , il a écrit un ouvrage historique, sous le titre : Annales d'Espagne et Entreprises des Omeyyades , divisé en 4 voliunes.

Casiri, Bihl. arab. hisp., t. II, p. 133.

ahmed-eejS-thocloun {Aboul-Abbas ) , chef d'une dynastie qui a régné en Egypte , naquit à Samarra , ville de l'Irac , le 23 de ramadhan, 220 de l'hégire (20 septembre 835 de J.-C), et mourut au mois de dzoulcaadah 270 (mai 884 de J.-C). Il hérita de la faveur de son père auprès du khalife Mamoun, et parvmt aux plus émiuentes dignités. Nommé gouverneur d'Egypte, il profita de la faiblesse et des querelles des khalifes pour obtenir la souveraine puissance. Sa première expédition fut contre les habitants de Barcah , qui s'étaient révoltés ; il assiégea cette ville et s'en rendit maître. Il étendit ensuite sa puissance au delà de l'Egypte , profita de la mort du prince de Damas pour s'emparer de cette ville . prit successivement Émesse, Hamah, Alep et Antioche , et porta ses anues jusqu'à Tarse ; mais l'affaiblissement de ses troupes et la disette des vivres le forcèrent à borner là ses rapides conquêtes. En 268 (882 de J.-C), Loulou , un de ses affranchis, secouale joug de l'obéissance, à l'instigation du khalife Motewekkel, dont Ahmed avait rayé le nom dans la prière, pour y mettre celui de Motamed, frère de ce souverain. Ce rebelle s'empara d'Alep, d'Émesse, de Canaseryn et de Dyar- Modhar. Ahmed , occupé de la conquête de la | Syrie , ne put , à ce qu'il parait , réprimer cette insurrection ; et , peu de temps après , il mourut à Antioche , à la suite d'une maladie causée par) la ti'op grande quantité de lait qu'il avait bu,. Ce prince nous est représenté par les historieusj comme généreux, brave, s'adonnant aux af-i faires d'État avec zèle, rendant justice à sei?i

sujets, et protégeant les savants. H avait dans son palais une table ouverte pour les grands et pour le peuple, et donnait chaque mois 1,000 dynars aux pauvres. 11 fit construire le château de Jafa, et une mosquée célèbre entre Misr et le Caire. La dynastie qu'il fonda fut désignée sous le nom des Thoulounides ; elle n'a fourni que quatre princes , et s'éteignit en 905.

Jourdain, dans la Bingr. nniv. — D'Hcrbelot, Bibliothèque orientale. — Aboiilfeclà, Ann. moslem. — Ibn- Kliallfkan, Dictionnaire bior/rap/iiqve. — Abdallatif, Jielations d'Egypte, p. 4. — Quatromèrc, Description de l'Éfjdpte, p. 66. — Taco-Roorda, Jljul-Abbasi-Ahmedis Tulonidarum primi vita et res gestx ( d'après la Chronique d'Aboul-Mahasen ) ; Leyde, lS2o, in-4°.

AHMED-DJESAÏR. Voy. AviîIS II.

*AHMED-IBIS-ABD1-R-RABBIHÏ , historien

et poète arabe , né à Cordoue en 860 de J.-C, mort en 940. Son principal livre a pour titre : le Livre de la perle du Collier ; c'est une encyclopédie historique en trente-f inq livTes , dont le quinzième, qui est le plus intéressant, traite deV Histoire des khalifes. M. Fresnel en a donné quelques extraits dans ses Lettres. Cet ouvrage est une des sources principales pour la connaissance des traditions relatives à l'ancienne Arabie. La Bibliothèque nationale vient d'en faire l'acquisition.

Ibn Rliallekan, Dictionnaire biographique. — Casiri, Biblioth. arab. hisp. Escurialis.

AHME9-IBN-ARABSHAH {Guerasp) , historien arabe, mort à Damas en 1450 de J.-C. On a de lui une Histoire de Timur ou Tamerlan, dans le style fleuri des Orientaux. Vattier en donna ime traduction française, Paris, 1638, in-4°, et H. Manger la traduisit en latin sous le titre : Ahmedis Arabsiadx vitse et rerum gestarum Tiniori, qui vulgo Tamerlanus dicitur, Historia; Leovard., 1767-1772, avec le texte arabe réimprimé à Calcutta , 1812 et 1818. — Un second ouvrage du même auteur (Recueil d'Apologues) a été publié par Freytag, Bonn, 1832, in-4''.

D'ilerbelot, Bibliothèque orientale.

AHMED-RHAN , coimu aussi SOUS le nom de Nicûdar ou Nygoudar (nygou-dar signifie, en persan, homme de bien) , empereur mongol de Perse, de la race de Dgenghys-Khan , succéda, en 1282 de J.-C, à son frère Abaca-Khan. Il fut le premier souverain mongol qui embrassa l'islamisme, et suscita par là des révoltes dontU devint la victime après un règne de deux ans et neuf mois. Ces révoltes avaient été fomentées d'abord par Canghour-Paï , frère d'Ahmed, puis, après la mort de celui-ci, par Arghoun-Khan, fils d' Abaca-Khan, qui traita son oncle d'usurpateur, et le livra , après une sanglante rencontre, aux fils de Cangliour-Paï , qui vengèrent sur lui la mort de son frère ( en 1284 ).

D'Olisson, Histoire des Mongols. — Hammer, Histoire des Mongols de Perse.

AHMED-RESSJY-HADjY, diplomate turc , de la fin du dix-huitième siècle. 11 jouissait d'une

KOUV. EIOGR. UNIVERS. — T. I.

AHÛITZOL 450

grande considération auprès de son souverain Moustapha III , qui le chargea de deux ambassades successives. Peu de temps après l'avénement de Moustapha, le 20 de rabyi IP 1171 ( l^"" janvier 1758 ) , Ahmed partit pour Vienne, chargé d'annoncer à l'impératrice Marie-Thérèse l'avènement du nouveau sultan. Celui-ci ne tarda pas à lui confier une mission au moins aussi importante que la première : ce fut d'aller féliciter Frédéi'ic le Grand des brillants avantages qu'il avait remportés sur les Russes , les Autrichiens et les Français, et de consolider, par cette démarche, un traité conclu, dès 1760, entre la Prusse et la Porte Ottomane. Frédéric ava't entamé les négociations en 1744. Après avoir expédié différents ambassadeurs à Constantinople , il eut enfin la satisfaction d'en recevoir un de cette cour, si fière alors et si dédaigneuse envers tous les souverains de la chrétienté. Parti de Constantinople en juillet 1763, Ahmed ne revit cette ville que l'année suivante, à la même époque. La relation , très-abrégée à la vérité , de ses ambassades, écrite par lui-même, renferme des observations piquantes sur les pays qu'il a visités, et sur les personnages avec lesquels il a entretenu quelques relations. Ses observations manquent souvent de justesse , et elles portent l'empremte des préjugés musulmans. Cependant il témoigne la plus haute estime pour Frédéric II , qu'il traite de grand guerrier et de grand politique. Il a consacré à ce souverain un chapitre particulier. Les deux relations d'Ahmed-Resmy ont été insérées dans les Annales de l'empire Ottoman d'Ahmed-Ouassyf-Effendi, depuis 1754 jusqu'en 1774, imprimées en turc, à Scutari, en 1804, 2 vol. in-fol. Un orientaliste allemand, qui a voulu garder l'anonyme, les a traduites dans sa langue. Cette traduction a été publiée à, Berlin , avec des notes du traducteur et du major Menu de Minotoli; 1809, in-S°.

AîîMET ou ACHMET, dey d'Alger, élu le 30 août 1805, mort le 7 novembre 1808. Aussi avare que cruel, il combla en moins de trois ans la mesure de tous les crimes. Il fut massacré par ses soldats, et son corps traîné dans les rues de la ville.

AHtUTZOL, huitième empereur des Aztèques (anciens Mexicains), fut élu en 1477, en remplacement d'Anajacath. Il recula les limites du Mexique , et, par la réunion d'une nouvelle province, remplit la condition imposée aux empereurs nouvellement élus. Ses trésors furent employés à encourager l'industrie et à embellir sa capitale ; mais sa passion pour les nouvelles constructions faillit lui devenir funeste. Ce prince imprudent fit arriver dans Tenochtitlan, aujourd'hui Mexico, au moyen d'un aqueduc , les eaux de la rivière Huitzilopochoco , qui , ainsi détournée , grossit considérablement le lac de Tezcuco. Un de ses courtisans ayant osé lui montrer le danger auquel cet aqueduc exposait la capitale , ce prince le fit périr. Peu de temps après , ces eaux s'accrurent

AEUITZOL — AIBEK

avec une si grande rapidité, qu'Ahuitzol luimême manqua d'être noyé dans son palais, et fut blessé grièvement à la tête en cherchant à s'échapper. Cette grande inondation eut lieu en 1498. Les historiens aztèques rapportent qu'on vit sortir des entrailles de la terrç de grandes masses d'eau, qui contenaient des poissons qu'on ne trouve qu'à une grande distance dans les rivières des régions chaudes, tierra calienle. Puni de son imprudence, l'empereur mexicain fit agrandir et réparer la digue élevée par ordre de Montazuma I^"", pour garantir la capitale des inondations ; il essaya ensuite d'abohr la coutume barbare de sacrifier les prisonniers, et d'arroser de sang humain les autels des dieux ; et s'il n'y réussit pas entièrement, au moins diminua-t-il le nombre des victimes. Ce monarque mourut généralement regretté , et laissa le trône à Montezuma II . sous le règne duquel le Mexique fat découvert et conquis par les Espagnols.

.igUo, Jntiqrdties of Mexico, vol. V. — ApUcacion de la colecion de Mendoza , et EspUcacion del codex Telleriano- liemensis. — Clavigero, Storia antica del Mfssico, 1, 2Sf;-263. — Hiimboldl, Essai politique sur le Toi/avme de la Nouvelle- Espagne, p. 174,208. — Monuments des peuples indigènes de IJmerique, p. 319.

^AKYTOM ou HEYTOM, évêque de Bàle vers l'an 821, abbé du monastère d'Augia, ordre de Saiût-lîenoît, sur le Rhin, près de Constance. 11 reste de ce prélat des Capitulaires imprimés dans le tome Yl du Spiciîége de d'Achery, et dans te tome vTf. de la Collection des conciles du P. Labbe. E. D.

AÏEER (Azed-Eddyn), premier sultan d'Egypte, de la dynastie des mameluks baharytes, surnommé Mélïk-el-Moëz^ ( roi très-élevé ) , moi't le 23 de reby I", an 655 de l'hégire (10 avril 1257 ). Il était Turc d'origine, et usurpa le pouvoir sur les princes de la race de Saiadin. Affaiblis par des guerres intestines et des révolutions cont'nuelles , les descendants de Saiadin ne trou- Yaient plus que des séditieux dans leurs officiers, et des traîtres ou des assassins dans leurs proches. Ils formèrent alors, pour leur sûreté, une garde étrangère, composée de jeunes esclaves achetés au Mogol, dans le Captchak. A l'imitation de ses prédécesseurs, Mélek-al-Saleh fit venir un grand nombre de ces esclaves , à qui on donna le nom de mameluk, qui signifie possédés où soumis; et coffone on les fit élever dans une île du Nil nommée Rodhah , vis-à-vis le Vieux Caire, et que les Arabes appellent baho/i- ou mer les grands fleuves, ils prirent aussi le nom de baharytes, ou de maritimes. Instruits dans l'art de la guerre , ils formaient la halcah , ou garde du prince , et, une fois affranchis , ils parvenaient aux premières dignités. Ils devinrent très-puis- -sants en peu de temps. Aibek fut un de ces esclaves du Captchak amenés en Egypte ; son courage l'éleva aux premiers emplois de l'armée,, .sous le règne de Touran-Shah, qui gouvernait l'Egypte lorsqu'en 1250 saint Louis débarqua à PamJette. Aibek eut part aux combats sanglants

qui signalèrent cette campagne, et où les esclaves baharytes soutinrent souvent le choc de la cavalerie française. Saint Louis était prisonnier de Touran-Shah, lorsque les baharytes, mutinés , massacrèrent ce sultan , et reconnurent pour reine d'Egypte la favorite Chadjr-Eddour. Cette révolution éleva Aïbek à la dignité à'alabek, ou généralissime des troupes. Les barbares qui avaient assassiné Touran-Shah voulaient qu'on massacrât le roi de France et tous les prisonniers ; mais Aibek , comptant partager avec les esclaves baharytes les 200,000 livres qui devaient être payées dans la ville d'Acre pour la rançon du roi , tira son sabre , et jura qu'il ne souffrirait jamais qu'on violât ainsi la foi des traités. Cette déclaration termina les différends qui s'étaient élevés dans l'armée égyptienne , et la liberté fut rendue aux Français pri.sonniers. Trois mois après le meurtre de Touran-Sliah , la reine Chadjr-Eddour épousa Aibek, et se démit de la souveraùie puissance en sa faveur; mais les mameluks, envieux, et les peuples, indignés de voir un esclave parvenu au rang su prême, l'en firent descendre, sans toutefois k priver de l'autorité militaire , et reconnui'ent i)oui sultan un enfant de la famille de Saiadin, nouiuK Mélik-al-Achraf, dont Aibek devint le tuteur L'Egypte et la Syiie formaient alors deux ein pires qui avaient chacun leur sultan particulier Celui de Damas, voulant profiter des troubles di l'Egypte pour l'envahir, s'avançait avec une ar mée, sous prétexte de venger le meurtre d( Touran-Shah; Aïbek marclia à sa rencontre, e fut d'abord vaincu; mais il remporta ensuite un< victoire signalée, et força le sultan de Damas ; entrer en arrangement. Ce prince eut tout I» pays situé au delà du Jourdain, et Mélik-al-Achra conserva l'Egypte, sous la tutelle d'Aihek, qui pour mieux affermir son autorité, fit assassinçi Fares-Eddyn, mameluk puissant, son rival e son ennemi. Ne trouvant plus alors d'obstacles il priva son pupille du trône, et y monta lui môme l'an de l'hégire 652 (1254 de J.-C. ). Ur nouveau traité avec le sultan de Damas semblai: devoir lui assurer un règne tranquille, lorsqm Chadjr-Eddour, instruite qu'il projetait d'cpouseï la fille du roi de Mousson! , le fit assassiner Aïbek aimait les sciences, et avait fait conslruin sur les bords du Nil, dans le Vieux-Caire, un superbe collège, auquel il donna son nom. Il fui le premier sultan de la race des baharytes cm mameluks d'Egypte, qui se divisèrent ensuite en deux branches ou dynasties : celle des baharytes , et celle des bordjytes ou circassiens ( voy. B-A-rkor), qui succéda en 1582 à la première, et cjui fmit à la conquête de l'Egypte par l'empereur Sélim. Les partisans d' Aïbek vengèrenJ sa mort en faisant mourir ceux qui y avaient participé , et en mettant sur le trône Ali son fils^ qu'ils surnommèrent Mélik-al-Mansour (roi victorieux). Ce prince, après un règne très-court, fut déposé par le raamelult Kouthouz, qui monta

453 AIBEK — AIGNIN

sur le trône l'an 657 de l'hégire. ( Voy. Kout-

IIOLZ.)

Jourdain, dans la Biographie Universelle.

AiCARDO {Jean), arcliitecte italien, né à Cunéo ( Piémont ) vers la fin du seizième siècle , mort en 1650. Il a construit plusieurs édifices à Gênes , parmi lesquels on remarque les greniers d'abondance, et le magnifique aqueduc qui fournit de l'eau à presque toute la ville. Ce dernier monument fut achevé par son fils.

Tacozzi, Diiionario degli Architetti.

AICARTS DE FOSSAT , troubadour du treizième siècle, n'est connu que par une pièce assez curieuse sur la guerre des prétendants à la couronne de Naples (Edmond, fils de Henri 111, roi d'Angleterre, le duc d'Anjou, frère de saint Louis, et l'empereur Conrad IV ).

Raynouard, CIloix de poésies originales des troubadours, IV, 230. — Millet, Histoire littéraire des troubadours, t. 11, 326, etc. — Histoire littéraire de la !■ rail ce, X1X,S24, etc.

AICHER (P. Otto), bénédictin à Salzbourg, célèbre orateur et poète, fut successivement professeur de grammaire, de poésie, de rhétorique morale, et enfin d'histoire; il est mort le 17 janvier 1 705. Ses principaux ouvrages sont : Thea- Irvm funèbre, exhibens epltaphia nova, antiqua , séria, jocosa, 4 vol. in-4°, 1675; — /^er oraioriîim, 1673; — Iter poetïcum , 1674; — bp. principiis cosmographiœ , astronomicœ , historicce et ethico-polïticaa , ab anno 1687 vsque ad anmim 1699. Tous ces ouvrages ont été imprimés à Salzbourg.

Jo';ppli, Bibliothèque générale des écrivains de Tordre de Saint Benoit. — ErscU et Gruber, Encyclopédie allemande.

AI DAN, évêque anglais né, à la fin du sixième siècle, dans une des îles Hébrides, mort en 651. 11 obtint de grands succès dans ses conversions parmi les peuples qui habitaient le nord de l'An- S^leterre. Il fut évêque de Lindisfarne ou Holy- Island, en Northumberland. Bède rapporte plusieurs miracles qu'Âidan aurait opérés pendant sa -^ie et après sa mort.

lîcdp, Hlst. ecclés., III, 3. 5, 14. 15, 16, 17. — Will. Malnicslmriensis. De gestis pontif. angl., lib. III, p. 2T3. — Savile, lieriim ^ngl., scriptores post Bedam prsecipui; iij-fol., Ki-ancof., 1601.— Bnllandus, Acta Sunctorum, t. VI ; August. (1743), p. 688-694.

*AiDiîTs {André), philosophe allemand, professeur au collège de Dantzig vers le comiiif ncement du dix-septième siècle. On a de lui un commentaire sur quelques ouvrages d'Aristote, .îous ce titre : Clavis philosophie moralis, Oppenheim, 1614, in-8°; et Tractatiis de noctambulorum ingenio et natura; Dantzig, 1612, in-n. E. D.

Catalogne inédit de la Bibliothèque nationale.

AiGENLER ( ^rfffm ) , jésuite allemand, né dans le Tyrol en 1633, mort le 16 août 1673, sur le vaisseau qui le transportait en Chine , où il devait se rendre comme missionnaire. Il professa d'abord les mathématiques et la langue hé- Iffaïque à Ingolstadt, Envoyé ensuite en mission,

il mourut de la peste à bord du vaisseau où il s'était embarqué. On a de lui plusieurs ouvrages, parmi lesquels on remarque Fundamenta linguœ sanctee; Dilingen, 1670, in-4°.

Jôcher, Allgem. Gelehrtcn-Lexicon , avec le Supplém. d'Adeliing.

AIGLER ( Bernard ), prélat français , né à Lyon vers le commencement du treizième siècle, mort en 1282, se fit religieux à l'abbaye de Savigny en Lyomiais. Il devint abbé du mont Cassin sous le pape Urbain IV, et gouverna ses religieux avec sagesse pendant dix-neuf ans. Clément IV le fit cardinal. Aigler se fit aimer de Charles d'Anjou, roi de Naples. On lui doit des écrits purement monastiques, tels que le Miroir des moines; une Exposition de la règle de Saint-Benoit, etc.

Mabillon, Annales ordinis S. Benedicti.

*AîGNAN (...), médecin français, né à Orléans en 1644, mort à Paris le 30 janvier 1709. 11 étudia à Padoue, et devint médecin de Louis XIV et du prince de Condé. Il fut d'abord capucin sous le nom de Père Tranquille ; on le nommait aussi le Capucin du Louvre, parce qu'en 1678 il se fivra dans ce palais à quelques travaux de chimie. On a de lui : 1° l'Ancienne médecine à la mode, ou le sentiment uniforme d'Hippocratc et de Galien sur les acides et les alcalis; Paris, 1693, in-12; — 2° le Frestre médecin, ou Discours physique sur l'établissement de la médecine, avec un Traité du café et du thé de France; ibid., 1696, in-12; — 3° Traité de la goutte dans son état naturel; Paris, 1707, in-12. E. D.

Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.

AiGWAK ( Etienne ), membre de l'Académie française, né à Beaugency-sur-Loire en 1773, mort le 25 novembre 1824. Il fit ses premières études au collège d'Orléans. Peu d'hommes embrassèrent dès leur première jeunesse , avec plus d'ardeur et de sincérité , la cause de la révolution, et s'opposèrent aussi avec plus de courage aux sanglants excès qui la compromirent d'une manière si déplorable. Homme religieux en même temps que philosophe , il ressentit la plus vive douleur de la sanglante catastrophe de la royauté. H fit de cet événement le sujet d'une tragédie {la Mort de Louis XVI, en trois actes, Paris, 1793), qui, sans annoncer un talent dramatique éminent , faisait honneur aux sentiments et aux principes de l'auteur. Il continua de suivre la carrière de l'administration et celle des lettres. Dans cette dernière, comme poète et auteur dramatique , il n'obtint que des succès d'estime , qui ne pourraient lui donner des titres à la gloire. Son opéra de Nepthalï, Paris, 1806 ; ses tragédies de Brunehaut (tSlO), Arthur de Bretagneet Polyxène { 1804), n'eurent qu'un petit nombre de représentations, et ne sont pas restées au théâtre. Sa traduction en vers de ['Iliade, à laquelle des critiques sévères ont reproché des plagiats , n'en a pas moins obtenu du succès , et

AIGNAIi — AIGUILLARD

elle est encore considérée comme une des meilleures ti-aductions de ce poëme. Celle de V Odyssée n'a point été achevée. Aignan succéda, dans l'Académie française , à Bernardin de Saint-Pierre. Son discours de réception , contenant l'éloge de l'auteur de Paul et Virginie et des Études de la nature, M prononcé en 1815, à l'époque des Cent- Jour s.

Après la seconde restauration, Aignan entra, comme publiciste , dans les rangs de l'opposition libérale. II montra dans cette nouvelle carrière un genre de talent que n'avaient point encore révélé ses productions précédentes : l'ouvrage qu'il publia sous le titre de VÉtat des protestants en France, Paris, 1818, est rempli des vues les plus élevées et des sentiments religieux les plus purs. 11 n'est pas moins remarquable par la clarté et la noblesse du style. Aignan publia successivement trois autres écrits , qui furent également remarqués , sous les titres : De la justice et de lajiolice (1817), De l'état du jury (1822), et Des coups d'État. Devenu l'un des collaborateurs de la Minerve , il rivalisa de zèle et de talent avec les autres rédacteurs de ce recueil politique. Lorsque ce journal cessa de paraître, Aignan , à qui les circonstances du temps avaient fait perdre une partie de sa fortune, se retira à sa maison de campagne près de Montmorency, où, livré, au sein de sa famille, à des travaux plus utiles que brillants , il composa , sous le titre de bibliothèque étrangère d'histoire et de littérature ancienne et moderne, un recueil de morceaux inédits , la plupart relatifs à l'histoire nationale. Cette publication fut accueillie avec faveur, mais ne put être continuée après la mort de son auteur ; elle se compose de 3 vol. in-8° ; Paris, 1823-1828. Le but de ce travail, qui devait avoir six volumes , était de peindre les mœurs des différentes époques par les écrits contemporains, et de faire voir que les hommes sont plus méchants et plus malheureux à propoi-tion de leur ignorance et de leurs préjugés. Aignan a été un des collaborateurs de l'Encyclopédie moderne. On lui doit, en outre, la traduction de plusieurs ouvrages anglais , une édition des Œuvi'es de Jean-Jacques Rousseau, et un grand nombre d'articles littéraires insérés dans diverses publications périodiques. {Enc. des g. du m., avec add. ]

Biographie des Contemporains. — Qaérarâ, la France littéraire.

AIGJVEA.UX ( Robert et Antoine Lechevalier, sieurs d' ) , deux frères toujours unis dans leur vie et dans leurs travaux. Nés en Normandie vers le milieu du seizième siècle , ils moururent à peu d'intei'valle l'un de l'autre ( Robert mourut en 1590, et Antoine un an après ). Ils ont publié en commun une Traduction en vers des Œuvres de Virgile et une autre des Œuvres d'Horace, imprimées toutes les deux à Paris, la première in-4°, 1582 , et in-8° 1583 et 1607; la seconde, in-S", 1588. On a d'eux, en outre, di-

vers poèmes, sonnets, coinplai7ites , etc., publiés après leur mort, à la suite des vers composés à leur louange, et recueillis par Pierre- Lucas Sablières en un vol. in-12, intitulé le Tombeau, de Eobert et Antoine Lechevalier, frères, sieurs d'Aigneaux, poètes français, ç.ic.; Caen, 1591.

La Crois du Maine et Duverdier, Biblioih. françaises.

AiGEEFEUSLiiE ( Charles d' ), docteur en théologie et chanoine de la cathédj-ale de Montpellier, vivait au milieu du dix-huitième siècle. On a de lui une Histoire civile et ecclésiastique de Montpellier, 1737 et 1739, 3 vol. in-fol., ouvrage écrit avec érudition ; les pièces justificatives qui y sont jointes peignent les mœurs du temps; l'histoire des guerres civiles du dixseptième siècle y est écrite avec une grande impartialité.

D'AigrefeuilIe, Histoire de Montpellier (Préface ).

AiGREFEUiLLE ( Fulcrant -Jcun-Joseph- Hyacinthe d' ), magistrat français , né à Montpellier le 26 février 1700, mort le 30 aotit 1771. Conseiller d'État et premier président de la cour des aides à Montpellier, il avait plus de goût pour la métallurgie et la numismatique que pour la jurisprudence. Il composa sur les médailles plusiem's dissertations,, qui sont restées manuscrites.

AiGREFEùiLî^E (marquis d'), fils du précédent, né à Montpellier en 1745, mort en 1818, était procureur général de la cour des aides à Montpellier. Ce fut un gastronome distingué, ami de Cambacérès. C'est à lui que Griinod de la Reynière dédia son Âlmanach des Gourmands, « comme à l'homme aimable qui possédait l'art si difficile et si peu connu de tirer le meilleur parti possible d'un excellent repas. » D'AigrefeuilIe, petit, gros, rond; de la Villevieille, long, sec, maigre, et Cambacérès, formaient, sous l'empire et sous la restauration, un trio fort divertissant de gourmets inséparables.

Biographie Universelle.

AIGUEBERRE OU AIGUEBERT ( Jean Du-

mas d'), conseiller au parlement de Toulouse, né le 6 novembre 1692, mort le 31 juillet 17; Il fit représenter au Théâtre-Français, le 9 juillet 1719, une' espèce d'opéra, les Trois spectacles, pièce composée d'un prologue en prose et de trois actes, qui sont la Tragédie de Polyxène, la Comédie de l'Avare amoureux, et la Pastorale héroïque de Pan et Doris. 11 donna sur le même théâtre, le 4 novembre 1730, la comédie du Prince de Noisy , et fit enfin lui-même une parodie de sa ti'agédie de Polyxène, sous le titi'e de Colinette, qui fut jouée au Théâtre-Italien le 4 septembre 1729.

Biographie toulousaine, article Dumas. — Quérai'd, la France littéraire. — Barbier, Dictionn. des ouvrages anonymes et pseudonymes, t. 11, p. 248; t. III, p. 2 2"= (idit.

*AiGUîi.iiARD (Pierre d'), avocat à Caen, auteur d'un poëme assez curieux, publié en 1580,

457 AIGUILLARD

sous ce titre : Pogonénjthrée, ou quatrains à l'honneur des barbes rousses. E. D.

AIGUILLE ( Marquis d' ), président au parlement d'Aix et frère du marquis d'Argens, fut l'envoyé secret de Louis XV auprès du prince Edouard dans l'expédition d'Ecosse. Il nous reste de lui un mémoire curieux sur sa commission, adressé au roi, et recueilli dans les Archives littéraires de l'Europe, n° 1, pag. 78 et suivantes. Zélé partisan des jésuites, sa conduite lors de leur suppression lui attira, de la part de la cour dont il était membre, des procédés peu flatteurs.

AIGUILLON {Marie-Madeleine de Vignerot, dame de Combalef, duchesse n' ), née vers le conuncncement du dix-septième siècle , morte en 1675, fille de René de Vignerot et de Françoise Duplessis, sœur du cardinal de Richelieu ; elle fut dame d'atour de Marie de Médicis, mère de Louis XIII. Après avoir échoué dans plusieurs projets de mariage avec les premières maisons de France , le cardinal-mùiistre acheta pour sa Oièce, qu'il aimait tendrement, le duché d'Aiguillon en 1638. Après la mort du cardinal, elle employa presque toute sa fortune à soulager les pauvres et à fonder des établissements de charité. Son petit-neveu fut déclaré duc d'Aiguillon, par arrêt du parlement, en 1731.

Mémoires de Richelieu. — Mémoires de Marie de Medicis. — l.e Clerc, f^ie du cardinal de Richelieu. — Flécliier, Oraisons funèbres.

AIGUILLON ( Armand-Louis de Vignerof- Duplessis , duc d'), petit-neveu de la précédente, né en 1683, mort le 31 janvier 1750. C'est à lui et non à son fils, ministre sous Louis XV, qu'il faut attribuer les écrits suivants : 1° Recueil de pièces choisies, rassemblées par les soins dît Cosmopolite; kvLCône,, Uriel, B...t,1735, in-4°, tiré à sept exemplaires; — 2° S^iite de la nouvelle Cyropédie, ou réflexion de Cyrtis sur ses voyages; Amsterdam (Rouen), 1728, in-8°. Sa femme, Anne-Charlotte de Crussol de Florensac, qu'il avait épousée en 1718, a laissé : 1° une traduction de YÉpitre d'Héloïse à Abailard ; Paris, 1758, in-8°-, — 2° Carthon, poëme traduit de l'anglais de Macpherson.

AIGUILLON ( Armand Vignerot- Buplessis- Richelieii, duc d' ), ministi'e des affaires étrangères sous Louis XV, né en 1720, mort en 1798, était fils de ce duc d'Aiguillon qui s'est fait connaître par l'obscène Rectœil du Cosmopolite. Le duc Armand était un courtisan distingué par l'esprit et la grâce, mais privée de toutes les qualités nécessaires à l'homme d'État. C'est pendant son ministère qu'eut lieu le premier partage de la Pologne, et il ne fut instruit de cet attentat aux droits des nations que lorsqu'il était consommé. Louis XV lui-même , malgré l'apathie et l'insouciance dans laquelle il était plongé depuis longtemps, s'écria, en apprenant cet événement : « Si Choiseul avait été encore là, ce partage n'aurait pas eu lieu! » Hommage

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