GS
larynx; Leipzig, 1829, in-S"; — Des ulcérations intestinales ; ibid. , 1831, in-8° ; — Bu traitement des stjphilides ; Bonn, 1832, in-8°; — Atlas d'anatomie pathologique ; ibid., 1832-46 , in-S" ; — Manuel de séméiotique; Leipz., 1834 , in-S"; — Gelsii Medicina ; Cologne , 1835, in-8"|;
— Observations anatomico - pathologiques , 3 vol. ; Bonn, 1836-40, in-8°; — Manuel de pathologie générale, 1 vol. ; Bonn, 1842-44, in-S";
— Sur V auscultation, la percussion et la spirométric ; ibid., 1850, in-8».
Conversations-Lexicon, édit. de 1851.
ALBERT ou ALBRECHT, nom porté par un grand nombre de princes allemands , tant séculiers que spirituels. Pour prévenir toute confusion , nous les avons rangés par ordre alphabétique de pays , en commençant par les Albert d Autriche et en finissant par les Albert de Saxe. I. Les Albert d'Autnche.
ALBERT i^'', duc d'Autriche et empereui-, né en 1248, assassiné le 1'^'' mai 1308. Il était fils de Rodolphe de Habsbourg, qui, de simple gentilhomme de Souabe , s'était élevé à la dignité de chef de l'Empire germanique , et, peu de temps avant sa mort, avait essayé de placer la couronne sur la tête de son fils AÛ)ert. Mais les électeurs, fatigués de son ascendant , et enhardis par la vieillesse qui commençait à affaiblir son autorité, avaient rejeté ses prières, et ajourné l'élection d'un roi des Romains à un temps indéfini. Rodolphe ayant terminé sa carrière , Albert, qui n'avait hérité de son père que ses qualités belliqueuses , vit se soulever contre lui ses États héréditaires , l'Autriche et la Styrie , qu'il avait déjà gouvernés avec dureté et avarice du vivant de Rodolphe. H étouffa cette révolte, força les insurgés à venir, nu-pieds et nu-tête , lui livrer les chartes de leurs privilèges , et mit en pièces devant eux ces frêles monuments d'une liberté qu'il voulait détruire. Ce premier triomphe ayant augmenté sa confiance, sans attendre la décision de la diète il s'empara des ornements impériaux. Cette précipitation arrogante , et le spectacle des injustices qu'il venait d'exercer contre ses vassaux, fortifièrent les électeurs dans leur résolution de ne pas lui conférer une autorité dont il était vraisemblable qu'il ferait un mauvais usage. Adolphe de Nassau fut élu.
Albert témoigna d'abord le désir de s'opposer à cette nomination ; mais des troubles qui éclatèrent dans ses possessions de Suisse l'oMigèrent à ajourner toute tentative de résistance. H partit de Hanau , où il s'était fixé durant la diète , dans levain espoir d'influer sur ses délibérations, et se rendit à marches forcées dans l'évêché de Constance , dont l'évêque , Rodolphe de Lauffenburg, était l'âme d« la ligue formée contre lui. Il dévasta le territoire de cet évêque , rasa plusieurs places fortes, en réduisit quelquesunes en cendres, et parvint, à force de rigueurs, à étouffer pour le moment cette insurrection. Craignant, au milieu de lant de guerres contre
ses propres sujets , d'attirer encore sur lui les foi-ces de l'Empire, Albert reconnut l'électiou d'Adolphe, hvra les ornements impériaux, el consentit à faire hommage de ses fiefs au nouvel empereur. Une maladie violente , qui le mil au bord de la tombe , et dont il ne guérit que défiguré et privé d'un œil , rendit cette résignation nécessaire ; mais il eut bientôt d'autres démêlés avec ses peuples d'Autiiche et de Styrie, et surtout avec l'archevêque de Salzbourg, qui! sur le bruit de sa mort , avait fait une invasiot dans ses États. Le duc de Bavière ayant part vouloir embrasser la cause de cet archevêque Albert conclut avec ce dernier une trêve , qu< des événements importants transformèrent ensuite en une paix durable.
L'empereur Adolphe , qui régnait depuis si: ans, s'était aliéné tous les États de l'Empire et même ceux des électeurs qui avaient con couru avec le plus de zèle à le porter sur 1 trône. Albert , informé de ce changement dan les esprits , mit tout en œuvi'e pour se concilie les ennemis de son rival : U adopta dans so: administration des mesures plus douces; se procédés envers ses voisins furent plus équita blés. La haine contre Adolphe se foiiifia de 1 comparaison qu'on fit de ce prince avec Alberi i devenu subitement souple , affable et modén Enfm, le 23 juin 1298, Adolphe fut déposé à 1 diète de Mayence , et Albert nommé à sa plac€ mais il fallut que les armes confirmassent 1 1 sentence prononcée par la diète. Les deux cor pétiteurs, après s'être prodigué mutuellemeil les noms d'usurpateur et de révolté , se rencoD trèrent à Gelheim, entre Worms et Spire. Albet avait avec lui les ti'oupes de Souabe et d'Alsacti les forces des électeurs qui l'avaient nommé , < quelques auxiliaires envoyés à son aide par 1 roi de Hongi-ie; Adolphe était soutenu par le électeurs de Bavière , de Cologne , et par plu sieurs princes d'un rang secondaire. La chanc semblait être en sa faveur ; mais Albert lui pei suada, par de faux rapports, qu'il se retirait abandonné d'une grande portion de son armer Adolphe accourut , avec sa seule cavalerie , pou couper la retraite à son ennemi. Le fils de Rc dolphe, qui avait formé le projet d'éteindre guerre civile dans le sang de celui dont il ava fait prononcer la déposition, arma une troup d'élite d'une espèce de poignards d'invenlio pai'ticulière , avec ordre d'en frapper les clw vaux, et de n'avoir pour but que de pénétre jusqu'à l'endroit où se trouvait Adolphe. C moyen réussit; la cavalerie de l'empereur fi dispersée ; lui-même reçut une blessure à la têt( i et son cheval fut tué sous lui. Il s'élança su un nouveau cheval; et, parcourant les rangs la tête découverte , il se fraya un passage vei Albert, qui encourageait ses soldats. « ïu vas « s'écria-t-il en l'apercevant, quitter à la fois 1 « couronne et la vie. — Le ciel en déciderai « répondit Albert » en lui portant un cou
de knce au visage. Adolphe tomba mourant , et les partisans d'Albert l'achevèrent. Victorieux et tout-puissant, Albert ne voyait plus de barrière entre lui et la dignité qu'il avait si longtemps ambitionnée; les débris du parti d'Adolphe étaient sans force et sans chef.
Albert, pensant que le moment était venu de se montrer magnanime sans danger pour son ambition , se démit de tous les droits que la deruière élection lui donnait à la couronne. Son attente ne fut pas trompée : les électeurs le réélurent. Son couronnement eut lieu à Aix-la-Chapelle le 24 août 1298, et la première diète qu'il réunit se tint à Nuremberg avec une extrême magnificence : les électeurs et le roi de Bohême le servirent à table ; son épouse fut reconnue reine des Romains , et il donna à ses fils Rorlolphe, Frédéric et Léopold, l'investiture de 'Autriche , de la Carniole et de la Styrie. Boliface Vin occupait alors la chaire de Saint- Pierre : ce pape , l'un de ceux qui poussèrent e plus loin les prétentions du saint-siége , conestait aux électeurs le droit de disposer de la lignite mipériale , le pontife suprême de la chréienneté étant seul , disait-il , le véritable empeeur et le légitime roi des Romains. L'élection l'Albert lui parut donc doublement illégale. Il ie répandit en invectives contre ce prince, lui eprochant jusqu'à ses infirmités , et représenant sa victoire sur Adolphe comme un assas- ;inat. Albert lui ayant envoyé des ambassaleurs, Boniface les reçut, assis sur un trône, a couronne sur la tête , ceint de l'épée de Consantin , et prit, en leur répondant , le titre de licaire général de l'Empire. Il adressa ensuite lux électeurs ecclésiastiques une circulaire, dans aquelle il leur ordonnait de sommer Albert de ■ornparaître devant lui pour y demander parlûR au saint-siége, et pour subir la pénitence jui lui serait imposée. Il défendait aux États l'Allemagne de le reconnaître , et les déliait de leur serment de fidélité. L'archevêque Gérard de Mayence , qui d'abord avait fait élire Adolphe de Nassau au détriment d'Albert, et qui eusuite avait été le premier moteur de la révolulion qui l'avait chassé du trône , se ligua avec le pape. La présomption de cet arrogant prélat était telle, qu'il dit à Albert lui-même : « Je n'ai <■' besoin que de sonner du cor, pour faire sortir « de terre un autre empereur. » Albert combina sés ressources avec adresse : il s'unit à Philippe le iiel , non moins menacé que lui par le fougueux Boniface , et conclut un mariage entre son fils Rodolphe et Blanche, sœm- du roi de France; il s'assura de la neutralité des électeurs de Saxe et de Brandebourg ; puis , ayant rassemblé des troupes, il fondit sur l'électorat de Mayence, en prit les principales forteresses , et contraignit l'archevêque non-seulement à renoncer à l'alliance du pape , mais a prendre l'engagement de servir l'empereur dans toutes les guerres qu'il cntreprendiait pendant cinq ans. Des succès si
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rapides effrayèrent Boniface; il entama a^ec Albert des négociations, dans lesquelles celui-ci montra de nouveau la duplicité de sou caractère. Albert rompit ses traités avec Philippe , recounut que l'empire d'Occident était une concession des papes aux empereurs , et que le droit des électeurs à choisir un roi des Romains était dérivé du saint-siége ; il prêta serment de défendre les prérogatives de la cour de Rome contre quiconque les révoquerait en doute , et s'engagea même à faire la guerre aux ennemis du pape , dès que ce dernier l'exigerait.
Boniface, en récompense, déclara Philippe excommunié , déchu de tout droit à la couronne , et donna le royaume de France à Albert. On ne peut savoir jusqu'à quel point celui-ci aurait profité , contre son ancien allié , de cette libéralité pontificale, si Philippe n'avait mis un terme à la violence de Boniface en le faisant arrêter, et traiter dans sa prison avec tant de sévérité , que ce pape , bien que délivré par les Italiens , mourut des suites des violences exercées contre sa personne. Benoît XI, son successeur, ménagea une trêve entre les souverains d'Allemagne et de France ; et les difficultés dans lesquelles le despotisme et l'avidité d'Albert le précipitèrent prolongèrent cette trêve indéfmiment. Albert attaqua la Hollande , la Zélande et la Frise, les réclamant comme les fiefs de l'Empire, quoique, suivant l'ordre de succession établi dans les Pays-Bas , ces provinces dussent revenir à Jean d'Avesnes, comte de Hainaut. Il conduisit des troupes contre ce prince; mais celui-ci l'ayant surpris , tailla en pièces im détaciiement de son armée, frappa le reste de terreur, et força l'empereur à se retirer jusqu'à Cologne , où il le contraignit à faire la paix. Albert se porta ensuite contre les Hongrois , pour les obliger à recevoir un roi de sa maison , et de la main du pape. Il pénétra en Bohême pour y attaquer Venceslas , roi de Hongrie ; mais la terre qu'il envahissait sembla s'entr'ouvrir pour lui susciter des ennemis. Les ouvriers des raines sortirent en foule pour repousser l'agresseur. Albert s'enfuit en désordre. Cependant il parvùit à faire élire par les états de Bohême son fils Rodolphe, et à lui faire épouser la veuve de Venceslas. Rodolphe était juste et doux ; mais Albert lui dictant des mesures tyranniques, les coutumes du pays furent violées , les églises dépouillées, le clergé proscrit. Les Bohèmes s'étant soulevés, Rodolphe entra en campagne pour les soumettre , et mourut de maladie devant une ville dont il formait le siège. Albert prétendit le remplacer par son second fils , Frédéric ; mais les états s'y refusèrent : les partisans d'Albert furent massacrés , et l'assemblée choisit Henii de Carinthie, compétiteur de Frédéric, et beaufrère d'Albert.
L'empereur attaqua son beau-frère, envahit la Bohême, fut battu, et se retira. Dans le même temps , il renouvela contre la Thuringe les en-
treprises a' Adolphe, oubliant que ces entreprises, par la haine qu'elles avaient excitée, lui avaient autrefois servi à renverser son prédécesseui-. A la mort de ce prince , les héritiers légitimes étaient rentrés dans la possession d'une grande partie de leurs États'; mais les troupes impériales occupaient encore quelques districts , et , d'un autre côté , Philippe de Naseau , frère d'Adolphe, revendiquait le tout comme acheté par son frère. Albert annonça d'abord qu'il ne voulait qu'examiner et juger les prétentions des partis divers , et les fit citer à la diète de Fulde; mais, ne leur ayant pas laissé le temps de comparaître, il les proclama rebelles par contumace , les mit au ban de l'Empire , déclara que la propriété de la Thuringe lui était dévolue, et y envoya une armée nombreuse. L'Allemagne tout entière fut indignée contre un prince qui dépouillait ceux dont il s'était porté Je juge ; l'un des fils du margi'ave Albert, Frédéric , reçut des secours de toutes parts , et l'armée impériale, vaincue dans deux combats, le 31 mai 1307 et le 15 janvier 1308, fut mise en déroute et chassée. L'empereur se préparait à marcher en personne pour venger cette défaite, lorsque, à une autre exti'émité de l'Empire, de graves événements vinrent occuper son activité. Depuis l'avènement de Rodolphe de Habsbourg, la Suisse , divisée en un grand nombre de petites souverainetés , de villes indépendantes , de domaines ecclésiastiques , et de cantons qui se gouvernaient démocratiquement , avait été menacée de perdre ses privilèges. Albert, qui, malgré les oppositions qu'il provoquait partout, se croyait maître de toutes les forces de l'Allemagne , ne prit aucune peine pour tromper une poignée d'hom.mes qui n'étaient protégés que par des rochers; il désirait, au contraire, les amener à la résistance, pour motiver l'oppression cpi'il méditait ; et ses agents le secondèrent, en prodiguant au peuple suisse l'insulte et les vexations. Enfin, le 13 janvier 1308, la révolution éclata dans les cantons d'Unterwald, de Schwytz et d'Uri : les gouverneurs furent tués ou chassés , et leurs châteaux tombèrent entre les mains des paysans insurgés. Albert se crut arrivé au but de ses des- .seins ; il se félicita d'un soulèvement qui mettait fin , suivant ses espérances , à de prétendus privilèges : mais, loin d'avoir un tel résultat, ce soulèvement ne fut que le commencement d'une Intte dont Albert ne vit pas la fin. Une nouvelle injustice produisit un crime , et mit un terme à son ambition et à sa vie. Jean, fils de Rodolphe, frère puiné d'Albert , avait été privé par lui de son héritage , et l'avait revendiqué plus d'une l'ois inutilement : marchant à la suite de son oncle dans son expédition contre la Suisse , il crut l'occasion favorable pour renouveler ses réclamations. Albert, joignant l'insulte à la spoliation, se fit apporter des guirlandes de Heurs, et, les présentant à son neveu : « Prends ceci, lui
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« dit-il , qui sied bien à ton âge , et laisse-moi « le soin de gouverner des États. » Jean se retira, méditant une horrible vengeance. Son gouverneur Walter d'Eschcnbach, et tr-ois de ses amis , Rodolphe de Wart, Rodolphe de Balrn et Conrad de Tegenfelt, s'associèrent à ses projets. Les cinq conjurés , tombant sur Albert , séparé de sa suite par la Reuss , petite rivière qu'il venait de traverser, le massacrèrent ; et le fils de Rodolphe de Habsbourg rendit le dernier soupir entre les bras d'une mendiante, qui étancha son sang avec des haillons. Des talents militaires assez distingués , et quelques affcC' tions privées , plus douces et plus constantes que la dureté de sa conduite envers ses sujets ne semblait l'annoncer, ne sauraient effacer les vices dont son caractère fut entaché.
Albert fut toujours en querelle et quelquefois en guerre avec ses beaux-frères et ses neveux. Inquiet , arrogant , avide , souvent cruel . surtout pour ses agents subalternes, violent, mais dissimulé, injuste pour ses parents, dangereu> pour ses voisins, infidèle à ses alliés, sans scrupule et sans pitié pour ses ennemis , il n'eut de qualités que celles de bon père et de bon mari Il regardait les honames comme destinés, cliacui dans son état, à tracer sous le joug un pénibli sillon. Que le soldat soit brave, le prêtre dévot la femm.e soumise , le paysan laborieux , et rici de plus : voilà la maxime qu'il avait rendui proverbiale à force de la répéter. L'extérieui d'Albert était grossier, et presque féroce : honu grossus , aspectu ferox , rusticanus in per sona. Il réussit dans la principale de ses enti'e prises , celle de placer sur sa tête la couronm impériale; il échoua dans presque toutes Ici auti'es , guerroyant sans cesse contre les nation: que le sort soumettait à son empire. Son ambition et son inquiétude n'attendaient jamais 1< fin d'un projet pour en entamer un autre. Sor bras fut levé sans relâche sur la foule d'ennemi; qu'il provoquait. Aucun de ses succès ne fui complet , parce que son impatience abusait de If victoire avant qu'elle fût consolidée. Plusieurs de ses revers furent humiliants ; et , parveni au faite de la puissance sur le corps sanglani d'un rival , il opprima ses peuples , mérita leui haine , vécut dans le trouble, et mourut assassiné. Il avait été marié en 127G à Elisabeth, fille de Meinhard , duc de Carinthie , et il en avait eu vingt et un enfants. Aucun de ses fils ne lui succéda comme empereur.
Benjamin Constant, dans \aIiiogr. Univers. — J.-J. F'ugger, Ehren-Spiegcl des Erzhausrs Oestcrreich , etc. — J. PezzI, Oesterreichische Biographie , oder Lebensbeschreibungen seiner berûhmtcsten liegenten und Hclden , 4 vol. in-S°; Wien , 1791, etc. — J.-C, Msler, Geschickte der 7'eMf.?c/(e«, III, 90-125. — Joh. v. Miillcr, CeschicMe der Schiueiz, I, 416, etc. — ./Encas .Silviiis, Hist. de Bohême, ch. lvi. — Bonfin, liv. ill, cli. iv. -r Sponde, Annal. A. C. 1437, 1438 et 1439.
ALBERT II, duc d'Autriche , fils de l'empereur Albert 1", né en 1298, mort le 16 août 1358. Il se trouvait encore en bas âge quand soni
père fut assassiné. H était le quatrième des cinq fils de cet empereur ; mais les trois aînés étant morts sans postérité, l'administration des possessions autrichiennes échut à Albert et à Othon, son frère cadet. Celui-ci mourut quelques années après, et laissa deux fils, qui siu-vécurent peu à leur père. Albert , demeuré seul, se vit à la tête de ses diverses souverainetés. A vingtsept ans , il épousa Jeanne , comtesse de Ferrete , qui , après une stérilité de quinze années, lui donna quatre fils et deux filles. A trentedeux ans , ime paralysie , suite du poison , lui enleva l'usage des jambes : il n'en continua pas moins à faire la guerre , tantôt porté dans une litière, tantôt attaché sur son cheval. H eut la prudence de résister aux offres du pape Jean XXU, qui, après avoir déposé et excommunié l'empereur Louis IV de Bavière , voulait placer la couronne impériale sur la tête du prince autrichien. Albert se déclara même pour cet empereur, contre son compétiteur Charles , fils du roi de Bohême, et le seconda dans plusieurs expéditions contre ce rival que Jean XXn lui avait suscité. Louis étant mort au mois d'octobre 1347, et Charles ayant réuni tous les suffrages , Albert le reconnut , et obtint des avantages considérables ; i mais le cours de ses prospérités fut troublé par [le mauvais succès de ses entreprises contre la I Suisse , recueil étemel des princes de sa maison. i n fut séduit par l'espoir de profiter des dissen- I sions qui s'étaient élevées dans la ville de Zuf .ich , espoir presque toujours trompeur, parce i [ue les nations divisées se réunissent contre l'étranger qui les attaque. Les Zurichois , excités lar Bodolphe Brunn , qui , régnant au nom du aeuple , n'en exerçait que plus violemment toutes es espèces de tyrannie , avaient adopté les mesures communes dans les révolutions populaires, où la liberté sert encore de prétexte longtemps après qu'elle a cessé d'être un but. La proscription des nobles , la confiscation de leurs biens, le bannissement de tous ceux qui avaient le malheur de leur être attachés ou le courage de les plaindre , remplirent la Suisse de mécontents. Ceux-ci se réimirent dans le château de Rapperswyll , et parvinrent , grâce aux intelligences qu'ils avaient conservées dans Zurich même, à s'y introduire dans la nuit du 25 février 1350; mais leur tentative pour s'y main- ( tenir ayant échoué , ne servit qu'à motiver des rigueurs nouvelles. Un comte de Habsbourg fut tué, un autre jeté dans un cachot ; Rapperswyll, s détruit jusque dans ses fondements; des vieili lards, des femmes et des enfants, condamnés à périr de froid et de faim dans les forêts , tandis (jiie les hommes dans la force de l'âge expiraient sur réchafand ; et Rodolphe Brunn, sentant bien qu'en multipliant les vexations il multipliait ses ennemis, voulut se fortifier par l'alliance de la confédération helvétique , dont jusqu'alors Zu- I rich n'avait pas fait partie. Albert , informé de à cette démarche, convoqua dans la ville de Brouck
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une diète , oii il appela les gouverneurs , magistrats et barons de la Souabe, de l'Alsace, et de ce qui restait en Suisse de territoire autrichien. La guerre fut déclarée , et Albert se rendit sous les murs de Zurich , à la tête de 16,000 hommes. Le mécontentement des Zurichois contre les démagogues qui les opprimaient dans l'intérieur, fit place à la nécessité de la défense extérieure. Le duc d'Autriche fut réduit trois fois à traiter avec ceux qu'il nommait des rebelles. L'empereur Charles IV, à la tête de tous les contingents de l'Allemagne, se présenta enfin devant Zurich, ne doutant pas de sa soumission. Une garnison de 4,000 hommes opposa néanmoins à cette armée une résistance invincible. La discorde, compagne inévitable des coalitions, et qui s'accroît par leurs défaites après les avoir causées, se glissa bientôt parmi les assiégeants : les prétentions de l'empereur effrayaient les États qui avaient envoyé leurs contingents à sa suite ; les succès de la maison d'Autriche déplaisaient aux princes mêmes qui avaient pris les ai-mes pour elle.
La veille du jour fixé pour un assaut, les coalisés feignirent de se disputer le poste d'honneur , et tout à coup ils se retirèrent, laissant Albert avec ses seules troupes. Hors d'état de continuer le siège , le duc d'Autriche, au défaut de la force , recourut à la corruption. Rodolphe Brunn , ce même factieux qui avait persécuté les nobles , saisi leurs biens, exilé leurs familles et leurs partisans, se vendit au duc d'Autriche : tant c'est une erreur grossière que de considérer, dans les révolutions, la violence et le crim.e comme des gages de sincérité. Zurich , par le moyen de Rodolphe Brunn, se déclara pour Albert ; d'autres cantons parlaient déjà de neutralité , premier pas vers la défection. Les confédérés helvétiques allaient être privés du fruit de cinquante ans de combats ; les montagnards de Schwj'tz , prenant seuls les armes et faisant flotter à leur tête l'étendard qu'avait illustré la bataille de Morgarten , mirent en fuite les agents d'Albert. L'alliance générale fut renouvelée sous leurs auspices , et le duc d'Autriche retourna à Vienne , où sa cour se fit une loi de ne jamais prononcer devant lui le nom de Suisses. Cette politesse de ses courtisans ne le consola pas ; car il mourut de chagrin , dans sa soixantième année. L'histoire a donné à ce prince le surnom de Sage , qu'il méritait à quelques égards. Instruit autant qu'on le pouvait être alors sur le trône , économe , actif , malgré ses infirmités , tolérant au delà de l'esprit de son siècle, il fut prudent , excepté dans la guerre qu'il eut le malheur d'entreprendre contre la confédération helvétique ; et, môme dans cette guerre, il donna des marques de modération et de générosité : il refusa de s'emparer de la ville de Bàle dont les habitants l'avaient offensé , et qui , détruite en partie par un tremblement de terre , n'aurait pu résister à ses attaques, ce Je ne veux pas ,
« dit-il, accabler ceux que la mam de Dieu visite. « Rebâtissons leur ville : après cela, nous essaye- « rons de la prendre ; » et il fit venir plusieurs de ses paysans de l'Alsace et du Brisgau , pour aider les Bàlois à reconstruire leurs habitations. Ce fut Albert qui , le premier, ordonna que les États héréditaires de la maison d'Autriche ne seraient plus partagés entre les divers membres de cette famille , mais appartiendraient à l'aîné : cette ordonnance ne fut point respectée après sa mort , mais elle fut renouvelée sous Maximilien, et, depuis, elle a été exactement observée.
A. Steyrer, Commentarii pro historia JWerti II, du ■ cis Austriœ ; Lîpsiœ, 172S, in-/ol. — Perz, Monumenta Germ., lib. VI. — Gans, In arbor. genal. dom. Austri. — Benjamin Constant, dans la Biogr. Universelle.
ALBERT iïl , duc d'Autrichc , fils d'Albert le Sage, né en 1349, mort au mois d'août 1395, perdit de bonne heure deux de ses frères plus âgés que lui , et se vit , le 27 juillet 1365 , avant d'avoir atteint sa dix-septième année, appelé au gouvernement, avec un frère plus jeune encore. Le pacte de famille institué par Albert H réservait à l'aîné le droit exclusif de succéder à son père ; mais Léopold ( c'était le nom du cadet ) , aussi violent qu'Albert était pacifique, força ce dernier à consentir à un partage, et se fit investir de la portion la plus considérable des États autrichiens. L'empereur Charles IV favorisa les prétentions de Léopold, charmé de voir une puissance qui lui faisait ombrage , concourir à son propre affaiblissement. En effet , le morcellement dont Léopold donna l'exemple s'étant renouvelé sous ses successeurs , fut , jusque sous l'empereur Frédéric ni, l'un des principaux obstacles à l'agrandissement de la maison de Habsbourg. L'ambition de Léopold échoua contre la Suisse, comme celle de son père et de son aïeul : il fut tué, le 9 juillet 1386, à la bataUle de Sempach ; et , durant la minorité de ses quatre fils , Albert rentra dans la jouissance d'un pouvoir dont il semble n'avoir pas été avide , puisqu'il le rendit à ses neveux dès qu'ils furent en âge de le réclamer.
Albert ne se montra point au-dessous de ce fardeau ; il sut, par une négociation habQe, engager la Bavière à renoncer au Tyrol, dont la souveraineté était pour l'Autriche d'une extrême importance. Se consacrant ensuite aux soins d'une administration vigilante, il s'appliqua, avec succès, à maintenir dans ses États une police exacte , mérite rare dans ce siècle. Il eut à lutter fréquemment contre les seigneurs, qui opprimaient leurs vassaux, vexaient le bourgeois des villes, et troublaient la tranquillité publique. Il protégea les lettres , accorda des faveurs signalées à l'imiversité de Vienne , fonda des chaires de mathématiques et de théologie , et se livra lui-même à l'étude des sciences et des arts. Malgi'é son penchant pour les occupations paisibles et studieuses , Albert se laissa quelquefois entraîner à des entreprises guerrières. Les habitants de Trieste , soulevés contre Venise ,
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s'offrirent à lui , et l'invitèrent à s'emparer de leur Aille. Il l'essaya, mais il fut repoussé. U seconda l'ordre Teutoniquc dans une espèce de croisade contre la Prusse, où le christianisme n'avait pas encore jeté des racines bien profondes. Enfin , des nobles bohémiens s'étant révoltés contre Venceslas leur roi , Albert embrassa Teur cause , et entra en Bohême à la tête d'une armée : mais il fut attaqué subitement d'une maladie dont il mourut, à l'âge de quarante-six ans. Marié deux fois, il ne laissa qu'un fils, qui , à sa mort, était âgé de seize ans. Sa première femme fut Élisafbeth , fille de l'empereur Charles IV ; il n'en eut point d'enfants. La seconde fut Béatrix, fille de Frédéric , burgrave de Nuremberg.
Spiegel OEslerreich's, etc., 389, etc. — Benjamin Constant, dans la Biogr. Univ. — J. Pezzl, OEsterreichisclie Biographie oder Lebensbeschreibttng seiner beriihmtesten Begenten und Helden; Vienne, 1791 j etc., 4 vol. ln-8°. — ,1. Gans, In arb. genal. dom. Aust. — Franz Séraphin Kurz, OEsterreicfi unter Herzog Jlbrecht III ( mit dem Zopfe ] ; Linz, 1827, 2 vol. in-8°.
ALBERT IV, duc d'Autriche , fils unique d'Albert ni, et surnommé le Pieux, né en 1379, empoisonné le 4 septembre 1414. Il avait seize ans lorsque son père mourut , au mois d'août 1395. Guillaume, fils aîné de Léopold, et qui lui avait succédé , voulut traiter son cousin comme son père avait traité son oncle , et forma des prétentions sur l'Autriche. Albert IV se défendit de son mieux; mais il fut obligé de transiger. Il fut convenu qu'Albert et Guillaume régneraient conjointement sur l'Autriche. Apeine cet accommodement avait-il eu lieu, qu'Albert, soit qu'il lût mécontent d'un traité par lequel il avait cédé des droits évidents, soit qu'il se sentit entraîné par un caractère romanesque, entreprit le pèlerinage de la terre sainte , laissant Guillaume seul en possession du pouvoir. Les aventures d'Albert , pendant cette lointaine course, ont été célébrées par plusieurs poètes et romanciers, en prose et en vers ; et il a été surnommé , dans les ouvrages fabuleux du temps , la Merveille du monde; mais il n'y a rien d'authentique dans tout ce que l'on raconte de son voyage à Jérusalem. Revenu à Vienne , Albert IV épousa Jeanne de Hollande , dont il eut un fils. Des «lissensions s'étant élevées entre ses oncles Sigismond , roi de Hongrie, et Venceslas , roi do Bon hême, Albert se conduisit avec tant de prudence, qu'il se concilia l'amitié des deux parties belligè rantes. |
Sigismond , s'étant emparé de la personne de Venceslas , crut ne pouvoir le remettie en de meilleures mains qu'en celles d'Albert. Le ducj d'Autriche traita son oncle prisonnier avec beau-; coup de douceur, et lui facilita les moyens de) s'échapper. Il parvint ensuite à le réconcilier avec Sigismond; et les deux rois furent tellement satisfaits de sa conduite , que tous deux , simultanément, le déclarèrent leur successeur, dans le cas où ils mourraient sans enfants mâles, Albert avait ainsi en perspective l'héritage de
deux puissants royaumes ; et, pour les mériter, il secondait de toutes ses forces Sigismond contre quelques seigneurs qui voulaient secouer son joug , lorsqu'il fut empoisonné par l'un d'eux qu'il assiégeait dans la forteresse de Znaïm , de concert avec le roi de Hongrie. Il mourut dans sa vingt-septième année , laissant un fils âgé de sept ans. Albert rv avait le même goût que son père pour la théologie , et ce goût était fortifié par une extrême dévotion. Non content d'avoir visité le saint sépulcre, il adopta, de retour en Europe , la vie d'un anachorète , autant qu'il lui fut possible. Souvent retiré dans un couvent de chartreux , il s'y faisait appeler le frère Albert , assistait aux matines. Usait à haute voix les prières et les Utanies , observait les jeûnes , et se conformait scrupuleusement à tous les rites prescrits. Cette dévotion outrée l'entraîna dans des mesures inexcusables. Du fond de sa cellule, il persécuta cruellement des héréticpies en Styvie , les faisant marquer d'im fer chaud , les plongeant dans les prisons , ou les condamnant à périr dans les flammes. Ces cruautés impriment sur son règne une tache indélébile.
lienjamla Constant, dans \a Biogr. Univers.'— J.-J. Fiigger, Ehren-Spiegel des Erzhausses OEsterreich, etc., p. 401. etc. — F. Séraphin Kurz, OEsterreich unterHerzog Albrecht IK, nebst einer Uebersicht des Zustandes OEsterreichs wàhrend des vierzehnten Jahrhunderts ; Unz , 1830, 2 vol. in-8°.
ALBERT V, duc d'Autriche, connu, comme empereur, sous le nom d'ALBERx II, né à Vienne le 10 août 1397 , et mort le 27 octobre 1439. Il n'avait que sept ans lorsque AlbertTV, son père , mourut : cette mort prématm-ée lui donna pom: tuteurs les trois cousins germains de son père , Ernest , Guillaume et Léopold , tous trois fils de ce Léopold qui avait dépouillé Albert ni de presque tous ses États. Guillaimie avait déjà , du vivant d'Albert IV, 'formé des prétentions sur l'Autriche. Heureusement pom- son neveu, il ne survécut guère au père de celui-ci ; mais Léopold ne se montra ni moins ambitieux ni moins avide que Guillaume. Ce fut en vain que les états , craignant son administration , appelèrent à la régence son frère Ernest. Léopold chassa son frère , et se fit déclarer seul tuteur d'Albert V. Le peuple se souleva , Ernest se mit à la tête des mécontents ; le roi de Hongrie et le duc de Bavière se déclarèrent pour eux ; l'Autriche entière fut livrée au plus affreux désordre. Ce fut au milieu de ces troubles qu'Albert fut élevé. Léopold ne négligea rien pour inspirer au jeune prince le dégoût des affaires , et la passion des plaisirs grossiers et des exercices violents ; mais les hommes chargés de son éducation trompèrent les calculs coupables de son tuteur. Albert acquit sous leur direction des connaissances étendues , et , ce qui vaut mieux pour tous les hommes et surtout pour les princes , une fermeté de caractère qu'il déploya fréquemment avec succès dans le cours de son règne. Les gouverneurs d'Albert, après avoir
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travaillé pour l'avenir, crurent que le moment était venu de s'occuper du présent.
Le principal d'entre eux, Remprecht de Waldsée , négocia secrètement avec les états , leur peignit les maux qui résultaient de la longue minorité de son élève , du caractère impérieux et féroce de Léopold , et des discussionb qui se ranimaient sans cesse entre lui, les habitants de Vienne et ses frères. Entraînés par ses représentations , les états s'engagèrent , par un serment solennel , à ne recevoir d'ordres que d'Albert V, leur légitime et luiique souverain. A cette nouvelle, Léopold mourut subitement de rage le 3 Juin 1411; le clergé lui refusa les honneurs funèbres , et il fut enterré , sans pompe et de nuit, dans l'église de Samt-Étieune. L'enthousiasme du peuple, lorsque Albert se montra mvesti du gouvernement, ne connut point de bornes : la foule se pressait autour de lui, et lui témoignait par ses acclamations son dévouement et ses espérances. Mais , au miheu de cette allégresse, Albert avait mille sujets de sollicitude : aucune police n'existait dans ses États , les routes étaient infestées de brigand s, les tribunaux sans autorité , les propriétés menacées , le commerce interrompu ; les nobles abusaient avec audace de leur force ; les parvenus , de leur fortune. Albert crut qu'une sévérité inflexible était nécessaire. Dès les premiers jours de son administration, il fit brûler vifs , comme spoliateurs et faussaires, deux de ses courtisans , dont l'un avait jusqu'alors possédé sa plus intime confiance. Ce terrible exemple fut efficace : en peu de mois , l'Autriche devint le pays dont les habitants goûtèrent la sécurité la plus complète; et on y disait proverbialement que, partout où régnait Albert, l'or et l'argent se gardaient eux-mêmes , sm' les grands chemins et au milieu des bois.
Albert fut fiancé , en 1417, à la fille de l'empereur Sigismond, Elisabeth, qu'il épousa en 142 1 . Ce mariage rendit à la maison de Habsbourg des droits sur les royaimies de Hongrie et de Bohême; mais cet avantage fut balancé par de graves inconvénients. Albert se trouva d'abord placé dans une situation difficile entre son beaupère et Frédéric IV , l'un de ses oncles , dont Sigismond se déclara l'implacable persécuteur. Albert n'osa fournir à son parent que de faibles secours pécuniaires, et vit avec doulem-, pendant trois ans, les princes de sa maison mis au ban de l'Empire, et dépouillés de leurs États par celui dont il avait épousé la fille. A peine sorti de cette position pénible, Sigismond l'entraîna dans la guerre des hussites, qu'il avait excitée en se rendant coupable d'im exécrable parjure envers Jean Hus et Jérôme de Prague. Albert fut forcé de partager les fatigues, les dangers, les tristes succès et les honteux revers de cette déplorable guerre.
Albert fit une entrée magnifique à Prague , le 20 juin 1420, avec Sigismond, qu'accompagnaient en pompe les électeurs do Cologne , de Trêves ,
de Mayence, de Brandebourg, l'électeur paljitin, le duc de Bavière, et une foule d'autres princes; mais, vingt-quatre jours après, tous ces souverains et leurs troupes prirent la fuite devant une poignée d'hussites armés de faux et de bâtons. L'histoire reproche à Albert des cruautés inexcusables dans sa retraite : il fit brûler, dans im village, deux ecclésiastiques, trois notables et quatre enfants , et ce fut avec peine que l'évêque de Passau l'empôcha de livrer aux flammes tout ce qui se trouvait sur sa route. La fortune le préserva d'assister à la honteuse défaite qui dispersa l'armée allemande dirigée par le cardinal Julien. Tandis que ce cardinal , à la tête de 80,000 croisés (car on avait prêché une croisade contre les hussites), se faisait battre par 30,000 hommes, Albert contenait par des mesures ti'ès-rigoureuses , mais avec succès, les peuples de la Moravie ; et , l'année suivante , il parvint à chasser de l'Autriche entière Procope, le plus redoutable des successeurs de Ziska. Au milieu de la guerre des hussites , la mort de Sigismond appela Albert , le 9 décembre 1437, au trône de Bohême. U eut à lutter contre les intrigues de sa belle-mère Barbe de Cilly, femme de Sigisraond.
Cependant U fut couronné à Prague le 29 juin 1438. Les hussites, animés par l'impératrice veuve, s'armèrent contre un prince qui devait sa couronne à l'assassin de Jean Hus ; et les Polonais pénétrèrent dans la Silésie et dans la Bohême, pour soutenir les prétentions de leur roi. Albert eut à combattre pour sa propre cause dans les pays où il avait si longtemps combattu poiu- les intérêts de son beau-père. Maître de diriger seul les opérations militaires , et secondé par l'électeur de Brandedourg, il demeura victorieux. Sur ces entrefaites , les Hongrois l'élurent pour roi : menacés à la fois par les Polonais et par les Turcs, et voulant que les soins de leur monarque leur fussent consacrés exclusivement, ils exigèrent de lui la promesse que, si le choix des électeurs le portait sur le trône de l'Empire, il n'accepterait pas cette dignité. Albert, nommé empereur, fut fidèle à sa parole. «■ La « possession du monde, répondit-il au messager « qui \int lui annoncer son élection , est d'un a^moindre prix à mes yeux que la sainteté de « mes serments et le salut de mon âme. » Les princes de sa maison, les Pères du concile deBâle, les états d'Autriche, ne purent l'ébranler. Ce ne fut que lorsque les Hongrois eux-mêmes , pensant que l'accroissement de sa puissance serait favorable à leurs intérêts, le délièrent de ses engagements, qu'il se crut libre de placer sur sa tête la couronne impériale, qui depuis resta constamment dans sa famille. L'élévation d'Albert remplit l'Allemagne de joie et d'espérance, et les premières mesures qu'il prit répondirent à l'attente générale. Dans les diètes de Nuremberg et de Mayence , il fit porter une foule de lois relatives à la tranquillité publique et particulière; il
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proposa une nouvelle division de l'Allemagne, qui aurait facilité le mainlien de la paix et la répression des désordres; il réforma l'administration de la justice, modéra les prétentions arbitraires des juges, et tâcha de restreindre surtout la puissance redoutable et mystérieuse des cours wehmiques et des tribunaux secrets de la Westphalie ; mais cette institution résista longtemps encore aux efforts des empereurs.
La conduite d'Albert dans la lutte entre le pape Eugène IV et le concile de Bâle, fut remarquable par sa prudence : non-seulement il n'accepta point la commission de dissoudre ce concile, qui lui fut déférée par Eugène IV , mais il fit adopter par la diète de Mayence les résolutions des Pères de Bâle , qui tendaient à réprimer les empiétements de l'autorité pontificale. L'Allemagne lui dut l'abolition des annales, des réserves, des expectatives, et le rétablissement universel des élections canoniques. La sagesse et la fermeté d'Albert semblaient annoncer la régénération de l'Empire ; mais ces heureux présages s'évanouirent tout à coup. Depuis près d'un siècle, la puissance des Ottomans devenait chaque jour plus menaçante. Bajazet avait subjugué la Macédoine, la Thessalie, le Péloponèse, conquis la Bosnie et la Bulgarie, et traversé le Danube. Vainqueur de Sigismond et d'ime innombrable armée de croisés, il était tombé lui-même sous les coups de Tamerlan, au moment où il allait investir Constantinople; mais son petit-fils Amurath II, après de longues guerres civiles dont les Grecs dégénérés n'avaient pas su profiter, reparaissait plus terrible : il avait, d'un côté, soumis la Grèce; de l'autre, dévasté la Transylvanie; et, forçant le despote de Servie à lui donner sa fille et à lui livrer passage , il méditait l'invasion de la Hongrie. Albert se vit forcé de suspendre ses projets de réforme , pour s'opposer à ce nouvel adversaire. Contrarié par la malveillance de la noblesse, et plus encore par l'épuisement des peuples, il rassembla avec peine une armée de vingtquatre mille hommes , et s'avança contre Amurath, qui en commandait plus de cent cinquante mille. Son courage aurait peut-être suppléé à l'infériorité de ses forces; mais les maladies et la trahison rendirent tous ses efforts inutiles; I» dyssenterie moissonna ses soldats; des nobles mécontents entamèrent avec l'ennemi une correspondance coupable. Amurath eut la générosité d'en avertir Albert. Les traîtres démasqués poussèrent l'armée à la révolte ; les soldats se débandèrent.
Albert, que la contagion n'avait pas épargné, fut contraint à la reti-aite; et, succombant aux souffrances physiques et morales, il mourut dans un petit village de Hongrie, à l'âge de quarantedeux ans. Éhsabeth, sa femme, était encemte d'un fils qui, né quatre mois après la mort d'Albert, fut nommé Ladislas le Posthume. Albert avait eu trois auti'es enfants, dont deux lui survécurent ; Elisabeth, femme de Casimir, roi de.
Pologne , et Anne , qui fut mariée à Guillaume , électeur de Saxe. Albert fut regretté. Sa taille était élevée, ses yeux d'un bleu clair ; la vivacité de ses regards, et son teint bruni par les exercices nailitaires , contrastaient avec ses cheveux blonds qui tombaient sur ses épaules. Menacé par des factions qu'il eut sans cesse à comprimer, il poussa quelquefois la sévérité jusqu'à l'excès. Entraîné par l'exemple et l'esprit de son siècle, il poursuivit les Juifs avec un acharnement aveugle. Imbu de l'opinion absurde , mais alors accréditée , que ces malheureux enlevaient des hosties consacrées pour les outrager, il ne leur laissa que le choix du baptême, de l'exil ou du bûcher. Plusieurs se tuèrent eux-mêmes , douze cents furent brûlés vifs, et leurs biens confisqués. C'est une tache horrible ; mais c'est la seule qui souille le règne d'AJbert. Du reste, ce prince fut tempérant, juste, intrépide, simple dans ses mœurs, sensible dans ses affections privées^ Il n'exprima qu'un seul regret en mourant, celui de ne pas serrer sur son cœur son épouse , qu'il laissait enceinte. Durant dix-huit ans de mariage, il n'avait pas une seule fois semblé se plaire , même passagèrement , avec une auti-e femme. On a vu jusqu'à quel point il poussait la fidélité à sa parole, puisqu'elle pensa lui faire refuser la première couronne de la chrétienté.
' Benj. Constant, dans la Biographie Universelle. — J.-J. Fugger, Ehren Spiegel des Erzhaiises OEsterreicli, etc., 402, etc., 429, elc. — G.-A.-W. Wenic, HistoriaAlberti II; Lipsise, 1740, in-4°. — Hormayr, OEsterreichischer Plutarch, ii, 92, etc. ; iv, 35. — J.-C. Pfîster, Geschichte der Teutschen, I!I, 473-481.
ALBERT, archiduc d'Autriche, gouverneur puis souverain des Pays-Bas, né en 1559, mort en 1621. Il était le sixième fils de l'empereur Maximilien II et de Marie d'Autriche. Destiné à l'Église , il fut d'abord cardinal et archevêque de Tolède. On lui donna, en 1583, le gouvernement de Portugal ; et sa conduite plut tellement à Philippe H, roi d'Espagne, qu'il le nomma gouverneur des Pays-Bas. Albert arriva à Bruxelles au mois de février 1596 ; peu après il prit la ville de Calais, puis Ardres ; il assiégea ensuite Hulst, qui se rendit le 1 8 août de la même année. Poi'to-Carrero, gouverneur de Dourlens, surprit Amiens le 1 1 mars 1 597 ; mais le roi Henri IV s'en ressaisit le 3 septembre suivant. Albert renonça à la pourpre romaine pour épouser, en 1598, Éhsabeth-Claire- Eugénie d'Autriche, fille de Philippe n et d'Elisabeth de France. Cette princesse lui apporta en dotles Pays-Bas catholiques et la Franche-Comté. La paix entre la France et l'Espagne , conclue à Vervins , lui fit renouveler la guerre contre les Hollandais. Il y eut une bataille doimée le 2 juillet 1600, près de Nieuport; l'archiduc tua huit ou neuf cents hommes chargés de la garde du pont, et, sans laisser reprendre haleine à ses soldats , il alla affronter l'ennemi : mais le comte Maurice de Nassau le reçut vigoureusement et le battit.
Quelque temps après, Albert vint assiéger Os-
ALBERT {Brandebourg)
tende, qui ne fut prise que le 22 septembre 1604. Ce siège si mémorable dura trois ans trois mois et trois jours, et Albert n'eut pour fruit de sa victoire qu'un monceau de cendres qui avait coûté la vie à plus de cent mille hommes, outre des sommes immenses, la perte de deux villes considérables ; car Maurice, pendant le siège, avait repris l'Écluse, Grave, et quelques autres places. L'archiduc songea à la paix ; elle commença par une trêve de huit mois en 1607, et continua par une autre de douze ans en 1609. Il employa ce temps à policer ses provinces ; sa bonté et sa douceur lui gagnèrent le cœur de tout le peuple. Il mourut sans postérité, à soixante-deux ans.
Pfister, Geschischte der Teutschen, iii, SIS, etc. — Le Mire, In Elog. Albert. — Beyerllm k. In C/ironogr. — De Tliou, Hist. — Grotius,Z)e bello Belg. — Sponde, In Annal, eccles.
IL Les Albert de Brandebourg.
ALBERT l'^^'ouALBRECHT, mruomméVOurs et le Bel, margrave de Brandebourg, mort le 13 novembre 1 176. Il était filsd'Otton le Riche, comte de Ballenstadt mort en 1123 et ne possédait d'abord que la Lusace. Dans la guerre que l'empereur Lothaire eut en 1126 avec les Bohémiens, il servit ce prince avec valeur. Mais cinq ans après, Lothaire, pour quelques motifs légers, lui retira la Lusace. Ayant depuis recouvré les bonnes grâces de l'empereur, Albert reçut de lui, en 1134, le margraviat de Brandebourg. Les Vénèdes étaient pour Albert des voisins incommodes qui l'inquiétaient par leurs courses. Il enti'a dans leur pays à main ai-mée l'an 1136, et leur causa de grands dommages. Une seconde irruption , qu'il y fit l'année suivante , les obhgea de rester en repos.
En 1138, l'empereur Conrad lui conféra le duché de Saxe , après en avoir dépouillé Henri le Superbe. Albert battit les confédérés de ce dernier près de Mimirberg, et lui enleva plusieurs places. Mais Henri, avec le secours de Rodolphe n , comte de Stade , les reprit , le chassa môme de ses propres possessions, et s'empara du margraviat de Brandebourg. Un armistice ménagé, peu de temps après, par les électeurs ecclésiastiques , fit rentrer Albert dans son patrimoine. Henri étantmortle 19 octobre 1 139, Albeii reprit le titre de duc de Saxe. Il irrita par là de nouveau ses ennemis, à la tête desquels étaient l'impératrice douairière Richilde de Saxe, veuve de l'empereur Lothaire, et les archevêques de Mayence et de Magdebourg. La guerre qu'ils firent, malgré la protection dont l'empereur Conrad l'honorait, le réduisit bientôt à toute extrémité. Heureusement la mort le délivra de ses ennemis. Il obtint ainsi une paix avantageuse , qui fut conclue aux fêtes de la Pentecôte de Tan 1142, à Francfort. Le margraviat de Brandebourg fut érigé en principauté relevant immédiatement de l'Empire, et rendu à Albert avec ses biens psitrimoniaux. Ce qui servit le plus à lui procurer cet avantage, fut la succession du pays
ALBERT (£ï
situé entre l'Elbe et l'Oder , que Przibislas , roi des Slaves et des Vandales, nommé Henri depuis son baptême, lui transmit par son testament.
Albert, pour faire tomber les prétentions que l'envie avait fait renaître, prit le parti de soumettre cette succession à l'Empire, afin d'en être, en cas de besoin, promptement secouru. Jusqu'alors U avait fait sa résidence à Salzwedel ; il la transporta à Brandebourg. En 1146, de concert avec Conrad , margrave de Misnie , il réussit à faire la paix entre Boleslas IV , roi de Pologne , et l'empereur, qui avait fait marcher ses troupes pour rétablir Vladislas sm* le ti'ône de Pologne. Il conduisit en 1148 une armée dans la Poméranie ultérieure, sous prétexte d'une croisade, mais dans le but réel de faire valoir ses prétentions sur les districts de ce pays, qui avaient appart,enu à l'Etat des Vénèdes et des Abodrites. Il mit le siège devant Demmin, et fut obligé de le lever par la désunion de ses alliés, qui cherchaient chacun leur avantage particulier. L'année suivante, le duc de Poméranie, craignant une nouvelle invasion d'Albert, s'engagea à conserver le christianisme dans ses États. La propriété des comtés de Prosecke et de Winzenbourg occasionna, l'an 1152, entre Albert et Henri le Lion, im différend que l'empereur Frédéric F'' termina en adjugeant le premier de ces domaines à Albert, et le second à Henri.
Vers la fin de ses jours , Albert entreprit de signaler sa valeur à la terre sainte. Il partit, au mois de février 1158, pour cette croisade, d'où il revint l'année suivante. Le duc Henri le Lion ayant déclaré la guerre, en 1164, aux Poméraniens , Albert lui prêta main forte. Mais bientôt la jalousie les divisa. Ds tournèrent leurs armes l'un conti'e l'autre , et ne les mirent bas qu'en 1168, lorsque l'empereur fut de retour de son expédition d'Italie. Ce prince les ayant fait venir à la diète de Bamberg, mit fin à leur querelle par une décision qui fut à l'avantage du duc. En 1169, Albert remit le commandement de ses États à son fils aîné. Ce prince finit ses jours le 18 novembre de l'an 1170, suivant lés chroniques de Leutersberg et de Lunebourg. Les Slaves, lorsqu'ils furent devenus maîtres de Brandebourg, s'étaient retirés en grande partie du pays. Albert le repeupla d'habitants tirés de Hollande et de Zélande; c'étaient les plus habiles cultivateurs qu'il y eût alors en Europe. D établit aussi dans* ses Etats de nouvelles églises, des écoles et des jm'idictions. Le margraviat de Brandebourg, en im mot, lui doit son premier lustre. — Albert avait épousé Sophie, fille de Frédéric de Hauhenstauffen , et par conséquent sœur de l'empereur Conrad ni (morte en juUlet 1160). H eut de ce mariage six fils et trois filles.
Stenzel, Cesehichte des Preussischen Staats , t. I, p. 23. — S. huchhollz, Cesehichte der Churmarck Brandenburg , t. II, p. 1. — Preussische National-Encyclopddie, 1. 1, p. 230. — Art de vérifier les dates, t. XVI.
ALBERT II, margrave de Brandebom-g, mort
andebourg ) 584
le 23 févrfer 1221. D succéda en 1206 à son frère Otton H, et fut d'abord attaché au parti de Philippe de Souabe. Mais après la mort de ce prince il concourut à l'élection d'Otton IV pour le royaume de Germanie , et fit la paix avec la maison des Guelfes. En 1209, U aida le margrave de Lusace, Com'ad, son beau -père, à faire le siège de Lébus, dont la garnison avait fait des courses sur ses terres. Wladislas, duc de Pologne, vint au secours de la place , et en précipita la reddition par sa défaite. Conrad étant mort l'an 1210, sans enfant mâle, Albert, du chef de sa femme, forma des prétentions sur tout le margraviat de Lusace. Mais Thierri, margrave de Misnie, obtint, à force d'argent , la Lusace inférieure , et ne laissa que la supérieure aux enfants d'Albert. Ce fut l'empereur Otton rv qui régla ce partage. Loin de lui en savoir mauvais gré , le margrave Albert n'en parut que plus attaché à ses intérêts. Le pape Innocent in ayant excommunié l'année suivante Otton et ses partisans, Albert encouragea ce prince à braver la foudre de Rome, et fit avec lui une ligue offensive et défensive. Le plus violent de ses ennemis était l'archevêque de Magdebourg. Albert lui fit la guerre pendant plusieurs années, et dévasta ses terres à plusieurs reprises. Mais, tout en défendant les intérêts d'autrui , il ne négligeait pas les siens propres. Vers le même temps il acquit de Boleslas , duc de la basse Silésie, et ' neveu de Boleslas le Grand, duc de Breslau, la ville de Lébus, avec une partie du pays qui compose aujourd'hui la nouvelle Marche. En 1214, il entama , avec le Danemark et les princes de la Poméranie, une guerre qui dura trois ans. En 1215, l'empereur n'étant plus en état de se relever, Albert se tourna du côté de Frédéric H, et fit sa paix avec lui. Ce prince lui confirma ses droits sur la Poméranie.
Albert eut de Mathilde, son épouse, fille de Conrad ni, margrave de Lusace (morte l'an 1255 ou 1256), deux fils, Jean et Otton; et deux filles, Mathilde , femme d'Otton l'Enfant, duc de Brunswick, et Anne, mariée à Nicolas, duc de Mecklenbourg.
Preussische National-Encyclopàdie. — Art de vérifier les dates, t XVI, p. 396.
ALBERT III, sumonuné l'Achilleet l'Ulysse, margrave de Brandebourg , né le 24 novembre 1414, mort le 11 mars 1486, succéda à Frédéric, son frère. Il était auparavant burgrave de Nuremberg et margrave de Bareuth, et avait fait la guerre contre les Polonais. Il avait gagné huit batailles contre les habitants de Nuremberg, qui lui contestaient les droits que son père s'était réservés en vendant le burgraviat de la ville. Il avait fait prisonnier, en 1444, Louis le Barbu, duc de Bavière , à Ingolstadt ; mais dans une neuvième bataille, livrée contre les Nurembergeois, il avait été fait prisonnier, après s'être défendu comme un lion; il avait enfin remporté le prix en dixsept tournois. Voilà pourquoi il avait reçu, diton, le surnom d'Achille.
Albert continua la guerre au sujet du duché "de Poraéranie-Stettin jusqu'en 1476. Après l'abdication de Frédéric son frère , il ne s'empressa pas de prendre les rênes du gouvernement de î'électorat; mais il les confia à Jean, son fils, et n'arriva qu'en 1471 dans le Brandebourg , après avoir reçu l'hommage de ses sujets. En 1471, il commanda les armées de l'empereur, dont il eut toute la confiance , contre le duc de Bavière et contre le duc de Bourgogne. Aussi habile négociateur que grand capitaine, il disposa ce dernier à la paix , et ce fut le succès de cette tentative qui lui valut le surnom d' Ulysse. Il ne réussit pas aussi facilement à terminer les contestations qu'il avait avec le duc de Poméranie pour la succession du dernier duc de Stettin. Les conférences que l'empereur, à leur demande, avait fait tenir en 1471, ayant échoué, Albert prit les armes, et s'empara de plusieurs places de l'héritage contesté. Elles lui furent laissées dans le traité de paix conclu, le 3 juin de l'année suivante, à Prentzlow. Il fit, l'an 1473, un pacte de famille avec les maisons de Saxe et de Hesse pour la succession réciproque, à l'extinction d'ruie de leurs lignes. La même année, il partagea ses États entre ses fils, laissant à l'aîné le margraviat , au second Auspach en Franconie, et au troisième Bareuth. Enfin, las du gouvernement, il le remit, le 25 juin 1476, à son fils aîné, se réservant la dignité électorale. Albert mourut à Francfort-sur-le-Mein , pendant l'élection de Maximilien P"", roi des Romains.
VoUstdndiges Univorsal-Lexicon, t. [, p. 977. — Preussische National- Encijclopâdie, t. I, p. 246. — yirt de vérifier les dates, t. XVI, p. 417.
ALBERT DE BRANDEBOURG, grand maître de l'ordre Teutonique , mort vers le milieu du seizième siècle. H prononça ses vœux à Mergentheim , oîi on lui remit l'acte de sa nomination , et il fit son entrée à Konigsberg le 22 novembre 1512. Albert ayant refusé de rendre homm,age à la Pologne, le roi Sigismond lui déclara la guerre le 28 décembre 1519. Elle dura jusqu'en 1521, et se termina par la médiation de l'empereur et du roi de Hongrie, qui amenèrent la conclusion d'une trêve de quatre ans. Albert, qui avait reçu diverses sommes de Walther de Plettenberg, maître provincial des chevaliers teutoniques en Livonie, lui accorda l'indépendance l'an 1521 , c'est-à-dire le droit d'exercer la souveraineté en son propre nom. Albert , en 1524, prêta serment de fidélité à l'Empire dans la diète de Nm-emberg, et siégea au banc des princes ecclésiastiques, après les archevêques et avant tous les évêques de l'Empire. En 1525, la trêve avec la Pologne étant au moment d'expirer, on voulut entamer des conférences à Prcsbourg ; mais elles furent inutiles. Le grand maître, fîéjà prévenu de la doctrine de Luther, envoya négocier à Cracovie, où il se rendit ensuite, et conclut le 9 avril, avec le roi son oncle, un traité par lequel il fut reconnu duc héréditaire
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de tout ce que l'ordre possédait en Prusse, tant pour lui que pour ses frères et leurs successeurs, à condition d'en recevoir l'investiture du roi ; ce qui fut exécuté immédiatement. Albert , fortifié par un grand nombre de Polonais, prit possession du duché, quitta l'habit de l'ordre, et chassa les cathohques. C'est ainsi que l'ordre Teutonique perdit la Prusse par l'apostasie de son grand maître.
Chronicon Magdelncrgense. — jért de vérifier les dates, t. XVI.