III. Les Albert de Brunswick
ALBERT i'^'", dit le Grand, duc de Brunswick, mort le 15 août 1278. Fils d'Otton, il partagea ses États avec son frère : il donna à ce dernier Liinebourg et Celle, tandis qu'il se réservait lui-même Wolfenbiittel et Goettingen. Albert s'était déjà signalé par sa valeur, du vivant de son père. En 1252, il avait mené du secours à Ottocar , roi de Bohême , contre Bala IV, roi de Hongrie, qu'il fit prisonnier. A la bravoure personnelle Albert joignait un grand fonds de douceur. Cette dernière qualité le rendit méprisable aux yeux de quelques seigneurs qui tiraient leur nom du château d'Assebom-g. Us lui firent diverses insultes, dont la plus sanglante fut la suivante : Les ducs de Brimswick portaient dans leurs armokies deux lions (passants), depuis le duc Henri le Lion, qui les tenait des rois d'Angleterre, ses ancêtres. Ces seigneurs, pour insulter le duc Albert, mirent sur leurs boucliers un loup acharné sur le dos d'un lion. « Comme cet emblème n'était nullement équivoque , dit Krantz , il émut la bile du tranquille duc, qui ne pouvait souffrir qu'au mépris de sa personne on ajoutât l'outrage. Le lion tiré par les oreilles s'éveille; il prend les annes contre ces insolents, et, après les avoir retenus longtemps assiégés dans le château d'Assebourg, il les y force, et, les ayant chassés de la place iiiipitoyablement, il se l'approprie et y établit sa demeure. Tout ce que les bannis purent obtenir par le moyen de leurs amis , à force de prières , ce fut de pouvoir se retirer au château Brakel. Mais , tandis que le duc était occupé à ce siège, il arriva que Frédéric, comte d'Éberstein, s'étant ligué avec l'archevêque de Mayence (Gérard F""), fit une invasion dans la terre de Goettingen, sans aucune déclaration préalable de guerre, comme les lois mihtaires l'exigent. Le duc avait laissé à Goettingen un commandant avec un corps de troupes suffisant pour défendre le pays, trop faible néanmoins pour combattre de front une année si puissante. Mais ayant rassemblé à la hâte, comme le temps le lui permit, un certain nombre de chevaux et une assez grande multitude de paysans , cet officier se mit à suivi'e l'ennemi à petit bruit, pour observer où il assiérait son camp. Or, il arriva ([u'uu soir l'archevêque et le comte étant tombés à la ferme d'un monastère, firent camper leurs
troupes à l'eutour, et y entrèrent eux-mêmes pour y prendre du repos. Le commandant du duc, après avoir tout observé , voyant que le silence et la sécurité régnaient partout, fait subitement irruption, au milieu de la nuit, dans la métairie, où il saisit le prélat et le comte, qu'U emmena au camp du duc, après avoir repoussé ceux qui étaient accourus à leur secours. L'archevêque est envoyé prisonnier à Brunswick, où il resta l'espace d'un an. A l'égard du comte, pour le punir de sa félonie, le duc le fit pendre par les pieds à une potence. »
Dans la guerre qu'Albert eut avec Henri l'Illustre , landgrave de Thuringe , pour la défense de Henri VE7ifant, après avoir remporté divers avantages , il fut blessé et pris dans un combat donné, le 28 octobre 1263, entre Halle et Leipzig. Pour se racheter, l'année suivante, il lui en coûta huit mille marcs d'argent et la cession de quelques villes et châteaux. Durant le cours de cette guerre, Albert fut appelé en Danemark pour délivrer la reine douairière et son fils, le jeune roi Éric , de la captivité où ils étaient retenus dans le Holstein. Il réussit très-bien dans cette entreprise glorieuse, et il en fut récompensé par la dignité de gouverneur ou de viceroi de Danemark que la reine lui fit donner, et par le choix qu'elle se proposait de faire de lui pour son époux. Mais les Danois ne purent s'accommoder à son joug , ni supporter les réformes qu'il voulut faire dans l'État. S'étant soulevés, ils l'obligèrent d'abandonner le pays avec les établissements qu'il y avait faits , et les grandes espérances dont il s'était flatté. Albert eut avec les évêques de Minden et de Hildesheim de petites guerres, qui ne. produisirent aucun événement mémorable. Ce prince eut d'Adélaïde, fille de Boniface le Grand, marquis de Montferrat, Henri, dit le Mervellleiix , qui eut en partage Grubenbagèn, et dont là descendance s'est éteinte en 1596.
Kraritz, Saxonia. — Cfu-onkjue d'Erfurt.
ALBERT II, duc de Brunswick, dit le Gras ou le Jeune, second fils du précédent, mort en 1318, eut, dans le partage fait avec ses frères, la ville de Goettingen, avec les pays situés dans le voisinage du Werderen et de la Leine, l'Ober- Wald , le pays de Calenberg , Nordlieim et Hanovre; à quoi il ajouta, après la mort de Guillaume son frère, Brunswick et les terres qui en dépendaient. Sa régence fut sage et douce. Il veilla sur tout ce qui pouvait conti'ibuer à la prospérité de ses États. Il accorda divers privilèges aux villes de Brunswick et de Goettingen ; et ceux que la première obtint de lui étaient si étendus , que la souveraineté de ses successeurs sur cette ville fut, dès ce temps-là, extrêmement restreinte et incertaine.
j4rt de vérifier les dates.