V. Les Albert de Liège et de Livonie
ALBERT 1^'', prince-évêque de Liège, mort e 23 novembre 1192. Fils de Godefroi le Couageux, duc de Brabant, il fut élu par une parie du chapitre dont il faisait partie. Cette élecion fut contestée par Baudouin , comte de Haiiiaut, et par quelques chanoines, qui portaient } . l'épiscopat un autre Albert , de la maison de ;{ethel. L'empereur Henri VI, averti de ce déi nêlé, rejeta les deux compétiteurs, et leur subs- •^itua Lothaire, prévôt de l'église de Bonn et rère du comte d'Hochstat. Lothaire vint à main rmée prendre possession du siège épiscopal de î ville de Liège et des places qui en dépeniiaient, subjugua tout par la terreur, et fut en ' pparence universellement reconnu pour évê-
i*pe. Cependant Albert de Louvain se mit en oute, sous un habit de valet, pour aller pouruivre son droit en cour de Rome. Il fut accueilli favorablement du pape Célestin II, qui confirma son élection, l'ordonna diacre, le fit carlinal, et le renvoya avec une lettre à l'archeêque de Reims, pour engager celui-ci à le sacrer l'vêque. Durant le séjour qu'Albert fit à Reims, '"empereur Henri VI persécutait à outrance, ilans Liège, tous ceux qui montraient de l'atta- :hement pour Albert de Louvain. Sa haine et sa ureur contre ce prélat étaient si grandes, que 1 rois seigneurs, qui lui étaient affidés, formèrent »vec lui le complot de venir assassiner le préat dans Reims. Feignant d'être eux-mêmes poursuivis par l'empereur, ils vinrent trouver Albert, ^'insinuèrent dans son amitié , et , l'ayant attiré lors de la ville, ils le massacrèreirt et s'enfuirent. La nouvelle de l'assassinat d'Albert rempHt l'horreur la ville de Liège; on s'en prit à î'uiurpateur Lothaire, qui fut obligé de se sauver, i'étant rendu à Rome, il confessa ses crimes au pape, entre les mains duquel il remit ses béliiéfices après avoir renoncé à lévêché de Liège , Pt obtint son absolution. Les Liégeois n'eurent aucun égard à ce pardon. Lothaij-e, étant revenu
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dans le pays, fut arrêté, l'an 1194, à Tongres, ècorché vif, et plongé dans de la chaux vive. En 1612, le corps d'Albert fut apporté de Reims à Bruxelles , et exposé à la vénération des fidèles dans l'église des Carmélites, à la demande de l'archiduc Albert, gouverneur des Pays-Bas.
Art de vérifier les dates.
ALBERT II DE CCYCK., prince-évêque de Liège, mort le i" février 1200. Il monta, en 1194, sur le siège de cette église, après que Rome eut déclaré nulle l'élection de Simon de Limbourg , jeime homme de seize ans , beau et bien fait. Le pape Célestin III cassa cette élection, sur l'appel qu'Albert de Cuyck et trois autres archidiacres en avaient interjeté au saint-siège. Ce pontife en ordonna une nouvelle qui fut faite à Namur le 18 novembre 1194, et dans laquelle on se réunit en faveur d'Albert de Cuyck. Pomdédommager Simon de Limbourg, Célestin le fit cardinal. Albert flétrit sou épiscopat par la simonie qu'il exerçait sans pudeur, et qui se communiqua par contagion à tout le clergé de Liège. On regarda comme la punition de ce désordre divers fléaux , tels que la famine et les dissensions dont le pays liégeois fut affligé sous le gouvernement de ce prélat. Albert cependant se fit aimer des Liégeois, auxquels il avait accordé divers privilèges dont ils jouissent encore de nos jours. La découverte du charbon de terre ou de la houille , dans le pays liégeois , date de l'épiscopat d'Albert II. « L'an 1198, dit Butkens,/M- 7-ent trouvées les houilles par un prucfliomme nommé Hullos de Plenevaux. ■»
Art de vérifier les dates.
*ALBE!iT, évêque de Livonie, né en 1160, mortà Riga vers 1230. Originaire de l'Allemagne, il se mit à la tête de la noblesse de Saxe et de Wesiphalie, et vint en Livonie pour y propager la religion catholique. Il obtint du pape Innocent ni, en 1204, l'autorisation de fonder un ordremonaco-militaire, qui prit le nom des Chevaliers porte-glaive , en latin Ensiferi, et en allemand Schivert-Brûder. Leur premier grand maître fiit Winno de Roerlibach ; mais ils devaient êîre soumis à l'autorité des évêques de Riga. Albert établit aussi plusieurs collèges pour étendre les lumières de la religion dans toute la Livonie. L. Ch.
Stanislas Plater, Petite Encyclopédie polonaise ; Leszno et Gncznc, 1841, in-8".