‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 2)Chapitre 149 sur 180 · ALBIZZI · texte numérisé non relu

ALBIZZI

siècles. Les Albizzi appartenaient au parti guelfe, et étaient dévoués à la cause démocratique. Voici les plus distingués, dans l'ordre chronologique : Pierre albizzi, chef du parti guelfe à Florence, forma, avec Lapso di Castiglionchio et Charles Sti-ozzi, le triumvirat qui gouverna Florence depuis 1372 jusqu'en 1378. Ce triumvirat fut renversé par le parti gibelin (papiste et démocratique) et par la conjuration des Ciompi; Albizzi et ses amis auraient été mis en pièces par le peuple en fureur, si le tribunal , présidé par Cante des Gabrielli, ne les avait pas promptement condamnés à mort. « Que le juge les condamne ! s'écria le peuple rassemblé autour du tribunal ; car s'il ne les fait pas mourir , nous les mettrons en pièces, et avec eux leurs femmes et leurs enfants. Tous périront, ainsi que leur juge, et leurs maisons seront rasées avec le palais de justice. »

Muratorl ; Tirabosclii.

Maso ou Thomas albizzi, fils de Pierre Albizzi, né en 1347, mort en 1417, fut chef de la république de Florence depuis 1382 jusqu'à 1417. Ce fut l'époque la plus glorieuse de cette république. Les villes de Pise, d'Arezzo, de Cortone, ainsi que la noblesse indépendante dans les Apennins, rentrèrent dans l'obéissance. Jean Galéas Visconti, duc de Milan, et Ladislas, roi de Naples, cédèrent à la puissance des Florentins. Les arts, les sciences et les lettres prirent un rapide essor sous la protection généreuse et éclairée d' Albizzi. A sa mort, Albizz fut remplacé par son vieil ami Nicolas d'Uzzano.

Muratori; Tiraboschi.

Renaud albizzi, fils du précédent, s'associa en 1429 avec Cosme et Laurent, fils de .lean de Médicis , pour forcer les conseils , en dépit de Nicolas d'Uzzano , à déclarer la guerre à Paul Gunigi, seigneur de Lucques. Cette guerre fut malheureuse, et les Florentins furent, en 1433 , obligés d'accorder la paix aux Lucquois. La rivalité qui existait enti'e Renaud et Cosme se traduisit, après la mort de Nicolas d'Uzzano en 1433, en hostilités ouvertes. Il fit exiler Cosme, et aurait volontiers engagé une lutte sanglante; mais, à chaque résolution vigoureuse qu'il voulait prendre, il rencontra l'opposition de gens qui pouvaient beaucoup perdre à sa défaite et peu gagner à sa victoire. Les deux partis , près de se combattre, acceptèrent, en 1434, la médiation du pape Eugène IV. Cosme de Médicis fut rappelé à Florence, et Renaud en fut banni avec ses amis. Ce dernier se retira à la cour de Visconti, et fit de vains efforts pour rentrer dans sa patrie.

Muratori; Tiraboschi.

* ALBIZZI ( Antoine), théologien italien, né à Florence le 25 novembre l,'j47, mort à Kempten en Bavière le 17 juillet 1626. Il fut d'abord attaché au cardinal d'Autriche , qu'il quitta ensuite pour embrasser la religion protestante. Condamné pour ce fait à quitter l'Italie, il ré-

sida successivement à Augsbourg , à Tnspruck et à Kempten. On a de lui : VSermonesin Mat- . thseum; Augsbourg, 1609, in-8"; — 1" Principiîim christianorum stemmata, adjecto stemmate Othommanico , 1612 , in-fol.; — 3° De principiis reîigionis christianœ; ibid., 1G12; — 4° Exercitationes. theologicx; Kempten, 1616, in-4°.

Blazzucbelli, Scrittori d' Italia.

ALBIZZI {Barthélémy), de Pise , si connu sous le nom latin de Bartholomxtis Albicius Pisanus, célèbre reUgieux de l'ordre de Saint- François , natif de Rivano en Toscane , mort à Pise ie 10 décembre 1401. U doit sa célébrité à son Liber conformitatum sancti Francisei cum Christo, qu'il présenta au chapitre général de son ordre , assemblé à Assise , en 1 399 : pour lui témoigner sa satisfaction , le chapjtrt donna à l'auteur l'habit que saint François aval porté pendant sa vie. C'est toute une histoirt que celle de ce singulier livre , dont le manuscrit original fut longtemps conservé dans 1; bibliothèque du duc d'Urbin. La première édi tion parut à Venise, in-folio, sans date; c'est ui des plus anciens et des plus rares incunables. L deuxième et la troisième édition n'en sont qu des abrégés : celle-ci parut en 1480, et celle là en 1484 , sous le titre : Li fioretti di sa Francisco, assimilati alla vita ed alla pas sione di Nostro Signore. P. Vergerio réfuta a ouvrage dans ses Discorsi sopra i fioretti c San Francisco, livre qui fut mis à l'index, < son auteur déclaré hérétique. Cette réfutatic a été réimprimée dans les deux éditions suivas tes, extrêmement rares , de l'ouvrage d'Albizzi l'une parut à Milan , sous le titre : Opus aure et inexplicabilis bonitatis et continentix Coi formitatum scilicet vitœ beati Francisai c vitam Domini Nostri Jesus-Christi , 151( in-fol.; l'autre fut publiée avec le même titre Milan, en 1513. A l'époque de la réformatiot Érasme en écrivit une réfutation en allemand qui parut en 1542 à Wittemberg , avec ui préface de Luther : Der bar/ùsser Mônch E% lenspiegel und Alcoran (le Franciscain farcci et l'Alcoran). Dans l'avis au lecteur, Érasme d que, par ordre de l'électeur de Brandebourg,, avait visité quelques couvents de franciscainl et qu'il y avaittrouvé le Livre des Conformité estimé à l'égal du Koran. On a de cette réfuti tion plusieurs paraphrases latines (en 1542 1561), intitulées Alcoranus franciscanorun Il en existe aussi une traduction française V Alcoran des Cordeliers , par Conrad Badins Genève, 1556, avec des notes et une préfac* volume in-12, suivi d'un second volume conl nant plusieurs extraits du Livre des Conformité Toutes ces attaques furent si vigoureuse! que les franciscains jugèrent prudent de modifi' le livre d'Albizzi ; il en résulta une série d'éo lions nouvelles, différentes des premières, dont chacune porte un titre particulier : Libt

ALBÎZZI — ALBON

aureus inscriptus Liber Conformîtatum, etc., editus a Jeremia ^«cc^io ; Bologne , 1590, in-fol. — Antiquitates Franciscanae, sive spéculum vitœ beati Francisci et sociorum, per Philippum Bosquieruni; Cologne, 1623, in-8°. Ces éditions furent suivies de plusieurs apologies, réfutations et contre-réfutations, qui toutes se font remarquer par leur singularité. L'une d'elles est intitulée Belle couronne de roses , tressée avec les feuillets du délicieux livre que les franciscains nomment Librum Conformîtatum, par T. Osiander ; Tubingen , 1691, 1594, in-4° (en allemand). Selon Wadding {Annales Minorum, t. IX, p. 158), Albizzi soutint, pendant soixante ans , la réputation d'un prédicateur consommé , et enseigna la théologie à Bologne , à Padoue , à Pise , à Sienne et à Florence. Ses sermons ont été recueillis après sa mort, et publiés à Milan, 1488, in-4°; ibid., 1503 et 1519. Outre quelques ouvrages inédits , on a encore de lui : De vita et laudibus B. Marias Virginis libri VI; Venise, 1596, in-4''.

Prosper Marchand , Dictionnaire historique. — Fabricius , Bibliotheca lat. médise et infitme xtatis, t. I, p. 318. — Bibliothèque des sciences et des beaux-arts y t. IV, p. 318.

ÂLBO {Joseph), savant rabbin espagnol, né à Soria, dans la Castille- Vieille, vers le raijieu du quatorzième siècle, et mort en 1428. Il assista, en 1412, à la fameuse dispute sur la religion , qui eut lieu entre les chrétiens et les juifs, en présence de l'anti-pape Benoît XIII. Albo composa en 1425, sous le titre de Hikkarim [Fondements de la foi), un très-grand ouvrage, iont le but était non-seulement de prouver la vérité des croyances judaïques , mais encore d'attaquer les dogmes du christianisme. Cet ouvrage sut plusieurs éditions; la première fut publiée par Soncino, en 1486. Dans les éditions plus modernes, le 25* chapitre de la 3^ partie, plus particulièrement dirigé contre les chrétiens, a été supprimé.

11 ne faut pas confondre ce rabbin avec Albo, auteur d'une Instruction pour la teinture des laines et manufactures de laines , et pour la culture des drogues et ingrédients gu^on y emploie; Paris, 1671, in-fol.

Barlolocoi, Bibl. mug. rabb., 111,776-796-798. — Wolf, hibl. hebrai., I, B03-50B; III, 381, 382; IV, 848. — Rossi, Dizionario storico degli aut. Ebr., 1 , 43-44. — Buxtor, Bibliolfi. rabbin., p. 317. — Hottinger, Bibliot. orient, ctass., III, 20 ; I, 63. — R. Simon, Histoire critique du Fieux Testament.

ALBOiN , roi des Lombards et fondateur de leur empire, mort en 573. Il descendait des Amales et d'une sœur de Théodoric, et succéda à son père en 561. Alboin fit cause commune avec Narsès dans la guerre contre Totila, roi des Ostrogoths, et, réuni aux Avares, il attaqua les Gépides, dont il tua le roi dans une grande bataille qu'il gagna en 566. Après ce triomphe il épousa Roisamonde, fille de Cunimond, devenue sa cap- I live , puis il rassembla une armée redoutable et entreprit la conquête de l'Italie, secondé par

NOUV. BIOGR. UNIVERS. — T. I

Narsès. Ce général, qui avait soumis l'Italie à Juslinieni, venait d'être appelé à Constantinople par l'impératrice, pour filer avec le reste des eunuques. « Je lui filerai , répondit-il , une toile que sa vie entière ne suffira pas à user. » Il invita Alboin à passer en Italie. Celui-ci en connaissait déjà le chemin. Alboin abandonna donc la Pannonie, la Servie, et les autres pays sur lesquels il avait régné jusque-là; il entra en Italie, et en conquit en peu d'années toute la partie septentrionale, ne trouvant de résistance que dans quelques villes. Pavie ne tomba en son pouvoir qu'après un siège de trois ans.

Alboin n'avait régné en Italie que trois ans et demi, lorsqu'il périt à Vérone sous les coups d'un assassin stipendié par Rosamonde. Selon l'histoire, Alboin s'était attiré la haine de sa femme dans un banquet où il lui envoya remplie de vin une coupe faite du crâne de Cunimond , en l'invitant à boire avec son père. Rosamonde, brûlant de se venger de cette insulte féroce, engagea dans une conjuration Abraichilde , noble lombar I Mais celuici n'osa point combattre Alboin , le plus vaillant des guerriers. Elle choisit alors parmi les simples soldats un homme renommé pour sa force herculéenne ; et, après s'être livrée à cet homme, elle ne lui laissa plus que le choix de périr victime de la jalousie d' Alboin, ou de servir sa vengeance. Rosamonde introduisit ce soldat, nommé Péridée, dans l'appartement du roi, qui dormait après le repas. Elle avait eu soin d'en ôter toutes les armes , excepté une épée, qu'elle avait fortement liée au tourreau. Réveillé par les coups de l'assassin, Alboin essaya d'abord en vain de tirer l'épée; il saisit ensuite un escabeau, avec lequel il se défendit jusqu'à ce qu'il tombât mort. Les assassins s'enfuirent à Ravenne, et périrent tous misérablement. Péridée eut les yeux crevés, et Rosamonde s'empoisonna elle-même Alfieri, dans sa tragédie de Rosmunda, et le poète Fouqué, dans son Alboïn , ont fait de cet événement le sujet de deux compositions remarquables.

Paulns Diaconus , I. I et II. — Muratori, Annali d'Italia. — Sigonius, De regno Italise. — Grégoire de Tours,

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