‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 2)Chapitre 151 sur 180 · ALBON — ALBONI G · texte numérisé non relu

ALBON — ALBONI G

savant Court de Gébelin, lui acquirent de la cé-

lébrité. Il était d'un caractère bizarre, et porté à la mélancolie. Possesseur de la seigneurie d'Yvetot, il fit construire dans cette petite ville de Normandie des halles jiour les foires , oii il plaça J cette inscription : Gentium Commodo Camillus III. On a de lui : 1» des Poésies fugitives très-médiocres; — 1° Y Éloge de Quesnay ; — 3° Discours sur cette qtiestion : Le siècle d'Auguste doit-il être préféré à celui de Louis XIV, relativement aux lettres et aux sciences? Paris, 1784, in-S°; — 4» Discours sur l'histoire, le gouvernement , les tisages, la littérature et les arts de plusieurs nations de V Europe; Paris, 4 vol. in-12 : ce dernier ouvrage est le meilleur qu'il ait laissé; — 5" là Paresse, poëme en prose, in-8° ; — 6° Dialogue entre Alexandre et Clltus, in-S"; — 7° Œrtvres diverses lues à l'Académie de Lyon, dont \\ était membre; 1774, ia-S"; — 8° Éloge de Chor mousset; \11Ç>, in-8°; — 9° Éloge de Court de Gébelin; 1785, in-S".

Dictionnaire historique. — QMérarà, France littéraire.

ALEON {Jacques n'), marquis de Fronsac, plus connu sous le nom de maréchal de Saint- André. Voy. Saint-André.

* ALBONI (Marietta), célèbre cantatrice, eè née à Césena, petite ville de la Romague, en 1824. Elle alla perfectionner ses études de cliant à Bologne, à l'école de madame Bertolotti , dot sont sorties quelques-unes des cantatrices italiennes distinguées de noti'e époq-ue. M"*^^ Alhoni eut de plus l'inappréciable avantage de recevoi des conseils de Rossini, qui, dit-on, lui fit tra vailler tous les rôles de contralto qui se trou vent dans ses ouvrages. Après s'être ainsi pn's parée à la carrière du théâtre lyrique, M"* Al boni fut engagée pour plusieurs années pai Merelli, directeur de différentes entreprises théâ traies en Itahe et en Allemagne. Elle déhutÉi d'abord en 1841, à la Scala de Milan, par k rôle de Maffio Orsini, dans Lucrezia Borgiû Ayant été fort goûtée, elle ne tarda pas à paraîln sur le théâtre de "Vienne, où son premier succèf fut pleinement confirmé. Elle alla ensuite à Saint- Pétersbourg, revint à Vienne, voyagea en Hongrie, donnant des concerts, et enlin fut engager à Londres, pour la saison de 18i7, au théàtlx royal de Co vent-Gard en. Son engagemciû , qu était de douze mille francs, fut, le If^ndernain th son débit, refait par le directeur lui-même, qu en porta le chiffre à cinquante mille francs C'était au moment oîi l'on ne parlait que d( m"'' Jenny Lind , laquelle faisait accourir er toute hâte la fashion dilettante au théâtre de Sî Majesté. Au mois d'octobre 1847, M"" Alhoni fu engagée par le directeur de l'Académie royale d« musique pour trois concerts. Le premier mor ceau par lequel elle se fit entendre du puhlî( parisien fut l'air d'entrée d'Arsace, de Semira mide. Dès les premières notes du récitatif, or reconnut qu'on avait affaire à l'organe le pi»

ALBONI — ALBORNOZ

heureusement doué qui fût jamais. Jamais , en effet, il n'exista de voix plus enchanteresse, de timbre plus limpide et plus suave, d'une sonorité plus homogène dans ses divers registres, d'une flexibilité plus naturelle, d'une justesse plus parfaite; son étendue est de deux octaves et une quarte, depuis le sol grave du contralto jusqu'au do aigu du soprano; et les sons de poitiine se lient à ceux de tête, et réciproquement, avec une merveilleuse facilité. Tant de rares qualités réunies sont plus l'œuvre de la nature que de l'art : Dieu seul en peut produire de si charmantes et si étonnantes à la fois.

Deux mois après ces concerts, qui mirent dans le plus grand émoi tout le monde musical parisien, M"^ Alboni débuta au Théâtre-Italien, et le rôle entier d'Arsace la montra dans tout son jour. Rien ne saurait décrire l'enthousiasme qu'elle (excita. Elle chanta ensuite Cenerentola avec le raême succès; le rôle de Malcolm, dans la Dona del Lago, lui fut moins favorable. Au mois de mai 1 850, M"® Alboni reparut sur notre première scène lyrique; mais cette fois ce ne fut pas dans de simples concerts , mais bien dans le rôle de Fidès , du Prophète ; ce rôle auquel l'admirable talent dramatique de madame Pauline Viardot venait de donner tant de relief. Cette tentative, que l'on considérait d'abord comme une témérité, ne fit qu'accroître la renommée de M"^ Alboni. Cependant on ne saurait dire qu'en scène M'^^ Alboni émeuve beaucoup l'auditoire. C'est un talent froid, autant par système que par tempérament, si l'on peut s'exprimer ainsi ; mais elle plaît, elle séduit, elle ravit toujours, par l'effet de ces dons divins dont nous avons parlé , et malgi'é l'obstacle que semblerait devoir leur opposer, au théâtre du moins, une corpulence un peu trop large. Depuis sa première excursion dans le domaine du répertoire lyrique français , M"" Alboni eu a fait quelques autres, et M. Auber a écrit pour elle le rôle de Zerline dans la Corbeille d'oranges. Cet ouvrage a été représenté au mois de mai 1851 , au retour de M"'' Alboni de Madrid , où elle a passé le dernier hiver au milieu des succès qui ne cessent de l'accompagner partout. Après avoir chanté pendant deux mois Zerline à Paris , elle a été la chanter à Londres, est revenue à l'Opéra aux mois de septembre et d'octobre; et, à l'heure où nous écrivons ces lignes (décembre 1851), elle vient de recommencer une tournée de représentations et de concerts dans les départements de la France. En aucun temps aucune cantatrice ne fit une plus ample moisson de couronnes et de sacs d'écus. George Bousquet.

* ALBONI {Paul), habile peintre de paysages , né à Bologne à la fin du dix-sep!ième siècle, mort en 1730. Etant devenu paralytique de la main droite, il se sers'it de la main gauche, et composa d'excellents tableaux.

Crespl, yite de' pittori Botognesi.

"^ALuoRESi {Giacomo), peintre d'architec-

ture, né à Bologne en 1632, mort en 1677. H eut pour maîtres Domenico Santi et Agostino Mitelli. Il excella dans la peinture à fresque, et fit plusieurs grands travaux pour des édifices tant publics que privés de Bologne, de Florence et de Parme. Il a peint, en commun avec Maria Pasio , la façade ouest de la cathédrale de Florence.

Malvasia, Felsina pittrice. — Crespl, Fite de' pittori Boloynesi.

ALBORNOZ (Gilles-Alvarez Carillo), cardinal espagnol , l'un de ces prélats guerriers dont le moyen âge admira les hauts faits. Issu des maisons royales de Léon et d'Aragon , il naquit à Cuença , et mourut à Viterbe le 24 août 1367. Avant d'être placé très-jeune encore, par Alphonse XI, sur le siège archiépiscopal de Tolède, il avait été revêtu successivement des dignités d'aumônier de la cour et d'archiduc de Calatrava. Le même prince à qui le jeune archevêque avait sauvé la vie dans la mêlée, à la bataille de Tarifa , l'arma chevalier de sa main, et ce fut à lui qu'il confia, en 1343, la conduite du siège d'Algésiras. Albornoz ne jouit pas du même crédit sous Pierre le Cruel , qui voulut se délivrer d'un censeur si incommode : le prélat s'enfuit à Avignon , où Clément VI l'admit dans son conseil et le revêtit de la pourpre. Les talents militaires d'Albornoz furent encore employés par Innocent VI, qui, en l'instituant légat d'Italie, le chargea de remettre sous son autorité, par les armes, les États de l'Église qui s'étaient donné un autre chef ( 1353 ). Cette entreprise hardie , au succès de laquelle Albornoz avait su intéresser le fameux tribun Colas Rienzi, réussit au gré de son attente. Ce que ne pouvait faire la force des armes, il l'obtint par les anathèmes. U venait de réduire le puissant condottiere Malatesta de Rimini , lorsque , desservi par une intrigue, il fut rappelé à Avignon en 1357. Mais l'inhabileté ou la mauvaise fortune du successeur qu'on lui avait donné força le pape à replacer Albornoz à la tête de l'expédition commencée. Moins de trois ans lui suffirent pour vaincre toutes les résistances; et, gouverneur paisible des États romains que son administration habile fit promptement refleurir, il put, au bout de quelque temps, appeler Urbain V à venir régner dans Rome. Albornoz mourut à Viterbe. A Tolède, où il voulut être enterré, des honneurs presque royaux lui furent rendus par Henri deCastille, et, pour en honorer aussi la mémoire, Urbain V fit publier des indulgences pour quiconque aurait contribué à la translation de sa dépouille mortelle de Viterbe à Tolède. Albornoz a laissé un ouvrage sur la ConsfUulion de l'Église romaine, imprimé pour la première fois à Jési en 1473, et devenu fort rare. Sppulvpda. /[fist. de bello administrato in llalia per annos XP^, et con/ecto ab ,-Eçi. yilbornolio,- Bologae, 1623, in-fol. — Muratori, ^nnaii d'ItaUa-

*ALBORNOZ (Di ego-Felipe), historien espagnol, vivait vers le milieu du dix- septième

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siècle, n était chanoine-trésorier de l'église de Carthagène. On a de lui : Castilla politica y cristiana; Madrid, 1666, in-4°, ouvrage divisé par ordre de vices et de vertus ; — las Guériras civiles de Ingloterra ;MAdnd, 1658, in-4°, traduit de l'italien de Maiolino Bissaccioni.

Nie. Antonio, Bibliothrca Hispana Nova, t. 1, p. 308.

ALBOSîCS ou AiLLEBOUT {Jean), médecin français, natif d'Autun, vivait dans la seconde moitié du seizième siècle. 11 exerça sa profession à Sens, et devint médecin du roi Henri 111. Il publia en 1587 , sous le titre de Portentosum lithopxdium, sïve Embryon petri/actum urbis Senonensis, Sens, 1582, une observation curieuse sur un fœtus humain qui était resté pendant vingthuit ans dans la matrice, et y avait acquis la dureté de la pierre. La nouveauté de ce fait attira l'attention des médecins, et depuis lors on a observé plusieurs cas semblables. L'écrit d'Albosius a été traduit en français, et commenté par Simon de Provanchère. On le trouve aussi dans les recueils {Gynœcia) de Spach, de Bauliin et d'autres.

Biographie médicale. — Callisen.

*ALBOuis D'AZiNcouRT { Josepk-Jcan- Baptiste), célèbre comédien, né à Marseille le II décembre 1747, mort le 29 mars 1809. Il débuta d'abord à Bruxelles, où il obtint les plus vifs applaudissements dans le rôle de Crispin des Folies amoureuses. Ce fut dans cette ville qu'il prit le nom de d'Azincourt; il parut peu après au Théâtre-Français, où la protection du prince de Ligne le fit en 1778 admettre comme sociétaire. La reine Marie-Antoinette, qui désirait apprendre à jouer la comédie, se fit donner des leçons par d'Azincourt, et l'en récompensa magnifiquement. La société du Théâtre-Français, désorganisée pendant la révolution, dut son rétablissement aux nombreuses démarches de d'Azincourt. En 1807, il fut nommé professeur de déclamation au Conservatoire, et obtint bientôt la direction des spectacles delà cour; il en était chargé depuis quelques mois , quand il fut enlevé à la scène à l'âge de soixante-deux ans.

Biographie des Contemporains,

ALBOUYS , membre de la convention, mort vers 1815. Il était juge au tribunal deCabors, lorsque le département du Lot le nomma, en septembre 1 792 , député à la convention , où il siégea aussitôt qu'elle se fut constituée. Il n'est connu que par son vote remarquable dans le procès du roi , où il essaya de concilier à la fois tous les intérêts , de la justice , de la nation, et du législateur: « Ce serait , dit-il , mé- « connaître l'autorité du peuple sur la question « de l'appel , que de ne pas dire : Oui ! » Il se prononça pour la réclusion , le bannissement à la i)aix, et le sursis. Revenu dans son département après la cession, il mourut dans l'obscurité.

Biographie des Contemporains.

*ALBOUZDjANY {Aboul-Vé/a-Mohammed), astronome arabe, naquit à Bouzdjan, ville du Kliorassan (d'où le surnom à'Albouz-djany), au

dixième siècle de J.-C. I! vécut à Bagdad, à la cour des khalifes abbassides , et , aidé de plusieurs astronomes, il fit quelques corrections importantes à la Table vérifiée. L'ouvrage qui renferme le résultat de ses travaux porte le titre de la Table collective, titre qui revient à peu près à la dénomination de Syntaxe , f(ue Ptolémée avait primitivement donné à son Almageste. Les Arabes l'appelèrent même du nom A' Almageste, comme pour établir un nouveau rapport entre ce traité et l'ouvrage qui a le plus contribué à étendre la réputation de l'astronome d'Alexandrie.

M. Reinaud, Géographie d'Aboulféda, Introduction, tom. I.

A LBRAND ( Fortuué ), Orientaliste et voyageur français, né vers 1795, mort en 1827. Après avoir étudié les langues orientales à Marseille et à Paris, il s'embarqua pour l'île Bourbon, et passa de là à Madagascar. Il visita l'intérieur de ce pays si peu connu encore aux Européens, et y fonda la colonie Sainte-Marie. Il s'occupait de la rédaction d'un dictionnaire de la langue malgache, lorsque la mort le surprit à peine âgé de trente-deux ans.

Biographie des Contemporains^

*ALBRECHT {Balthosar-Augustin ), peintre d'histoire allemand, né à Berg près de Munich en 1687, mort à Munich en 1765. Il séjourna quelque temps en Italie, et fut inspecteur de la galerie de Munich. On a de lui plusicin's pièces d'autels dans les églises d'Ingolstadt, d'Eichstaedt et de Landshut , en Bavière.

Lipowsky, Baierisckes Kûnstlcr- Lexicon.

ALBRECHT { Benjamin-GottHeb) , naturaliste allemand , vivait dans la moitié du dix-huitième siècle. Il a publié un ouvrage intitulé De aromatum exoticorum noxa, et nostratimn prœstantia; Erfmi, 1740, in-4°. L'auteur, après avoir fait l'énumération des épices de l'Inde, qu'il accuse de causer de l'acrimonie et une ardeur brûlante à l'estomac, dit que l'on devrait leur préférer la passe-rage, le raifort sauvage, le thym, la sarriette, le basilic, et surtout l'ail.

Adeinnfî, Supplément â .Ificher, Jllgem. Gelehrteil' Lexicon. — Haller, Bibliotheca botanica, t. I. — Sprcngel, Hist. de la botanique.

* ALBRECHT {Christian), missionnaire protestant, mort au Cap le 25 juillet 1815. Il était originaire de la Souabe, et fut envoyé dans l'Afrique australe par la Société des missionnaires de Londres. Il arriva à la ville du Cap le 19 janvier 1805, et pénétra, avec quelques autres missionnaires, dans le pays sauvage des Namaquois, pour y prêcher le christianisme. Après avoir fondé l'établissement Warn-Bafh, il revint, en mai 1810, à la ville du Cap, et y épousa une Hollandaise, mademoiselle Burgtnann, qui l'accompagna à Warn-Bath , au nord de la rivière d'Orange. Son établissement fut dévasté par les incursions des bordes commandées par un chef célèbre, nommé Al ricaner (l'Africain),

Albrecht perdit sa femme en 1812 , et réunit les débris de sa colonie à Pella, au sud de la rivière d'Orange.

Moffat, Missionary labours and scènes in Southern Jfrica, chap. v et vi.

* ALBRECHT {Frédéric-Rodolphe), archiduc d'Autriche, naquit à Vienne le 3 août 1817. Fils du célèbre archiduc Charles, il entra, à l'âge de vingt ans, dans le service militaire, et fut nommé en 1845 général en chef de la basse Autriche. Lors des troubles de Vienne en 1848, il fut accusé d'avoir le premier ordonné de faire feu sur le peuple. Cette accusation était dénuée de fondement ; car, à cette époque , il était absent de Vienne. Dans la même année, il combattit, à Novarra, sous les ordres du maréchal Radetzki, et fut nommé, en 1849, gouverneur de la forteresse de Mayence.

Oesterreichisches Biograpfiisches Lexicon; Vienne,

* ALBRECHT ( Guillaume ), célèbre agronome allemand, conseiller ducal de Nassau, né en 1786 et mort en 1848. Il fut un des élèves les plus distingués de Thaër, et enseigna d'abord l'économie rurale à Hofwyl, dans l'institut de Fellenberg. En 1819, U fut chargé par le gouvernement de Nassau de rédiger une feuille agronomique hebdomadaire ; et, l'année suivante, il fut appelé à diriger dans la petite ville d'Idstein une école d'agriculture expérimentale; et de cette époque date aussi la publication des Annales de la Société d'agriculture de Nassau, dont Albrecht fut le secrétaire perpétuel. Idstein était en même temps le siège de l'école normale primaire du duché : le gouvernement voulait que dans les écoles de village les fils de cultivateurs, presque tous destinés à être cultivateurs euxmêmes, reçussent les notions les plus utiles et les plus élémentaires. Il fallait donc commencer par donner, à ceux qui devaient un jour les instruire, les connaissances théoriques et pratiques nécessaires pour remplir convenablement cette mission. Ce fut encore Albrecht que le gouvernement choisit pour former cette pépinière de professeurs. Plus tard, l'école d'Idstein fut transférée à Nassau, capitale du duché; et la Société d'agriculture acquit le domaine de Geisberg, situé sur la montagne du même nom qui s'élève derrière les dernières maisons de Wiesbaden. Geisberg devint bientôt un des principaux foyers du progrès agricole pour l'ouest de l'Allemagne. Albrecht y entreprit de grands travaux d'organisation. Le domaine a été divisé par compartiments : les plantes dont la culture exige le plus de main-d'œuvre et de soins, telles que la vigne, le houblon, et les végétaux qui peuvent remplacer la jachère, se trouvent dans le voisinage de l'habitation, d'où l'on peut y arriver par des chemins faciles ; les céréales, les fourrages, les plantes industrielles peu ou point connues, et qu'il pourrait y avoir avantage à introduire dans le pays, occupent la place, la plus

apparente, la plus exposée aux regards : quant aux expériences dont les résultats ne se font connaître qu'au bout de quelques années , elles ont lieu dans une partie du domaine moins accessible aux simples curieux. Là il s'agit de déterminer, par des expériences comparatives, l'influence qu'exerce sur la végétation et sur le rendement la culture successive d'une série de plantes choisies d'après les assolements en usage dans les différentes parties du duché et du reste de l'Allemagne. On passe ainsi d'un assolement complet à un autre, de l'agriculture d'un pays à celle d'un autre pays. A la fin de chaque année, les résultats de toutes ces expériences sont consignés dans une feuille hebdomadaire.

Dans l'impossibilité de faire travailler constamment tous les élèves sur le domaine , Albrecht décida que l'école ne serait ouverte que pendant les six mois de la saison froide , pour l'enseignement de la théorie seulement; et que chaque année , à la mi-avril , les élèves iraient, pendant les six mois d'été, faire leur stage, pour les travaux de l'agriculture pratique, soit chez leurs parents, soit chez les cultivateurs les plus habiles du pays. A son retour à l'institut, chaque élève est tenu de donner un compte rendu de l'emploi de son temps; et, pour que les expériences poursuivies au Geisberg en leur absence ne soient pas perdues pour eux, chaque été ils s'y réunissent pendant les quelques jours de repos laissés aux cultivateurs après la fenaison. — Les cours durent deux semestres d'hiver. Une bibliothèque mise à la disposition des élèves, et un musée agronomique servant à rendre les démonstrations plus sensibles, complètent les moyens d'enseignement. « Nous ne voulons former ici, dit Albrecht, ni des savants ni des valets de ferme, mais bien des cultivateurs qui sachent travailler en connaissance de cause; des honunes intelligents, sortis de l'ornière de la routine , et qui , par cela même qu'ils connaissent la valeur des travaux de pratique bien exécutés, ne craignent pas de mettre eux-mêmes la main à l'œuvre; enfin, des hommes qui trouvent leur plus douce récompense dans l'accomplissement de leurs devoirs et la réussite de leur entreprise. » — « Les élèves les mieux préparés pour notre institut, ajoute-t-il, sont des jeunes gens de dix-huit à vingt-deux ans qui, après s'être distingués à l'école primaire, ont exercé pendant plusieurs années l'agriculturechez leurs parents ou dans des fermes bien tenues , et ont conservé un esprit dispos , non fatigué par l'étude de trop de connaissances diverses. » — Peu de temps avant sa mort, Albrecht, depuis longtemps d'une santé chancelante , avait résigné la direction de l'institut de Geisberg, pour se retirer dans une terre en Franconie. — Les principaux ouvrages laissés par ce laborieux agronome sont : la Feuille hebdomadaire d'agriculture pour le duché de Nassau ( Landwirthschaftliches Wochenblatt); Wiesbaden,

( L. Schellenberg), 1 vol. in-S" paran.naïaîss: nt depuis 1819; les Annales de la Société d'agriculturepour le duché de Nassau, 15 vol. in-8°; Wiesbaden ( J.-A. Stein ). Emile Jacquemin.

Conversations- Lexicon.

*ALBRECHT {GuUlatime-Édouard), légiste allemand, est néà Elbing en 1800. Il étudia à Goettingue, où il devint, en 1829, professeur de droit national allemand. Il perdit sa place en 1837, pour avoir protesté, avec quelques autres professeurs, contre le rescrit du roi de Hanovre qui abolit la constitution de 1833. En 1840, il fut nonnmé professeur de droit public à Leipzig, où il est encore. En 1848, il fut élu membre de l'assemblée nationale de Francfort; mais il donna sa démission quelques mois après. Conversat.-Lexicon , édit. de 1851.

■-■* ALBRECHT {\j.ean-Frédéric-Ernest ), romancier allemand,' né en 1752 à Stade en Hanovre, mort en 1816. Il fut d'abord médecin à Reval, puis libraire à Prague, enfm directeur de théâtre à Altona; et vers la fin de sa vie il reprit la carrière médicale. Il a écrit un grand nombre de romans et de nouvelles qui tous sont fort médiocres, et condamnés à l'oubli. Les plus connus sont : Sophie Berg, Leips., 1782, 2 vol. in-S" ; Laura di sala, Hambourg, 1782, 2^o\.;Lauretta Pisena, Leips., 1795,2 vol.; la Famille Eboli, Dresde, 1791, 4 vol.; la Famille Medicis, Leips., 1795, 2 vol.; Maria de Lucca, Altona, 1801; Ulricka délia 3Iarca, Uàmh., 1802, 2 vol. in-8°.

Wolf, Encyclopœdie der Deutschen National-Uteraï«f,-t. 1, in-4°.

ALBRECHTS-BERGEE ( Jeau-Geoi-ge ) , organiste allemand, né , le 3 février 1746, à Kloster-Neubourg, mort à Vienne le 7 mars 1809. D entra comme enfant de chœur dans le chapitre de cette ville, et fut, quelque temps après, chargé de diriger la musique à l'abbaye de Moelle, où il demeura douze ans. Enfm il fut nommé membre des académies musicales de Stockholm et de Vienne, et maître de la chapelle de la cathédrale de cette dernière ville. Il a composé beaucoup de morceaux, de musique, parmi lesquels on distingue un oratorio allemand à quatre voix. En 1790, il publia un traité élémentaire de composition ayant pour titre : Griindliche Anweisung zur Composition, etc.; Leipsig, 1790, in-4°. C'est un des meilleurs ouvrages allemands en ce genre , et Choron en a donné une traduction française, intitulée Méthode élémentaire de composition , etc., enrichie d'un grand nombre de notes et d'éclaircissements; Paris, 1814, 2 vol. in-8°.— Les talents de M. Albrechts-Berger lui ont fait obtenir l'estime de ses contemporains, et notamment du célèbre Haydn, qui l'a souvent consulté pour ses ouvrages.

Seyfried, Mémoire sur Albrechts-Berger.

ALBRECHT {Jean -Guillaume ), médecin allemand, né à Erfurt le il août 1703, mort le

7 janv. 1736. Il étudia à Gotha et à Jéna, et fut nommé d'abord professeur à Wittemberg, puis, en 1734 , professeur d'anatomie , de chirurgie et de botanique à Gœttingue, où il eut pour successeur le célèbre Haller. Ses ouvrages sont : Disputatio inauguralis medica demorbis epifZem/ds; Erfurt, 1727, in-4<>; — Observndones anatomicee; Erfurt, 1731, ^-4»; — Traclatus de tempestate, eut adjecta observatio, circa vasa lymphatica ventriculi insliluta ; Erfurt, 1731, m-S"; — Traclatus phijsicus de effectibus musices in corpus animalium ; Leipzig, 1734, in-8<>; — Programma de vilandis erroribus in doctrina mechanica; Go'ttinguc, 1735, in-4°; — Programma de loco qiiodam Hippocratis maie explicato ; Gd'ttingue , 1734, in-4''; — Dissertatio inauguralis medica de spiritu vini ejusque usu et abusu; Gœttingue, 1735, in-4'>; — Programma quo ad lectiones suas invitât ; Gœttingue, 1735, in-4"; — Parxnesis ad artis medicx cullores, dum duorum cadaverummasculinorian sectioneni primum obiret ; Gœttm^ne, 1735, in-4».

John-Maltli. Gcsner, Biogra. academica GotHngensis ; Hall., 1768. — Haller, Bibliotheca anatomlca, t. II.

ALBRECHT ( Jecin-Laurent ) , poète et musicien allemand, né en 1732 à Gaismar, près de Mulhausen (Prusse), mort en 1773. Il fut cantor (maître d'école) et directeur de musique de la principale église de sa ville natale. îl a laissé plusieurs dissertations et des pièces de musique, depuis longtemps oubliées.

Gerber, Lexicon der TonkUnstler.

* ALBRECHT (Jeàn-Lûder), légiste allemand, né en 1721, mort le 4 janvier 1767. Fils d'un négociant de Leipzig , il étudia la jurisprudence dans sa ville natale, où il fit plus lard des cours publics. Il s'est spécialement occufié du droit commercial ; on a de lui : DispiUalio de vera jurisdictionis veteris indole , ejusque usu hodierno; Leipzig, 1752, iu-4°; -— Der Englische Kau/mann (le Marchand anglais), traduit du français; Leipz., 1764, iu-4°.

Supplément à Jôchcr, Allgem. Gelchrten'

Adnlung, Lexicon.

ALBRECHT (Jcan-Sébastien), naturaliste et médecin allemand, né le 4 juin 1695, et mort à Cobourg. D étudia à Jéna et à Leyde, parcourut en vrai scholasticus la Hollande et l'Allemagne, fut reçu docteur en médecine à léna en 1718,6* s'étabht à Cobourg pour y exercer sa profession. Il fut ensuite nommé professeur d'histoire naturelle au gymnase de cette ville, et membre da l'Académie des curieux de la nature. Il édita les Opuscula botanico-physica de Jungius^ Coburg, 1747, et publia plusieurs travaux sar riiistoire naturelle. Albrecht s'est attaché à décrire ce que la nature offre de bizarre et de monstraeux. On a de lui un gi-and nombre de mémoires insérés dans les Annales de l' Académie des curieux de la nature. On trouve^ dans le 4^ vol. de cette collection, un mémoire

sur une bélemnite ornée de figures hiéroglyphiques; dans le 5" yoI., un autre mémoire sur une courge dont les semences avaient germé dans l'intérieur du fruit; dans le vol. 6, Spicilegmm ad Mstoriam naturalem scaraheei platijceri ; dans le 7", la description d'un agneau né cyclope (De agno ajclope ) ; dans le 8% les monstruosités d'un raifort ; dans les vol. 9 et 10, des mémoires sur les pétrifications singulières ; dans le Commercium lïttei-arium , Nuremberg, 1731, un article sur les effets nuisibles du solmnimficriosum; ib., année 1732, des expériences sur le suc de belladone.

Adelung Lexicon.

Supplément à Jocher, Allgevi. Gelehrten-

* ALBRECHT DE HALBERSTADT , poète allemand, vivait au commencement du treizième siècle. On ne sait rien de sa vie, si ce n'est qu'en l'an 1212 il demeurait, avec le landgrave Herniann deThuringe, dans son château de Zechenbach. Ses écrits, en grande partie des imitations ou traductions, sont rangés parmi ceux des viinnesinger. En voici les titres : 1° Tschionadulander, ou l'histoire de Titurel et des gardiens du Graal ( sang de Jésus-Christ), que Joseph d'Arimathie a rapporté en Angleterre. Le vaisseau d'émeraude qui était supposé contenir ce sang précieux avait été apporté, en 1100, de Palestine à Gênes ; et c'est là ce qui donna lieu à diverses productions poétiques dans le midi de l'Europe. L'ou-\Tage d'Albrecht est une traduction libre d'un roman français dont l'auteur s'appelait Kyot ou Guyot. Albrecht eut pour collaborateur le célèbre minnesinger Wolfram d'Eschenbach. On en trouve des manuscrits dans les bibliothèques de Dresde , de HanoATe et du Vatican. Il en existe aussi une édition extrêmement rare, imprimée en 1477, in-fol. ; — 2° Gcnmiret, traduction d'un roman français : la première partie seulement est d'Albrecht, le reste est de Wolfram d'Eschenbach , et imprimé dans le volume précédent ; — 3° Traduction libre des Métamorphoses d'Ovide, faite en 1210, par ordre du landgrave Hermami , et imprimée à Mayence en lo-'îj, in-fol.; elle fut retouchée par George Wickram de Colmar, et rééditée à Francfort en 15G4 et 1580, in-4°. D.

j Adelung-, Magazin der Deutsckcn Sprachc, t. H, 3. — Kocli, Compendlum der Deittschen Literatiir-Ces- I chichte, t. 1, p. 3ï. — .lôrdcns, Lexicon fJsuIschen Dich- [ ter vnd ProsaUten, t. III, p. 611.— Gervinus, Ceschichte der Natianal-lilerulur der Deutschcn, t. Il, 4o.

I ALBiiET , une des plus anciennes familles de i France, et qui a régné sur la Navarre; elle tii rait son nom du châleau d'Albret, dans le dioj ccsedcBazas, et remonte jusqu'en 1050, époque où vivait un Amauicn , seigneur de ce ficf. Jean i d'Albret, couronné h Parnpelune le 10 janvier :] 1494, perdit sa capitale en 1512, qui tomba I entre les mains des Espagnols commandés par ; le duc d'Albe. Le mailienreux roi do Navarre vint implorer le secours do Louis XIT, qui envoya devant Pampclimo le duc de Valois, qid fut depuis

François P''. Mais une nouvelle armée de Ferdinand le Catholique lui fit lever le siège, et Jean d'Albret, abandonné par la France, fut réduit à la partie de ses États situés en deçà des Pyrénées. Il mourut de chagrin au mois de juin 1516. Henri II, fils aîné de ses quatorze enfants, essaya vainement de reprendre Pampelune. Il fut pris à la bataille de Pavie , se sauva de sa prison, épousa, en 1626, Marguerite de Valois, et mourut à Pau en Béarn, en 1555. Jeanne d'Albret, fille unique de Henri U, épousa eç 1548 Antoine de Bourbon, et fût mère de Henri IV. Voy. Jeanne d'Albret.. Le pays que Jeanne d'Albret apporta en dot fut érigé en duché-pairie par Henri II en 1556, et échangé en 1642, au profit du duc de Bouillon, contre la principauté de Sedan. Les deux personnages qui suivent sont de la famille d'Albret.

Sainle-MarUie, Histoire de la Maison de France. — Marca, Histoire de Navarre et de Bearn.

Charles , sire d'Albret , connétable de France, mort le 25 octobre 1415. H fit partie, en 1590, de l'expédition d'Afrique, commandée par Louis H, duc de Bourbon. En 1402, il fut nommé coimétable à la place de Louis de Sancerre, et en 1405 et 1406 il commanda contre les Anglais dans la Guienne. Pendant les ti'oubles qui suivirent la démence de Charles VI, d'Albret prit le parti des armagnacs; et la faction de Bourgogne l'ayant emporté , il fut destitué en 1412 ; mais, l'année suivante , il reprit sa place par suite du triomphe de son parti. Henri V, roi d'Angleterre, profita de ces dissensions intestines pour envahir la Fi'ance ; il vint assiéger Harfleur à l'embouchure delà Seine, et prit la ville d'assaut après deux mois de siège , parce que le connétable ne la fit pas secourir à temps. Cependant les vainqueurs affaiblis proposèrent de réparer les dommages qu'ils avaient causés, pourvu qu'on leur permît de se retirer à Calais. Cette offre fut rejetée par le connétable, qui ne doutait pas de leur entière défaite : les Français étant en effet six contre un , la victoire aurait été certaine, si les chefs avaient été aussi habiles que les soldats étaient vaillants ; mais l'armée française combattit en désordre, ci fut entièrement défaite près du village d'Azincourt le 25 octobre 1415. Douze m.iile Français, parmi lesquels était le connétable, restèrent sur le ciiamp de bataille.

.luvénal des XJrsins, Histoire de Charles VI. — Rloustrelet, Chroniques. — Rlézeray, Histoire de France. — Simonclc de Sisinondi, Histoire des Français. — L'Art de vérifier les dates.

César- Phébus d'aslïîîset , maréchal de France, né en 1614 , mort en 1076. Il descendait d'Etienne, bâtard d'Albret, son bisaïeul, et do Françoise de Béarn, dame de Moissins. Il apprit la guerre en RoIIande sous Maurice d'Orange, et y servit longtemps à la tête d'un régiment d'infanterie. Bevenu en Frarxe, il fut fiiif maréchal de camp en 1G46, et se trouva [)cu après aux sièges deMardick et dcDunkcrque. Le

zèle qu'il témoigna pour la reine mère Anne d'Autriche et pour le cardinal Mazarin, pendant les troubles de la Fronde, contribua, autant que ses services, à lui faire obtenir le bâton de maréchal de France le 15 février 1654. U était d'un caractère souple et d'un esprit enjoué, aimant le faste et la dépense. Saint-Évremond et Scarron l'ont célébré sous le nom de Miassans. Madame Cornuel , à qui le maréchal , déjà d'un âge avancé, cherchait à plaire, l'appelait « un grand faiseur de galimatias. « Quand il eut cessé ses assiduités auprès de cette femme d'esprit, celle-ci s'écria : « En vérité, j'en suis fâchée; car je commençais à l'entendre. » On raconte que la vue d'un marcassin le faisait tomber en syncope ; ce qui fit demander au maréchal de Clérambault « si ce ne serait pas se battre avec avantage contre le maréchal d'Albret, que de se présentera lui mie .tête de cochon à la main? » Il avait épousé en' 1645 Madeleine de Guénégaud, dont U eut une fille, qu'il maria en 1662 à Charles d'Amanjeu, marquis d'Albret, son neveu, tué en 1678 dans le château du marquis de Bussy-Lamet , en Picardie. Avec la mort du maréchal, s'éteignit la maison illustre d'Albret.

Bussy-Rabutin , lettre CXX. — Saint-Évremond; Scarron.

ALBRIC, ALBRÏCIUS, ALBERICUS OU AL-

FRlccs, philosophe et médecin anglais, vivait à Londres vers 1080, et, selon d'autres, vers 1220. Baie cite de lui les ouvrages suivants, qu'on trouve en manuscrit dans plusieurs bibliothèques de l'Angleterre : 1° De deorum imaginibus, qu'on attribue aussi à Albric, évêque d'Utrecht; — T De raiione veneni ; — 3° Virtutes antiquorum; — 4° Canones speculativi. Aucun de ces ouvrages n'a été publié, excepté le traité des Images des dieux, qui a été inséré dans les Mythographi latini; Amsterdam, 1681, 2 vol. in-8°.

Baie, Scriptor. illustr. Magn. Britann. — Chaufepié, Nouveau dictionnaire historique et critique. — Fabrlcius , Biblioth. med. et inf. latin.

*ALBRici {Vincent), compositeur et organiste italien, vivait dans la seconde moitié du dix-septième siècle. D fut d'abord au service de la reine Christine de Suède, à Rome. Après ,1a mort de cette reine, il fut successivement organiste à Stralsund , à Leipzig et à Prague. La collection de Breitkopf cite de lui des morceaux d'église à plusieurs voix , que l'on trouve en manuscrit dans les bibliothèques de Prague et de Dresde.

Gerber, Lexicon der TonJcûnstler.

*ALBRiON (Domingo de), sculpteur espagnol , vivait vers la fin du seizième siècle. On a de lui, entre autres, les statues d'Aaron et de Melchisédech, dans la cathédrale de Tarragone. Ponz en fait un grand éloge pour la correction du dessin et la simplicité des draperies.

Ponz , fiage de Espafia. — Berraudez , Diccionario fiistorico.

*ALBRizzi {Almoro, tnXdiAa. Hermolails), imprimeur de Yenise, fonda, en 1722, la Société

ALBRÎZZI 656

littéraire universelle Albrizienne, qui fut dissoute par un décret du sénat de 1745. Comme éditeur, Albrizzi a donné : C. Julii Csesaris qux extant omnia, italtca versions e ms. coclice ad hodiernum stylum accommodata... ; Venetiis, 1737; avec des cartes et des gravures.

Catalogue inédit de la Bibliotlièquc nationale.

* ALBRIZZI OU ALBERici {Henri), peintre italien, né aux environs de Bergame en 1714, mort en 1 775. Il eut pour maître Ferdinand Cairo. Ses meilleurs tableaux se conservent encore à Brescia, où il vécut longtemps.

Tassi, fite de* pittori Bergamaschi.

* XI.KRIZZI {Isabelle Téotochi, comtesse d'), femme de lettres, née à Corfou en 1770, morte à Venise en 1836. Fille du comte Teotoki, elle épousa à Venise le patricien Joseph Albrizzi, inquisiteur d'État. Après la mort de son mari, sa maison devint un Heu de rendez-vous pour tous les littérateurs et étrangers de distinction. Lord Byron l'appela la madame de Staël de Venise. On a d'elle : 1° Ritratli (portraits) ; Brescia, 1807; elle y trace le caractère des hommes célèbres parmi lesquels elle a vécu : Alfieri , Cesarotti, Ugo Foscolo, Bertola, etc.; — 2° Opère di plastica di Canova; Venise, 1822.

Luigi CctTTer.JVotiziaintomo Isab. TeofocJn albrizzi; Venez., 1836, in-8°. — Antonio Mencghelli, Notizie liiograftche di Isab. Mbrizzi, nata Téotochi; l'adouc, 1737, In-S".

* ALBRIZZI {Jean-Baptiste) , jurisconsulte italien, vivait à Mantoue dans la première moitié du seizième siècle. Comme sénateur du marquisat de Montferrat, il fut chargé, avec Jérôme de Médicis, de soutenir les droits du duc de Mantoue contre les prétentions du duc de Savoie au sujet du marquisat de Montferrat. Ces deux commissaires publièrent le résultat de leurs conférences sous ce titre : Informationes in causis MarcMonatus et Status Montisferrati, inter duces Mantuœ et Sabaudise controversis, in quibus Manfuse ducis jus osseritur; Mantuse, 1546, in-fol. E. D.

Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.

* ALBRIZZI {Jérôme), imprimeur-libraire, vivait à Venise dans la seconde moitié du dixseptième siècle. On a de lui une description abrégée des affluents du Danube ainsi que des lieux arrosés par ce fleuve, publiée sous ce titre l'Origine del Danubio con li nomi antichi c moderni di tutti li fiumi et acque che in esso concorrono, corne anco delli regni, provincie, signoric e città irrigate dal detto fiume; Ve-« nise, 1685, in-12. Cet ouvrage, enrichi de gravures, est divisé en deux parties, dont la dernière contient une chronique abrégée des faits mémorables de la Hongrie et de la Turquie. Albrizzi édita aussi im répertoire de bibliographie intitulé la Galleria di Minerva, overe Notizie universali di quanto è stato scritto da lelterati diEuropa; Venise, 1696-1699, in-fol., 3 vol,

Mazîuchelli, Scrittori d'italia.

(0 Casiri (Bi6l. hisp. arab. Escurialis) fait mourir Alburasis en 1122. WustPiifeld rite plusieurs auteurs qui le font vivre dans le quatrième sierle de l'Iiégire. l'reind le plare au treizièuie ou quatorzième siècle de J.-C, se fondant sur ce que l'on trouve dans son ouvrage une mention des « flèches turques : » Il s'imaginait que les Turcs , dont il est d6jà parlé au sixième siècle, étaient inconnus avant le douzième siècle de notre ère.

657 ALBRYCHOWICZ

*ALBRYCHOWlcz(Ccr5im'ir-/'or^wnd), poète polonais, né vers 1680, mort vers 1750. 11 était bibliothécaire à Tyniec. On a de lui : 1° Vivat eeternum; Cracovie, 1742, in-folio; poëme en Ilionneur du bénédictin Buchowski ; — 2° Pancarpiss à Pallade jagellonica ; Cracovie, 1742, in-4''. L. Ch.

Juszynski, Dictionnaire des poètes polonais.

ALBUCASis, Abulcasis, Buchasis, Bulchasini, noms dérivés à!Abou'l-Kacim, médecin arabe (Abou'l-Kacim Khalaf Ben-Abbas), naquit à Azzahra, près de Cordoue, d'où le surnom d'Azzahrawi , à'Azaravius , ou A Izharavius , et mourut vers l'an 500 de l'hégire ( 1 106-7 de J.-C), à Cordoue, où il paraît avoir longtemps exercé son art (1). On ne sait rien de sa vie : il n'est connu que par son ouvrage intitulé Al-Tassrif, c'est-à-dire Exposition des matières. Cet ouvrage, dont on trouve un manuscrit à la BibUothèque nationale, n'a jamais été publié en entier. 11 en existe à la même bibliothèque une traduction hébraïque, et la bibliothèque de Montpellier en conserve une traduction en vieux catalan. V Al-Tassrif se divise en deux parties , dont chacune comprend quinze sections ; il traite de l'anatomie, de la physiologie, de la diététique , de la matière médicale , enfin de toute la médecine interne et externe, tant théorique que pratique. De cet ouvrage on a traduit en latin et publié la section chirurgicale, sous le titre Tractatus de operatione manus , seu de Chirurgia Albucasis, dans Guy de Chauliac, Chirurgia pai'va; Yeaeùis, 1497, in-fol.; imprimé séparément, Bâle, 1541, in-fol., sous le titre : Medendi methodus certa, clara et brevis , etc. Il en existe aussi une tréiduction provençale en manuscrit à la Bibliothèque nationale. Channing a donné du même traité de chirurgie une nouvelle traduction latine avec le texte arabe, d'après deux manuscrits de la bibliothèque Bodléienne; Oxford, 1778, 2 vol. in-4", avec de nombreuses gravures d'instruments et appareils chirurgicaux.

Cet ouvrage est le document le plus précieux qui nous reste sur la chirurgie des Arabes. Il est divisé en trois livres : le premier traite de l'usage du cautère actuel ; le second , des opérations chirurgicales, de la lithotomie, des hernies, de l'obstétrique, etc.; et le troisième est entièrement consacré aux fractures et aux luxations. On y trouve quelques indications qui dénotent un grand praticien. Ainsi il donne comme règle générale de n'appliquer les cautères (pae chez les individus d'une constitution lymphatique , et de s'en abstenir chez ceux d'une constitution sèche. n réfute aussi les préjugés qui ont fait préférer quelques métaux pour la fabrication de certains

— ALBUMAZAR 658

instiimients de cautérisation , et il ajoute que le fer ne le cède en rien à l'or ou à l'argent, et que c'est, au contraire, le métal le plus convenable pour les instruments de chirurgie. Dans le tic douloureux, il brûlait les coins de la bouche ou la région postérieure des tempes. Dans la cataracte, il cherchait à dériver sur d'autres parties du corps l'humeur qui se jette sur les yeux, par le moyen d'un cautère sur la tête. Il enseignait la manière d'affermir, à l'aide d'un fil d'or, les dents qui s'ébranlent. Il pratiquait la Uthotomie d'après le procédé de Paul d'Égine, et il a le premier enseigné la manière de la pratiquer chez les femmes. Enfin, on trouve dans ce traité cliirurgical quelques cas de guérison extraordinaires : ainsi une flèche , entrée par la racine du nez , fut extraite derrière l'oreille, sans aucun désordre dans l'appareil de la vision; une flèche empennée, qui s'était logée dans la gorge, fut extraite en élargissant la plaie, et la personne guérit.

Grinun a donné une édition (incomplète) du traité médical d' Albucasis, sous le titre]: Liber medicinœ theoricœ , nec non practlcœ Alsaharavii ; Aug. Vindelic, 1519 , m-fol. ; l'édit. de Strasbourg, 1532, in-fol., est intitulée Manualis medicina. La partie qui traite des maladies des fenomes a été insérée dans la collection de Casp. Wolf, Volumen Gynseciorum, de mulierum gravidarum, parturientium , et aliorum natura; Basil., 1566, in-4<'. — H n'est pas certain que le Liber servitoris Bulchasin Beneberacerin , interprète Sim. Januensi et Abrahamo Judœo, soit réeUement d' Albucasis. Cet ouvrage, fort curieux sous le rapport de là chimie pharmaceutiqije et de la préparation des remèdes, a été publié à Venise, 1471, in-fol., et se trouve réimprimé dans plusieurs éditions de Mésué. F. H.

Wiistenfeld, Geschichte der Arabischen jErzte. — Sprengel, Histoire de la médecine, t. II. — Freind, History of Physic. — Casiri, Bibl. hisp. arab. Escurialis. — Haller, Biblioth. chirurgicale.

ALBCCio ou ALBUzio (Aurèle) , jurisconsulte et poète milanais, florissait dans le seizième siècle. On a de lui Heroidum epistolarum , libri IV, RIilan, 1542, in-4% et Vem'se, 1554; — Christianarum institutionum libri III, et moralium institutionum liber I, Milan, 1540, in-8°, Venise, 1554, in-S"; et quelques autres écrits conservés autrefois à la bibliothèque Visconti à Milan.

Mazzuchelll, Scrittori d'Italia.

ALBtrcitrs , médecin, vivait à Rome au commencement de l'ère chrétienne, n avait une pratique très-étendue , et gagnait , selon Pline , environ 250,000 sesterces par an (environ 50,000 fr. de notre monnaie).

Pline, Histoire naturelle, XXIX, S.

ALBCFÉRA (duC d'). Voy. SUCHET.

ALBUMAZAR, célèbre astronome arabe, dont le véritable nom est Abou-Maschar Djafar ibn- Mohammed , naquit à Balkh dans le Khorasan , vers l'an 260 de l'iiégire (776-7 de J.-C), et mouinit à Wasith l'an 272 de l'hégire (885 de

659 ALBUMAZAR -

J.-C). Sa vie et la liste de près de ciucpiante ouvrages de cet écrivain, que d'Herbelot appelle le prince des astronomes de son temps, ont été données par Casiri d'après le manuscrit d'un anonyme, conservé à la bibliothèque de l'Escurial. Albumazar était contemporain d'Al-Kindi. Il se destina d'abord à la carrière du droit, et fut un ennemi déclaré de la philosophie et des sciences naturelles, comme étant incompatibles avec la vraie l'eligion. Ce n'est qu'à l'âge de quarante-sept ans qu'il se mit à étudier les mathématiques, et se liwa en même temps à toutes les rêveries de l'astrologie judiciaire.

Ses principaux ouvrages ont pour titre Kitahoul-Moudakhel ila ahkami-n-nodjoum (le livre de l'Introduction à la science de la législation des astres), ouvrage divisé en huit makalat ou discours , dont chacun est subdivisé en un certain nombre de fossul ou chapitres. Il a été traduit en latin, et imprimé à Augsbourg sous le titre : Introducforiuin in Astronomiam Albumasaris Abalachi, octo continens lïbros partiales; Augustœ Vindelicorum, 7 idus februarii 1489, in-4°; réimprimé à Venise en 1506; — Kitaboul-kironat fi ahkami-n-nodjoum ( le Livre de la conjonction; sur la législation des étoiles), traduit en latin, et imprimé par Erhard Ratdolf; Augsbourg, 1489, in-4°; réimprimé à Venise, 1515, in-4''. On lui attribue aussi un traité astrologique, intitulé Olouf (un Millier d'années), où il soutient, selon l'idée des Grecs, que le monde fut créé quand les sept planètes étaient en conjonction dans le premier degré du Bélier, et qu'il finira quand elles seront en conjonction dans le dernier degré des Poissons. Ce traité l'ut publié pour la première fois par Jean-Baptiste Sessa, à Venise, sans date, sous le titre de Flores astrologie, et réimprimé à Augsbourg en 1488. Enfin, Albumazar a composé des tables astronomiques selon la métliode des Persans, et selon leur calcul des années du monde ; il a soin de faire remarquer que ces années ne sont pas celles des Juifs , et qu'elles appartiennent à une ère particulière que les Persans ont adoptée, d'après les anciennes ti'aditions de leur histoire. Ces ouvrages se trouvent en manuscrits dans plusieurs bibliothèques de l'Espagne, de la France et de l'Angleterre. D-

Casiri, Bibl. arah. hisp.,U I, p. 851. — AbouUaradje, Hist. 02/n., p. 161. — Delambre, ffisf. de l'astronomie au tiioxjen âge; Paris, 1819. — Ibn.K-liallekan, BiO(j. dict., trad. par de Slane, I, 328. — D'Herbelot, Bib. or., au mot M Abu-Maaschard. » — Joseph Blancanus, m Chron. viathem. — Vossius , De mathemat., cap. xxxv, § 4. — Am. SédiUot, dans le Dict. de la Conversation. —M. Reinaud, Géorjraphie d' Aboulféda , Introduction, t. I.

ALBUQUEïiQUE {Affonso d' ), suniommé le Grand, gouverneur des Indes, né en 1453, dans la bourgade d'Alhandra, à sixlieues de Lisbonne, mort en rade de Goa le 16 décembre 1515. Albuquerquc réunissait en lui les illustrations de deux familles appartenant à la plus haute noblesse. Son père, Gonçalo de Albuquerque, tenait à la maison royale, et possédait en fief la sei-

ALBUQUERQUE 660

gneurie de Villaverde ; sa mère, dona Leonor de Menezes, était fille du comte d'Atougula. Pour quiconque est versé dans l'histoire généalogique des grandes maisons de la Péninsule, il est aisé de voir que l'illustre conquérant des hidcs réunissait en lui les instincts de deu\ races généreuses, auxquelles le Portugal devait sa |)rospérité naissante. Par son père il dcsccmiait de ce roi Diniz, qui a eu pour ainsi dire toutes les prévisions auxquelles le pays doit faire remonter l'origine de sa gloire; par sa mère il appartenait aux Menezes, et à cette lignée de grands cxiilorateurs qui, pour nous servir d'une expipssioii heureuse, ue pouvant accroître le territoire de ce petit royaume , lui donnèr'^nt l'Océan. Zarco, auquel on doit la découverte de l'ile de Madère, était de la famille d'Atouguia.

Le nom d'Alphonse d'Albuquerque est un de ces noms qui ont eu un tel retentissement dans le monde, que nul n'ignore complètement les grands faits historiques, les conquêtes immenses auxquels ils se rattachent. Nous essayerons donc ici de compléter bien plutôt les souvenirs de chacun par des détails biographiques généralement méconnus, que nous ne tenterons de nous poser en historien. Il y a des actions qui, pour être racontées dignement, exigent plusieurs volumes; il y a des iiommes qui, en dépit de< nombreux volumes qu'ils ont fait écrire, restent, quant à leur éducation première, leur caractère, leurs réelles intentions même, tlans um demi-obscurité qui contraste d'une, manièn étrange sans doute avec l'auréole de gloire don: on aime à les environner, et qui, en l'épandant 1; lumière autour d'eux, éblouit quelquefois d( telle sorte le biographe, qu'il oublie complètement de dire ce qu'il faudrait d'abord raconter Essayons donc de faire connaître quel ivmg occupait la famille de Villaverde à la cour de C( descendant de Jean l"-'', qui avait changé Torfli-c de succession chez la postérité du roi Diniz ; tentons de faire connaître, ce qui est à^coui sûr plus impoi-tant, quelle fut l'éducation i'oçu( par le grand homme au milieu d'une cour oi l'on avait encore présent au souvenir un D. ll(t\\ rique, un duc d'Abranches, un D. Pedro d'Alfar robeira, un roi D. Duarte, un Alphonse V, er qui se résumait pour ainsi dire toute la gloiri guerrière du siècle, et cette gloire nouvellf des investigations scientifiques, qui allait préiiarci pour le Portugal une ère d'indicible prospérité

Si Albuquerque tenait à l'ancienne maisor royale de Portugal, il n'y tenait pas par un( descendance légitime : il y tenait par une de cc< unions que les mœurs du temps toléraient dan.'j la Péninsule, sans doute en raison de l'exemiilt; permanent donné par les souveraitis musulmans,! et que l'on ne pouvait point considérer, aux yeux de la loi, comme étant absolument ré-l prouvée. Pour quiconque sait ce qu'étaient lc.<j barregans royales en Portugal et en Espagne,} leurs privilèges, leurs droits reconnus, dona Al- 1

st

ALBUQUEFxQUE

donça Rodriguez Telha, barregan avouée du roi Diuiz, et dame galicienne d'une ancienne maison, ne pouvait être confondue 'avec les simples maîtresses royales que l'on voit figurer dans l'histoire. C'était de cette femme d'une rare beauté que le roi Laboureur avait eu son fils bien-aimé D. Affonso Sanchez ( frère et rival du comte de Barcellos ) , auquel la maison d'Albuquerque faisait remonter son origine. Ce haut dignitaire, mort en 1329, avait été jadis mordomo môr du royaume, et ses descendants gardaient encore une position en Poiiugal qui n'avait rien perdu de son influence dans les deinières années du quinzième siècle, par son union avec dona Tareja Martins , petite-fille du roi D. Sancho de Castille. Cette influence néanmoins était plus grande encore en Espagne. Le château d'Albukerque ou d'Alboquerque, qu' Affonso Sanchez avait rebâti en 1314, faisait partie des apanages de . ce fils de Diniz ; toutefois , celui-ci n'en fit jamais figurer le nom dans ses titres : ce fut à son fils D. Juan Affonso qu'il était réservé de s'appeler D. Juan d'Albuquerque. Ce nom retentit dès lors, en mainte occasion, dans l'histoire de la Péninsule, et le règne de Pierre le Cniel le vit figurer au premier rang dans les événements politiques du quatorzième siècle. Pour en finir avec la généalogie du grand capitaine, nous dirons qu'il se trouvait aussi allié à la maison royale de France, et que les fleurs de lis figuraient dans ses armes. Il pouvait encore revendiquer une illustration : ce D. Joâo de Castro, qui devait un jour consolider ses conquêtes, lui était allié par les liens du gang, comme il lui était uni par la magnanimité des pensées et par un héroïque désintéressement. Malgi'é la noblesse reconnue de sa famille, Affonso d'Albuquerque n'avait pas droit de prendre en Portugal le titre de dom, accordé quelques années auparavant comme une insigne faveur à l'illustre Vasco da Gama. U ne le prit jamais, même lorsqu'il fut parvenu au plus haut point de sa fortune.

Quoique le fils du seigneur de Yillaverdenefùt pas l'aîné de sa maison, il fut élevé à la cour d'Alphonse V, où il reçut une instruction dont tout nous atteste aujourd'hui encore la profondeur et la variété. Il suffit en effet d'examiner certains chapitres du Leal Conselheiro, ce beau livre où le père du monarque que nous venons de nommer a déposé ses idées sur la morale et l'éducation, pour être émerveillé des soins tiu'on apportait alors en Portugal au développement intellectuel des classes élevées. L'influence de D. Henrique et de D. Pedro d'Alfarrobeira se faisait surtout sentir à la cour ; l'étude des livres de l'antiquité, et ceUe principalement des sciences mathématiques, y étaient dans un honneur tel, qu'on n'est plus surpris ni de la grandeur du style d'Alphonse d'Albuquerque, ni de ses rares connaissances en hydrographie, lorsque l'on a présents au souvenir les noms des professeurs illustres

qu'il dut avoir. Nous savons, de source certaine, qu'il parlait admirablement le latin : peut-être l'avait-il appris avec Alcaçova, puis avec Cataldus Siculus, le professeur si renommé de l'infant D. George. Il ne s'en tint pas à ce genre de connaissance ; et mestre Rorigo, ce juif mathématicien, que l'on vit acquérir un si grand crédit sous Jean n, put lui enseigner tout ce qui concerne les sciences nautiques. Ajoutons cependant que nous offrons ici au lecteur de simples conjectures sur ces faits : aucun livre n'a vn nous guider. Albuquerque avait déjà dix-neuf ans lors de cette troisième expédition en Afrique, durant laquelle Alphonse V s'empara d'Arzfla; s'il ne prit point part à cette glorieuse enti'eprise, on peut dire qu'elle servit plus tard à développer son génie militaire, et à l'initier aux mœurs de l'Orient ; car vers cette époque, c'est-à-dire après la mort du monarque près ducpiel il avait été élevé, il s'en alla en Afrique, et séjourna dans cette place de guerre, devenue une glorieuse école, nous dit un ancien chi'oniqueur portugais, |3our tous ceux qui prétendaient prendre désormais le parti des armes. A cette époque le jeune capitaine était déjà un homme de guerre estimé, et son esprit observateur avait pu s'initier aux mœurs des Arabes, que plus d'une fois sans doute il avait dû combattre. Au bout de quelques amiées, il retourna en Portugal, et fut attaché à la personne de D. Joâo n en qualité d'estribeiro^môr , ou de grand écuyer. Pour ceux qui sont initiés à la connaissance des événements qui advinrent en Portugal à cette époque, pour ceux principalement qui ont essayé de connaître tout ce qu'il y avait de vues profondes, d'intelligence énergique et de promptitude dans l'exécution chez Joâo H, il est évident c{ue la période durant laquelle Albuquerque dut approcher sans cesse la personne royale fut pour lui un temps d'enseignements tout aussi fructueux, tout aussi profitable, s'il ne le fut davantage, que le temps où il prit part à quelques expéditions militaires d'une importance secondaire. La principale préoccupation de Joâo II, c'était l'étude des grands problèmes de la géographie maritime ; c'était pour ainsi dire la réalisation des projets de l'infant D. Henrique. Ce fut à cette époque sans doute que, malgré une coîitradiction apparente avec ses fonctions, l'estribeiromôr acquit ces rares connaissances dans la théorie de l'art nautique, qui plus tard le firent metti'e par les chroniqueurs des Indes au rang des habiles marins de son époque, qualité qu'ils refusent souvent aux autres grands capitaines contemporains.

Vers 1495, c'est-à-dire après la mort de Joâo II , Albuquerque retourne à Arzila , et il emmène avec lui un frère, qui succombe dans un combat contre les Maures : désolé de cette fin prématurée, le hardi capitaine revient à la cour de Portugal , et prend de l'emploi dans l'intérieur même du palais. Nous savons que, commis

à la garde du roi Emmanuel, il dormait, disent jes chroniques contemporaines , dans une chambre voisine de la chambre royale. Son temps ne se passait pas uniquement toutefois dans les loisirs de la cour; nous savons qu'il avait fait partie jadis de la flotte envoyée vers Tarente pour secourir le roi Ferdinand de Naples contre une irruption des Turcs, et qu'en l'année 1489 il avait été ravitailler et même défendre la forteresse de Graciosa, qui avait été bâtie par les Portugais sur une île que le Louccous forme dans les terres le long des côtes de Larache.

On voit suffisamment par ces détails combien Albuquerque était préparé à saisir le rôle qu'il allait remplir dans les mers de l'Orient. Sa première expédition dans l'Inde n'eut cependant rien de brillant. Nommé par Emmanuel, au retour de Pedralvez Cabrai , pour aller bâtir une forteresse dans cette ville de Cochin , où les Portugais avaient trouvé dès l'origine de la conquête un si favorable accueil, il part pour les Indes avec le simple titre de capitào môr et le commandement de trois navires , et il met à la voile du port de Belem au commencement d'avril 1503. Son cousin Francisco d' Albuquerque quitte le port de Lisbonne en même temps que lui, revêtu d'un commandement égal au sien. La forteresse est construite, la désunion se met entre les deux parents ; mais Francisco d' Albuquerque ne doit point revoir l'Europe, et le véritable héros des Indes revient bientôt à Lisbonne pour accomplir les grandes destinées que le sort lui réservait. H est de retour au mois de juillet 1504 , et il met à profit son séjour en Portugal pour mûrir les observations qu'il a pu recueillir durant sa rapide expédition. C'est en réalité en 1506, à l'époque où il accompagne Tristam da Cunha , nommé au commandement d'une flotte de quatorze voiles, que commence sa carrière. Muni secrètement du titi-e de gouverneur des Indes, mais soumis d'abord à un chef qu'il estime sans pouvoir partager ses vues , il assiste aux mémorables découvertes qui marquent cette expédition. Il monte, en qualité de capitaine, le Cime; et c'est sur ce navire qu'il accomplit une partie de ses premiers exploits.

Ainsi que nous l'avons dit autre part, il y a un singulier intérêt à lire, dans les commentaires laissés par Albuquerque lui-même , l'itinéraire de cette flotte guerrière , sa relâche à la côte d'Afrique, son départ de Bezeguiche, son arrivée à Mozambique, les périls qu'elle surmonte. On ressent une curiosité encore plus vive en la suivant dans son exploration des côtes de Madagascar, vues d'abord par Soares, et qui, après avoir reçu le nom de terres de Sâo-Lourenço , semblent si importantes à Tristam da Cunha, que leur découverte paraît un moment devoir arrêter la flotte et la détourner de son voyage. Tout ce début, il faut le dire, de la vie du grand homme semble avoir été mal apprécié par les historiens, faute d'avoir consulté les commentaires d'Albu-

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querque lui-même. Quel était d'abord le but de l'expédition, quelles étaient les instructions secrètes reçues par l'homme qui devait en être le commandant réel.î» Nous allons essayer de l'expliquer.

Comme tous les gi'ands voyages maritimes de cette époque, l'expédition avait d'abord pour but la réalisation de la grande pensée religieuse qui animait l'Europe : avant tout , il s'agissait de glorifier le nom chrétien et d'humilier l'islamisme; les avantages commerciaux qui devaient résulterdes établissements aux Indes venaient ensuite. Mais ils ne tenaient dans l'esprit d'Emmanuel lui-même qu'un rang fort secondaire : avant de poursuivre son voyage vers Cochin, le chef en titre de l'expédition, Tristam da Cunha, fonda une forteresse à Socotora pour protéger les chrétiens nestoriens (les chrétiens de S'-Tliome, comme on disait alors), et les mettre en état de résister aux musulmans, en leur donnant plus tard la possibilité d'aider au développement de la puissance d'Emmanuel dans ces parages pour ainsi dire inconnus. Ce n'était nullement unn voyage de découverte comme on en entreprend de nos Jours, que cette expédition de 1506. Aussi lorsque, après avoir imposé son nom à une îk déserte, Tristam da Cunha prétend persévérei dans ce système d'exploration et doubler le ca[ extrême de l'île Sâo-Lourenço, Albuquerque, fort de ses secrètes instructions, s'élève avec énergie contre ce désir, et rappelle que la volonU expresse du roi est de protéger les chrétiens dans ces parages reculés. Du consentement d( Tristam da Cunha, il prend le commandemen de six navires, se sépare de la flotte, qu'il laiss( dans les mers de Madagascar, et, après avoii exploré diverses régions de l'Afrique orientale s'en va demander au chef de Mélinde , allié depuis quelques années des Portugais, deux pilote: expérimentés connaissant parfaitement le golfi Persique, et pouvant désormais le guider. Il revient ensuite rejoindre la Hotte, apprend les périls qu'elle a courus , rappelle énergiquement ii but de l'expédition, fait des prodiges de valeui personnelle à la prise d'Angoya et de Brahoa et fonde enfin , de concert avec Tristam d. Cunha , la forteresse de Çocn, dans l'île de Socotora, pour réaliser le but qu'Emmanuel a indiqué Dans le récit éminemment dramatique dccctti merveilleuse expédition, deux choses frappen surtout : c'est d'abord la modération calculéi d'Albuquerque avec le capitào môr, puis science réelle, son appréciation des événements Il a un but, connu de lui seul, et infailliblemen il l'atteindra. Après quelques hésitations, le capitào môr reconnaît tout le premier cette supériorité d'un simple c<ipitaine soumis à son comrnan dément. Dans cette ville de Brabai où il a éti blessé, il veut recevoir Tordie de chevalerie a| lieu même où il a versé son sang, et il veut l| recevoir des mains d'Affonso d'Albuquerqu^ avant de le transmettre à Nuno da Cunha, q\}

lui aussi sera la gloire du nom portugais dans l'Orient. A Socotora on se sépare. Tristam da Cunha va aux Indes charger ses navires d'épices ; Albuquerque, revêtu ostensiblement de la charge de capitâo môr, quand il a secrètement les instructions de gouverneur des Indes, marche droit à la réalisation de la pensée qui doit assurer désormais la grandeur portugaise. Au bout de quelques jours il surgira avec ses six vaisseaux dans ce port d'Ormuz, où l'Asie entière est représentée, où se réalise pour ainsi dire le commerce de l'univers ; dans quelques jours il comprendra pourquoi les Orientaux disent avec orgueil : « Le monde est un anneau ; Ormuz en est la pierre précieuse. » Ce qu'il faut de prudence, de valeur, de persévérance pour établir le crédit des Européens dans ces parages, ne saurait être raconté ici : qu'il suffise de savoir qu'Albuquerque met sur le trône d'Ormuz un souverain complètement à la dévotion des Portugais ; qu'il obtient le droit d'édifier une forteresse pour les chrétiens, au centre même de la cité; et que lorsqu'il met à la voile pour aller prendre le gouvernement définitif des Indes orientales, que lui concéda la volonté du souverain, il sait qu'il est déjà pour ainsi dire maître d'une des portes du monde, comme on disait alors ; et qu'au début il a déjà accompli une partie de la tâche immense qu'U s'est imposée.

Sans les dissensions qui éclatèrent à bord de la flottille que commandait Albuquerque, et auxquelles on regrette de voir mêlé d'une manière fatale le nom de Joâo da Nova , le premier explorateur de Sainte-Hélène, il n'y a nul doute aujourd'hui que , dès l'origine , la puissance portugaise eût été établie d'une manière durable dans le golfe Persique; ces luttes intestines de quelques commandants subalternes dérangèrent les plus puissantes combinaisons. Albuquerque eut beau déployer dans ces circonstances difficiles une habileté et une force de caractère égales à tout ce qu'il fit de plus grand par la suite, Joâo da Nova et les capitaines de deux autres navires l'ayant abandonné au mépris de toutes les lois de l'honneur et de la discipline militaire, pour se rendre aux Indes, il se vit forcé de quitter le port d'Ormuz, sans garder même la forteresse, dont la fondation et les premiers travaux lui avaient coûté tant d'efforts. La faible garnison laissée à Socotora réclamait d'ailleurs des secours; il s'y rendit, prit des mesures pour assurer la position des Portugais dans l'ile et satisfaire ainsi aux désirs d'Emmanuel, puis revint devant Ormuz, où désormais, et grâce à l'habileté de Khodja-Atar , il ne pouvait plus remplir qu'un rôle d'observateur. Toutefois son regard avait mesuré la plage d'Ormuz , et il avait désigné d'avance le lieu où viendraient un jour s'accumuler pour Lisbonne toutes les richesses de ces régions, ravies déjà en espérance, comme elles le furent un peu plus tard au Caire et à Venise. La fin de l'année 1508 le trouve aux

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Indes, et c'est là qu'au milieu d'une lutte orageuse il combinera les plans immenses qu'il réalisera en moins de sept ans.

Ainsi que nous l'avons fait entrevoir dans notre Histoire de Portugal, jamais cependant Albuquerque ne mérita mieux le titre de grand capitaine que durant cette première campagne , où il explora le golfe Persique. Il n'avait pas encore de nom , ses subordonnés se posaient devant lui en rivaux dédaigneux : cependant, par l'ascendant de son génie, par l'énergie de son action, il parvint à les ramener, tant que le désir d'aller vers les riches contrées du Malabar ne leur ôta pas tout sentiment du devoir. On le voit même pousser la force de caractère jusqu'à la témérité , témoin ce jour où il va arrêter dans son propre navire Joâo de Nova , pour lui faire grâce ensuite. Et c'est là l'homme que la Biographie universelle nous représente comme méritant le regard de l'historien, du jour seulement où il s'empare de la ville de Goa ! Avant de réaliser en effet la grande pensée qui devait changer en une métropole chrétienne une ville orientale , refuge de tant de peuples divers , que d'obstacles le vainqueur d'Ormuz avait encore à surmonter ! que d'efforts il avait à opposer au dédain aveugle des Portugais eux-mêmes !

Quelque temps après son arrivée , en 1 509 , son premier soin avait été de faire notifier à D. Francisco d'Almeida les pouvoirs secrets dont il était muni. Cet acte politique avait été accompli avec toutes les formes voulues par Pereira, l'écrivain attaché d'office à la personne du nouveau gouverneur; le vice-roi des Indes n'avait pu méconnaître la légalité de la notification , mais il y avait répondu par de vagues paroles, et n'en avait tenu compte. Un jour donc, à Cocliin même, au temps de ses plus grands tiiomphes, un homme l'aborda familièrement sur la plage, au milieu du nombreux cortège dont il s'environnait , et , le tirant légèrement par son mantpau de brocard, lui fit observer que lui, gouverneur des Indes, et chargé de pourvoir désormais à l'administration de ce pays , il espérait au moins un regard. « Je ne vous avais pas reconnu, » lui dit froidement le vice-roi ; et, continuant à recevoir les félicitations de la troupe qui grossissait toujours , les flatteurs mêlant à leurs hommages exagérés les propos les plus ironiques, le bruit commun dans Cochin, nous disent les commentaires, était que la maison des fous convenait seule au nouveau gouverneur. La haine d'Almeida s'accroissant de mille propos envenimés , ce ne fut pas dans la maison des fous qu'AIbuquerque fut conduit : il fut jeté en prison et chargé de chaînes, à ce que l'on assure, dans la petite forteresse de Cananor, qu'Almeida lui-même avait fait bâtir quatre ans auparavant. Il n'y fit pas un long séjour toutefois : ses ennemis, à la tête desquels on voyait toujours Joâo de Nova , n'eurent pas lieu de se réjouir longtemps de cet acte inqualifiable. Un

noble seigneur de la cour d'Emmanuel , D. Fernando Coutinho, que l'on appelait le maréchal par excellence , étant venu cette année dans l'Inde, à la tête d'une flotte dont il avait été nommé capitâo mér, débuta, dans les actes qu'il avait droit d'exercer sans le contrôle du vice-roi, par mettre en liberté le vainqueur d'Ormuz, qu'il regardait d'ailleurs comme son parent ; puis signifia de nouveau les pouvoirs que l'on avait si longtemps méconnus. Dès lors seulement Affonso d'Albuquerque fut gouverneur des Indes , et put réaliser ses vastes projets. Le sac de Calicut, où il fit des prodiges de valeur, et où il eut la douleur de voir périr le noble Fernando Coutinho, c[ue sa valeur imprudente avait entraîné trop loin , d'heureuses excursions le long des côtes, commencent la série de ses grandes actions ; et pour être juste sans doute, il faut joindre à ces exploits militaires l'honorable oubli de ses propres injures. Joâo de Nova, délaissé par tous , et mourant dans l'abandon, ne fut regretté que par lui. En 1510 Almeida part pour l'Europe, et il a pu prévoir, avant d'aller chercher la mort parmi les Cafres, ce que deviendra le grand capitaine méconnu par lui si longtemps.

H y a sur la côte de Malabar une ville musulmane enclavée dans les possessions des radjàs hindous , et dont la position permet de surveiller également le royaume de Narsingue et celui du Deckhan. Gouvernée par un homme sans consistance, que les historiens désignent sous le nom de Melek-Surgy, cette cité , livrée à l'anarchie , renferme des musulmans de toutes les sectes, des Turcs, des Roumes proprement dits (on désignait ainsi les Turcs de Constantinople), des Parsis , des Hindous ; partagée par des hommes qui professent des religions si différentes , sa tolérance même la rendra plus propre à devenir le séjour des chrétiens. Instruit par les conseils de Timoia, l'un des agents du roi de Narsingue, Albuquerque n'hésite plus : Goa sera la capitale des Indes portugaises, et le culte du vrai Dieu y succédera à tant de faux cuites. Secondé par l'indicible courage de son neveu Garcia de Noronha , il se rend maître en effet de la ville le 1 7 février 1 5 1 0 ; mais cette première -victoire sera stérile : les musulmans ont compris toute l'énergie du maître dont ils vont recevoir les lois; par leurs efforts les chrétiens sont chassés.

Albuquerque est un de ces hommes dont les siècles admirent la persévérance : comme le roi Diniz , dont il descendait , « il fit toujours ce qu'il voulut , » répète encore le vieil adage populaii-e. Après d'incroyables travaux endurés pendant plus, de neuf mois le long des côtes du Malabar, Goa tomba définitivement en son pouvoir le 25 novembre 1510. A chaque victoire, l'œil d'aigle d'Albuquerque devinait un nouvel horizon et entrevoyait de nouvelles conquêtes. Cette fois , ce fut à une autre race qu'il voulut faire sentir le joug des Portugais.

Déjàj quelques années auparavant, il avait été

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