ALCMAN
on remarque principalement la lettre de Ménandre à Glycérion, et cellede Glycérion àMénandre.
La première édition d'Alciphron , comprenant seulement quarante-quatre lettres, fait partie de la collection d'Aide Manuce, Venise, 1499, in-4''; la seconde édition fut publiée à Leipzig, 1715- 1718, in-8°, par Bergler, qui y ajouta vingt-huit lettres; et la troisième par Wagner, Leipzig, 1798, 2 vol. in-S". Bast a publié, en 1801, une nouvelle lettre inédite. Les letti'es d'Alciphron ont été traduites en français par l'abbé Richard ; Pa^ ris et Amsterdam, 1785, 3 vol. in-12, et en anglais par Munro et Beloe, London, 1791.
Alciphron, philosophe de Magnésie, mentionné par Athénée (I, 31), paraît avoir été uft personnage différent de l'épistolographe.
Wagner, prœfat. in Alciph. epist. — Fabricius, Ui^ blioth. grsec, t. I, p. 588. — Schœll, Histoire de la littérature grecque, t. IV, p. 313.
ALCiPPE, Lacédémonien, fut exilé de sa patrie par la cabale de quelques en^îeux , qui l'acv cusèrent de vouloir renverser la constitution de la république. Sa femme Démocrita , qui avait dessein de le suivi'e , en fut empêchée par lé magistrat qui fit vendre ses biens. Il lui ôta le moyen de marier deux filles qu'elle avait, de peur qu'elles donnassent la vie à des enfants qui pus sent un jour venger l'outrage fait à leur aïeul. Démocrita , outrée de désespoir, épia le moment oii les femmes les plus considérables de la ville étaient rassemblées dans un petit temple pour célébrei une fête. Alors , se saisissant de plusieurs monceaux de bois qu'on avait préparés pour les sacrifices , elle y mit le feu , pour brûler à la fois et le temple et tous ceux qui s'y trouvaient. Lorsqu'elle vit le peuple accourir pour éteindre l'incendie et en punir les auteurs , elle se tua avec ses deux fdles. Les Lacédémoniens firent jeter le corps de Démocrita et de ses deux filles horâ de leurs frontières.
Plutarque.
*ALCiSTÈNE, femme peintre, dont l'âge d* le pays sont inconnus. Pline cited'elle un tableau représentant un danseur.
Pline, Hist nat., XXXV, 40.
^ ALCMAN, fils de Damante, poëte lyrique spat*tiate (son nom, qui était proprement Alcméon, 'AXy.[Aatwv, prit la terminaison dorique, et ftrt changé en Alcman 'AÀ-/.u.àv ), naquit à Sardes, capitalede la Lydie, et florissaità Sparte vers 672 avant J.-C. On le regarde comme le père da genre erotique. Suivant Suidas, Alcman remplaça le premier le vers hexamètre , dans la poésie lyrique, par un nouveau mètre qui , de son nom, fut appelé alcmaïque. Il avait composé, eft dialecte dorien, un poème sur les Dioseures, les Parthénïes ou Éloges des jeunes filles et des vers " à la louange de l'amour et du vin. On lui attribue à tort une pièce intitulée les Plongeuses ( Voy. Alciménès). Il ne nous en reste que quelques fragments , conservés par Athénée et Plutarque. Fr.-Th. Welcker les recueillit et les publia dans un petit volume de 90 pages in-4°, à Giessen
j en 1815. Ou les trouve encore dans l'excellente ; édition des L^rici greeci de Boissonade; dans le i Corpus poetamm grascontm , Genève , 1614, ' in-fol. ; dans Ful\ius Ursinus , Carmina novem illustrium fœminarum , etc., Anvers, 1568, in-8°; traduits en français dans les Soirées lit- ; téraires par Coupé.
Velleius Paterculus, 1. 1. — Stace, Sylv. III, I. V, S3. — Pausanias, III , p. 96. — Athénée, l. XIII , p. 600. — Scaliger, Jnimud. in Eiiseb., 1361. — Suidas, Alcman. — Pline, Hist. natur.,Xl, 33. — Plutarque, Sulla, c. 36. — Schoell, Histoire de la littérature grecque, t. I, p. 203. — F. -T. Welcker, Fragm. Alcmanis lyrici, in-4'', 181S.
ALCMÉON ('A>.x[Aaîwv), philosophe grec, de Crotone, disciple dePythagore et fils de Pirithoiis, vivait dans le sixième siècle avant J.-C. (1). Il s'initia à la science dans la célèbre école des Asclépiades, à Crotone. Au rapport de Chalcidius, commentateur de Platon {Comment, in Plat. Tïm., p. 368, édit. de Fabricius), « AIcméon , naturaliste exercé , a le premier osé disséquer ou plutôt éséquer et fait connaître très-clairement beaucoup de choses sur la nature de l'œil : Âlcrnseon, in phtjsicis exercitatus, quique primiis exseciionem aggredi mcsits est, de oculi naiura multa et prseclara in lucem protulit (2). Nous venons de donner la traduction h'ttérale de ce fameux passage sur lequel on s'est appuyé', sans le citer textuellement, pour dire qu'Alcméon a le premier disséqué des cadavres humains , et serait, par conséquent, le père de l'anatomie. Cependant le Clerc et Sprengel ont révoqué ce fait en doute, non parce que le passage de Chalcidius avait été mal interprété, mais parce qu'Alcméon, comme pythagoricien, devait avoir horreur des corps morts. C'est , selon nous , une raison assez peu convaincante ; car en tout temps on a vu les adeptes,même les plus fanatiques, déroger aux doctrines du maître. Quoi qu'il en soit, AIcméon a certainement disséqué des animaux, et par là il devait avoir acquis plus de connaissances anatomiques que par la simple mspection des entrailles des victimes. Il enseignait que l'ouïe s'opère par le vide des oreilles, parce que, disait-il, l'air extérieur y pénètre, et que tous les lieux vides résonnent. Il croyait que les chèvres respirent en partie par les oreilles. « AIcméon , dit Aristote {Hist. anim., I, 9), ne dit pas vrai, quand il prétend que les chèvres respirent par les oreilles : 'AXxjjLaîwv oÙK ak-f\%ri Xéyst, cf)à(J,£V0(; àvaTtveîv ira; alya; xatà xà «xà. On a conclu de là qu'Alcméon a découvert bien longtemps avant Eustache le canal de communication (la trompe d'Eustache) entre l'oreille moyenne et l'arrière-bouche. Pour avoir cette connaissance , il lui a fallu ou disséquer des animaux chez lesquels la membrane du tympan avait été accidentellement déti-uite, ou étudier avec soin la boîte osseuse qui forme leur crâne. D paraît certain qu'Alcméon avait des notions assez exactes sur l'anatomie de
(1)" 11 vivait, dit Aristote, lorsque Pytliagore était vieux. » {Metaphys., I, 3.)
(2) Clialcidius vivait dans le quatrième siècle de l'ère chrétienne.