ABD-EL-WAHAB — ABD-ER-RAHMAN
Dieu ; ils permettaient de tuer un agresseur sans attendre que la justice eût prononcé sur son sort ; enfin, ils regardaient comme un crime les vœux que l'on faisait dans un péril imminent. — Le parti le plus faible appela à son secours Arar, scheik d'Al-Ahsa , dont les États étaient situés près du golfe Persique. Les troupes de cet auxiliaire furent mises en déroute par Abd-el-Wahab, retranché dans une forteresse de la province Dereyeb. Mekhramy, scheik de Nedjéran, se joignit par la suite aux Wahabis qui attaquèrent, en 1763, la puissante tribu des Beni-Khaled, dans le pays d'Al-Ahsa, et se rendirent redoutables dans toute la contrée par leur intolérance et leurs brigandages. Les Waliabis sont les calvinistes de l'islamisme. Niebuhr ( Voyage en Arabie) a donné des détails précieux sur Wahab et sa secte.
Biirckliardt, Materials for a History of the Wahabys, I.ond., 1830.— f^oyages d'Ali-Bey; Paris, 18U.
AîiïîÉRAHlMANOU ABDÉRAME. FO?/. Aed-ER-
Rahjian.
* abd-eR-rahman (I) , empereur actuel du Maroc, naquit en 1778. II succéda en 1823 à son oncle Muley-Soliman , qui occupa le trône depuis 1794 , époque de la mort du père d'Abd-er-Rahman. Les quatre premières années de son règne étaient troublées par des révoltes de tribus qui furent enfin obligées de se soumettre. La plupart des puissances maritimes de l'Europe payaient autrefois à l'empereur du Maroc ainsi qu'aux États Barbaresques un tribut annuel pour se garantir contre la piraterie. L'Autriche, une des premières , refusa de payer ce tribut, ce qui amena un conflit. Les Marocains capturèrent, en 1828, un navire vénitien dans le port de Rabat, et chargèrent de chaînes tout l'équipage. L'apparition d'une flotte autrichienne, sous les ordres de l'amiral Bandiera , fit rendre le navire avec l'équipage, et renoncer au payement d'un tribut honteux. En 1844, Abd-er-Rhaman se vit menacé d'une rupture avec l'Espagne , à l'occasion de la mise à mort d'un agent consulaire, Victor Darmon ; mais ce différend fut aplani par la médiation du gouvernement anglais. Cependant les menaces de guerre de la part d'une puissance chrétienne avaientsurexcité le fanatisme des Marocains. Abdel-Kader sut habilement exploiter ce fanatisme musulman , en forçant l'empereur à s'allier avec lui contre les Français, dans une guerre sainte. La bataille de l'Isly (13 août 1844), et les démonstrations de la flotte française sous les ordres de l'amiral de Joinville, détruisirent cette coalition, et mirent l'empire du Maroc à deux doigts de sa perte. Ici encore l'Angleterre intervint pour amener la conclusion d'un traité très-médiocrement avantageux pour la France : on n'exigea d'Abd-er-Rahman vaincu ciue la diminution de la garnison marocaine sur les frontières algériennes, et l'exil d'Abd-el-Kader dans la partie centrale du Maroc. L'héritier présomptif, Sidi-Mahommed, est né en 1803.
(i) Nom arabe qui signifie esclave du Miséricordieux.
F. Hoefer, Histoire du Maroc { dans la Collection de l'Univers ).
ABD-ER-RAHMAX { Abd-el-RuIiman ou Abd-al-Rahman) , prince africain, né à Tombouctou vers le milieu du dix-huitième siècle. Chargé du commandement d'une expédition contre les Hébohs, il fut fait prisonnier et vendu comme esclave. Après plusieurs années de dur esclavage à Natchez, il fut reconnu par le docteur Cox (des États-Unis) pour l'ami qui lui avait donné jadis une généreuse hospitalité à la capitale du Foutah-Djallao, dans l'intérieur de l'Afrique. Touché de compassion et pénétré dcreconnaissance, Cox lui procura la liberté ; mais le malheureux Abder-Rahman mourut le 6 juillet 1829, au moment où il allait rentrer dans son pays natal et y établir des relations commerciales avec les États-Unis.
ABD-Eïl-RAHMAN-BEN-HOSSAÏN, historien
arabe moderne, né au Caire vers le milieu du dixhuitième siècle, mort à Constantinople vers 1820. Il fut surnommé Djebarti, de Djebaret, village de la haute Egypte, d'où sa fçimille tirait son oi-igine. A l'époque de l'expédition française, il jouissait d'une grande réputation de savant dans toute l'Egypte, et sous l'administration du général Kléber il fit partie du divan au Caire. Après l'évacuation des Français, il rédigea une histoire sous le titre : Fatihet al-nasrfy khelasset Misr (Annonce de la victoire qui a délivré l'Egypte), et en fit hommage au sultan Moustapha TV en 1807. Cet ouvrage fut traduit en turc et de là en français par M. Cardin (version manuscrite). Abd-er-Rahman a en outre composé en arabe un livre intitulé Ketab Adjayb alatsar fyl taradjem ou alahhbar (Livre des souvenirs les plus merveilleux en fait d'exphcations et de récits ) ; c'est une Histoire générale de l'Egypte moderne, en 3 vol. in-4°, commençant à l'an 1100 de l'hégire (1688 de J.-C. ), et finissant en 1220 (1806 de J.-C. ). — Le père d'Abder-Rahman, Hossaïn-Djebarti, a composé un traité des poids et des mesures , dont le manuscrit arabe existe à la Bibliothèque nationale. D.
ABD-ER-RAHMAN-EBN-RHALDOUN. Voy.
Ebn-Khaldoun.
A B D-ER-RA H M AN ï*"^ (BEN-MeAVIAH-BEN-HlS--
sem), surnommé Abou-Motrif-el-Safâr, le fondateur de la puissance des Omeyyades d'Espagne , naquit à Damas l'an 113 de l'hégire (de J.-C. 731), et mourut le 24 rabi H, 172 de l'hégire (30 sept. 787 de l'ère chrétienne). Témoin du meurtre de sa famille, Abd-er-Rahman n'échappa que par miracle à son arrêt de mort. Après avoir habité tour à tour plusieurs retraites , il passa dans la Mauritanie, certain de trouver un dernier refuge à Tahort parmi la tribu des Zénètes, à laquelle appartenait sa mère. C'est là que le dernier rejeton des Omeyyades reçut l'offre de la couronne d'Espagne que lui vint faire une députation des chefs des tribus arabes, syriennes et égyptiennes qui y étaient établies, et à qui les convulsions de leur patrie adopti ve, depuis la révolution qui avait