II. Les Alexandre, princes du moijen âge, et modernes
A. Alexandre de Constantinople.
ALEXANDRE, empereur de Constantinople, né vers 870, mort le 7 juin 912. Il était le troisième fils de Basile le Macédonien et d'Eudocie. Son père l'associa à l'empire, et le pai'tagea ensuite avec son frère Léon le PhOosophe. Celui-ci mourut le 11 mai 911, et Alexandre régna seul. Dès ce moment il s'abandonna à toutes ses passions , prit pour ministres ses compagnons de débauche, et traita ignominieusement les hommes les plus honorables, qui auraient pu censurer sa conduite. Il déposa Eutimius, patriarche de Constantinople, et exila l'impératrice Zoé et son fils Constantin-Porphyrogénète, auquel il voulut faire la castration, pour le rendi'e indigne de régner un jour. Mais ses amis l'en dissuadèrent, disant que ce jeune prince était d'une constitution si faible, qu'il ne vivrait pas jusqu'à l'âge de puberté. Vers la même époque, Siméon, roi des Bulgares, se préparait à ravager l'empire, pour venger un affront que ses ambassadeurs avaient reçu àla cour de Constantinople, lorsque Alexandre mourut subitement de la rupture d'une artère, après un repas copieux, suivi d'un violent exercice à cheval.
• Cédrène. — Dufresne, Familiee Byzantinœ, p. 140. — Gibbon, History ofthe Décline and rail etc., c. 48.
B. Alexandre d'Ecosse.
ALEXANDRE 1^'', snmomméle Farouc/ieetle Fort, roi d'Ecosse, fils de Maicolm UI, succéda à son frère Edga IV en 1107, et mourut le 27 avril 1124. Il fit, par ses mauvaises qualités, un grand nombre de mécontents ; mais il les battit successivement, et assura sa puissance par la mort des principaux chefs. Il reçut un jour les plaintes d'une veuve , qui accusa le jeune comte de Mearns d'avoir fait mettre à mort sans jugement son époux et son fils. Alexandre fit pendre le coupable en sapi'ésence. Des assassins s'étant introduits dans sa cnanmre pendant la nuit , il saisit ses armes , tua six de ses agresseurs , et par-^int à s'échapper. Après avoir rétabli le calme dans son royaume, h fonda le monastère de Saint-Colm dans l'île d'Emona, et rendit visite à Henri V, roi d'Angleterre, auquel il fut utile en accommodant une querelle qu'il avait avec les Irlandais. Il mourut sans avoir été marié , après un règne de dix-sept ans , et laissa le trône à son frère David F"-.
Halles, annales of Scotland, 3 vol. in-g", 1819; vol. I, p. 53 et suiv. — Eadmerus, Historia Scotorum, cum notis Seldeni; Lond., 1623, in-fol. — Ailredus, Descrlptio belli Standardii. — Kuchanan, Chron.
ALEXANDRE II, roi d'Écosse, fils de Guillaume le Lion, né en 1198, mort le 8 juillet 1249. Il succéda à son père à l'âge de seize ans (1214), eut bientôt vme guerre à soutenir contre Jean, roi d'Angleterre , et fit une irruption dans cette contrée. De son côté , Jean pénétra en Ecosse, et y conamit de grands dégâts. Dans une seconde expédition, Alexandre prit Carlisle, qu'il ne rfaidit qu'à la paix d'York , et s'avança jusqu'à Richmond. L'année suivante, il vint à Londres, sur l'invitation du prince français Louis , fils aîné de Philippe- Auguste , pour prêter aide au parti qui s'était révolté contre Jean. Lorsque ce roi se fut réconcilié avec le pape , Alexandre fut obligé d'évacuer l'Angleterre, et courut de grands dangers dans sa reti'aite. Les pillages que le roi d'Écosse avait commis sur sa route portèrent le pape à mettre son royaume en interdit. La mort de Jean mit fin à la guerre , et Alexandre consolida la paix en épousant Jeanne, sœur du roi d'Angleterre Henri m. Dix-huit ans après, Jeanne étant morte, de nouvelles dissensions s'élevèrent entre les deux monarques ; elles furent apaisées par l'intervention du comte de Cornouailles et de l'archevêque d'York. Alexandre épousa ensuite Marie , fille d'Ingelien , comte de Gouvor. Quelques troubles s'étant élevés dans l'Argyleshire , Alexandre s'embarqua pour ce pays ; mais il mourut dans une des îles de la côte , après un règne de trente-cinq ans. Il laissa de sa troisième femme, Marthe de Coucy, un fils qui lui succéda.
Matt. Paris, Historia Major. — Forduii , Scotichronicon. — Boetliins, Scotorum historia. — Reyiner, Fœ-
de.ra.
ALEXANDRE III, rol d'Écosse, fils du précédent, né en 1240, mort le 16 mars 1285, monta
ALEXANDRE {Géorgie, Pologne
sur le trône à neuf ans. H fut gouverné pendant sa minorité par une famille puissante , les Cummings, qui lui firent épouser Marguerite, fille de Henri m, roi d'Angleterre. Affranchi dé ce joug à l'aide de son beau-père, Alexandre eut presque aussitôt (en 1263) une guerre à soutenir contre Achon ou Haquin, roi de Norwége, qui élevait des prétentions sur les fles Hébrides. Les Norwégiens s'emparèrent d'Ayr, et s'avancèrent dans le pays. Le roi d'Ecosse courut à leur rencontre, et les défit à Largs : ils laissèrent 16,000 hommes sur le champ de bataille. Alexandre Stuart se distingua particulièrement dans ce combat. Haquin mourut peu de temps après, et son successeur Magnus renonça, moyennant une modique somme , à toute prétention sur les îles en litige. La transaction fut confirmée par le mariage d'Éric, fils aîné de Magnus, avec Marguerite, fille d'Alexandre. Cette alliance fut utile au roi d'Ecosse : lors de la révolte de ses barons, Éric lui amena 5.000 Norwégiens, et l'aida à soumettre les rebelles. Alexandre eut ensuite quelques querelles avec le saint-siége, au sujet de certains biens ecclésiastiques qu'il avait réunis à la couronne : ce différend s'accommoda par les soins de l'archevêque de Saint-André , et le monarque écossais consentit à fournir des troupes à saint Louis de France pour la croisade qu'il dirigeait. Tl assista ensuite, avec sa famille, au couronnement d'Edouard F*", roi d'Angleterre, et au parlement tenu en 1282, en qualité de premier pair d'Angleterre. Devenu veuf et sans enfants ( David, Alexandre et Marguerite étant morts), les états insistèrent pour qu'il contractât un second mariage : il épousa en 1285 Yolande, fille de Robert IV, comte de Dreux. Mais , peu de temps après, il périt à l'âge de quarante-cinq ans , entraîné par son. cheval dans un précipice. Sa petite-fille Marguerite de Norwége, surnommée la Vierge du Nofd, fille unique d'Éric m, devait lui succéder ; mais cette princesse mourut aussi en 1291, dans la traversée de Norwége en Ecosse. Le trône étant devenu vacant , les hauts barons se le disputèrent, et de longs troubles désolèrent l'Écôsse.
Chrnnic. de Mailros, dans Fell, Rer. Ànglo. script, veteres; Oxon., 1684, in-fol. — ilaller, Jnnales. — Tyller, History ofScotland, vol. I. — Wynlown, Chronicle of Scotland.