ABD-ER-RAHMAN
1 luoment Fez et les principaux forts de la côte
I africaine à la domination du khalife d'Espagne.
[; Celui-ci retrouva aussitôt toute son énergie; il
;i n'avait pas seulement à reconquérir Almagreb
il sur les Égyptiens, mais il devait encore faire face,
< (lu côté de la Catalogne, aux chrétiens, pour qui
I la nouvelle de son désastre à Fe/ était devenue
le signal d'une révolte; enfin des secours lui
\: étaient demandés par un prince malheureux , ja-
[: dis son hôte, par le roi de Léon, Sanche le Gros,
[^ ([u'il aida efficacement à reconquérir son trône.
Peu de mois suffirent à Abd-er-Rahman pour faire
disparaître jusqu'aux ti'aces de l'invasion.
Ce prince avait atteint la soixante-douzième année de son âge , lorsqu'il s'éteignit doucement après un règne de quarante-neuf ans, qui sans contredit forme l'époque la plus brillante de la domination des Maures en Espagne. Protecteur des lettres et des arts, il n'était lui-même étranger à aucune branche des sciences. Il fonda une école de médecine, la seule qui fût alors en Europe. A trois lieues de Cordoue, il fit élever une ville et un palais magnifique, sous le nom de Zhéra, que portait une de ses plus belles favorites. Il eut pour successeur son fils aîné, Al- Hakem II. A sa mort on trouva , parmi ses papiers , cet écrit tracé de sa main : « Cinquante ans se sont écoulés depuis que je suis khalife. Richesses, honneurs, plaisirs, j'ai joui de tout, j'ai tout épuisé. Les rois, mes rivaux, m'estiment, me redoutent et m'envient. Tout ce que les hommes désirent m'a été prodigué du ciel. Dans ce long espace d'apparente félicité, j'ai calculé le nombre de jours où je me suis ti'ouvé heureux ; ce nombre monte à quatorze. Mortels, \ appréciez la grandeur, le monde et la vie ! » ! [Enc. des g. du m., avec correct. ] I Coude, Hist. de la Domination des Arabes , t. I. — I Ciisiri. DlbliotTi. arab. hisp. escur. , vol. 11. — Cardonne, Histoire, de l'Afrique et de l Espagne , 1, 309. — Sampirus Astoricencis, Chronicon, dans Flores, Espana Sayrada, vol. XIV. — Nowaïri, Histoire des Omeyyades j d'Espagne, ras. du Musée Britannique.
I AiiD-ER-RÂHMÂN {Ibn- Mohammed , Ibnj al-AscItat), général arabe,mortvers702deJ.-C. ; Il se distingua dans toutes les guerres de l'isla- I misme, sousleskhahfatsdeMoawiahP''etde Yézid F"". Envoyé à la conquête du Kaboulistan par , Hedjadj , gouverneur de Koufah , il se révolta contre ce dernier, soutenu par le khalife Abd-eli Mélek , et lui livra à Daïr-el-Djamaïem , près de Basra (juillet 701 ), une bataille sanglante, qui, disent les historiens arabes , dura cinq jours et cinq nuits sans interruption. Hedjadj vaincu se renferma dans Basra, et Abd-cr-Rahman s'empara de Koufah. Mais le khalife envoya contre le rebelle une forte armée, et le défit complètement. Abd-er-Rahman se réfugia auprès du roi de Kaboul, qui livra la tête du fugitif contre une exemption de tribut pendant sept ans.
Abouiréda, Annal. Moslem.