ABERNETHY — ABIA
Quoique opérateur très-habile, il enseignait comme un axiome chirurgical : « Empêclier que l'opération ne devienne nécessaire, et guérir le malade sans recourir au bistouri. » Abernethy a le premier conçu et exécuté la ligature de l'artère iliaque externe , dans les anévrismes siégeant à l'origine de l'artère crurale. Il a publié un Traité de physiologie, 1 vol. in-8° ; Londres, 1821 ; un Traité théorique et pratique de chirxirgie; Londres, in-8°, 1830 ; et un gi-and nombre de mémoires qui ont été réunis et pubUés sous le titre de Surgical and Physiological Works {Œuvres chirurgicales et physiologiques ) , 4 vol. in-8"; Londres, 1831.
Biographical Dictionary .
* ABERTINELLI ( Mariotto ) , peintre de l'école florentine, mort vers l'an 1512. Élève de Cosne Rosegh,il passa pour un des bons artistes de son temps. H fit quelques ouvrages estimés et forma plusieurs élèves , parmi lesquels se distinguent Julien Bugardini, le Fransèque, Florentin, Innocent d'Imola, et Visino de Florence.
Nagler, Neucs AUgcmeines Kûmlcr- l.cxicon.
*ASîES€H {Anna-Barbara) , fameux peintre sur verre, mort en Suisse vers 1750. Le célèbre monastère de Mûri (canton d'Argovie) renferme plusieurs échantillons de ses talents.
Filssli, Kiinstler-Lexicon.
ABGAR, nom patronymique d'une suite de princes qui régnèrent sur la ville d'Édessc en Mésopotamie, depuis le deuxième siècle avant J.-C jusqu'au troisième siècle de notre ère. L'un des plus connus est Abgar Mannus, que les historiens appellent aussi Abarus, Ariamne atAchare. Il monta sur le trône vers l'an 57 avant .I.-C, époque à laquelle la Mésopotamie appartenait en partie aux Romains. Lorsque Crassus entreprit son expédition contrelesParthes, Abgar Mannus s'offrit pour lui servir de guide, le conduisit à traveis des déserts privés d'eau , et fit tomber l'armée romaine entre les mains des Parthes. — Les princesd'Édesse comptaient beaucoup de Juifs parmi leurs sujets, ils connurent de bonne heui-e le christianisme ; quelques-uns même, après avoir embrassé le judaïsme , se firent chrétiens. C'est sans doute ce qui a donné naissance à la correspondance entre un de ces Abgar et Jésus-Christ, correspondance qui a été rapportée par Eusèbc dans son Histoire ecclésiastique, et qu'on a généralement regardée comme apocryphe. Il existe une histoire paiticulière de cette dynastie par Bayer {Historia Osrhoena et Edessenaex nummis illustrata ; Saint-Pétersbourg, 1734, in-4"). ny a encore là bien des points obscurs à éclaircir, malgré les renseignements que nous donnent les médailles et les autres monuments historiques découverts depuis un siècle. [Eiic. des g. du m., et Conv. Lexicon. ]
Eusébe, liist. Ecoles., 13. — Dion Cassius, XI, 20. — Plutarque, Crassus, c. xxr.
AniA ou ABiAM, roi de Juda, mort en 955 avant J.-C. Il succéda en 957 à son pèreRoboara
( Rehabeara ) , et défit Jéroboam , roi d'Israël , dans une bataille sanglante. Il laissa vingt-deux fils et seize filles.
Ill Rois, 13. — Il Paralipomènes , 13. — Joséplie, Jntiq., liv. Vlli, chap. ix.
ABiA, chef de la huitième des vingt-quatre classes des prêtres juifs , suivant la division qui en fut faite par David. Zacharie, père de saint Jean-Baptiste , était de la classe des Abia.
ABiATHAR, grand prêtre des Juifs, échappa à la vengeance de Saiil, qui fit massacrer son père Abimelek. Comme Abiathar voulut dans la suite mettre Adonias sur le trône de David , Salomon le fit arrêter et le relégua à Anatho , vers l'an 1014 avant J.-J3.
I Rois, 2. — I Chronic, 24. — Josèplie , liv. VII et VIII, Jntlq. — Usser, Annales.
ABiDO, marier, mourut pour la foi nouvelle vers la fin du quatrième siècle, sous le règne d'Honorius. Sa mémoire se célèbre le 15 novembre.
Socrate, Hist. Eccles.
ARiCHT {Jean-George), orientaliste allemand, né le 21 mars 1672, à Koenigsée, dans la principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt, mort le 5 juin 1740 à Wittemberg. Il était professeur à l'université de Wittemberg, et remplissait les fonctions de pasteur dans la même ville. Abicht fut un des collaborateurs des Acta eruditorum de Leipzig, et se distingua par sa polémique avec Jean Franke sur l'usage grammatical , prosodique et musical des accents hébreux. Parmi ses nombreux écrits, dont la liste a été donnée par Michel Ranft ( Vies des théologiens saxons, 1. 1, p. 1 ) et par les auteurs des Acta hist. Eccles., t. V, p. 289 , on remarque : Selecta Rabbinico - philologica ( 3*^ édition, augmentée du Trifolium orientale de Scherzer ) ; — Accentus nebrseorum ex antiqiiissimo icsu lectori explicati ; — Usus accentxium hebrœorum musiciis et oratorius ; — De mendacii bonitate etmalitia; — De limitibus hiimani intellectus. — La plupart de ces écrits ont été insérés dans le Trésor d'Ikenitcs.
Ern. Clir. Schrreder, Programma academiciim in exeqiiias Joh. Geo Jbichti; Witteb, 1740. — J. Willi. Berger, Oratiofunebrisinexequiis Joli. Geo. Abichti; Witleb, 1740. — Christoph Ludwig Crell, Programma academiciim.: Memoria Joh. Geo. Abichti; Wilteb., 1741. — .rocher, Allgem. Gelehrt. I.ex, I, 23. — Ranft, Leben .Sachsischer Gottesgelehrten, I. — Acta Uistor. Eccles.,
ABicoT (Nicolas), chirurgien, né à Bonny dans le Gàtinais, mort en 1624. Il acquit une grande réputation dans son art, et publia un Traité de la Pes^e et d'autres écrits de médecine.
ABiDENUS ou ABYDEivcs, historien grec auquel on attribue deux ouvrages , l'un intitulé Assyriaca, l'autre Chaldaïca. Les fragments que citent Eusèbe dans sa Préparation évangélique, saint Cyrille dans son écrit contre Julien, et Syncelle dans sa Chronographie , ont été recueillis et commentés par Scaliger dans son Thésaurus et dans son Emendatio temporum. Un Uttératcur napolitain du seizième siècle , Scipio Tettius, assure, dans son Calalogtis
ABU — ABILDGAARD 12ii
lïbror. manus., cité dans le Supplément de la Bibllotheca nov. libror. manuscr. de Labbe, p. 167, que l'ouvi-age entier d'Abidenus existait en manuscrit daûs une bibUothèque d'Italie. L'époque où vécut Abidenus est aussi incertaine que sa véritable patrie. Le nom d'Abydus est conuuun à quatre villes : l'une sur l'Heliespont, l'autre en Egypte , où étaient un temple d'Osiris et un palais de Memnon ; une troisième dans la Macédoine, nommée Abijdon par Etienne de Byzance et par Suidas; enfin, une quatrième dans la lapygie , mentionnée par Eustathe. Si on se rappelle que Bérose termina son ouvi'age à Alexandrie sous Ptolémée Philadelphe, on est porté à croire que notre Abidenus , imitateur de Bérose, fut un prêtre égyptien attaché au temple d'Osiris à Abydus , et qu'il vécut sous les premiers Ptolémées, lorsque le goût des lettres fiorissait encore à la cour d'Alexandrie. Il ne faut pas le confondre avec un autre Abydenus cité par Suidas et qui avait pour nom propre Palxphatus. Celui-ci était disciple et contemporain d'Aristote ; il a pu écrire les Cypriaca, Deliaca et Attica, que Suidas lui attrilDue d'après Philon d'Héraclée et Théodore dHium ; mais les Arabica, ou Y Histoire d'Arabie, qucSuidas attribue également à son Palaephatus Abydenus, paraissent, à cause de la nature du sujet , devoir appartenir à l'auteur de l'Histoire des Assyriens et des Chaldéens : on a même cru que c'était seulement un titre différent du même ouvi'age , attendu que la Chaldée a souvent été censée faire partie de l'Arabie.
Malte-Briin, dans la Bioqr. Universelle. — Vossius, de Histor. grœc, p. 375, éd. Westermann. — Scliœll, Histoire de la Littérature grecque, t. III, p. 213. — C. Millier, Fragm. Hist. Graec., t. IV, édit. Firmin-Didot.
ABiGAÏL, personne biblique, épouse de Nabal, dont les riches possessions s'étendaient sur le Carmel. Voici le récit de la Bible : Nabal était fou , brutal et sordide. En plus d'une occasion , DaAid, sacré roi par Samuel, et qu'alors Saiil persécutait, avait donné à cet homme des marques de bienveillance et d'amitié. Poursuivi , mourant de soif et de faim, il arriva un jour au pied du mont Carmel, et dépêcha l'un de ses gens vers Nabal, pour lui exposer sa détresse et solliciter quelques secours : il n'obtint qu'un refus formel et des paroles outrageantes. Transporté de colère, David résolut d'exterminer l'impitoyable avare , lui , sa maison et tous les siens. Il allait se venger quand Abigaïl parut devant lui , accompagnée de nombreux esclaves qui portaient des fruits , du vin , des vivres de toute espèce ; elle l'implora comine seigneur et maître, le conjurant d'accepter les présents de sa servante indigne. Ses charmes , sa générosité modeste touchèrent le cœur de David : Nabal fut sauvé; et plus tard le roi de Judée se souvint d' Abigaïl, et la mit au rang de ses épouses.
I Samuel, XXIV.
ABILDGAARD ( Pierre-Christian ) , médecin et naturaliste danois, né à Copenhague vers 1740,
mort en 1808. Il a composé plusieurs ouvï'ages sur la médecine , la minéralogie et la zoologie ; différents mémoires imprimés dans les recueils de la Société d'histoire naturelle et de l'Académie des sciences de Copenhague , dont il fut le secrétaire. Il donna la description du fameux Megafherium en même temps que Cuvier. Il se voua de bonne heure à l'étude de la médecine humaine et vétérinaire ; il visita la France, et il passa deux, ans à Lyon pour suivre les cours de l'école vétérinaire. Il contribua beaucoup à faire établir dans sa patrie une école semblable , dont il fut nommé directeur, et dans laquelle il professa longtemps. Il fut aussi l'un des fondateurs de la Société d'histoire naturelle de Copenhague.
Ilnloria brevis regii institutl veterinarii Hafniensis; Hafnise, 1788. — Cuvier, Sur les ossements fossiles, tom. V, part. I, p. 1T6.
ABILDGAARD ( Nicolos-Abraham ) , peintre d'histoire du roi de Danemark, né à Copenhague en 1744, mort dans cette même ville le 4 juin 1809 , professeur et directeur de l'Académie des beaux-arts. C'est le plus grand peiutre que le Danemark ait possédé ; ses ouvrages annoncent à la fois de profondes études , une grande richesse d'imagination , et une remarquable force d'expression. H peignit la plupart des tableaux qui décorent le palais du roi à Christianbourg : plusieurs ont été reproduits par l'art du burin. Parmi ces différents tableaux on remarque : un Philoctète blessé, un Cupidon, un Socrate , remarquable par la correction du dessin et la vigueur du coloris; Jupiter pesant la destinée des hommes ; YOmbre de Gulmin apparaissant à sa mère ( d'après Ossian ) ; V Europe personnifiée aux quatre principales époques de son histoire ( au palais de Christianbourg, à Copenhague ) ; enlin quatre tableaux de grande dimension , représentant des sujets tirés des comédies de Térence. Malheureusement les plus beaux ouvrages d'Abildgaard ont péri dans l'incendie du palais de Christianbourg, en 1794. Ses adiTftirateurs lui ont donné le surnom de Raphaël du Nord à cause de la perfection de son coloris. La carrière du professeur ne fut pas moins distinguée que celle de l'artiste : il a formé des peintres et des sculpteurs qui honorent à la fois leur maître et leur pays, parmi lesquels se distingue le célèbre Thorwaldsen. Abiïdgaard s'est aussi acquis de la réputation par des écrits ayant pour but de corriger le mauvais goût dans les arts, par la description des chefs-d'œuvre qu'il avait sous les yeux.
Ersch et Gruber, Mqemeine Encyclopœdie der Ifissenschaften und Kûnste. — W'einwich, Kunst-kistorie in Danemark. — Fijssli, KUnsUer-Lexicon. — Nagler, JVeves Allgemeines Kiinstler-Lexicon.
* ABILDGA AKD ( Sôi'en ) , naturaliste danois, né vers 1725 , mort en 1791. Il a écrit en danois des ouvrages de topographie minéralogique, sous les titres : Beskrivelse over Stevens Klink, og dens naturlige Maerkwerdigheder ; Copenhague, 1759 , in-4" avec pi. ( description du ro-
ABILDGAARD — ABÏMÉLECH
cher de Steven en Seeland et de ses singularités ) ;
— 1° Physik mineralogisk Beskrivelse over Moens Klint ( description physique et minéralogique du cap Moen ) ; Copenhague, 1781, in-8°.
— Outre ces ouvi'ages, qui ont été traduits en allemand ( Copenhague et Leipzig, 1764, in-8" ), on a du même auteur une dissertation intéressante sur la tourbe , publiée d'abord dans le Magasin d'agriculture du Danemark, puis traduite en allemand et imprimée à part sous le titre : Abhandlung vom Torf; Copenhague, 1765. — Soeren Abiïdgaard a été confondu par Watt { Blbliotheca Britannica) avec Pierre Christian Abiïdgaard.
Ersch, Handbvcfi der Deutschen Literatur, t. Il, p. 33.
*ABiLLON (André d'), théologien français, vivait dans la première moitié du dix-septième siècle. On a de lui : 1° la Morale des bons esprits; Paris, Piquet, 1643, in-8°; — 2° Nouveau cours de philosophie ; Paris , Piquet , 1 633 , in-8°; — 3° le Concile de la Grâce , ou Béjlexions théologiques sur le deuxième concile d'Orange; ibid., 1645, in-4°; — 4" la Métaphysique des bons esprits ;\h\à.., 1642, in-8''. E. D.
ABÏMÉLECH. La Bible cite plusieurs personnages de ce nom, qui signifie père du' roi ("iSq^2S<), et paraît avoir été commun à tous les rois philistins de Gerar ( pays dont il est question dans la Genèse ) , et d'un usage assez général dans l'antiquité parmi les rois de l'Orient. — Le premier Abimélech dont parle l'Écriture était contemporain d'Abraham et de Sara ; le second vivait du temps d'Isaac et de Rebecca. La Bible leur attribue à tous les deux ime aventure à peu près semblable : le premier Abimélech , d'après le récit biblique , emprunté sans doute à une ancienne tradition , enleva Sara , épouse d'Abraham , qui , malgré ses quatre-vingts ans , était encore d'une rare beauté. Abraham la présenta comme sa sœur, étant née du même père , mais d'une autre mère : il craignait , en déclarant leur union , la jalousie d'un rival. Aussi Abimélech allégua-t-il pour excuse son ignorance , lorsque Dieu , qui lui apparut en songe, l'eut menacé de le faire mourir pour avoir enlevé Sara. Abimélech la rendit au patriarche son époux , en donnant à Sara mille pièces d'argent pour acheter un voile qui dérobât sa beauté à l'admiration publique. Ayant engagé Abraham à s'établir dans ses États , il contracta avec lui une alliance dont la durée et les effets devaient s'étendre à leur postérité. L'endroit où cette alliance fut jurée s'appela dans la suite Ber-Sabée ( Puits du serment ). Ce récit rappelle tout à fait les relations du second Abimélech avec Isaac et Rebecca. L'Écriture ajoute qu'après avoir reconnu que Rebecca était femme d'Isaac , Abimélech prononça la peine de mort contre celui qui ferait violence à l'étrangère. De\/enu dans la suite jaloux de la prospérité d'Isaac, il l'éloigna de son pays ; mais quelque temps après , reconnaissant que le Seigneur était -avec lui , il vint le trouver