ABOU-SAID-MIRZA
maître de la Ti'aiisoxane , du Turkestan et du Khoraçan. Il voulut ensuite s'emparer de l'Irak et de l 'Azerbaïdjan ; mais il fut pris par Ussun- Cassan et mis à mort. Aboud-Saïd avait régné vingt ans. Son empire, démembré par ses onze enfants, s'étendait depuis Kachghar jusqu'à Tauris , et depuis l'Inde jusqu'à la mer Caspienne.
Alîou-TACHEFTN ( Abd-el - Rahaçan - ben - Mouça ) , dernier membre de la dynastie des Zyany , monta sur le trône de Tlemsen en 718 de riiégire ( 1318 de J.-C. ). D'un caractère cruel et ambitieux, il s'empara , sous des prétextes frivoles , de presque tous les États du roi de Tunis. Celui-ci appela à son secours Aboul- Haçan , roi de Fez , qui vengea son allié. La ville de Tlemsen fut prise après trois ans de siège , et Abou-Tachefyn et son fils eurent la tête tranchée.
Cartas, Histoire du Maroc. — Hoefer, Histoire du Maroc, dans la Collection de l'Univers.
ABOU-TALEB-AL-HOCEINY, écrivain persan , vivait vers la fin du seizième siècle. Il traduisit en persan les Mémoires de la vie de Timour ( TUmerlan ) depuis son enfance jusqu'à sa mort. Ces mémoires avaient été écrits par Timour lui-même ou sous sa direction. Ils étaient en langue turque ; û en resta une copie entre les mains de ses enfants, jusqu'à ce que le désordre s'étant mis parmi eux, l'ouvrage disparut. Ce ne fut que vers l'an 1047 de l'hégire qu'Abou-Taleb , originaire du Khorassan, en trouva un exemplaire dans la bibliothèque de Djafar, pacha de l'Yemen, et en offrit une version persane à Shah-Djéhan. On trouve à la fin les Institutes politiques de Timour, également traduites en persan. Cet ouvrage fut publié en persan et en anglais par Davy ; Langlès en donna une traduction française; Paris, 1787, in-8°.
. M. Reinaud, Catalogue des manuscrits arabes (Supplément), de la Bibliothèque nationale.
ABOU-TALEB-ivHAN (Mirza), voyageur indien, né en 1752 à Lucknaw dans l'Indoustan, mort à Calcutta en 1806. Après avoir servi pendant quelque temps dans l'armée du Nabab d'Aoude , il s'embarqua pour l'Europe le 1 6 fé- VTier 1799, avec son ami le capitaine David Richardson. Après une halte de trois mois au Cap, il aborda à Cork en Irlande, le 9 décembre de la même année. Il séjourna plus de deux ans à Londres, et vint, en 1802, visiter Paris. Il retourna dans son pays par Constantinople, Mossoul , Bagdad etBassora. Les Voyages de Mirza Abou-Tâleh-Khan en Asie , en AfHque et en Europe, écrits en persan , ont été traduits en anglais ( probablenaent d'après le manuscrit même de l'auteur ) par Ch. Stewart; Londres, 1810, 2 vol. in-8°. Il en existe aussi deux traductions françaises : l'une par J.-C. .Tansen ; Paris, 181 1 , 2 vol. in-8"; l'autre par Ch. Malo; Paris, 1819, in-S». — Abou-Taleb a laissé quelques autres ouvrages : \° Lebhal-tewarïhh ( Cœur ou moelle
— ABOUL-CACIM 13G
des histoires ) , abrégé de la géogl'apliie et de l'histoire de l'Europe ; — T Mesnewy, recueil ' de chansons consacrées à célébrer le vin et les femmes ; — 3° un poème en douze cents vers, donnantune description de l'empire britannique.
Voyages d'Abou-Taleb-Khan.
ABOU -TEMAM- HABIB- BEN - AWS , surnommé Al-Thayy, poète arabe, né à Djacem, Alliage situé entre Tibériade et Damas, en 190 de l'hégire ( 805-806 de J.-C ), mort à Mossoul en 231 de l'hégire (845-6 de J.-C). Il fut élevé en Egypte , et chanta la générosité des khalifes, qui le comblèrent de bienfaits. On a de lui trois recueils de poésies extraites des diwans des meilleurs poètes arabes avant et depuis Mahomet. Ces recueils ont pour titres : Hamaçah, Fohoul-al- Choara , et Ketab-alikh-tyar-min-chaar-al- Choara. Schultens en a publié quelques fragments dans ses Monumenta antiquissima historiée Arabtim , en 1740, et à la suite delà grammaire d'Erpenius ; Leyde , 1748. On en trouve aussi quelques pièces dans Hirt, Anthologia arabica ; Jena, 1774; dans Carlyle, Essais , 1796 , et à la suite du poème de Zoheïr, publié par Lette. L'ouvrage entier ( texte exclu ) a été publié par M. Freytag; Bonn, 1828, in-4°; la traduction latine y a paru en 1 85 1 , 2 vol. in-4''.
De Sacy, Chrest. arab.. I, 88; III, 33. — U'Herbelot, Bibl. Orient. — AboulKda, Ann. Moslem.
ABOUL-ALA , poëte arabe, né à Maarrah en 363 de l'hégire (975 de J.-C. ), mort en 1057 de J.-C. n fut aveugle dès l'âge de quatre ans, à la suite de la petite vérole. Ses poésies , du genre satirique, portent sur les ridicules des hommes, sur l'insuffisance de notre intelligence, et sur le peu de fondement de la plupart des rehgions. GoUus et Fabricius en ont publié quelques extraits en 163S et en 1656. De nouveaux fragments ont été publiés par M. Freytag.
cil. Ricu , De Abul-JUe poetœ arabici vita et carminibus; Bonn, 1843, in-S".
ABOCL-CACEM {VApelchasem des historiens grecs ), général turc, vivait au milieu du onzième siècle. Il s'empara de Nicée après la bataille où périt Soliman 1", sultan seldjoucide d'Iconium, pénétra jusqu'à la Propontide , et fit trembler Alexis Comnène sur le trône de Constantinople. Mais il fut refoulé dans Nicée par le général grec Taticius. Harcelé par deux ennemis à la fois, par Alexis Comnène et par Mélik-Schah, souverain de Perse, Aboul-Cacem se jeta entre les bras du dernier , qui le fit périr. La mort de ce général et celle de Mélik-Schah rendirent le trône et la liberté à Kilidj-Arslan, fils de Soleiman.
Hamraer, Histoire de l'Empire Ottoman.
ABOC'L-CACIM- KHALEFF - IBN-ABBAS.
Voy. Albucasis.
ABOUL-CACixM ( Tarif-Ibn-Tarik ), auteur supposé d'une Histoire de la conqtiête d' Espagne par les Arabes. Ce livre, cpii a été souvent cité comme une autorité , est l'œuvre de Michel de Luna, interprète d'arabe de Phi-
ABOUL-CACIM — ABOULFAZL
lippe in, roi d'Espagne. Il a été traduit en français par Leroux , Paris, 1680, 2 vol. in-12, et parLobineau, 1708, in-12.
M. Reinaud, Invasion des Sarrasins en France ( Préface ).
ÂBOVLFARAUJE {Gregorius Abulfaragius), nommé aussi BARHEBr^iEus , célèbre historien et médecin de la secte des clii'étieus jacobites , naquit en 1226 à Malatia , et mourut près des sources de l'Euphrate en 1286. Il étudia d'abord l'art de guérir sous son père Aaron, médecin juif, et s'adonna ensuite à l'étude des langues arabe et syriaque , de la philosophie, de l'histoire naturelle et de la théologie. En 1244 il se rendit à Antioche , puis à Tripoli de Syrie, où il fut sacré évêque de Gouba, n'ayant encore que vingt ans. Il occupa ensuite le siège épiscopal d'Alep, et devint à quarante ans mafrian ou primat des Jacobites d'Orient. Il mourut, revêtu de cette dignité, à Mraghah, dans l'Adzerbidjan. Aboulfaradje composa deux. Chroniques ou Histoires universelles, commençant à la création du monde, et écrites, l'une en arabe, allant jusqu'à l'an 1284 de J.-C, l'autre en syriacpie, allant jusqu'en 1297 (la fin est d'un autre auteur ). n avait débuté par sa chronique syriaque, pour être utile aux chrétiens syriens, ses compatriotes. Ce ne fut que plus tard que, pour répondre au désir de quelques-uns de ses amis, il se décida à en publier une version arabe. Mais il paraît qu'à cette occasion il puisa à de nouvelles sources ; car souvent le récit offre de notables différences. Enfin , l'une et l'autre chronique renferment des détails peu connus sur les guerres des Mogols et des Tatars. La version arabe est divisée en dix parties ou dynasties; Pococke publia d'abord un extrait de la dixième dynastie sous le titre : Spécimen Hlstorïx Arabum, Oxford, 1650, in-4''; puis une traduction latine de la chronique arabe , sous le titre : Historia compendiosa dynastiarum, historiam universalem complectens a mundo condito usque ad auctoris tempora, Oxford, 1663, 2 vol. in-4°. Il en existe aussi une traduction allemande par Bauer, Leyde, 1783-5, 2 vol. in-8^ P. -F. Bruns publia, en 1780, un extrait d'Aboulfaradje , sous le titre : De rébus gestis Richardi Angliae régis in Palœstina, Oxford, in-4°. Le même Bruns et F.-W. Kirsch ont donné le texte syriaque et arabe avec une version latine, sous le titre : Abulpharagii Chronicon syriacum, arabicum et latinum, e codicibus Bodleianis descriptum ; 2 vol. in-4'', Leipzig, 1789. A cet ouvrage A.-J. Amolds joignit un volume de corrections et d'additions : Chronici syriaci Abuipharagiani e scriptoribus grxcis emendati, illustrati spécimen, in-4'', 1805, Marbourg. Aboulfaradje écrivit lui-même sa vie , et laissa aussi beaucoup d'ouvrages de philosophie et de théologie, énumérés dans la Bibliotheca Orientalis d'Assemani, tom. H, p. 244 et suiv. Parmi ces derniers on remarque une His-
toire ecclésiastique, dont Asseman a donné de nombreux fragments d'après le manuscrit unique de la bibliotlîèque du Vatican. M. Tullberg, à Upsal, s'occupe, dans ce moment ( octobre 1851), de la publication de cet ouvrage important.
Pococke, Spécimen Hist. Arab. — D'Herbelot, Bibliotli. Orientale. — M. Reinaud, Extrait des historiens arabes, relatif atiT guerres des croisades; Paris, 1829.
ABOULFAZL, vizir et historiographe de l'empereur Akbar, naquit dans la deuxième moitié du seizième siècle , et mourut assassiné en 1608, deux ans avant la mort d' Akbar. Aboulfazl remplit pendant trente-huit ans les fonctions de premier ministre ; il eut toute sa vie à lutter contre les intrigues des courtisans , qui cherchaient à le perdre dans l'esprit de son maître. Ils parvinrent enfin à irriter contre le grand vizir le fils d' Akbar, Selim, qui le fit périr dans un guet-apens. Le principal ouvrage d' Aboulfazl a pour titre : Akbar Nameh, on le Livre d' Akbar .-la première partie traite de l'histoire de ce prince depuis son avènement jusqu'à l'avant-dernière année de son règne, et renferme de plus une introduction pour les temps qui ont précédé ; la seconde partie , qui porte le titre particulier dUAyin Akberi, c'està-dire de Miroir d' Akbar, et qui forme un ouvrage complet dans son genre , est un tableau général de la maison des empereurs indiens , telle qu'elle était organisée sous Akbar ; des forces militaires à pied et à cheval , des productions naturelles du sol , de la population de chaque province, et des événements qui s'y étaient passés. On trouve à la fin un tableau des croyances et des pratiques religieuses des Indous, de leur littérature et de leurs sciences. Ce tableau est d'autant plus authentique que les meilleurs ouvrages sanscrits avaient été traduits povu- cet objet en persan. Le principal traducteur lui-même était un frère d 'Akbar, appelé Feyzi, qui pour cet effet avait consenti à se soumettre à toutes les exigences des brahmanes. L'ouvrage en général est tellement estimé des Orientaux, qu'ils lui ont donné le titre de chegref nameh, ou de bon livre par excellence. L'éloquence de style d'Aboulfazl avait donné lieu à ce dicton : « Les monarques de la terre redoutent encore plus la plume d'Aboulfazl que l'épée d'Akbar. » Malheureusement l'auteur a , dans quelques endroits , affecté le style des anciens écrivains persans, de manière qu'on a beaucoup de peine à l'entendre. Une traduction anglaise du Miroir d'Akbar a été faite dans l'Inde par F. Gladwin : Ayeen- Akberi , etc.; Calcutta , 1783-1786, 3 vol. in-4''. Les réimpressions faites à Londres, in-4'' et in-S" , sont très-incorrectes ; et cette traduction , qui offrait de grandes difficultés , est fort estimée et très-rare ; seulement elle est abrégée en quelques parties. A l'égard de la version persane , on conservait jadis , dans la bibliothèque des empereurs à Dehli , l'exemplaire même qui fut présenté par l'auteur à Akbar, Cet exemplaire, d'une rare beauté, tomba
ABOULFAZL — ABOUL-GHAZY-BEHADER
dans les mains du colonel Polier lorsque les An- j glais entrèrent dans Dehli , et passa plus tard dans la bibliothèque de Langlès. Après la mort de ce savant, il fut acquis par M. Jonathan Scott, orientaliste anglais. [M. Reinaud, dans YEnc. des g, du m., avec add. ]
Biographical Dktionary. — Histoire abrégée de l'Inde (en p(?rsan), d'après les meilleures sources, publiée par le comité de l'Instruction publique; Calcutta, 1828, in-4°. — M. Reinaud, Géographie d' Aboulféda{\n\.roâyicl\on).
ABOïJLFÉDA ( Emadeddin-Ismaël) , historien et géographe arabe , était issu du même sang que le grand Saladin, et appartenait à la branche des Ayoubites qui régnait sur la ville de Hamah, enSyrie.Né en 1273,ilestmortle26 octobre 1331. Dès l'âge de douze ans, il prit partaux guerres qui eurent pour résultat l'entière destruction des colonies fondées en Orient par les croisés. Il se distingua plus tard dans les guerres des sultans d'Egypte et de Syrie contre les Mongols, alors maîtres de la Mésopotamie et de l'Asie Mineure. Après diverses vicissitudes , il fut investi par le sultan d'Egypte de la principauté de Hamah, Aboulféda est principalement connu en Europe par sa Chronique universelle et sa Géographie. La chronique est intitulée Ketab almokhtasser fy akbar albacher, c'est-à-dire Abrégé de l'histoire du çenre humain. Cet ouvrage, composé dans un temps où les livres étaient rares , et où il fallait qu'un livre tînt lieu de tous les autres , commence à la création du monde et se termine au temps où vivait l'auteur. La partie qui précède Mahomet est traitée d'une manière très-succincte; ce n'est qu'en avançant que les détails se multiplient, jusqu'à ce que l'auteur, arrivant à son époque , se livre à de longs développements. H résulte d'un plan aussi bizarre , commun du reste aux chroniqueurs chrétiens du moyen âge , que les derniers siècles occupent une place hors de propor- \ tion avec celle des premiers. Cette histoire est une compilation des principaux ouvrages histoi'iques publiés antérieurement, et il serait difficile de déterminer ce qui appartient en propre à l'auteur. Elle passe cependant , et avec raison, pour le monument historique des Arabes j le plus important qui ait été publié en Europe, i Dobelius, professeur d'arabe à Païenne, fit le premier connaître l'ouvrage d' Aboulféda en Europe en donnant, en 1610, une traduction latine de la partie relative à l'histoire des conquêtes des Arabes en Sicile ; on la ti'ouve dans Muratori , Rerum italicarum Scriptores, t. I. Le même orientaliste traduisit aussi en espagnol la partie qui concerne l'histoire des dynasties arabes en Espagne ; cette dernière traduction est inédite; on en trouve des copies à la bibliothèque de l'Escurial et au Musée Britannique. — M. Noël des Vergers a donné le texte arabe, avec la traduction française, de la Vie de Mahomet ( Extr. du grand ouvi-age d'Aboulféda ). Toute la partie qui est postérieure à Mahomet
a été imprimée avec une traduction latine et des notes par Reiske , en 5 vol. in-4°, sous le titre : Annales Moslemici ; Copenhague, de 1789 à 1794. Quant à la partie qui précède Mahomet, elle a été pubUée en arabe et en latin par M. Fleischer, Abulfedse Historia Ante-Islamitica ; Leipzig, 1831, in-4°. Le succès qu'a obtenu l'on- \ vrage d'Aboulféda n'est pas seulement fondé sur i la longue série des siècles qu'il embrasse : il fa t aussi accorder à l'auteur le mérite de nous avoir conservé, sur bien des points, des faits que nous ne connaissons que par lui. — A l'égard de la géographie, elle porte le titre de Ketab tequouym alboldan, c'est-à-dire Livre de la position des pays. Outre l'ensemble du système géographique des Orientaux qu'elle présente, ainsi que la division de la terre en climats , et les tables de latitudes et de longitudes , on y trouve une description détaillée des mers, des lacs, des fleuves, des montagnes, des royaumes et des villes. Il y est également question des cités qui ont anciennement figuré sur la scène du monde, des productions naturelles de chaque pays, des mœurs de ses habitants. On peut seulement regretter que l'état des sciences mathématiques , à cette ! époque, n'ait pas permis à l'auteur de donner plus d'exactitude à la détermination des degrés de longitude et de latitude, détermination qui est indispensable pour la fixation des lieux, et qui n'a été perfectionnée que dans les temps modernes. La première édition complète du texte arabe a été publiée par MM. Reinaud et de Slane; Paris, 1840, in-4°. M. Reinaud a donné ensuite de ce grand ouvrage une traduction française complète, travail monumental qui a pour titre : Géographie d'Aboulféda, traduite de l'arabe en français et accompagnée de notes et d'éclaircissements, t. I et n, in-4°; Paris, 1848 (Imprimerie nationale). [Enc. des gens du monde, avec addit. ] M. Reinaud, Géographie d'Jboulféda (Introduction). ABOUL-GHAZY-BEHADEn, khan du Khawariziïie , descendant de Djenguyz-Klian , naquit l'an de l'hégire 1014 ( 1605-1660 ) , àOurguendjet en Khawarizme; il monta sur le trône en 1054 ( 1644-1564 ), et abdiqua peu de temps avant sa mort, qui arriva en 1074 (1663-1664). Il composa, après son abdication , une Histoire généalogiqtce des Tatars, en tatar, qui fut traduite d'abord en russe, puis en allemand par des officiers suédois exilés en Sibérie , après la bataille de Pultawa. La traduction française , faite d'après cette dernière version , et publiée à Leyde en 1726 , 2 vol. in-12, par Bentinck, est augmentée d'un grand nombre de notes excellentes; nouvelle édition par Masserschmid ; Gœttingue, 1780. L'ouvrage original a été imprimé à Kasan {Historia Mongolorum et Tatarorum, 1825, in-fol. ) Aboul-Ghazy s'est principalement servi du Tarykh-Rachijdy , ou Djema-l-téwarykh de Rachydéddyn. (Voy. Histoire généalogique des Tatars, p. 79. ) Un exemplaire manuscrit
ABOUL-GHAZY-BEHADER — ABOVILLE
du texte original de l'omTage d'Aboul-Ghazy existe à la Bibliothèque nationale.
Langlès, Notice sur les Kans de Crimée, insérée à la suite du royage de Forster, t. 111, p. 237 et 328.
ABOUL-HAÇAN {AU), astronome de Maroc, vivait vers le commencement du treizième siècle. D voyagea dans les vastes États des khalifes , et résida longtemps au Caire. H releva la hauteur du pôle ( latitude ) dans quarante et une villes, suri, un espace de plus de neuf cents lieues de l'ouest à l'est; il rapporte les longitudes à la coupole d'Arine. On a de lui un important traité d'astronomie sous le titre -. Des commencements et des fins; la première partie, traduite en 1808 par J.-J. Sédillot, a été publiée, en 1834 et 1835, sous le titre : Traité des Instruments astronomiques des Arabes. C'est, suivant Hadj- Khalfah , l'ouvrage le plus complet qu'aient les Arabes sur les instruments astronomiques. On y trouve toute la gnomonique que l'on croyait perdue , et des tables précieuses, dont l'une a été dressée pour l'époque astronomique du conunencement de l'hégire (le jeudi 15 juillet 622 de J.-C, à midi ).
HadJ - Khalfah , Dictionnaire Bibliographique (en arabe ). — L.-Am. Sédillot , dans le Dictionnaire de la Conversation.
ABOCL-HAÇAW-RBAN (Mirzà), diplomate et voyageur persan , né à Chiraz vers 1774 , mort vers 1828 à Téhéran. Fils d'un des secrétaires du fameux Nadir-Schah , il quitta la Perse à la suite de plusieurs intrigues de cour, et se rendit d'abord à Bassora , puis à la Mecque et à Médine. De retour à Bassora, il s'embarqua sur un navire anglais qui le transporta à Calcutta. Après avoir séjourné deux ans dans l'Inde , il fut rappelé dans sa patrie , et nommé en 1809 envoyé exjtreordinaire du schah de Perse auprès de la Porte Ottomane et de l'Angleterre. Au bout de deux ans, il revint dans son pays , et fut chargé encore de plusieurs missions diplomatiques auprès de la Russie et de l'Autriche. En 1819, il vint à Paris, où il demeura pendant un mois et demi, n retourna en Perse, en passant par Varsovie et Moscou, et arriva à la cour à Téhéran en 1820 , où il remplit jusqu'à sa mort les fonctions de ministre des affaires étrangères.
Myr-navoud-Jadoiir, État actuel de la Perse.
ABOUi.-s^\HAÇEN {Ben-TagJiry-Berdy) , historien arabe, né à Alep, vivait vers le milieu du quinzième siècle. Il habita quelque temps le Caire, et fut élevé au rang d'émir par les sultans circassiens. Le prmcipal de ses-. ouvrages a pour titre : Nodjoum elzahereh ( les Étoiles brillantes). C'est l'histoire de l'Egypte et du Caire depuis la conquête du pays par les Arabes jusqu'à l'an 857 de l'hégire ( 1453 de J.-C. ). L'auteur en a fait un abrégé sous le titre : Maured A llethafeh, qui a été en partie traduit en latin et publié par Carlyle , à Cambridge , en 1792. La Bibliothèque nationale de Paris possède un exemplaire du grand ouvrage, et M. JuynboU, de Leyde, a entrepris une édition
du texte, accompagné d'une version latine. C'est une des sources historiques arabes les plus utiles à consiflter. Aboul-Mahaçen a composé aussi un Dictionnaire Mographiq^ce , sous le titre : Menhel-el-Safy , qui défait faire suite à celui de Khalyl-ben-Tbek-Safady. Cet ouvrage commence par la biographie d'Ibek , premier sultan des Mameluks Baharytes, mort en 1258 de J.-C; puis il suit l'ordre alphabétique. Il ne paraît pas avoir été achevé. L'exemplaire de la Bibliothèque nationale ( cinq volumes manuscrits ) finit à la letti-e Mym. Il en existe une traduction turque. L'ouvrage renferme des renseignements qui ne se trouvent pas ailleurs. C'est une espèce de continuation du Dictionnaire biographique d'Ibn-Khallekan.
ABOUL-wÉifA-Ai,-BOtTZDJAivi, mathématicien et astronome arabe, né à Bouzdjan en 939 de J.-C. , mort à Bagdad en 998. L'Almageste qui porte son nom n'est point un abrégé de l'Almageste de Ptolémée, mais im ouvrage original, dont les premiers chapitres ont été traduits par J.-J. Sédillot. On y trouve déjà l'usage des tangentes dans le calcul trigonométrique, dont l'introduction avait été généralement attribuée à Regiomontanus.
Am. Sédillot, dans le Dictionn. de la Conversation.
ABOVILLE ( d') , nom porté par trois généraux d'artillerie , du temps de l'empire et de la restauration. Le premier, père des deux aut-es , François-Marie, comte d'Aboville , né à Brest le 23 janvier 1730, mort en 1819, entra en 1744, en qualité de surnuméraire, dans l'artillerie. Il prit, comme colonel, part aux succès glorieux des troupes françaises dans la guerre de l'indépendance américaine. Promu au grade de maréchal de camp en 1789, il fit en 1791 acte de dévouement à l'assemblée nationale, ainsi que d'autres officiers généraux, lors de la fuite de Louis XVI. Quand Dumouriez, en 1792 , tenta de soulever l'armée contre la convention , le général d'Aboville , qui commandait comme lieutenant général l'armée du Nord et des Ardennes, se déclara contre lui. Successivement nommé premier inspecteur général d'artillerie après le 18 brumaire, sénateur, grand officier de la Légion d'honneur, titulaire de la sénatorerie de Besançon en 1804, commandant des gardes nationales du Doubs et du Jura en 1805, il fut appelé à Brest, comme gouverneur, en 1809. Ayant adhéré, dès le 3 avril 1814, au gouvernement des Bourbons , il fut nommé paille 4 juin , et ensuite commandeur de l'ordre de Saint-Louis. Au mois de mars 1815, se faisant l'organe de l'association fraternelle des chevaliers de l'oixbe , il offrit à Louis XVm l'hommage de leur commun dévouement. Nommé le 2 juin suivant à la pairie par Napoléon , il lui adressa l'hommage de sa gratitude , ne rejetant que sur ses infirmités l'incapacité qui ne lui permettait pas d'en remplir les devoirs. Aussi ne lui fut-il tenu aucun compte de ce subter-