‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 2)Chapitre 56 sur 180 · ACOSTA · texte numérisé non relu

ACOSTA

ses voyages, et un livre à la louange des femmes , dédié à Catherine d'Autriche ; Venise, 1592, in-4°.

Van der Linden, De Scriptoribus medic. — Nicolas Antonio, Bibliotheca Hispana. — K. Sprcngel , Historia rei herbariœ.

ACOSTA {Emmanuel) , jésuite portugais du seizième siècle. Il a publié en portugais un ouvrage que le P. Maffeï a traduit en latin , sous le titre : Rerum a sociefate Jesu in Oriente cjestarum, ad annum 1568, Commentar. libri rV; Dillingen, 1571, in-8°. Cette édition renferme aussi des lettres de l'auteur sur les missions du Japon.

Alegambe, Bibliotheca script. Soc. Jes. — Nicolas Antonio, Bibliotheca Hispana.

ACOSTA (Gabriel), théologien portugais, né vers le milieu du seizième siècle, mort en 1616 , chanceUer et professeur de théologie à l'université de Coïmbre. Il a laissé des Commentaires sur le quarante-neuvième chapitre de la Genèse, sur Ruth,les Lamentations de Jérémie,Jonas et Malacliie; Lyon, 1641, in-fol.

Nie. Antonio, Biblioth. hispan.

^ACOSTA {Joaquim), colonel du génie au service de l'Amérique centrale. Cet Américain est aujourd'hui l'un des géographes et des historiens les plus distingués de son pays. Après avoir servi de bonne heure dans l'armée colombienne , il visita les régions peu connues de la Nouvelle-Grenade. En 1834, on le voit exécuter une excursion scientifique depuis la vallée del Socorro jusqu'à celle de la Magdalena, en compagnie du docteur Cespedes , botaniste distingué. Nonmné en 1841 au commandement d'un corps de troupe, il passe d'Antioquia à Anserma, en suivant les traces du licencié Yadillo depuis Caramanta, et vérifiant, comme il le dit, l'authenticité des récits fournis par les chroniques. Le colonel Joaquim Acosta ne se contenta pas de voir dans leur pati-ie même des nations qui, telles que les Chibchas , par exemple, constituaient jadis une civilisation si originale : il entreprit des recherches dans les archives locales, afin de former enfin le corps d'histoire qui manque à son pays. C'est à la poursuite de ce but qu'il a visité l'Espagne en 1845, et qu'ensuite il a demeuré plusieurs années en France, où tous les amis des sciences ont été témoins de ses généreux efforts pour éclaircir les points douteux de l'histoire et de la géographie de l'Amérique du Sud. On lui doit une excellente carte du territoire de la Nou velle-Grenad e ; et il a publié en 1 84 8 l'ouvrage suivant, destiné surtout, comme il le dit, à la jeunesse américaine : Comjoendio historïco del descubrimento y colonizacion de laJS'ueva Granada en el siglo decimo sexto; Paris, in-8°, carte et fig. Il a rendu un service tout aussi réel à son pays en faisant réimprimer un livre du savant et infortuné Caldas, si fréquemment cité par l'illustre de Humboldt , et qui était devenu introuvable; il a paru un an après le Cornpendio, sous le titre que nous reproduisons ici : Semenario de la Nueva-Granada Misce-

lanea de ciencias^ lïteratura, arces e industria, publicadapor una sociedad de palriotas granadinos , bajo la direccion de Francisco Jo:ié de Caldas ;nueva edicion, corregida, aumentada con varias opuscûlos inéditos de F.- J. de Caldas, etc.; Paris, 1849, gr. in-8" avec portraits et carte. Bien que le colonel Acosia n'ait pas mis son nom sur le titre de ce précieux volume, préférable sous tous les rappoits à l'original , nous savons que c'est à ses soins éclairés , et à ceux de M. A. Lasserre , éditeur instruit de tant de bons livres espagnols, qu'on le doit. Le colonel a signé de ses initiales d'ailleurs une excellente notice sur Caldas , qui se trouve en tète de l'ouvrage. Le bulletin de la Société de géographie publiait récemment des documents archéologiques du plus haut intérêt, envoyés de la Nouvelle-Grenade à M. Jomaid par le colonel Acosta, qui réside aujourd'hui à Santa- Fé de Bogota. Ferdinand Dems.

ACOSTA (Joseph), jésuite, né à Médiiia-del- Campo vers l'année 1540, mort le 15 février 1599. Envoyé au nouveau monde comme provincial de l'ordre des jésuites au Pérou, il travailla avec ardeur à la conversion des Indiens. On a de lui un assez grand nombre d'ouvrages théologiques , et une Histoire naturelle et morale des Indes, qui n'est pas sans mérile. Cette histoire parut à Séville en 1591, in-8'', et fut traduite en plusieurs langues. Après un long séjour en Amérique, Joseph d'Acosta revint en Espagne , et mourut à Salamanque , oîi il avait exercé les fonctions de recteur de l'université.

Ribadeneira et Alegarabc, Bibl. scriptor. Soc. Jcsu. — Nie. Antonio, Biblioth. hisp.

ACOSTA ( Uriel), surnommé le Jurista, né vers la fin du seizième siècle à Oporto, moi-ten 1C47. Son père avait quitté la religion de ses ancêtres , celle d'Israël , pour embrasser le christianisme , cju'il professait avec une sorte d'entiiousiasme. Le jeune Acosta fut élevé dans les mêmes principes, et sa piété attira l'attention sur lui. Dès sa première jeunesse il s'occupa avec ardeur des saintes Écritures, lut et relut le Nouveau Testament, et en médita profondément le sens. Nommé à vingtcinq ans trésorier d'un chapitre, il sembla destiné à une carrière brillante. Mais depuis longtemps des doutes troublaient son âme : ne pouvant concevoir le mystère de la révélation, et trouvant mille objections au dogme de la divinité du Christ, il en vint à nier la vérité du christianisme. Il hésita un instant entre le naturalisme et la religion de Moïse : le besoin de se rallier à une communauté fondée sur des doctrines positives le décida pour cette dernière; et, afin de s'y livrer en toute sûreté, il quitta même, avec sa mère et ses frères, le Portugal, et se rendit à Amsterdam, où il passa le reste de ses jours. S'étant soumis à la circoncision , il changea son nom de Gabriel en celui d' Uriel, et fut pendant quelque temps un membre zélé de la communauté juive. 11 ne tarda pas cependant à s'apercevoir que le judaïsme d'alors

Page 1