‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 2)Chapitre 57 sur 180 · A COSTA · texte numérisé non relu

A COSTA

était bien éloigné de la religion des Hébreux, telle que l'étude des livres de IMoïse la lui avait fait concevoir ; les rabbins et les talmudistes l'avaient défigurée en la surchargeant d'une foule de cérémonies puériles. Cette observation l'affecta vivement ; il ne put en dissimuler la cause, et la communiqua au public dans un écrit dont les rabbins empêchèrent la publication. Mais quelques-unes de ses thèses ayant été divulguées, ils crurent devoir y répondre par une réfutation dont le médecin Samuel de Silva fut l'auteur. Provoqué de cette manière, Acosta ne put garder le silence; il se défendit dans un opuscule publié d'abord en portugais, et puis dans une traduction latine, sous le titre : Examen das tradiçoens phariseas conferidas coji à leij escrita. Cet écrit, in-S", imprimé sans indication d'année à Amsterdam , mais qui est'de 1624, fit beaucoup de bruit. Acosta ne se contentait plus d'attaquer les rabbins ; déjà il niait la mission divine de Moïse comme il avait nié celle de Jésus-Christ, et alla jusqu'à ébranler le dogme de l'inuoiortalité de l'àme. Les rabbins eurent donc aisément prise sur lui , et l'accusèrent devant le magistrat d'Amsterdam d'être un impie qui sapait les fondements de toute religion. Il fut mis en prison , son ouvrage fut confisqué , et il ne recouvra la liberté qu'en payant une amende et en fournissant caution pour sa conduite future. Ces persécutions n'eurent d'autre résultat que de le fortifier davantage dans sa conviction ; aussi finit-il par être excommunié. Pendant quinze ans il se tint à l'écart, nourrissant une haine secrète contre ses coreligionnaires , et empêchant quelques chrétiens dégoûtés de leur religion de se convertir comme lui à celle des Israélites ; mais bientôt, fatigué des avanies auxquelles il se voyait en butte , il se déclara prêt à subir telle amende qu'on voudrait, pour être admis de nouveau dans la synagogue. Le châtiment qu'on lui infligea passa toute mesure. Pendant un service solennel il fut traîné dans la synagogue, où, en présence de toute la communauté, il fut déshabillé jusqu'à la ceinture, puis frappé de trente-neuf coups de fouet, et étendu sur le seuil de la porte principale ; là tous les assistants passèrent sur son corps , pendant que le prédicateur prononçait son absolution. De tels outrages lui firent perdre patience ; il ne songea plus qu'à se venger, et il courut d'abord chez un cousin qui l'avait persécuté, dans l'intention de lui ôter la vie. Il manqua son coup , et se brûla la cervelle d'un second pistolet qu'il portait sur lui. Parmi ses papiers on trouva sa vie écrite de sa main; Limborch la publia en 1687, sous le titre Exemplar vitx humanx, en l'accompagnant d'une réfutation. [Enc. des g. du m., avec add. ]

Jellinck, Fieet doctrine d' Acosta {cnaXiem.) ; Zerbst, 18i7. — V Autobiographie d'Acosta a été pucliéc en latin el en allemand à Leipzig, 1847, ln-8°. — Gutzkow a fait d'Acosta le sujet d'un roman (Leipzig, 1834) et d'nne tragédie (Leipzig, 1830, 2<= édition).

*ACQCA {Chrislofano delV), graveur italien, vivait à Vicence vers la fin du dix-huitième

ACQUISTI . , 202

siècle. Parmi ses ouvrages on remarque un portrait de Frédéric le Grand et les planches de l'édi tion de Métastase ; Venise, 17SI.

Heineken, Dictionnaire des Artistes. — Strutt, Dictionary of Engravers.

*ACQUAYiVA {André-Matthieu), duc d'Atri et deTeramo, né en 1466, mort vers 1520. Issu d'une des premières familles deNaples et fils d'un capitaine très-renommé, il partagea sa vie entre la guerre et les lettres, qu'il cultivait avec goût et protégeait avec munificence. Quand Charles VIII, roi de France, parut en Italie , Acquaviva prit parti pour lui, et plus tard il combattit glorieusement la domination espagnole. Étant tombé aux mains de Gonzalve de Cordoue , il fut conduit en Espagne pour y sei-vir d'ornement au triomphe du vainqueur. L'étude adoucit sa captivité; il publia un traité sur l'un des écrits moraux de Plutarque. Rendu à la liberté, il revint dans sa patrie consacrer sa fortune à l'éclat et aux progrès des lettres. Beaucoup d'auteurs contemporains lui ont payé un tribut de reconnaissance dans des panégyriques et dans des dédicaces. Il avait une imprimerie dans son palais ; les poésies de Sannazar et d'autres y furent imprimées sous ses yeux. [ Enc. des g. du m. ]

Giannone, Storia civile. — Tirabosclil, Storia délia letteratura italiana. — f oUetta , Storia del reamo di Napoli.

*ACQUEViLLE ( G.-L., sieur d'), prieur d'Acqueville vers le milieu du dix-septième siècle. n attribue à une pierre nommée tjïade la vertu de guérir la gravelle. On a sur les effets de cette pierre un petit opuscule composé par M. D. S. R., docteur en médecine, intitulé Discours touchant les merveilleux effets de la pierre divine du sieur d'Acqueville; Paris, Louis Biliaire, 1681, in-12. E. D.

Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.

*ACQUi (Jacob d'), religieux dominicain, d'Acqui en Piémont , vivait dans la première moitié du quatorzième siècle. H a écrit en latin une chronique inédite , depuis la création du monde jusqu'au pape Boniface Vin. On en trouve des copies manuscrites dans les bibliothèques de Milan et de Turin.

Muratori, Antiquit. Ital., vol. III.

*ACQCiNO (Juvenalis d'), chroniqueur piémontais, vivait dans la seconde moitié du quinzième et au commencement du seizième siècle. On a de lui , en latin , une Chroniqiie du Piémont, depuis l'année 1475 jusqu'en 1515, imprimée dans Monumenta historix patrix {se. Sardinix) scriptorum, t. ni; 1839.

Gulchcnon, Histoire généalogique de la royale maison de Savoye, 1660.

* ACQUISTI (Lîiigi ou Louis), sculpteur italien, né à Forli en 1744, mort en 1824. Il travailla longtemps à Bologne, à Rome et à Milan. Son chef-d'œuvre, exécuté en 1805, est le groupe de Vénus apaisant Mars , dans la villa Sommariva, sur le lac de Côme.

Nagicr, AUegmeines KUnstler-Lexicon,

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