‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 2)Chapitre 9 sur 180 · ABBOT · texte numérisé non relu

ABBOT

ABHOT ( George), archevêque de Cantorbéry, né le 29 octobre 1562, à Guildford, mort le 5 août 1633. Fils d'un tisserand, dans le comté de Surrey, il fut élevé à l'école latine du même lieu, d'où il passa au collège d'Oxford. En 1597, on le choisit pour remplir une chaire à l'université. En 1599, il fut nommé doyen de Winchester, et, l'année suivante, vice-chancelier d'Oxford ; il remplit ce poste jusqu'en 1 605 . On l'employa alors à la nouvelle traduction de la Bible. En 1609, il fut nommé évêque de Lichtfield et Coventry, et, la même année .évêque de Londres; en 1610, il fut promu à l'afCbevêché de Cantorbéry. Il eut le courage de s'opposer aux tendances de la cour en plusieurs occasions, et, entre autres, dans la fameuse affaire du divorce de lady Essex. Un malheur l'attendait à la fin de sa vie. Abbot se trouva un jour au château du lord Zouch, et, s'exerçant dans le parc avec une arbalète, il tira par mégarde sur le concierge, au lieu de til'cr sur le gibier. On nomma une commission pour examiner si , d'après im tel événement , l'archevêque ne devait pas être déclaré incapable de remplir la dignité de primat. La décision de ce procès fut laissée au roi, qui prononça en faveur de l'archevêqua de Cantorbéry. Abbot se condamna lui-même à un jeûne d'un mois, et fit une pension viagère de vingt livres sterling à la veuve du concierge. H assista Jacques l" à son lit de mort, et fut présent au couronnement de Charles I" en 1627. Un sermon du docteur Sibthorp, prononcé aux assises de Northampton, lui fut adressé par la cour pour obtenir son approbation; mais il la refusa, parce qu'il y trouva des principes hétérodoxes, Ce refus lui fit perdre son crédit; il fut exilé à sa maison près de Cantorbéry, et l'archevêché fut administré par une commission. Mais à la rentrée du parlement il fut réintégré dans ses fonctions , sans cependant recouvi'er les bonnes glaces du roi. Abbot mourut à Guildford , lieu de sa naissance, où il avait fondé un hôpital. Outre quelques écrits de politique et des sermons sur Jonas, on a de lui : Brief description ofthe whole woold ( Description abrégée de l'univers ), Lond., 1634, in-8°; et History ofthe onassacre oj the Valteline, ouvrage inséré dans le troisième vol. de Fox, Acts and Monuments, 1631, in-fol. Abbot, quoique anglican, partageait vivement les doctrines des puritains; les zélés l'accusaient de trop d'indulgence pour les nonconformistes.

ISiographia Britannica. — William Russe) , Life of George Abbot; Oxford, 1777, in-s". — Wood, Athenœ Oxonienses, II, S65.

ABBOT ( Maurice ou Morris ) , frère cadet du précédent directeur de la compagnie des Indes-Orientales, mort en 1640. En 1618, il prit une part active à la conclusion du traité avec les Hollandais, concernant le commerce des îles Moluques; en 1628, il devint fermier des douanes, et, l'année suivante, membre du

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conseil pour l'établissement de la Virginie. Ce fut le premier chevalier du règne de Charles V. En 1 625, il fut nommé représentant de la cité de Londres, et lord-maire en 1638.

Biographia Britannica. — Biographical Dictionanj.

ABBOT ( George), fils du précédent, né en 1604, mort le 4 février 1648. Il étudia la théologie au collège de Morton. On a de lui une Paraphrase du livre de Job ; Lond., 1640, in-4°; Vindicias sabbati; Lond., 1641,in-4°; des notes sur le livre des Psaumes; Lond., 1651, in-4°.

Wood, Athenœ Oxonienses, 1,883. —Nichai, History of Leicestershire, IV, 602.

* ABBOT ( Abiel), ecclésiastique américain, né, le 17 août 1770, à Andover, dans le Massachusetts , mort le 7 juin 1828. Il fut le premier pasteur de la commune de Beverly (Massachusetts), alla visiter en 1828 l'île de Cuba pour rétablir sa santé délabrée , et expira le jour même de son retour. Outre plusieurs sermons , on a de lui des lettres ( posthumes ) intéressantes sur l'état physique de l'île de Cuba : Letters written in the Interior of Cuba, between the Mountains of Arcana to the east, and ofCusco to thewest , in the months offebruary, march, april and may 1828, 1 vol. in-8°; Boston, 1829.

American Biographical Dictiona-y, ^^ édit.

* ABBOT {Leimiel), peintre anglais, né en 1762, mort en 1803. Il s'appliqua presque exclusivement à la peinture de portraits. Parmi ses ouvrages les plus remarquables , on distingue les portraits de Nelson et de Cowper.

Edwards, Anecdotes of Painters ivho hâve resided or been born in England.

ABBOTT {Charles, lord Tenteuden), jurisconsulte anglais, né d'une famille obscure le 7 octobre 1762, mort le 4 novembre 1832. Dansle cours de ses études de jurisprudence il se lia d'amitié avec Law, plus connu sous le nom de lord E!lenborough. C'est à cette amitié qu'il dut en paitie son rapide avancement dans la magistiature. En 1818 , il fut nommé lord chef de justice à la cour du banc du roi. En 1827, il devint pair, avec le titre de baron de Tenterden. Abbott a publié un traité fort estimé sur les lois relatives à la marine marchande, sous le titre de Treatise of the Laio of Marchant Ships and Seamen; Lond., 1802 , in-8°.

Biographical Dictionary. — Law Magazine, volume XXVI, p. SI, et IX, p. VZii. — Edinburgh Reoiew, vol. LXXIX , p. 14 et sulv.

ABBT {Thomas), littérateur allemand, né à Ulm le 25 novembre 1738 , mort à Bùckebourg le 3 nov. 1766. Il étudia d'abord la théologie à l'université de Halle, puis il s'appliqua à la philosophie et aux mathématiques. En 1760, il fut nommé professeur suppléant de philosophie à Francfort-su r-l'Oder. L'année suivante, il accepta une chaire de mathématiques à Rinteln. Dégoûté de l'enseignement des sciences, il se voua à l'étude du droit, et profita de quelques mois de vacances pour visiter la Suisse et la France. Protégé du comte Guillaume de Schauenbourg-

ABBT — ABDALLAH

Lippe, a fut nomnié, en 1765, conseiller aulique et consistorial à Biickebourg. Il contribua avec Lessing au perfectionnement de la langue et de la littérature allemandes, et mourut à la fleur de l'âge. Ses principaux ouvrages ont pour titre : 1° Vom Verdienste (Du Mérite) ; Berlin et Stettin,1765, 1767, 1772, lygOjin-S"; — 2° FomTorfe furs Vaterland (De la Mort pour la patrie); Berlin, 1761, in-S" ; — 3° Briefe die neueste Littcratur betreffend (Lettres concernant la littérature moderne). — Ces écrits et quelques autres ont été réunis et publiés par F. Nicolaï, sous le titre : Vermischte Schriften (Mélanges) ; Berlin, 1768-1781 ; 2* édition, 1790, 6 vol. in-8° (contrefaçon à Reutlingen, 1782, et àFrancf., 1783). NicoIaT, Ehrençedâchtniss des Herm Thomas Abbt (Souvenirs de M. Thomas Abbt); Berlin et Stetlin, 1767, opuscule adressé sous forme de lettre à J.-G. Zimmermann. — Wolff , Encyelopœdie der deutschen National litteralur, t. V. — Heasel, Dictionnairedes littérateurs d'Allemagne, 1730 à 1800, t. I , p. i, avec les additions. — Gazette de Leipzig, 1803 , et Wachter, dans l'EnctfClopédie allemande.

ABDALLAH , quatrième et dernier schérif des Wahabites, exécuté à Constantinople le 16 décembre 1818. Fils aîné de Sehoud , il débuta par quelques entreprises inallieureuses contre les villes d'Imam-Ali, de Semaouat, de Zobaïr, etcontre quelques autres places du gouvernement j de Bagdad. Le 17 aviil 1814, il succédaà son père dans les circonstances les plus difficiles. Méhémet- Ali , pacha d'Egypte , s'était chargé d'exterminer les Wahabites, et de soumetti-e toutes leurs places à son pouvoir. Après avoir défait une armée de trente mille hommes commandés par Faïcal, frère d'Abdallah, il s'empara de Tarabé, et se rendit maître de toute la partie occidentale de l'Arabie. Cependant Abdallah, après une feinte soumission, se prépara à une résistance opiniâtre,"en concentrant toutes ses forces à Dereyeh , sa capitale. Towsoun-Pacha, fils de Méhémet-Ali, fut remplacé dans le commandement des troupes ottomanes par son frère Ibrahim-Pacha. Celui-ci traversa le désert , assiégea vainement Rass pendant trois mois , prit Khatra , Aneysch , Chakra , Dorama, et vint investir Dereyeh, où Abdallah se tenait renfermé avec ses frères et ses meilleurs guerriers. Pendant sept mois le schérif des Wahabites s'y défendit avec bravoure ; Ibrahim ne réussit à s'en saisir que par la ruse, dans une entrevue où l'on devait traiter des conditions de la paix. Abdallah, fait prisonnier par trahison (le 9 septembre 1818), fut dirigé sur le Caire, où il arriva le 9 novembre, sous une escorte dequatre cents hommes. Méhémet-Ali lui fit un accueil distingué, et l'envoya k Constantinople. Abdallah fut outrageusement promené dans les murs de cette capitale, et décapité par ordre du sultan Mahmoud. Dereyeh fut rasé, et la secte des Wahabites disparut pour quelque temps de l'Arabie.

Mengin, Histoire de l'Egypte sous Méhémet-Ali ; Paris, 1823, p. 378. — Voyages d' Ali-Bey ;Va.i:\A, 1814.

ABDALLAU, onclc d'Aboul-Abbas-Al-Saffah , le premier des khalifes Abbassides , mourut en

138 de l'hégire (765 de J.-C. ). Ce fut lui qui vainquit, à la bataille du Zab, le khalife Mérouan H, et renversa par cette victoire la dynastie des Omeyyades. Mais il se déshonora par des cruautés envers les vaincus. Plusieurs princes de la maison des Omeyyades étant venus auprès de lui sur la foi du serment , Abdallah les invita à un grand festin , et lorsqu'ils furent rangés autour de la table , il les fit tous assassiner. Des tapis étendus sur les cadavres servirent de table aux meurtriers. Abdallah ne respecta pas même l'asile des morts : il fit ouvrir à Damas les tombeaux des Omeyyades ; le corps du calife Herham fut mis en croix , brûlé , et ses cendres jetées au vent. Après la mort d'Al-Saffah , qui l'avait fait gouverneur de Syrie, Abdallah manifesta des prétentions à la couronne , et se fit déclarer khalife ; mais Mansour envoya contre lui Abou-Moslem , qui le vainquit dans plusieurs combats , et le força à se retirer dans l'Irak , où il fut tué.

D'Herbelot, Bibliothèque orientale. — M. Weil , Gesckichte der Khalifen.

ABI>ALLAH-BEN- AUDELMOTTALIB, père

de Mahomet, né à la Mecque vers l'an de J.-C. 545, mort en 570. Abdelmottalib , l'un des habitants les plus influents de la Mecque , eut'de son union avec Fatima , fille d'Amr - el - Makhzomni, un fils nommé Abdallah, dont toute l'illustration , dans l'histoire orientale , consiste à être devenu le père de Mahomet. Parvenu à l'âge de vingt-quatre ans , Abdallah courut un grand danger par l'effet d'un vœu téméraire fait par son père dans un moment de dépit : AbdelmottaUb, qui eut plus tard une nombreuse postérité, n'avait eu pendant longtemps qu'un seul fils ; or on sait combien les Arabes attachaient d'importance à être chefs d'une nombreuse famille. Dans une contestation avec quelques-uns de ses compatriotes, Abdelmottalib fut signalé comme frappé de la malédiction divine, puisqu'il n'avait qu'un seul enfant après de longues années de mariage. Ce reproche le blessa profondément, et dans sa douleur il fit vœu , s'il avait un jour dix enfants, d'en immoler un au Seigneur. Quelques années après, il était devenu le père d'une des plus nombreuses familles de sa tribu ; il avait douze fils et six filles. Ce fut l'heure du repentir ; mais le vœu était formel , il fallait l'accomplir. Abdelmottalib assembla ses enfants, et leur déclara l'engagement solennel qu'il avait pris. Tous s'offrirent pour expier sa fatale promesse ; mais, ne pouvant se décider à faire un choix , il les conduisit dans le temple de la Caaba, et les fit tirer au sort devant l'idole appelée-i/o&aL Ce fut Abdallah qui fut désigné, et c'était justement celui de tous ses fils qu' Abdelmottalib chérissait le plus. Cependant, décidé à ce terrible sacrifice, Abdelmottalib avait saisi le couteau lorsque des Koréïschites accoururent à lui, l'engageant à ne pas donner au peuple un si funeste exemple, et à ne pas réveiller, ainsi chez les Arabes des instincts sanguinaires. Abdelmottalib se laissa persuader, et consentit'

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