‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 2)Chapitre 96 sur 180 · AGÉSILAS — AGHA-MOHAMMED · texte numérisé non relu

AGÉSILAS — AGHA-MOHAMMED

Sparte l'ait empêché de rendre justice à Épami nondas, qui lui était supérieur à tous égards. Agésilas réunissait des qualités qui semblent s'exclure. Ambitieux et hardi, il était aussi doux qu'aimable ; sa fierté et sa valeur n'excluaient point en lui l'amour de la liberté : non-seulement il préférait l'intérêt de sa patrie au sien, mais il trouvait juste tout ce qui avait pour objet de la servir, et compromettait alors volontiers son honneur et sa réputation. Quoique jaloux de sa prérogative royale, il témoigna au sénat la plus affectueuse confiance ; ceux même qui s'étaient opposés à son élection reçurent de lui des présents et des honneurs ; enfin il se conduisit avec tant de prudence et de bonté , que les éphores le condamnèrent à une amende , parce qu'il s'attirait trop l'affection du peuple. Il ne permit point qu'on lui élevât des statues ou des trophées. <c Mes actions, disait-il, seront mes monuments, si elles le méritent. » Il aimait tendrement ses enfants , et on le voyait jouer avec eux , monté à cheval sur un bâton. « Avant de blâmer, disait-il à celui qui en exprimait son éfonnement, attendez que vous soyez père. » — Outre Xénophon , Plutarque, Diodore de Sicile et Cornélius Népos ont écrit sa vie ; et l'auteur du Voyage d'Anacharsis en fait un bel éloge, d'après ces historiens. Agésilas a fourni à Corneille le sujet d'une de ses tragédies.

Xénophon, lib. I1I-V1(. — Plutarque; Diodore, XV; Cornélius Népos; PoJyen, II-I ; Paiisanias, III. c. 9-10. — Cla- ■vier, dans \a Biographie Universelle. — Boucler (ioliann. Ilenrirh), Dissertatio de Agesilao; Argpnt., 1644, in-4°.— Cauer (Edward ), Qiiœstionwn de fontibus ad Jgesilx historiam pertinentibiis, par."; I; Vrati.sl., 1847,10-8°.

* AGÉSILAS, historien grec. On ne sait rien de sa vie. Il avait écrit un ouvrage considérable V Histoire de l'Italie ('kaXixà), dont Plutarque {.Parallela, p. 312, édit. Francf. ) et Stobée nous ont conservé quelques fragments.

Florilegwm, lit. IX, 2« édit. Gaisford. — C. Millier, Fragm. Uist. Crsec. (édit. d'A. Firmin Didot).

AGÉSiPOLis ( 'AyodiTco).!; ) , nom commun à trois rois de Sparte. Le premier, mort sans postérité en 380 avant J.-C, était collègue d'Agésilas ; il remporta, en 394 avant J.-C, une victoire, près de Corinthe, sur les Argiens et leurs alliés les Thébains et les Athéniens. Le second Agésipolis , fils de Cléombrote , mourut en 370 avant J.-C, après un an de règne. Le troisième régna depuis 219 jusqu'en 183 avant J.-C; il fut assassiné par les pirates pendant son voyage à Rome.

Diodore, XIV, 89 ; XV, 19, 23, 60. — Xénophon, Hellenica, IV , 1, 2. —Paiisanias, III, B-8. — Polybe, IV, 23. — Tile-Live, XXXIV, 26 ; V, 3, 19.

*AGÉTA {Cajetan-Nicolas) , jurisconsulte napolitain , vivait dans la deuxième moitié du dix-septième siècle. On a de lui : 1" Visiones mrium feudalium ; Neapoli, 1670, in-fol. ; — 2° Exercitatio juridico-politïca pro D. Petro Antonio ab Aragonia... pro successione D. Joachim RamonFolch... et pro exclusioyie

D. Catharinx ab Aragonia, ducissœ Lermx , Neapoli, in-4°. E. D.

Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.

AGEZio ( Tliaddée), médecin et astronome de l'empereur Maximilien, au seizième siècle. L a le premier écrit sur la physiognomique ( métoposcopie), que Lavater a depuis érigée er science. On a de lui : 1° Traité de la méfoscopie; — 2° Des apthorismes métoscopiques — 2" la Description de la comète de 1578 ; — 4° un opuscule sur la bière, la manière de k préparer, et ses propriétés.

AGGÉE, l'un des petits prophètes ; son non signifie, en hébreu, ami de la joie. On lit en têt( de sa prophétie , formant deux chapitres seulfr ment, que la parole du Seigneur se fit entendn au prophète Aggée dans la seconde année du rè gne de Darius, fils d'Hystaspe : ce prophète vivai donc à la fin du sixième siècle avant J.-C. peu de temps après le retour des Israélites de li captivité. Sa mission consistait à réprimander \ peuple sur son peu d'ardeur à reconstruire 1 temple de Jéhovah, tandis que de toutes part s'élevaient de somptueuses habitations particu lières. On explique la seconde partie de sa pro phétie comme relative à la venue prochaine d Messie ; mais cette prédiction , loin d'y être po sitivement énoncée, n'y est reconnue que par le théologiens fidèles à l'interpi'étation systématiqu de la Bible, suivant des idées traditionnelles qu la critique ne saurait plus admettre. [Ënc. des c, du ?}i.]

Saint Aiignstin, lib. XVIII, De civite Dei,c. 45. —Sait Jérôme, Sixte de Sienne; Dsser, Jmial.

*AGGÉNUs CI4BICUS, écrivain agronomiqu( vivait dans la première moitié du second siècl de notre ère. On a de lui des commentaires su deux ouvrages de Jules Frontin : De agrorut qualitate, et De controversiis agrorum. On le trouve dans W. Goesius, Rci agrarix auctore legpsque varix; Amsterdam, 1(574, in-4'*. On lit, entre autres, que le jus alluvionis, ou 1 droit de s'approprier les terrains d'alluvion était alors un sujet de contestation, et que le adeptes de la religion chrétienne transformaient en Italie, les bois sacrés et les temples du pagi nisme {lucus pirofanos sive templorum loca en champs cultivés. Aggénus était iui-mêm chrétien.

Biographical Dictionary.

*AGGRAvi {Jean-François), médecin ita lien , vivait à Sienne vers le milieu du dix-sep tième siècle. On a de lui : Anti-Lucerna fisicc oroscopante la conservazione delta sanita Padova, 16G4, in-4"; el Trattato delta sovran Medicina curativa universale d'ogmm' infei j?iito;Yenet., 1678,in-12. E. D.

AGHA-MOHAMMiCD, fondateur de la dy nastie actuelle des chahs de Perse, né en 1734 mort le 14 mai 1797. 11 appartenait à une de ce tribus d'origine turque qui depuis longîemp

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sont répandues dans les provinces persanes. La

tribu d'Agha-Mohammed était celle des Kadjars,

et était établie dans les environs d'Esterabad,

au sud-est de la mer Caspienne. Le grand-père

d'Agha-Mohammed, étant gouverneur du Mazan-

déran, avait été mis à mort par Thamas-Kouli-

Khan ; son père Mohammed-Hossein , devenu

chef d'une tribu de vagabonds , était parvenu ,

durant les guerres civiles qui suivirent la mort

de ce conquérant, à se rendre maître du Mazan-

déran, du Ghilan, et de tous les pays situés au

midi de la mer Caspienne. Vaincu par Kérim,

son rival, il fut tué en 1758.

Agha-Mohammed se n^ssentit de ces vicissitudes. A cinq ans, étant tombé au pouvoir des ennemis de sa famille, il fut fait eunuque, pour être mis dans l'impossibilité de nourrir des [)rojets d"aml)it!on. C'est de là que lui vint le titre d'agha, mot turc qui signifie maître, et que les Orientaux sont dans l'usage d'appliquer aux principaux eimuques du sérail. Mais, ainsi que le fameux Narsès , cette cruelle opération ne fit que le rendre plus ferme dans ses idées de gloire et de dom'nation. 11 ne s'occupa plus que des moyens d'agrandir sa fortune. Voyant la Perse se ranger sous les lois de Kérim, il se livra à ce prince , et mérita ses bonnes grâces et son estime; mais la mort de Kérim, en 1779, étant venue exciter de nouveaux troubles , il s'enfuit dans le Mazendéian, où il appela ses compatriotes à l'indépendance. Les commencements de sa puissance furent très-pénibles : quelques-uns de ses propres frères prirent les armes contre lui , et ce ne fut qu'à force de courage et d'artifices qu'il put se créer un parti.

Cependant il annonça l'intention de rétablir l'empire formé par Kérim. En quelques années il subjugua Ispahan, Kerman, Cliiraz, et tout le midi de la Perse. 11 voulut alors rendre à ce royaume les frontières qu'il avait eues sous les Sofis. Du c«ôté de l'orient, les Afghans s'étaient em[)arés du Candahar et du Caboul. Vers le nord-est , un descendant de Ïhamas-Kouii- Khan s'était maintenu dans le Khoraçan , sans pouvoir cependant mettre fout à fait cette contrée à l'abri des incursions des Tatars-Ouzbeks. Vers le nord-ouest , les Géorgiens , auparavant vassaux de la Perse, s'étaient déclarés indépendants, avec l'appui de la Russie. Aglia-Moliammed résolut de commencer ses expéditions par la Géorgie. En vain le vieux roi Héj-aclius invoqua le secours de l'impératrice Catherine II ; les Persans passèrent l'Araxe et se répandirent comme un torrent dans son pays, qu'ils mirent à feu et à sang. Après cette terrible invasion , Agha-Mohammed porta ses pas vers le Khoraçan, qui ne fit presque aucune résistance. Mais dans l'intervalle l'impératrice Catherine avait manifesté le dessein de venger les maux des Géorgiens. Agha-Mohammed se hâta de se diriger de nouveau vers le mont Caucase. Sur ces entrefaites, Catherine et Héraclius moururent,

NOUV. BIOGR. UNIVERS. — T. I

et tout faisait espérer aux Persans d'heureux succès, lorsque Agha-Mohammed fut assassiné par deux esclaves dont il avait ordonné la mort. Il éfait âgé d'environ soixante-trois ans. Son armée reprit aussitôt le chemin de la Perse ; et son neveu Baba-Khan (ro?/. Fetu-Ali-Chah) prit, non sans rencontrer quelques obstacles, les rênes du commandement. Agha-Mohammed était actif et courageux ; plein de prudence et d'artifice , il ne recourait à la force que lorsque la ruse était insuffisante. L'époque de crimes et d'attentats où il vivait l'avait fam'liarisé avec une politique cruelle et sanguinaire; niais, à la différencede la plupartde ses rivaux, il savait faire trêve à ses mouvements de vengeance, et, ami de i'ordreet de la justice, il rétablit la tian(jui!lité et le commerce en Perse. Agha-Miiliammed est le premier qui, pour mieux surveiller les Russes et Ouzbeks , établit sa résidence à Téhéran, près des côtes méridionales de la mer Caspienne, et fit de cette ville la capitale de la Perse. [ Extr. de YEnc. des g. du m. ]

!*1alcolm, Histoire de la l'erse.

*AGiAs ( 'Ayiaç ), écrivain grec, souvent cité par les anciens. On ignore l'époque à laquelle il vivait. Il avait composé un poème épi(iue en cinq livres, intitulé NocTot ( les Retours }, traitant du retour des Achéens de la guerre de Troie; il nous en reste quelques fragments, conservés dans la Chrestonialh'ie de Pi'ocii.s. — Athénée (XIV, 626, et 111, 86) parle d'un Agias, musicien, et d'un autre, comme auteur d'une histoire d'Argos.

Tliiersrh Jrta philolog. MonacenHa, t. Il, p 683. — Bode, Gcsrhichte der Episclien Dic/itkunst der Hellenen p. 3S8.

*AGiÉo (Oresbio), membre de l'Académie des Arcades de Rome, a publié la vie du poète Gigli sous ce titre : Vifn di Girolamo Gigli, Sanese; Firenze, 1746, in-4°. E. D.

Catalogue inédit de la Bibliothèque nationale.

ÂGiER ( PieîTe-/mH ), magistrat français, né à Paris le 28 décembre 1748, mort le 22 septembre 1823. Fils d'un procureur au parlement de Paris, il fut reçu avocat en 1709. A l'exemple de son père, il prit parti pour le pariement dans la querelle de cette compagnie avec le chancelier Maupeou. Son attachement aux doctrines de Port-Royal l'avait disposé à accueillir avec enthousiasme les idées de réforme qu'annonçait et devait réaliser la révolution de 1789 : aussi viton ce magistrat parmi les plus zélés antagonistes du pouvoir absolu. 11 fut d'abord député suppléant du tiers état de Paris aux états généraux, puis représentant de son district à la commune de Paris; enfin il eut la présidence du tribunal révolutionnaire, dont la mission était d'abattre le parti nommé la queue de Robespierre, et de juger Fouquier-Tainville. Sous le régime consulaire , Agier fut appelé à la présidence du tribunal criminel de la Seine ; mais il refusa cette haute magistrature, pour siéger comme simple

AGIER — AGILUPHE

juge à la cour d'appel de la même Arilïe. C'est,en cette cpialité qu'il eut part aux travaux, des deux commissions chargées de présenter des observations sur les projets des Codes civil et de commerce. En 1802, Agier remplaça, comme viceprésident du tribunal d'appel, M. Treilhard, qui en avait pris la présidence. En 1816, il reçut la commission d'installer la cour prévôtale du département de la Seine. A cette époque de sa vie appartient son principal écrit, celui par lequel il voulait finir, et qui effectivement l'a conduit au terme de sa carrière : ses Prophètes, nouvellement traduits sur Vhébreu, avec des explications et des notes critiques, 1820-1823, 11 vol. in-8", en y comprenant l'appendice intitulé Commentaires svr V Apocalypse. Les autres ouvrages du président Agier sont : le Jurisconsulte national, ou Principes sur les droits les plus importants de la nation, 1789, in-8°; — Vîtes S7ir la réformation des lois civiles, 3793 , in-8° ; — Traité sur le mariage dans ses rapports avec la religion et les lois nouvelles de la France, 1800, 2 vol. in-8°; — Psaumes nouvellement traduits en français sur Vhéhreu , et mis dans leur ordre naturel , etc., 1809,3 vol. 'm-&°;— Psaumes, 1818, in-18; — Prophéties concernant Jésus-Christ et VÉglise, éparses dans les livres saints, avec des explications et des notes, 1819, in-8° ; — Vues sur le second avènement de Jésus-Christ , ou Analyse de l'ouvrage de Lacun%a, jésuite, 1818, br. in-8°.

Biographie des hommes vivants. — Quérard , la France litlérnire. — Moniteur, 1823, p. 1136.

AGîLA, treizième roi des Visigoths en Espagne, mort en 534 ; il fut mis sur le trône vers l'an 549, après la mort de Thrudisèle , que les seigneurs de sa coui' avaient égorgé. Son règne, qui dura cinq ans, ne fut pas plus heureux que celui de son prédécesseur. S'étant attiré la haine de ses sujets par ses exactions et sa tyrannie, la ville de Cordoue se souleva, et plusieurs seigneurs entrèrent dans le complot. Athanalgide, l'un d'eux, ayant été élu roi, fut secondé par les troupes de l'empereur Justinien, et défit près de Séville l'armée d'Agila , qui fut forcée de se retirer à Lérida. Ce prince cherchait à réunir des troupes, lorsque ses principaux officiers, considérant que la guerre civile, en ruinant leur force, donnait aux Impériaux la facilité de détruire leur monarchie , se réunirent aux mécontents, poignardèrent Agila, et reconnurent Atha- Bagilde.

Mariana, Historia de Espaîia, lib. V, cap. 9. — Masdeu, Historia critica de Espafla, X, IIS. — Isidore, In chron — Procopc, Grégoire de Tours, etc.

AGILES {Raymond n'), chanoine du Puy, écrivit l'histoire de la croisade de 1095, d'après les documents qu'il avait lui-même recueillis en Orient, où il avait accompagné le comte de Toulouse comme chapelain. Son ouvrage a pour titre : Raymondi de Agiles, canonici Podiencis, Historia Francorum qui ceperunt Hierusa-

lem; imprimé dans les Gesta Dei per Francos. Guillaume de Tyr en a beaucoup profité.

*AGiLGOiV (Salomon), rabbin, mort le 10 avril 1728. Il fut successivement chef de la synagogue de Londres et de celle d'Amsterdam. 11 a joint des notes (Censurée) au Talmud, Imprimées à Amsterdam en 1714.

Wolf, Bibliotheca Hebrœa, t. II[, p. 1026.

ÂGiLMAR OU AI5SAR, évêque de Clermont au neuvième siècle. Chassé de son diocèse par les Normands, il se réfugia dans le comté d'Amaons , où il apporta les reliques de saint II lis et de saint Vivent. H les déposa dans deux. grottes , qui devinrent les noyaux de villages considérables. Dans l'assemblée de Pavie, Agilmar était au nombre des prélats qui jurèrent fidélité à Charles le Chauve ; et en 878 il remit de la part de Louis le Bègue, au pape Jean Vil, une letti'e dont on trouve un long fragment dans la Gallia christiana et dans le tomel, p. 13, des Acta Sanctorum. Il signa les actes du concile de Méhun-sur-Loire en 891 .

Gallia christiana. — Fabricius, Biblioih. med. etinf. setatis. i

AGILUPHE OU AGISCSPHAS, duc de Turin et roi de Lombardie, mort en 6 16. Il joignait aux grâces extérieures le courage pour défendre un État et la prudence pour le gouvernei'. Après la mort d'Atharic ou Atharis, roi des Lombards, en 590, ses sujets permirent à Theiidclinde sa veuve, dont la sagesse leur était connue, de choi sir elle-même le prince qu'elle jugerait le plus digne de sa main et du trône. Elle jeta les yeux sur Agiluphe. Mais, soit jalousie, soit amour de l'indépendance, plusieurs ducs se révoltèrent contre le nouveau roi. L'exarque de Ravennc le seconda. Agiluphe ayant imploré le secours du chef des Avares, en obtint un corps de troupes, avec lequel il dompta les seigneurs rebelles et enleva plusieurs places aux Impériaux. Il attaqua Pérouse, força la ville de se rendre, et fitt trancher la tête au duc qui la commandait. Ayant continué ses conquêtes, il pénétra en 594 juscpi'à Rome; mais le pape sauva cette capitale par des présents et les bons offices de la reine ïheudelinde. 11 y eut une trêve de quelques années entre les Lombards et les Impériaux. Callinicus, exarque de Ravenne , qui l'avait négociée , la rompit bientôt, après s'être saisi de la ville de Parme, où étaient la fename, la fille et le gendre d'Agiluphe , et les fit transporter à Ravenne. Le roi lombard, outré de fureur, rassembla ses for ces, prit d'assaut la ville de Padoue, et la mît en cendres. De là ilpénéti'a dans l'Istrie, et désola cette province par les meurtres et les incendies. L'empereur fut forcé de rappeler Callinicus et d'acheter la paix. Agiluphe se disposait à réparer les maux de la guerre, à faire rebâtir les églises détruites et les monastères dépouillés, lorsqu'il mourut en 616, après vingt-cinq ans de règne. Theudelinde l'avait engagé à quitter l'arianisme pour embrasser la foi catliolique. Le

S89 AGILUPHE

cabinet des hiédailles de la Bibliothèque nationale a possédé la couronne d'or d'Agiluphe : elle avait la forme d'un cercle, ou auréole d'un saint. Ce précieux objet fut volé en 1804, et fondu en lingots.

Paul Diacre, liv. Ill et IV. — Sigonius, De Regno Ita- Uœ. — Saint Grégoire, Aitnoin, Baronius, etc.

AGINCOURT ( Jean-Baptiste-Louis-George feroîix d'), archéologue et numismate, né à Beauvais le 5 avril 1730, mort le 24 septembre 1814; il descendait d'une ancienne famille du comté de Namur. Après avoir reçu une éducation distinguée , il entra de bonne heure dans un régiment de cavalerie ; mais différentes circonstances le déterminèrent à quitter le service militaire , et à se dévouer à l'éducation de deux frères en bas âge et de sept jeunes parents restés orphelins. Louis XV, instruit de ce pieux dévouement, le nomma fermier général. En 1777, d'Agincourt visita l'Angleterre, la Hollande, l'Allemagne; et le 24 octobre 1778 il partit pour l'Italie, où il acheva d'acquérir les connaissances qui constituent l'amateur éclairé. En 1781, il parcourut Naples, Pestum, Hèrculanum , Pompéi , le Vésuve , le mont Cassin , et revint à Rome pour mettre à exécution le projet qu'il avait conçu depuis longtemps , celui de son grand ouvrage de Y Histoire de l'art par les monuments, depuis sa décadence au quatrième siècle jusqu'à sonrenouvellement au seizième, en 6 volumes grand in-folio , ornés de 325 planches, terminé en 1823. C'est sans contredit le principal titre de gloire de d'Agincourt. Les tables analytiques raisonnées de chacune des parties relatives à la peinture , à la sculpture et à l'architecture, par M. Gence, qui sont jointes à l'ou- \Tage , facilitent la lecture de cet immense répertoire de faits, comprenant la description des monuments de tous les genres appartenant à différents âges et disséminés dans diverses contrées. On doit encore à d'Agincourt un ouvrage intitulé Recueil de fragments de sculpture antique, en teire cuite, 1 vol. in-4°, orné du portrait de l'auteur, et enrichi de trente-sept planches gravées ; Paris, 1814. D'Agincourt mourut à Rome à l'âge de quatre-vingt-quatre ans.

Biographie des Contemporains.

AGIS. Quatre rois de ce nom figurent dans l'iiistoire de la république lacédémonienne : le premier appartient à la branche alnéc des Hévaclides, appelés aussi Agiades, ou famille des EurysthénideSjdu nom de son père Eui7sthènes ; les trois autres, issus de la seconde branche, de celle des Proclides, se succèdent à peu de distance les uns aux autres.

Le premier yl gris Héraclide vécut 980 an savant J.-C, à une époque où l'iiistoire de Sparte ne présente encore aucun caractère d'autlienticité. On lui attribue la prise de la ville maritime d'Hélos, dont il aurait rasé les murs, et assujetti les habitants à l'affreuse servitude à laquelle ils ont attaché leur nom. Les Ilélots ou Ilotes devinrent,

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