AGIS
par son ordre, esclaves publics des Spartiates, condamnés, eux et leur race, aux plus durs travaux et à des humiliations plus barbares encore. Toutefois, ce fait, allégué par Strabon et confirmé par Plutarque, n'est pas suffisamment prouvé ; il repose plutôt sur des traditions que sur des témoignages historiques.
Quant aux rois Agis Proclides, leur histoire offre plus de certitude, et appartient à des temps postérieurs à l'âge héroïque. Ils sont au nombre de trois. Voici l'abrégé de leur vie :
AGIS \", fils d'Archidamas U, succéda à son père en 427 avant J.-C. , et se distingua dans la guerre du Péloponèse par les combats qu'il livra aux Athéniens et aux Argiens. Il prit aux premiers la ville de Décélie, qu'il fortifia , et d'où il fit ensuite plusieurs incursions dans l'Attique : il remporta sur les seconds la victoire de Mantinée, où le courage et la discipline des Spartiates brillèrent dans tout leur éclat. Plus tard, L concourut avec Lysandre à la prise d'Atiiènes après la malheureuse bataille d'jEgos-Potamos, et contribua à mettre fin à la guerre qui pendant vingt-sept ans avait successivement embrasé toute la Grèce.
Pausanias, liv. III.— Hérodote, Diodore de Sicile, Eusélie.
AGIS II devint roi de Sparte l'an 338 avant J.-C, à la mort de son père Archidamas lH. D fut contemporain de Philippe et d'Alexandre, et fit de nobles efforts pour secouer le joug des Macédoniens. Mais la fortune ne seconda pas sa bravonre : il réussit bien à rendre quelques services à Darius, roi de Perse, et à soulever contre Alexandre le Péloponèse ; mais il ne put résister à la supériorité d'Antipater, qui, accouru à la hâte avec une armée formidable , le battit sous les murs de Mégalopohs. Agis et ses Spartiates firent des prodiges de valeur : cinq mille hommes des siens couvraientdéjà le champ de bataille, quand il résistait encore avec une vigueur que soutenait l'amour de la liberté. Blessé à plusieurs reprises et épuisé de fatigue , il continua de combattre à genoux , et fut enfm ^tteint d'une flèche qui lui ôta la vie en 330.
Plutarque, /.(/sancîej', c. xxir, el Agesilaûs.—'ïhacydide, liv. IV, V et VIII. — Diodore, Justin, Pausaniaj, III, 8. — Xcnophon, Hellen., I, c. i ; III, 1-4.
AGIS m, fils d'Eudamidas II, auquel il suc céda en 242 avant J.-C. , fut i'avant-dernier roi de la famille des Proclides , et devint victime de son attachement pour l'antique constitu tion de Lycurgue. Depuis longtemps les Spartiates avaient renoncé à cette simplicité de mœurs et à cette austérité de principes qui, pendant des siècles, avaient fait leur gloire et leur puissance .le luxe et la corruption s'étaient glissés dans toutes les classes du peuple ; et l'inégalité de la fortune était devenue si grande, que six cents citoyens se ti'ouvaient dénués de toute propriété. Admirateur enthousiaste des anciennes institutions de Sparte , Agis se proposa de les remettre en vigueur; mais il s'attira ainsi la haiiio de