GALLO VICTO
SCI'ERATA lïALIA
rONTIFICF. OBSESSO
BOMA CAPTA
BORBONIUS HIC JACET
un arrêt du parlement de Paris faisait teindre en jaune le seuil de la porte de son hôtel, pour
apprendre à la postérité que Charles de Bourbon était mort en perlant les armes contre son pays. [Enc. d. g. du m., avec addit.]
Gaillard, Histoire de ^rançoi^i/^''.— Tavannes, Mémoires, t. XXVf. — Pinard , Chronologie militaire , t. l, p. 133. — Brantôme, Fies des Grands Capitaines ètrans gers, llv. 1, § xxxviii.— Vie de François I*'', liv. Il, § m. — Guicchardin, Histoire d! Italie. — Sauvai, Antiquités dé la ville de Paris, t. III, llv. XIV, p. 25.
BOURBON {Jean, bâtard de), guerrier français , vivait dans la première moitié du quatorzième siècle. Il naquit de Pierre I^'', duc de Bourbon, et fut seigneur de Rochefort, de BreuU les, de Bellenaux, de Champ-Fromental, de Croset, de Meillan, d'Estanges ; chambellan de Jean de France, lieutenant général du roi en Languedoc, et gouverneur du Bourbonnais. II fut blessé et fait prisonnier à la journée de Poitiers, où son père perdit la vie.
BOURBON {Hector, bâtard de), guerrier français, né en 1391, mort le 11 mai 1414. lï était fils de Louis H, duc de Bourbon , et avait déjà montré les qualités les plus brillantes lorsqu'il se trouva avec les Armagnacs au siège de Soissons , dont la garnison bourguignonne était conmiandée par Enguerrand de Bournonville. Ce capitaine avait fait une sortie et battu les Armagnacs. Hector de Bourbon rallia les siens, repoussa les assiégés; et, au moment où il allait forcer une des portes de la ville, il fut atteint à la gorge par une flèche. Sa mort, arrivée le lendemain, causa la plus vive douleur à l'armée, et surtout à son frère Jean I^'', duc de Bourbon, dont il était tendi'ement aimé.
BOURBON ( Jean, bâtard de ), prélat français, mort le 2 décembre 1485. H était fils de Jean F'', duc de Bourbon, et céda à son neveu, Charles de Bourbon, l'abbaye de Saint- Vaast d'Arras et l'archevêché de Lyon,auxque!s il avait été nommé. Il fut l'un des prélats les plus distingués de son époque, enrichit la bibliothèque de Cluny, fonda des hôpitaux et bâtit des églises. H rendit à l'État les services les plus éminents : il fut lieutenant général du BourlDonnais, de l'Auvergne, du Languedoc , et tint souvent les états de cette dernière province.
BOURBON {Alexandre, bâtard de ), guerrier fi'ançais, frère naturel du précédent, mort en 1440. Les brigandages les plus odieux contrastèrent en lui avec les qualités les plus brillantes. Défenseur de Charles VII, qu'il aida puissamment à reconquérir son royaume, il fut le Iléau du peuple, qui lui donna, à juste titre, le sui-nom A'Écorcheur. Il concourut à entraîner dans la lévolte le Dauphin ( depuis Louis XI ), et se distingua comme l'un des principaux chefs de !a Praguerie, à laquelle il voulut, mais inutilement, assui-er l'appui du duc de Bourgogne. Arrêté par l'ordre de Charles VII, qu'il était allé trouver à Bar-sur-Aube, il fut jugé, condamné, et précipité dans la rivière, après avoir été cousu dans un sac sur lequel on lisait ces mots : « Laissez pas- « ser la justice du roi. ■» Les amis du bâtard de
Bourbon le retirèrent de l'eau, et lui firent de
pompeuses funérailles.
Monstrelet, Chroniques. — Comines. Mémoires. - Mlchelet, Hist, de France. — Sismondi, Hist. des Français.
BOURBON (Louis, bâtard de), comte de Roussillon , de Ligny , etc. , amiral de France, fils naturel et légitimé de Charles de Bourbon I" du nom, duc de Bourbon , pair et chancelier de France , et de Jeanne de Bournan , vivait dans la seconde moitié du quinzième siècle. A la fin de février 1466, il épousa Jeanne, bâtarde de France, fille naturelle de Louis XI et de Marguerite Sassenaye. «■ Maréchal et sénéchal du a Bourbonnais , duché d'Auvergne , comté de « Clermont et de Forez , Louis , bâtard de « Bourbon , fut nommé capitaine , châtelain de « Verneuille 24 juillet 1461, puis heutenant gé- « néral de toutes les terres appartenant à son « frère Jean n, qui lui confia la conduite de tous « les nobles de ses pays. » Il fut légitimé par lettres données à Pontoise en septembre 1463 , et la baronnie de Roussillon fut érigée en comté à l'occasion de son mariage. Amiral de France en 1466, chevalier de l'ordre de Saint-Michel en 1469, il fut, selon quelques historiens, enterré dans l'église de Saint-François de Valognes, qu'il avait fondée.
Histoire généalogique des Sires de Salins. — Anselme, Hist. géné.al. et chron. des grands officiers de la couronne, t. I«f, p. 308 ; t. VII, p. 8S7.
BOURBON ( Mathieu , surnommé le grand bâtard de ), guerrier français, mort en 1505. Il était fils de Jean 11, duc de Bourbon, et possédait la seigneurie de Bothéon et la baronnie de la Roche-en-Renier. II se distingua d'abord dans les dernières guerres de Louis XI, et, sous Charles Vin, fut nommé conseiller et chambellan de ce roi, gouverneur de Guyenne et de Picardie, maréchal et sénéchal du Bourbonnais, chevalier de Saint-Michel. Pendant la régence d'Anne de Beaujeu, il combattit vaillamment en Picardie contre les troupes de l'empereur Maximilien , et se distingua surtout au combat du Quesnoy, en 1477. Charles vni, en montant sur le trône, choisit le bâtard de Bourbon pour être le premier des neuf preux qui devaient l'accompagner en Itafie; mais ce hardi capitaine fut fait prisonnier à la bataille de Fovnoue, où l'impétuosité de son cheval le précipita au milieu des rangs ennemis.
Moréri, Diction, hist. — Mézeray, Histoire de France. — Sismondi, Histoire des Français.
BOCRBON-CONDÉ ( ZoMïs, ducDE), prince français, fils de Henri- Jules, prince de Condé, et d'Anne de Bavière, né en 1668, mort le 4 mars 1710. 11 se compoi-ta avec distinction aux sièges de Mons et de Namur, montra de la valeur et de l'intelligence, et mourut à Paris d'un mal subit, après un vie désordonnée. La violence de son caractère était extrême. Voici le portrait que le duc de Saint-Simon nous donne de ce petitfils du grand Condé ;
NOUV. BIOGR. UNIVERS. — T. VII
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« C'était un homme très-considérablement plus petit que les plus petits hommes, qui, sans être gras, était gros de partout ; la tête grosse à surprendre, et un visage qui faisait peur. On disait qu'un nain de madame la Princesse en était cause. 11 était d'un jaune livide, l'air presque toujours furieux; mais en tout temps si fier, si audacieux, qu'on avait peine à s'accoutumer à lui. Il avait de l'esprit, de la lecture, des restes d'une excellente éducation, de la politesse et des grâces même, quand il voulait; mais il voulait très-rarement. Il n'avait ni l'injustice, ni l'avarice, ni la bassesse de ses pères; mais il e» avait toute la valeur, et avait montré de l'application et de l'intelligence à la guerre. Il en avait aussi toute la mahgnité et toutes les adresses pour accroître son rang par des usurpations fines, et plus d'audace et d'emportement qu'eux encore à embler. Ses mœurs perverses lui parurent une vertu , et d'étranges vengeances qu'il exerça plus d'une fois,, un apanage de sa grandeur. Sa férocité était extrême, et se montrait en tout. Les embarras domestiques, les élans continuels de la plus furieuse jalousie, le vif piquant d'en sentir sans cesse l'inutilité, un conti-aste sans relâche d'amour et de rage conjugale, le déchirement de l'impuissance dans un homme si fougueux et si démesuré, le désespoir de la crainte du roi et de la préférence de M. le prince de Conti sur lui..., la rage du sang de M. le duc d'Orléans et de celui des bâtards, toutes ces furies le tourmentèrent sans relâche, et le rendirent terrible comme ces animaux qui ne semblent nés que pour dévor.er et faire la guerre au genre humain... Quiconque aura connu ce prince n'en trouvera pas ici le portrait cliargé. a • Saint-Simon, Mémoires.
BOURBON ( Louis-Henri, duc de ) et d'Engliien, fils aîné du précédent , né à Versailles en 1692 , mort à Chantilly le 27 janvier 1740. Il fut nommé chef du conseil de régence après la mort de Louis XIV, et devint, après celle du duc d'Orléans, premier ministre du jeune roi. 11 hérita de l'humeur rapace de ses pères , puisa à pleines mains dans les caisses de l'État, se compromit dans les opérations financières de Law, plus tard s'associa aux manœuvres des frères Paris, et grossit, par toutes ces voies ténébreuses, sa fortune héréditaire. La célèbre marquise de Prie, sa maîtresse, exerça sur lui une influence qui ne tourna ni au profit de sa gloire ni à l'avantage de l'État. Le dnc de Bourbon (car il conserva ce titi-e et ne porta point celui de prince de Condé, qui lui appartenait de droit cependant) fut supplanté en 1726, comme premier ministre, par le cardinal de Fleury, qui le fit exiler de la cour, et dont la rancune le poursuivit longtemps. Retiré à Chantilly, il s'y livra avee passion à l'étude de la chimie et de l'iiistoire naturelle, dont il forma de précieuses collections.
Mémoires de Saint-Simon.— Le Bas, Dictionnaire encyclopédique de la France.
BOURBON
BOURBON {Antoine de), duc de Bourbon- Vendôme, roi de Navarre. Voy. Antoine.
BOURBON {Charles, cardinal de), cardinal, guerrier et diplomate français, né en 1437, mort vers la fin de 1488. Il était le second fils de Charles I^"^, cinquième duc de Bourbon, et fut nommé , en 1446; archevêque de Lyon; légat d'Avignon, en 1465, et cardinal, en 1477. Après avoir pris parti, contre Louis XI, dans la Ligué du bien public, il se réconcilia avec ce monarque, qui le mit à la tête de ses conseils , lui donna le gouvernement de l'Ile-de-France, et l'employa souvent sur les champs de bataille et dans des négociations diplomatiques. A Pecquigny, Louis XI engageant le roi d'Angleterre Edouard IV à venir à Paris voir les damcs de sa cour, présenta au prince anglais le cardinal de Bourbon, comme un confesseur complaisant ; Edouard déclara à son tour qu'il le connaissait pour un bon compagnon. En 1488, la mort de Jean H, duc de Bourbon, mit le cardinal en possession de ce titi'e ; mais ce prince ne put obtenir les biens qui y étaient attachés. Son frère aîné, le sire de Beaujeu, avait épousé Madame, fdle de Louis XI; et cette princesse força le cardinal de céder à son mari cette riche succession, à l'exception seulement de la seigneurie de Beaujolais.
Comines, Mémoires. — Sismondi, Histoire des Français. — Michelet, Histoire de France.
BOURBON ( Louis DE ), évêque de Liège, frère puîné du précédent, mort en 1482. Il mena une vie peu épiscopale, et fut assassiné par le comte de la Marck, surnommé le Sanglier des Arde7ines U eut trois fils d'une princesse de la maison de Gueldre. L'aîné de ces enfants, Pierre de Bourbon, donna naissance à la famille de Bourbon- Busset.
Chapeauville, Historîa sacra et profana, in qua reperiuntur gesta pontiftcum Tungrensium et Romanorum. — Art de vérifier les dates.
BOURBON ( Louis, cardinal de ), prince français, né le 2 janvier 1493, mort le 17 mars 1556. Il était le quatrième fils de François de Bourbon, troisième comte de Vendôme, et fut évêque de Laon à l'âge de vingt ans. 11 fit en 1515, avec le roi François I""", la campagne du Milanais. Il obtint, en 1516, le chapeau de cardinal, l'archevêché de Sens, et la légation de Savoie. En 1527, dans l'assemblée des notables que François F'' convoqua au retour de sa captivité, le cardinal de Bourbon offrit à ce prince, au nom du clergé, un don de 1,300,000 livres; et, en 1552, il reçut de Henri II le gouvernement de Paris et de rUe-de-France.
BOURBON {Charles, cardinal de), prince français, né le 22 décembre 1520, mort le 9 mai 1590. n était fils de Charles de Bourbon, quatrième comte de Vendôme. Il réunissait à plus de dix abbayes l'archevêché de Rouen, la légation d'Avignon, l'évêché de Beauvais, la dignité de pair de France et celle de commandeur de l'ordre du Saint-Esprit. A la mort de son frère,
Antoine de Bourbon , roi de Navarre, il fut che du conseil du roi Charles IX, et conserva ce poste sous Henri HI ; ce qui ne l'empêcha point de se dévouer aux prétentions de la maison de Lorraine, en croyant servir la cause de la foi catholique. Trahissant ses propres intérêts et ceux de son neveu le roi de Navarre ( depuis Henri I V ) , il se laissa proclamer roi sous le nom de Charles X, et protecteur de la religion en France ; il ceignit l'épée, endossa la cuirasse, et, à la persuasion des Guises, épousa leur mère , la duchesse douairière. C'était un moyen d'ouvrir à ces princes la voie qui devait les conduire au trône; et, durant plusieurs années, le cardinalroi fut reconnu par toutes les provinces qui suivaient le parti de la Ligue, et qui formaient la majorité de la nation. Après l'assassinat du duc et du cardinal de Guise, Henri HI, qui avait eu la faiblesse de reconnaître pour son héritier légitime le cardinal de Bourbon, le fit enfermer au château de Fontenay-le-Comte. C'est de là que ce roi des ligueurs écrivit, deux mois avant sa mort, à son neveu Henri IV, une lettre dans laquelle il le reconnaissait comme son souverain. On a des monnaies à son effigie, et il existe plusieurs ouvrages consacrés à la défense des droits qu'il s'était arrogés. Le parlement de Paris, qui, le 3 mars 1590, avait rendu un arrêt déclarant le cardinal de Bourbon vrai et légitime roi de France, ordonna, le 3 septembre 1594, que le nom d'un roy qu'ils appelèrent Charles X, supposé par la malice dû temps au préjudice de la loi salique, fondamentale du royaume, fût effacé de tous les actes publics.
Sismondi, Hist. des Français. — L'Estoile, Joitmal de Henri III et de Henri IV.
BOURBON ( Charles, cardinal de Bourbon- Condé, puis cardinal de Vendôme, enfin cardinal de) , prince français, né vers 1560, mort le 30 juillet 1594. Il était petit-neveu du précédent, et le quati'ième fils de Louis F"^ de Bourbon, premier prince de Condé ; il fut archevêque de Rouen, et succéda à son grand-oncle dans plusieurs de ses abbayes. Comme ce prince, il eut la faiblesse de briguer le trône dont Henri IV était le légitime héritier; et quoique, suivant Péréfixe, « sa tentative fût la plus dangereuse affaire que notre Henri eut jamais à démêler, » il n'en recueiUit cependant que de la honte et du ridicule. C'est ce que lui fit sentir Henri IV, en le visitant lors de sa dernière maladie : « Mon cousin , lui dit-il , prenez courage ; il est vrai que vous n'êtes pas encore roi , mais le serez possible après moi. » Il mourut fort jeune.
Péréfixe, Vie de Henri le Grand. — Mézcray, Hist. de France. — Sismondi, Hist. des Français. — Morcri, Dictionnaire.
BOURBON {Louis-Henri'Joseph, ànc de), prince de Condé, né le 13 août 1756, mort le 27 août 1830. Jeune encore , il avait épousé sa cousine, la princesse Louise d'Orléans. Ce mariage, grâce à quelques incidents romanesques, fournit le sujetdela pièce r^wowrewa; dequinze
BOURBON
ans. Le duc de Bourbon mena la vie des princes de cette époque, et eut à se reprocher quelques écarts de jeunesse. Un incident de bal masqué, dont les particularités sont fort connues, amena une rencontre d'honneur entre lui et le comte d'Artois. Ce dernier avait arraché le masque de la duchesse de Bourbon , sa maîtresse délaissée , et qui, dit-on, l'avait poussé à bout dans un accès de jalousie. Les deux princes , après s'être fait réciproquement une légère blessure , se réconcilièrent, en dépit de l'aventure étrange et fort ébruitée qui avait donné lieu au duel. Le duc de Bourbon fit ses premières armes au siège de Gibraltar, en compagnie du comte d'Artois, et y fut blessé. Associé aux opinions politiques de son père, quand la révolution éclata il servit la même cause, et commanda aussi un corps d'émigrés qu'il avait organisé dans le pays de Liège. Il assista aux principales affaires des campagnes conti'e-révolutionnaires, et reçut au combat de Bertheim une blessure au poignet. Il se retira en Angleterre, où il apprit la mort de son fils, le duc d'Enghien. Il essaya pendant les Cent-Jours, après la départ de Louis XVUI, de diriger le soulèvement de la Vendée ; mais il échoua dans cette tentative , et se retira de nouveau en Angleterre. Rentré en France après la seconde abdication de Napoléon, il fut investi du titre de grand maître de la maison du roi , et vécut dans ses domaines , où il se livra au plaisir de la chasse , son unique occupation , et à quelques relations intimes. Par son testament, du 30 août 1829, il avait institué pour son héritier Henri d'Orléans, duc d'Aumale. La révolution de 1830 causa au duc de Bourbon une impression de peine et d'effroi qu'il lui était irapossible dissimuler. Son intention secrète étaitelle, ainsi qu'on l'a dit, de partager le toit de la famille exUée , et de revenir sur ses dispositions testamentaires.!" Quoi qu'il en soit de ces circonstances difficiles à éclaircir, la mort du duc de Bourbon survint peu de temps après ; et cette fin du dernier des Coudés était faite pour causer l'étonnement. Le prince fut trouvé , le 30 août 1830, pendu par un mouchoir à l'espagnolette de sa fenêtre , dans son château de Saint-Leu. Un procès, célèbre dans les annales judiciaires, fut intenté à l'occasion de cet événement : il eut pour résultat l'abandon des poursuites commencées, et l'opinion qui prévalut en justice fut que le duc de Bourbon avait mis fin volontairement à ses jours.
Moniteur universel, même époque. — Gazette des Tribunaux, 1830. — Le Bas , Dictionnaire encyelop. de la France. — Louis Blanc, Histoire de dix ans — Lesur, Annuaire historique.
i&ovRBOTS {Louise-Marie-Thérèse-Bathilde d'Okléans, duchesse de), princesse française, née à Saint-Cloud le 9 juillet 1750, morte à Paris le 10 janvier 1822. Elle était fille de Louis-Philippe, duc d'Oriéans, petit-fils du régent, et de Louise-Henriette de Bourbon-Conti. Le duc de Bourbon, à peine âgé de quinze ans, se passionna
pour cette princesse, qui avait siv ans de plus que lui. Leur mariage eut lieu en 1770 , et donna naissance, en 1772, au duc d'Enghien. Ce prince vint au monde sans donner aucun signe de vie, et fut enveloppé dans des langes imbibés d'esprit-de-vin. Une étincelle y étant tombée, le jeune duc faillit périr. Cependant l'amour du duc de Bourbon pour la duchesse se changea peu à peu en indifférence. Les deux époux se séparèrent : le duc rendit à la maison d'Orléans les 200,000 livres de rente que sa femme lui avait apportées; il fut obligé de lui faire une pension de 25,000 francs, et de lui fournir de l'argenterie, des nfeubies et des équipages. La duchesse de Bourbon, rendue à elle-même, s'abandonna au mysticisme le plus exalté, et aux principes révolutionnaires que favorisait alors la maison d'Orléans. Elle conversait avec Catherine Théo, qui se faisait appeler la Mère de Bien ; elle écoutait les prédictions insensées du chartreux dom Gerle; elle logeait dans son hôtel la soi-disant prophétesse Suzanne la Brousse; et, quand la révolution eut éclaté , elle accorda sa protection aux évêques constitutionnels. Ce gage- de sympathie donné aux idées nouvelles ne la préserva point de la captivité : elle fut enfermée avec toute sa famille dans le fort Saint- Jean, à Marseille , où elle demeura depuis le mois de mai 1793 jusqu'au 29 avril 1795. Le décret qui lui rendit la liberté lui alloua, sur son ancienne fortune, une somme de 180,000 francs; mais, après le 18 fructidor an V, elle fat obligée de se retirer en Espagne, avec une pension de 50,000 francs. Elle s'établit à Soria, près de Barcelone, dans une maison de campagne ; et c'est là que , suivant un ouvrage contemporain , <> entiè- « remviut confiante en la Toute-Puissance, qui lui « a ordonné de guérir des malades, madame de « Bourbon n'est, pour ainsi dire, plus qu'une « sœur grise, qui reçoit dans sa maison de cam- « pagne jusqu'à deux cents malades par jour, « qu'elle panse et soulage lorsqu'ils sont dans le « besoin. » De cette retraite, elle entretenait une nombreuse correspondance, dont quelques parties attestent que, malgré ses malheurs et ceux de sa famille, elle ne laissait pas de sympathiser avec les idées politiques des novateurs, comme avec leurs opinions religieuses. Elle avait affectionné l'illuminé Saint-Martin, qui composa pour elle» en 1796, l'écrit intitulé ^cce Homo; et, en 1800, elle demanda , dans une de ses lettres, « qu'il n'y ait de distinctions parmi les homm'es que celles que doivent établir la vertu , l'esprit, les talents et l'instruction; que les lois répriment les fortunes considérables ; qu'il soit honteux d'être trop riche.... Quelles qu'aient été, ajoutet-elle, les suites de la révolution, je ne blâmerai jamais le but qu'on s'était proposé, mais les moyens qu'on a employés. « Ces préoccupations politiques ne l'empêchaient pas cependant de solliciter avec ardeur son retour en France. Enthousiaste de Napoléon avant la mort du duc
BOURBON
d'Enghien, elle ne parut pas avoir changé de sentiment après cette catastrophe : « Mon exil, écrivait-elle en 1808, me semble bien inutile au salut (le l'empire et au bonheur de l'empereur. Comment se fait-il que je ne puisse en obtenir la fin , surtout après l'avoir demandée avec tant d'instance et de constance ? » Ramenée en France par les événements de 1814 , la duchesse de Bourbon établit dans so^ hôtel un hospice où elle recevait des pauvres malades, et qu'elle appela hospice d'Enghien;e\\e administrait des secours à ces infortunés, et pansait elle-même leurs plaies. C'est ainsi qu'elle passa les sept dernières années de sa vie. Frappée d'apoplexie dans l'église de Sainte-Geneviève pendant une cérémonie religieuse, elle reçut l'absolution d'un missionnaire, et fut transportée à l'École de droit, où elle rendit le dernier soupir. Elle a laissé : Opuscules, ou Pensées d'une âme de foi sur la religion chrétienne pratiquée en esprit et en vérité; 1812, 2 vol. in-4'', sans nom d'auteur; — Correspondance entre ma-
damedeB (Bourbon) et M.R (Ruffin),
sur leurs opinions religieuses , t. F"^ (Barcelone), 1812, in-8''; — Suite de la correspondance entre madame de B et M. R ,
et divers petits contes moraux de madame de B....,t. U; 1813, in-S". Ces trois ouvrages ont été mis à l'index par la cour de Rome.
Bescnval, Mémoires. — MahuI, annuaire, ann. 1822. BOURBON {Louis-Antoine- Jacques de), infant d'Espagne , né en 1727, mort à Villa-de- Arenas le 7 août 1785. Il était fils de Philippe V et frère de Charles III. Voué presque en naissant à l'état ecclésiastique, il fut, à l'âge de huit ans, créé cardinal par le pape Clément XII; mais, à la mort de son père, il renonça à une vocation contraire à sa volonté : il résigna l'archevêché de Tolède, dont on l'avait pourvu, et ï^nvoya le chapeau de cardinal. En haine du petit collet, qu'il avait porté malgré lui , il ne porta désormais que des habits dont le collet tombait au milieu de sa poitrine. La musique, la botanique, l'histoire naturelle, devinrent ses occupations favorites. Le 25 juin 1776 , il épousa Marie-Thérèse de Valabriga Bosas, issue de la famille royale d'Albret, bien qu'elle n'eût pour père qu'un capitaine de cavalerie aragonaise. Ce mariage , auquel Charles III avait consenti: seulement par scrupule <le conscience, eut lieu aux conditions suivantes : « L'épouse de don Louis n'aurait que le titre de comtesse de Chinchon, et ne paraîtrait jamais à la cour ; son époux n'y viendrait qu'avec l'autorisation du roi, ne disposerait que de ses biens libres, et ne laisserait aucun de ses titres à ses enfants, qui se contenteraient de celui de leur mère. « A la mort de don Louis, sa veuve et ses enfants perdirent le comté de Chinchon, qui fut réuni à la couronne, et n'en furent dédommagés que par une modique pension.
Paquis et Donhez, lHst.de V Espagne, — Cli, Roracy, Hist. d'Espagne,
BOURBON {Louis-Marie he), prince, prélat et homme politique espagnol, fils du précédent, né à Cadahalso le 22 mai 1777, mort à Madrid le 18 mars 1823. Il eut le titre de comte de Chinchon; il fut nommé en 1793 grand-croix de l'ordre de Charles m, et, en juin 1799, élevé à l'archevêché de Séville, qu'il réunit, l'année suivante, au siège primatial de Tolède. Le 2-2 octobre de la même année, il fut créé, par PiejVn', cardinal du titre de Santa-Mariadella Scala. Après la renonciation de Charles IV, de son fils et de ses frères à la couronne d'Espagne, le cardinal de Bourbon écrivit, le 22 mai 1808, à l'empereur des Français, qu'il était « le « plus fidèle de ses sujets, et mettait à ses pieds « l'hommage de son amour, de son respect et de « sa fidélité. » Il prêta ensuite serment au roi Joseph; mais, en 1809, il se laissa entraîner dans l'insurrection espagnole, fut nommé président de la régence de Cadix, et, en cette qualité, sanctionna et promulgua la constitution de 1812, Plus tard, il abolit l'inquisition, et souffrit que , le 25 avril 1813,1a régence, dont il était le chef, expulsât de l'Espagne le nonce du pape, Gravina, qui avait hasardé quelques remontrances sur une pareille mesure. Au retour de Ferdinand VII, le cardinal de Bourbon fut envoyé au-devant de ceprince pour recevoir son serment de fidélité à la constitiïtion : Ferdinand, peu soucieux de remplir cette formalité, se détourna de sa route, afin d'éviter son cousin, qui l'atteignit seulement à Valence. L'entrevue des deux princes fut tièsfroide : le cardinal ne put éviter de baiser la main duroi avant que celui-ci eût adopté l'œuvre des ( ortès ; et, lorsque Ferdinand fut rentré dans Madrid, l'ancien président de la régence, relégué dans son diocèse de Tolède, perdit l'administration et les revenus de l'archevêché de Séville. A la révolution de 1820, ses tendances constitutionnelles le placèrent à la tête de la junte provisoire, et il appuya par une lettre pastorale le système politique qu'il voulait faire prévaloir. La mort lui épargna le chagrin d'assister pour la seconde fois à la ruine de son parti.
Paquis et Dochez, JHist. de l'Espagne. — Ch. Romcy Hist. d'Espagne.
BOURBON-coNTi ( Anne-Louise-Frauçoise Delorme, femme Billet , plus connue sous le nomà' Amélie-Gabrielle-Stéphanie-'Loîiise m: ), célèbre aventurière, née à Paris le 30 juin 1756, morte dans la même ville en 1825. Après avoir reçu une brillante éducation , elle fut conduite par sa mère à Lons-le-Saulnier, où on lui proposa pour mari un procureur au bailliage, nommé M. Billet. La jeune Delorme, à qui son éducation, son esprit et sa beauté avaient inspiré l'espoir d'an plus bel avenir, se refusa d'abord à cette alliance ; mais quelques semaines passées à Chàlons. chez les religieuses de Sainte-Marie, parurent lui inspirer d'autres sentiments, et, à sa sortie de cette maison religieuse elle épousa M. Billet. Après la mort de sa mère, arrivée en
BOURBON
1778, M"^ Billet, qui, au fond du cœur, n'avait jamais renoncé à ses chimériques espérances, conûa secrètement à ses voisines qu'elle était issue du sang royal, et que M'"" Delorme, loin d'être sa mère, n'était que sa gouvernante. Lorsque ces bruits se furent accrédités, la prétendue princesse afficlia hautement des prétentions, et porta si loin son extravagance, qu'elle vit se fermer devant elle toutes les maisons de Lons-le- Saulnier. Chez les Visitandines de Gray, où son mari, las de ses folies, lui permit de se retirer en 1786, elle compléta le roman dont elle n'avait jusqu'alors que dessiné la première ébauche, et elle écrivit à l'une de ses amies : « J'ai fait une découverte précieuse... Je suis réellement née du sang des Bourbons. Ne m'écrivez plus
sous d'autre nom que celui que je signe
Comtesse de Mont-Car-Zain. « Ce nom, qui était l'anagramme de Conti-Mazarin , indiquait, dans M""^ Billet, l'intention de se donner pour la fille du prince de Conti et de la duchesse de Mazarin. Bientôt notre aventurière quitta les Visitandines de Gray pour l'abbaye de Notre-Dame de Mcaux, d'où elle passa, en avril 1788, à l'abbaye de Saint-Antoine de Paris. Elle écrivit delà au prince de Conti qu'elle était sa sœur, qu'elle allait se faire rebaptiser, et qu'elle l'invitait à cette cérémonie. Le prince lui répondit que, n'étant à Paris que pour ses affaires, il a l'honneur d'être, avec respect, son serviteur. Elle se fit réellement rebaptiser; l'abbesse de Saint-Antoiue fut sa marraine, et ne l'invita point au dîner qui suivit cette cérémonie , célébrée sans pompe le 7 octobre 1788. M™^ Billet, dont les finances étaient épuisées, se retira à l'abbaye du Précieux- Sang, où l'on payait moins cher ; elle hnportuna de ses sollicitations tous les princes de la famille royale, et finit par obtenir quelques secours de Monsieur (depuis Louis XVIII). Elle se logea alors à l'abbaye du Val-de-Grâce, et demanda judiciairement une pension alimentaire au prince de Conti , qui, disait-elle, l'avait reconnue pour sa sœur. Mais, étant mariée, elle ne pouvait plaider sans l'autorisation de son mari ; c'est ce que déclara un jugement du 11 mai 1791, qui la condamna aux dépens. Elle présenta requête pour faire casser son mariage ; mais sa demande fut repoussée par un jugement du 19 décembre 1791. Forcée de quitter le Val-de-Grâce par la suppression des couvents, elle se rendit à Lonsle-Saulnier en 1794, et ne dut sa liberté qu'à l'intervention du représentant Prost. Elle obtint, avec le consentement de son mari, la dissolution de son mariage. Ce divorce eût été un bonheur pour l'infortuné Billet ; mais sa femme lui intenta un procès en restitution de sa dot et de ses diamants. Les tribunaux lui allouèrent 10,000 francs, avec lesquels elle retourna à Pai-is, afin de demander ime pension sur les biens du prince de Conti, qu'elle s'obstinait à nommer son frère. La convention lui assigna, rue Cassette, une maison d'émigré; et la prétendue conitesse de
Mont-Car-Zain fit de cette demeure un hôtel garni, où elle logea des escrocs et des femmes ruinées. Plus tard, elle obtint, sous le nom de Bourbon-Conti, un débit de tabac à Orléans. Lorsque, en 1808, le roi d'Espagne passa en France, elle se présenta à ce prince, et, comme sa parente, sollicita de lui des secours. Sous la restauration , elle hasarda la même démarche auprès de la duchesse d'Angoulême, mais sans obtenir de résultat. Elle a laissé un ouvrage écrit sous sa dictée par J. Corentin-Royou, et qui est intitulé Mémoires de Louise- Stéphanie de Bourbon-Conti, 2 vol. in-8°.
Barruel-Beauvert, Histoire de la prétendue princesse Stéphanie de Bourbon-Conti. — Moniteur universel, an III, p. 970.
BOURBON ( Jacques be), historien, guerrier et théologien français , surnommé le Bâtard de Liège, et mort à Paris le 27 septembre 1527. Il était fils naturel de Louis de Bourbon, évéque de Liège, tué en 1482 par Guillaume de la Marck. Jacques de Bourbon, admis en 1503 dans l'ordre de Malte , où il obtint une commanderie, signala sa valeur au siège de iRhodes en 1522. H fut nommé plus tard grand prieur de France. Il a laissé une relation du siège de Rhodes , dont la V édit. est intitulée la Grande et merveilleuse et très-cruelle Oppugnation de la noble cité de Rhodes; Paris, 1525, petit in-fol. goth. ; la T édit., corrigée des fautes qui se trouvent dans la première , porte pour titre : Histoire et prise de la noble et ancienne ville et cité de Rhodes; ibid., 1527 , même format.
Catalogue deVan-Praët, t. V, p, 51. - Lelong, Bibliothèque historique de la France , édit. Fontelte.
BOURBON (Nicolas), dit l'Ancien, poète latin, né à Vandeuvre, près de Bar-sur -Aube , en 1503 , mort à Candé , dans laTouraine, en 1550. Il s'était acquis tant de célébrité comme littérateur et helléniste, que Marguerite, reine de Navarre, lui confia l'éducation de sa fdle Jeanne d'Albret, mère de Henri IV. Quoique Scaliger ait affecté un grand dédain pour les poésies latines de Nicolas Bourbon, les vers de cet écrivain ont pourtant obtenu le suffrage d'Érasme, de Paul Jove, de Sainte-Marthe et de Lancelot, qui a inséré quelques pièces de ce poète dans son Epigrammatum Delectus. — Nicolas Bourbon a laissé: Nugse ; Paris, 1535, in-S" ; le même ouvrage, sous ce titre : Nugarum libri octo; Lyon, 1538; Bâle, 1540, in-8° : c'est un recueil de poésies qui attira à son auteur cette épigramme de Joachim du Bellay :
Paule , tuum inscribis Nugarum nonaioe librum : In toto libro nil melius titulo.
— Pxdologia, sive de puerorum Moribus libellus ; lijon , 1536, in-4°; Paris, 1571, avec un commentaire par Jean des Caures ; — une pièce de vers en tête de la traduction du Courtisan de Balthasar Castiglione, 1538, in-8°; — TabelltV eleinentQrise pueris ingenuis per-
BOURBON — BOURCHENU
necessûrix ; Paris, 1539, m-8° ; — In Franclsci Valesii régis ohitum, inque Henrlci ejus filii régis adventum Dialogus ; 1547, in^"; — un grand nombre d'épitaphes , dont quelques-unes méritent d'être remarquées , entre autres celles de la duchesse de Chàteaubriant et de Louis de Savoie. — Philippe Dubois a donné des œuvres de Nicolas Bourbon une édit. ad usum Delphini; Paris, 1685 , 2 vol. in-4°.
Nicëron, Mémoires, t. XXVI.
BOURBON (Nicolas), dit le Jeime, érudit et littérateur français, neveu du précédent, né à Vandeuvre en 1574, mort à Paris en 1644. Il professa successivement la rhétorique aux collèges de Calvi, des Grassins et d'Harcourt. Le droit du landit, que les régents levaient sur leurs écoliers , ayant été supprimé par le parlement, Bourbon laissa éclater sa colère contre cette mesure dans une diatribe intitulée Indignatio Valeriana, par allusion à la satire du grammairien Valerius Cato ; il en fut puni par une courte captivité. Sa belle imprécation contre les assassins de Henri IV lui mérita, en 1611, la chaire de grec au Collège royal ; mais il la quitta en 1620, pour entrer chez les pères de l'Oratoire. Quelques inscriptions qu'il composa pour la galerie du cardinal de Richelieu lui concilièrent la protection de ce puissant ministre, qui le fit entrer à l'Académie française.
Bourbon réunissait chez lui, à l'Oratoire Saint-Honoré , une sorte de société littéraire. Guy Patin, qui la fréquentait assidûment, en avait recueiUi les traits les plus curieux; le manuscrit où il les avait consignés se composait de vingt-quatre cahiers, dont une partie s'est égarée ; le reste a été imprimé sous le titre àe Bo7-boniana , ou Fragments de littérature et d'histoire de Nicolas Bourbon, et se trouve à la fin du deuxième volume des Mémoires historiques , critiques et littéraires de Bruys. Les œuvres de Nicolas Bourbon, intitulées Poematia, etc., ont été pubUées en 1630 ; il en existe deux édit. de 1651 et de 1654, avec des additions.
Nicéron , Mémoires , t. XXVI.
BOURBOTTE (Pierre), conventionnel, né au Vault, près d'Avallon, le 5 juin 1763; mort le 13 juin 1795. Élu membre de la convention en 1792 par le département de l'Yonne, il demanda la mise en jugement de la reine, après avoir voté la mort de Louis XVI sans appel ni sursis. Il se joignit à Albitte et Chabot , qui s'opposèrent à ce que les complices des massacres de septembre fussent recherchés. Il fut envoyé à Oi-léans, afin d'y examiner la conduite des chefs de la légion germanique, accusés d'incivisme. Rappelé d<; ses fonctions administratives par le comité de salut public, et accusé de mesures oppressives, il fut défendu par Carrier, à la condamnation duquel il s'opposa vainement quelque temps après. Bourbotte acquitté fut envoyé à l'armée de Rhinet-Moselle. Le 26 août 1794, il annonça à la
convention la prise del Reinsfeld , de Bingen et de Trêves. Le 9 thermidor, il se mit à la tête des mécontents, et commanda ouvertement l'insurrection. Le 1^"^ prairial, maître pendant quelque temps du pouvoir, il demanda l'arrestation des journalistes réacteurs, et celle des conspirateurs sortis de prison après le 9 thermidor; mais pendant qu'il discutait, Legendre et Auguis marchaient à la tête des sections sur l'assemblée , et la prirent d'assaut. Bourbotte, Goujon , Romme, Duquesnoy, Duroy et Soubrany furent arrêtés en vertu du décret proposé par Tallien, et ensuite transférés au château du Taureau, dans le Finistère. Ramenés à Paris vingt-trois jours après, ils y furent condamnés à mort par une commission militaire qui se tint à l'hôtel de ville. L'un d'eux, lorsqu'ils furent sortis de la salle, se frappa d'un couteau qu'il avait tenu caché, et le remit à son collègue, qui s'empressa de l'imiter. L'exemple fut bientôt suivi par les quatre autres. Bourbotte et trois de ses collègues respiraient encore en arrivant à l'échafaud. Bourbotte, regardé comme le plus coupable , fut exécuté le dernier.
Petite Biographie conventionnelle. — Moniteur universel. — Thiers, Histoire de la Révolution française. — Galerie hist. des Contemporains. — Le Bas , Dictionnaire encyclopédique de la France.
BOCRCET (Pierre-Joseph), savant tacticien, né 'à Yseaux', près de Châtelleraut , en 1700 mort en 1780. H entra au service à l'âge de dixhuit ans , parvint au grade de lieutenant général, servit en Itahe en 1733 et 1741, et commanda en 1756 , en Allemagne , l'artillerie et le génie. On a publié en 1792, à Paris, des 3Iémoires historiques sur la guerre d'Allemagne de 1757 à 1762, 3 vol. in-8°, dont les deux premiers sont extraits des papiers de Boureet. On a en outre de lui : Mémoires militaires sur les frontières de la France, du Piémont, de la Savoie, depuis Vemboiichure du Yar jusqu'au lac de Genève ; Berlin, 1801 , in-S"; — Gartetopographique duhaut Baupfiiné ; \1 b^, en neuf feuilles.
Quérard, la Finance littéraire.
BOURCHENU (Jean-Pierre Moret de), marquis de Valbonnais, historien français, né à Grenoble en 1651 , mort en 1730. Il embrassa , après une jeunesse fort aventureuse, la carrière de la magistrature, et devint successivement conseiller au parlement de Grenoble, président de la chambre des comptes de cette ville, et enfin conseiller d'État. Il mourut à l'âge de soixante-dix-neuf ans. L'Académie des inscriptions l'avait reçu, en 1728, au nombre de ses membres. On a de lui : Mémoires pour servir à l'histoire dti Dawphiné , sous les dauphins de la maison de la Tour du Pin ; Paris, 1711, in-fol., réimprimés avec de nombreuses additions sous le titre à' Histoire du Dauphiné et des princes qui ont porté le nom de Dauphins ; Genève, 1722, 2 vol. in-fol. ;— Mémoire pour établir la iuridiction du parlement et
BOURCHENU — BOURCIER
de la chambre des comptes de Grenoble sur la principauté d'Orange ; Grenoble, 1715, in-fol.;
— Histoire abrégée de la donation du Dauphiné, avec la chronologie des princes qui ont porté le nom de Dauphins (jusqu'à l'an 1711), dans le Recueil des pièces intéressantes, etc.; (îenève et Paris, 1769, in-12; — des dissertations et des lettres sur divers points d'antiquité, insérées dans les Mémoires de Trévoux, etc.
Le Bas, Dictionnaire encyclopédique de la France.
— Leioog, Bibliothèque historique, édit. Fontette,
BOVRCHIER (Jean), lord Berners, guerrier et littérateur anglais, né en 1469 , mort à Calais en 1532. Il étoufîa une insurrection dans les comtés de Devon et de Cornouailles, et ce succès lui mérita la faveur du roi Henri VII. Au mariage du duc d'York, second fils d'Edouard IV , il fut créé chevalier du Bain. Après avoir servi , sous Henri Vin, au siège de Thérouane en qualité de capitaine des pionniers, il obtint de ce prince le gouvernement de Calais et le poste de chancelier de l'échiquier à vie. La princesse Marie , sœur du roi , ayant été fiancée à Louis XH , ce fut lord Berners qui la conduisit en France. Il publia une ti'aduction anglaise de la Chronique de Froissart. Il composa un livre sur les devoirs ( duties ) des habitants de Calais ; — une comédie ayant pour titre : Ite in Vineam; si l'on en croit Wood, on la représentait autrefois à Calais, après vêpres.
Wood , Athense Oxonienses.
60URCHIER (Thomas), historien anglais, vivait dans la dernière moitié du seizième siècle, et a laissé : Historia ecclesiastica de martyrio fratrum ordinis S. Francisci in Anglia, Belgio et Hybm-nia, a 1536 ad 1582; Paris, 1582, in-8".
Chalraers , Biograph. Diction.
BOURCIER ( François- Antoine, comte ), général français, né en 1760 à la Petite-Pierre, près de Phalsbourg , département du Bas-Rhin, mort en 1828. Lieutenant de cavalerie au commencement de la révolution, il fut nommé aide de camp du duc d'Aiguillon , et passa , en
1792, à l'état-major du générai Custine. Devenu ensuite général de brigade , il fut nommé , en
1793, chef d'état-major de l'armée du RMn, et élevé, l'année suivante, au grade de général de division. Chargé de la conduite d'une division de cavalerie, sous le général Moreau, il se distingua au combat d'Ingolstadt, et contribua, par son talent et son courage, aux résultats de la fameuse retraite de 1796. Nommé inspecteur général de cavalerie le 3 août 1797, il fit les campagnes de Suisse et de Naples, où il commanda une colonne de cavalerie qui tailla en pièces les insurgés qui s'étaient rassemblés à Andria. Il fit là campagne de 1805 à la tête d'une division de dragons , et prit part aux batailles d'Elchingen et d'Uhn ainsi qu'à celle d'Austerlitz , au succès de laquelle il contribua par de brillantes charges. H
assista , l'année suivante , à la bataille dléna , et fut nommé, après la prise de Berlin , inspecteur général du grand dépôt des chevaux pris sur l'ennemi. Envoyé en Espagne, il n'en revint que pour aller combattre à Wagram, où il donna des preuves d'intrépidité. Plus tard , il fit partie de l'expédition de Russie , et vint , après les revers qui l'accompagnèrent, s'établir à Berlin, où il réorganisa la cavalerie française. H fut mis à la retraite en 1816, mais fut, l'année suivante, appelé au conseil d'État , et employé en qualité de commissaire du roi près la régie générale des subsistances militaires ; il fit ensuite longtemps partie de la chambre des députés, où il vota avec la majorité.
Arnault, Jouy, etc., Biog. nouv. des Contemp.—Ségar, Hist. de Napoléon et de la grande-armée. — Fictoires et conquêtes des Français. — Le Bas, Dictionnaire encyclopédique de la France.
ROURCiER {Jean-Léonard, baron de Montu- REux), magistrat lorram, célèbre par la participation qu'il prit à la rédaction des codes connus sous le nom de.Léopold,et qui ont régi la Lorraine jusqu'à ces derniers temps. Il naquit à Verclise le 17 août 1649, et mourut à Charaf le 9 septembre 1726. Sa vocation ne fut pas d'abord bien détemiinée. Il suivit un cours de théologie à Lyon , sous la direction du P. de la Chaise , puis il alla étudier en droit à l'université d'Aix , et se fit recevoir ensuite avocat au parlement de Paris. Après un séjour de trois années dans la capitale , il se rendit à Metz , où il fréquenta le barreau, et obtint des succès dans la plaidoirie. Quoique son talent pour la parole pût lui en promettre de plus grands, il acheta une charge d'avocat général à la table de marbre, qu'il exerça pendant plusieurs années, et qu'il ne quitta que pour aller occuper la place de procureur général près le conseil souverain de la province du Luxembourg, qui venait d'être conquise par Louis XIV. C'est là qu'il jeta \eb bases d'un code uniforme de procédure tant civile que criminelle , que les populations nouvellement soumises acceptèrent avec reconnaissance. Il fit réimprùner les coutumes du duché de Luxemboui-g et du comté de Chiny, rassembla en un corps les édits et règlements émanés des gouvernements antérieurs , et y ajouta les ordonnances qui avaient été promulguées dans le pays depuis sa conquête, Bourcier exerça ces importantes fonctions pendant dix à douze années ; mais le mauvais état de sa santé le força de les résigner en 1698. L'amour de sa patrie le rappelait en Lorraine, mais un motif non moins puissant vint l'y fixer pour toujours. Le tiaité deRiswick venait de rendre ses États au duc Léopold, qui comprit la nécessité de rattacher à son service les hommes de mérite que les circonstances avaient éloignés. Léonard Bourcier fut un des premiers sur lequel les regards du prince se portèrent; et, dès le mois d'août 1698, le magistrat qui avait laissé des regrets si profonds à Luxembourg fut pourvu de la charge importante de procui'eur général