BREWSTER
dèrent à supporter sa mauvaise fortune. Brewer a laissé manuscrit et presque achevé un Guide du botaniste.
Biographie universelle
* BREWSTER {sir David) , cé\khv% physicien anglais, naquit à Sedburg ('Ecosse) le 11 décembre 1781. Destiné d'abord à l'état ecclésiastique, il fit ses études à l'université d'Edimbourg à une époque où Robison y professait les sciences naturelles, Playfair les mathématiques, et Dugald Stewart les sciences morales. Sous ces illustres maîtres, Brewster fit de rapides progrès ; et, dès l'année 1800, il commença le cours de ses expériences, qui devaient élargir le domaine de l'optique. C'était le moment où les belles découvertes du docteur Young sur le phénomène de Vinterférence fixaient l'attention des savants. Quelle que puisse êtrela destinée définitive de la théorie de Newton sur la lumière, en présence des progrès accomplis depuis le commencement du siècle, ces découvertes mêmes servirent à faire comprendre la merveilleuse sagacité de ce grand homme, et Brewster, plein de vénération pour ce père des sciences modernes , voulut déljuter dans la carrière en reproduisant toutes ses expériences sur le phénomène de l'inflexion. Ces premiers travaux eurent pour résultat d'établir, d'une manière inébranlable , ce point important, que Vinflexion, entièrement indépendante de la nature du corps par lequel elle est produite , n'est modifiée que par l'état des surfaces. En 1808, M, Brewster entreprit l'édition de Y Encyclopédie d'Edimbourg, l'un de ces monuments scientifiques dont l'Angleterre peut à bon droit êti-e fière. C'était une œuvre longue et laborieuse ; elle ne fut terminée qu'en 1830, et elle renferme un très-grand nombre d'articles originaux, dus à la plume de Brewster.
Promu au doctorat par l'université d'Aberdeen, M. Brewster fut élu en 1808 membre de la Société royale d'Edimbourg, dont il devint quelque temps aprèsle secrétaire. Malgré l'étatde sa santé, qui l'obligea de renoncer à la carrière ecclésiastique, il poursuivit sans interruption ses expériences de 1801 à 1812, et le résultat en fut publié l'année suivante, sous ce titre .- Traité sîir les nouveaux instruments scientifiques. Ce livre, dédié au professeur Playfair, et qui fonda la réputation scientifique de^on auteur, contient nonseulement la description d'un très-grand nombre d'appareils d'optique, tels que télescopes, goniomètres, micromètres et microscopes des plus ingénieux, mais encore une foule d'expériences nouvelles faites avec le secours de ces instruments sur les problèmes les plus importants de l'optique ; on y remarque surtout une étude complète sur les différentes proportions qu'offrent les couleurs dans le spectre solaire, selon les substances qui le produisent, et plus encore un très-remarquable travail sur le pouvoir de dispersion et de réfraction des diverses substances, pouvoir dont M. Brewster a dressé, d'après des expériences
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toutes personnelles, la table la plus complète qui eût encore paru. Mais c'est particulièrement à ses belles découvertes sur la lumière polarisée qu'D a dû le rang élevé qu'il occupe dans la science.
La polarisation est cette propriété singulière que possède la molécule lumineuse de se comporter en quelque sorte comme un aimant, prenant, en certains cas, une direction déterminée : suivant qu'elle est réfléchie par une surface polie, ou réfractée par cette surface, ou transmise enfin à travers des corps cristallisés, doués de la double réfraction , elle acquiert de véritables pôles. Entrevue par Huyghens, presque devinée par Newton, cette propriété remarquable fut mise hors de doute, en 1808, par les beaux travaux de Malus. L'histoirede la science n'offre pas un mouvement comparable à celui qui éclata de toute part lorsque les mémoires de Malus, lus à l'Institut de France , apprirent au monde savant cette importante découverte. En France, en Angleterre, en Allemagne , commença dans ce champ tout nouveau une noble lutte, où brillèrent les noms des Arago , des Biot, des Fresnel , des Herschel , des Seebeck, des Wollaston, etc. Il n'entre pas dans notre plan de donner ici l'historique de ces travaux admirables, qui firent, en vingt ans , de la lumière polarisée l'une des branches les plus belles des sciences physiques. Brewster y soutint dignement la comparaison avec ses illustres rivaux ; et ses découvertes, consignées dans les nombreux mémoires qu'il fit paraître depuis 1812 jusqu'à nos jours dans les Philosophical Transactions, ne le cèdent à aucune autre ni pour la quantité ni pour l'importance : il serait impossible ici de les énumérer toutes, chaque branche de cette science nouvelle ayant attiré successivement son infatigable attention. Mais ses plus beaux titres sont sans contredit la découverte de la loi de la polarisation de la lumière par la réflexion, et ses travaux sur la double réfraction. Malus avait trouvé que toutes les .surfaces réfléchissantes, à l'exception desmétaux, polarisaient la lumière, et que l'angle de polarisation variait avec les substances; il n'alla pas plus loin. Il était réservé à M. Brewster de découvrir qu'il existe une liaison nécessaire enti'e les pouvoirs polarisants et réfringeants d'une substance donnée : il démontra, par une série d'expériences concluantes, que l'indice de réfraction est la tangente de l'angle de polarisation ; loi d'une simplicité admirable, confirmée par toutes les expériences qui ont suivi, et qui permet, l'indice de réfraction d'une substance étant facilement connu , de trouver immédiatement l'angle de polarisation.
Quant aux travaux sur la double réfraction, c'est à M. Brewster que l'on doit la constatation de la loi sur les cristaux à un axe , où l'axe de double réfraction, c'est-à-dire l'axe optique, coïncide toujours avec l'axe cristaflographique. Il a découvert aussi des lois très-remarquables sur la liaison qui existe entre les formes des cristaux
d'après le système du professeur Mohre de Frey berg, et leur propriété d'être des cristaux à u ' axe ou à deux axes; enfin il nous faut citer encor ses travaux sur la polarisation par des réflexion successives. Si de la lumière parfaitement po larisée est réfléchie par'une seconde surface dan le même plan et sur le même angle , le rayo réfléchi contiendra une plus grande quantité d lumière polarisée ; et en multipliant suffisammer les l'éflexions successives, la lumière finira pa être complètement polarisée. Dans un bea travail pubhé en 1830, M. Breswter prouv que la lumière peut êti-e polarisée, sous toute in cidence, par un nombre suffisant de réflexioni Le premier, il a étudié le côté de la polarisatior et on peut dire que la science lui doit presqi tout ce qu'elle possède sur ce point.
Au milieu de ses études sur la lumière, M. Bn wster trouva en 1817 ce joli petit instrumei d'optique si connu sous le nom de haléidoscoj. (du grec xaXoç, beau; eiôo;, forme, et cxotcéû je vois , c'est-à-dire qui voit de belles formes Le kaléidoscope est composé d'un tube de cartoi de fer blanc ou de cuivre, garni à ses extrémih de deux verres : un petit , formant un oculairt et un large, dépoh, derrière lequel on place de pi tits objets différents. Dans son intérieur on pei glisser plusieurs lames de verre à miroir doubléi de papier noir, et auxquelles on donne différent( inclinaisons. En remuant cette espèce de lunett les objets placés à l'une des extrémités changei de position, sont répétés par les lames, et prodi: sent différentes formes et de très-belles coi leurs , selon la nature et la position des obje que l'on met à l'extrémité du tube opposé l'œil. Cet insti-ument peut être très-utile ai dessinateurs , aux architectes , aux brodeurs , tous ceux enfin qui dans les manufactures soi obligés de varier à l'infini la composition ( leurs dessins. Quelque riche que soit leur im gination, elle ne peut jamais nuancer les formes les couleurs autant que le fait un kaléidoscop Il suffit, pour s'en servir commodément, de placer sur une petite pièce de bois fixée av' une vis, lorsqu'on a sous les yeux le dess que l'on veut copier : à travers la lunette on v( parfaitement les contours et les couleurs; et ( peut trouver ainsi des milliers de combinaisoi pour les indiennes, les papiers de tenture, les de sins de broderie, le décor des appartements, et On citerait difficilement un exemple d'un suco comparable à celui qu'obtint, dès son apparitii dans tous les pays de l'Europe, ce petit instri ment. Dans l'Angleterre seule on envenditentrc mois environ 200,000.
Il est encore une invention plus importante laquelle M. Brewster a les droits les plus inco testables. Dans l'année 1811, pendant qu'il étîl occupé à écrire l'article sur les appareils cou burants pour V Encyclopédie d'Edimbourg, essaya de construire, sur le plan proposé p Buffon , une lentille d'un grand diamètre comp