‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 3)Chapitre 128 sur 276 · BRIGHAM — BRIGITTE · texte numérisé non relu

BRIGHAM — BRIGITTE

Af

l'rançais, et celui qui préside à Liverpool, ea Angleterre, au grand recrutement des saints. Ces choix ont été confirmés le 11 octobre 1850 par le conseil des anciens , qui n'a pas envoyé moins de quatre-vingt-dix-huit missionnaires, tous véritables gentlemen, pourvus des fonds nécessaires pour faire une propagande sérieuse.

La France a eu le bonheur d'avoir non un simple elder, mais un apôtre véritable, qualifié de ce nom, M. John Taylor, qui, en 1852, a publié une adresse aux Français ; sur la fin de cette année, une édition stéréotypée du fameux livre de Mormon, avec l'aide de Français plus instruits que lui dans la langue ; et enfin douze feuilles d'une pubUcation non périodique, de mai 1851 à août 1852, intitulée l'Étoile du Déseret. Puisqu'on s'alarme des progrès de ce prosélytisme en France et dans les pays voisins , il est vrai qu'un des elders, soumis à l'apôtre Taylor, s'est vanté d'avoir, en novembre 1851, baptisé près du Havre, dans le ruisseau de Harfleur et dans la Seine, jusqu'à une dizaine de personnes, y compris une catholique très-dévote de soixante-quatre ans , et une mère avec tous ses enfants, en s'écriant : « Heureuse mère ! » Mais le même prêtre mormon se plaint vivement ( en mars 1852) qu'il est resté près d'un an solitaire en France, où le vrai Dieu (celui de Mormon) n'est pas connu, où le sabbat n'est pas respecté, où toute foi, où toute croyance sont presque éteintes. Il a quitté le pays pour l'Angleterre. L'apôtre Taylor a été plus persévérant; mais, après avoir plusieurs fois changé de résidence, il est parvenu à se cacher mystérieusement, ainsi que sa religion, qu'il appelle un mystère (1) ; et il a cessé depuis un an toute publication , sans avoir pu avoir une seule réunion. Il est possible qu'en Suisse et en Angleterre , pays bibliques, on n'ait pas été aussi indifférent aux emprunts ou additions que le prophète a faits à l'Ancien et au Nouveau Testament. En Pmsse, le gouvernement vient d'appeler l'attention des autorités sur la propagande de ces étrangers ; en Danemark on parle de 1300 émigrations. Si l'on ne veut pas appeler l'intérêt sur ces illuminés, on doit soigneusement s'abstenii' de tout ce qui aurait le caractère de persécution ; il suffit d'emprunter à leurs écrits et surtout aux faits avérés de quoi confondre l'imposture. Surtout qu'on n'oubhe pas avec quelle naïveté l'un de leurs patriarches , Jolm Smith, vieillard, oncle du prophète , et seul survivant de cfiiatre frères, écrit de la cité du grand lac, le 8 novembre 1851, aux prétendus saints n'pandus sur la terre :

« nendez-vous promptement dans les vallées des '( montagnes éternelles. Apportez avec vous vos » machines , votre or, votre argent, votre airain et • votre cuivre, avec toutes les graines etobjets pré- « cieux de la terre. Payez vos dîmes. »

Quand les Mormons de Déseret seront réduits à leurs propres ressources , ils peuvent encore,

(1) 1'. 189 de VÉioUe,

sous la direction de Brigham et avec leur prit de persévérance, établir une colonie sts \ et permanente dans cette partie éloignée de 1 i mérique , surtout s'ils ont la sagesse de se o | former aux institutions générales des États-Ui ij mais il ne leur est pas donné , à eux plus q \ leurs devanciers, de conquérir le monde, el( renverser des religions anciennes épurées, a i, , quelles ils n'ont fait qu'ajouter des superstiti J I indignes du dix-neuvième siècle , sans une st 1 idée nouvelle profitable à l'humanité.

ISAMBEKT.

Revue Britanique, 1843, p. 382-388,pièces relatives Vlormons, { May hew); Lond., 1853, 3« édit, 320 p. — H Stanbury, Explorations and siirvey, etc., Impr par ordre du congrès en date de mars 1851; Pliil 1852, in-S», 437 p., avee 33 plans et vues. — the M mons on the Falley, of the great Salt-Lake, pa lieutenant Gunnison, ingénieur lopogr. ; Philad., 18 168 p. — Rapport du chef de justice Buffington et collègues. —Liure de Mormon, in-18(et nonin-8°); ris , 1832 , ir« édit., 1853 , 2<^ (c'est la môme). — Évan des Mormons, à George Town, en Galles Anglet, fei in- 12. — Adresse de l'apôtre John Taylor, feuille in

— L'Étoile du Déseret, 12 f. in-8° ; Paris, rue de Toiiif n» 7 ( hûtel garni ), — M. Gasparin (Ag.) et Fréd. Mo: dans les Archiv. du Christ., 6 num. 11 décemb., 1852 mai 1853. — Illustration, t. XV, p. 251, et 9 avril 183 M. Mérimée, dans le Monit. 4 avril, 25 , 31 mars 1833 Des États- Unis, G. Minot, 1849-1850 ; in-S", p. 433-

— Stattits 1832-1853, acte du 3 mars 1833.

BRIGITTE {sainte), abbesse et patronne d lande, née à Fochard, dans le comté d'Arma^ vivait au commencement du sixième siècle. 1 se construisit sous un gros chêne une cellule, i tour de laquelle vinrent se ranger plusieurs p sonnes de son sexe, qui la prirent pour mère pour fondatrice. Un grand nombre de mon; tères d'Irlande adoptèrent sa règle. Son coi-| découvert en 1185, fut conservé dans la catl . drale de Down-Patrick, jusqu'à l'établissemr de la réforme en Angleterre.

Acta Sanctorum des BoUandiistes. — Baillct, Fies i Saints, 13 juillet.

BRIGITTE ou BiRGiTE {sainte ) , fille Birger, prince de Suède, née en 1302, morte Rome le 23 juillet 1373. Elle fut mariée tri jeuneàUlf-Gudmarson, prince de Néricie. Api avoir eu huit enfants, dont le dernier fut sain Catherine de Suède, les deux époux firent \w.\ continence, et allèrent ensemble à Saint-Jacqu de Compostelle. Ulf mourut dans le monastè d'Alvastre, et Brigitte fonda l'abbaye de Wad tena, dans le diocèse de Linkoping. Son ordr comme celui de Fontevrault, était composé ( religieux et de religieuses qui célébraient l'offif , en commun, les femmes dans le bas de l'églis et les hommes au-dessus. L'abbesse avait l'ai , torité suprême. Sur une vision qu'elle eut, Bi '< gitte partit pour Rome, oii elle établit un lio pice pour les pèlerins et les étudiants suédoii ; De Rome, elle se rendit à Jérusalem, afin ( [ satisfaire sa dévotion en visitant les lieux saini , Elle mourut peu de temps après son retour i Rome. Son corps fut transporté par deux Su* | dois au monastère de Wadstena. Le concile d Constance, tenu en 1415, confirma sa canonise

13 BRIGITE

[on. Les révélations de Brigitte, Revelatio- ' \um libri octo , écrites par ses confesseurs,

ierre, prieur d'Alvastre, et Mathias, chanoine ' >. Linkoping, et vivement attaquées par le ' 'îlèbre Gerson, obtinrent l'approbation du ' mcile de Bàle, qui en permit l'impression. ' le livre a eu de nombreuses éditions : les meil- 'fui'es sont celles d'Anvers, 1611, de Rome,

I vol. in-fol., et de Cologne, 1 vol. in-fol. Le '< us bel exemplaire manuscrit de ces Révéla-

ons se voyait dans la bibliothèque du comte de

rahe, au château de Skogkloster, près d'Upsal.

ouvrage a été traduit dans toutes les langues, particulièrement en français. On attribue en-

)re à sainte Brigitte : Régula S. Salvatoris,

%ta divinitus ab ore Jesu Christi devotse \mnsee tuœ B. Brigittœ, caj). XXXI compre-

msa; — Sermo angelicus de excellentia , . Mariée Virginis ; — Orationes guindecim

zPassione Domini; 1630, in-8°.

Dwf\\\, Biblloth. des Auteurs ecclésiastiques. — Bailt, Fies des Saints, mois de mars. — Hêrmant , Hist.

' '5 ordres religieux. — Sa vie dans la Bulle de canosation, et par un auteur anonyme, dans Siirius. —

U\iden , Dispitt. de Révélât. Brigittœ Sueciœ,- War-

! mberg, 1715.

! BRiGNOLE-SÂLE ( Antoine- Jules), poète et fttérateur italien, noble et sénateur génois, né le 3 juin 1605, mort à Gênes le 24 mars 1665. tils d'un doge, il remplit différentes charges pnorables dans sa patrie. Ayant perdu sa femme,

II se crut appelé à l'état ecclésiastique, se fit Têtre, et entra dans la société des Jésuites à |àge de quarante-sept ans. Ses principaux ouvraiBS sont : le Instabilità deW ingegno, divise i Otto giornate, en prose et en vers; Bologne, .635, in-4''; 1637, in-12; Venise, 1641 et 1652, 1-12 ; — Tacito abburattato, discorsi politici morali; Venise, 1636, in-12 ; — Maria Mad- 'alenapeccatrice e convertita, en vers ; Gênes, 636, in-8° ; traduit en français ; Aix, 1674, in-8°; \-il Carnovale di Gotilvannio Salliebregno, en |ers ; Venise, 1639, 1641, 1663, in-12 : le jésuite i5rignole-Sale regretta d'avoir écrit cet ouvrage, m peu trop libre ; — il Geloso , commedia di \iot\lvannio Salliebregno ;'Wemse, 1639, in-12; 'f édit. sous le titre de il Geloso , non geloso ; 'bid.,1663, in-12 ; — DeW Istoria spagnuola ; iîênes, 1640 et 1646, in-4° ; — il Satirico inno-

ente,epigrammi trasportati dalgreco alVitaiano,e commentati dal marchese Antonio CAulio Brignole-Sale ; ibid., 1648, in-4" et in- (;2 : ces épigrammes, qui n'ont jamais existé en Ijrec, sont de la composition de Brignole ; — iPanegirici sacri, recitati nella chiesa di San- Oiro in Genova, etc, ; ibid., 1652, in-8°,1656, jn-12; — H Lue Anelli, opéra scenica ; Lacjiues, 1664, in-12 ; — H Comici schiavi, comtTiedia, pubhée sous le nom de Gio.-Gabrielle- Anton. Lusino; Coni, 1666, in-12; — il Faz- •-.oletto, opéra scenica , tragi-comica ; Venise, |1675; Bologne, 1683, in-12.

i J.-Marie Visconti, Fie du P. Brignolo-Sale, écrite en

— BRIL

Italien, sous le titre de Mémoires; Milan, 1666, ln-12. — Alcganibe, Biblioth. Script, soc. Jesu. — Soprant, Scriptori l.iguri.

BRIGNON {Jean), théologien ascétique français, de l'ordre des Jésuites, mort en 1725. 11 composa ou ti'aduisit divers ouvrages de piété. Les principaux sont : Instructions spirituelles et pensées consolantes pour les âmes affligées ou scrupuleuses; Paris, 1706, 1711, in-12 ; — une traduction de l'Imitation de Jésus-Christ ; ibid., 1694, in-12, très-souvent réimprimée ; — le Combat spin^we?, traduit de l'italien; ibid., 1688, in- 24; — le Guide spirituel, traduit de l'espagnol du P. Dupont; ibid., 1689, 2 vol. in-8'' ; — les Méditations sur les Mystères de la foi , traduites de l'espagnol du même auteur; ibid., 1702, 2 vol. in-4°, ou 7 vol. in-12 ; — une traduction des opuscules de Bellarmin; ibid., 1701, 5 vol. in-12; — unetraduction du Traité des sept paroles de Jésus- Christ sur la croix, du même cardinal; ibid., 1700, 2 vol. in-12.

Alegambe , Biblibth. Script, soc. Jesu. — Quérard, la France littéraire.

BRIGUET {Sébastien), historien suisse, mort en 1780.11 fut chanoine à Sion dans le Valais, et fit de laborieuses recherches sur les antiquités de son pays. On a de lui : Conciltum Êpaunense, assertione clara et veridica loco suo ac proprio fixum in Epaunensi, parochia Vallensium, vulgo Epenassex ; Sion, 1741, in-8"; — Vallesia christiana, seu diœcesis Sedunensis historia sacra, Vallensium episcoporum série observata, addito in fine eorumdem Syllabe ; ibid., 1744, in-8° ; — Oraison funèbre de Louis XIV; Paris, 1726, in-4°; ibid., 1734, in-12.

Haller, Catalog. Script. Helvet. — Lelong, Biblioth. histor. de la France, édit. Fontette, — Quérard, la France littéraire.

BRIJON {E.-R. ), musicographe français, vivait dans la seconde moitié du dix-huitième siècle. On a de lui : Réflexions sur la musique, et la vraie manière de l'exécuter sur le violon; Paris, 1763, in-4''; — l'Apollon moderne, ou Développement intellectuel par les soins de la musique; Lyon, 1782 , in-8°; — Deux œuvres pour le violon; 1782, in-4". Brijon est appelé Brigon dans la France littéraire.

Quérard, la France'littéraire. — Fétis, Dict. des MU' siciens.

BRIL (Mathieu), peintre flamand, né à Anvers en 1550, mort à Rome en 1584. Il alla de bonne heure à Rome, et travailla dans les galeries et les salons du Vatican. U y peignit de beaux paysages à fresque.

Descaraps, Fie des Peintres flamands et hollandais.

BRIL (Paul), peintre flamand, frère du précédent, né à Anvers en 1556, mort à Rome en 1626. Il alla rejoindre son frère à Rome, fut d'abord son élève, et le surpassa bientôt. Il prit pour modèles les paysages du Titien et d'Aunibal Carache. On voit plusieurs de ses tableaux au

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musée du Louvre, dans les galeries de Dresde, de Florence, de Dusseldorf, de Vienne. Mais ses principaux ouvrages sont à Rome. On admire surtout dans le salon du pape une fresque de soixante-huit pieds de long ; elle représente le Martyre de saint Clément. Dans sa vieillesse, Paul Bril peignit sur cuivre des paysages d'une grande délicatesse et d'un fini exquis.

Descaraps, Fies des Peintres flamands. — Félibien, Entrelien sur les Fies des Peintres.

BRILLAT-SAVARIN (4?i^AeZme),magisti-atet littérateur français, né à Bellay le l'"" avril 1755, mort à Paris le 2 février 1826. C'est le célèbre auteur de la Physiologie du goût. Avant la publication de cet ouvrage , où la grâce et l'esprit français se remarquent à chaque phrase, Brillat-Savarin avait rempli diverses fonctions publiques. Député aux états généraux de 1789 , il n'y joua qu'un rôle fort secondaire : cej)endant sa conduite pure et honorable lui mérita d'être élu juge au tribunal de cassation, puis maire de Bellay en 1793. Obligé de s'exiler pour échapper au tribunal révolutionnaire, qui le poursuivait comme fédéraUste,il se retira d'abord en Suisse, ensuite aux États-Unis. Il revint en France en 1796, et rentra à la cour de cassation pendant le consulat. Dès lors il partagea sa vie entre les travaux sérieux de la magistrature et la composition de son ouvrage favori. Indifférent aux révolutions politiques, il les accepta toutes, et aucune, comme on l'a dit fort spirituellement, ne troubla ses digestions. Son traité de la Physiologie du goût est pour ainsi dire le code des gastronomes, un traité de gastronomie; Paris, 1 825, in-8% 1834, 2 vol. petit in-8° : on le trouve aussi dans les Classiques de la table,2vo\. in-8°, ouvrage orné de portraits ; Paris, 1844. Il est écrit dans un style attrayant, etcontient une foule de réflexions spirituelles sur les plaisirs les plus délicats delà table, des règles pour préparer certains mets, des recommandations pour épurer le goût, des anecdotes piquantes ; enfin toutes ces matières si diverses, alternativement graves et légères , sont traitées avec une élégance et une pureté de style que leur charme seul peut égaler. Outre l'ouvrage déjà cité, on a encore de Brillat-Savarin : Vues et projets d'économie politique ; Paris, 1802, in-8° ; — Fragments d''un ouvrage manuscrit intitulé Théorie judiciaire; ibid., 1818, in-8°;

Essai historique et critique sur le duel,

d'après notre législation et nos mœurs; ibid., 1819, in-8°; — Sur l'Archéologie du département de l'Ain, dans les Mémoires de la Société royale des Antiquaires, année 1820.

Brillat-Savarin a eu un frère, colonel de l'empire, mort vers 1836, et dont la veuve vit encore.

Richerand, Notice sur la Fie de Brillat-Savarin, dans son édition de la Physiologie du (joût ; Paris, 1834. Le Bas , Dict. encyc. de la France. — Henri Roux, Notice nécrologique sur Anth. Brillat-Savarin.

BRiLLON {Pierre- Jacques ), jurisconsulte et moraliste, naquit à Paris le 15 janvier 1671, et mourut dans la même ville le 29 juillet 1736.

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