‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 3)Chapitre 13 sur 276 · BOURDALOUE — BOURDEILLE · texte numérisé non relu

BOURDALOUE — BOURDEILLE

Au milieu de ses triomphes, Bourdaloue conserva sa bonté de caractère et sa modestie : occupé uniquement de son devoir, il n'allait pas prêcher plus Volontiers à la cour devant le roi que dans un couvent , dans un hôpital , dans une prison. Vers la fin de sa vie, il demanda même à ses supérieurs, plusieurs fois et avec instance, la permission de se retirer en province, comme pour y échapper à sa réputation , comme pour aller y demander à Dieu le pardon de sa gloire : la lettre latine où cette demande est exprimée est, par sa touchante simplicité, une des plus belles choses qu'il ait écrites. En voyant qu'elle restait sans effet, il se résigna; et, comme il avait moins la force de prêcher, il remplaça ce travail par des visites aux hôpitaux et aux prisons, et surtout par la confession, à laquelle il donnait jusqu'à six heures consécutives. A la suite d'un sermon qu'une abbesselui avait demandé et qu'il n'avait osé refuser, quoiqu'il se sentit épuisé de fatigue, il tomba malade.

« Mon Dieu, j'ai abusé de la vie, disait-il en « mourant; j'ai mérité que vous me l'ôtiez. » Peu après il ajouta : « Il est temps que je fasse ce « que j'ai tant de fois prêché aux autres. » Il se résignait aux peines du purgatoire : « Là, dit-il, je « souffrirai, mais je souffrirai avec amour; il faut « que Dieu soit satisfait. «

On a dit de lui que « sa vie était la meilleure « réfutation des accusations portées par les Pro- « vinciales contre la morale des jésuites. » Bourdaloue avait un extérieur rempli de dignité : sa voix était sonore et harmonieuse, son action vive, son débit rapide ; d'esprit, d'âme etde corps, il était orateur ; mais , comme Démosthène et Cicéron, il devait au travail quelques-unes de ses qualités.

Les admirateurs de Bourdaloue sont d'avis que la première partie de sa Passion, dans laquelle il prouve que la mort du Fils de Dieu est le triomphe de la piiissance, est te chef-d'œuvre de la chaire.

Les sermons du P. Bom*daloue ont été publiés parle P. H. Bretonneau, à Paris, 1707-1734, en 16 vol. in-8° : c'est une belle édition, dont on ne trouve pas facilement les exemplaires bien conservés et uniformément rehés, dit l'auteur du Manuel dtc Libraire; les seize volumes sont ainsi divisés : Avent, 1 vol. ; — Carême, 3 vol. ; — Mystères, 2 vol. ; — Fêtes, 2 vol. ; — Exhortations, 2 vol. ; — Retraites, 1 vol. ; —r Pensées, 2 vol. — Les sermons ont été traduits en latin par le P. Louis de Saligny ; la Flèche, 1703-1705. La plus belle des éditions nouvelles du grand orateur sacré est celle de Paris, Méquignon fils afné, 1822-1826, 17 vol. in-8°; le même libraire a publié en même temps une édition en 20 vol. in-12. Indépendamment des autres éditions, nous citerons comme excellente celle de Paris , Lefèvre, 1833-1834, et Firmin Didot, 1840, en 3 volumes grand in-8°. — Quant aux sermons inédits du P. Bourdaloue, Paris, Dentu, 1823, in-8''

(imprimés dès 1810), ils sont certainement apocryphes.

Anot de Maizières.

Prigny, ^«e du P. Bourda/owe, 170B; Paris, ln-4°.— La Harpe, Cours de Littérature. — Vlllenàve, IVotice sur Bourdaloue. — Labouderie , IVotice sur Bourdaloue; Paris , 1825. — Saint-Arnaud, Notice sur le P. Bourdaloue; Bourges, 1842.

BOURDE DE LA viLLEBCET (Jacques), marin français, né vers 1 730 à Saint-Coulomb, près de Saint-Malo ; mort à Lorient en 1789. Il entra fort jeune au service de la cotnpagnie des Indes, qui lui conféra le grade de capitaine de ses vaisseaux. Il est auteur des ouvrages suivants, qui tous portent le cachet d'une pratique éclairée : le Manœuvrier, ou Essai sur la théorie et la pratique des mouvements du navire et des évolutions navales; Paris, 1765, in-S" avec fig.; — 2' édit. ; ibid. ; 1769,in-8° ; — 3^ édit. ; ibid., 1814, in-8% augmentée d'un appendice contenant les Principes fondamentatix de l'arrimage,^ds le même auteur, suivi du mémoire de Groignard sur ce sujet ; la dernière édit. , donnée par Et. Willaumez, a pour titre : les Exercices et Manœxivres du canon à bord des vaisseaux du roi, et le mode d'exercice des officiers et des équipages ; 4^ édit. ; Paris , 1832, in-8° ; tradm't en anglais par Sanhwel ; — Mémoire sur l'arrimage des vaisseaux, couronné en 1765 par l'Académie des sciences, et inséré dans le t. IX du Recueil de l'Académie avec le raémou-e de Groignard, qui avait partagé le prix ; tous deux ont été reproduits dans les deux dernières éditions du Manœuvrier, et tirés en outre à part; Paris, 1814, in-S"; — Manuel des Marins, ou Explication des îfCT'mes rfe marine ; Lorient, 1773, 2 tom. en un vol. in-8°. P. L.

Biograph. Bretonne. — Quénrd, la France littéraire.

BOURDEC (iV...), chirurgien dentiste français, vivait dans la dernière moitié du dix-huitième siècle, et a laissé : Lettre à M. D., 1754, in-12, avec à&^ Éclaircissements sur cette lettre,\lbi, in-12 ; — Recherches et observations sur l'art du Dentiste ;'Pa.ns, 1758, 2 vol. in-12; — Dissertation sur les Dépôts du sinus maxillaire, 1777, in-12; — Soins pour la propreté de la bouche et pour la conservation des dents; Paris, 1771, in-8''; Berne, 1792,in-24; nouvelle édition, intitulée Moyens faciles de nettoyer la bouche et de conserver les dents ; Berne, 1782, in-8°.

Quérard, la France littéraire,

BOURDEILLE. La maison de Bourdeille, une des plus anciennes et des plus illustres du Périgord, était en possession de la terre de Bourdeille dès 1044. Les barons de Bourdeille avaient le litre de premiers barons du Périgord. Plusieurs membres de cette famille se distinguèrent dans l'Église, la poUtique et les lettres.

BOURDEILLE (HéUe de), cardinal, archevêque de Tours , fils d'Arnaud de Bourdeille , sénéchal du Périgord sous Charles VI et Charles VU, et de Jeanne de Chamberlhac, naquit

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