‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 3)Chapitre 31 sur 276 · BOURSIER · texte numérisé non relu

BOURSIER

Molière fut fermé à l'événement du 10 août. Boursault quitta alors définitivement la scène, et c'est à la même époque que commence sa carrière politique. En 1792, il fut élu premier suppléant de la députation de Paris à la convention; peu après , il fut chargé du service des équipages d'artillerie aux armées des côtes de l'Ouest : la mort de Manuel le ramena à la convention. Au 31 mai, il sauva plusieurs députés proscrits : Buzot , Savary , La Haye , Le Sage , en les faisant déguiser en charretiers. Le fait ayant été dénoncé à Robespierre , Boursavilt allait être arrêté, lorsque Collot-d'Herbois , en souvenir d'une ancienne amitié de collège, le fit de suite partir pour Rennes , sous prétexte d'une levée de chevaux. De retour de cette première mission, Boursault ne tarda pas à être envoyé de nouveau en Bretagne, avec mandat de créer l'organisation civile et militaire de six départements. Rappelé à la convention avant les malheurs de Quiberon, Boursault fut aussitôt envoyé dans le département de Vaucluse. Au péril de sa vie, il parvint à sauver les prisonniers d'Avignon que la populace voulait égorger. Les adresses du comtat Venaissin , aussi bien que des divers départements de la Bretagne, sont un témoignage non équivoque de reconnaissance et d'attachement de la part des populations au milieu desquelles il fut député.

Lorsque les événements em-ent rendu Boursault à la vie privée, son activité chercha un nouvel aliment, et il se trouva lancé dans de grandes entreprises industrielles. 11 prit des intérêts dans divers armements, et fut tour à tour adjudicataire des jeux et des voiries de Paris. Ses occupations ne lui firent pas oublier son goût pour l'horticulture. 11 enrichit notre Flore de plusieurs plantes rares. Son jardin de la rue Blanche était l'un des plus célèbres de l'Europe par son étendue et par la beauté de ses serres. Boursault avait réuni en outre , dans son habitation , une foule d'objets précieux , et une magnifique galerie de tableaux. Fidèle à son premier culte, il avait repris vers 1807 la direction delà salle Molière, qu'il nomma théâtre des Variétés étrangères, et où il fit représenter les meilleures pièces des répertoires anglais, allemand et italien. Boursault a laissé plusieurs productions manuscrites, entre autres, une tragédie en cinq actes et en vers, intitulée les Douglas.

Dulaure, Esquisse de la révolution. — Bicord, Fastes de la Comédie Française. — Brazier, Histoire des théâtres de Paris.

BOURSIER ( Laurent-François ), théologien français, né à Écouen en 1679, mort à Paris le 17 février 1749. Il se fit d'abord connaître par un livre intitulé Action de Dieu sur les créatures; Paris, 1713, 2 vol. in-4° et 6 vol. in-12 : cet ouviage, dont le but est la démonstration du système des thomistes sur la prémotion physique, et sur tout ce qui concerne la grâce et la prédestination , attira à son auteur les attaques du jésuite Dutertre et une réponse de Maie-

BOURSIER — BOURZEIS

branche. En 1717, le czar Pierre le Grand étant allé voir à la Sorbonne le mausolée du cardinal de Richelieu, les docteurs lui présentèrent un mémoire sur les avantages qu'offrirait à son empire la réunion de l'Église russo-grecque à l'Église catholique. Ce mémoire, que Boursier avait composé en une seule nuit, et dans lequel la question était parfaitement traitée, fut reçu avec bienveillance par le czar, mais n'obtint aucun résultat. Théophane, archevêque de Nowgorod, à qui cette affaire fut renvoyée, craignit que la primatie du pape , posée comme première condition , ne nuisît à ses prérogatives , et il ne fit faire qu'une réponse dilatoire. L'abbé Dubois , à qui elle fut adressée, en donna tardivement des copies informes, tandis qu'il envoyait à Rome les originaux. Les évêques russes, ne recevant aucune solution aux difficultés qu'ils avaient élevées, crurent qu'on refusait de les satisfaire; et la négociation fut abandonnée. Quant à Boursier, privé d'une abbaye et de l'espoir de plusieurs bénéfices , à cause de son opposition au formulaire d'Alexandre YII et à la constitution de Clément XI, il dirigea tous les actes de la Sorbonne contre cette dernière pièce , et toutes les démarches qui conduisirent à l'appel. Ce fut lui qui composa le mémoire publié sous le nom des Quatre évêques; il écrivit contre l'accommodement de 1720 et contre le concile d'Embrun. Cette conduite provoqua contre lui des lettres de cachet qui l'exclurent des assemblées de la faculté de théologie, et qui lui ôtèrent son appartement eu Sorbonne. En 1725, il rédigea «ne Exposition de doctrine sur les questions de la grâce, qui divisaient l'Église de France ; et il allait voir ce mémoire approuvé par Benoît XIU, quand ce pontife mourut exilé à Givet en 1735. Boursier éluda les ordres de la cour, et vint se cacher à Paris, où il réussit, non sans peine, à se dérober aux recherches de la police. Outre les ouvrages cités, on a de lui ; Ja belle Préface de tous les saints, insérée dans le Missel de Paris ; — Analyse de l'action de Dieu (publié par l'abbé Coudretti ), 1763, 3 vol. in-12; — Avis aux princes, \ie>l : c'est un mémoire sur le refus fait par Clément XI d'accorder des bulles aux évêques que le roi avait nommés.

Chaudon et Delandine, Dictionnaire historique.

BOURSIER {Louise Bourgeois), sage-femme, vivait dans la première moitié du dix-septième siècle. Elle assista dans toutes ses couches' Marie de Médicis, femme de Henri IV, et publia : Observations sur la stérilité, perte de fruit , fécondité , accouchements et maladies des femmes et enfants nouveau-nés; Paris, J609, 162G, in-12; liv. P-- et W, 1642; liv. 11F, 1644, in-S"; trad. en latin, Oppenheim, 1619, in-4''; en allemand, Francfort, 1628, in-4°; en hollandais, Delft , 1618 , in-8° ; — Récit véritable de la naissance de messeigneurs et dames les enfants de France; Paris, 1625; in 12; ou-

vrage inséré par La Place dans le t. 1" de ses Pièces intéressantes et peu connues ; — .4^0logie contre les rapports des médecins; Paris, 1627, in-8°; —Secrets, 1635, in-8".

Lelong , Bibliothèque historique de la France, édit, Fontette , t. II.

BOURSIER DU COUDRAY ( Angélique- Marguerite ), sage-femme, de la même famille que la précédente , vivait dans la dernière moitié du dix-huitième siècle. Elle a publié : Abrégé de l'art des accouchements ; Paris, 1759, in-12; 1778, in-8''; cet ouvrage a été annoté par Verdier.

Qaérard, la France littéraire.

BOURVALAis {Paul PoissoN de), financier français, mort en 1719. Il était fils d'un paysan des environs de Rennes, et, après avoir été successivement laquais chez le fermier général Thévenin, facteur chez un marchand de bois et huissier dans son village , il devint un des financiers les plus riches de France. La protection de M. de Pontchartrain, chancelier de France, lui fut d'un grand secours; mais il était doué aussi d'une mei-veilleuse aptitude aux affaires. C'est seulement en 1687, lorsque son protecteur l'eut déjà fait connaître, qu'il prit le nom de Bourvalais ; jusque-là il s'était appelé Paul Poisson. En peu de temps il se fit, par son talent dans les opérations financières, une de ces fortunes qui passent toute croyance. Il fut anobli, et le frère de Louis XIV ne dédaigna pas d'aller jouer et manger chez lui. Mais sa prospérité ne tarda pas à éveiller l'envie ; et, comme il paraissait avoir plus d'adresse que de probité, le tribunal érigé en 1716 par le régent rechercha sa conduite. Les résultats de l'enquête amenèrent la saisie de tous ses biens, malgré les efforts qu'il fit pour en dissimuler une partie. Cependant, en 1718, il fut réintégi'é dans presque toutes ses possessions. Son ignorance attira sur lui une foule d'épigrammes ; on lui prêta tous les genres de ridicules , et il faut avouer qu'à part le maniement des capitaux et l'art de jouir du fruit de ses bénéfices, il n'avait qu'un mérite fort ordinaire. C'était en tout point le parfait modèle du traitant.

Le Bas, Dictionnaire encyclopédique de la France.

BOURZEÏs {Amable de), théologien et littérateur français, né près de Riom en 1606, mort le 2 août 1672. Il fut abbé de Saint-Martin de Cores, et l'un des premiers membres de l'Académie française que nomma le cardinal de Richelieu. Ayant ensuite pris les ordres, il se distingua surtout dans la controverse, et eut la gloire de convertir plusieurs des ministres contre lesquels il avait disputé. Dans le nombre de ses plus éclatantes conversions, figurent le prince palatin Edouard et le comte de Schomberg, depuis maréchal de France. Colbert mit l'abbé de Bourzeïs à la tête de l'Académie des inscriptions, et plaça en outre sous sa direction mie autre assemblée toute composée de théologiens, et qui

HT BOURZEIS -

tenait ses séances àla Bibliothèque royale. Bourrxsis avait d'abord incliné vers le parti des jansénistes ; mais il signa, en 16C1, le formulaire qui fut approuvé par Alexandre VII. 11 a laissé : Epithalamium in nuptiis Thaddxi Barberini ei Année Coiumnœ ;lXome, 1629, in-S"; —Sermons stcr divers sujets, 1672, 2 vol. in-8°;le dernier sermon est l'Oraison funèbre de Louis XlII. Parmi ses ouvrages de controverse, on remarque : Excellence de V Église catholique, et raisons qui nous obligent à ne nous en séparer jamais ; Paris, 1648, in-4°; — Saint Augustin victorieux de Calvin et de Molinu, etc. ; Paris, 1652, in-4°, etc.

Nicéron, Mémoires, t. XXIV.— Le Bas, Dictionnaire dHcyclopédique de la France.

BOUSANT, historien arménien. Voy. Pousant.

BOV8CAL ( GuYON-GuÉRiN de), autcuT dramatique français , natif du Languedoc , vivait dans la première moitié du dix-septième siècle. ]| ftit conseiller du roi et avocat au conseil. II eut poui' clerc Coras, auteur du Jonas, et a laissé : la Mort de Brutus et de Porcie , ou la vengeance de la mort de César, tragédie, 1637, in-i"; — JD. Quixotte de la Manche, première partie, comédie en 5 actes, représentée en 1638, imprimée en 1640, in-4"; — D. Quixotte de la Manche, deuxième partie, comédie en 5 actes, repi'ésentée en 1639, imprimée en 1640, in-4'';

— V Amant Ziôera/I, tragi-comédie, 1642, in-4°;

— la Mort d'Agis, tragédie, 1642, in-4° ; — le Gouvernement de Sancho Pança, comédie, 1642, in-4°. — Paraphrase du psaume XVII, en vers français , avec le latin en marge, 1643, in-4"; — les Amants discrets, tragi-comédie, 1645, in-4» ; — le Prince rétabli, 1647, in-4°;

— Cléomène, tragédie en 4 actes, 1648, in-4°.

Ghaudon et Delandine, Dictionnaire historique.

BOiTSMARD (/fcnri), jurisconsulte lorrain, né à Mottainville près de Verdun en 1676, mort vers 1750,a laissé : Commentaire sur les coutumes du bailliage de Saint-Michel, rédigées par ordre du sérénissime prince Charles , par la grâce de Dieu duc de Calahre , de Lorraine et de Bar, en l'année 1571, et homologuées par Son Altesse en 1598. Cet ouvrage est resté inédit.

Calmet, Bibliothèque de la Lorraine.

BOVSMAKD ou BOUSSEMARD (McoZaS DE ),

théologien français, né à Xivry-le-Franc en 1512, mort à Verdun le 10 avril 1584. Il appartenait à la France par son origine , puisqu'il descendait d'une famille de l'Anjou , anciennement établie en Lorraine. Charles III, duc de Lorraine, le désigna, en 1572, pour être un des réformateurs de la coutume de Saint-Mihiel. Quati'e ans plus tard, l'évêché de Verdun étant devenu vacant par suite de la mort de Nicolas Psaume , Charles m choisit Boussemard pour successeur du dernier prélat. Cette nomination occasionna des troubles : les chanoines , prétextant l'atteinte portée à leur droit d'élection , en référèrent à l'Empire. De son côté, Charles HI

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