‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 3)Chapitre 49 sur 276 · BOYD 1G · texte numérisé non relu

BOYD 1G

du règne de Jacques II, Robert Boyd négocia, en 1459, la conclusion d'une trêve avec l'Angleterre ; l'année suivante , il fut nommé chef dé justice, et, pendant la minorité de Jacques III, devint un des lords de la régence. Avec l'aide de son frère Alexandre Boyd de Dunan , favori du jeune roi , il usurpa pour lui et pour ses adhérents toutes les charges de la couronne. Bientôt après, s'emparant de la personne de Jacques III, qu'il conduisit à Edimbourg, il se fit nommer seul régent du royaume , et investir des pouvoirs les plus étendus. En 1467 , il ajouta à toutes ses charges celle de grand chambellan ; il donna en mariage la sœur aînée du roi à son fils, qui fut créé comte d'Arran , doté de biens considérables, et chargé d'aller épouser, au nom du roi son maître , la fille du roi de Danemark. Tandis que le comte d'Arran s'acquittait de cette mission , Jacques III , circonvenu par les adversaires de Robert Boyd, convoqua le parlement, et ordonna à ce seigneur, à son fils et à son frère, d'y venir rendre compte de leur conduite. Lord Boyd s'y rendit en effet, escorté de ses partisans ; mais, contraint de les hcencier par les troupes que le gouvernement avait réunies , il se retira en Angleterre , pendant que son frère Alexandre était jugé , condamné à mort et exécuté. Au moment de cette révolution, le comte d'Arran abordait en Ecosse avec la jeune reine. Instruit du désastre de sa famille, il retourna en Danemark, puis à la cour de Bourgogne et à celle de France. Il mourut à Anvers en 1474 , après avoir eu le chagrin d'apprendre que son mariage avait été cassé, et qu'on avait contraint sa femme d'accepter une autre union.

Ricbardson , Hist. de l'Ecosse.

BOYD (Marc-Alexandre), libérateur écossais, né à Galloway en 1562, mort à Pinkhill, domaine de sa famille, en 1601. Il était neveu de l'archevêque de Glascow, qui le confia à deux grammairiens pour qu'ils lui enseignassent le latin et le grec; mais le jeune Boyd battit ses maîtres , brûla ses livres , et chercha à se frayer une route à la cour. Grâce à un extérieur avantageux, il y fut d'abord bien accueilli ; mais son caractère quei'elleur et turbulent lui suscita de nombreux démêlés. Il s'en tira pourtant avec bonheur, et, après la mort de son oncle, il se rendit à Paris. Il y perdit au jeu tout ce qu'il possédait. Bientôt, l'estime que la France témoignait aux savants lui inspira le désir de s'instruire; il réalisa ce projet, et devint l'un des hommes les plus instruits de son temps. Il pouvait, disait-on, dicter en même temps à trois copistes , en ti'ois langues et sur trois sujets différents. 11 voyagea en Italie , servit en France dans l'armée royale, et s'acquit une égale réputation dans les armes et dans les lettres. Il a laissé : Epistolx Heroïdiim, dont la dédicace, adressée au roi Jacques, met ce prince au-dessus de Minerve et de Mars ; — des hymnes latins, insérés dans les Deliciœ Poetarum scotorum; Amsterdam,

Page 1