‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 3)Chapitre 52 sur 276 · BOYER — BOYER-PEYRELEAU · texte numérisé non relu

BOYER — BOYER-PEYRELEAU

opposait à cet acte. Dans un livre publié en 1819, et portant pour titre , De la Liberté des cultes selon la charte, M. Boyer refusait au pouvoir le droit de régler la discipline ecclésiastique par rédiction de lois civiles. D'un autre côté, il n'admettait pas, comme M. de Pradt, la séparation absolue du spirituel et du temporel. Les retraites pastorales ayant été rétablies, il s'y consacra pendant plus de vingt ans, distribuant aux pauvres les largesses des évêques qui le défrayaient de ses voyages. 11 en reçut le nom d'Économe des pauvres.

A la prière de Frayssinous, M. Boyer écrivit, en 1826, l'Antidote contre les aphorismes que M. de Lamennais venait de publier sur les quatre articles de la déclaration de 1682. Héritier des traditions de la Sorbonne , il combattit vivement la thèse de l'auteur de YEssai sur V Indifférence en matière religieuse. Il s'attacba surtout à repousser le reproche d'hérésie, articulé par le fameux abbé , contre les évêques qui avaient souscrit cette déclaration, qui, il faut bien le dire, a eu le grand incoiivément de servir d'arme aux adversaires de l'Église. La révolution de 1830 le renvoya de nouveau dans le Rouergue. Bientôt il reprit ses retraites , et , dans les intervalles , il composait des sermons et des écrits destinés à combatti-e des erreurs du temps. En 1834, il fit paraître son Examen de la doctrine de M. de Lamennais, considérée sous le triple rapport de la philosophie, de la théologie et de la politique. L'année suivante, on devait à sa plume le 1*"' volume de la Défense de l'ordre social contre le carbonarisme moderyie: les Paroles d'un croîjantj sont réfutées. Le 2^ volume, qui fut publié en 1837, renferme plusieurs dissertations sur la souveraineté du peuple, le droit d'insurrection, la liberté, l'égalité, le progrès humanitaire, le mouvement religieux d'alors, etc. Deux ans après, l'infatigable controversiste donna la Défense de l'Église de France, contre les attaques contenues dans la dissertation de Vabé Payé sur le prêt à intérêt : question ravivée dans ces derniers temps. En 1840, parut la Défense de l'Église catholique, contre l'hérésie constitutionnelle qui soumet la religion ati magistrat Cet ouvrage était particulièrement dirigé contre la persécution suscitée par l'empereur Nicolas contre ses sujets catholiques, et contre la prétention du feu roi de Prusse de s'arroger la suprématie spirituelle. Quelques mois, après et comme appendice à ce dernier travail, M. Boyer fit paraître une brociiure sous le titre de Coup cl' œil sur l'écrit de MM. Allegnol frères, intitulé De l'État acttiel du clergé de France. Voulant aller prier sur le tombeau des apôtres , il fit ie voyage de Rome, et fut accueilli par Sa Sainteté avec une bienveillance marquée. Bien que déjà vieux, M. Boyer était encore vif; et un mouvement trop juvénile fit dire au saintpère : Quanta è vivo queslo Francesel Le 17 avril 1842, M. Boyer fut saisi par le froid à

Saint-Lazare, où il disait la messe; et, le 24 du même mois, il expirait. Ses restes furent transportés à Issy, pour être inhumés dans le cimetière particulier à la compagnie de Saint-Sulpicec Depuis sa mort on a pubhé 2 vol. in-8', sous le titre de Discoiirs pour les retraites ecclésiastiques. A. RlSPAL.

Ami de la Religion. — Biographie des Contemporains illustres, par un homme de rien.

BOYER-BRUN (J.-M.), écrivain artistique, né à Nîmes en 1764, mort en 1794, a donné une Histoire des caricatures de la révolte des Français; Paris, 1792, in-8°.

Quérard, la France littéraire

BOYER-FONFRÈDE. Voy. FONFeIdE.

BOYER DE NICE {Guillaume), Ix'oxibdiàow italien, natif de Nice, vivait dans le quatorzième siècle. Il fut nomm/é par les comtes de Provence podestat de sa ville natale, et l'estime des habitants le maintint dans cette charge. Il paraît avoir joui d'une assez grande célébrité, puis(|ue plusieurs ti'oubadours cherchèrent, dit-on, à imiter ses poésies , et répandirent sous son nom quelques-unes de leurs pièces. Celle qu'il composa pour Marie de France, épouse de Cliarles, duc de Calabre, est la seule qui nous reste de lui, mais ne donne pas de son talent une bien haute opinion. On attribue à ce troubadour quelques chansons qu'il adressa à une demoiselle de la maison de Berre, et un Traité d'histoire naturelle, dédié à Robert, roi de Sicile, comte de Provence; aucun de ces ouvrages ne nous est parvenu.

Noslre-Damo, Fies des plus célèbres et anciens poètes provençaux.

* BOYER-PEYRELEAU (Eugène-Écloîiurd, baron de), guerrier français, né à Alais, département du Nord, mort vers 1840. Il entra au service en 1793 comme simple soldat, et fit les campagnes d'Italie. Nommé ensuite aide de camp, puis chef d'état-major de l'amiral Villaret- Joyeuse, il le suivit à la Martinique, attaquée peu de temps après par les Anglais avec des forces bien supérieures. La garnison fut obligée de céder au nombre et de capituler. Viliaret- Joyeuse fut accusé, malgré la vigueur de sa défense, de n'avoir pas fait tout ce qu'il aurait pu. Boyer-Peyreleau, qui avait partagé les dangers de son général, voulut partager aussi sa disgrâce ; il le suivit en France, et l'accompagna ensuite à Venise. Cependant, en 1812, il reçut l'ordre de rejoindre l'armée en Russie, devint adjudant-commandant, puis chef d'état-major de la garde impériale. Il entra ensuite dans le corps de cavalerie du général Latour-Maubourg, protégea la retraite des troupes françaises de Leipzig à Mayence, et fut un des officiers qui déployèrent le plus de bravoure dans les sanglantes rencontres dont les plaines de Champagne furent le théâtre. Nommé ensuite commandant en second de la Guadeloupe, il y arbora le drapeau tricolore, et fut, après les Cent-Jours, condamné

BOYER-PEYRFXEAU — BOYLE

à mort pour ce fait; mais sa peine fut commuée on vingt années de détention, qui furent ensuite réduites à trois années de prison, après lesquelles il fut rendu à la liberté, et réintégré sur les cadres de l'armée parmi les colonels en demisolde. Il a publié, en 1823 : Des Antilles françaises, et particulièrement de la Guadeloupe, 1816, 3 Tol. in-8°.

Le Bas, Dict. Enc. de la France.

BOTER DEPRÉBANDiER(A' ), médecin

français, natif de Montplàisant , en Périgord, vivait dans ladernière moitié du dix-huitième siècle. On a de lui : Essai sur la Nature et le Choix des aliments, trad. de l'anglais de J. Arbuthnot ; — Essai de l'effet de l'air sur le corps humain, trad. de l'angl. du même ; — Traité de la petite vérole, trad. de l'angl. deLobb; — Traité des Maladies de la peau, trad. de l'angl. deTurner; — Essais de Médecine et de Physique, trad. de l'anglais, etc.; — Essai sur les Abus de la saignée, par des raisons prises de la nature et de la pratique des plus célèbres médecins de tous les temps, avec un appendice sur les moyens de perfectionner la médecine; Paris, 1759, in-12.

Quérard, la France littéraire.

BOTER DE REBEVAL {Joseph, baron), général français, né à Vaucouleurs le 20 avril 1768, mort en 1822. Entré au service en 1787, il fit toutes les campagnes de la république et de l'empire. 11 se trouvait, en 1800, au passage du Tésin par l'armée française. Le premier il franchit, à la nage avec son bataillon cette rivière, sous le feu des ennemis. Arrivé sur la rive opposée, qu'ils occupaient, il déploya sa troupe, et favorisa le passage de toute l'armée par ce mouvement hardi. Boyer se distingua encore au passage du Mincio. Deux fois repoussé à l'attaque de Pozzolo, qui commandait cette rivière, ses soldats découragés refusaient de marcher, lorsqu'un d'entre eux sort des rangs, et s'adressant à Boyer, lui dit : « Marchons nous deux, mon com- '< mandant, puisqu'ils ne veulent pas avancer; « nous enlèverons bien le village sans eux. » Cette saillie, qui dépeint bien le courage que Boyer montra dans toute sa carrière militaire, ranima les soldats, qui finirent par emporter Pozzolo: leur commandant fut blessé dans cette affaire. Boyer était en 1807 colonel du premier régiment de fusiliers ; il fut chargé de s'emparer du fort de Naugarten (Poméranie suédoise ), qui s'élève au milieu de vastes marais, et qui contrariait les opérations du siège de Colberg. Une brigade italienne y avait échoué. Boyer attaque ce fort, donne l'exemple de combler le marais avec des fagots et des madriers, et entraîne sa troupe sur le rempart , dont il reste maître, malgré le feu de trois pièces de canon et une résistance opininiàtre de la part des assiégés. Il fut nommé général de brigade en 1809, après qu'il eut délivi-é la ville de Marbourg d'un corps de partisans qui s'en étaient emparés, Boyer se distingua pen-

dant les campagnes de Russie de 1813 et de 1814, où il fut plusieurs fois blessé. Il fut nommé général de division après la bataille de Dresde. Dans la campagne de France, il chassa de Troy es l'ennemi, qui n'évacua cette ville qu'après y avoir mis le feu. Après la rentrée des Bourbons, le général Boyer se retira dans sa terre de Rebeval, où il passa le reste de ses jours.

Bret^ets militaires. — De Courcelles, Dictionnaire des Généraux français.

BOVER DÉ SAINTE-MARTHE { LOUiS-An-

selme), théologien français, a vécu dans la première moitié du dix-huitième siècle. On a de lui: Histoire de l'église cathédrale de Saint-Paul- Trois-Chàteaux; Avignon, 1710, in-4"; — Histoire de l'église cathédrale de Vaison (suivie d'un recueil de pièces parmi lesquelles est une traduction en vers français de la Chorographie du diocèse de Vaison, composée en vers latins par Joseph-Marie Suarez, évêque de Vaison); Avignon, 1741.

Quérard, la France littéraire.

BOYLE (Robert), célèbre physicien et chimiste anglais, né à Lismore, en Mande, le 25 janvier 1626 (1); mort à Londres le 30 décembre 1691. Fils de Richard, comte de Corketd'Orrery , il vint au monde l'année même de la mort du célèbre chancelier Bacon. Ses parents, dévoués aux intérêts dynastiques de la branche des Stuarts, le destinèrent d'abord à l'Église. Une constitution très-faible, accompagnée d'infirmités, le força de renoncer à cette carrière, et d'interrompre momentanément ses études. En 1638, son père le fit voyager dans le Midi , sous la conduite d'un gouverneur. Le jeune Boyle traversa la France, s'arrêta quelque temps à Genève, visita la Suisse et l'Italie. Les troubles qui avaient éclaté dans son pays lui fiient prolonger son voyage jusqu'en 1644. A la mort de son père, il se trouva à la tête d'une fortune considérable. Loin du théâtre sanglant de la politique, il se retira dans la terre de Stalbridge , pour se vouer tout entier à l'étude des sciences physiques. Ce fut pendant les dissensions du parlement avec la royauté, prélude d'un drame sanglant , que Boyle réunissait autour de lui quelques hommes d'élite aimant la science pour la science, et qui s'assemblaient, dès l'année 1645, sous le nom de Collège philosophique, tantôt à Londres, tantôt à Oxford. Ces réunions furent le noyau de l'Académie royale des sciences. Les instants que Boyle dérobait à l'étude de la nature étaient consacrés à des œuvres pies. L'établissement des missions, la propagation de la religion chrétienne dans les Indes,étaientrobjet de ses efforts constants.Après la chute de Cromwell et l'avènement de Charles n , cette société obtint la protection du roi , qui lui avait conféré le titre de Société royale, et fixa son siège à Londres. Le nom de Boyle devint bientôt célèbre dans toute l'Europe, et sa modestie s'accroissait avec sa célébrité. Il re-

(1) Et non le SI avril 1621.

BOYLE

fusa les lionneura de la pairie; il refusa même le poste de président de la Société royale , que persomie n'était plus digne que lui d'occuper. Honoré successivement de l'estime particulière de Charles U, de Jacques II et de Guillaume, il ne demanda jamais rien pour lui-même, et n'employa son crédit qu'à solliciter des encoui-agements pour le progrès des sciences et le bien de la religion. Sa maison était également ouverte aux hommes curieux de s'instruire et aux malheureux qui souffraient. Sa fortune était employée à faire construire des instruments de physique, à fonder des bibliothèques, et à soulager les pauvres. Cet homme , d'une vie si pure et si belle, s'éteignit à l'âge de soixante-cinq ans. Sa dépouille mortelle repose dans l'église de l'abbaye de "Westminster. Boyle était d'une taille élevée , d'un visage pâle et maigj-e ; il portait l'empreinte d'mi esprit sévère, réfléchi, calme, et inaccessible aux tourments de la vanité et de l'ambition. Il était d'une sobriété exemplaire, et réglait ses vêtements d'après le degré du thermomètre. Ennemi de tonte emphase dogmatique et des doctrines tranchantes, il parlait lentement et avec quelque hésitation, discutant peu , et proposant plus souvent des doutes et des objections.

Les ouvrages de Robert Boyle , que Boerhaave appelle l'ornement de son siècle, sont trèsnombreux. Écrits en anglais, ils ont été recueillis par Birel, et publiés à Londres en 1744, 5 vol. in-fol. Avant cette édition, Shaw avait déjà donné un recueil des œuvres de Boyle, sous le titre de the Philosophical Works qf the honorable R. Boyle, abridged, methodized fmd disposed by P. Shaw (Londres, 3 vol. in-4°, 1738 ). « Lequel de ses écrits, s'écrie Boei'liaave, qui était avec raison un grand admirateur de Boyle, puis-je louer? Tous. Nous lui devons les secrets du feu , de l'air, de l'eau , des animaux, des végétaux, des fossiles ; de sorte que de ses ouvrages peut être déduit le système entier des sciences physiques et naturelles. » — M. Hoefer en a donné une analyse dans son Histoire de la Chimie. Nous nous bornerons à en détaclier les détails suivants.

Le vœu le plus ardent de Boyle , ainsi qu'il l'avoue lui-même, était de répandre et de populariser l'emploi de la méthode expérimentale, « de laquelle seule on peut attendre le plus grand avancement d'une connaissance utile. »

Les anciens chimistes avaient été divisés en deux camps : les uns admettaient, avec les péxipatéticiens, quatre éléments; les autres, trois, le mercure, le soufre, le sel. Presque tous les alchimistes étaient de cette dernière opinion. Boyle éleva le premier, dans son traité remarquable ( the sceptical Chymist), des doutes sérieux et sur la théorie des péripatéticiens et sur celle des alchimistes. D'abord il conteste la nature élémentaire de la terre, de l'air, de l'eau et du feu ; et il pense qu'il ne faut pas s'astreindre au nombre de trois de quatre ou de cinq éléments,

et qu'il arrivera peut-être un jour oii l'on en découvrira un nombre beaucoup plus considérable. Il se plaint avec raison de cette obscurité systématique dont les alchimistes font en quelque sorte parade dans leurs écrits : c'était pour eux un moyen de cacher le vide de leurs paroles et de leurs procédés. Il leur reproche en termes amers d'avoir pris des combinaisons métalliques, particulièrement celles de l'eauforte avec l'argent ou le plomb , pour les substances élémentaires de ces métaux.

Indépendamment des éléments visibles et palpables, ne pourrait-il pas y avoir, se demande Boyle, des éléments d'une nature plus subtile, invisibles, et qui s'échappent inaperçus à travers les jointures des vaisseaux distillatoires ? Puis il démontre l'insuffisance des prétendues méthodes analytiques alors employées , et fait voir quelle immense différence il y a entre la distillation en vaisseaux clos et la calcination des corps, ou l'application du feu nu.

Boyle est le premier qui ait nettement défini le mélange et la combinaison : dans un mélange ( mixture), les principes qui y entrent conservent chacun leurs propriétés caractéristiques, et sont facilement séparés les uns des autres ; dans une combinaison (compound mass ), les parties constituantes perdent entièrement leurs propriétés primitives, et ne sont plus faciles à séparer. Il cite comme exemple le sucre de Saturne , qui se compose de vinaigre et de litharge, éléments dont aucun n'a une saveur sucrée. — Boyle a fait un grand nombre d'expériences sur l'air, qu'il définit un fluide ténu, transparent, compressible, dilatable, enveloppant la sinface de la terre jusqu'à une hauteur considérable, et se distinguant de l'éther en ce qu'il réfracte les rayons du soleil. Il pense que l'air, sur la nature duquel ' on n'a pas encore dit le dernier mot, est une matière complexe , et qu'il se compose de trois espèces différentes de molécules : la première proviendrait des exhalaisons des eaux, des minéraux , des végétaux, des animaux existant à la surface de la terre ; la seconde, beaucoup plus subtile, consisterait dans les effluves magnétiques émis par la terre , et produisant, par leur choc avec les atomes innombrables émanant des ; astres, la sensation de la lumière; enfin, la troisième espèce ne serait autre cliose que la portion vraiment élastique de l'air, compressible et dilatable comme le ressort d'une montre.

Presque en même temps qu'Otto de Guericke, l'inventeur de la machine pneumatique , Boyle faisait des expériences sur le vide ; il avait chargé Hook de lui construire une machine pneumatique composée d'un ballon en verre ( j'écipient) et d'une pompe à air, insti'ument plus propre aux expériences qu'il avait entreprises, et qui n'offrait pas l'inconvénient d'être main-| tenu sous l'eau, comme l'exigeait la première machine pneumatique inventée par Guericke.

Pour démontrer l'élasticité de l'air, il fait une

BOYLE — BOYLEAU

série d'expériences, alors surprenantes, avec des vessies comprimées et liées ( placées sous le récipient ), qui se gonflent et finissent par éclater à mesure que l'on retire l'air du récipient , « parce que les particules de ce fluide renfermées dans leurs plis, n'étant plus comprimées par le poids de l'atmosphère, reprennent toute leur force élastique, et tendent à occuper un espace plus considérable. » Nous nous dispensons de rapporter tous les détails dans lesquels l'auteur entre pour mettre hors de doute l'élasticité de l'air et la pression atmosphérique, au moyen du tube de Toricelli. L'un des premiers, il démontra, par de nombreuses expériences, que les corps en combustion ( charbons ardents, chandelles, fer rouge, etc. .) ont besoin d'air, et qu'ils s'éteignent dans le vide.

Enfin, Boyle a puissamment contribué aux progrès de la physique par ses expériences sur l'évaporation de diverses liqueurs dans le vide de la machine pneumatique , sur la pression de l'atmosphère, sur la succion, sur l'impossibilité d'obtenir un vide parfait, sur le poids des corps dans le vide, sur la congélation de l'eau, sur les effets de la compression de l'air, sur la hauteur de la colonne des liquides ( contre-balahçant la pression atmosphérique ) variant d'après leur densité, sur la construction du baromètre portatif, sur la propagation du son dans le vide, etc.

C'est à partir des travaux de Boyle que date, en quelque sorte, l'emploi de la voie humide et des dissolvants dans la chimie organique : c'est ainsi qu'il cherchait , pour nous servir de ses mots , à rendre l'opium plus actif, en le traitant par du tartre calciné ( carbonate de potasse ) et par de l'alcool.

i Nul ne fut plus sobre de théories que Boyle. ! Fidèle aux préceptes du chanceUer Bacon, il I éclaircit les sciences avec le flambeau de l'expé- {rience, ne reculant devant aucun obstacle, de ! quelque nature qu'A fût. « Bien que. Dieu merci, ma condition me permette de faire exécuter les expériences par d'autres en ma présence, je ne I me suis jamais refusé à disséquer moi-même des [animaux, et à manier, dans mon laboratoire, le jlut et le charbon. » Personne n'était aussi au I courant que Boyle de ce qui concerne le moujvement des sciences en Europe. S'agissait-il j quelque part d'une découverte inattendue, exjtraordinaire? aussitôt il employait tous les nioyens pour en connaîti-e les détails et pour !en répandre la connaissance. C'est Boyle qui ariiacha à quelques charlatans ambulants les serets du phosphore et du quinquina.

f'erd. Hœfer, Histoire de la Chimie. — Penny- Cijc/opœdia.

BOYLE (Roger), comte d'Orrery, baron de Brogliill,guerrierirlandais,frèrede Robert Boyle, laquit à Lismore en 1621, et mourut le 16 octo- 1 bre 1 679. D'abord partisan de Charies P' , il servit ; idèlement ce prince, à la mort duquel il chercha

r<0UV. BIOGR. UNIVERS, — T. Vil.

à ramener Charles n, qu'il était allé trouver. Cromwell, qui découvrit ses menées, lui pardonna, à la condition de prendre un commandement dans les troupes destinées à réduire l'Irlande. Il accepta, et en même temps prévint Charles II , qui lui recommanda, « lorsqu'il serait moins en danger, de se rappeler son devoir. » Mais il trouva que son devoir actuel était de servir fidèlement le protecteur, et c'est ce qu'il fit. A la mort de Cromvsrell, il voulut d'abord appuyer son fils Richard ; mais, voyant que ce gouverne ment n'avait pas d'avenir, il se retira en Irlande, et s'arrangea de manière à suivre la marche des choses, tout en se préparant un bon accueil de la part de la royauté. En effet, il fut créé conseiller privé d'Angleterre et d'Irlande par Charles U. Outre quelques poésies, il laissa un roman intitulé Parthénisse ; Londres, 1665 ; — un Art de la guerre ; Londres, 1677.

Biographia Britannica. — Lingard, Hume, Smollet Ilist. of England.

BOYLE ( Charles ) , savant anglais, fils puîné de Roger, naquit à Chelsea en 1676, et mourut le 28 août 1731 (1). Il étudia à Oxford, et publia, durant le cours de ses études, une nouvelle édition des Épitres de Phalaris, avec la version latine et des notes ; Oxford, 1675 et 1695 ; et une vie de Lysandre, dePlutarque. En 1703, il devint pair d'Angleterre, et se fit remarquer ensuite dans la guerre de la succession d'Espagne. En 1722, accusé d'avoir trempé dans un complot, il fut enfermé à la Tour de Londres pendant six mois. Il a donné son nom au planétaire de George Graham , qui lui avait dédié cette machine.

Chalmers, Biographical Dictionary.

BOYLE (/eaw),filsde Charles Boyle, savant anglais, né en 1707, mort en 1762. Il eut pour premier maître le poète Fenton. Il étudia ensuite à Westminster et à Oxford, devint pair d'Angleterre en 1732, et se fit remarquer par son opposition à Walpole. En Irlande, où il se rendit dans la même année, il connut Swift, et se lia avec lui. Un voyage en Italie qu'il fit en 1754 lui fit commencer une histoire de Toscane, qu'il n'eut pas le temps d'achever. Ses prmcipaux ouvrages sont: Translation of the Epistles ofPliny, etc. avec des observations et la Vie de Pline, Lond. 1762 , in-8° ; — Remarks on the Life and Writings of d' Swift, 1762 ; ti-aduit en français par Lacombe; Paris, 1753.

Btograptiia Britannica.

BOYLEAP, BOYLE.4CX OU BOILESVE (Es-

tienne), prévôt de Paris sous saint Louis, au treizième siècle (2). Il est né vers l'an 1200,

(1) Et non 1721 , comme le dit la Biographie universelle.

(2) Joinville l'appelle Boilyeaae ; mais U est nommé fo^Jeau dans les actes authentiques , c'est-à-dire dans des enquêtes faites aux parlements de la Chandeleur en 1263 , de la Pentecôte en 126* et en 1263 , et en 1267. ( Registre des Olim , publié par M. Beugnot.) Ou écrivait, en vieux frannis, Boyleav. Dans un titre de cette

195 BOYLEAU

puisqu'il épousa Marguerite de la Guesle en Î225, et qu'il maria son fils, Foulques, vers le milieu du siècle. Il paraît qu'il était noble (quoique Joinville, qui parle de lui avec détail, ne le dise pas ), puisqu'il fit, en 1228, un partage noble avec ses frères Geoffroy et Robert, et qu'il est appelé chevalier dans le mariage de son fils; d'ailleurs il accompagna saint Louis à la croisade de 1248 (et non à celle d'Egypte en 1268), y fut fait prisonnier en 1259, et racheté pour 200 livres d'or, somme alors très-considérable (1), et qui prouve le crédit dont il jouissait. Joinville raconte (2) les désordres qui régnaient dans Paris, ville devenue très-populeuse, quoique son enceinte sous Philippe-Auguste ne fût encore que de 252 hectares, c'est-à-dire la 136'' partie de ce qu'elle est aujourd'hui. Saint Louis , qui était tin grand justicier, chercha un prud'homme assez énergique et assez éclairé pour y ramener l'ordre. Jusqu'alors la prévôté de Paris était en quelque sorte à l'encan, sans doute par l'effet d'un privilège d'élection renouvelé des cités romaines. On connaît en effet plusieurs des prédécesseurs de Boyleau, qui étaient des marchands; et le récit de l'historien du saint roi semble considérer Boyleau lui-même comme un bourgeois de Paris , auquel cas il ne serait pas le noble comipagnon de sa croisade. Mais il est plus vraisemblable que le roi voulut nommer lui-même le nouveau prévôt, et qu'il le choisit parmi les nobles domiciliés à Paris. A cette époque, la prévôté se composait d'attributions militaires, administratives et judiciaires. Le gouvernement militaire n'en a été séparé, dit-on, que sous François F"^, et la séparation des pouvoirs administratifs et judiciaires ne fut opérée qu'en 1789. Enfin, ce n'est qu'en 1800 que l'administration elle-même a été séparée de la police , par l'institution des deux préfectures. Boyleau paraît être entré en fonction de cette charge ainsi devenue royale en 1254, et plus probablement en 1258. Peut-être, depuis la croisade, le roi avait-il employé ce temps à l'éprouver dans des emplois préparatoires. Quoi qu'il en soit, Boyleau obtint un plein succès ; et dans un espace de douze ans environ ( car il eut un successeur en 1270, dans la personne de Renau Barbon ), il purgea Paris de tous les malfaiteurs, et surtout des voleurs qui l'infestaient. On a fait de sa sévérité un éloge exagéré : J. de Columna, dans un écrit intitulé la Mer des Histoires (2,), en cite deux exemples :

époque, on voit le mot Boyleau traduit en latin par aquam Bibens, buveur d'eau ; c'était un nom très-commun.

(1) La livre romaine et tiyzanline , conservée par Pépin et Charleraagne, est d'environ 320 fjiammes; les 200 livres d'or font 04 kilog., lesquels, à 3094 fr. le kilogr. d'or en lingots , donnent 98,016 fr. Philippe I" et ses successeurs avaient altéré les monnaies et diminué leur poids,

au point que les .Arabes durent exiger le payement au poids. On croit que la proportion des valeurs métalliques avec les subsistances était alors huit fols plus forte ; ainsi la rançon eût valu environ 784,000 fr.

(2) P. 149 et sulv., éd. de 1761.

(3) Publ. un isoi, In-fol., p, 200,

« Il fit pendre un sien filleul, parce <jue sa mère « lui dit qu'il ne se pouvait tenir â'embler (vo- « 1er); item, un sien compère, qui avait renié « une somme d'argentj que son hôte lui avait « baillé à garder. »

Que le vol accompagné de violence on aiitros circonstances aggravantes ait été puni de rnorl à cette époque, et non la simple filouterie, on le conçoit : mais jamais la violation d'un dépôt, quelque odieuse qu'elle soit, n'a mérité la peine capitale. L'auteur ancien et anonyme de sa vie dit que saint Louis venait quelquefois, au Cliùtelet de Paris, assister son prévôt poui- lui donner plus de crédit. Il est vrai que le droit de juger en personne n'a été retiré à nos rois que par un décret de l'assemblée constituante de septembre 1789; mais cette confusion de pouvoirs se conçoit à une époque où l'autorité royale se rendait populaire en introduisant l'appel des justices seigneuriales à son parlement, qui n'était point encore sédentaire. On doit au prévôt Boyleau un recueil des statuts des métiers de la ville de Paris en 100 chapitres, et ses règlements sur les péages ou ponts et chaussées de cette ville et de sa banlieue, alors fort étendue, en vingt-deux titres : ces statuts ont été blâmés, comme contraires aux saines règles de l'économie politique, par un historien moderne (Sismoudi) (1); mais cette critique, quoique conforme aux vrais principes, paraît injuste quand il s'agit de juger les institutions du treizième siècle, c'est-à-dire d'une époque oii la féodalité régnait partout, et oii il importait même à la royauté de constituer dans les villes une classe moyenne ; c'était une conséquence de l'érnanci- ( pation des communes , commencée par les rois ir de cette dynastie depuis un siècle. Mais un sa-^p vaut magistrat, le président Hénault, a eu tortji de les proposer au milieu du dernier siècle pour ( modèles aux administrateurs français. Les uns-! reprochent à ces statuts trop de sévérité dans [( les amendes, d'autres trop d'autorité laissée -4 à ces si nombreuses corpoi-ations que rordon-;i nance de 1776, ouvi-age de Turgot, essaya vai-j'* nement d'aboHr , et qui n'ont perdu leurs privilèges qu'en 1791. Quoi qu'il en soit, ils sont va monument très-curieux de l'état des arf s , âf^ mœurs et de la législation au milieu du treizième siècle; on les met à côté des, Établissements dû saint Louis, quoiqu'ils aient un caractère moin.» élevé de législation ; mais ils sont plus impératifs. Ils contenaient ou plutôt on y a interpok plusieurs fragments d'ordonnances royales, qu'on retrouve dans les oidonnances du Louvre.

Ces statuts existent encore au trésor des chartes (2), mais incomplètement; l'original en < été, dit-on, perdu lors de l'incendie des archive; de la cour des comptes en 1737. Ils ctalenl écrits sur des rôles, ou feuilles de parchemin en

(0 mst. des Franc., vm, ns-n.ï. — Ancienne Ugit lution française.-p-st Isambert et autres, I, 90-29'f. (2) Rcg. s. 73 et 97.

rouilles, quoiqu'on attribue à ce magistrat la

création des registres ( regesta ) , iiïiitée par le

greffier Montluc dans la transcription et la

j rédaction des Olim ou décisions du parlement.

1 On les avait souvent cités , notamment le sa-

; vant commissaire Laniare (1)', dans son traité

I encore aujourd'hui si utile de l'aucieime police.

1 Les statuts de lioyleau ont été enfm publiés

1 correctement en 1837, en un beau vol. in-4°, aux

I frais du gouvemement, par M. Depping , et on

I peut les étudier comme si l'on avait l'original ,

j en cherchant cependant à se rendre compte des

1 interpolations. Boyleau, selon l'opinion com-

I inune , serait mort en 1 269 , du vivant de saint

Louis ; mais il est tout aussi vraisemblable qu'il

; 1 été remplacé en 1 270 par Philippe le Hardi ,

I son successeur, victime des inimitiés que sa sé-

1 f érité et son mérite avaient suscitées conti-e lui.

Dnti'ouve dans les registres de la taille de Paris,

le 1313, une taxe de trente livres sur Etienne

leBoyliau, bourgeois de Paris, rue au Conte-du-

?ontif. Il y a une grande identité dans les noms ;

ar à cette époque l'orthographe n'était point fixée,

^t dans les manuscrits des statuts eux-mêmes

es variantes de son nom sont très-nombreuses.

itfais s'il vivait encore eu 1313, l'ancien prévôt

le Paiis n'est pas le noble Angevin marié en

(225, et né vers 1200; et il aurait exercé sa

harge importante d'assez bonne heure. Ce grand

nagisti'at a mérité les éloges de ses contempo-

ains et du premier de tous, Joinville; de J. de

'olu amas, Louis Laserre, et autres écrivains du

liiin/.ième et du seizième siècle; de Mézeray,

a Cange, Filleau de la Chaise, Félibien et Lo-

liiK'au, au dix-septième ; de Velly et du président

loiiault, au dix-huitième ; de Sismondi et Dau-

ou, au dix-neuvième (1831). La ville de Paris

placé sa statue an premier rang des adminis-

ratcurs qui décorent la façade de son hôtel.

ISAMEERT.

Histoire littéraire de France, XIX,. 183S, p. 104-114. • Jlorérl, Diet. hist.

► BOYM (Michel), missionnaire polonais, de ordre des Jésuites, mort en 1659. H alla aux iilcs et à la Chine en 1643, et revint à Lisbonne Il 1G52. E» 1656, il se remit en voyage, visita ' nouveau la Chine, et y mourut. Cette carrière lutévangélique fut remplie par d'utiles travaux. Il a de lui : Flora Sinensis ; Vienne, Rictius , I )6 : traduit en français dans Thevenot, les uns chinois s'y trouvent exactement reproduits; nelation de la Chine, écrite à Smyrne, 1652, 1 primée en 1664, et dans la même collection; la traduction des quatie li\Tes du Wanghoho, qui traite des médicaments simples chez s Chinois et de eeitains diagnostics des malaes : le pouls, l'état de la langue, etc. Les livres de Boym furent publiées à Francfort en '82, sous le titre jde \Specvmen medicinx Sicvf , par André Cleyer de Cassel , qui ne fit eiiie pas connaîti-e le nom de l'auteur.

BOYLEATJ — BOYSEAU 198

BOYM (.Bcw 0^0 )j<^suife polonais, mort à "Wîina en 1670. Il écrivit des ouvrages de théologie, et une Théologie chrétienne, restée manuscrite.

Kircher, China illustrata. — RlcfloH, Ceographia reformata. — Thevenot, Relation de diverit voyages curieux. — Ersch et (iruber, Allgem. Ënc,

BOYS (Tftomas), marin anglais, né le 3 octobre 1763, mort à Ranisgate le 3 novembre 1832. Il était fils de Guillaume Boys ^ auteur des Documents pour l'histoire de Sandwich, 2 vol. in-4°. Thomas servit dans la marine depuis 1777 jusqu'en Î800, et, après de nombreuses traversées et de fréquents combats contre la marine française, il fut chargé de commander le vaisseau le Lacédémonien. Il reprit du service en 1 808 ; et, capitaine du Saturne, vaisseau de 74, il servit sur les côtes de France, d'Espagne, du Portugal, et dans la mer du Nord. Il parvint en 1819 au grade de contre-amiral, et à celui de vice-amiral en 1830.

Rose , Ifew Biographical Dictionary .

BOYSE, BOYS OU BOIS [Jean), théologien anglican, né à Nettlestead, dans le comté de Siiffolk, en 1560; mort en 1643. Il fut nommé, en 1596, à la cure de Bosvs'orth , où il remplaça son beau-père. Il coopéra à la traduction de la Bible, ordonnée par Jacques F"^, et fit partie thj comité de six théologiens chargé de revoir ce travail. Il concourut à la publication des œuvies de saint Jean Chrysostome, éditées par sir Henri Savilie. On a de Boyse un ouvrage posthume intitulé Vateris interpretis cum Bez-a nliisqiw recentioribus collatio in quatuor Evangeim et Actis Apostolorum ; Londres , 1655 , in-8°.

l'its , De Script. Ângl.

BOYSE (Jean), théologien anglican, natif d'Erthon (comté de Kent), moit en 1628. Il a publié, en anglais, une Exposition sur les Psaumes; Londres, 1628.

Baie , De Script. Britan.

BOYSE (Samuel), poète anglais, né en 1708, mort en mai 1749. A dix-huit ans il alla étudier à Glascow, y séjourna quelque temps, et y iit un mariage d'amour qui contribua à sa ruine. Il s'établit à Edimbourg, où il publia un volume de poésies qui lui valut le patronage de plusieurs personnes considérables, entre autres la duchesse de Gordon. Mais il paraît qu'il ne sut point profiter de ce i-etour de la fortimc. Il vint alor? à Londres, où il essaya encore de vivre du produit de sa plume, et où il mourut dans une complète indigence. Outré le Tableau de Cébès, 1731, il laissa : the Beity (la Divinité), le meUleur de ses ouvrages, imprimé pour la troisième fois en 1752 , et qui se trouve aussi dans le recueil d'Anderson, intitulé Poets of Great- Britain.

Chalwers, Biographical Dictionartf. — Aikin, General Biography. — Londoti Revieio, 111.

BOYSEAtr (Pierre de), marquis de Châteaufoi-t , général espagnol, né à Saint-Gérard, près de ÎNamur, en 1659;; mort à Zamora, dans le royaume de Léon, le 26 juillet 1741. Il entra an

BOYSEAU — BOYSSIÊRES

service en 1785, et, après les batailles de Fleurus, de Steinkerke et de Nerwinde, où il se conduisit honorablement, il s'enferma dans la ville de Charleroi, assiégée par les Français. Chargé d'aller prévenir l'électeur de Bavière du danger de cette place, il traversa avec deux compagnons les lignes ennemies, fit prisonniers deux officiers supérieurs , et , à son retoiu-, étant tombé dans une patrouille française, regagna seul et blessé la ville de Charleroi. Pendant la guerre de la succession, il embrassa le parti de Philippe V, et se distingua aux journées d'Eckern et de Ramillies, à Oudenarde, à Malplaquet et à Saragosse, où il couvrit la retraite de l'infanterie : ses services rélevèrent successivement aux grades supérieurs. Nommé par le duc de Berwick commandant général dos dragons en 1713, il se signala par des prodiges de valeui au siège de Barcelone, et contribua puissamment à la prise de cette place. Créé maréchal de camp , il participa en 1715 à l'expédition de Majorque, et, en 1717, à celle de Sicile, dans laquelle il vendit ses équipages , afin de pourvoir aux besoins de ses soldats. Après avoir servi en Afrique sous les ordres du marquis de Leyde, il obtint, en 1728, le gouvernement de Jaca et le titre de marquis de Châteaufort. En 1732, il conquit la ville d'Oran, et gagna, deux ans après, dans le royaume de Naples, la bataille de Bitonto , ce qui lui valut la capitainerie générale de la Vieille-Castille.

Mémoires sur le règne de Philippe F, roi d'Espagne, BOYSEN (Pierre- Adolphe), théologien luthérien, né à Aschersleben le 15 novembre 1690, mort le 12 janvier 1743. Il étudia à Wittemberg et à Halle. Ses principaux ouvrages sont : Commentarius de viris eruditis qui sero ad literas admissi magnos in studiis fecerunt progrressM* ; Wittemberg , 1711; — Historia Michaelis Serveti, dissertatione enarrata; ibid., 1712; — Eclogx archeologicae ad difficile Failli iter; acta XXV f, 9 ; Halle, 1713 ; — Philosophumena Synesii Cyrenensis ; Magdebon rg, 1714; — Dissertatio historica et crifica ad Actorum XIX de Asiarchis, 1716"; — Commentatio de Legione fulminatrice M. Aurelii Anionini iwpera^om ; Halberstadt, 1719.

Sax, Onomasticon literarium, t. VI.

BOYSEN (Frédéric- Eberhard), historien allemand, fils du précédent j né à Halberstadt le 7 avril 1720, mort le 4 juin 1800. A seize ans il fit ses premières études à Magdebourg; il vint les compléter à Halle, il rempht alors d'importantes fonctions dans l'enseignement. On a de lui : une Traduction du Coran, avec notes; Halle, 1773, gr. in-8°, et 1775; — Monumenta inedita rerum Germanicarum, prœcipue Magdeburgicarum et Halberstadiensium, t. I; Leipzig et Quedlinbourg, 1761 ; — Lettres théologiques en allemand ; Quedlinbourg, 1765-1766; Magasin historique universel; Halle, 1767- 1770; — Histoire universelle , ancienne; 10 vol.; ibid, 1767-1772; extraite de YHistoire

universelle anglaise; — De voce (xu^Triptov , sous le nom deKuhn; Quedlinbourg, 1771; — Ad Celsi I,v.M\riy.Mw zh:i8a. commentatiuncula; Halle, 1775; — Lettres à Gleim; Francfort, 1772, et Quedlinbourg, 1795.

Ersch et Gruber, AUgémeine Encyclopœdia.

BOYSSAT. Vay. BOISSAT..

BOYSSIERES (Jean de), sieur de la Boissière, poète français, naquit à Clermont-Ferrand en 1555; et mourut vers le commencement du dix-septième siècle. H y a lieu de croire qu'il mourut dans un âge peu avancé, car on ne cite plus aucun ouvrage de sa façon au delà de 1584; et sa fécondité précoce doit faire supposer que, d'elle-même, elle ne se serait pas arrêtée sitôt. Il fut destiné au barreau ; mais il y renonça de bonne heure, pour se livrer entièrement au culte des Muses et à l'amour, ainsi qu'il nous l'apprend lui même dans des stances sur la vie clérique, qu'il regi-ette d'avoir abandonnée pour dissiper sa fortune ,

Accourclssant mes jours et la lumière aussi De mes yeux aTeuglés.

11 voudrait revenir dans lesp^aincs limandres de l'Auvergne , où il reçut le jour :

Car jeperds dans laFraneeet mon temps et ma peine. La France l'ingrate. . . (1).

C'est en vain qu'il compte sur la protection dni duc d'Alençon, qu'il appelle le type de l'Hercule Gaulois , et dont il célèbre les hauts faits d'une manière emphatique : ce prince et 1; France furent également ingrats envers lui. Ai surplus, ses compositions poétiques ne se distinguent de la foule des ouvrages de ce genre pu bliés à cette époque, que par un caractère d'obs' curité qui les rend parfois inmteJligibles. Auss l'abbé Goujet a-t-Jl observé avec quelque raiil son que Sylvie (nom de la première maîtress de Boyssières) « n'a pas dû comprendre la ving ii « tième partie de tant d'éloges , de stances , d'o « des , de chansons , de complaintes, de pleurs « de désespoirs , qui composent les deux lier « des premières œuvres amoureuses de Jeai « de Boyssières , Montfarrandin , dédiées i « Monsieur, duc d'' Anjou, et frère unique d'i « Roy; Paris, Montreuil, 1373, in-12; san « compter, ajoute le bon abbé, toutes les turpi « tudes dont ce sale recueil est rempli. » Soiisc rapport, nous ne le trouvons pas plus licencieu que la plupart des nombreux opuscules érotiqm > des autres rithmailleurs de son temps. Jean d j Boyssières ne se borne pas toujours au genij élégiaque ; il fait quelques excursions dans le d( maine de la satire. C'est ainsi que nous troi[i vous dans le même recueil vingt et une stanct intitulées Des humeurs de la femme, où \\ déploie contre cette belle moitié du genre M main toute l'âcreté d'une verve injurieuse; <[« qui contraste, d'une manière assez piquante! avec le plus grand nombre de morceaux , où !

(1) Premières œuvres amourevses de Jean de Boyssi i res; Paris, 1378, in-i2, p. 't'tS -449.

BOYSSIÈRES — BOYVIN

«xaltc les perfections célestes du même sexe. Il fit paraître en 1579 (Paris) les secondes œuvres, in-l2, et les troisièmes, Lyon, 1579, in-4". Duverdier nous apprend qu'il avait recueilli quelques œuvres spirituelles, partie en prost, partie en vers, Lyon, Anselin, in-é"; mais il ne fait pas connaître la date de cette publication. Plus tard, il mit au jour la Croisade, ou voyage des chrestiens en la terre sainte; Paris, Seviste, 1384, in-12. Il commença cet ouvrage à l'âge de trente ans ; mais il n'en publia que trois chants, à la tête desquels on trouve une gloire à la duchesse de Nemours, sur les difficultés de la poésie épique. Moréri transforme cette ébauche en une histoire des croisades; et un plus savant biographe de nos jours a commis ' «ne autre erreur, en avançant que Boyssières avait eu la témérité d'entreprendre une traduction en vers de la Jérusalem délivrée, mais qu'il n'en avait fait imprimer que les trois premiers chants. Pendant un voyage qu'il fit en Piémont, deux de ses amis publièrent à Lyon «ne traduction en vers des douze premiers «hants an Roland Jurieux d'Arioste, qu'il avait laissée entre leurs mains. Chaque chant est dédié à un personnage distingué du temps. Les éditeurs ont intercalé dans cette version ce qui avait été traduit des 4% 5^, 6" et 11^ chants par MeDin de Saint-Gelais , Baïf et Belleau. L'œuvre du poète auvergnat ne gagne guère à ce rapprochement. Voici le titre exact de cette traduction , qui n'a été rapporté par aucun des bibliographes que nous avons consultés : l'Âriostefrançois de Jean de Boessière de Mont- Jerrand en Auvernie, avec les arguments et allégories sur chacun chant; premier volume, Lyon, Ancelin, 1580, in-8°. J. Lamoureux;

La Croix du Maine et da Verdier, Bibliothèques françaises. — Goujet, Bikliothèque française,, t. XII.

*BOYTACA OU BOTTA QUA ( maître), célèbre architecte portugais , mort avant 1528. Dès l'année 1490, il fut employé par Jean n à la construction du couvent de Jésus de Sétubal. Ingénieur comme l'étaient alors tous les grands architectes, il se rendit, sous Emmanuel, enAfrique, où il fortifia Arzilla et Tanger (1). Nommé architecte du magnifique couvent de Batalia dès 1499, il ne tarda pas à trouver une occasion d'exercer son génie : ce fut lui qui éleva le monastère de Belem sur l'emplacement qu'occupait jadis la modeste chapelle du Rastello, où Vasco de Gama allait faire ses dévotions, lorsqu'il dut accomplir son voyage aux Indes en 1497. Tous les voyageurs artistes qui ont visité le couvent de Belem, et M. le baron Taylor entre autres, sont d'accord sur le caractère vraiment original de cette magnifique construction, édifiée au bord de la mer, et destinée à rappeler un des faits les plus mémorables de l'histoire

a) Boytaca fut employé plusieurs fois à la fortification (les diverses places possédées par les Portugais en Afrique. Jl reçut à cette occasion l'ordre de chevalerie.

de la navigation. Quoique ces constructions aient été commencées en 1501, M. deRaczynski n'ose affirmer que Boytaca en ait été le premier architecte; mais il en fut certainement le plus habile, et cette opinion est aujourd'hui consacrée par les maîtres de l'art. Il eut poui- successeur le célèbre Castilho. Ferdinand Denis.

Le comte A. de Raczynskl, Dictionnaire historico-artistique du Portugal. — Le même, les Jrts en Portugal O Panorama, Jornal lilerario , 8 vol. gr. ln-8» à 2 col.

BOTTE ( Jonas ), chroniqueur suisse, né en 1656, mort en 1739. Il fut ministre et pasteur de l'église des Fontaines, dans la principauté de Neufchâtel. Il composa plusieurs ouvrages restés manuscrits , parmi lesquels on remarque : Annales historiques du comté de ISeufchâtel et Valangin , depuis les Romains jusqu'à nos jours; Neufchâtel, 1722, 3 vol. in-fol.

Son petit-fils Jérôme-Emmanuel a donné un abrégé du Dictionnaire monétaire, édit. de Jonas Boyve, sous le titre de Recherches sur l'indigénat helvétique; Neufchâtel, 1778; Berne, 1795, in-8°.

Biographie universelle.

BOTTE (/eon-iî'rawfois), jurisconsulte suisse, vivait dans la première moitié du dix-huitième siècle, n était avocat, et maire de Bevaix. Il a laissé : Définitions et explications des termes du droit , consacrés à la pratique du pays de Vaud; Berne, 1750, in-12; — Remarques sur les lois et statuts du pays de Vaud; Neufchâtel, 1756, 2 vol. in-12 ; — Examen d'un candidat pour la charge de justicier de Neufchâtel et Valangin ;\\)\A., 1757, in-8°; — quel ques ouvrages restés inédits.

Biographie universelle.

BOTTEAU-LAFFECTEVR , médecin français, né à Paris vers 1750, mort dans la même ville en 1812. Il travaillait chez un notaire lorsqu'on lui apprit la composition du rob anti-syphiliti que qui porte son nom. Ses principaux écrits sont : Recherches sut la méthode la plus propre à guérir les maladies vénériennes, soit récentes, soit invétérées, 1789, in-8"; — Observations sur les maladies vénériennes, 1798, in-8°; — Traité des maladies vénériennes anciennes, récentes, occultes et dégénérées, et méthode de leur guérison par le rob anti-syphilitique; Paris, 1814, in-8° : cet ouvrage refond les deux précédents; — Traité des maladies physiques et morales des femmes, 4« édition; Paris, 1812 et i8i9 ; — Précis historique et Observations sur les effets du rob anti-syphilitique de Botjveau-Laffecteur ; Paris, 1821, in-S", 4* édition.

Quérard, la France littéraire. — Biographie universelle.

BOTTIN {René). Voy. Boivin.

BOVTiiv (Jean), jurisconsulte franc-comtois, né à Dôle en 1680, mort le 13 septembre 1650. On a de lui : Histoire du siège de Dôle en 1636; Dôle, 1637 : c'est un véridique et intéressant récit; — la Cptitume de Franche-

203 BOYVIN —

Comté annotée; — Traité général des monnaies.

BOYVIN ( Claude- Etienne), fils du précédent , vivait dans la seconde moitié du dix-septiènae siècle. Il fut général ou admiaistrateur des njonnaies de la Bourgogne , et publia : le Bon Bourguignon, en réponse au Bellum Sequunifiwm secundum de Jean Morelet, de Dijon, 1672 ; il y est question de la conquête de la Franche-Comté par Louis XIV.

Papillon, Bibliothèque des Auteurs de Bourgogne.

BOYVIN ( François de ). Voy. Boivin.

BOZE {Claude Gros de ), numismate et archéologue français, né à Lyon en 1680, mort le 10 sef^embre 1753. Il se destina d'abord à la magistrature, fit son droit à Paris, et y fut reçu avocat en 1698. C'était un usage établi depuis longtemps à Lyon qu'un jeune avocat prononçât chaque année , le jour de Saint-Thomas, une harangue solennelle en présence de tous les fonctionnaires , et jouit ce jour-là de toutes les prérogatives du prévôt des marchands. Boze fut choisi en 1699 , par les magistrats de Lyon , pour prononcer ce discours. Il s^acquitta avec distinction de cette tâche difficile; et ce premier succès semblait devoii décider pour le barreau sa vocation encore incertaine, lorsque la connaissance qu'il fit , à son retour à Paris , de trois numismates célèbres, Vaillant, Oudinet et le P. Hardouin, le détermina à se livrer exclusivement à l'étude de l'antiquité. H fut nommé, en 1705, élève de l'Académie des inscriptions, devint , l'année suivante , pensionnaire de cette société, et fut élu, la même année, secrétaire perpétuel , quoiqu'il n'eût que vingt-six ans. En 1715, il refusa la place de sous-précepteut du roi Louis XV, et fut admis à l'Académie française coxnme successeur de Fénelon. Nommé, en 1719, garde du cabinet des antiques , il se défit aussitôt, pour n'avoir plus à s'occuper que de ce cabinet, de la riche collection qu'il avait formée lui-même, et qui passait, avec raison, pour une des plus belles qui existassent à cette époque. Le cabinet des antiques fut transféré, en 1741, de Versailles à Paris ; Boze donna , l'année suivante , sa démission de secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, afin de pouvoir donner tout son temps au classement devenu nécessaire par cette translation. Ce classement et le catalogue, pour la rédaction duquel il s'adjoignit, en 1745, l'abbé Barthélémy, qui devait être plus tard son successeur, sont au nombre des plus importants services rendus par de Boze à la science. Ses principaux ouvrages sont : Traité historique sur le jubilé des Juifs; Paris, 1702, in-12; — Dissertation sur le culte que les anciens ont rendu à la déesse de la santé, et sur quelques médailles qui y ont rapport; Paris, 1705, in-12; — Dissertation sur le Janus des anciens, etc.; ibid., 1705, in-12; — Explication ^'pne inscription antique trouvée à Lyon où

BOZZETTÏ 204

sont décrites les particularités des sacrifices que les anciens appelaient tauroboles ; ibid., 1705, in-S"; — Éloge du P. Mabillon; ibid., 1 708, in-4° ; — Médailles sur les principaux événements du règne de Louis le Grand; T édit., 1723, in-fol. ; — Histoire de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres depuis son établissement (en collaboration avec l'abbé Paul Tallemant et l'abbé ^oujet ) ; Paris , 1740, 3 vol. in-8° et in-12; Amsterdam, 1742, 2 vol. iii-12 : tous les éloges qui s'y trouvent, excepté les six premiers, appartiennent à de Boze; — Lettre sur une médaille antique de Smyrne, du cabinet du comte de Thoms , .etc. ; la Haye, 1744, in-4''; — Démétrius Soter, an le Rétablissement de la famille royale sur le trône de Syrie; Paris, 1745, in-12; — le Livre jaune, contenant quelques conversations sur les logomachies; Bâie, 1748, in-S" (très-rare).

Le Bas, Dict. encyclop. de la France, — Quérard, la France littéraire.

BOZE {Joseph), peintre français, né vers 1746, mort en 1826. Cet artiste vécut à une époque où il y eut un art démocratique^ un art ' anarchique et hébertiste, un art jacobin et spiritualiste, un art monarchique; et pendant que Hébert faisait abattre les clochers, parce que, plus élevés que les autres monuments , ils blessaient l'égalité ; pendant que David faisait le programme de la fête à l'Être suprême, que les jacobins avaient fait décréter par la Convention, Boze, fidèle à la cause royale, brava la mort dans le procès de Marie-Antoinette, et lut jeté en prison. 11 n'en sortit qu'après le 9 thermidor, et passa en Angleterre. Avec la restauration, il revint en France ; et tandis que l'ancien régime se reconstituait autant que possible, Boze, de son côté, se remit à faire de l'art monarchique. Il avait peint Louis XVI, il peignit Louis XVllI; il aurait peint Charles X, si la mort, qui le frappa en 1826, ne lui avait enlevé cet honneur.

Gabet, Dict. des Artistes. — Le Bas, Dictionn. encyclop. de la France.

BOZio {Thomas), théologien itahen, natif d'Eugubio, mort à Rome en 1610. U était prêtre de l'oratoire de la congrégation de Saint-Philippe de Néri , et a composé : De imperio virtutis, de robore bellico; Rome, 1593, in-4°; Cologne, 1601, in-8°; — De signis Ecclesix De libri XXIV; Rome, 1591, 2 vol. in-fol.; ibid., 1596, in-4°; Cologne, 1598, in-8<'; — De ruinis gentiumet regnorum; de antiquo et novo Itallx statu; Rome, 1594; Cologne, 1595, in-8°; — De jure divino ; Rome, 1600, in-4°; — Annales Antiqiiitatiim, dont il n'a paru que deux volumes ; l'ouvrage entier devait en avoir dix.

Son frère, François Bozio, a publié : De icmporali Ecclesise monarchia; Cologne, 1602, in-4°.

Richard et Giraud , Biblioth. sacrée.

* BOZZETTÏ ( Camillo ) , sculpteur vénitien, vivait au commencement du dix-septième siècle,

BOZZETTI — BRABANT

< )n voit de lui à l'église SaintrSébastien do Venise un Iwn bu8te de Paul Véronèse. E. B — n.

Oicojjnara. Storia délia Scoltura. — Quadri, Otto Cinmi iii yenezia.

*|{OZZOLi (Joseph), traducteur d'Homère t't de Virgile en vers italiens, né à Mantoue le IG mars 1724, et mort dans la même ville à la (in du dix-huitième siècle. Il entra, à l'âge de dixneuf ans, dans la compagnie de Jésus. Versé dans la connaissance des sciences et des lettres, il fut d'abord chargé de professer la physique expérimentale au séminaire de Rome, et se fit remarquer par la nouveauté de ses leçons sur la machine électrique. Il fut ensuite pourvu de la

< liaire de droit canonique et d'histoire ecclésiastique dans le même établissement. Après la suppression de la société de Jésus , il revint à Mantoue. Choisi pour professer les langues orientales à l'université de cette ville, il devint ensuite directeur de la Bibliothèque royale. Il publia, de J 7G9 à 1779, la traduction en vers de l'Iliade et de l'Odyssée d'Homère : l'Iliade d'Omero tradotta in ottavarima; Rome, 1769-1770, 4 vol. in-8" ; — l'Odyssea di Omero, tradotta in ottava rima; Mantoue, 1778-1779, 4 vol. in-8°. L'ime et l'autre traduction est accompagnée de notes trèsdétaillées. Il exerça aussi son talent de traducteur sur l'épopée de Virgile, et fit paraître VEneida di Virgilio, tradotta in ottava rima; Crémone, 1782-1783, 2 vol. in-S". S'il faut s'en rapporter au continuateur de Ribadeneira, beaucoup de personnes regardent ou plutôt proclament la traduction de Bozzoli comme préférable à celle d'Annibal Caro. Il est douteux que ce jugement ait été ratifié par tous les littérateurs.

J. Lamoureux.

Bibliotheca Scriptorum societatis Jesu ; Supplementum alterum ( auctore Caballero ) ; Roraae, 1816, in-4°.

BRA (Henri de), médecin hollandais, né à Dockum, dans la Frise, le 25 septembre 1555. Après avoir visité les plus célèbres universités, et en particuher celle de Paris , il revint dans sa patrie , et pratiqua successivement la médecine à Dockum, à Leuvarde, à Kempten et à Zutphen. Ses ouvrages ne sont que de pures compilations ; on y trouve peu de raisonnement, et encore moins d'éclaircissements sur le fond des matières qui en font les sujets. On a de lui : Medicamentorum simplicium et facile parabilium, ad calculum, enumeratio, et quomodo iis utendum sit, brevis institiitio; Franeker, 1589, 1591 , in-16; — Ad Icterum et Hydropem; Leyde, 1590, 1597, 1599, in-16; — Adversiis epilepsia^n; Arnheim, 1603, 1605, in-16; — PestiUntia veneno adversantium; Franeker, 1605, in-16; Leuvarde, 1616, in-16 : ce traité est de Sneberger; Bra l'a seulement corrigé et augmenté; —De curandis Venenis permedicamenta simpUcia et facile parabilialibri duo; Franeker, 1603, in-8°; Leuvarde, 1616, in-16 ; — De novo quodam morbi génère, Frisiis et Wesphalis peculiari,observatio una cum Joannis Henrwn ad eam res-

ponsione, dissertation insérée dans le livre XIX des Observations médicales, de Pierre Forest ; Leyde, 1595, in-S".

André, Biblioth. Belgica. — Sweert, Atheme Belgicœ. — Frelier, Theatrum eruditorum. — Manget, Biblioth. Scriptorum medicorum.

BRAAM ( Pierre Van ), poète hollandais, né à Vianen le 22 décembre 1740, mort à Dordrecht le 28 septembre 1817. Il exerça la profession de libraire, et cultiva en même temps la poésie. Il publia en 1809 un recueil de ses poésies latines. Ses vers hollandais sont épars dans divers recueils périodiques.

Pamassus latîno-belgicus. — Biograph. ïfoordenr boeh der Nederlanden.

RRAAM-VAN-HOUCK-GEEST (André- Éve-

rard Yan), voyageur hollandais, vivait dans la seconde moitié du dix-huitième siècle. Après avoir servi dans la marine, il alla en Chine avec le titre de subréc^rgue de la compagnie des Indes. De Canton et de Macao , où il résida jusqu'en 1773, il revint en Europe, et demeura dans la province des Gueldres jusqu'en 1783, époque où il s'établit en Amérique, dans la Caroline méridionale. Des pertes de famille le firent retourner en Chine. Le 9 décembre 1795, il quitta, de nouveau ce pays pour revenir aux États-Unis. Ses manuscrits, remis par lui à Moreau de Saint- Merry, furent publiés en français par ce dernier, sous ce titre : Voyage de l'ambassade de la Compagnie des Indes hollandaises vers l'empereur de la Chine en 1 794 et 1 795, où se trouve la description de plusieurs parties de cet empire inconnues aux Européens; Philadelphie, 1797-1798, 2 vol. in-4<>, avec cartes et planches.

Avertissement, en tête du Voyage de Braara-Van-Houk- Geest.

BRABANT (comtes et ducs de). Anseghise, père de Pépin Héristal, passe pour le premier seigneur du Brabant. Charlemagne et ses enfants furent maîtres de ce pays jusqu'à Othon, fils du prince Charles de France , duc de la basse Lorraine, mort en 1004 sans postérité : Ger berge, sa sœur, mariée à Lambert I*^"^, comte de Mons et de Louvain, devint la tige des ducs de Brabant , qui portaient d'abord le titre de comtes. Cette tige s'éteignit'au quinzième .siècle. — Le prmce royal de la Belgique porte aujourd'hui le titre de duc de Brabant.

BHABAivT (Henri le Guerroyeur, duc de), fils de Godefroy ni, mourut à Cologne le 5 septembre 1235. Il avait été associé au gouvernement de son père dès 1172. Il partit pour la terre sainte avec des troupes d'élite , afin d'accomplir un vœu de croisade que son pèie avait fait, et eut pendant presque tout le reste de sa vie les armes à la main contre différents seigneurs ses voisins. Ce fut Henri le Guerroyeur qui le premier prit le titre de duc de Brabant; ce fut aussi lui qui le premier porta le lion dans son écu.

BRABANT (Henri II), fils dii précédent, et surnommé le Magnanime, mourut le 1®' février

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