‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 3)Chapitre 66 sur 276 · BRANDEBOURG · texte numérisé non relu

BRANDEBOURG

septentrional, qui s'appelait Salzwedel, du nom de la résidence : ce prince prit dès lors le titre de margrave de Brandebourg (Voij. Albert). 11 eut pour successeur son fils Othon, le premier qui fut revêtu de la charge héréditaire d'archi-chambellan, charge qui donna dans la suite le privilège d'être électeur de l'Empire. Après lui, vinrent Jean V (mort en 1266) et Othon lil dit le Bon (mort en 1268), qui régnèrent ensemble et reculèrent les boines de leur petit État.

Othon /F et Harmann, dit le Long, morts tous deux en 1308, achetèrent en 1304, du landgrave Diezmann une partie de la Thuringe et ce qui forma plus tard la Lusace inférieure. Leur successeur fut Waldemar (mort en 1319), l'un des plus célèbres margraves du Brandebourg. Ce prince non - seulement contint les Vendes et les Cassoubiens, mais encore il sortit victorieux d'une guerre qu'il soutint contre les princes du Nord et plusieurs souverains allemands. 11 laissa ses États à Henri, qui mourut en 1320, et fut le dernier margrave de Brandebourg de la maison d'Anhâlt. Après trois ans d'anarchie, l'empereur Louis le Bavarois donna la principale partie du margraviat à Louis, son fils aîné, qui fut chassé par le contre-empereur Charles IV, ligué avec plusieurs princes allemands : celui-ci fit passer pour feu Waldemar un meunier, ou, selon d'autres, un moine nommé Bock. Très-peu de provinces et quelques nobles seulement restèrent fidèles à Louis; en 1350 il I parvint à faire sa paix avec l'empereur Charles. On rédigea une convention dans laquelle il était stipulé que si les frères Louis et Othon n'avaient ])oint de descendance masculine, ils auraient pour successeur le prince Jean de Moravie, et après lui le duc Frédéric de Bavière. Ce traité i ne reçut pas son exécution ; car Charles, qui s'était emparé du margraviat, le donna en 1373 à I son fils Venceslas, qui fut le premier margrave ( de la maison de Lutzelbourg. Venceslas, devenu r roi de Bohême et empereur à la mort de son père (1378), donna le Brandebourg à son frère Sigismond, et la Nouvelle- Marche (Neumarck) avec i la Lusace à son plus jeune frère, Jean de Goerlitz. ) Ces princes en engagèrent une partie, vendirent i les meilleures villes, et grevèrent le pays de ' dettes.

Jobst (mort en 1411), qui vint après eux, fit

■ la même chose, et engagea même (;1395) ce qui I restait à son beau-frère Guillaume de Misnie ,

dit le Borgne. Jobst eut pour successeur Sigis- \ mond, qui devint empereur. Le 18 avril 1417, ' Sigismond en investit Frédéric P' ( né le 21 sep- ! tembre 1372, mort en 1440), comte de Hohen- ' zoilern, burgrave de Nuremberg, auquel il def vaitdes sommes considérables , et qui, en 1440,

■ le céda à son second fils Frédéric IJ {le 10 féf vrier, mort en 1471 ), que sa valeur avait fait sur- ? nommer a«a; Dents de fer; car l'alné Jean, dit ' l'Alchimiste, avait renoncé à la succession.

Telle est l'origine de la maison actuellement régnantedans le Brandebourg et dans toute la Prusse.

Albert, dit /Ic/iiZ^e, margrave de Brandebourg; frère et successeur de Frédéric II. Voy. Albeut.

Jean, dit le Grand, frère d'Albert, gouverna jusqu'en 1499. U eut pour successeur son fils Joachim /*=% mort en 1535. Ce prince, instruit et ami des lettres , inaugura en 1506 l'université de Francfort-sur-l'Oder, et en 1516 fonda à Berlin un tribunal supérieur. Il rendit bonne et sévère justice, et anéantit le reste des brigands qui depuis longtemps infestaient ses Etats. A l'époque de la réforme , il y défendit la traduction de la Bible de Luther, mais sans pouvoir toutefois empêcher les progrès du protestantisme. A la mort du comte de Ruppin, il réunit son comté au margraviat. Sous lui, Albert, prince de Brandebourg et d'Anspach, et proche parent de Joachim, devint grand maître de l'ordre Teutonique en Prusse : on sait que ce pays, sécularisé en 1525 , devint un fief de la couronne de Pologne, possédé par la maison de Brandebourg et bientôt réuni à l'électoral.

Joachim II, fils du précédent, né le 9 janvier 1505, mort le 3 janvier 1571, embrassa en 1539 la religion protestante, qui ne tarda pas à devenir dominante en Brandebourg. La réforme que son frère Jean avait aussi introduite dans les Marches, qui lui étaient échues en partage , amena bientôt la suppression des évêchés de Brandebourg , de Havelberg , de Lebus, ainsi que de la plupart des couvents ; et à peu près à la même époque Sigismond, fils de Joachim H, sécularisa les évêchés de Magdebourg et de Halberstadt , dont il était administrateur. Son fils, Jean-George , mort en 1598, réunit toutes ces possessions.

Joachim- Frédéric , fils de Jean-George , né le 27 janvier 1546, mort le 18 juillet 1608, mécontent du testament de son père , qui donnait à son frère Christian la Nouvelle-Marche, fit, en 1603, à Géra, avec son cousin George-Frédéric d'Anspach, une convention que l'on considéra alors comme la loi fondamentale de la maison de Brandebourg , et qui fut confirmée à Magdebourg l'année suivante. Le droit de primogéniturey était établi : le margraviat, avec ses conquêtes jusqu'à la Franconie, devint indivisible , de telle sorte au moins qu'on ne pouvait détacher aucune partie de son territoire sans le consentement de toute la famille. Les princes au-dessous de dix-huit ans devaient être élevés aux frais de l'électeur; passé cet âge, ils recevaient 6,000 thalers lorsqu'ils n'avaient ni apanages ni revenus. Tout prince qui avait des biens devait nourrir lui-même ses enfants. Christian, mécontent de ces stipulations, appela à son secours l'empereur et les princes d'Allemagne. Sur ces entrefaites mourut George-Frédéric; le traité fut confirmé, mais cependant avec une modification : Christian obtint Baireuth pour lui et ses descendants, et, avec le margrave Joachim Ernest, il fonda le margraviat de Franconie,

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