‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 3)Chapitre 87 sur 276 · BREGHOT-DU-LUT — BRÉGUET 3C · texte numérisé non relu

BREGHOT-DU-LUT — BRÉGUET 3C

son état qu'avec répugnance. Amené à Paris l'âge de quinze ans , et placé chez un horloger t Versailles, il prit bientôt du goût pour son noi vel état. Par son application , par ses talents ■ par la déhcatesse de ses procédés, Bréguet coi quit l'estime et l'amitié dévouée de son raaîtn il ne tarda pas à trouver un autre protecteur dai la personne de l'abbé Marie, dont il suivait cours de mathématiques, et qui le distingua. Br guet, assidu, infatigable, et déjà lancé dans voie des découvertes , vit peu à peu sa répûtatic s'établir et son établissement prospérer. Dès l'ai née 1780 il avait porté au dernier degié de pe fection les montres dites perpétuelles , qui remontent d'elles-mêmes par le mouvement qu'( leur imprime en marchant : l'invention était ai cienne, mais l'exécution était demeurée si défe tueuse, que le mécanisme imaginé par Brégu peut passer pour une création complète. Dès lo il fabriqua des montres marquant les seconde le quantième , et sonnant les minutes ; un qua d'heure de marche suffit, dans l'espace de trc jours, pour les l'emonter à un juste point. Oni cite qui ont été portées Innt ans sans même ave été ouvertes, et sans s'être jamais écartées de plus précise régularité. C'est par de tels ouvrag que Bréguet est parvenu à fonder à Paris u fabrique d'horlogerie si remarquable et si sup rieure, que ses rivaux les plus jaloux n'ont pu J contester ce triomphe industriel Bréguet n'i était qu'au prélude de sa gloire future, quand duc d'Orléans ayant un jour, à Londres, so mis à l'examen du célèbre Arnold une de c montres, l'horloger anglais, après avoir Ion temps admiré ce chef-d'œuvre , quitta subiteme sa famille et ses travaux, pour venir faire la co naissance de son auteur. Les deux savants fièrent intimement, et Bréguet, au départ desi rival, lui confia son fils, pour qu'il profitât d leçons de cet habile théoricien.

Durant les troubles de la l'évolution , Brégii i fut contraint de s'expatrier ; et, grâce aux secou } d'amis puissants et honorables, il mit à profit s exil en se Hvrant à de précieuses recherches. A s^ retour, il fallut établir de nouvelles bases de crci et de fortune ; un briUant succès fut le fruit de s efforts. Le reste de sa carrière fut une suite jours calmes, et aussi bien remplis pour l'iium nité que pour la science. Il fut nommé succès vement horloger de la Marine, membrc-du B reau des longitudes, et enfin membre de l'Ac demie des sciences. Nous ne pouvons énuniéi ici toutes les découvertes dues au génie de Bi guet , et moins encore apprécier leurs imnicns résultats. 11 dota tour à tour la navigation, physique et l'astronomie des instruments les pi exacts, les plus ingénieux , les plus durable sans compter l'illustration dont l'art proprcme dit lui est redevable dans l'exécution des moi dres détails , la richesse des ornements et le go parfait des accessoires. C'est lui qui substitua ai anciennes répétitions , qui exigeaient, pour êl

fnfettdttcs, des ouveirtuï-es par où s'introduisait ' la poussière, les ressorts-timbres, qui sonnent ' d'autant mieux que la montre est fermée plus ! hermétiquement : ce fut la source d'une indusf trie devenue féconde pour le commerce , par la f production de tabatières , cachets , boîtes à muf sique , etc. Il fit un grand nombre de chronomèi très de poche , d'horloges marines , d'échappe- ! raents libres, etinventa d'autres mécanismes aussi ' variés que compliqués , tous supérieurs à ce qui ' existait déjà ; et il est seul parvenu à établir en ' France la fabrique de ces instruments en nianuf facture. Nous citerons ses pendules sympathi- ! ques, dont la première fut envoyée en présent par ! Napoléon au Grand Seigneur. Si la montre avance F m retarde, on la pose sur la pendule avant midi I ou avant minuit, et ce contact suffit pour qu'à i' ces deu\ moments précis les aiguilles de la nion- 1 tre soient remises à la vue sur l'heilre et la mi- I aute marquées par la pendule, et son mouvement intérieur réglé en peu de jours aussi exactement que par le meilleur horloger. Bréguet ini' renîa encore un compteur militaire sonnant, ' pour régler le pas de la troupe , avec un mouve- ( ;nent qui s'accélère ou se ralentit à volonté ; un \ :otnpteur astronomiqtie qui, renfermé dans le [tube d'une lunette d'observatioh , permet d'ap- ' précier à la vue jusqu'aux centièmes de seconde ; j les monti-es de dames à double boîte , le tout 1 3ortant 1 1 lignes de diamètre et 1 ligne et demie l'épaisseur. La double boîte est bordée par douze ' ooutons saillants , et porte au centre une aiguille ' extérieure, mobile dans un sens, et qui s'arrête au 1 ;)oint correspondant de l'heure marquée par la [Taontre intérieure, de manière à pouvoir ins- I truire de l'heure et des quarts en secret et par I ie seul secours du tact. Enfin il est l'auteur d'un thermomètre métallique, infiniment plus sensible fïne les autres par l'absorption ouïe développe- ! Tient instantané du calorique ; l'aiguille y est susaendueà une longue lame pliée en hélice, et formée île trois métaux superposés et adhérents, dont ' 'ensemble est d'un centième de ligne d'épaisseur. I C'est encore Bréguet qui exécuta le mécanisme I iolide et léger des télégraphes établis par Chappe. [Chacun sait quel service il a rendu à l'horlogerie f >ar l'emploi des rubis dans les parties frottantes. I Malgré tant de titres incontestables à la gloire \ t à la renommée, cet homme éminemment mo- ! al, qui rendait justice à tous, excepté à lui-même, I usqu'à s'étonner de la régularité de ses instru- Jnents, doutait de sa propre réputation, même [m présence des étrangers qui s'honoraient de [ ui en fournir le témoignage. Les inimitiés entre I es savants le surprenaient et l'affligeaient ; il ne f ;oncevait pas que des gens qu'il appréciait avec I ant de désintéressement pussent se méconnaître l'iinsi. [Enc. des g. du m.]

I Fourier, Éloge d'Abraham-Louis Bréguet', dans les ; Vémoires de l'Académie des sciences, t. Vil, p. 92. — • 'ernaux, Eloge de Bréguet.

BRÉGY OU BRÉGis {Charlotte Saumaise

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