‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 3)Chapitre 88 sur 276 · BRÉGUET — BRÉGY · texte numérisé non relu

BRÉGUET — BRÉGY

DE Chazan, comtesse de), dame d'honneur de la reine Anne d'Autriche, doit être comptée au nombre des femmes les plus spirituelles de la cour de cette princesse. Elle naquit à Paris en 1619, et mourut dans la même ville le 13 avril 1 693 . Elle était fille d u premier mariage de madame Hébert, femme de chambre de la reine, avec Jérôme de Saumaise, conseiller au parlement de Dijon (1). Le célèbre Saumaise, son oncle, présida à son éducation. Les agréments de sa personne et son esprit s'étant développés de bonne heure , on lui fit épouser à l'âge de quatorze ans M. de Flécelles, comte de Brégy, fils d'un président à la chambre des comptes de Paris , qui , par le crédit de sa femme, obtint un avancement rapide dans la carrière diplomatique, et finit par être envoyé comme ambassadeur en Pologne et en Suède. Le malin Tallemant des Réaux, qui n'épargnait personne, a fait un portrait peu flatté de madame deBrégy : « Elle estcoquette endiablé, « et ne manque pas d'esprit; mais c'est la plus « grande façonnière et la plus vaine créature qui « soit au monde. » Il rapporte à ce propos une lettre écrite par elle à la reine Christine, qui lui avait offert Une province entière si elle voulait se rendre dans ses États. Cette lettre, qui courut en copie , « parce que le monde était si sot que « de la trouver belle, » est un modèle de style précieux, qui sut exciter l'admiration de l'hôtel de Rambouillet. Le peu charitable chroniquementre dans des détails tellement licencieux sur le compte du mari et de la femme, que notre plume se refuse à les reproduire. Il veut bien reconnaître que M™'' de Brégis était jolie, quoique brune et petite (2). Dans une cour aussi galante , il était difficile qu'une fenune que la nature avait douée de certains agréments, et presque toujours séparée de son mari, ne subît pas l'influence de l'exemple. S'il faut s'en rapporter à M""' de Motteville , la comtesse prétendait avoù- rangé au nombre de ses adorateurs le cardinal Mazarin lui-même. Elle raconte assez plaisamment l'incident d'un souper impromptu que le pinncipal ministre se crut obligé de donner à quatre personnes de la société intime de.la reine, au nombre desquelles se trouvait M™^ de Brégis : k C'est le seul régal qu'il nous ait fait « dans sa vie, et U ne fut pas grand. Il nous « traita avec beaucoup d'indifférence et de froi- « deur. Nous sortîmes de chez lui mal satisfaites « de n'avoir pas été mieux reçues , particulière- « ment M"° de Brégis, qui, étant belle femme , « faisait profession de l'être , et qui même avait « l'audace de prétendre que ce grand ministre

(1) M""" de Motteville ^Mémoires, tora. I, p. sso), en parlant des réunions intlnoes de la reine-mère, dit que M™" Hébert y assistait quelquefois, mais rarement ; qu'au surplus, « elle n'était ni muette ni philosophe, et n'était guère écoutée. »

(2) En cela , Tallemant des Réaux ne nous parait pas avoir été véridique ; car M""" de Brégy, dans le portrait qu'elle a fait d'elle-même, dit : « Ma personne est de celles « que l'on peut dire plutôt grandes que petites. »

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