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« avaitpourellequelquesentimentde tendresse. » Quoique le nom de M""* de Brégis n'ait pas échappé à la malice des auteurs de vaudevilles satiriques du temps, on ne peut inférer des divers passages où il en est fait mention, qu'elle ait partagé la faiblesse d'un grand nombre d'autres femmes de la cour. Un seul couplet à double entente, attribué au cynique chansonnier Blot, pourrait faire naître quelques doutes sur ce point ; mais ce qui nous paraît absoudre M"^ de Brégis, c'est que la calomnie n'ose pas se montrer ici à visage découvert, comme elle en a l'habitude :
Pour vous, Brégis, que de reproches !
Vous n'aimez nul honwne vivant.
Et ne souffrez guère souvent
Qu'aucun vous approche ; Et c'est ce qui vous fait voir même à contre-cœur
Le retour de l'ambassadeur.
Il y a lieu de croire, en effet, qu'elle ne portait pas à son mari une affection bien vive. Ils eurent cependant plusieurs enfants. D'autres vaudevilles raillent M™^ de Brégis sur la perte de ses lis et de ses roses, et sur le désir de plaire qu'elle avait conservé , même après avoir passé la cinquantaine. Ses prétentions au bel-esprit furent plus goûtées de ses contemporains, qui la comblèrent de louanges. On cite surtout de M""' de Brégis l'épitaphe de sa composition, que voici :
Ci-dessous gît un grand seigneur Qui de son vivant nous apprit
Qu'un homme peut vivre sans cœur
Et mourir sans rendre l'esprit.
Les Benserade , les Quinault montèrent leur lyre en son honneur. Ce dernier poussa même la galanterie jusqu'à répondre en vers à des Questions d'amour que proposait la comtesse, et
ce par ordre du roi .'Les bibliophiles recherchent avec quelque empressement les Lettres et Poésies de madame la comtesse de £***; Leyde, 1666, petit in-12. Cette édition s'annexe à la collection des Elzevirs , et le désir de la compléter prête à ce « volume fort rare, mais peu intéressant (1), « une valeur qu'il n'a pas lui-même. Les lettres adressées à des souveraines (la reine-mère, la reine d'Angleterre, la reine de Suède) et à des personnes de la première qualité ne se font remarquer que par la recherche des pensées, l'affectation de sentiment que l'écrivain n'éprouvait sans doute pas, et le jargon quintessencié de son style. Parmi un petit nombre de pièces de vers , on ne trouve de passable qu'un sonnet sur les antiquités de Rome. Obéissant à la mode du temps, la comtesse de Brégis esquissa quelques portraits, à commencer parle sien. On les trouve dans le recueil de Sercy et de Barbin (2), et à la suite, des Mémoires de iM"* de Montpensier. Le crédit des précieuses leur procura beaucoup de
(1) Essai bibliographique sur les Elzevirs (par M. Bernard jjln-S», p. llS.lLa lettre à la reine Christine, que nous venons de citer, ne fait pas partie de ce recueil.
(2) Recueil des portraits et éloges en vers et en prose, dédié à Son Altesse Royale Mademoiselle ; Paris, Sercy et Barbin, 1659 et 106O, parties in-8°, Ouvrage devenu rare.
vogue; mais ils ne valent guère mieux que se lettres. M""^ de Brégis eut un autre talent plu fructueux pour elle : se maintenant toujours dan les bonnes grâces de la reine-mère, elle en ob tint successivement plus de 400,000 francs, quoi que, dans le portrait qu'elle a tracé de cette prin cesse, elle luî ait reproché de n'être point libë raie. Nous la trouvons encore couchée sur I testament d'Anne d'Autriche pour un legs de di: mille écus. Si l'on ajoute foi entière à Tâlleman des Réaux, le comte de Brégis, son mari, était so et grand hâbleur. C'est sans aucun fondemen qu'on lui a attribué les Mémoires de M. de M** pour servir à l'histoire du dix-septième siècle Amsterdam, 1760, 3 vol. petit in-S". Ce livrf désavoué par les descendaifts du comte, est u pastiche composé par Meunier de Qualô'n. J. Lmioureux.
Titon du TiUet, Parnasse français, in-fol., p. 435. - Mémoires de i)f°"= de Motteville. — Historiettes d Tallemant des Réaux, 2^ édition, tom. IV, — M™" Foi tunée Briquet, Dictionnaire historique des] Française. —Recueils de vaudevilles et chansons ( raanuscr.).
BRÉGY ( ... DE Flécelles, comte DE ), chroni queur français , mari de la,^précédente , vivai dans la seconde moitié du dix-septième sièck On lui attribue -. Mémoires de M***, pour ser vir à l'histoire du dix-septième sièùle;Ams terdam, 1760, 3 vol. in-8°.
jilnnée littéraire, 1759, t. XIII, lettre XIV. — Jourm de Trévoux, février 1760.
BRÉGY ( ... DE Flécelles, de ), biographe fran çaise, dite la sœur Sainte-Eustochie, religieus de Port-Royal, vivait dans la première moiti du dix-huitième siècle. On a d'elle : Yie de l , mère Marie-des-Anges ( née Suireau ), abbess de Maubuisson et ensuite de Port-Royal ; Pc ris, 1'* part., 1737, in-12; Amsterdam, le 2 part., 1754, in-12; — Relation de la capti vite , dans le recueil intitulé Divers actes , let très et relations des religieuses de Fort Royal, etc., 1723 et 1724.
Leiong, Bibliothèque hist. de la France, édit. Fontettc
BRÉHAN DE PLÉLO (les deux frères). Voi)\ Plélo. j
* BREHM {Chrétien-Louis), ornithologist allemand , né à Schœnau le 24 janvier 1787. Ei 1813 il devint pasteur à Renthendorf. Déjà en fant , il prenait plaisir à se faire une volière et à un âge plus avancé il consacra tous se moments de loisir à l'étude des oiseaux. Oi a de lui : Beitraege zur Voegelkunde (Ren seignements pour apprendre à élever les oi seaux), 1821-1822; — Lehrbuch der Natur geschichte aller europaeischen Voegel (Manue de l'histoire naturelle des oiseaux européens ) léna, 1823-1824; — Ornis;ïéna., 1824-1827
— Hancibuch der Natur geschichte aller Voe- \ gel Deutschlands (Manuel de l'histoire naturel^ de tous les oiseaux d'Allemagne) ; Ilmenau, i 831
— Monographie der Papagaien ( Monographii des perroquets); léna, 1842; — Handbuchfûr Liebhaber der Zaehmung werthen Voegel (Ma ;