‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 4)Chapitre 105 sur 200 · CICOGNARA · texte numérisé non relu

CICOGNARA

intorno aW opéra délie venetechiese del So-

ravia; Trévise, 1822-1823, in-8" ; — Vite di Nicolo edi Jacopo Tiepoli, veneziani poeti del secolo XVI; Venise, 1828, in-S"; — Cenni storico-critici intorno aBianca Capello; Venise, 1828, in-S"; — Iscrizioni veneziani, volumi 10 in-4°, publiés en plusieurs années, sous les auspices de l'empereur d'Autriche. D. M.

Muzzarelli, Biographies autographes inédites.

CICOGNARA {Léopold , coxnie. de), savant antiquaire italien, né à Ferrare, le 26 novembre 1767, mort à Venise, le 5 mars 1834. H reçut une éducation distinguée, étudia d'abord le droit public, l'histoire de sa patrie , et monti'a pour les beaux-arts un goût décidé. Pendant quelque temps les sciences physiques et mathématiques captivèrent son esprit; mais l'amour des arts ayant repris tout son empire, on vit Cicognara, conti'e la volonté de son père, partu* pour Rome, où il brûlait de voir et d'étudier les monuments de tous les genres dont les siècles ont doté la ville des césars et des papes. Il explora la Sicile dans le même but, vit Rome de nouveau , et revint ensuite dans sa ville natale , riche d'études et de savoir.

Le comte Cicognara fut successivement membre du corps législatif , ministre plénipotentiaire delà république Cisalpine à Turin (1799), député aux comices de Lyon, conseiller d'État, président de l'Académie des beaux-arts de Venise en 1812, et décoré par Bonaparte de l'ordre de la Couronne de fer. Après les événements de'1814, l'empereur d'Autriche l'ayant maintenu au poste honorable de président de l'Académie de Venise, bien que fortement soupçonné de carbonarisme, Cicognara brûla de l'encens pour ce nouveau maître comme il en avait brûlé ponr Napoléon. Chargé par les états de Venise de présenter à l'impératrice Carofine à Vienne divers objets d'art exécutés par ses compatriotes, il y joignit, à titre d'hommage particuUer, cent exemplaires d'un livre imprimé à ses frais ( Oggio amdelle provincie Venete; Venise, 1818, in-fol., orné de 18 planches)-, contenant la gravure et la description des statues, bas-reliefs, pierres gravées, orfèvreries composant cette offrande nationale. Ce livre de luxe, tiré à petit nombre, n'ayant point été vendu, mais distribué seulement aux amis de l'auteur, est aujourd'hui une rareté bibliographique.

Comme président de l'Académie des beauxarts de Venise, Cicognara s'est acqins des droits à la reconnaissance publique. L'accroissement du nombre des professeurs, l'agrandissement de l'Académie, le perfectionnement apporté dans la direction des études, l'institution des prix décernés aux élèves, la fondation d'un musée de tableaux vénitiens, sont considérés comme son ouvrage. Ses principaux travaux httéraires sont : del Bello Ragionamenti ; Florence, 1808, in-4'', dédié à Bonaparte, à qui l'auteiir dit : I posteri poiranno chiamare a buon dritto

CICOGNARA — CICURINUS

l'etàj nostra aureo secolo di Napoleone. Ce livre a été réimprimé iii-12, à Pavie, en 1825; — Memorie stcfrichi de' litterati ed artisti Ferraresi ; Ferrare, 181 1 : composés à l'aide et comme réfutation du premier manuscrit de l'abbé Girolamo Baruffaldi : le Vite de* più insigni pittori ed.scultori Ferraresi, conservé à la bibliothèque de Saint-Marc; — Storia délia scultura, etc., depuis la renaissance jusqu'au dixneuvième siècle, poui' servir de continuation aux œuvres de Winckelmann et de D'Agincourt ; Venise, 1813-1818, 3 vol. in-fol., avec 180 planches au trait, où sont figurés plus de 500 monuments. Cet ouvrage capital, dédié à Napoléon, qui contribua pécuniairement à sa publication, dès que te premier volume lui en eut été offert à Paris par l'auteur, en 1813, et que l'Institut de France en eut fait l'éloge, est celui sur lequel se fonde principalement la réputation de Cicognara ; il lui valut d'être nommé correspondant étranger de l'Académie des beaux-arts ; — 4° ie Fabbriche più cospicue diVenezia,2 vol. in-fol, avec 250 planches au trait ; Venise, 1815 et années suivantes. Dans cet ouvrage, publié sous les au spices de l'empereur François P", sont figurés en plan, coupe, élévation, les monuments d'architecture les plus remarquables de tous les siècles que renferme la ville de Venise, avec des observations historiques et critiques, rédigées en grande partie par Cicognara sur les documents fournis par ses deux collaborateurs , Antonio Diedo, secrétaire de l'Académie, et Antonio Sel va, tous deux architectes distingués ; — Memorie spettanti alla storia délia calcocjrafia; Prato, 1831, in-8°, et atlas in-fol. Cicognara est de plus auteur de nombreuses dissertations sur la peinture, la sculpture , l'architecture , la gravure , les nielles, etc., dont Papoli, dans la 11^ livraison de Y Exilé, recueil de littérature italienne publié par des réfugiés , donne une notice circonstanciée. On cite comme remarquables celles sur les chevaux de Saint-Marc, sur le Panthéon, sur les Propylées, sur deux tableaux du Titien ; — les éloges de Fossini et San-Lazaro, de Milizia, de Canova ; — enfin le catalogue raisonné ( Catalogo rayionato, 2 vol., in-8'', Pise, 1821) des livres d'art et d'antiquités qui composaient sa bibliothèque particulière au moment où, sa fortune ne pouvant suffire aux dépenses de ses publications littéraires, il se vit contraint de la mettre en vente. (Le pape en fit l'acquisition en 1824, et la réunit à la bibliothèque du Vatican). Ce catalogue est un guide très-précieux pour les amateurs , en ce qu'il est enrichi de nombreuses remarques sur le contenu, la valeur, le nombre des gravures, les premières et les meilleures éditions, etc., des raretés bibliographiques qui s'y trouvent désignées.

Cicognara était un homme éclairé, avide de recherches , doué d'une grande sagacité et ami passionné des arts et des artistes. Marié à la la belle veuve Foscarijii , sa maison était le ren- i

dez-vous d'une société choisie et d'homme aussi recommandables par leur rang que pa leurs lumières. C'est là que, par la rx)ntroverE d'une conversation animée, Cicognara milrissa les jugements qui devaient donner la vie à st ouvrages, et particulièrement à sa Storia delli sculturu, objet de ses incessantes méditation.''

Ce n'est point ici le lieu d'analyser un Uvre c cette importance. Les personnes qui voudroi se faire une idée de ses mérites et de ses d. fauts devront consulter, avec circonspectic toutefois, les artioles bienveillants de M. Quatr mère de Quincy, dans le Journal des savants c 1816 à 1819, et ceux d'un adversaire, M. Emeri David, dans la Revue Encyclopédique, en 18) et 1820. Fiorillo, dans les Goetting. Anzeige) nous paraît avoir porté sur cette production c pitale de Cicognara et de son collaborateur, Pii tro Giordano, le jugement le plus sain et le pli désintéressé. Disons cependant que Cicogna possédait plus de science que n'en ont ordina rement les hommes d'esprit, plus de talent po^ écrire que la plupart des antiquaires, plus > sagacité en matière d'art que les uns et les a très; mais qu'il juge trop souvent des artsi homme du monde, et semble n'avoir entrepi son grand ouvrage sur l'iùstoire de la sculptu que pour avoir occasion de sacrifier à son ai Canova, dont il publie à peu près l'œuvre cor plet, toutes les illustrations modernes dans l'e delà statuaire.

Le comte Cicognara a passé à Rome les d( nières années de sa vie. [M. Soyer, dans YEi, des g. dum.].

Tipaldo , Biografla degti Italiani illustri, t. p. 35. — Zanini, Notice nécrologique sur L. Cicognai dans le septième vol. des Progrès des sciences, des I très et des arts, etc. — Becchi, Elogio del comte Le pol. Cicognara.

* cicoGNiNi (Jacques), poète italien, na de Florence, vivait dans la première moitié ■ dis-septième siècle. Ses principaux ouvra^ sont : l'Amor pudico, festino e balli ; Viterl 1614, in-12; — V Aurilla feritrice irnioeem battagliola ; Bologne, 1622, in-12; — il Mo tirio di santa Agata, rappresentazione s cra; Florence, 1624,in-8°; — laFintaMovi commedia; ibid. , 1625, in-8°; — il Gran n taie di Cris^o ; ibid., 1625, in-S"; — Trionfo David , rappresentazione sacra ; ibid., 16^ in-8° ; — Inni sopra santa Antonia di P doa ; ibid., 1633.

Negrl, Scritt. florent.

* cicoLiNi (Barnabe), médecin italien, ' vait à Rome vers la fin du dix-septième siée On a de lui : la Bile smascherata, o sia fuoco discoperto a beneficio dé Vicenf ï{ome,ie>9i,in-8°;—QuiJitessenza médicinal teorica epratica; ibid., 1692, in-8°.

CincUi, Bibliot. vol.

* CICURINUS, nom d'une famille patricien de là gens Veturia, dont les principaux mei

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res, dans l'ordre chronologique, furent les suiants :

* ciccRiîîus ( Publius ). Il fut consul a 499 avant l'ère chrétienne et eut pour col- ^gue T. Œbutius Elva. C'était à l'époque du ége de Fidènes, de la prise de Crustumeria et à la révolte de Preneste. Tite-Live donne à icurinus le prénom de Caius, et Denys d'Haliimasse l'appelle Publius, et ce dernier prénom itplus vraisemblable; il parait que ce personige fut en même temps questeur.

nte-Live, II, 19. — Denys d'Halicarnasse, V, 38.

* ciccRiNUS ( Veturius Geminus ) , consul 1 494 avant J.-C. Il eut pour collègue Virginius •icostus Cœliomantanus. C'était à l'époque de la traite du peuple sur le mont Sacré et de l'étaissement des tribuns; Cicurinus fut envoyé jitre les Èques, qui dans la même année aient envahi le Latium. A l'approche du con- .], ils se retirèrent dans les montagnes.

Tite-Live, II, 28-30. —Denys d'Halicarnasse, VI, 34.

j* CICCRINUS (Veturius Geminus), consul ;462 avant J.-C; il eut pour collègue Lucretius iciptinus. Il vainquit les Volsques, et reçut à tfe occasion les honneurs du triomphe.

Tite-Live, III, 8, 10. —Denys d'Halicarnasse, IX, 69. — Ifrdore, XI, 81.

* CICURINUS ( Veturius Geminus), consul 1455 avant J.-C. Il marcha avec son collègue l'œilius Rocus Vaticanus contre les Èques, qui fent défaits, et sur lesquels les consuls firent

immense butin, qu'ils ne distribuèrent pas aux Idats, mais qu'ils destinèrent à combler le 'ie du trésor. Cela leur valut l'année suivante iti'e accusés de concussion, et Cicurinus en rticulier fut condamné à une amende de î.OOO as. On le consola de ce revers en le nommt augure en 453.

ite-Live, III, 31-32. — Uenys d'Halicarnasse, X, 33. — dore, XH, S.

CID (Rodrigue Diaz de Bivar), héros casan, né à Burgos, en 1026, ou, plus tard, vers 'i5, mort à Valence, en 1099. Héros immorta- 'i par Corneille, il porte en Espagne les surns à^El mio Cid, c'est-à-dire Monseigneur, fde Campeador. Voici ce qu'on raconte ' lai : Don Rodrigue, l'idéal des vertus héroïnes de son siècle , la fleur de la chevalerie es- ^ole, aimait, aussi tendrement qu'il en était ' lé, la jeune Chimène , fille du comte Lozano ' Gormaz, qui, avec Diego, père de Rodrigue, 'it le chevalier le plus distingué de la cour de fdinand P"", roi de Castille. La haute consi- ' ation dont jouissait Diego à cette cour ex.- 'i cependant la jalousie de Gormaz, et mit la •-îunion entre les deux pères : il y eut entre •'c un duel. Le vieux Diego, blessé et insulté T Gormaz, chargea son fils de le venger. L'honjr l'emporta sur l'amour dans le cœur de Bogue, et Gormaz succomba. Chimène, de son é, ne put céder à la voix de son amoui-, et dut peler la vengeance sur la tête de son amant, 'drigue le souhaitait lui-même , pour apaiser

les douleurs de son cœur déchiré; mais Chimène ne put trouver de chevalier qui voulût s'essayer contre le jeune héros. Cinq rois maures avaient, sur ces entrefaites , envahi une partie de la Castille , répandant partout le ravage et la mort : Rodrigue, à peine âgé de vingt ans, mais impatient de trouver une distraction à ses chagrins, s'élança aussitôt sur son noble comrsier Bahieça, et à la tête de ses vaillants vassaux il alla combattre ces ennemis formidables, qui cessèrent bientôt d'être la tei-reur du pays. II envoya les cinq rois prisonniers à Ferdinand : celui-ci, plein de reconnaissance, fit amener la belle Chimène devant lui, et l'accorda à Rodrigue. Les deux amants se marièrent peu de temps après, à Valence. Ferdinand réunit la Galice, les royaumes de Léon et d'0\1edo à la Castille, et si la renommée l'a surnommé le Grand, c'est à Rodrigue qu'il en est redevable. Ferdinand se trouvant quelque temps après en contestation avec Bamire, roi d'Aragon, au sujet de la possession de Calaliorra, ce dernier appela Ferdinand en duel, et lui envoya à sa place le chevaher Martin Gonzalez. Ferdinand se fit représenter par le Cid, qui, vainqueur de Gonzalez, acquit à son roi la ville en litige. Ferdinand, dans son testament, avait partagé son royaume entre ses trois fils : la Castille échut à Sanche , Alphonse obtint les royaumes de Léon et d'Oviedo, et Garcia la Galice, avec la partie conquise du Portugal. Ce partage ayant suscité une guerre entre les frères, Sanche sortit victorieux de tous les combats , car le Cid, qu'il avait nommé Campeador de toute son armée, portait sa bannière. Alphonse fut fait prisonnier; Garcia perdit sa couronne par son imprudence. Il ne s'agissait plus que de soumettre Zamora , qui se défendait opiniâtre^ ment sous les ordres d'Urraca, sœur de Sanche, quand ce prince fut assassiné devant les murs de la ville. Alphonse , que le Cid avait battu huit mois auparavant , fut alors nommé roi. Les romances racontent que le Cid, au nom des états de Castille, lut à son nouveau souverain un serment qui devait le purger de l'assassinat de Sanche , avec une gravité tellement imposante qu 'Alphonse VI en fut ébranlé. Malgré les grands et nombreux services qu'il lui rendit, le Cid apprit néanmoins bientôt à connaître l'inconstance de la faveur royale. Un homme tel que lui, droit, sévère, vertueux, inflexible, qui avait des sentiments élevés et méprisait la vie oisive des cours , n'était pas propre au métier de courtisan. Son ami fidèle, son inséi>arable compagnon d'armes , Alvaro Hanez Minaya , sa femme et son enfant, étaient pour lui tout au monde. La sévérité de ses traits excitait en même temps la cî-ainte et le respect; mais sa vie retirée alimentait la calomnie des courtisans, qui le firent plus d'une fois condamner au bannissement. On se ressouvenait de lui au moment d'un danger, et le généreux Cid oubliait alors toutes les offenses qu'il avait reçues. Le roi poussa l'injustice jusqu'à

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