‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 4)Chapitre 191 sur 200 · COBDEN -. COBENZL · texte numérisé non relu

COBDEN -. COBENZL

de ce tribunal, qui avait été rejetée en 1849 par une majorité de 176 voix contre 97, reproduite en 1851, fit une impression assez vive sur la chambre pour que lord Palmerston, qui avait d^à trouvé dans Cotklen un rude adversaire à l'occasion du débat sur la question grecque en juin 1850, se crût obligé de venir déclarer qu'il ëta'it disposé à exécuter cette politique de paix et de conciliation autant qu'il dépendrait de lui. Cobden, par une contradiction assez singulière, témoigna d'une sympathie très-prononcée pour l'insurrection hongroise, et fit, bien que sans succès, les plus grands efforts, soit par ses discours au parlement, soit par ses lettres aux journaux, pour faire échouer l'emprunt que peu de temps après la catastrophe de Vilagos le gouvernement russe réussit à contracter sur la place de Londres. Il fut d'ailleurs l'un des premiers à complimenter,Kossuthà son ai'rivée en Angleterre.

Bien que l'un des chefs du paiti de la réfonne^ parlementaire, Cobden n'appartient cependant pas à la fraction radicale de la chambre; et il n'a pas hésité, dans un discours tenu à Manchester, le 3 octohre 1851, à se prononcer énergiquement contre tout projet de modification au système électoral qui aurait pour base le suffrage universel.

Voici les titres de ses ouvrages et des diverses publications où ses travaux politiques ont été exposés : England, Ireland and America, by a Manchester manufacturer ( l'Angleterre, l'Irlande et l'Amérique, par un manufacturier de Manchester); Londres, James Ridgeway and sons, 3e édition, in-8° de 160 pages^; — Russia, by the author of the England, Ireland and America; Edimbourg, William Tait, 1836, in-8° de 52 pages. Dans son ouvrage intitulé Cobden et la ligue, Fr. Bastiat a traduit, mais pas toujours avec une fidélité suffisante, les principaux discours prononcés par Cobden dans les meetings de la ligue depuis octobre 1842 jusqu'à la fin de 1844. Le Journal des Économistes & iMaiàxài son discours contre les gros armements (tom. XIX, p. 299 ) ; sa lettre à l'association de Liverpool pour la réforme financière (tome XXII, p. 311); son discours sur le même sujet à Manchester (ibid., p. 311); son discours sur l'influence des réformes de Robert Peel (t. XXXILT, p. 179); son discours au congrès de la paix à Paris en août 1849 (t. XIX, p. 164 ) ; son discours sur la réforme coloniale du 14 février 1850 (t. XXV, p. 264).

Les discours les plus importants du célèbre réformateur ont été recueiUis en un volume publié en Angleterre en 1850. Cobden a écrit divers articles dans VAntibread-tax-circular, premier journal de la ligue, et dans la Leaguê/qui liii succéda. Il avait commencé dans le Journal des Économistes une série de lettres, que les événements de 1848 ont interrompue (t.' XIX, p. 344,et t. XX, p. 68). Lesdeux premières ont pour objet l'origine du système protecteur et la vie à bon marché. ' A. Legoyt.

Revue britannique, janvier'1846. — M. Joseph Garnicr, Richard Cobden, la ligue et les ligueurs, précis de l'histoire de la dernière révolution économique et financière en Angleterre. — M. de Loménie, Biographie des contemporains. — Henri Richelot, Histoire de la reforme financière en Angleterre ; 1853.

COBENZL ( Charles, comte de) (1), homme d'État autrichien , chevalier de la Toison d'Or, grand'-croix de l'ordre royal de Saiut-Étienue, conseOler d'État et ministre plénipotentiaire au gouvernement général des Pays-Bas, né à Laybach (Carniole), le 21 juillet 1712, mortà Bruxelles, le 20 janvier 1770. Il débuta fort jeune dans la carrière diplomatique, et remplit avec succès diverses missions importantes auprès des cercles de l'Empire , principalement à l'époque où l'Europe, conjurée contre Marie-Thérèse, cherchait à lui ravir l'héritage de ses pères. Les services du comte de Cobenzl furent récompensés d'abord par des faveurs de cour; mais l'impératrice ne s'en tmt point là : voulant lui donner une marque éclatante de sa confiance, elle le mit, en 1753, à la tête de l'administration des Pays- Bas autrichiens, en qualité de ministre plénipotentiaire, sous les ordres du prince Charles de Lorraine. Homme du monde et à la fois homme de cabinet, Cobenzl partageait son temps entre les plaisirs et les affaires. Il passait pour avoir le coup d'œQ d'une justesse peu commune et pour travailler avec une facilité prodigieuse. Peu d'hommes d'État ont porté plus loin ces grâces , ces agréments de l'esprit qui non-seulement font le charme de la société, mais qui sont de puissants auxihaires pour aplanir les difficultés de l'administration. Ces difficultés étaient grandes, car depuis plus d'un siècle les ressources du pays s'amoindrissaient de jour en jour. Les trois principales branches de la prospérité publique , l'agriculture , l'industrie et le commerce, étaient également en souffrance. Le nouveau ministre appliqua tous ses soins à les raviver; il fit dans un cercle plus étroit, mais avec la même habileté, ce que Colbert avait fait en France. La Belgique lui fut redevable de plusieurs règlements utiles. Frappé des inconvénients qui résultaient de la tendance des communautés religieuses à s'agrandir sans cesse par de nouvelles acquisitions, il leur en fit interdire la faculté. Coite mesure fit surgir beaucoup de constructions nouvelles : plusieurs monastères, pour employer leurs capitaux , firent reconstruire leurs églises et prirent à leur solde des artistes pour les décorer. Ce fut encore lui qui chargea les abbayes les plus riches de pensions au profit des filles de militaires sans fortune.

Cobenzl protégeait les lettres et les arts : il fut le fondateur de l'Académie des sciences de Bruxelles et de l'école gratuite de dessin. Il avait

(1) M. le baron de V,eilienbets ( y^nnuaire de l' Académie de Bruxelles, 1835, p. 8 ) prétend qu'il faut écrire Cobentzl; mais U se trompe'; car il faut bien admettre que les membres«de cette famille, devaient savoir correctement orthographier leurnom, et toutes leups lettres portent pour signature Cobenzl.

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