CHATEAUROUX
Mende aux états généraux , il y vota constamment avec le côté gauche, et fut à la fin de là session nommé l'un des administrateurs du département de la Lozère. Renvoyé parj le département à la Convention, il vota la mort de Louis XVI sans siu-sis et sans appel. Après avoir signalé son zèle à la montagne , à côté de Marat et de Robespierre, il devint membre du comité de salut public, et eut à rempUr plusieurs missions, notamment à Lyon, où il se montra plus féroce que Couthon. Le Directoire l'employa comme général de brigade, et lui donna le commandement de la place de Mayenne. Après le 18 brumaire, Châteauneuf-Randon fut nommé préfet des Alpes-Maritimes, et révocpié peu de temps après.
Monit. univ. — Galerie hist. des contemporains. — Arnaultj etc., Biographie nouvelle des contemporains.
CHATEAU-REGNARD (ROUSSELET, marquiS
de). Voyez Chateau-Regnaud.
CHATEAUROUX (Marie-Anne, duchesse de), favorite de Louis XV, morte le 8 décembre 1744. Veuve à vingt-trois ans du marquis de la Tournelle, qu'elle avait épousé en 1734 , elle regarda comme une des attributions de sa noble et antique famille d'être à son tour maîtresse de Louis XV, ainsi que l'avaient été mesdames de Mailly, de Vintimille, et de Lauraguais, ses sœurs. La fidélité que pendant plusieurs années Louis XV garda à son épouse contrariait beaucoup de courtisans, et la plus grande partie d'entre eux concourut à priver cette princesse d'une tendresse dont madame de Mailly devint le premier objet dans l'ordre illégitime. Se supplantant successivement, les demoiselles de Nesïe furent enfin représentées dans le poste de favorite par la marquise de la Tournelle, qui se fit nommer dame du palais de la reine , et exigea que son titre fût changé en celui de duchesse de Châteauroux. Le roi y consentit, ajoutant 80,000 livres de rentes à la dignité , et faisant mettre dans les lettres patentes que le mérite personnel et les vertus de madame de la Tournelle étaient les seuls motifs des grâces qu'il lui accordait. Madame de Châteauroux crut faire oublier son déshonneur et son avidité en inspi • rant au roi le désir de la gloire. Après la mort (1743) du cardinal de Fleury, premier ministre, madame de Châteauroux, qui avait fait son guide du duc de RicheUeu , après l'avoir eu pour amant, engagea le roi à présider ses conseils et à commander ses armées en personne. Quant à l'économie, que plusieurs croyaient une vertu royale, la favorite ne s'en souciait guère, témoin les 1,200^000 fr. qu'elle fit dépenser à Choisy , dont le séjour lui plaisait. Louis XV, craignant les remontrances d'Orry, son contrôleur général, lui fit remettre le mémoire, qu'il n'avait osé lui donner, et fut agréablement surpris quand l'habile ministre lui dit : « Sire , je suis étonné de la modicité de la somme, et j'ai mis en réserve pour ' cet objet 1^0,000 fr. » Si Madame de Château-