CHATEAUROUX
roux eût aimé la gloire (1), on aurait réservé cet argent pour pousser plus vivement la guerre que la France allait soutenir contre l'Angleterre et contre la reine de Hongrie : elle crut suffisant au succès de nos armes de mener le roi visiter les places fortes de la frontière, depuis Dunkerque jusqu'à Metz, annonçant qu'il allait prendre le commandement de son armée d'Alsace. Louis XV partit de Paris au mois de mai 1744: la duchesse le suivait; mais pour éviter le scandale de leur réunion dans chaque ville où séjournait le roi, on perçait des murailles ou l'on construisait des cloisons de planches : ce qui laissait ignorer au public l'heure des communications , mais eu fournissait les preuves les plus ostensibles. Menin, Ypres, Furnes, le fort de Kenoque, furent pris sous les yeux du roi, et ces succès avaient déjà sensiblement touché les Français, lorsqu'à Metz il tomba malade, d'une fièvre maligne , à la suite des fatigues de cette campagne et des excès de table auxquels il se livrait fréquemment. Les égUses de Paris se remplirent alors de toute la population : on n'entendait que cris et prières , et le surnom de bien aimé fut unanimement décerné au prince qui par quelques actes de courage venait de ranimer l'amour de ses sujets. La reine , dont la cassette était vide, emprunta mille louis à Villemur, receveur général des finances, afin de partir sur-le-champ pour Metz , où madame de Châteauroux, assise au chevet du roi, recevait de nouvelles assurances de sa tendresse; mais le 14 août le duc de Chartres et l'évêque de Soissons ayant appris au monarque que ses jours étaient en danger, il consentit, sur les représentations de l'évêque à renvoyer sa favorite, et, selon l'usage du temps , demanda pardon à ceux qui l'entouraient du scandale qu'il avait donné. Dans son trajet de Metz à Paris, madame de Châteauroux, qui s'était à grand'peine procuré ime des voitures du maréchal de Bellisle , fut accablée d'injures par le peuple des campagnes, et ne se déroba aux mauvais traitements dont on la menaçait qu'en prenant des chemins détournés ou en traversant à pied et inconnue plusieurs ^villages. La longueur de la convalescence du roi, les sentiments que parurent lui inspirer la douleur et les soins de la reine, laissèrent croire un instant que madame de Châteauroux était bannie pour.jamais. Les dévotes de la cour, disent quelques Mémoires , mirent des rubans verts à leurs cornettes. Mais la sage Lesczinska, âgée de quarante et un ans et mère de dix enfants, ne pouvait guère lutter contre une jeune et belle femme, aux yeux d'un roi beaucoup plus désireux de charmes que de vertus. Le maréchal de Richelieu, qui ne se piquait point de délicatesse , imagina des parties de chasse dans
(1) Une preuve curieuse de la futilité de la duchesse , c'est le motif qui lui fit demander et obtenir le renvoi d'Amelot, ministre des affaires étrangères : il avait à s'exprimer une difficulté qui déplaisait à la favorite.
CHATEIGNERAIE
lesquelles le roi revit madame de Châteauroux : elle reprit tout son empire , et exigea une réparation éclatante pour ce qu'elle appelait l'affront reçu à Metz. M. d'Argenson (d'autres disent M. de Maurepas ) , qui lui avait signifié son exil, fut chargé de lui annoncer son rappel. A cette nouvelle, les poissardes s'écrièrent : Puisque le roi la reprend, il ne trouvera plus un pater sur le pavé de Paris ! Qu'aurait-on dit si l'on avait su que madame de Châteauroux obtenait aussi sa nomination de surintendante delà maison de la jeune dauphine, que l'on attendait? Mais la mort s'opposa à cette preuve de la faiblesse du roi et de l'effronterie de la favorite. A peine avait-on appris qu'elle était rappelée à la cour, que madame la duchesse de Châteauroux, atteinte d'un mal aussi violent que subit, expira (1744), non sans que ses ennemis, et ils étaient nombreux, fussent accusés de l'avoir empoisonnée (1). Le roi la regretta; et les dames de Pompadour et du Barry, qui lui succédèrent , aussi ambitieuses et plus avides, n'ayant ni l'élévation d'esprit ni la dignité de madame de Châteauroux, la firent aussi regi'etter par la nation. On a publié à Paris , en 1806, 2 vol. de ses lettres, et madame Sophie Gay a donné sous le titre de Madame la duchesse de Châteauroux un roman plein d'intérêt. [M^^Bràdi, dans VEnc. des g. du m., avecaddit.]
Voltaire, siècle de Louis XF. — Soulavle, 3lcm. do Richelieu. — Mém. pour servir à la vie de Foliaire.
CHATEIGKERAIE (François de Vivojnpîe, seigneur de la) , chevalier français, né en 1520, mort le 13 juillet 1547. Il eut pour parrain François 1", fut élevé à la cour, et se fit remarquer de bonne heure par une force physique extraordinaire, par une rare habileté à tous les exercices du corps, et par une brillante valeur dans les combats, particulièrement à la journée de Cérisoles, Mais on lui reprocliait une insultante présomption. « Il n'avoit que cela de mauvais, dit lui-même son neveu Brantôme, qu'il étoit trop haut à la main et quereileux. » Des propos indiscrets l'ayant brouillé avec Gui de Chabot, seigneur de Jarnac, ils demandèrent l'un et l'autre au roi la permission de se battre à outrance; François F"^ ne voulut jamais^ y consentir. A la mort de ce monarque, Jarnac sollicita de nouveau cette permission auprèo de Henri U, qui l'accorda. Le combat eut lieu en champ clos, dans le parc de Saint-Germain-en- Laye, le 10 juillet 1547, en présence du roi et d'un grand nombre de seigneurs. Conti'e l'attente des spectateurs, la Chateigneraie succomba, par l'effet d'un coup de revers que son adversaire lui porta au jarret, et qui s'appelle encore le coup de Jarnac i^sa vie était au pouvoir du , vainqueur. Jarnac se jeta trois fois 'aux pieds du roi, en le suppliant d'accepter le don qu'il
(1) Dans ses moments de fièvre, elle accusait particulièrement Maurepas.
CHATEIGNERAIE — CHATEL
lui faisait de la personne de son adversaire. Le roi dit enfin au vainqueur : « Vous avez combattu comme César et parlé comme Cicéron ■» , et fit porter la CLateigneraie dans sa tente pour être pansé; mais l'humiliation que celui-ci éprouvait le jeta dans un tel désespoir, qu'il arracha tous les appareils mis sur sa blessure. Ce combat en champ clos fut le dernier duel autorisé.
Vieilleville , Mémoires. — Brautôme, Mémoires.
CHATEIGNERAIE ( L'abbé DE LA ) vivait dans la seconde moitié du dix-septième siècle. On a de lui : Connaissance des arbres fruitiers ; Paris, 1692, in-12.
Biographie universelle.
chÀtel. Voy. Chastel.
chItel. Votj. Ddchatel.
CHATEL ( Lambert he), en laXm Lambertus de C.vsTELLO , jurisconsulte français, vivait dans la seconde moitié du treizième siècle. 11 naquit dans un bourg du Thymerais, anciennement appelé Chastel, en latin Gastellum , et plus tard Cliâteauneuf. Châtel fut un de ceux qui se livrèrent avec le plus d'ardeur à l'étude du droit romain. Il professa lui-même le droit civil à Paris, et compta parmi ses disciples Raoul de Coloumelle, qui lui dédia, vers 1290, le livTC de Translatione Imperii. C'est à tort que Du- ))in fait adresser cette dédicace à un Lambert de Castille. Quant à Lambert du Chàtel , il a sans doute écrit aussi , mais rien de lui n'est venu jusqu'à nous.
Dreux du Radier, Éloges liist. des hommes illustres du Thymerais. — fJist. ML de la t'r., XXI, 1317. — Journal de P^erdun, mars 17ol.
CHÀTEL (François du), peintre flamand, né à Cnixelles,en 1G26, mort vers 1680. Cet artiste, que l'on compare à Gonzalez Coquez, fut élève de David Teniers, et adopta d'abord le genre de son maître ; mais il l'abandonna, pour ne peindre que des assemblées, des bals et des portraits. « Son dessin est correct, dit Descamps, sa, couleur excellente, sa touche fine, et il entendait très-bien la perspective et avait l'intelligence du clair-obscur. « Le tableau le plus considérable de Du Châtel représente le roi d'Espagne qui reçoit le serment de fidélité des états de Brabant et de la Flandre, en l'année 1666. Il a vingt pieds de longueur, sur quatorze de hauteur : on y compte plus de mille figures.
Descainps, P^ies des peintres flamands et hollandais.
* CHATEL (Ferdinand-François), fondateur de l'Église dite catholique -française, né à Gannat, en Bourbonnais, le 9 janvier 1795. Ses parents, dénués de fortune, le placèrent chez un tailleur pour lui faire apprendre ce métier. Suivant avec une grande régularité les offices religieux, le jeune Châtel fut remarqué par un ecclésiastique de sa paroisse , qui , ayant songé à le faire entrer dans les ordres , le mit à ses frais au petit séminaire de Montferrand. Après avoir étudié la théologie au grand séminaire, dirigé par les sulpiciens , Châtel leçut la tonsure
à vingt ans , les ordres mineurs six mois après , le sous-diaconat l'année suivante, et en 1818 la prêtrise. D'abord vicaire de Notre-Dame de Moulins , il s'exerça à la prédication , pour laquelle il avait quelques dispositions. Deux ans après il obtint la cure de Monetay-sur-Loire , et de là , au bout de six mois , passa en qualité d'aumônier dans le vingtième régiment de ligne, puis dans le deuxième régiment de grenadiers à cheval" de la garde royale jusqu'en 1830. De 1823 à 1830 il prêcha dans la plupart des églises de la capitale. Quelque temps avant la révolution de Juillet , l'abbé Châtel écrivit dans le Réformateur, dans l'Écho de la religion et du siècle, où ses inexactitudes théologiques pouvaient faire pressentir le futur novateur. Après avoir réuni plusieurs prêtres mécontents dans sa maison, rue des Sept-Voies, il leur fit part de ses projets. Tel fut le germe de la tentative d'innovation de l'abbé Chàtel. Les prosélytes s'étant accrus, l'établissement fut transféré rue de la Sourdière, ensuite rue de Cléry, enfin rue du faubourg Saint-Martin. « Le peuple et le clergé, ayant été réunis, » le nommèrent évêque-priviat de la nouvelle Éghse. Le maître des Templiers, Fabre-Palaprat, le consacra en 1831. Voici un des articles du Credo de l'abbé Châtel : « Je crois que la morale de Jésus-Christ est si sage , que sa vie a été si pure et son zèle si ardent pour le bonheur des hommes, que ce grand personnage doit être regardé comme un modèle de vertus et honoré comme un homme prodigieux. » Le fondateur de cette parodie évangélique a lui-même résumé ainsi sa doctrine : « La loi naturelle, toute la loi naturelle, rien que la loi naturelle. » Mais des schismes ne tardèrent pas à surgir ( Voy. Auzou ). C'est en 1842 seulement qu'un arrêté de police fit fermer le lieu de réunion du sieur Châtel, qui, d'après les termes de ce document, aurait proféré « des outrages envers la morale publique, « etc. L'abbé Châtel obtint ensuite du gouvernement un emploi dans le service des postes. La révolution de 1848 vit reparaître M. Châtel, qui mit son éloquence au service de la cause des femmes opprimées. Orateur assidu du club présidé par madame Niboyet, on l'entendit plusieurs fois plaider la cause du divorce, une des thèses favorites de ces conciliabules. On a de lui : Sermon à Vouverture de la nouvelle Église française , br. in-S"; — Profession de foi de F Église catholique française ,pi'écédée de l'Église romaine, ou de rédt(cation anti-nationale des séminaires , in-S" ; — Catéchisme à l'usage de l'Église catholique française, 1833, in-8°, plusieurs fois réédité ; — le Code de l'humanité, ou l'humanité ramenée à la connaissance du vrai Dieu et au véritable socialisme, 1838, in-8°; — A la Chambre des Députés, 1843, in-fol. Il existe en outre de lui un grand nombre de discours, particulièrement contre le célibat des prêtres, sur les abus de la confession, sur
lit
CHATEL — CHATELLAIN
l'excellence de la loinaturelle, sur la vocation de la femme, etc. A. R.
Biographie du clergé contemporain. — Biographie des hommes du jour. — La France littéraire, suppléaient. CHATELAIN. Voy. ChASTELAIN.
CHATELAIN (Jean-Baptiste), dessinateur et graveur anglais, né à Londres, en 1710, mort dans la même ville, en 1771. Il fut un habile graveur de paysages. Sa touche est libre et facile, et son exécution pleine d'esprit. 11 avait, dit-on, le caiactère brusque et ne travaillait que lorsque le besoin l'y contraignait. On a de lui un grand nombre d'estampes d'après Gaspard Poussin, Marco Ricci, Pietro de Cortone, Nicolas Poussin, et divers paysages de sa composition. Il a travaillé à plusieurs œuvi-es en société avec Vivarès , son ami et élève de Lebas , et prit part à la collection de paysages publiée en 1747 par Boydell. Parmi ses productions on cite : un Paysage d'après Cortone, avec cette légende : « Suivez-moi ; j e vous ferai pêcheurs d'hommes » ; 17C0 ; — un Paysage d'après Poussin, représentant une Tempête et l'histoire de Pirame et Thisbé; — Paysage italien, d'après C. Lorrain et Vivarès.
Nagler, Neues Allgem. Kûnstlcr-Lexicon. — Basan, Dict. des graveurs. — Rose, New biogr. dictionary.
CHATELAIN ( René-ThéophUe) , publiciste français, né à Saint-Quentin, le 19 janvier 1790, mort à Paris, le 20 mars 1838. Il embrassa de bonne heure la carrière des armes, en 1808, et fit avec distinction les campagnes d'Espagne, de Russie, d'Allemagne et de France, dans la cavalerie, n échappa, comme par miracle, aux désastres de la campagne de Russie, et traversa avec son cheval la Bérésina. Il obfint la décoration de la Légion d'honneur en 1813, et il était lieutenant de cavalerie lors du licenciement de l'armée en 1815. Son cœur comme son esprit furent indignés des outrages que prodiguaient alors à l'armée française d'anciens émigrés, qui n'avaient guère servi qu'à la suite des armées étrangères et soutenaient les prétentions féodales de l'ancien légime. Il prit la plume, et se livra à la polémique, d'abord pour venger ses compagnons d'armes, et ensuite dans l'intérêt de la liberté constitutionnelle, éclairé par les relations que ses succès littéraires lui procurèrent avec les hommes éminents de l'opposition, Foy, Sébastian!, Benjamin Constant, Casimir Perrier, Chauvelin, duc de Choiseul. Il avait publié en 1817 : le Voyage d'un étranger en France et Quelques abus dans le système religieux ; ~ en 1818, ie Paysan et le Gentilhomme (trois éditions) ; — le Seizième siècle revenu en 1817; — Entretiens sur le caractère que doivent avoir les députés ; — en 1819 , une brochure sur les élections; Plusieurs de ces écrits , très-piquants, et d'un sel attique, furent poursuivis. Châtelain, qui avait d'ailleurs travaillé au Censeur, au Nouvel Homme gris, et à la Renommée, devint en 1819 le rédacteur en chef du Courrier français , dont il devint le co-gérant
en 1828. Dans cette carrière du journalisme, il se distingua par son désintéressement, sa fermeté et son talent net et incisif, et il se fit une haute réputation dans la presse. Il avait été un des premiers à protester contre les ordonnances de 1830. Aussi, après la révolution de cette époque, Louis-Philippe voulut converser avec lui, et lui fit des offres d'emploi. Chatclam préféra garder son indépendance : il prévoyait une sorte de réaction et de nouvelles luttes. Blanqui (l'aîné), qui avait longtemps été le collaborateur du Courrier français , a dit sur sa tombe que Chatjelain « était resté dans la presse périodique, « tantôt pour s'élever contre quelque oppression, « tantôt pour flétrir quelque apostasie » .
Châtelain, atteint d'une maladie organique, qui pendant plusieurs années lui fit éprouver de cruelles souffrances, avait toujours refusé de s'allier aux hommes violents qui voulaient renverser la monarchie. Il avait horreur du sang et du régime de 1793 ; aussi, malgré la vivacité et la persévérance de son opposition, il eut d'illustres amis, qui ont voué un culte à sa mémoire. Son ouvrage le plus remarquable est le livre des Lettres de Sidi Mahmoud, écrites pendant le séjour en France de ce personnage; Paris, 1825, in-12; c'est dans ces lettres que Châtelain a souvent imité avec succès les Lettres persanes, et prouvé la délicatesse ingénieuse de sou esprit. On lui doit encore l'introduction au Résumé de l'histoire de Portugal, par Rabbe, morceau supérieur à l'ouvrage principal. Enfin, il a'eu part à la traduction des chefs-d'œuvre des théâtres étrangers. Isambert.
Biographie des contemporains.
CHATELET ( DU ). Voy. DUCHATELET.
CHATELET-LOMONT ( DuC DU ), VOy. DCCHA- TELET-LOMONT.
CHATELET ( Churlcs-Louîs ), peintre et révolutionnaire français, né à Paris, en 1753, mort en 1795. Il débuta par la peinture, mais ne se fit pas remarquer dans sa profession. H embrassa avec ardeui' la cause de la révolution, se lia avec Robespierre et les chefs des jacobins , fit partie du tribunal révolutionnaire, et s'associa à toutes les vengeances de cette époque. Jugé et condamné après le 9 thermidor, et par suite de la réaction qui suivit cette journée, il subit la peine capitale.
Moniteur universel.
CHATELLAIN ( Jeon »e), prédicateur flamand, de l'ordre des Augustins, natif de Tournay, vivait dans les premières années du seizième siècle ; il prêcha avec succès dans les principales villes de France et de Lorraine. Accusé d'avoir manifesté publiquement des opinions favorables au luthérianisme, il fut arrêté, et, malgré la protection que lui accordèrent les magistrats de Metz, condamné au feu, comme héritique et relaps. D. Calmet lui attribué la Chonique de la ville de Metz, en rimes; Metz, 1698, in-12 ; c'est à tort '. eHe est de Jean ChâteK
113 CEATELLAIN
\ Calniet, Biblioth. de Lorraine. — Goujet, Biblioth. \poétique.
* CHATELLARD ( Jean-Jacqucs ) , mathématicien français, de l'ordre des Jésuites, né à Lyon, le 21 décembre 1693, mort à Toulon, en 1756. Il lut professeur d'hydrographie dans cette dernière ville. On a de lui : Éléments de mathématiques à l'usage des ingénieurs, 3 vol. in-12. Adelung, suppl. à Jôcher, AUgem. Gelehrten-Lexicon.
CHATENiER (^ermirrf), prélat français, natif de Montpellier, mort à Avignon, le 14 août
1317. Il se fit remarquer par ses connaissances en droit civil et canonique, s'établit à Rome, et y exerça longtemps la charge d'auditeur du sacré palais, sous le pontificat de Grégoire X. Après avoir été chapelain du pape et archidiacre dans l'éghse de Narbonne, il fut nommé à l'évêché d'Alby, en 1276. Nicolas V le chargea d'informer dans le diocèse de Lodève contre ceux qui avaient usurpé les biens ecclésiastiques, et Philippe le Bel l'envoya à Rome pour y poursuivre la canonisation de saint Louis. En 1306 Châtenier passa de l'évêché d'Alby à celui du Pny-en-Velay. Le pape Jean XXn le créa cardinal en 1316.
Sainte-Marthe, GalL christ. — Frizon, Call. purpurata.
CHATILLON (Nicolas-Claude) , littérateur français, né à Rouen, le 14 août 1776 , mort à Paris, le 7 janvier 1826. Il consacra à la culture des lettres les loisirs que lui laissait un modeste emploi dans les bureaux de l'administration de la loterie. On a de lui : Épltre aux muses, couronné, en 1821, par l'Académie des jeux floraux;
— le Dnelliste, poème élégiaque, couronné, en 1823, par l'Académie d'Arras; — le Philosophe à table; Paris, 1824, in-8°; — la Chemise, conte; — les derniers Adieux du poète; Paris, 1825, in-8°;— V Incognito ; MA., 1825, in-S";
— Quelques compositions dramatiques et des chansons de circonstance.
Amanton, Notice sur N. C. Châtillon, dans le Recueil de l'Académie de Dijon, 1828.
*CHATIZEL DE LA NÉRONNIÈRE (Pierre-
Joseph ) , théologien français , né à Laval , en 1733, mort à Angers, en 1817. La province du Maine le choisit, en 1789, pour un de ses représentants aux états généraux. Il fut ensuite vicaîTe de la Trinité de Laval, puis curé de Soulaines, dans le département de Maine-et-Loire. On a de lui ; Traité du pouvoir desévéques sur les empêchements du mariage; Paris, 1789, in-12. La doctrine de cet ouvrage a été combattue par Maullrot. On attribue à Chatizel de la Néronnière : Lettre de M.,,, curé du diocèse d'Angers, au père Vialar, évêque intrus du département de la ilifa2/enne(1791);iii-S»;— et Lettre adressée au T. S. P.JPie VI, évêque de Rome et souverain pontife de l'Église universelle, par le clergé catholique des diocèses du Mans et d'Angers; Londres, sans date, in-8°. Cette lettre avait été d'abord imprimée dans le Journal ecclésiastique de Barruel , juin 1792. M. Desportts, BibHographie du Main».