‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 4)Chapitre 23 sur 200 · CHATTERTON · texte numérisé non relu

CHATTERTON

CHATRE. Voy. La Châtre.

CHATTERTON (T/iomas ), littérateur et poète anglais, né à Bristol, le 20 novembre 1752, mort le 24 août 1770. Il perdit son père trois mois avant de naître. Confié à l'âge de cinq ans à un maître d'école de charité, qui avait succédé à un emploi du même genre occupé par le père, le jeune Chatterton fit d'abord peu de progrès, et fut renvoyé à sa mère comme une intelligence épaisse, incapable d'une plus forte instruction (a dull boy, and incapable of further instruction). Le maître assurément manquait de pénétration. Rentré dans la maison de sa mère, Chatterton avait six ans lorsqu'il parvint à connaître lés lettres qu'on lui fit lire dans un vieux livre de musique manuscrit, pour lequel l'enfant s'éprit de passion; et dès lors ses progrès furent aussi rapides qu'ils avaient été lents jusque alors. A huit ans il entra à l'école de charité Colston de Bristol, et resta sept ans dans cet établissement, où il composa tout d'abord de petites pièces de vers, surtout des poèmes satiriques. Le 1*"^ juillet 1767, il quitta l'école, et entra comme clerc chez un nommé Lambert, attorney (procureur) à Bristol. Ainsi que l'eût fait un clerc d'avoué en France, Chatterton chercha dans la publicité une distraction à ses occupations nouvelles, et adressa au journal de Bristol , dirigé par Félix Farley , des articles qui attirèrent tout d'abord l'attention. Au mois d'octobre 1768, à l'occasion de l'inauguration d'un nouveau pont à Bristol, il inséra dans la même feuille , et d'après un vieux manuscrit, à ce qu'il disait, une description des moines qui les premiers avaient traversé l'ancien pont (a Description of the fryars first passing over the old bridge , taken from an ancient manuscript). Interrogé sur la manière dont il s'était procuré ce document. Chatterton ne voulut d'abord pas répondre ; pressé plus vive ment, il déclara que son père ayant trouvé des papiers de ce genre dans l'église de Redcliff , où ils étaient déposés dans le coffre dit de Canynge , ils étaient naturellement tombés dans sa possession. Quelque temps après il fut mis en relation avec un antiquaire appelé Catcott et un M. Barrett, occupé à écrire une histoire de Bristol. Il donna au premier comme l'œuvre du moine Rowley des poèmes, selon toute apparence, de sa seule composition, tels que the Bristoio tragedy; Rowley' s Epitaph upon M. Canynge's ancestors. A l'entendre, ce Rowley était un moine du quinzième siècle, protégé par Ganynge , riche marchand de la même époque. Et quant à M. Barrett, Chatterton lui fournit une description de chaque église ou chapelle de Bristol , description qu'il assurait avoir également trouvée parmi de vieux parchemins. Il parait certain qu'il s'était appliqué à imprimer à ces papiers les caractères ordinaires de la vétusté. Le succès de ces supercheries littéraires excita l'ambition de Chatterton; et il proclama ses espérances dans quelques-unes de ces» publication».

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