‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 4)Chapitre 27 sur 200 · CHAULIEU — CHAULNES · texte numérisé non relu

CHAULIEU — CHAULNES

Un critique éminent de nos jours, M. Villemain, a assigné à Chaulieu sa véritable place dans l'histoire littéraire, par les lignes suivantes : «;Lorsq\ie, dans la gravité du siècle de Louis le Grand, à côté de cette poésie correcte et majestueuse, le brillant abbé de Chaubeu laissait échapper dans des vers pleins de négligence et de feu ces rêves d'une vie libre et douce, et opposait presque seul à la philosophie religieuse de son temps sa philosophie sensuelle, il était poète aussi. Un élève le suivit, et le devança dans la voie hardie qu'il avait ouverte : ce merveilleux élève fut Voltaire. « La meilleure édition de ses œuvres est celle de Lefèvre de Saint-Marc; Paris, 1750, 2 vol. in-12. Précédemment on avait publié : Poésies de Chaulieu et de La Fare; Lyon, 1724, in-8°; — Œ^wres diverses de Chaulieu et de La Fare, édition Delaunay; Paris, Amsterdam, 1733, 1740, 2 vol. in-8°. On a publié récemment ( 1850), Lettres inédites de Vabbé de Chaulieu, précédées d'une notice par M. le marquis de Béranger. [Enc. des g. du m., avec add. ]

LenuiDtey, Notice sur Chaulieu; dans la Galerie fran çaisG et dans la Beime encyclopédique. — Voltaire; Cor'' resp. ; le Temple du goût, et passim. — Desessarts, les Siècles litt. — Quérard, la France [littéraire. — Sainte- Beuve, Causeries du lundi, I. — Le Bas, Dict. encycl. de la fronce,

CHA17LMER, et non CHAUMER OU CHOMER

(Charles), littérateur français, né en Normandie, mort en 1680. H fut lié avec les gens de lettres de son temps, et s'exerça dans presque tous les genres de littérature, sans réussir dans aucun. Ses principaux ouvrages sont ; Abrégé de l'histoire de France; Rouen, 1636, in-8°; Paris, 1665, 2 vol. in-12 ; — la Mort de Pompée, tragédie ; Paris, 1638, in-4" ; — le Nouveau-Monde, ou l'Amérique chrétienne, hs^c le Supplément à l'abrégé des Annales ecclésiastiqties (de Raronius); ibid., 1663, in-12; — Tableau de r Europe, Asie, Afrique et Amérique ; ibid., 1664, 4 vol. in-12; — les Épîtres familières de Cicéron, traduites en français ; ibid., 1664, 2 vol. in-12; — r Abrégé des Annales ecclésiastiques de Baronius, par le P. Aurèle, traduit en français; ibid., 1664, 6 vol. in 12; ibid., 1673, 9 vol. in-12; — Magnus apparatus poeticus; ibid., 1660, in-4°; — Nouveau dictionnaire des langues française et latine; ibid., 1671, in-4°.

Barblsr, Examen critique des dict. — Les frères Parlaict. Histoire du TJiéàtre'François.

CHAULNES ( ducs DE ), uom d'une illustre famille française, qui se rattache aux maisons *VAillij et d'Albert. Le premier duc de Chaulnes fut le maréchal Honoré d'Albert ( voy. l'article ci-dessous), fils d'Honoré d'Albert, seigneur de Luynps, Cadenet et Branles, et frère de Charles d'Albert de Luynes {voy. Luynes).

CHAULNES ( Honoré d'albert, duc de), maréchal de France, mort le 30 octobre 1649. Il fut la tige et le membre le plus célèbre de la famille de Chaulnes. Frère de Charles-Albert de Lu j nos, favori <lc Loui;; XIII et coniiétabie de

France, il parut à la cour sous le nom de Cadenet, et dut à la puissante protection de son frère les bonnes grâces du roi et un avancement rapide. Nommé successivement, et à âe courts intervalles, mestre de camp, puis lieutenant général du gouvernement de Picardie, il devint enfin maréchal de France en 1619, et fut créé duc de Chaulnes et pair de France en 1621. H commanda avec le maréchal de la Force, en 1625, l'armée de Picardie, et repoussa, en 1635, les Espagnols, qui avaient fait invasion dans cette province , dont il avait été nommé gouverneur en 1633. Il se distingua au siège d'Arras, se démit en 1643 du gouvernement de Picardie , et fut nommé à celui de l'Auvergne, qu'il garda jusqu'à sa mort. Anselme, Hist. généalogique, etc. — Le Bas, Dictionnaire encyclopédique de la France.

CHAULNES ( Charles d'Albert d'Ailly ), général français, fils du précédent, né en 1625, mort le 4 septembre 1698 ; il prit le titre de duc de Chaulnes après la mort de son frère aîné. Il fut nommé lieutenant général en 1653, puis envoyé ti'ois fois en ambassade à Rome, et exerça en 1673 les fonctions de ministre plénipotentiaire à Cologne. Il était gouverneur de Guienne lorsqu'il mourut , sans laisser de postérité. Sisraondi, Histoire des Fr.. XXV, XXVI.

CHAULNES {Louis- Auguste d'Albert-d'Ailt LY, duc de), maréchal de France, né le 22 décembre 1676, mort le 9 novembre 1744. Connu d'abord sous le nom de Vidame d'Amiens, il entra aux mousquetaires au mois de novembre 1693. Successivement lieutenant au régiment d'infanterie du roi (!«'■ avril 1694), capitaine (18 mai 1695), il servit à l'armée de Flandre, et se trouva à la prise de la ville d'Ath, le 5 juin 1697, et fut "aide de camp du duc de Bourgogne à Tannée d'Allemagne, en 1701. Le chevalier d'Albert, son frère, étant mort, il obtint (17 juillet 1701) un régiment de dragons |, avec lequel il alla rejoindre l'armée d'Italie, et combattit à Chiari, Étant passé sous-lieutenant de la compagnie des chevau-légers de la garde du roi (9 mars 1702) il se démit de son régiment de dragons , et se trouva à la journée de Nimègue et au siège de Tongres, qui se rendit le 10 mai 1703. Brigadier (2 novembre 1704), il assista au siège d'Huy, et combattit à Ramillies, le 23 mai 1706. Maréchal de camp ( 19 juin 1708), il se signala à Oudenarde, en forçant les passages occupés par les ennemis, qui tenaient toute la cavalerie de l'aile droite enveloppée, et il fut blessé à la bataille de Malplaquet. Le comté de Chaulnes ayant été érigé en duché-pairie par lettres données à Marly, en octobre 1711 , il prit dès lors le titre de duc, sous lequel il combattit à l'affaire de Denain ainsi qu'aux prises de Marchiennes, de Douay, du Quesnoy et de Bouchain. Nommé par le régent lieutenant général des armées du roi ( 8 mars 1718), il reçut de Louis XV le collier de l'ordre du Saint-Esprit, le 3 juin 1724. S'étant démis (8 janvier 1729), en favem- de son fils, delà

CHAULNES — CHAUMEIX

compagnie des chevau-légers , il obtint les gouvernements d'Amiens et de Corbie. Appelé à l'armée du Rhin, il servit au siège de Philisbourg, le 22 juin 1734. Créé maréchal de Frauce le 11 février 1741 , il ne fut jamais employé en cette qualité. A. Sa.uzay

Pinard. Chronol. milit, t. 3, p. 304.

CHAVLiVES {Michel -Ferdinand d'Albert d'Aillv, duc de), général et savant français, fils du précédent, né le 31 décembre 1714, mort le 23 septembre 1769. Il s'adonna avec ardeur aux sciences physiques, pour lesquelles il fit des dépenses considérables. C'est ainsi qu'il rassembla beaucoup d'objets curieux trouvés en Chine, en Grèce et en Egypte, ou des vases étrusques. Lorsqu'on adopta les plateaux de glace à la place des machines électriques à globe de verre , de soufre ou de résine , ce fut cet amateur de la science qui fit élever la plus grande machine et une batterie telle qu'il ne s'en était pas encore vu, et dont on se servit pour produire des effets pareils à ceux delà foudre. De Chaulnes fut reçu, en 1743, membre honoraire de l'Académie des sciences. Le Recueil de l'Académie des sciences et le Journal de physique contiennent de lui plusieurs mémoires intéressants. Les folles dépenses de sa femme le ruinèrent , et sa conduite scandaleuse le fit mourir de chagrin. Ses ouvrages sont : Nouvelles méthodes pour diviser les instruments de mathématiques; 1768, in-fol.; suivies de la Description d'un microscope et de différents micromètres destinés à mesurer des parties circulaires ou droites avec la plus grande précision ; — des Mémoires dans le Recueil de l'Académie des sciences.

Éloge de Chaulnes, ^Mémoires de l'Académie des sciences-

CHAVLNES {Marie- Joseph Louis d'Albert d'Ailly, duc' de), fils de Michel -Ferdinand, chimiste français, né en 1741, mort en 1793. Il porta d'abord le titre de duc de Picquigny. Colonel à vingt-quatre ans, il se retira bientôt du service pour s'adonner aux sciences naturelles. On lui doit d'utiles recherches. En 1775, il se fit connaître en prouvant que l'air méphitique des cuves de brasserie n'est que de l'acide carbonique. Au moyen de moussoirs destinés à agiter l'eau au-dessus des cuves contenant la bière en fermentation, il fournit le moyen d'obtenir de l'eau acidulée. Il indiqua de même les moyens d'extraction et de purification des sels contenus dans l'urine. En saturant d'acide carbonique les alcalis au-dessus d'une cuve de bière, il enseigna le moyen de les faire cristalliser. Il proposa de secourir les asphyxiés, en leur adrpjnistrant sous des formes diverses l'alcali volatil, et il expérimenta sur lui-même sa découverte. '( Quand vous me verrez tomber, dit-il à son valet de chambre, vous me retirerez du cabinet et vous me donnerez des secours, comme je vous ai enseigné à le faire. « C'est ce qui eut lieu: le valet de chambre sauva à temps un maître qui

fi'exposait à devenir un martyr de la science. Il eut de violents démêlés avec Beaumarchais , et se porta même envers lui à des voies de fait, ce qui les fit enfermer tous deux, le duc de Chaulnes à Vinceones,. et' Beaumarchais au For-l'Évêque. On a de lui : Mémoire sur la véritable entrée du monument égyptien qui se trouve à quatre lieues du Kaire, près de Sahara; Paris, 1783, in-4°. Cet ouvrage est le fruit d'un voyage de l'auteur en Egypte, en 1765; — Méthode pour saturer Veau d'air fixé , in-4°.

Feller, Biographie universelle, édit. Weiss.

CHAULNES {Anne-Joseph Bonnier , duchesse de), fille de Joseph Bonnier, baron de la Mosson, et femme de Michel-Ferdinand d'Albert d'Ailly, duc de Chaulnes, morte vers 1787. Elle épousa le duc en 1734, se prit d'abord de quelque amour pour les sciences , qui faisaient la réputation de son mari, et s'y fit initier. Plus tard on la vit tour à tour se livrer aux pratiques d'une dévotion excessive ou à des écarts scandaleux. Elle ruina sa maison, abreuva d'amertume l'existence du duc de Chaulnes, et à soixante-cinq ans elle conti'acta un nouveau mariage, disproportionné et excentrique, comme tous les autres actes de sa vie.

Le Bas, Dictionnaire encyclop. de la France. *CHAiTMEAC (Jean), seigneur deLassayet du Portail-Milly, archéologue français, vivait vers le milieu du seizième siècle. Il était avocat au siège présidial de Bourges, et consacra ses moments de loisir à l'étude de l'archéologie. On a de lui : l'Histoire de Berry , contenant Vorigine, antiquités, gestes, prouesses, privilèges et libertés des Berruyers, avec particulière description du dit ;)a2/s ; Bourges, 1566, jn-fol. L'auteur y fait remonter la fondation de Bourges à l'an 1792 du monde, 134 du déluge, et donne à cette ville (en 1562) 3,733 ans d'existence. H. de B.

Arcjitoes du Cher ; minutes. — OEicvrss de Calheri-

not, 1S86-1688.

CHAVMEix {Abraham- Joseph de), critique français, né à Chanteau, près d'Orléans, vers 1730, mort à Moscou, en 1790. Il acquit une certaine célébrité dans le dernier siècle , par le zèle ardent et inconsidéré qu'il mit à combattre les philosophes du temps et leurs doctrines. Ses contemporains 'manquèrent envers lui d'impartialité, les uns en le décriant, les autres en l'ékaltant outre mesure. Nous éviterons ces deux excès, et nous aurons de plus l'avantage de rapporter quelques particularités de la vie de Chaumeix que les biographes nos devanciers n'ont pas connues. Son père, ingénieur des fortifications de Metz, s'était retiré du service dans sa terre du Chanteau, avec le grade de major du corps royal du génie. Il avait deux fils, dont l'aîné, capitaine d'infanterie, fut tué à la bataille de Fontenoy. Le plus jeune, trop faible desanté poursuivre la carrière militaire, embrassa l'état d'homme de lettres, où l'on peut dire qu'il mourut aussi

CHAUMEIX

les armes à la main. Fort de la protection du dauphin (1), qui voulait bien l'admettre à des entretiens particuliers, et entendre la lecture de ses ouvrages, il se croyait assuré de son avenir. Des engagements qu'il avait pris pour quelques amis compromirent sà fortune, et la mort prématurée du prince acheva de détruire ses espérances. Mais il avait levé l'étendard contre les philosophes, et surtout contre les auteurs de l'Encyclopédie. Dès lors il dut s'attendre à des représailles que sa polémique aggressive devait naturellement provoquer. Ses Préjugés légitimes contre l'Encyclopédie, et essai de réfutation de ce dictionnaire, avec Vexamen critique du Livre de l'Esprit; Paris, 1758, 8 vol. in-12, soulevèrent contre l'auteur des adversaires redoutables par le talent et l'influence qu'ils exerçaient sur l'opinion. Soutenu par le clergé et quelques personnes puissantes, il fit d'abord tête à l'orage; mais ceux qu'il nommait les encyclopédistes ne tardèrent pas à prendre leur revanche, et dirigèrent contre lai l'arme du ridicule, qui ne blesse jamais légèrement, en France surtout, quand elle est maniée par des athlètes aussi aguerris dans ce genre que l'abbé Morellet et Voltaire. Le premier donna le signal de l'attaque par la publication d'un pamphlet virulent, intitulé : Mémoires pour Abraham Chaumeix contre les prétendus philosophes Diderot et Z>'4^em&er?; Amsterdam (Paris), 1759, in-12 (2). Le poète de Ferney acheva la déconfiture du malheureux Chaumeix , en lui dédiant, au nom de Catherine Vadé, la satire si mordante du Pauvre Diable. Au surplus, il ne faut pas ajouter la moindre foi aux calomnies répandues contre Chaumeix par ses ennemis, et dont Voltaire se fit l'écho , en répétant qu'il avait été convulsionnaire, vinaigrier, maître d'école, qu'il avait épousé sa servante, etc. Quoique écrit avec une espèce d'énergie, son livre contre l'Encyclopédie serait tombé de lui-même , parce qu'il est rempli de tirades déclamatoires , et que si un certain nombre d'observations critiques paraissent fondées , elles devaient perdre leur crédit par les développements hors de mesure que l'auteur leur avait donnés. 11 aurait fallu d'ailleurs un talent bien supérieur au sien pour balancer le succès d'une entreprise à laquelle la faveur publique s'attachait d'une manière si prononcée.

(1) Il faut ajouter celle circonstance à toutes celles qui ne permettent pas d'admettre l'assertion, plus que hasardée, d'Horace Walpole, qui dans ses Mémoires prétend que n le dauphin était un philosophe moderne, dqns toute l'étendue du mot ».

(2jLes Mémoires de l'abbé Morellet gardent le silence sur cette publication. Devons-nou« croire à la déci.-iration qu'il avait faite à M. Barbier qu'il n'en était pas l'auteur? Le savant bibliographe n'en a pas moins persisté à la lui attribuer •• seulement, on lit le mot douteux à côté de la mention de l'ouvrage dans la table alphabétique des auteurs cités au Dictionnaire des Anonymes, Le témoignage de La Harpe, qui devait savoir mieux qu'un autre à quoi s'en tenir, ne nous laisse aucune incertitude sur ce point. (Voy. sa Correspondance littéraire, t. IH, p. 283.

Chaumeix ne trouva pas non plus dans le parti opposé aux philosophes tout l'appui que méritait son zèle. Découragé, inquiet pour le présent, alarmé sur l'avenir, il prit la résolution de quitter sa patrie, et d'aller chercher en Russie un calme d'existence qu'il ne pouvait plus trouver sur le sol natal. Il fut accueilli par l'impératrice, qui , malgré son penchant pour les philosophes , ne crut pas que leur ennemi, dont elle sut apprécier le mérite, fût indigne de ses bienfiiits. Elle le chargea de l'éducation des enfants de plusieurs familles distinguées. Nous apprenons par une lettre qu'elle écrivit à Voltaire que Chaumeix était devenu tolérant, et qu'il avait même rédigé un factum contre des capucins qui avaient refusé la sépulture à un Français mort subitement, sous prétexte qu'il n'avait pas reçu les sacrements. Il est en ce genre un fait encore plus honorable pour Chaumeix, et qui mérite d'être rapporté. A son arrivée en Russie, il vit avec effroi qu'on ne donnait pas la sépulture aux pauvres, et que leurs restes étaient jetés dans les champs, confondus avec ceux des animaux; son âme honnête fut révoltée d'un pareil état de choses, et il ne craignit pas de porter à l'impératrice elle-même les plaintes de l'humanité outragée. Loin d'être offensée d'une pareille liberté, la czarine recon. nut la justesse de ses représentations, et rendit une ordonnance par laquelle des mesures décen • tes furent prises pour l'inhumation des pauvres ^ Séparé de sa femme (1) et de sa fille, qui ne pu • rent aller le lejoindre, Chaumeix éprouvait loin d'elles la privation des douceurs de la famille. Sa constitution délicate ne put supporter les rigueurs d'une température hyperboréenne; il succomba , jeune encore. Feu M. Dusaulchoy , ancien rédacteur du Journal de Paris, qui l'avait connu particulièrement, a fait l'éloge de ses qualités estimables. « Il était simple comme un « enfant, sensible à l'excès; il ne pouvait voir « un malheureux sans être attendri jusqu'aux « larmes et sans se dépouiller pour lui. « Les entraînements d'une tête exaltée ne purent altérer ses généreux penchants, mais ils lui attirèrent beaucoup d'ennemis. C'est sans trop de fondement, ce nous semble, que quelques bibliographes lui ont attribué plusieurs autres écrits anonymes contre les philosophes, et entre autres la Petite Encyclopédie, ou dictionnaire des philosophes , ouvrage poilhume d'un de ces messieurs; Anvers, 1772 et 1781, in-8°. H est possible qu'une partie des matériaux de ce livre ait été tirée de ses Préjugés légitimes; mais il fut étranger à leur mise en œuvre, car il était parti pour la Russie depuis l'année 1765. Un autre ouvrage dans le même genre, qui lui appartient, est intitulé ; les Philosophes aux abois, ou lettres à messieurs les Encyclopédistes ; ( Paris) 1760, in-12. On leregarde généralement comme l'auteur du Sentiment dhin inconnu sur l'O-

(1) Madame Chaumeix était fille d'un nOsocianl de Lille, et non la servante de son mari

CHAUMEIX — GHAUMETTE DES FOSSÉS

racle des nouveaux philosophes, pour servir d'éclaircissement et d'errata à cet ouvrage ; dédié à M. Voltaire; Paris, 1760, in-12. Peuton croire que ce même Chaumeix, si cruellement bafoué par Voltaire, ait pu écrire un livre en faveur de celui-ci, et se déchaîner contre l'abbé Guyon, un des siens, qui avait composé VOracle des nouveaux philosophes ? L'invraisemblance d'une pareille attribution nous autorise suffisamment à la révoquer en doute. — Chaumeix â coopéré à la rédaction de plusieurs ouvrages périodiques, tels que le Censeur hebdomadaire , publié par Daquin. On lui attribue un Nouveau Plan d'études , ou essai sur la manière de remplir les places dans les collèges que les jésuites occupaient ci-devant. J. Lamoureux. Laporte, Observateur littéraire, 1760. — Quérard , la France litt. — Voltaire, le Pauvre Diable, et correspondance avec Catherine II. — Dusaulchoy, Notice sur Abraham de Chaumeix, 1789.

CHAUMETON (François-Pierre) , médecin irançais, né le 20 septembre 1775, à Chouzé-sur- Loire, en Touraine, mort le 10 août 1819. Après avoir été successivement chirurgien dans les hô- ])itaux militaires, pharmacien au Val-de-Grâce et médecin de l'armée de Hollande, il obtint sa retraite, et vint à Paris, où il fut associé à plusieurs entreprises littéraires et scientifiques. Outi'e plusieurs articles fournis au Magasin encyclopédique, à la Bibliothèque médicale, aux Annales de la médecine politique de Kopp et aux Journaux scientifiques les plus j'épandus , on a de lui : Essai médical sur les sympathies ; Paris, 1803, in 8°; — Essai d'entomologie médicale; Sti'asbourg, 1805, in-4° ; — Flore du Dictionnaire des sciences médicales; 1813-1820, 8 vol. in-8°. Chaumeton eut aussi quelque temps la direction du Dictionnaires des sciences médicales.

Virey Notice sur la vie et les ouvrages de Chaumeton.

CHAURrETTE (Antoine ), chinirgien français, né à Vergesac, dans le Velay, vivait dans la seconde moitié du seizième siècle. Il pratiqua la chirurgie dans sa ville natale. On a de lui : Enchiridion chirurgicum externorum morborum, remédia, ttim imiversalia , tum imrticularia brevissimecomplectens, etc.; Paris, 1560, in-12. Cet ouvrage , souvent réimprimé et traduit en plusieurs langues, n'est qu'un précis de tout ce que l'auteur avait lu sur l'art chirurgical dans les livi'es écrits avant lui. Ce précis est fait avec méthode et clarté.

Astruc, dans son traité de If/orbis l'e.'iereis.— Carrière, Biblioth. de la médecine. — Éloy, Dict. de la médecine.

CHAïJMETTE {Pierre - Gaspard ), révolutionnaire français, né à Nevers, le 24 mai 1763, mort le 13 avril 1794. Il fut successivement mousse, timonnier, copiste et clerc de procureur à Paris. Il travailla ensuite au journal de Prud'homme, puis devint un des orateurs les plus en vogue parmi les révolutionnaires qui s'assemblaient dans le jardin du Palais-Roval. Lié avec

les plus violents patriotes, il fit partie de la commune insurrectionnelle qui s'installa elle-même , le 9 août 1792, et fut nommé, au mois de septembre de la même année, procureur de cette commune. Chaumette acquit alors une assez grande influence , et contribua puissamment à la journée du 31 mai , en formant à l'archevêché une réunion de commissaires de sections qui organisèrent l'insurrection contre les Girondins. Il entreprit ensuite de pousser la révolution dans les plus abominables excès. Il commença par attaquer ouvertement la religion, en se mettant à la tête d'une députation de prêtres qui vinrent à la barre de la Convention nationale abjurer leurs croyances ; puis il institua ces odieuses processions où l'on faisait brûler les ornements et les tableaux des églises. « Le peuple, disait-il, à l'imitation « de son ami Clootz, doit être le dieu des fêtes « nationales, et il n'y en a pas d'autre. » Cependant, attaqué vivement par Robespierie au sujet de ses prédications athéistes, il se rétracta en face du danger, et déclara qu'il reconnaissait l'existence d'un Être suprême. Ce fut lui qui inventa et fit adopter par les ultra-révolutionnaires la mode de porter des sabots. Toutefois, quoiqu'il fût l'ennemi le plus acharné des propriétaires et des riches, il combattit comme anarchique une pétition présentée contre les marchands par Jacques Roux, auquel il reprocha de donner ainsi le signal de la violation des propriétés. Poussé par son substitut Hébert et par sa propre ambition, il conçut ensuite le projet de renverser la Montagne , qui selon lui était incapable d'organiser la république et ménageait les aristocrates. Une insurrection fut décrétée au club des cordeliers et à la section Marat; mais la commune désapprouva cette tentati\'e. Les jacobins firent cause commune avec la Convention, et les conspirateurs furent arrêtés dans la nuit du 13 mars. Chaumette ne fut pas emprisonné en même temps qu'Hébert; cependant, quelques jours après il fut aussi traduit devant le tribunal révolutionnaire, condamné à mort et exécuté. Chaumette a été par tous les partis voué à l'exécration de la postérité.

Arnault, etc., Biographie nouvelle des contempo' rains. — Monit. univ. — Thiers, Uist. de la rcv.fr. — Mignet, Abrège de l'hist. de la rcv. fr. — Le lias, Dict. encyc. de la France.

CKACMETTE DES FOSSÉS (Jean-Bapti.'rée- Gabriel-Amédée), diplomate, né à Paris, le 18 juin 1782, mort en mer, le4 octobre 1841. Après avoir fait de bonnes études, il entra à l'École des langues orientales, et suivit , en 1803, le général Brune, qui se rendait à Constantinople comme ambassadeur. Il fut successivement nommé vice-consul à Bucharest, consul à Travnik, en Bosnie, consul à Stettin, puis à Gothenbourg. De 1823 à 1825, il fit un long et pénible voyage à travers la Noi-vège, la Laponie, et la Russie septentrionale ; il revint en France par Moscou , Stockholm et Londres. En 1826, passant du Nord au Midi, il fut envoyé à Lima comme consul gé-

1 a CHAUMETÏE DKS FOSSES

lierai et chargé d'affaires^ auprès de la répui)lique du Pérou. Apres quinze ans de séjour en Amérique, il put revenir dans sa patrie ; mais, voyageur infatigable, il voulut d'abord visiter les États-Unis. Une fièvre pernicieuse, contractée dans les parages insalubres de l'isthme de Panama, l'enleva à bord du navire sur lequel il s'était embarqué. Ami de l'étude et doué d'une mémoire puissante, M. Chaumette des Fossés connaissait plus de vingt langues ; il parlait presque toutes celles de l'Europe, et il était versé dans les dialectes orientaux. Il avait mis à profit ses voyages pour réunir une précieuse collection d'ouvrages sur les langues, la littérature et l'histoire de la Scandinavie et de l'Amérique du Sud. Il publia en 1822 sonVoy âge en Bosnie dans les années 1807 e^ 1808; il écrivit aussi un j^ssai sur le commerce de la Norvège et divers mémoires. Il avait réuni les matériaux d'un travail important sur l'histoire du Pérou et du Chili ; mais il ne lui fut pas donné de l'achever. G. B.

Rous de Rochelle, Bulletin de la Société de géographie, mars 18;2.

CHAUMOND (Saint). Voy. Ennemond.

CHAUMONOT (Joseph), missionnaire italien, de l'ordre des Jésuites, vivait dans la seconde moitié du dix-septième siècle. Il vécutpendant plus de cinquante ans au milieu des naturels du Canada. En 1642 il était chez les Htirons, au nord du lac Êrié. En 1643 il visita une autre tribu, au sud de la première. En 1655 il voyagea chez les Onondagas, parmi lesquels il opéra d'importantes conversions. Chaumonot fut le fondateur de la maison de Lorette, trois lieues au nord de Québec, et y rassembla beaucoup d'Indiens Hurons. Il écrivit une grammaire de leur langue.

Biog. Univ.

CHAUMONT (Hugues DE, dit le Borgne), connétable de France, mort en 1138. Il fut connétable sous Louis VI et Louis vn. C'est en cette qualité qu'il confirma au nom du premier de ces deux rois, en 111 1, les privilèges de l'abbaye de Saint-Denis; et en 1128 et 1134 il accorda des chartes aux prieurés de Saint Samson d'Orléans et de Saint-Martin des Champs de Paris. Il alla aussi à la croisade , comme la plupart des seigneurs de son temps.

Le P. Anselme, Hist. générale des maisons de France. — Moréri, Dict. hist.

* cuArMONT (DEOTsorr de), valet de boucherie, l'im des chefs de cette faction de cabochiens qui, sous le règne désastreux de Charles VI, fit à Paris de si « merveilleuses besoingnes ». La populace mutinée contraignitleduc de Bourgogne à confier à Chaumont le commandement et la garde des ponts de Saint-Cloud et de Charenlon, commandement qu'il partagea avec Simon Caboche. L'anonyme de Saint-Denis l'appelle infâme écorcheur de besies. Il fut aussi nommé, avec Guillaume Legoix, Henri deTroyes, fils du chirurgien, et le même Caboche , commissaire pour asseoir, en 1413, sur les bourgeois da Paris

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