CHAUMONT
un emprunt forcé, qui fut exécuté avec une extrême rigueur, et dont les commissaires firent profit, comme le luxe qu'ils déployèrent ensuite le prouva. En 1414, Chaumont suivit le duc de Bourgogne dans le comté de Tonnerre , où ce prince se rendait pour punir Louis de Chàlons, son feudataire , dont il avait fait instruire le procès.
Religieux de Saint-Denis. Mém. — . Sismondi, flist. des Fr ,xn.
CHAUMONT (Charles -d'Amboise, seigneur de), guerrier français, né en 1473, mort le 11 février 1511. Il était neveu du cardinal d'Amboise, qui le nomma gouverneur de Milan. En 1506, lorsque Louis XU, cédant trop facilement aux conseils du cardinal , prêta des secours au pape Jules II contre ses propres alliés, ce fut Chaumont qu! commanda les troupes chargées de prendre Bologne. L'année suivante il dirigea le siège de Géaes. A la bataille d'Agnadei, il était à la tête de l 'avant-garde. En 1510, conser yant son crédit, malgré la mort de son oncle, l'auteur de sa fortune , il eut le commandement des troupes qui guerroyèrent pour le compte du duc de Ferrare et de ^'empereur; et l'histoire lui reproche d'avoir traité quelquefois les vaincus avec une horrible cruauté. Le 12 octobre, il investit Jules II dans Bologne, et l'aurait enlevé , si le rusé pontife n'eût recouru à des négociations trompeuses pour échapper au danger. Bientôt après, le pape s'empara de La Mirandole. Chaumont , auquel le roi avait associé dans le commandement le vieux et brave maréchal Tri vulzio, devait venger avec éclat ces échecs ; mais cette tâche était au-dessus de ses forces. Inhabile tacticien, opiniâtre et jaloux de son collègue, il essuya de nouveaux revers, qui le jetèrent dans une profonde mélancolie. Il était, du reste, bourrelé de remords d'être forcé de combattre le pape, et terrifié de se voir sous le coup d'une excommunication. H était déjà bien malade de chagrin quand une chute du haut d'un pont hâta les progrès de son mal. Transporté à Correggio, il envoya solliciter le pape de lever les censures qu'il avait encourues ; raais il mourut avant que l'absolution fût arrivée (l).
Sismondi, HULdis rép. ital, XfV; Hist, des Franc. - Le Bas, Uict. enct/c. de la France.
CHAUMONT (/ean de), coatroversiste français, né vers 1583, mort le 2 août 1667. Il fut garde des livres du Cabinet du roi de France et conseOler d'État ordinaire. Ses principaux ouvrages sont : V Aréopagite défendu contre Edme Aubertin, ministre à Charenton, etc.; Paris, 1640, in-8°; — la Chaîne de diamants; ibid., 1684, in-8°; écrit bizarre, dans lequel l'auteur s'attache à réfuter ceux qui attaqaent ces paroles de la consécration : Ceci est mon corps.
JNicéron, mémoires, t. 40, p. 193.
(I) Son portrait à été peint par Léonard de Vinci, et se voit au Musée impérial du Louvre (écoles italiennes, n° 298 ). Il a été gravé dans Tlicvet,«o?«7«es illustres, ISSi, in-foL au'teuillet 179. ( Voy. Charles viir, note iconographique.} V.;
CHAUMOWT — CHAUSSARD
CHAVJHONT (Paul-Philippe de) , théologien français, fils du précédent, mort à Paris, le 24 mars 1697. Il embrassa l'état ecclésiastique, s'adonna à la prédication pendant plusieurs années, succéda à son père dans la charge de garde des livres du Cabinet, et fut reçu membre de l'Académie française en 1654, quoiqu'il n'eût aucun titre littéraire. Nommé à l'évêché d'Apt, en 1671, il donna sa démission en 1684, et revint demeurer à Paris , où il se livra plus que jamais à l'étude. Chapelain , dans sa Liste de quelques yens de lettres françois vivant en 1662, a dit de lui : « Chaumont, ne manque pas d'esprit, et a assez le goût de la langue. On n'a pourtant rien vu de lui qui puisse lui faire honneur. S'il ne prêche bien, il prêche et hardiment et facilement. Le désir de la fortune l'a engagé à des bassesses au-dessous de sa naissance , et à un certain air d'agir qui lui a fait tort; mais c'est plus par manque de jugement que par malignité naturelle ». On a de Chaumont : Réflexions sur le christianisme enseigné dans l'Église catholique; Paris, 1693, 2 vol. in-12.
nieéron, Mémoires, t. XL, p. 191.
CHAUMONT (Le chevalier de), voyageur et diplomate français, né vers 1640. U fut envoyé, en 1685, par Louis XTV en qualité d'ambassadeur auprès du roi de Siam. Il fut bien accueilli, reçut de grands honneurs , et signa avec les mi* nistres siamois un traité dans lequel étaient stipulés les intérêts du commerce français et surtout ceux de la religion catholique. Peu de temps après , il prit à bord de son vaisseau et amena à Brest, le 18 mai 1686, les deux ambassadeurs^iamois, qui devaient flatter la vanité de Louis XIV. L'époque de la mort du chevaUer de Chaumont est-ignorée. Il avait écrit la Relation de son voyage, imprimée à Paris, en 1686, in-12.
Clioisy, Mémoires. — RebouUet, Histoire du régne de Louis Xiy. — Etienne Gallois, l'Expédition de Siam au dix-septieme siècle,- dans le Moniteur universel, des 10, 11, 12 et 13 août 18S3.
* CHAUMONT ( Denis), missionnaire français, né àÉragny , près Gisors , le 16 novembre 1752, mort le 25 août 1819. Après avoir fait ses études théologiques au séminaire des Trente-trois, il entra en 1775 au séminaire des missions étrangères. Déjà depuis six ans il était employé dans la province du Fo-Kien, en Chine, quand on le rappela, en 1784, pour être directeur du séminaire deParis. En 1T92 , il passa en Angleterre, où il ne cessa de se vouer aux intérêts des missions catholiques. Pendant la Révolution, il fut chargé de la correspondance avec les missionnaires. A son retour en France, en 1814, ses confrères lechoisirentpour supérieur du séminaire, à la tête duquel il est resté jusqu'au moment de sa mort.
^mi de la religion.
CHAUNAY-DUCLOS. VotJ. DuCLOS.
CHAUNCY (Charles), théologien anglais non conformiste, né en 1592, mort en 1672. Il étudia à Westminster et à Cambridge. D'abord nommé
professeur d'hébreu, il fut écarté de celte chaire par le vice-chancelier William, qui la demandait pour un de ses parents, puis il devint professeur de grec. Il écrivit dans cette langue l'èjtîxptffiç placée en tête de la Critica sacra de Leigh. Plus tard, il fut ministre à Marstow et vicaire à Ware. Il témoigna dès lors son opposition aux doctrines de ïestablished Church (ÉgUse établie). Traduit devant la cour de la haute commission (high commission-court), puis devant W. Laud, évêque de Londres , pour avoir osé dire que la prédication de l'Évangile devait être supprimée, il fut contraint de signer .un acte de soumission en latin. Ainsi persécuté, il se rendit dans la Nouvelle-Angleterre, où il fut adjoint au ministre de l'endroit. Il fut ensuite envoyé dans une autre localité, appelée Scituate, et y exerça pendant douze ans les fonctions pastorales. Pressé de revenir en Angleterre au temps de la république, il préféra les fonctions de directeur ou président du collège d'Harvard, qu'il garda depuis 1654 jusqu'à 1672.
Rose, New biographical dictionary.
CHAUNCY (Henri), antiquaire anglais , né en 1632, mort en 1719. On a de lui : Historical antiquities of Hertfordshire ; Londres, 1700, in-fol. : ouvrage estimé et rare.
Rose, New biographical dictionary.
CHAUPY (Capmartin-Bertrand de), littérateur et antiquaire français, né vers 1720, à Grenade près de Toulouse, mort à Paris, en 1798. Il embrassa l'état ecclésiastique , et vint à Paris , où il se imêla aux querelles du clergé asvec le parlement. Craignant d'être poursuivi comme auteur de quelques écrits condamnés , il se rendit à Rome, et y demeura vingt-ans , occupé de recherches archéologiques. Il revint à Paris en 1776, rapportant une collection de médailles et de livres précieux, et continua quelque temps à préparer le grand ouvrage qu'il promettait sur l'ancienne Italie; mais il finit par l'al^andonner pour reprendre la plume en faveur du clergé, dont l'existence politique était de plus en plus menacée. A l'époque de la Révolution, il vint chercher un asile à Sens , où il laissa passer les temps les plus difficiles, avant de rentrer à Paris. On a de lui : Observations sur le refus qu'a fait le Châtelet de reconnaître la chambre roxjale en France; il b^, in-4", et in-12 ;^ — Réflexions d'un avocat sur les remontrances du parlement du 27 septembre 1756, au sujet dugrand consei/!; Londres (Paris), 1756, in-12; — Découverte de la maison de campagne d'Horace; Rome, 1767-1769, 3 vol. in-8°. Les commentateurs modernes du poète latin ont mis ce travail à profit; — Philosophie des lettres, qui aurait pu tout sauver ; misosophie voltairienne, qui n'a pu que tout perdre; Paris, 1789-1790, in-8°.
iqaéT&xà, la France littéraire.
CHAUSSARD ( Pieire-Jean-Baptiste), littérateur français , dit Publicola, né à Paris le 8