‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 4)Chapitre 30 sur 200 · CHAUVEAU-LAGARDE · texte numérisé non relu

CHAUVEAU-LAGARDE

Hubert et Rost, Manuel des arnateurs, t. TIII. — Foutenay. Dictionnaire des artistes. — Heineckcn, Dict. des artistes.

CBAUVEAU (René), scupteur français, fils du précédent, né à Paris, en 1663, mort à Paris, le 5 juillet 1722. Il étudia dans l'atelier de Caffieri, et son étonnante facilité le fit remarquer de Colbert, qui lui donna le logement aux Gobelins. Des discussions avec son beau-père, Cuucci, dessinateur italien, lui firent abandonner la France pour la Suède, où il resta sept années. De retour à Paiis , il travailla beaucoup à la composition et à la sculpture des ornements du Palais de Versailles, et décora de ses œuvres les châteaux d'un grand nombre de seigneurs. Il mourut, drt-on, du chagrin que lui avait causé la perte de sa fortune. Si Chauveau , doué de la même fécondité que son père, a beaucoup produit et joui de son vivant d'une grande vogue, il n'a rien laissé qui soit digne de lui survivre.

P. Ch.

Papillon, Éloge de R. Chauveau ; Paris, 1723, in-4«. — Fontenay, Dictionnaire des artistes.

CHACVEAC-LAGARDE ( Clatide- François ), avocat et magistrat français, né à Chartres , le 21 janvier 1756, mort à Paris, le 29 février 1841, par suite d'une maladie gagnée aux obsèques de Napoléon. Fils d'un barbier, il devint avocat au parlement de Paris , et avait débuté d'une manière brillante au barreau, par la facilité de son élocution, lorsque éclata la révolution de 1789. Dans un écrit publié à cette époque, sous le titre de Théorie des états génératix, ou la France régénérée, il suivit le torrent favorable à la révolution. Mais la timidité de son caractère l'empêcha de la servir ; et il se borna à l'exercice de sa profession. En 1793 il défendit le général Miranda, et le fit acquitter au tribunal révolutionnaire. Il fut moins heureux dans la défense de Brissot, son compatriote ; dans le procès de Charlotte Corday , il fut réduit au silence par l'héroïsme de l'illusti'e accusée, qui avoua qu'elle avait voulu débarrasser la France d'un monstre tel que Marat. Il invoquait en sa faveur l'indulgence du tribunal, en se fondant sur l'exaltation qui avait troublé sa raison; elle Tinterrompit pour dire qu'elle avait agi avec cahne et réflexion. Chauveau n'ajouta que quelques paroles pleines d'à-propos (î)o?/. Corday (Charlotte)). Pour lui donner une preuve de son estime, elle le chargea d'acquitter une petite dette qu'elle avait faite à la prison , et que la confiscation dont elle était frappée lui ôtait les moyens de payer. Quelques mois après il fut nommé d'office, avec Tronçon-Ducoudray , le 14 octobre, pour défendre la reine Marie-Antoinette devant le tribunal révolutionnaire (1). Le rôle d'un avocat en pareille circonstance était bien circonscrit, si on^iie voulait «'exposer aux derniers dangers. Hébert le dénonça à la Société des Jacobins pendant le orocès. Chaumette et Collot d'Her-

(1) Monit. du 16 octobre 1793 (an ii ), n" 33, 36, 3", 33.

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bois le signalèrent d'une manière très-périlleuse alors. Après la condamhation de cette reine infortunée, Chauveau-Lagarde fut mandé devant un comité révolutionnaire, pour déposer des secrets qu'elle lui aurait confiés. L'avocat répondit qu'il n'en avait aucun ; et pour désarmer ces tigres, il déposa une mèche de cheveux, comme la seule récompense qu'il eût reçue de la noble victime, et il en demanda acte. Cet acte lui fut reproché dans la suite, et il s'en expliqua dans sa Note historique sur le procès de Marie- Antoinette et de madame Elisabeth ;P&Tis, 1816* On dit que la duchesse d'Angoulême n'en conserva pas moins ime grande bienveillance à celui qui avait assisté sa mère dans ce moment suprême. Mais il n'en fut pas récompensé, comme Tronchet l'a été pour une assistance ana logue dans le procès de Louis XVI , ainsi qu'on l'a appris par une lettre récemment publiée , ni surtout comme Desèz^ , nommé premier président de lacoiu: de cassation pour sa plaidoirie, quelquelnsulfisante qu'elle ait été. Chauveau-Lagarde, défenseur de l'abbé Brottier devant la commission militaire de 1797, illégalement instituée pour juger des accusés civils , estimé au barreau, avocat au conseil depuis 1806, président du conseil de cet ordre en 1824, n'a été nommé conseiller à la cour de cassation que le 17 mai 1828, à la mort de son ancien confrère Desèze. On a cité de lui son plaidoyer de 1826 pour Bissette, Fabien et Volny, condamnés de la Martinique; on n'aurait pas dû oubliep celui qui avait été dès 1824 associé à leur défense, qui ne l'avait pas abandonnée pendant que le ministre Peyronnet retenait les pièces pendant deux ans , et qui parvint seul à en faire ordonner l'apport , et à trouver dans la législation coloniale elle-même les moyens de faire casser (le [30 septembre) cette illégale et inique condamnation ; car c'est le seul que les innocentes victimes aient reconnu.

A. DE SÉCHERVILLE.

Lettre sur lei événements des Antilles françaises en 1824, par M. Isanobert ; Paris , septembre 1850 , in-8° ; — Mémoires pour les hommes de couleur ,- par Bissette , 1824-1830. — Lettre du 21 décembre 1823. — Notice par M. Doublet de Boisthibault, avocat, 1841.

CBAC VELIN {Germain-Louis de), magistrat français, né en 1685, mort à Paris, le l^'' avril 1762. Il s'éleva par son mérite aux fonctions de garde des sceaux, où il remplaça, en 1729, le mtimstre Armenonville, et de secrétaire d'État au département des affaires étrangères de 1727 à 1737. Né avec un génie actif et pénétrant, il devint l'homme de confiance du cardinal de Fleury, sur lequel il avait une grande supériorité. Ce fut grâce à son habileté qu'une guerre médiocrement conduite, et marquée par le honteux abandon de la Pologne, se termina par le traité de Vienne;, le seul acte glorieux du règne de Louis XV. Néanmoins une intrigue de cour le fit disgracier par le premier ministre , aux yeux duquel on le représentait comme un horame»avide de lui succéder. Après lui avoir reproché, dans

une lettre dû 22 février 1737, de rompre les mesures adoptées par le roi pour l'affermissement de l'Europe et la tranquillité des peuples, le cardinal exila Chauvelin, d'abord à Bourges, puis à Issoire, dans les montagnes de l'Auvergne. L'ancien ministre n'obtint que peu de temps avant sa mort la permission de rentrer à Paris.

D'Argenson, Mém. — Flassan, Diplom. Fran., V. — Le Bas, Dict. encyc. de la France.

CHAUVELIN (François-Claude, marquis de), général français, fils du précédent, mort à Versailles, en 1774. Il servit avec distinction en Italie , sur le Rhin et en Flandre , fut nommé maréchal de camp en 1745, ministre plénipotentiaire du roi à Gênes, et commandant des troupes françaises envoyées en Corse. Lieutenant général en 1749, ambassadeur à la cour de Turin en 1753, il obtint en 1760 une des deux charges de maître de la garde-robe du roi. Il mourut subitement, dans l'appartement et sous les yeux de Louis XV, dont il faisait la partie de jeu. Le roi fut, dit-on, vivement impressionné par ce trépas subit du marquis ; mais, au rapport des historiens, il éprouva moins de douleur que d'épouvante. On connaît du marquis de Chauvelain quelques vers faciles et agréables.

Bachanmont, Mém. secrets, IV. — Soulavie, Mem.de Richelieu, IX.

CHAUVELIN {François-Bernard, marquis DE ), homme politique français, fils du précédent, né à Paris, le 29 novembre 1766, mort dans la même ville, en avril 1832. Il comptait parmi ses ancêtres des guerriers , des prélats et quelquesuns de ces magistrats honorables dont l'indépendance individuelle constituait à peu près toute l'opposition de l'ancien régime, et en faisait pour ainsi dire une monarchie tempérée par la vertu d'un ou de plusieurs hommes d'État. Son oncle, abbé et conseiller-clerc au parlement, s'était fait remarquer dans la grande affaire de l'expulsion des jésuites, et avait subi , par l'influence de la redoutable société , un long emprisoimement et diverses autres persécutions. Son père avait rempli avec distinction plusieurs fonctions diplomatiques. Membre d'ime famille aussi riche en hommes de talent qu'en hommes de caractère , François de Chauvelin répondit parfaitement à de pareils antécédents.

La révolution de 1789 le trouva lié au parti d( la cour, non-seulement par sa naissance, mais encore par sa position spéciale, puisqu'il ve nait de succéder à son père dans la charge del| maître de la garde-robe ; mais M. de Chauveli ne s'en associa pas moins à cette élite de la no blesse qui sut devancer par ses sacrifices les exi-i| gences du temps et les rendre ainsi méritoires.1 Trop jeune pour exercer une action politique eli jaloux de coopérer, autant que le lui permettaiH son âge, à l'œuvre révolutionnaire, il prit dul| service, et fut nommé aide-de-camp du maréchi Rochambeau ; mais, appelé aux affaires par un( vocation caractérisée, il ne tarda point à abandoi

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