CHAUVELIN — CHAUVELOT
lier la carrière militaire, sans s'y être distingué I autrement que par le rigoureux accomplissement I de ses devoirs.
I Vers le mois d'avril 1792, il fut envoyé à I Londres pour y représenter la France et déterminer, de concert avec M. de Talleyrand, son mentor, la neutralité du cabinet de Saint-James lans la guerre générale qui menaçait d'éclater. La négociation eut son plein effet ; et quoique ce résultat ait été compromis par les événements lostérieurs, il n'en resta pas moins un titre de gloire pour ceux qui parvinrent à le conquérir. < Tous les obstacles ont été levés par le zèle ; éclairé et franc de M. de Chauvelin, » dit le moniteur de cette époque. Et plus loin il ajoute : i Ou reconnaît là la prudente habileté qui a toui jours si heureusement servi le patriotisme de ( M. de Talleyrand. « Néanmoins, il faut bien •e gai'der de confondre dans une complète unité le vues et de principes ces deux hommes d'État. Dès lors on pouvait préjuger, à certaines nuances lifférentielles, qu'il existerait plus tard entre eux le graves dissentiments. Aussi le roi d'Angleterre ^t l'aristocratie traitèrent-Us M. de Talleyrand :omme un des leurs, et marquèrent-ils à chaque iccasion de la défiance à son collègue : l'un contiluait à se servir du vocabulaire consacré, et parait au nom du roi très-chrétien, tandis que 'autre ne connaissait d'autre titre à Louis que ;elui de roi des Français. Mais quand il n'y eut jIus qu'un principe en France, il ne demeura fu'un ministre de France à Londres : ce fut- Jhauvelin qui notMîa au gouvernement anglais 'affaire du 10 août et la suspension de Louis XVL ^e conseil exécutif de la répubhque, regar-, lant Chauvelin comme un démocrate ardent et* iprouvé , le maintint à ce poste de confiance , nalgré la suspicion qui résistait dans ce tempsk d'une origine nobiliaire; il y demeura jusqu'à a mort du roi , en janvier 1793. La nouvelle de ;et événement ayant décidé le ministère anglais i rompre toute espèce de négociation ( 24 jan- /ier), après avoir déjà contesté le caractère offi- ^.iel du ministre de la république (31 décembre i792), il reçut l'injonction de se retirer. A son retour à Paris , Chauvelin fut nommé à la léga- ,ion de Florence , poste que MM. de Sémonville ;t Maret venaient d'abandonner; mais il fut obligé comme eux de se retirer, lord Hervey jyant menacé le grand' duc de bombarder Li- ^ocrme si dans les vingt-quatre heures il ne aisait sortir l'agent français de sa résidence. Revenu en France , ses services ne purent préiîerver Chauvelin du sort commun à ceux de sa classe : il fut incarcéré pendant onze mois, et ne dut sa délivrance qu'à la journée de thermidor. Après l'affaire du 1 8 brumaire , nommé par le sénat membre du Tribunal, Chauvelin, qui ressentait alors avec la majorité de la nation le besoin d'une organisation forte et stable , appuya i'abord le gouvernement dans ce qui tendait à le constituer et à régulariser son action. Plus tard,
jl sortit du Tribunat , et fut nommé préfet de la Lys (chef-Ueu, Bruges). Appelé au conseil d'État par l'empereur, il y déploya une rare entente des affaires, et parmi tant de capacités administratives si éminentes , il sut se faire une réputation particulière par des travaux remarquables , tels que son rapport sur l'organisation des ponts et chaussées, rapport sur lequel fut basé le décret du 16 décembre 1811. Enfin, la conquête partielle de l'Espagne s'étant effectuée , Napoléon choisit pour régir civilement ces contrées Chauvelin, qui partit avec le titre d'intendant général de la Catalogne. Les événements de 1814 condamnèrent d'abord Chauvelin au repos; mais en 1815 Louis XVIII , malgré les précédents révolutionnaires du marquis , rendant hommage à son incontestable réputation d'homme d'affaires, le porta sur la liste des conseillers d'État honoraires. Chauvelin fut envoyé en 1817, par le département de la Côte-d'Qr, à la chanilue des députés , où il prit place parmi les plus ardents champions de la cause nationale. Chauvehn échoua aux élections de 1824; il fut réélu en novembre 1827 , et donna deux ans après sa démission. Retiré à Cîteaux, près Nuits, dans l'ancienne abbaye, dont il avait fait l'acquisition , il voulut faire succéder à sa vie diplomatique, administrative et parlementaire une existence industrielle, et enti'eprit sur une assez vaste échelle quatre espèces de fabrications; mais il ne lui fut pas donné de briller dans cette nouvelle carrière. Il mourut du choléra, pendantun voyage à Paris. [Bnc. des g. du ?«.]
Bertrand de Molleville, Mém. — Monit. univ. — Lesur, Jnn. hist. univ. — Ariiault, etc.. Biographie nouvelle des contemporains.
CHAUVEHN (Henri-Philippe), théologien français , frère de François Claude , né vers 1716, mort le 14 janvier 1770. 11 ambitionna de bonne heure d'être chef d'opposition. C'est ainsi qu'il ne craignit pas de proposer et fit adopter par le parlement des remontrances contre les lettres de cachet (1753). Plus tard il fut l'un des artisans les plus actifs de la ruine des jésuites. Déjà, en 1750, il s'était signalé par plusieui-s écrits dans la grande affaire des immunités. Ayant fait rendre, en 1753, au parlement de Paris un arrêté par lequel cette cour déclarait qu'elle ne pouvait sans manquer à son devoir optempérer à l'ordre du roi qui lui avait enjoint dé suspendre toutes poursuites concernant le refus des sacrements, Chauvelin fut, avec trois de ses collègues, arrêté le 9 mai et enfermé au mont Saint-Michel. Rendu à la liberté, il commença contre les jésuites une série d'attaques qui, le 9 mai 1*767, aboutirent au bannissement de ces religieux. Il retomba ensuite dans l'obscurité.
Lelong, Biblioth. hist. d^ la France, edit. Fontette. — Voltaire, Siècle de Louis Xf^. — Slsmondi, Hist. des Français, XXIX.
CHAUVELOT {Sylvcstre) , mathématicien
français, né à Beaune, en 17'57, mort vers 1832.