‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 4)Chapitre 40 sur 200 · C. Henri Laurent · texte numérisé non relu

C. Henri Laurent

Moniteur univ. — Lesur, Ann. kist. univ. — Biogr. des hommes marquants.— Insurrection de Lyon, par le docteur Monfalcon.

CHEHAB-EDDTN ( Ahmed ) , historien arabe, natif de Fez, vivait dans le quinzième siècle de l'ère chrétienne. On a de lui un Abrégé de l'histoire universelle.

SUvestre de Sacy, Notices et extraits des manuscrits, t. II.

CHEHAB-EDDTN (Abdel- Rahman), historien arabe, né à Damas, l'an 599 de l'hégire, 1300 de J.-C, mort l'an 665 de l'hégire, 1267 de J.-C. On a de lui lAhzar al-roudhataïn (Fleurs des deux parterres ) ; c'est une histoire de Noured-dyn et de Saiâh-ed-dyn (Saladin); — deux Abrégés de la chronologie de Damas, et une Histoire des Obaïdites.

Berthereau, Histoire des croisades.

CHEiBAJVY ( Aboul-Abbas- Ahmed- Ben- Yahya ), surnommé Tsalab-el-Nahouî, écrivain arabe, né l'an 200 de l'hégire, 815 de l'ère chrétienne, mort l'an 291 de l'hégire (910). On a de lui plusieurs ouvrages de rhétorique et de grammaire, entre autres : Fassyh; — Recueil de proverbes ; — Explication des poètes ; — Recueil des mots que le monde prononce mal; — Commentaire sur le Coran.

Ibn-Khilcan, f^ies des hommes illustres de son temps.

CHEKE ou CHEEKE (sir .Tohn), écrivain anglais, néà Cambridge, en 1514, mort à Londres, le 13 septembre 1557. Élevé au collège Saint-Jean à Cambridge, il fut, à vingt-cinq ans, nommé professeur de grec à l'université de

cette ville. Il tenta de rétablir l'ancienne et vé-/ ritable prononciation grec(pie ; mais il éprouva/ une vive résistance de la part du chancelier de l'université , Etienne Gardiner, évêque de Winchester. Chargé avec sir Anthony Cook d'enseigner le latin au prince Edouard, il jouit sous le règne de son élève d'une faveur éclatante, fut créé baronet en 1551 et secrétaire d'État en 1553. Sous le règne de Marie, Cheke se compromit, par zèle pour la réforme, dans la conspiration de Jeanne Gray, et fut forcé de s'enfuir sur le continent. Après avoir erré dans plusieurs contrées de l'Europe, et avoir professé pour vivre le grec à Padoue et à Strasbourg, le savant anglais fut arrêté près de Bruxelles, le 15 mai 1556, et trans^iorté à la Tour de Londres. n ne racheta sa vie que par le désaveu le plus formel de ses opinions protestantes; mais il survécut peu à cette conversion forcée. On a de lui une traduction latine des deux homélies de saintiCbi'ysostome, Contra observatores Novilunii, et de Dormienfibîis in Christo; Londres, 1543, in-4°; — une traduction latine des six homélies du même père sur le Destin et la Providence de Dietc; Londres, 1547; — de Obïtu doctîssimi et sanctissimi theologi domini Martini Bnceri, epistolseduœ; Londres, 1551, in-4°; — de PromtniiatiQiie grascas potissimum linguse disputationes ; Bâle, 1555, in-8''; — de Super stitione, ad regem JTenricum. Cet ouvrage, placé par l'auteur à la tête de sa traduction du traité de Plutarque sur le même sujet, a été traduit en anglais par W. Elstob. Cette traduction a été pubhée par Sti7pe, à la fin de sa vie de Jean Cheke; Londres, 1705, in-8°.

Rose, Biographical dictionary.

* CHELARD {Hippoly te- André- Jean-Baptiste ), musicien-compositeur, né à Paris, le l*"" février 1789, fut admis à l'âge de douze ans dans une classe de violon du Conservatoire, et reçut ensuite des leçons de composition de Dourlen et de Gossec. En 1811 il l'emporta au concours de l'Institut le premier grand prix de composition, et partit pour Rome comme pensionnaire du gouvernement. Pendant son séjour en Italie , il se livra avec ardeur à l'étude des œuvres de Palestrina, sous la direction du savant abbé Baini, et écrivit plusieurs morceaux de musique religieuse ; il fit aussi représenter à Naples , en 1815, Casa da vendcre, son premier opéra, qui plus tard, en 1820, fut joué à Paris, sur le Théâtre-Italien. Après un repos de quelques années, M. Chelard donna, au mois de juin 1827, au grand Opéra, Macbeth, tragédie lyrique en trois actes, paroles de Rouget de Lisle. Cet ouvrage, dans lequel on remarque un trio de sorcières de l'effet le plus vigoureux et des chœurs d'une large et belle facture, fut refait en quatre actes et représenté l'année suivante à Munich, où il obtint un succès qui valut au compositeur sa nomination de maître de

CHELARD — CHEMINAIS

chapelle du roi de Bavière. Depuis lors M. Chelard a donné à Paris', sur le théâtre de l'Opéra- Comique, la Table et le logement (1830), et successivement à Munich, Minuit, trois actes (1831), l'Etudiant, (1832), traduction du livret de la Table et le logement, dont la musique avait été presque complètement refaite, et le Combat d'Hermann (1835). Cet artiste jouit en Allemagne d'une haute réputation musicale. Indépendamment des ouvrages qui viennent d'être cités , il a écrit une messe solennelle, qui a été exécutée à Paris, dans l'église de Saint- Roch, des chœurs, des cantates, un Chant grec, qu'il fit entendre en 1826 à Paris, dans im concert donné au "Waux-Hall au bénéfice des grecs, et des solfèges à quatre voix publiés à Paris, ehez H. Lemoine. Denne-Baron.

Fétis, Biographie universelle des musiciens.

CHELEBI. Voyez TCHELEBI.

GHELLERi {Fortuné), musicien, d'origine allemande, né à Parme, en 1668, mort à Cassel, en 1757. Après avoir fait représenter avec succès plusieurs opéras en Espagne et en Italie, il entra, en 1725, au service du landgrave Charles de Hesse-Cassel , qui lui conféra le titre de maître de chapelle. Le successeur du landgrave, Frédéric \", qui était en même-temps roi de Suède, le confirma dans son emploi de maître de chapelle, et le fit venir à Stockholm en 1731 ; mais le cliinat de Suède ne convenant pas à la santé de Chelleri, celui-ci retourna à Cassel, et fut nommé conseiller de cour. Ses principaux ouvrages sont : la Griselda; Plaisance, 1707;

— il Gran Alessandro; Crémone, 1708; — la Zenobia in Palmira; Milan, 1711; — VAtalanta; Ferrare, 1713; — Y Alessandro tra gli Amazoni; Venise, 1715. — la Caccia in Etolia, 1715; — Pénélope; Venise ,1716; — l'.4malassunte, regina de' Goti; Venise , 1718 ; — Alessandro Severo ; Bx&sàa. , 1718; — VArsacide; Venise, 1719; — laPaceper amore; Venise, 1719; — il Temistocle ; Padoue, 1720;

— Tamerlano ; Trévise , 1720 ; — l'Innocenza cft^esa; Venise, 1721; — Zenobiae Radamisto ; Venise, 1722 ; — Amor delta ^atria, 1722.

Fétis, Biographie universelle des musiciens.

* CHELiiES (/eaw de), architecte, ou, comme on disait jadis, maître maçon, construisit, en 1257, le portail méridional de Notre-Dame de Paris. E. B.-N.

Doeuments inédits.

* CHELLiNi ( Nicolas }, jurisconsJilte italien, vivait dans la seconde moitié du dix-septième siècle. On a de lui : Decisiones S. Rotee romanee coram Christo Peiitingero, ab, a. 1639- 1654; Rome, 1673, in-fol.

' Adelung, suppl. à Jôcher, Allgem. Gelehrten-Lexicon.

, CHEDiiAKA (Dmitri-Jouriévitch) , usurpai teur russe, né vers le commencement du quinzième siècle, mort en 1453. Son père, Joury- Dmitrovitch, oncle du grand-duc de Moscovie VassihUI, enleva la couronnée son neveu, et la lui restitua, pour la lui reprendre une seconde

fois. La mort de Joury rendit le trône au prince légitùne, qui ne tarda pas à se brouiller avec ses cousins, et fit crever les yeux à l'un d'eux, Vassili Kossoï. Chemiaka attendit avec impatience le moment de venger son frère et de reprendre les projets ambitieux de Joury. II en trouva l'occasion dans l'invasion des Tartares, qui venaient de fonder le royaume de Kasan. Makhmet , chef de la horde d'Or, s'empara de Nijni Novgorod, et marcha sur Moscou. Vassili, rassemblant une armée, força l'ennemi à se retirer. Le printemps suivant, la guerre recommença; l'armée russe, peu nombreuse, fut battue , et le grand-duc fait prisonnier avec les principaux boïards, en 1445. Chemiaka fit avec le vainqueur un traité dans lequel il était stipulé que le grand-duché deviendrait le partage du fils de Joury, et que le prince captif serait condamné à un esclavage perpétuel. Malgré ces conventions, Vassili fut rendu à la liberté et rentra dans ses États. Il n'y fut pas longtemps en sûreté ; Chemiaka, Jean de Mojaïsk et Boris de Tver le firent enlever dans le monastère de la Trinité , et enfermer à OugUtch , après lui avoir fait crever les yeux. Chemiaka, maître du grand-duché , détruisit la prépondérance moscovite, par la séparation des apanages jadis indépendants, et mécontenta tout le monde par ses injustices et ses cruautés. Quelques boyards tentèrent de délivrer le prince détrôné , et , n'ayant pu réussir, ils s'enfuirent en Lifhuanie, où xm grand nombre de mécontents vinrent les joindre. Troublé par la crainte plutôt que par les ]:emords , Chemiaka rendit la liberté à l'aveugle , lui fit de riches présents , et lui donna la ville de Vologda., A peine* libre, Vassili, quittant la xésidence qui lui avait été fixée , se rendit à Tver, s'unit au prince de cette viÙe et à une horde de Tai-tares, etrenti'a dans Moscou le 17 février 1447, après en avoir chassé l'usurpateur. Celuici fit sa soumission, mais elle ne fut pas de longue durée. Il reprit les armes en 1449, Vassili confia le commandement de ses troupes au boyard Obolenski, qui battit les rebelles près de Galisch, dans le gouvernement actuel de Kostroma^ et força leur chef à se retirer à Novgorod. ITy mourut empoisonné, le 23 juillet 1453. La joie que fit paraître Vassili à cette nouvelle ne laisse»guère de doute sur l'auteur du crime. Malgré des qualités brillantes, Chemiaka avait, par son ambition et ses crimes , mérité son sort , et on disait qu'il fut justement puni, si l'assassinat pouvait jamais être unejuste punition.

Karamsin, Histoire de Russie. — Chopin, Russie, dans r Univers pittoresque.

CHEMIN (Jean-Baptiste), cnré de Tomeville, diocèse d'Évreux, né le 26 novembre 1725, mortîle 15 mars 1781. On a de lui : Vie de saint Mauxe et de saint Vénérand, viartyrs; Évreux, 1752 , in-12.

Quérard, la France littéraire.

cHEaiiNAis DE MONTAIGU (TimoUon),

CHEMINAIS — CHEMNIÏZER

prédicateur français, né à Paris, le 3 janvier 1652, d'une famille ancienne dans la robe , mort le 15 septembre 1689. 11 entra cbez les jésuites, à l'âge de quinze ans , et après avoir perfectionné ses études dans le sein de cette docte société , il alla professer la rhétorique à Orléans. Ses sermons lui firent bientôt une brillante réputation d'éloquence; mais la faiblesse de sa santé fut un obstacle à l'ardeur de son zèle et au\ progrès de sa réputation. Ses infirmités l'empêchèrent de prêcher l'Avent devant la cour de Louis XIV , qui avait voulu l'entendre. Cependant il n'abandonna entièrement ses fonctions que lorsque la force lui manqua pom' ce ministère. 11 se voua alors tout entier au soulagement des pauvres , et fit preuve, dans ses dernières années , de la charité la plus active et la plus dévouée. Voici le portrait que le P. Bretonneau trace de ce charitable prédicateur : <i II avait toutes les qualités qui rendent un homme très -aimable, ime probité exacte, un naturel obligeant, une candeur admirable, une humeur douce et gaie jusque dans le fort de la douleur, une conversation charmante. » On a de Cheminais]: Sermons, publiés par le P. Bretonneau; Paris, 1690, 2 vol. in-12; 1693, 3 vol.; 1729, 5 vol.; - Sentiments de piété; Paris, 1691, in-12, ré imprimés en 1734 et 1736.

Bayle, République des lettres, septembre 1686. — Mortiri. Grand dictionnaire historique. — Quérard, la France littéraire.

^CHEMiMEAïJ {Jean), général français, né dans le département de la Charente, en 1775, mort à Poitiers, en 1852. Soldat dès l'âge de seize ans, il se distingua au pont du Var, le 10 prairial an vm, et fut nommé chei de bataillon sur le champ de bataille. Major en l'an xi et coml)attant en Italie sous les ordres de Masséna, il fut nommé membre de la Légion d'honneur. En 1807, il se distingua d'une manière toute particulière au siège de Dantzig; à Friedland il conamandait la brigade de grenadiers du général Cohorn; aussi en 1808 fut-il nommé colonel du soixante-seizième régiment de ligne, fait baron de l'empire et gratifié d'une dotation. Eu 1811 il fut attaché à l'armée de Portugal, avec le grade de général de brigade, et à la malheureuse affaire des Arapiles il sauva par son courage, à l'arrière-garde , les restes de l'armée française. En 1813, à la grande aimée , il fut mis à l'ordre du jour pour sa belle conduite au combat de Wei^senlels. A la bataille de Lutzen il perdit la jambe ; mais l'empereur lui donna le grade de général de division, le cordon de commandeur et le commandement de l'importante place de Strasbourg. Aux Cent-Jours il commandait les deux subdivisions de la Vienne et des Deux-Sèvres. Le nom du général Chemineauest, comme récompense de sa carrière militaire, inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile. Marigny.

Journal de la Vienne, is juin i852. — Documents

inédits. — Général Foy, Hist. de laguerre de la Péniti'-

suie, sous Napoléon.

CHEiMNiTZ ou CHEMNiTZiTis {Martin), théologien protestant allemand, né en 1522, à Treuenbritzen , dans la marche de Brandeboui^, mort à Brunswick, en 1586. Il fut d'abord maître d'école à Wriezen, sur l'Oder, fit des épargnes sur les revenus de sa place, alla continuer ses études à Wittenberg, s'adonna aux mathématiques et à l'astronomie, et devint, en 1547, recteur de l'école de la cathédrale à Kônigsberg. Nommé bibliothécaire du duc Albert , il s'appliqua dès lors à l'étude de la théologie. Ayant succombé, en 1553, dans les disputes qu'il eut avec Osiander sur la grâce , il retourna à W ittenberg, et y fit des cours publics sur les Loci coimrmnes de Mélanchthon. Depuis 1554 il fut successivement prédicateur et surintendant ecclésiastique à Brunswick. En 1685 il donna sa démission de cette dernière place. Ses principaux ouvrages sont : Repetitio sanas doctrinx de vera prsesentia corporis et sanguinis Domini in c^wa sacm,'; Leipzig, 1564; — Théologise Jesuitaruvi prsecipua capita; ibid., 1562; — Examen 'Concilii rnden^«?îj; Francfort, 1585, 4 vol. in-fol.; — Loci theologïci; ibid., 1591; — Tract, de mdulgentiis, traduit! en français; Genève, 1599, in-8°; — Corpus doctrinas Prutenicae ; en collaboration avec Mœriin; — Harmonia evangelica ; Francfort, 1600-1611.

Jôcher, Allem. Gelefirien-Lexicon.

CHEMNITZ (Philippe Bogeslav de), écrivain politique allemand , petit-fils du précédent , né à Stettin, le 9 mai 1605, mort en 1678, à Hallstadt, en Suède. 11 quitta le service de la Hollande pour passer à celui de la Suède, devint conseiller et historiographe de la reine Christine, et fut anobli en 1648. On a de lui : de Ratione status in imperio nostro romano-germanico, etc.; 2^ édit., Freystadt, 1647, in-4°. Cet ouvrage parut sous le nom de Hippolytus a Lapide; — Der himigL Schwed. in Deutschland gefûhrte Krieg ( la guerre des Suédois en Allemagne); Stuttgart, 1648-1652.

*CHEMNITZ ( CAns^ian,), théologien protestant allemand , petit-neveu du précédent , né en 1615, à Konigsfeld, mort à ïéna, le 3 juin 1666; il fut successivement ministre à Weimar et professeur de théologie à léna. Ses principaux ou vrages sont : Brevis instructio futuri ministn ecclesias; — Dissertationesdeprxdestinatione.

MOller, Cimbria Litt.

CHEMNiTZER (Iwan-lwanowicz), fabubste russe, né en 1744, à Saint-Pétersbourg, mort à Smyrne, le 20 mars 1784. Il quitta l'étude de la médecine pour suivre la carrière militaire. IIl l'abandonna en 1769, et entra dans le corps des élèves mineurs. Au retour d'un voyage en Allemagne, en France, en Hollande, qu'il fit avec l'un de ses protecteurs, il fut nommé directeufi d'une fonderie, fonctions auxquelles il renonça en 1781. Il se rendit bientôt après à Smyrne,

jl81 CHEMNITZER

avec le titre de consul -général, et y tomba dans une profonde mélancolie, à laquelle il succomba. ' Chemnitzer fut le premier qui, sans aucun modèle préexistant, donna à la fable un caractère de nationalité et d'actualité. Il n'a pas de rival pour la facilité des vers , la vivacité du dialogue, la naïveté de l'expression, l'art et la perfection de l'exposition. Les deux meilleures édi- .tions de ses fables sont celles de Moscou , 1836, et de Saint-Pétersbourg, 1847.

Conversations- Lexicon. — Otto, Lehrbuch der russischen Litteratur, p. 121.

CHEMS-EDDYN, fondateur de la dynastie des Moloiik-Curt (Princes-Curt), né dans la première partie du treizième siècle, mort l'an 676 de l'hégire, ( 1277-8 de J.-C). Il succéda, vers 1245, àson aïeul, gouverneur du Khoraçan, et profita des troubles qui suivirent la mort de Djenghuyz-Kan pour se rendre indépendant. H résista à Houlagou, petitlils an conquérant tartare; mais sous le règne d'Abaka-Khan, filsd'Houlagou, Chems-Eddyn fut fait prisonnier et conduit à Tauris, où il mourut. Apres lui, sept princes de sa famille régnèrent sur le Khoraçan, jusqu'à la conquête de cette province par Timour-Lenk, en 1383.

D'Ohsson, Histoire (tes Mongols. — D'Herbelot, Bibhoihéque orientale.

«ïEK ABD (Simon), acteur et chanteur français,

lie a Auxerre, le 20 mars 1758, mort vers 1831 . Il -tailtils d'un menuisier, commença par être enfant ie cliœur, puis s'engagea dans une troupe de pro- Nince. En 1782 il débuta à l'Opéra, qu'il quitta [lOLir la Comédie-Italienne, où il créa, en 1783, les rôles de Jacques dans les Trois Fermiers, de Uorimont dans la fausse Magie, de Biaise dans la Colonie, et d'Alexis dans le Déserteur. La Comédie-Italienne ayant pris le nom d'Opéra- Coîiiique, Chenard en devint l'un des sociétaires directeurs. Sa belle basse-taille , son jeu vrai et plein de sentiment, l'ont placé au nombre des meilleurs artistes de la scène lyi-ique française, il jouait en outre parfaitement du violoncelle; c'est pour faire valoir son talent sur cet instrument que fut composé le Concert, interrompu.

Biographie des acteurs de Paris.

*CHENAVARD (Aimé) , peintre ornemaniste français , né à Lyon, en 1 798, mort à Paris, en juin 1838. Il a écrit sur son art, qu'il avait exercé avec succès. On a de lui : Nouveau recueil de décorations intérieures , contenant des dessins de tapisseries, tapis, etc., la plupart exécutés dans les manufactures royales; Paris, 1833-1835, suite de 42 pi., gravées par l'autour, formant sept livraisons in-fol.; — Album de Vornenianisme, recueil composé de fragments d'ornements , dans tous les styles et dans tous les genres; Paris, 1835.

Quérard, la France littéraire, suppl.

^CHENAVARD (Paul), peintre français, né

a Lyon (Rhône), le 9 décembre 1808. Après

avoir étudié chez MM. Hersent et Ingres, il

séjourna longtemps en Italie. Déjà connu par

, son Jugement de Louis XVI et par une es-

— CHENEDOLLÉ

quisse représentant Mirabeau répondant au marquis de Dreux-Brézé, il fut chargé, après la révolution de Février, de cinquante grandes compositions surmontées d'une frise et de quatre mosaïques circulaires pour la décoration monumentale du Panthéon. Il choisit un bien vaste sujet, et voulut représenter l'histoire de la civilisation depuis la Genèse jusqu'à la révolution française. Quand le Panthéon fut rendu au culte catholique, vingt cartons, de onze pieds sur quinze, étaient terminés, et prouvent combien le peintre était digne du choix. Pour donner une idée de cette œuvre immense , à laquelle il faut espérer que l'artiste ne renoncera pas, nous dirons que parmi les sujets terminés se trouvent : le Déluge; — la Mort de Zoroastre; — la Guerre de Troie; — la Mort de Socrate; — le Passagedu Eubicon ; — la Poésie italienne; — le Siècle de Louis XIV; et les trois cartons exposés au salon de 1853 : Auguste ferme les portes du Temple de Janus ; — Attila arrêté devant Rome; — les Commencements de la Réforme. Chacun de ces tableaux brille surtout par le style et la clarté de la composition : l'esprit n'hésite pas un instant à en comprendre le sujet, et l'auteur, tout en restant fidèle à la donnée philosophique qu'il s'est imposée, n'est jamais sorti des pures conditions de la peinture.

« Nous retrouvons dans les cartons de Chenavard,ditM. G. Planche, toutes les qualités quenous avions admirées dans le Jugement de Louis XVI et dans Mirabeau répondant au marquis de Dreux-Brézé. C'est la même vérité , la même énergie exprimées par un crayon plus savant et plus habile. Quant à la pensée qui circule dans cette vaste série, je n'hésite pas à dire qu'elle prouve chez M. Chenavard une connaissance profonde de l'histoire et la notion précise des conditions qui régissent la peinture. «

Nous ne savons quelle destination pourra, par la suite , être donnée à ce travail si considérable; mais nous espérons qu'il nous sera conservé par la gravure. M. Chenavard a été décoré à la suite de l'exposition de 1853.

Paul Chéron.

G. 'Planche, Peintres et sculpteurs; t. 2. — Revue des Deux Mondes, IS Janvier 1832. — Nagler, Noues jillg. Kunstler-Lexicon.

CBÈi^EDOLLÉ (Charles-Julisn Pjoult ne), poète français, né à "Vire, le 4 novembre 1769, mort le 2 décembre 1833. Son père était membre de la chambre des comptes de Normandie, et sa mère, Suzanne Julienne des Laniles, appartenaità une ancienne famille du Bocage. Chênedollé était le nom d'un étang auprès duquel le futur poète allait promener ses rêves d'enfant. Après avoir reçu sa première instruction au collège des Cordeliers de Vire, il fut envoyé chez les Oratoriens à Juilly , où il resta de 1781 à 1788; et dès lors il lut avec ardeur les chefs-d'œuvre consacrés. Peut-être n'étudia-t-il pas assez les anciens. Parmi les modernes, Buffon, Gessner et Bernar-

(lin (le Saint-Pierre étaient ceux ([u'il préférait. Un écrivain qui a étudié Chênedollé de près et sur les papiers de famille, M. Sainte Beuve rapporte que, dans son enthousiasme, Chênedollé, s'appuyant du titre de compatriote, demanda à l'auteur de VArcadïe l'envoi de la fin de cet ouvrage." Fussions-nous nés sous le même pommier, écrivit Bernardin, je ne pourrais répondre à votre désir sur l'article des fragments de VAi'cadie, qui ne sont pas publiés ; ce sont choses trop délicates pour être ainsi confiées à la poste, et vous saurez peut-être un jour jusqu'à quel point va la délicatesse et la susceptibilité d'un auteur. » Tout le monde a éprouvé ces exaltations d'adolescent, glacées ensuite par la réalité.

Le poëte s'annonçait; mais l'explosion de 1789 imprima d'abord un autre cours à la carrière de Chênedollé. Au mois de septembre 1791, il émigra, et participa ensuite à deux campagnes dans l'armée des princes. Il séjourna en Hollande en 1793 et 1794. L'année 1795 marqua dans ses souvenirs par des émotions terribles. Poussé par l'armée française victorieuse, il passa la nuit du 2 1 janvier sur la m(ir couverte de glace, et arriva à Hambourg, où il fit connaissance avec Rivarol, pour lequel il éprouva un enthousiasme extraordinaire. « Ce fut, dit M. Sainte-Beuve, la grande aventure intellectuelle de sa jeunesse. '> Cependant ils se brouillèrent plus tard, « parce que l'esprit y avait plus grande part que le cœur » . Vers la même épocpie, Chênedollé connut à Hambourg Klopstock, auquel illut une^ode intitulée V Invention; Hambourg, 1795, in-8°, écrite à la louange de l'auteur de la Messiade. « Je lui trouvai, ditil, en parlant de ce dernier, la candeur d'un enfant et le génie d'Homère. « En même temps Chênedollé faisait insérer dans le Spectateur du Nord d'autres compositions dans le même genre, entre autres une ode intitulée : Michel-Ange, ou la renaissance des ai'ts. Ces productions diverses ne furent publiées en France que vingtcinq ans plus tard. Chênedollé inséra aussi dans le même joupnal quelques articles en prose : un Essai sur les traductions (juillet 1797); une analyse du poëme des Plantes de Castel (juin 1797 ). Il quitta Hambourg, et vint en Suisse en 1797. Il ne pouvait manquer d'y visiter une autre célébrité, M^e de Staël, (ju'il vit à Coppet ; il y fit aussi connaissance avec M^e de Montolieu. « Ses vers, disait de lui M""^ de Staël, sont hauts comme les cèdres du Liban. » Il y avait dans cette appréciation quelque chose de plus féminin que cela n'était habituel chez l'auteur de Corinne. Elle fit rayer Chênedollé de la liste des émigrés par Fouché, cpii reconnut en lui un de ses élèves de Juilly. A Paris, où il passa trois années, 1799- 1802, Chênedollé connut l'auteur du Génie du Christianisme, s\%G lequel il eut ensuite une fréquente correspondance (1), et la sœur de cet écrivain déjà célèbre, présente à la mémoire de

(1) M. Saiute-Beuve en cite des pages intéressantes.

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