‹ Nouvelle biographie universelle depuis les temps les plus reculés jusqu'a nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources a consulter; (volume 4)Chapitre 43 sur 200 · CHENOT · texte numérisé non relu

CHENOT

posthume; Bade, 1799, in-8°. On avait déjà pubhé en 1798 les écrits que Chenot avait laissés Sur les établissements depolicemédicale dans la peste.

Biographie néarlandaise.

l CHENOT ( Claude-Bernard-Adrien ) , ingénieur français, né en septembre 1803, à Bar-sur- Aube. Il fit ses premières études au Lycée de Nancy, et vint leâ terminer à Paris, au collège de Saint-Louis. En 1820 il entra à l'École des mines de Paris , et au sortir de cette école il fut attaché au secrétariat général de la direction des ponts et chaussées, dont son parent, M. Becquey, était directeur général. Il quitta plus tard ce poste pour aller en Auvergne exploiter des raines, dont il devint concessionnaire avec M. de Forget; presque toutes les mines actuellement exploitées dans ce pays ont été ouvertes par lui ou avec son concours. En 1826 il fut demandé parle duc de Raguse pour des études métallurgiques à Châtillon, et on le voit dès cette époque prendre un brevet pour la fabrication directe du fer en traitant le minerai en poudre, mêlé de charbon, sur une sole de four à réverbère. Dès cette époque aussi M. Chenot aborda la question de transformation des combustibles en gaz, et particulièrement du bois pour chauffer les foui'neaux à réverbère. En 1832 il établit chez lui, dans la Haute-Saône , un appareil de son invention pour la fabrication des éponges métalliqjes de fer, qui produisit déjà alors une grande sensation parmi les maîtres de forges, et M. Thiriat, ingénieur en chef des mines de la Haute-Saône, en fit mention dans la statistique de ce département. Après avoir terminé en Auvergne quelques affaires d'intérêt, il vint se fixer à Clichy-la-Garenne , près de Paris , où il s'engagea dans la voie d'applications et de découvertes dont voici le résumé succinct. A partir de 1842, après différents travaux sur les gaz, sur les huiles de schiste, sur les sulfates de plomb , sur la navigation par réaction, dont il posa les principes dans un brevet d'invention , il entra dans une série de recherches des plus importantes, relatives à un système général de métallurgie nouvelle , et dont les premiers résultats parurent à l'exposition industrielle de 1849. « La matière à l'état d'éponge, disait alors l'auteur, est la plus grande puissance à laquelle puissent avoir recours le chimiste, le physicien et le mécanicien pour des actions d'une rapidité, d'une précision et d'une étendue comparables à celles de la nature, pour oxyder et réduire, deux mots qui renferment toutes les actions naturelles et humaines, par conséquent toutes les sciences et tous les arts. En effet, ajoute-t-il, dégager la chalmr par oxidation et l'absorber par réduction en donnantjlieu à des courants électro-chimiques et électro-dynamiques, qui répartissent rapidement les effets locaux dans l'univers , tel est le grand mécanisme qui fonctionne dans la nature par les actions des corps à l'état naissant ou d'épon-

CHENOT ~ CHÈOPS

g es. La science de la fabrication des éponges métalliques doit donc désormais servir de base non-seulement à l'art métallurgique, mais à tous les autres. »

Ce fut dans ce sens que M. Chenot poursuivit des recherches, et qu'il se créa d'abord de nouveaux moyens pour ses applications. Ainsi , il imagina un système de normalisation des combustibles, qui repose sur l'emploi des alcalis pour faire passer à l'état soluble les sels insolubles de soufre et de phosphore que contiennent ces combustibles. Il imagina aussi un système complet de génération de gaz par l'emploi des éponges ; puis un système de transformation des combustibles en gaz , système qui sert de base à im nouveau mode de production des métaux, dans lequel l'économie de combustible ne sera peut-être pas moinsdes neuf dixièmes. Enfin, il a inventé une machine , qu'il appelle électrotrieuse , et qui a pour effet de ramener les minerais bruts au maximum de richesse et de pureté ; il a imaginé enfin un système de génération et d'application nouvelle de l'électricité. Indépendamment des éponges des métaux usuels, il obtient celles des métaux dits terreux, tels qu'aluminium , calcium , silicium , barium , etc. , et il les fait entrer dans différentes combinaisons, particulièrement dans l'acier, auquel il donne par là des propriétés remarquables. — Tel est l'aperçu très-rapide des importants travaux que M. Chenot, malgré sa santé délabrée (1), poursuit encore avec un zèle digne des plus grands encouragements.

Comptes-rendus de V Académie des sciences — Documents particuliers.

*CHENTREL (Jacques), sculpteur français, vivait au miheu dn seizième siècle. Il fut au nombre des artistes qui travaillèrent au magnifique mausolée de François i". E. B— n.

CHENU (Jean), jurisconsulte français, né à Bourges, le 29 décembre 1559, mort le 16 décembre 1627. Reçu avocat au parlement de Paris, il exerça toute sa vie cette profession à Bourges , se partageant entre le travail du barreau et la composition de différents ouvrages; les plus importants sont ; Privilèges octroyés à la ville de Bourges, avec les annotations de Jean Chenu; Paris, 1603, in-S"; — Stylus ecclesiasticee jurisdictionis archiepiscopi Bituricensis, reformatus in' concilio anni 1584, cum notis J. Chenu; Paris, 1603, in-8°; — Archiepiscoporumet episcoporwnGallise chroïholoyica Mstoria; Paris, 1621, in-4°; — Chronologia historica patriarcharum , archiepiscoporum Bituricensiutn et Aqiiitaniarum primatum; Paris, 1621, in-4° : c'est la réimpression d'un ouvrage déjà inséré dans le Stylus ecclesiasticse jurisdictionis.

Nicéron, Mémoires des hommes illustres. — Lelong, Bibliothèque historique de la France.

(i)M.Chenot s'est empoisonné dans plusieurs expériences, notamment avec l'oxyde de carbone, donti! a l'un des premiers signalé les dangers.

* CHENU {Pierre) i graveur à la pointe et au burin, né à Paris, en 1718, mort vers 1780. Élève de Le Bais, il a laissé un grand nombre de planches, d'après divers maîtres, assez estimées en général. Nous citerons parmi les portraits ceux de Diderot et de il/™^ Favart; et parmi les sujets, le Forgeron, les Amusements des matelots, d'après D. Teniers ; — le Boulanger, le Buveur, d'après Van Ostade, etc.

P. Cn.

Heiuecken, Dictionnaire des artistes. — Haber et Rost, Manuel des amateurs de l'art, t. VIII.

JCHENU (Jean-Charles), naturaliste français, né à Metz, en 1808. Il étudia la médecine à Paris, entra en 1829 dans la chirurgie militaire, et fut attaché en 1834 à un régiment de cavalerie. Ayant été appelé, pendant un séjour à Carcassonne à donner des soins à M. Gabriel Delessert, alors préfet de l'Aude , il dut à la reconnaissance de son client la direction de la plus riche collection de coquilles qui soit connue dans le monde . et qui appartient à M. Benjanain Delessert, frère aîné du premier. Plus tard , grâce à la même protection, M. Chenu a été nommé inspecteur des sources minérales ferrugineuses de Passy, qui sont la propriété de MM. Delessert. On a de lui : Rapport sur le choléra-morbus ; Perpignan, 1835, in-8''; — Essai sur Vaction thérapeutique des eaux ferrugineuses de Passy, avce des notes par M. Isid. Bourdon; Paris, 1841, 2^ éd., in-12; — Essai pratique sur Vaction thérapeutique des eaux minérales, suivi d'un précis analytique des sources minéro-thermaies connues; Paris, 1841, 3 vol. in-8°; — Il lustrations conchijliologïques, ou, etc.; Paris. 1842-1845, in-fol.; — Souvenirs d'un voyage dans VInde, exécuté de 1834 à 1839, rédigé sur les notes de M. A. Delessert; 1 vol. in-8°

SachalUe, les Médecins de Paris. — Quérard, i' France littéraire, supplÉraent.

CHÉOPSOU CHEMBÈS,et CHEPHREX, rois

d'Egypte. Nous ne possédons sur ces prince? ■ que les renseignements peu authentiques d'Hérodote. Suivant cet liistorien, Chéops fut un prince impie et tyrannique; il ferma les tcrn pies, et força tous les Égyptiens à travaille! pour lui. n fit construire la grande pyramide de Ghizé. L'argent venant à lui manquer, ij s'en procura en prostituant sa fille. Celle-ci, noii contente de recueillir une somme qu'Hérodote ne précise pas, se fit apporter une pierre par chacun de ses amants, et rassembla ainsi des miatériaux suffisants pour la construction d'une des pyramides. Chéops régna cinquante ans. Chephren, son frère et son successeur, ne fut pas moins cruel que lui. Il bâtit la seconde pyramide de Ghizé, et régna cinquante-six ans. Il serait inutile de discuter de pareilles légendes. Les dates sont encore plus incertaines que les faits. Selon Larcher, Chéops et Chephren vivaient vers 1178 avant J.-C, et les pyramides, d'après M. ChampoUion-Figeac, furent construites sous les trois

premiers princes de 4a quatrième dynastie,

c'est-à-dire vers l'an 5,000 avant J.-C.

! Hérodote, 1. II, i24-i2S. — Diodore de Sicile, 1. I, Baie*. — Lsrcher, Traduction d'Hérodote. — GhampolUoniFigeac, Egypte ancienne, dans l'Univers pittoresque.

I CHEOU-siN OU TCHEOU, dernier empereur ide la seconde dynastie chinoise appelée Chang. Son règne, qui dura depuis 1 154 avant J.-C. jusqu'à 1122, fut une suite de crimes et de débauches. Un de ses courtisans lui offrit une jeune (ille, nommée Ta-ki, la plus belle de l'empire, mais en même temps la plus méchante et la plus cruelle. Elle acquit une grande influence sur le ■m, et lui persuada qu'il ne pouvait devenir souverain absolu que par la terreur. Inventant un ^enre de supplice inconnu jusque alors , elle fit Tondre un cylindre d'airain, que l'on faisait rou- .^ir à un grand feu , puis on forçait le patient à 'l'embrasser jusqu'à ce que sa chair fût consumée. Un des ministres du roi, aussi vicieux que son .aiaîti'e, lui offrit sa fille, qui était fort belle, mais ]ui fut encore plus vertueuse, car elle résista ivec un courage héroïque aux brutjdités du roi. Celui-ci, furieux de cette résistance inaccoutumée, .nassacra la jeune fille de ses propres mains , et 'ayant coupée en plusieurs morceaux, il les fit servir à la table de son père. Tin autre minisfi-e; iomiiié Pi-kan, indigné de cette atroce barbarie, it au tyran des remontrances qui furent punies le mort. Cheou-sin, joignant l'ironie à la cruauté, i'écria : « Ton discours est véritablement le discours d'un sage; il est digne de la grande réputaion dont tu jouis. Mais on dit que le cœur d'un •^age est percé de sept trous. Je ne sais sur quoi iine pareille tradition peut être fondée : il faut -]ue je voie par moi-même ce qui en est. Qu'on ' ni ouvre le ventre, et qu'on m'apporte son cœur; e veux l'examiner. » Il fit ouvrir le corps d'une emme enceinte pour voir l'enfant qu'elle portait lans son sein. Un jour, voyant ijasser à gué un ' juisseau par quelques peisonnes, dans une froide Inatinée d'hiver, il ordonna de leur couper les ■ arabes, pour voir en quel état était la moelle de ' eurs os. Ces cruautés extravagantes provoquèrent un mécontentement général; une révolte «lata, sous le commandement d'un chef feudaaire nommé Wou-Wang. Mais Cbeou-sin n'en xaitinua pas moins ses débordements. Le peuple iut accablé d'impôts pour subvenir aux dépenses insensées du tyran et de Ta-ki. Celle-ci fit construire une tour de marbre, appelée' Lou-taï, Tour des cerfs, dont les portes étaient de jaspe. L'inlérieur, roa^ifiqueraent décoré, avait un tiers de lieue de largeur, sur deux cents mètres d'élévation, monument qui coûta dix ans de travail, et que Ta-ki enrichit d'une infinité de choses précieuses. Quand il fut achevé , elle y fit allumer une si grande quantité de flambeaux , que leur clarté égalait celle du jour. Elle s'enfermait dans ce magnifique palais six mois entiers, ne s'occupant qu'à varier ses plaisirs et épuisant tous les genres de débauche. La révolte devint bientôt gé-

CHÉOPS — OHÉRADAME

nérale. Wou-Wang, avec de bonnes troupes, arriva sur les bords du Hoang-ho, et disposa tout pour le passage du fleuve. Cheou-sin, de son côté, se mit à la tête d'une armée nombreuse , mais remplie de mécontents. La bataille se donna dans.la plaine de Mou-je. Cheou-sin fit preuve de courage, mais son année fut mise éh déroute. Il courut à sa capitale; et, vêtu de ses habits royaux, il monta dans la Tour des cerfs, où étaient renfermés ses trésors. Là, après s'être paré de ses bijoux les plus rares, il se jeta dans un incendie qu'il avait fait préparer, et dans lequel il périt comme Sardanapale. La favorite tomba enti-e les mains de Wou-Wang, qui lui fit trancher la tête.

Pauthier, Chine, dans l'Univers pittoresque.

*CHÉPOY ou cÉPOY (Thibaut, sh-enE), ou CEPO Y , amiral de France, mort avant janvier 1316. Chevalier du diocèse de Beau vais, amiral et grand-maître des arbalétriers de France, Chepoy rendit de grands services au roi Philippe le Bel, auquel il conserva le château de SaintrMacaire (Gironde). « 300 hvres de rentes sur le trésor, réversibles sur ses hoirs, » furent la récompense que le roi lui donna, en mai 1296. Attaché à la maison de Charles de Valois, frère du roi, il accompagna ce prince dans le voyage qu'il fit dans la Pouille, et reçut à son retour ( vers 1305) de Louis , fils aîné de Philippe le Bel , un hanap couvert ( grande tasse à boire ) , pesant cinq marcs d'argent. Maître des arbalétriers dès 1304, il exerça la charge d'amiral de la mer lors de l'expédition de Romanie pendant les années 1306, 1307 et 1308. « H prenoit 30 sols de gages par « jour pour sa personne, 15 sols pour chaque « chevalier, et 7 sols 6 deniers pour chaque « écuyer. « A. S. ...y.

Anselme, Hist. généal. des amiraux, t. VU, p. 739, t. vm, p. 3.

*CHÉPOY {Jean, seigneur de), amiral de France, vivait au milieu du quatorzième siècle. Il fut commis, avec Eustache de Montigny, pour commander les galères que le roi Pliilippe Yl de Valois envoya contre les Turcs. Suivant Du Cange, après s'être signalé dans le commandement des galères que le pape et le roi envoyèrent en Grèce, il eut une grande part à la victoire que les princes chrétiens remportèrent sur les Turcs ; mais, d'après Belleforest, « loin d'avoir eu des « succès, les François qui furent avec lui en Le- « vant y ayant été mal reçus , et mal fait leurs « affaires, ils s'en revinrent en France en 1335. « Cliepoy fnt pris devant le château de Maucon- '< seil, près Noyon, dans une émotion survenue « conti'e les nobles , fut mené au château de « Creil, d'où il ne sortit qu'après avoir payé une « somme de 4,400 saluts d'or, pour lesquels il « vendit une partie de ses terres, et s'en retour- « nant chez soi, il mourut à Cathenoy, où il git. »

Anselme , Hist. généal. des amiraux, l. VU, p. 744. — Un Cange, Hist. de Constantinople, p. 264.

CHÉRADAME(/ea?i), savant français, d'une famille originaire d'Argentan, vivait au commeu'

cernent du seizième siècle. On lui donne aussi quelquefois le nom d'Hippocratès et celui de Charraurius. Il fut un des premiers professeurs de grec au (Collège royal ( C!ollége de France), fondé par François P'^. On a de lui : Grammatica isagogica; Paris, 1521, in-4° : un abrégé de cet ouvrage fut publié par l'auteur, sous le titre d'/ntroductio alphabetica ; Lyon, 1537, in-8";; — Lexicon greecum; Paris, 1523; — In omnes Erasmichiliades epitomeper Ad. Barlandum, cum additamentis et accurata Cheradami recognitione, 1526; — Alphabetum linguœ sanctse mystico intellectu refertum; 1532, in-8".

Sax, Onomasticon litt.

CHÉRADAME (Jean-Pierre-Bené), médecin français, né à Argentan, en 1738, mort le 24 août 1824. n fut l'un des rédacteurs du Codex medicamentarius.

CHERCHEMONT {Jean de), trésorier de l'église de Laon, fut chancelier de France sous Philippe le Long, en 1320, et privé de son emploi à la mort de ce prince, en 1321. Charles le Bel le rétablit deux ans après, et il conserva cette place jusqu'à sa mort, arrivée en 1328. Charles le Bel l'avait nommé un de ses exécuteurs testamentaires; Anselme, Bist. généal.

CUERCHEMONT {Jean de), prélat français, neveu du précédent, né au commencement du quatorzième siècle, mort le 26 janvier 1373. Appelé d'abord à l'évêché de Troyes, puis transféré à celui d'Amiens, il devint chancelier de France sous Philippe de Valois.

Moréri , Dictionnaire historique.

CHÉRÉA ( Gassius ) , meurtrier de Caligula , vivait dans le premier siècle de l'ère chrétienne. Il se fit remarquer pour la première fois dans la révolte des légions de Germanie. Les soldats, à la nouvelle de la mort d'Auguste , massacrèïent leurs centurions. Chéréa, le glaive à la Têawa. , se fit jour à travers les révoltés, et parvint à se sauver. Il était tribun dans les cohortes prétoriennes, lorsqu'il conçut le dessein de tuer le prince insensé et sanguinaire qui régnait sur Tempire romain. Il associa à ce dessein Cornélius Sabinus et quelques autres patriciens, et fixa pour le temps de l'exécution les jeux célébrés en l'honneur d'Auguste. Le quatrième jour de ces jeux, 24 janvier, 41 après J.-C, les conjurés massacrèrent l'empereur, qui revenait du théâtre au palais par une galerie étroite. Chéréa, qui avait porté le premier coup, échappa à la fureur de la garde germaine. Après avoir fait mettre à mort Césonie, femme de Caligula , il appuya de toutes ses forces la décision du sénat q^ui venait de décréter le rétablissement de la répubUque , et reçut des consuls , pour mot d'ordre, le mot liberté. Le lendemain tout changea. Les prétoriens proclamèrent Claude. Le nouvel empereur ordonna aussitôt le supplice des conspirateurs, Chéréa montra en mourant beaucoup de courage, et demanda à être ?

CHÉRADAME -• CHÉREFFEDDIN

exécuté avec le même fer dont il avait frappé Caligula.

Tacite, Annales,\. 1.— Josèphe, Antiquités judaïqîies, XIX, 1-4. — Suétone, Caligula, K6-58; Claude, 11. - Dion Casslus, 1. IX, 29. — Zonaras, XI, 7. — Sénèque, ck Constantia, 18. — Aurelius Victor, C«sar, 3.

*CHÉRÉAS (Xatpéaç), Athénien, fils d'Archestrate. Envoyé en 411 avant J.-C. par le peuple de Samos et l'armée athénienne établie dans cette île, pour annoncer à Athènes qu'une tentative faite à Samos en faveur de l'ohgarchic venait d'être réprimée, il arriva au momeni même où venait d'être établi le gouvernemeni oligarchique des Quatre-cents. Menacé d'être ar rêté, il parvint à s'échapper, se rendit à Samos, et, par la peinture exagérée de la tyrannie des quatre cents , décida ses compag,nons d'armeà se prononcer pour la démocratie.

Thucydide, 1. VIII , 74, 86.

CHÉRÉAS , historien grec : on ignore à quelli époque il vivait; on sait seulement qu'il étai antérieur à Polybe. Suivant ce dernier, les ré cits de Chéréas ne sont pas de l'histoire, mai; des bavardages dignes d'une boutique de barbie (oij yàp ItTTOpîaç , àXXà xoupEaxyji; xaî Tcav8i^[j,o', XaXiaç è[j.oi ye Soxoùffi irâ^tv ë^siv xai Suvafxiv )

Polybe, III, 20.

CHÉREAU (François), gi'aveur français, ik à Blois, en 1680, mort à Paris, le 15 avril 1729 Élève de Pierre Brevet, il fut un des plus ha biles graveurs français. Ses portraits surtou sont tout à fait remarquables , et parmi eux celui de Louis Pécour, maître de ballets, d'à près R. Tournières , est regardé comme un cliet d'œuvre. Ses sujets historiques sont traités d'ui burin hardi et savant, et ses planches ont un» heureuse harmonie de ton. Il fut reçu de l'Aca demie le 26 mars 1718, et était à sa moi graveur du cabinet du roi. De son œuvre, asse? nombreux, nous ne citerons que Saint Jeat dans le désert, d'après Raphaël; — Sai)iti Cécile, d'après P. Mignard, et le Portrait à' Elisabeth-Sophie Chéron, d'après elle-même P. Ch.

Heineken, Dictionnaire des' artistes. — Fontenav. Dict. des artistes. — Hubert et Rost, Manuel des ama

teurs, t.ym.

CHÉREAU (Jacques), dit le jeune, frère cl élève du précédent, né à Blois, en 1694 , mori à Paris, en 1759. Il eut presque autant de^taleni que son aîné, quoiqu'en général ses planches soient moins estimées. Après un voyage en An gleterre, qui lui réussit peu, il vint se fixer à Paris, et, à la mort de son frère , il se livra an commerce d'estampes, que continua son lilf après lui. Nous citerons parmi les plus belles pièces de J. Chéreau : la Belle Jardinière, d'après Raphaël, et les Portraits de Philippe d'Orléans, régent de France, et de Georges I^r, roi d'Angleterre. P. Ch.

Heinecken , Dictionnaire des artistes. — Iluber et Rosi, Manuel des amateurs, t. Vlir.

CHÉREBERT. VotJ. CarIBERT.

CHÉREFFEDDIN. Yoy. ChiSRYF-ED-DYN"4LI.

Istr CHÉRÉMON

♦CHÈRÉMON ( XaipïifjLtùv ) , poëte tragique jthénien, vivait vers 380 avant J.-C. On ne sait ■ien de sa vie. Les poëtes comiques Eubule et Ephippe attaquèrent souvent ses ouvrages, et ivec raison, autantquenous pouvons en juger par es fragments qui nous restent de cet auteur. Poëte de décadence , imitateur des défauts d'Eulipide, il s'écarta de la grandeur simple d'Esfhyle et de Sophocle , coiîfondit les genres , et .uêla, comme Euripide dans Alceste, des scènes lomiques à la tragédie. Aussi est-il mentionné ivec le titre de poëte comique, par Suidas, Eu- (ocia et le scoliaste d'Aristote {Rhétorique, JU). fon content d'altérer la tragédie par un pareil aélange, il surchargea ses pièces de desciiptions ;ui, sans tenir essentiellement au sujet, pouaient amuser le lecteur. Aristote appelle justement ces hors-d'œuvre plus ou moifis brillants it poétiques àpyà (xspïi (portions oiseuses). Les rragédies de Chérémon , descriptives et lyriques lutôt que dramatiques, étaient, d'après Arispte, moins faites pour le théâtre que pour la jjcture ; mais on ne peut conclure de l'épithète ie àvaYvwoTtxô; (propre à être lu), donnée par jauteur de la Rhétorique à Chérémon , que les iièces de celui-ci ne furent jamais représenl;es. Voici les titres de celles dont il nous reste !es fragments : 'AXçsuîêoia, 'Axi^ÀsO;, Qzçaito^ovo; , ou ©epo-iTr]!; ( ce titre semble indiquer un irarae satyrique), Ai6vu(îoç,0u£(ïtyi(;, 'Iw, Mivua;, ,)6ucr(7£Ùi;, TpaujjtaTta; , 'Oivsui;, Kévzavçiot;. On ignore si ce dernier ouvrage, qu'Aristote appelle ner^apsodiecomposée de toutes sortes de vers, it Athénée un drame polymètre, était une !"agédie , une comédie ou un drame satyrique. m trouve dans V Anthologie trois épigrammes Ittribuées à un certain Chérémon, qui est men- !onné aussi dans la Couronne de Méléagre , et irobablement le même que le poëte tragique.

[Suidas, au mot Xatpïjfxwv. — Eudocia, 'Iwvia, dans s Anecdota grxca Ae Yilloison. — Welcker, Die Griech rag. — Meineke. Histor. crit. com. graec. — Ritter, iinot. in Arist. Poet. — Heeren, de Chœremone, Trag. t. Grxc— Jacabs, Additamenta animadver. in Athen, ■ Bartsch, de Ctissremone poeta tragico. * CHÉRÉiHON , littérateur alexandrin , vivait ers le milieu du premier siècle après J.-C. Gramlairien , philosophe et historien , administrateur e la bibliothèque d'Alexandrie ou du moins de t partie de la bibliothèque située dans le temple e Sérapis , il fut un des précepteurs de Néron. on principal ouArrage était une histoire d'Egypte, •orphyr-e (cfe Abstinent., IV, 6) et saint Jérôme C. Jovianum II) nous ont consei-vé un fraglent intéressant de ce livre. Chérémon avait ussi écrit des traités Sur les hiéroglyphes lepoyXyçiixâ), Sur les comètes (irepl KopnriTûv), ur les Conjonctions (irEpi SwSéctejlwv).

Eusèbe, Prsepar. evang., V, 10. — Suidas, aux mots Lttip-ôjAwv , Atovucyo; AXé?av8po; , 'QptYÉVï];, àYaïoç,'lEpOY>.U!pixa. — Fabriclus, Bibliotheca grssa. — Smith, Dictionary of greek and roman , bioraphij.

- CHÉRILE

*CHÉRÉPHON (Xaipeçtov), philosophe athénien du dème de Sphette, né vers 480 avant J.-C, disciple et ami de Socrate, souvent cité avec éloge dans les ouvrages de Xénophon et de Platon ; il est plus coimu encore par les sarcasmes d'Aristophane. Il demanda à l'oracle de Delphes quel était le plus sage des hommes , et reçut cette réponse célèbre : Sophocle est sage, Euripide plus sage , et de tous les hommes Socrate est le plus sage.

Soço; SoœoxXîjç " GOçioTepoç ô' EùptJctSTi; ; àvSpûv ôà TtàvTWV 2a)xpàTYiç (TOçtoTatoç.

Banni d'Athènes à l'avènement des trente tyrans, Chéréphon rentra dans sa patrie après le rétablissement de la démocratie , en 403 avant J.-C. Un passage de Platon (Apologie) semble indiquer que cet ami de Socrate était mort à l'époque du jugement de son maître.

Xénophon, Memor., — '.Ptalon, Apol., Charm. Corg. — Stalbaum, ad Plat. Apol. — Athénée, V. — Aristophane , resp., 1413 ; Nub., 105 , 145, 157, 821, 1448 ; Av., 1296, 1364.

CHÉRI (Rose). Voy. Cizos.

CHÉRILE (XoiptXoç ou XoipiXXo;). Quatre poëtes grecs ont porté ce nom. Ils ont été souvent confondus par les historiens de la littérature; nous les distinguerons d'après A. F. Nàke (Cherili Samii quas supersunt; Leipzig, 1817, in-S").

CHÉRILE d'Athènes, poëte tragique, né vers 348 avant J.-C, mort vers 464. Contemporain de Thespis , de Phrynichus , de Pratinas , d'Es • chyle, il semble avoir lutté dans sa vieillesse contre le jeune Sophocle. Il commença à concf)urir pour la couronne tragique en 523, à une époque où Athènes , grâce à la présence de Simonide, d'Anacréon, dcLassus et d'autres poëtes, était devenue le centre de la poésie grecque. Le début de Chérile eut lieu douze ans après celui de Thespis , douze ans avant la première victoire de Phrynicus. En 499 nous voyons Chérile compétiteur, et probablement vainqueur d'Eschyle. En 483, après une carrière dramatique de quarante ans , il obtenait encore des succès ; il n'est même pas impossible qu"U ait , comme le prétend un historien anonyme de Sophocle , dis ■ puté le prix à ce dernier poète, qui remporta sa première victoire en 468. M. Welcker croit que le concurrent de Sophocle était, non Chérile, mais un fils de ce poëte.

Nous ne savons presque rien de Chérile, sinon qu'il conquit et garda la faveur populaire. Il donna cent cinquante pièces, et rempoi'ta treize victoires , c'est-à-dire autant qu'Eschyle. De ice chiftre élevé de pièces on peut induire que l'usage des tétralogies remonte pour le moins à Chérile. En effet, comme on ne représentait de pièces nouvelles que deux fois par an , ce poëte n'aurait pu en faire jouer un aussi grand nombre, s'il n'en avait donné plusieurs à la fois. On ne saurait dire que les pièces de Chérile furent écrites et non représentées ; le contraire plutôt

219 CHÉRILE

serait vrai. Du moins il est probable que cepoëte le premier écrivit ses tragédies; encore ne les écrivit-il pas toutes.

Selon Suidas, Chérile inventa les masques et les costumes de théâtre ( toï; nçoatù-nzioiz xai t^ CTXEur] TÔJv cTToXwv £ne/£ipyi(Te ). Cette invention a été attribuée à chacun des premiers poètes tragiques, et on n'a aucune raison de l'adjuger définitivement à Chérile plutôt qu'à ses prédécesseurs. Cehii-ci n'apporta aucune modification essentielle à la forme inventée par Thespis. Le premier grand changement vint d'Eschyle , qui introduisit dans ses pièces un second acteur, et par cette innovation décisive, que Chérile dut certainement adopter, constitua réellement la tragédie. Quant à la séparation opérée par Pratinas entre le drame satirique et la tragédie, elle a été quelquefois attribuée à Chérile sur l'autorité de ce vers d'un ancien poète :

Lorsque Chérile était roi dans les satyres, 'Hvt'xa |xèv PaciXEÙç -^v XotpîXoç èv cjaTupoiç. Mais il faut, à ce qu'il semble, entendre par par ces mots dans les satyres, èv o-aTupotç, non les drames satyriques , mais les chœurs tragiques. Le nom de Chérile est mentionné dans un curieux fragment du Limts d'Alexis. Linus, précepteur d'Hercule, met entre les mains de son élève les livres dont celui-ci doit faire sa lecture habituelle.

Voici Orphée, Hésiode, unetiagédie, Chérile, Homère , Épicharme , des écrits de toutes espèces....

'Opcpeèç ÊV£(TTiv, 'HffîoSo; , Tpay wSta , XotpîXoç, "0[J.vipoç, 'EirixocpfJioç, (j\)yypi\i\i.a.'za, HavroSaTrà.

Ces vers indiquent un poète pour chaque genre de poésie : Orphée pour les hymmes religieux, Hésiode pour le poème didactique, Homère pour l'épopée, Épicharme pour la comédie ; mais que signifient ces mots , une tragédie Chérile P Les critiques, qui n'esquivent pas la difficulté en prétextant une erreur de copiste, et en corrigeant le texte , répondent que Chérile représente ici le drame satyrique; ce n'est qu'une conjecture. Peut-être s'agit-il dans ce passage d'Alexis de Chérile de Samos , et est-il fait allusion à la gourmandise de cepoëte (oiiocpayM) , puisque Hercule finit par choisir un ouvrage sur Vart culinaire (04'xpTUffia). Pausanias cite I'AXôtivi de Chérile à propos d'une généalogie mythologique. Cette brève mention est tout ce que nous sa^ vous sm' les pièces de ce poète. Les grammairiens latins parlent d'un vers appelé chérilien (— v-'w— v^w ww— ww— ), lequel est un hexamètre auquel a été retranchée la syllabe finale. On ne peut supposer que ce mètre soit de l'invention de Chérile; car il ne porte jamais chez les grammairiens grecs le nom de ce poète. Peut-être ne doit-il le nom de chérilien qu'au vers cité plus haut'Hvixa [/.Iv...., et qui est le plus ancien vers existant de ce mètxe. L. J.

WelcKcr, Die Criech. Tragôd. — Suidas, aux mots XoiptXoç, Alax^Xo;, HpaTtvai;. — Cyrill, Julian., i.

— E'usèbe, Chronique, cl. 74, 2. — Syncell.— Plotius, de Metris, p. 2, 633, éd. Putsch.— Meineke, Frag. coin. grœc.

— Pausanias, I, 14. — Gaisford, dans son édition i'iicphœstion, p. 353-354.

CHÉRILE de Samos, auteur d'un poème épique sur les guerres des Grecs contre Darius et Xerxès. Selon Suidas, il était contemporain de Panyasis, et jeune homme ( vsavîtrxoç ) à l'époque des,gnerres médiques , vers la 75* olympiade , 480 avant J.-C. Cette date est impossible. Chérile vivait encore en 404, c'est-à-dire 76 ans plus tard; loin d'avoir atteint à cette dernière époque l'extrême vieillesse que supposeraient les paroles de Suidas, il faisait encore des vers, et Lysandre le comblait d'honneurs et de prévenances pour obtenir de lui des éloges poétiques. Suidas d'ailleurs semble se contredire en donnant à entendre que Chérile était plus jeune qu'Hérodote, dont il fut, dit-on, l'esclave favori (outivo; aÙTÔv v.oà Ttociôiy.à yeyovÉvtyt çaaiv ). No'JS avons peut-être dans cette ligne l'explication de Terreur de Suidas, qui de la liaison de Panyasis et de Chérile avec Hérodote aura conclu que les deux premiers étaient à peu près du même âge. On peut placer la naissance de Chérile vers 470. Il fut esclave à Samos. Après avoir résidé quelque temps près d'Hérodote, qui lui inspira le goût de la poésie, il se rendit à la cour d'Archélaiis, et mourut vers 399. ChérUe, au rapport d'Athénée, recevait d'Archélaiis quatre mines par jour , et dépensait cette somme en bonne chère (ô({;o?aYaî). Quant aux autres détails donnés par Suidas, ils se rapportent à un poète contemporain d'Alexandre. Quelques critiques font naître Chérile à Jasos ou à Halicarnasse , et cette assertion ne contredit pas celle qui fait du même personnage un esclave de Samos.

On a conjecturé que le poème de Chérile sur la guerre médique était intitulé Hspaixa. Cet ouvi'age était remarquable du moins par le sujet. C'était la première tentative faite pour célébrer dans un poème épique des événements contemporains. Jusque là l'épopée avait tenu lieu de l'histoire, qui n'existait pas encore; pour la première fois, elle entrait en lutte contre l'histoire, qui venait de naître. Grâce à Hérodote , la victoire de cette dernière ne fut pas douteuse. Des fragments des Hepdixa ont été conservés par Aristote ( RJiet.y ni, 14), Sti'abon (VH), Joseph {Contre Apion^ I, 22). L'ouvrage de Chérile eut d'abord beaucoup de succès, et l'auteur fut admis dans le canon épique. Il en fut rejeté par les grammairiens d'Alexandrie, et remplacé par Antimaque,, sur l'autorité de Platon , qui , d'après Héraclide de Pont, préférait de beaucoup Antimaque à Ché-, rile. L. J.

Suidas , au mot XoiptXoc — Etienne de Byzance, aa mot 'lacrtrô^. — Photins, Lexique au mot SajJiiaxôv rpoTtôv. — Proclus, Commentaire sur l§ Timée de Pta- «on, — Athénée, VIII.

CHÉRILE, poète épique, né probablement à lasos, vivait vers 340 avant J.-C. Poète entitrç

CHÉRILE — CHERLER

(1 Alexandre, il resta trop au-dessous du héros quil roulait célébrer; ses tentatÎYes impuissantes furent punies par le ridicule, et son nom, triste- I ment célèbre , est resté synonyme de mauvais poëte. Horace a dit de lui :

i Gratus Alexandre régi magno fait Ule : Chœrilus , incuUis qui versibus et maie natis Rettutit acceptes, regale nomisma, Philippos;

Épist., IIJ, 232-234.

Sic mihi, qui ntultam cessât, fit Chœrilus iUe Quem bis terque bonum cum risu miror.

^rs poet., 357-338.

D est évident, par le premier de ces deux passages, que nous pouvons rapporter à Cbérile d'Iasos ce que Suidas a dit par erreur de Cbérile de Samos , qu'il recevait un statère d'or pour chaque vers de son poëme. Cependant, si libéralement qu'Alexandre récompensât les flatteries poétiques de Cbérile, il ne pouvait, si nous en croyons le scoliaste Acron, cacher le mépris qu'elles lui inspiraient. J'aimerais mieux,^sait-il, être le Thersite d'Homère que l'Achille de Cbérile. D'après le même scoliaste, Alexandre était convenu avec son poëte officiel de lui donner une pièce d'or pour chaque bon vers, un soufflet pour chaque mauvais. L'infortuné poëte reçut pour tous ses vers sept pièces d'or, et un si grand nombre de soufflets qu'il en mourut. Cette historiette, assez plaisante, est certainement fausse. Suidas , qui confond toujours les deux derniers Cliérile , attribue à celui de Samos un poëme Latitulé Aafiiaxà. Mais si ce poëme avait pour sujet, comme le titre semble l'indiquer, la guerre [amiaque, il ne peut appartenir qu'au contemporain d'Alexandre. Des ouvrages de ce dernier Chérile il ne reste qu^e traduction grecque de la fameuse épitaphe de Sardanapale. Léo Joueert.

Strabon, XIV. — Athénée, VlII. — Brunck, Analecta, 1, 185, — Jacobs, Animadv. in Antîiologiam, vol. I.

CBÉRILE, esclave du poëte comique Ecpbantide, l'assista quelquefois dans la composition de ses ouvrages.

Hesychius, aux mots 'ExxsxotpiXtoiJLÉVYi et XotpiXoç 'ExçavTÎSoç. — Meinekc, Histor. crit. com. grœc. — Gaisford, dans son édition d'HepTiœstion, p. 96.

CHÉRiN {Bernard), généalogiste français, né à Ambonville, en Champagne, le 20 janvier 1718, mort à Paris, le 21 mai 1785. Généalogiste et historiographe des ordres de Saint Lazare, de Saint-Michel et du Saint-Esprit, Chérin se fit remarquer par l'étendue de ses connaissances et la sévérité consciencieuse de ses recherches.

Cbaudon et JieXaiiàint, Nouveau dictionnaire hist.

CHÉRiJi (Loiiis-Nicolas-ffenri,) généalogiste et général français, né à Paris, en 1762, mort le 14 juin 1799. Après avoir publié plusieurs ouvrages généalogiques, il embrassa l'état militaire, et obtint un avancement rapide. Adjudant général à l'armée du Nord en 1793 , il contribua à faire échouer les projets de trahison deDumouriez , et fut récompensé de sa fidéUté par le grade de général de brigade. Ami et chef d'état-major de Hoche, il servit sous ce général à l'armée des côtes de l'Ouest, et le suivit en 1797 à l'armée

de Sambre-et-Meuse. Nommé le 3 septembre 1797 commandant en chef de la garde du Directoire exécutif, il concourut au succès de la journée du 4 du même mois (18 fructidor anv). Sur la demande du général Masséna, commandant en chef de l'armée du Danube , il remplaça, en mai 1799, le général Ernouf dans l'emploi de chef de l'état-major général de cette armée, avec laquelle il fit la campagne de Suisse. Les Autrichiens ayant attaqué le 2 juin le camp retranché des Français à Zurich , Chérin se mit à la tête d'un escadron, et chargea vigoureusement les ennemis ; mais au miUeu de l'action il reçut un coup de feu, dont il mourut, le 14 du même mois.

On a de lui : Généalogie de la maison de Montesquiou-Fezensac ; Paris 1784, in-4''; — La noblesse considérée sous ses différents rapports dans les assemblées générales et pcirticîUières delanalion;Fa.ns, 1788, m-S"; — Abrégé chronologique d'édits, déclarations , règlements, arrêts et lettres patentes des rois de France de la troisième race, concernant le fait denoblesse; Paris, 1788, in-12.

De Courcelles, Dictionnaire historique et biographique des généraux français. — Quérard, la France littéraire.

CHÉRiSET (Louis, comte de), général français, né à Metz , en 1667, mort dans la môme ville, en 1750. Il appartenait à une famille trèsancienne, et combattit en Allemagne sous les maréchaux d'Asfeld et de Coigny. En 1738, Louis XV le créa lieutenant général malgré son âge avancé. Chérisey servit encore en 1742 et 1743, signala'son courage par divers faits d'armes , fut blessé deux fois à la journée d'Ettingen, et, à peine guéri , alla commander sur la Sarre , sous les ordres de Coigny, puis «en Flandre, sous le maréchal de NoaiUes. Ses fils et petits-fi]s>*pnt tous suivi la carrière militaire; l'un de ces derniers, maréchal de camp en retraite, a commandé un régiment de la garde royale ; l'autre, capitaine d'état-major, a donné sa démission eu

Le Bas , Dict. encycl, de la France. — Bégin, Biogro.pMe de la Moselle.

CHERLER ( Paul ) , poëte latin moderne, né à Bàle, vivait dans le seizième siècle. On a de lui : Encomium urbis Basileae , carminé heroico; Bàle, 1577, in-4''; — Ecclesix et academise Basilisese luctus, hoc est epitaphia, seu elegiœ funèbres 32 virorum illustrium et juvenum qui in urbe et agro Basileo, peste interierunt anno 1554; Bàle, 1565, in-4°.

Jôcher, Allgem. Gelehrten-Lexicon.

CHERLER (Jean-Henri), médecin et botaniste de Bàle, vivait dans la première moitié du dix-septième siècle. Marié à la fille de Jean Bauhin, il se fortifia à l'école de ce célèbre botaniste, et son nom figure à côté de celui de son beau-père en tête des ouvrages suivants : Johannis Bauhini et Johannis Henrici Cherleri Eistoriae plantarum generalis novas

CHERLER — CHERON

prodromus ; Yverdun ( Ebroduni ), 1619, in-4°; — Historia plantarum universalis nova et absolutissima, cum consensu et dissensu circa eas , auctoribus Joh. Bauhino et Joh. Cherlero, etc., publiée après la mort de Baubin et de Cherler , par Chabrée et Graffenried; Yverdun, 1650-1651, 3 vol. in-fol. Le genre Cherleria, consacré à la mémoire de Cherler parHaller, a été adopté par Linné et par la plupart des botanistes.

Éloy, Vict. hist. de la tnéd. — Biog. médic.

CHÉRON, famille française, dont plusieurs membres se sont distingués dans les arts et dans les lettres. Les principaux sont:

* CHÉRON (Henri), peintre en émail et en miniature, né à Meaux, mort à Lyon, en 1677. Ses portraits peuvent être mis au nombre des bons qui ont été faits de son temps , et les amateurs recherchent encore ses émaux. D'une conduite assez irrégulière, Chéron abandonnant sa femme et ses enfants , s'enfuit à Lyon, où il est mort.

CHÉRON ( M^^" Elisabeth-Sophie ) , fille du précédent, née à Paris, le 3 octobre 1648, morte à Paris, le 3 septembre 1711. Son père, reconnaissant les heureuses dispositions d'Elisabeth pour les arts du dessin, les favorisa de tout son pouvoir. A quatorze ans elle était déjà célèbre , et fut appelée à l'abbaye de Jouarre, pour y faire les portraits de la supérieure, des princesses d'Épinoy et des Ursins. Son père était protestant et sa mère catholique : entourée de soins et d'amitié par les religieuses , encouragée par sa mère, elle revint à Paris abjurer entre les mains de M. de Poussé, curé de Saint-Sulpice. Elle était à peine âgée de seize ans , quand son père abandonna sa famille, et lui en laissa toute la charge. Elle fut reçue à l'Académie, sur la présentation de Lebrun, le 11 juin 1072, et trois ans avant sa mort elle avait épousé M. Le Hay, ingénieur du roi. M"^ Chéron peignait également bien le portrait et l'histoire. La composition, le dessin, la couleur sont'également estimés dans ses œuvres. Elle dessinait beaucoup d'après l'antique, et d'après les camées et les pierres gravées, qu'elle reproduisait en grand. « Sa manière de dessiner, dit d'Argenville , était de laver au bistre, d'arrêter les contours au pinceau, et de les relever au blanc d'une manière aussi propre qu'intelligente. Souvent elle se servait de sanguine avec un petit lavis de bistre. Ses études étaient toutes au crayon desanguine bien manié, haché et croisé comme la gravure : le goût de l'antique, que cette habile main a su conserver, la fera distinguer facilement. » On cite parmi ses tableaux : la Fuite en Egypte;— la Vierge endormie; V Annonciation; — Saint Thomas d^ Aquin ; — un nombre très-considérable de portraits, et surtout le sien, qu'elle a gravé elle-même, et qu'on peut voir à Versailles.

Ursule et Jeanne de La Croix , nièces de son mari et ses élèves, Ch. Simonneau, B. Picart,

J. Audran, etc., ont gravé d'après elle. M"® Chéron a gravé elle-même : Sainte Cécile, d'après Raphaël; — Saint Romuald , d'après Ann.

Carrache; — une Descente de croix; — une Bacchanale , et un livre à dessiner en trente-six pièces.

M"^ Chéron fut aussi musicienne et poète; elle fut reçue en cette quaUté à l'Académie des Ricovrati de Padoue , sous le nom A'Erato , en 1699. On a d'elle : Essay de psaumes et cantiques mis en vers et enrichis de figures par jl^iie ***. Paris, 1694, in-8°, avec un portrait et vingt-cinq planches dessinées et gravées par son frère Louis Chéron : il existe de ces gravures deux états différents ; — les Cerises renversées, poëme héroïque; Paris, 1717, in-4", imprimé à la suite de la Batrachomyomachie, traduite en vers par Boivin.

CHÉRON {Louis), fils et frère des précédents, né à Paris, en 1660, mort à Londres, en 1723. Ses dispositions pour la peinture furent favorisées par son père d'abord , puis par sa sœur, qui pendant dix-huit ans l'entretint en Italie, où il exécuta beaucoup de copies. A son retour à Paris, il obtint de grands succès, et décora de nombreuses habitations particulières, aujourd'hui détruites. Sa religion (il était protestant, qui lui ferma les portes de l'Académie , lui fit abandonner, en 1695, la France pour l'Angleterre, où il n'eut pas moins de vogue.

Louis Chéron est cependant peu estimé comme peintre : le dessin est la seule chose à louer dans ses œuvres, et il n'excellait guère qu'à faire des pastiches. Il est beaucoup plus digne d'éloges comme graveur, et il maniait également bien la pointe et le burin. Outre les sujets pour les Psaumes de sa sœur, on doit citer de lui : les Juifs captifs en Babylone; — et quatre sujets du Nouveau Testament, publiés à Londi-es. J. Mariette, N. Tardieu, N. Dupuis, A. Dubosc, Van der Gucht, ont gravé d'après lui.

Paul Chéron.

Fermerhuis, Éloge de madame Le Nay ; Psjis, I7i3, in-4°. — De Piles, abrégé de la vie des peintres. — D'Argenville, Abrégé de la vie des peintres, t. IV. — Fontenay, Dict. des artistes, — Heineckcn, Dict, des artistes. — Walelet, Dict. de peinture, l. IV. — Huber et Rost, Manuel des amateurs, t. VIII. — Robert- Duinesnll, le Peintre graveur français, t. III. — Dussieux, les Artistes français à l'étranger. — Mariette, Abecedario, publié par MM. ChenneVières et de Montaiglou.

* ca'kRO^ {Charles- Jean-François), graveur en médailles, né à Nancy, en 1643, mort à Paris, le 18 mars 1698. Comme beaucoup de Lorrains , il alla se fixer à Rome, où il remplissait la chai'ge de premier graveur du pape, quand Louis XIV le détermina à venir à Paris pour y graver ses médailles. Il lui donna le logement au i Lou^^•e et une pension. Chéron fut reçu de l'Académie le 3 août 1696. On a gravé d'après liû quelques portraits , parmi lesquels» nous citerons ceux du Bemin et de Le Bouthillier de Rancé, abbé de la Trappe. P. Ch.

Heinecken, Dict. des Artistes.

*CH^BON {Jean), théologien français du dix-septième siècle.'Il fut docteur en théologie et provincial des Carmes de la province de Gascogne, et a pubUé : Privilegiati scapularis, et visionis S. Simonis Stocka vindicise; Skirdigalee, 1648, in-8°; — Examende la théologie mystique; Paris, 1657, in-8°. P. Ch. Catalogue de la Bibl. impériale.

CHÉRON {Louis-Claude), littérateur français, né à Paris, le 28 octobre 1738, mort à Poitiers, le 13 octobre 1807. Fils d'un administrateur des forêts; il fut nommé en 1790 membre de l'administration départementale de Seine-et- Oise , et l'année suivante député à l'Assemblée législative. La modération de ses opinions le fit incarcérer pendant la Terreur. Rendu à la liberté après le 9 thermidor, il fut appelé en 1798 au Conseil des Cinq-Cents, refusa de s'y rendre, et s'occupa exclusivement de l'étude des lettres jusqu'à Fannée 1805. Nommé alors préfet de la Vienne , il mourut dans l'exercice de ses fonctions. On a de lui : le Poète anonyme, comédie en deux actes et en vers , non représentée ; Paris, 1785, in-8°; — Caton d'Utique, tragédie en trois actes et en vers , imitée de l'anglais d'Addisson; Paris, 1789, in-8°; — le Tartufe de m,œurs , comédie en cinq actes et en vers , imitée de la pièce de Sheridan intitulée : the School for scandai; Paris, 1805, in-8°. C'est le plus important et le plus soigné des ouvrages de Cliéron, qui le remania à différentes reprises, et le fit paraître successivement sous les titres de V Homme à sentiments, du Moraliseur, enfin I de Valsin et Florville, avant de lui donner cej lui de Tartufe de mœurs, sous lequel il obtint j un succès mérité ; — Conduite du maire de Paris (Péthion) à l'occasion de la Société des ; feuillants; 1792, in-8°; — Méponse à A.-P. \ Montesquiou sur les forêts nationales , suivie \ d'un projet de loi sur l'administration fores- I tière; 1797, in-8° ; — une traduction des Leçons [ de l'enfance par miss Maria Edgeworth ; Pajris, 1803, 3 vol. in-16, avec le texte en regard; j — Traduction des lettres sur les principes l élémentaires d'éducation, par Élis. Hamil- \ton; Ma., 1803, 2 vol. in-8°; — Tom Jones, ou histoire d'un enfant trouvé, traduite de |H. Fielding; ibid., 1804, 6 vol. in-12.

Galerie historique des contemporains. — Quérard, la France littéraire.

CHÉRON {François), littérateur français, frère ; de Louis-Claude, né à Paris, en 1764, mort à Paris, île 16 janvier 1828. Il débuta par des articles in- Itéressants insérés, en 1792, dans leJotirnalde \Pa7'is, que rédigeaient alors André Chénier jet Roucher. Arrêté pendant la Terreur, il fut I rendu à la liberté après le 9 thermidor, et prit une îpart assez active à la réaction royaliste qui suivit •c«tte journée. Président de la section du Roule, le 13 vendémiaire, il fiit proscrit par le parti vain- <jiieur, et éprouva des persécutions qui se prolongèrent jusqu'au commencement du coniiulat. Il

I NOUV. BIOGR. UNIVERS. — T, X

CHERRIER 2ii6

remplit jusqu'à la Restauration les fonctions de chef de division au trésor public, fut nommé en t814 censeur de la Ga'^tte de France, directeur du Mercure en 1815, censeur du Constitutionnel en 1816, et enfin commissaire du roi près le Théâtre-Français. On a de lui : du Haut Cours, ou le contrat d'union , comédie en cinq actes et en prose; Paris, 1801, in-8% en collaboration avec Picard; — Napoléon, ou le Corse dévoilé, ode aux Français ; Paris, 1814, in-8°; — Sur la liberté de la presse; Paris, 1814, in-8°; — Tribut d'un Français, ou quelques chansVns faites avant et depuis la chute de Bonaparte; Paris; 1814, in-8°.

Galerie historique des contemporains. — Quérard, la France littéraire.

'^CHÉRON { Auguste- Athanase ) , chanteur français, né en 1760, à Guyancourt, mort en 1829. Il débuta en 1779, et les applaudissements qu'il reçut du public décidèrent sa réception. A une belle voix de basse-taille Chéron joignait une figure intéressante et une taille majestueuse. Parmi les rôles dans lesquels il s'est distingué, on doit citer Agaraemnon dans Iphigénie en Aulide, le pacha dans la Caravane, le roi d'Ormus dans Tarare, et surtout Œdipe à Colone. A cette époque l'art du chant était inconnu en France, et l'on criait bien plus qu'on ne chantait! : Chéron, très-bon musicien et pos* sédant une voix facile, se mit le premier à ne point crier, et c'est à ce titre surtout qu'il a droit à occuper une place dans l'histoire de l'art. Il quitta le théâtre en 1808.

Fétis, Biographie universelle des musiciens.

CHÉRON ( Anne). Voy. Bremont {Gabrielle).

* CHERRIER ( Claude), littérateur français, né dans la seconde moitié du dix-septième siècle, mort en juillet 1738. Censeur de la police, il publia les ouvrages suivants : l'Homme inconnu, ou les équivoques de la langue, dédié à Bâcha Bibolquet; Dijon, 1713, in-12; — Polissonniana, ou recueil de turlupinades, quolibets, rébus, jeux de mots, allusions, allégories, pointes, expressions extraordinaires, hyperboles, gasconades, bons mots et plaisaiîteries ; Amsterdam , 1725, in-12. Ce recueil de facéties n'est pas aussi indécent que son titre semble l'indiquer.

Quérard, la Franc&litter.

CHERRIER ( Sébastien ), lltiéiateur français, né à Metz, le 11 mai 1699, mort près de Paris, vers 1780. Chanoine régulier, curé de Neuville et de Pierrefitte , il s'occupa beaucoup de l'instruction de la jeunesse. On a de lui : Méthode familière pour les petites écoles, contenant les devoirs des maîtres et des maîtresses d'école, avec la manière de bien instruire; Toul, 1749, in-12; — Méthodes pour apprendre à lire aisément et en peu de temps, même par manière de jeu et d'amusement, aussi instructives pour les maîtres que commodes aux pères et mères , et faciles aux enfants,

CHERRIER — CHERSIPHRON

avec les moyens de remédier à plusieurs équivoques et bizarreries de Vorthographe française; Paris, 1755, in-12; cet ouvrage, le meilleur de l'auteur, présente un examen critique des différentes méthodes mécaniques inventées pour faciliter aux enfants l'art de lire et d'écrire. La même année Clierrier fit imprimer les Alphabets, sous le titre suivant : Alphabets latins et français, extraits des Méthodes nouvelles ; — Manuel des maîtres et maîtresses d'école, et Grammaire française, tirée des meilleurs auteurs, 1755; — Histoire et pratique de la clôture des religieuses selon l'esprit de l'Église et la jurisprudence de France; Paris, 1764, in-12; — Équivoques et bizarreries de l'orthographe françoise; Paris, 1766, in-12.

Bégia, Biogr. de la Moselle. — Quérard, la France littéraire,

* CHERRIER {Charles- Joseph de), officier et lùstorien français, né le 6 mars 1785, à Neufchâteau (Vosges ). Il fut remarqué dès ses jeunes années par Georges Cuvier, qui lui donna des leçons et l'encouragea à sui^Te la carrière vers laquelle l'illusti'e savant se plut à le diriger. Mais, loi's de la campagne d'Austerlitz, un brevet d'officier envoyé au nom de l'empereur renversa ses projets d'étude. Abandoimant les sciences naturelles, Cherrier rejoignit son régiment. Nommé plus tard, après avoir fait les campagnes de Calabre et d'Italie, chef d'escadron au 4^ corps de la grande armée et attaché comme aide de camp au général comte Bertrand, il fit sous les ordres de ce fidèle ami de l'empereur les campagnes de Saxe et d'Allemagne. Lieutenant colonel en 1815, il se trouva avec le 1^'" régiment de chasseurs de la vieille garde, qui forma à Waterloo ce dernier carré qu'on laissa seul sur le champ de bataille. M. de Cherrier passa en 1817 dans l'administration , où il resta jusqu'en 1830, sans cesser d'appartenir à l'armée. Dès le lendemain des journées de Juillet il envoya sa démission, et fut dépouillé de son grade militaire pour refus de serment à la nouvelle royauté. Renonçant alors aux emplois publics, il se livra à l'étude de riiistoire , fouilla les archives et les bibliothèques de France, d'Allemagne et d'Italie, et publia, en 1841, le premier volume de V Histoire de la lutte des papes et des empereurs de la maison deSonabe, de ses causes et de ses effets, ou tableau de la domination des princes de Uohenstauffen dans le royatime des Deux- Siciles jusqu'à la mort de Conradin. Cet ouvrage, qui est aujourd'hui terminé, forme 4 vol. in-8°. On y trouve un exposé exact des faits et une appréciation philosophique des événements généralement saine. Peut-être pourrait-on reprocher à l'auteur une tendance trop marquée pour la cause des empereurs. A. R.

Documents particuliers.

*CHERSA (Tommaso), biographe italien, né à Raguse, le ,2 avril 1782, mort le 11 juillet 1826.

Versé dans les langues anciennes , connaissant bien l'itaUen, le latin, l'anglais et le français, Chersa voyagea en Italie dans les premières années du dix-neuvième siècle , et se lia avec plusieurs littérateurs célèbres de ce pays. On a de lui : délia Vita e délie opère de monsignore Giorgio Ferrich , discorso; Raguse, 1824; — délia Vita e degli scritti di Didaco Pirro, altramenti detto Jacopo Flavio Eborense, commentario ; Florence, 1826; — degli illustri Toscanistati in diversi tempi ajlagusa, commentario ; Vdiàoue, 18^8.

Tipaldo, Biogr. degli Itâliani illustri, t. III. CHERSIPHRON (Xepaîçpwv) OU, suivant un passage de Pline, Ctésiphon, architecte de Cnosse en Crète, vivait vers 600 avant J.-C. De compagnie; avec son fils Métagène , il bâtit ou commença de bâtir le grand temple de Diane à Éphèse. Le culte de Diane existait probablement à Éphèse avant l'établissement de la colonie ionienne , et déjà à cette époque reculée cette déesse devait avoir un temple ; mais cet édifice était sans doute devenu insuffisant, lorsque, vers 600 avant J.-C, les Grecs ioniens entreprirent d'ériger un nouveau temple qui fût le centre de leur culte national, comme le temple de Junon à Samos était le centre religieux des colonies doriennes. Pour préserver l'édifice des tremblements de terre, il fut construit au milieu d'un marais dont le fond fut consolidé avec des couches de charbon couvertes de laine. Ce moyen fut indiqué par Théodore de Samos. L'édifice avança lentement , et les colonnes ne furent élevées que quarante ans plus tard , vers 560 ; Crésus,au rapport d'Hérodote, en fournit ime partie. C'est peut-être à cette date qu'il faut placer la vie de Chersiphron, puisque c'est à lui et à son fils Métagène que les écrivains anciens attribuent l'érection des colonnes et l'architrave. Lorsque Strabon prétend que le temple fut élargi par un autre architecte , il veut parler non de la colonnade, qui ne pouvait être étendue à volonté, mais des cours qui entouraient l'édifice. Le temple fut définitivement achevé par Démctrius et Paeonius d'Éphèse, 220 ans environ après les premières fondations; mais il fut bientôt après brûlé par Érostrate, la nuit même de la naissance d'Alexandre le Grand , 356 avant J.-C. Il fut rebâti avec plus de ^magnificence encore aux frais de tous les États de l'Asie Mineure. On prétend qu'Alexandre offrit , de payer ce que coûterait la restauration du temple, à condition que son nom y serait inscrit. Les Épiiésiens répondirent que ce n'était pas l'usage qu'un dieu fit des offrandes aux autres dieux. L'architecte du nouveau temple fut Dinocrate. Cet édifice a maintenant entièrement disparu , excepté quelques restes des fondations. Quoique Pline , comme les autres écrivains de l'antiquité, ait évidemment confondu les deux constructions, cependant sa description a du prix , puisque le nouveau temple fut très-probablement bâti sur

les mêmes fondements et sur le même plan général que l'ancien. On trouve aussi dans Vitruve une description qui s'appuie sur un ouvrage attribué, sans vi-aisemblance, à Chersiphron et à Metagène. Il existe des médailles sur lesquelles on voit représentée la principale façade du temple, qui était, selon les termes de l'architecture antique , octostyle, diptéral , diastyle , et hypacthral. Élevé sur un soubassement de dix marches , il formait un parallélogramme de 425 pieds de long sur 220 de large. Ses colonnes, au nombre de 127, avaient 60 pieds de haut, et étaient faites de marbre blanc , dont une carrière avait été découverte à quatre milles du temple par un berger nommé Pixodare. Trente-six colonnes étaient sculptées (peut-être les cariatides de la cella). D'après un passage de Pline, une de ces sculptures était du grand statuaire Scopas. Les colonnes étaient d'ordre ionique. Parmi les blocs de marbre qui composaient l'architrave , quelques-uns avaient 30 pieds de long. Pour placer ces blocs énormes, Chersiphron et Metagène durent inventer plusieurs machines in génieuses , qui mettaient ces deux architectes au premier rang des mécaniciens de l'antiquité. Le temple d'Éphèse passait pour une des sept merveilles du monde, et il est célébré dans beaucoup de petites pièces de V Anthologie grecque , entre autres dans deux épigrammes d'Antipater de Sidon. L. J.

Pline, Hisf. nat, vu, 23; XVI, 37; XXX VI, i4. ^ VItruve, III, 2; VII, prsef. — Straboa, XIV. — Tite-Live, I, 45. — Diogène Laerce , 11,9. — Philon de Byzance, de Vil orbis miracuUs. — a\Tt , Tempel der Diana von Ephesus ; Berlin , 1807 ; Geschichte der Baukunst , avec une restauration du temple, planclie VIII. — Rasctie, Lex. univ. rei num., s, v. Ephesia, Epnesus, — Eckhel , Doct. num. vetli.. II.

CHÉRUBIN {Le Père), physicien français, natif d'Orléans, vivait au dix-septième siècle. Il enti'a dans l'ordre des Capucins, se livra à laculture des sciences exactes , et perfectionna divers instraments d'optique et d'acoustique. On voit par [une de ses lettres, datée du 27 février 1675 , que «ans une expérience faite en présence de l'un des généraux de son ordre, il fit « entendre très-distinctement à quatre-vingts pas de distance, et •discerner les voix des particuliers dans une multitude qui parlaient ensemble , quoique dans le milieu on ne les pût aucunement entendre, car ils ne parlaient qu'à voix basse, et néanmoins on n'en perdait pas une syllabe «. Le supérieur de l'ordre défendit à Chérubin de divulguer cette invention, presque incroyable, sous prétexte qu'elle pouvait devenir dangereuse. On a de lui : la Dloptrique oculaire, ou la théorique, la positive et la mécanique de l'oculaire dioptri- '/ue en toutes ses espèces ;Va.ïis, 1671, in-fol.; — la Vision parfaite, ou le concours des deux :i.xes de la vision en un seul point de Vobjet; Paris, 1677, in-fol. ; — la\Vision parfaite, ou la me distincte; Paris, l681,in-foL; — Effets le la force de la contiguïté des corps, par lesqziels on répond aux expériences de la

CHERSIPHRON — CHERUBINI 230

crainte dti vide et à celles de la pesanteur de l'air; Paris, 1679, in-12; — l'expérience justifiée pour l'élévation des eaux, par un nouveau moyen , à telle hauteur et en telle quantité que ce soit ; Paris, 1681, in-i2.

Hautefeuille, Lettre à M. Bourdelot, sur le moyen de Verfectionner le sens de l'ouïe. — Feller, Dict, hist.

CHÉRUBIN DE MOBIENNE {Le Père), religieux italien , né vers le milieu du seizième siècle, mort à Turin, en 1606. Il entra dans l'ordre des Capucins, et travailla à la conversion des calvinistes du Chablais. On a de lui : Acta disputationis habitse cum quodam ministro hœretico, circa div. eucharistiae saeramentum; 1593. ,

Biblioth. Capucin.

CHERUBINI SANDOL.INI {Le Père), capuci., d'Udine, vivait au seizième siècle. On a de lui un ouvrage sur la gnomonique, intitulé : Taulemma Cherubicum catholicum , universalia ac particularia continens principia, sive instrumenta ad horas omnes italicas, bohemicas, gallicas atque babylonicas diurnas atque nocturnas dignoscendas , et ad componendum per universum orbem earum multiformia horologia, exquisitissimum ; Venise, 1598, 4 vol. in-fol.

Biblioth, Capucin.

CHERUBINI {Laerzio) , historien italien, né àNofcia, dans le duché de Spolette, enOmbrie, au seizième siècle, mort vers 1626. Il fut en faveur à la cour de Rome sous le pontificat de Sixte-Quint et des papes suivants jusqu'au commencement de celui dUrbain Vm. Il recueOlit les constitutions et les bulles des papes depuis Léon I'^'', et en forma le recueil que nous avons sous le non de Bullaire {Bullarium). — Ange- ^o-Maric! CHERUBINI, sonfils, moine duMont-Cassin, fit beaucoup d'additions à cet ouvrage, et le publia tel que nous l'avons aujourd'hui. D'autres y ont fait de nouvelles additions. Laerzio laissa un autre fils, nommé Alexandre Cheru- BiNi. Ce dernier savait les langues anciennes, cultiva particulièrement la philosophie de Platon, et traduisit quelques ouvrages du grec en latin. Le Bullarium magnum s'étend jusqu'à Benoît XTV, et forme 19vol.jiii-fôl Les premiers volumes parurent à Rome, en 1617; l'ouvrage fut réimprimé -à Lyon, 1655, 1673, et à Luxerfibourg, 1742. — CHERUBINI {Flavio), de la même famille, a donné un Abrégé du Bullaire ( Compendium Bullarii) ; Lyon, 1824, in-4°.

Richard et Giraud, Bibliothèque sacrée. -^i\\os&\, Pinacothèque. — Jacobillus, Bibl, Umbriœ.

cnEKVitiisi{Luigi-Carlo-Zanobi-Salvatore- Maria) , célèbre compositeur, né le 8 septembre 1760, à Florence, mort à Paris, le 15 mars 1842. Il avait à peine atteint sa sixième année lorsque son père, qui tenait le piano au théâtre de la Pergola, commença à lui enseigner la musique. A l'âge de^neuf ans,|il fut confié aux soins de Barthélémy Felici et de son fils Alexandre Felici, et travailla ensuite avec Pierre Bizzari

CIIERUBIINI

et Joseph Castrucci; ses progrès furent si rapides qu'à treize ans il avait déjà fait exécuter une messe solennelle de sa coriîpositior\. D'autres ouvrages, écrits, pour l'église et pour le théâtre, pendant le cours des années suivantes fixèrent bientôt l'attention de Léopold, grand-duc de Toscane', qui lui accorda en 1778 une pension pour aller à Bologne achever de former aux leçons de Sarti un talent qïii s'annonçait sous de si heureux auspices. Cherubini passa quatre ans avec Sarti, et dut aux conseils de ce maître non-seulement les profondes connaissances qu'il acquit dans tous les genres de compositions scientifiques, mais aussi ce sentiment délicat des beautés de style que l'on puisait alors dans les écoles dltalie. Sarti lui confiait la composition des seconds rôles de ses opéras, exerçant ainsi son élève à mesurer ses forces en public. Cherubini était encore sous la direction de Sarti lorsqu'en 1780 il donna à Alexandrie Quinto Fabio , son premier opéra; à l'âge de vingt-quatre ans, sept autres ouvrages, représentés à Florence , à Livoume , à Rome et à Mantoue, l'avaient déjà placé parmi les maîtres de l'art dans l'opinion de son pays. Appelé à Londres en 1785 pour y remplir les fonctions de compositeur du Théâtre royal , il y écrivit lafinta Principessa, opéra-bouffe en deux actes, et fit représenter Giulio Sabino, qu'il avait refait en partie , ainsi que divers ouvrages de Cimarosa et de Paisiello dans lesquels il intercalait de délicieux morceaux de sa composition , notamment dans el Marchese di tulipano , de Paisiello. Dans une excursion qu'il fit en France pendant les vacances théâtrales, Viotti, qu'il avait connu en Angleterre , le décida à venir se fixer à Paris, et le conduisît chez Marmontel, qui lui remit le manuscrit de Démophon, tragédie lyrique en trois actes. En retournant à Londres, Cherubini se trouvait donc déjà engagé envers la France, qu'il devait bientôt adopter pour seconde patrie. Enfin , après avoir fait représenter à Turin , dans l'hiver de 1788, Ifigenia in Aulide, qui fut accueillie avec enthousiasme, il revint à Paris, et donna au mois de décembre de la même année Démophon , sur le théâtre de l'Opéra. Cette dernière partition, dans laquelle le compositeur semblait abandonner la manière italienne, qu'il avait suivie jusque alors, n'eut point de succès, bien qu'elle se distinguât par une pureté de style , un éclat d'instrumentation inconnus en France : elle ne brillait peut-être pas assez par l'inspiration pour triompher de la froideur d'un poëme complètement dépourvu d'intérêt; cependant elle annonçait une nouvelte école. Tout en produisant pour la scène française, à laquelle il voulait désormais se consacrer tout; entier, Cherubini se trouva rappelé à la scène italienne. -Léonardj'coiffeur delà reiae Marie- Antoinette , ayant obtenu le privilège d'un théâtre italien, s'associa Viotti, qui organisa la troupe la plus parfaite qu'on eût encore entendue ; Cherubini fut chargé de la direction de tout ce <fà

concernait la musique. Les Bouffes, comme on les appelait alors, occupèrent successivement de 1789 à 1792 diverses salles de spectacle, où Cherubini fit entendre les meilleurs opéras d'Anfossi , de Paisiello, de Guglielmi , du Cimarosa , ajoutant dans la plupart de ces ouvrages des morceaux de sa composition, qui excitaient l'admiration générale; on remarque particulièrement parmi ces morceaux le délicieux quatuor : Cara, da vol dipende , inséré dans les ViaÇ' giatori felici, et le charmant trio : Son tre, sei, nove , placé dans Vltaliana in Londra. Si l'on compare ces productions avec Démophon , on voit que l'auteur possédait alors deux manières très-distinctes , l'une simple et gracieuse, appartenant à l'école de Cimarosa et de Paisiello, l'autre sévère , plus harmonique que mélodique, riche de détails d'instrumentation et portant en elle-même le germe de toute une révolution musicale. Cette seconde manière se dessine bien plus encore dans l'opéra de Lodoïska, représenté le 18 juillet 1791, sur le théâtre Feydeau. Jusque là on avait ignoré tout l'effet que peuvent produire ces grandes combinaisons harmoniques et instrumentales dont Mozart avait donné l'exemple dans son Don Juan , en les unissant aux mélodies les plus neuves , les plus heureuses, les plus originales. Ces révélations du génie, stériles encore pour l'Allemagne elle-même, étaient restées étrangères à la France, et il n'est pas douteux que Cherubini n'ait dû qu'à ses propres inspirations le style qu'il venait d'inaugurer. Lodoïska était pour les artistes l'éclatant manifeste d'un art nouveau ; aussi vit-on bientôt tous les hommes de talent que la France possédait alors , Méhul, Steibelt, Lesueur, Berton et même Grétry, prendre part , chacun avec son cachet d'individualité, à cette transformation, qui, embrassant à la fois et le chant et l'orchestre, donna naissance à la musique d^effet. D'autres ouvrages deCh(iTuh\m,Élisa,oîilemontSaint-Bernard-t où l'on trouve ce chœur de moines cherchant les voyageurs ensevehs sous la neige, et qui est cmpreiat d'un tel caractère de vérité, qu'on disait en l'entendant : « Cettemusique fait grelotter »; Médée, l'Hôtellerie portugaise, et enfin les Deux Journées, opéra représenté au mois de janvier 1800, et dont le succès devint rapidement populaire, achevèrent la révolution musicale commencée par Lodoïska.

Cependant, malgré la haute réputation dont il jouissait en France, en Italie, en Angleterre et surtout en Allemagne, Cherubini était loin d'avoir un sort digne de son mérite. Lors de la: création du Conservatoire de musique, en 1795, il avait été nommé l'un des trois inspecteurs de» études; elles émoluments de cette place, à peine suffisants pour les besoins d'une nombreuse famille , composaient à peu près tout son revenu. A cette cause permanente de tristesse venait s'en joindre une autre, qui;ne cessait d'agir sur son organisation nerveuse : Napoléon avait pour la

CHERTJBmi

personne du compositeur et pour sa musique, qu'il ti'ouvait trop bruyante, un éloignement qu'il ne négligeait aucune occasion de] manifester. Laissé à l'écart comme un homme médiocre, Cherubini prit pendant quelque temps son art en dégoût ; néanmoins, il donna en 1 803 au grand Opéra Anacréon, ou V amoxir fugitif , et l'année suivante le ballet à' Achille à Scyros. Au milieu de ses travaux, qui ajoutaient à sa renommée sans ajouter à sa fortune , Cherubini , contraint de songer à son existence , accepta un engagement qui lui était offert pour aller à Vienne écrire un opéra destiné au Théâtre impérial. Il arriva dans cette ville au commencement de 1805, et se mit aussitôt au travail ; mais tout à coup, la guerre éclatant entre la France et l'Autriche, les armées françaises envahissent Vienne, et forcent la cour de François II à s'éloigner. Napoléon apprend que Cherubini est dans un coin de la capitale, occupé à terminer sa partition de Fmiisha ; il le fait appeler, et lui dit : « Puisque vous voilà , monsieur Cherubini, nous fei'ons de la musique ensemble ; vous dirigerez mes concerts. « Il y eut en effet une douzaine de soirées musicales à Vienne et à Schœnbrun, et chaque fois ces concerts donnaient lieu entre l'empereur et l'artiste à des discussions musicales, à la suite desquelles les deux interlocuteurs se séparaient sans s'être fait aucune concession sur leurs opinions. Enfin, après avoir fait représenter, au commencement de 1806, son opéra de Faniska, qui fut accueilli avec enthousiasme par les connaisseurs, Cherubini, que Haydn et Beethoven avaient proclamé le premier corapositeur dramatique de son temps, se vit obligé de revenir à Paris, où l'état de sa santé le condamna au repos. Cependant, en 1809, cédant aux instances de quelques amis , il donna sur le théâtre des Tuileries son charmant opéra italien de Pimmalione. A la représentation de cet ouvrage, l'empereur, que l'émotion avait gagné en entendant la grande scène chantée par Crescentini, demanda avec vivacité le nom de l'auteur , et parut surpris quand on le lui dit ; mais il n'en résulta aucune amélioration dans le sort du|eompositeur. Cherubini sentit le découragement renaître dans son âme; l'affection nerveuse dont il avait déjà éprouvé une première atteinte reparut avec un caractère plus sérieux; une sombre tristesse s'était emparée de lui sous l'empire de l'idée qu'il ne pouvait plus composer de musique, lorsqu'une circonstance imprévue vint tout à coup le rendre à son art et révéler en lui un nouveau genre de talent. Il avait été conduit au château du prince de Chimay par M. Auber, son élève et son ami. Là, tout le monde était musicien; Cherubini était le seul qui ne s'occupât pas de musique : il s'était pris de passion pour l'étude de la botanique, et ne songeait qu'à herboriser. Ses hôtes le prièrent instamment d'écrire une messe qu'ils désiraient exécuter dans l'église de Chimay. Cherubini, après avoir longtemps résisté , finit par céder, Ce fut à

cette occasion qu'il produisit son admirable messe à trois voix, en fa, chef-d'œuvre du genre, qui le plaça bientôt au premier rang des compositeurs de musique sacrée, en signalant un nouvel art, dont les développements accompUs plus tard caractérisent la troisième époque de la vie artistique du compositeur. Jusque alors la musique d'église , telle que l'avait conçue l'ancienne école romaine, avait été traitée comme l'émanation d'un sentiment pur , dépouillé de toute passion humaine; Cherubini voulut, au contraire, que sa musique exprimât le sens dramatique des paroles, et, dans la réalisation de sa pensée, il sut allier les beautés sévères du contre-point et de la fugue à l'expression dramatique soutenue de toutes les richesses de l'instnunentation.

L'heure d'une tardive justice avait enfin sonné pom- Cherubini. A son retour de l'île d'Elbe, l'empereur le nomma chevaliei de la Légion dlionneur ; en outre , à la même époque , le nombre des membres de l'Académie des beaux arts ayant été augmenté, il entra à l'Institut. En 1816, Louis XVin le nomma surintendant de sa musique conjointement avec Lesueur. Depuis lors, Cherubini, qui avait pris congé de la muselyrique par son bel opéra des Abencerrages, représenté en 1813, se livra presque exclusivement à la musique religieuse, et écrivit pour la chapelle du roi un nombre considérable de compositions sacrées, parmi lesquelles on remarque notamment sa messe solennelle du sacre de Charles Xet sa messe de Requiem. Il avait soixante -dix ans lorsque la chapelle royale fut supprimée, par suite de la révolution de 1830. Pour tout autre c'eût été le signal delà retraite; mais il aimait trop son art pour l'abandonner, et s'y rattacha doublement par le théâtre et par l'église , en faisant représenter en 1833 son grand opéra d' Ali- Baba, ouvrage rempli de beautés du premier ordre, qui sentent encore la fraîcheur delà jeunesse, et en composant en 1836, pour ses propres funérailles, une seconde messe de Requiem, qui, quoique très -remarquable, est toutefois de beaucoup inférieure à la première. Ce n'était pourtant là qu'une faible partie des travaux qui remplirent la dernière période d'une existence aussi laborieuse. Attaché dès le principe, comme on l'a vu plus haut, au Conservatoire de musique en qualité d'inspecteur des études, nommé plus tard professeur de composition, et en 1822directeur de cet établissement, fonctions qu'il remplit avec un zèle infatigable jusqu'à la fin de sa carrière, Cherubini avait résumé dans un corps de doctrine les leçons qu'il avait données à .ses élèves, et pubfia en 1835, sous le titre de Méthode de contre-point et de fugue, ce travail dont les exemples sont des modèles de style qu'on ne trouve que dans les productions de l'ancienne école d'Italie. La faculté de produire ne s'éteignit en lui qu'avec la vie , et peu de temps avant sa ; mort il composait , à l'âge de quatre-vingt-deux I ans , un canon à trois voix pour son ami M. In-

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