CHARTIER — CHARTRAN
moine. M. Littré la juge en ces termes : « L'édition de Cliartier est très-incommode , à cause du nombre des volumes et du mélange des livres d'Hippocrate avec ceux de Galien; mais, du reste, elle m'a semblé mériter plus de faveur qu'on ne lui en accorde ordinairement ( Œuvres d'Hippocr., trad. de M. Littré, 1. 1, p. 549). « B. Hauréau.
Dom Liron ; Bibl. chartraine. — Guill. Duvail, Collège de France. — Goujet, Hist. du Collège royal. — B. Hauréau, Hist. litt. du Maine, t. IH.
CHARTIER (Jean), médecin français, fils aîné du précédent, né à Pai'is, en 1610, mort en 1662. Il fut reçu docteur de la Faculté de médecine de Paris en 1634. Il devint médecin du roi et professeur ordinaire. On a de lui : Paladii de Febribus concisa synopsis ; Vavh, 1646, in-4°; — la Science du plomb sacré des sages, ou de l'antimoine, où sont décrites ses rares et particulières vertus , puissances et qualités; Paris, 1651, in-4''. Cet ouvrage ralluma la querelle sur l'antimoine; il indisposa d'autant plus la Faculté qu'U attaquait les opinions des vieux docteurs et se moquait de leur ignorance, dans la figure allégorique qui se voit au frontispice avec ce quatrain :
Le hibou fuit la clarté viviCque :
Et bien qu'il ait lunettes et flambeaux, 11 ne peut voir les secrets les plus beaux Ue l'antimoine et du vin cmétique.
Guy-Patin fit rayer Chartier du tableau de la Faculté, en 1651; mais Paul Courtois l'y rétablit, en 1653.
Éloy, Dict. hist. de la méd.
CHARTIER {Philippe) , médecin français, frère du précédent, né à Paris, en 1633, mort le 25 août 1669. Il fut reçu bachelier en 1654. Il obtint une chaire au Collège royal, et fut nommé médecin du roi. Il fut rayé, comme son frère, du tableau de la Faculté pour s'être montré partisan de l'antimoine ; il intenta un procès à la compagnie, mais il n'en vit pas la fin, car il mourut, d'indigestion, quelques jours avant le prononcé du jugement.
tAoy,Dict. hist. de la médecine.
*CHARTiER ( Jean ), peintre et graveur français , né à Orléans , dans les premières années du seizième siècle, mort vers 1586. Il n'est connu que par son livre les Blasons de vertu, suite de dix planches gravées et publiées par lui, à Orléans, en 1574, et quelques autres pièces d'un dessin très-maniéré. P. Ch.
La Croix du Maine, Bibl. franc. — Robert Dumesnil, le Peintre graveur français, v.
*CHARTON {Charles- François), général français, né àBoucq (Meurthe), le 16 novembre 1765, tué au combat de Castellazzo, le 12 septembre 1796. Après avoir fait partie de la garde nationale de Versailles de 1789 à 1792, il entra sous - Ueutenant au 28"^ régiment d'infanterie le 12 juin; le 12 août suivant, 1793, il se trouva aux prises des camps de Pérus, de Liïiière (8 juin), à l'attaque du camp des Four-
ches (12 juin), àlaretraiteduBelvédère(l^'' août), à l'attaque du Tel ( 22 octobre ) et à la prise de Toulon (le 1 9 décembre) . Nommé adj ud ant général le 20 décembre 1793 et général de brigade le 26 mai 1795, il passa à l'armée d'Italie, où il fut tué, à l'âge de trente-et-un ans. Le nom de ce général est inscrit sur les Tables de bronze du palais de
Versailles. A. S y.
archives de la guerre.— 31 oniteur, 1792 ; p. 216, an m, p. 261. — Biographie moderne.
* CHAUTOiî (Edouard), publiciste français, né à Sens, le 1 1 mai 1807. Il étudia le droit à Paris, et fut reçu avocat en 1827. Deux ans après, il devint rédacteur en chef du ^îi^^e^m de la Société pour Vinstruction élémentaire, et du Journal de la Société de lainorale chrétienne. En 1833 il fonda le Magasin pittoresque , qu'il n'a point cessé de diriger; cet intéressant recueil, composé actuellement de 21 volumes (ornés de gravures sur bois d'une exécution remarquable ), traite de toutes les matières utiles à connaître, et a obtenu un succès mérité. Après la révolution de février 1848, M. Charton remplit les fonctions de secrétaire général du ministère de l'insti'uction publique, etfutélu (par le département del' Yonne) membre de l'Assemblée constituante, où il proposa de n'accorder le droit d'électeur qu'aux citoyens sachant lire et écrire. En avril 1 849 il fut élu par l'Assemblée constituante membre du conseil d'État (section de législation), d'où il sortit le 2 décembre 1851. M. Charton a été collaborateur de. la Revue encyclopédique , du Bon Sens, du Temps, du Monde, àe Y Encyclopédie nouvelle, etc. II a fondé , avec MM. Paulin et Dubochet l'Illustration, et il a publié le Guide pour le choix d'un eto^; Paris, 1842, in-8°; — les Voyageurs anciens; MA., 1853, in-8°; — Les voyageurs du moyen-âge, iS5i,m-8. X.
Documents particuliers.
*CHARTRAiiv ( iV... ), musicieù et compositeiu" belge, né à Liège, mort en 1793. Il entra comme violiniste à l'Opéra en 1772, et se fit remarquer par son exécution ferme et hardie. On a de lui : le Lord supposé, opéra-comique en un acte, Comédie-Itahenne, 1776 (point de succès); — quatre Quatuors pour violons, alto et basse; Paris, Sieber; — trois Concertos pour violons; id. ; — six Symphonies à huit parties -jAd.; — six Duos pour violon et alto; id. La bibhothèque du Conservatoire de musique de Paris possède la partition manuscrite d'Alcione, opéra non représenté.
Comte de Becdelièvre-Harael, /JîO^rapftie liégeoise, II, SOd. — Fétis, Biographie universelle des musiciens.
* CHARTRAN (J.-H.-S. ), général français, né à Carcassonne, en 1779, mort en 1816. Il entra au service à l'âge de quatorze ans, fit les campagnes de 1794 et 1795 dans l'armée des Pyrénées-Orientales, passa à celle d'Italie, après la paix de Bâle, et se distingua en diverses rencontres. Il servit ensuite sur le Rhin , à la grande armée, et fut fait colonel en 1813. Vainqueur, le 28 juillet, de six mille Russes, qui essayèrent
St CHARÏRAK
en vain de l'aiTêter dans les gorges de Pirna, il assista le 30 à la bataille de Culm, se fit jour au milieu des colonnes ennemies, leur enleva cinquante-deux officiers supérieurs , dégagea son général de division et une partie des troupes tombées en leur pouvoir. Nommé général de brigade pour ces deux beaux faits d'armes, il fut mis à la demi-solde par les Bourbons. Au retour de l'empereur, Chartran fut chargé du commandement du département de l'Aude , et rencontra, en se rendant à sa destination le baron Trouvé, avec lequel il eut une entrevue, dont le détail, publié dans une intention coupable, produisit plus tard l'effet qu'on en attendait. Mis à la tête d'une brigade de voltigeurs de la garde, il combattit vaillamment à Fleurus et à Waterloo. Dans cette dernière batail le,il attaqua des hauteurs qui paraissaient inexpugnables. Repoussé trois fois, il revint trois fois à la charge^ et emporta la position. Obligé de faire sa retraite, il l'exécuta en bon ordre, se rendit sous les murs de la capitale, passa la Loire, et revint à Paris après le Ucenciement. Envoyé d'abord en surveillance à Lille, puis arrêté, traduit devant une commission militaire, il fut condamné à mort et exécuté. Il avait alors trente-six ans, comptait vingt-deux années de service, vingt-deux campagnes , et un grand nombre d'actions d'éclat. Les habitants de Lille lui ont élevé un monument par souscription.
Le Bas, Dict. encyc. de la France. — Mullié, Biographie des célébrités mUilaires.
* CHARTRES (comtes et ducs de). Plusieurs princes des maisons de Blois et d'Orléans ont porté ce titre. Voy. Orléans.
* CHARTRES ( Renaud ou Regnauld, Reginaldus de), cardinal-ai'chevêque de Reims, chancelier de France, né vers 1380, mort le 4 avril 1444. Il était fils de Hector de Chartres, grandmaître enquêteur des eaux et forêts de Normandie et Picardie, etc., et de Jeanne d'Estouteville. Après avoir acquis le grade universitaire de licencié es lois , il devint d'abord chanoine , puis doyen de Saint-Pierre de Beauvais (1406). En septembre 1404, il fut condamné avec son frère, Pierre de Chartres, « pour quelque insulte « faite au bailU de l'évêque de Beauvais (1) «. Peu de temps après, le pape Jean XXIII le fit son camérier référendaire, et le chapitre de la cathédrale de Beauvais le nomma évêque par voie d'élection. Mais Renaud de Chartres ne prit pas possession de ce siège, et fut élevé en janvier 1414 à l'archevêché de Reims. En 1415 il se rendit au concile de Constance, et reçut la môme année à Beauvais l'empereur Sigismond , lors de sa venue en France. Issu d'une ancienne famille attachée au service des rois de France, il embrassa de bonne heure le parti du dauphin, qui fut depuis Charles VH. Président de la chambre des comptes avant 1416, membre du conseil privé, il futnomméjpar letti-esdul6;aoûtl418, lieutenant
(.i) ^nsc\me, flistoiref] généalogique delà muisoh tio frunce, tome VI, p. 399.